Archives quotidiennes : 31 août 2008

À vos marques…

C’est avec enthousiasme que j’ai accepté l’offre qui m’était donnée de participer à ce nouveau blogue collectif « Les 7 du Québec » qui constituera un marathon de billets quotidiens touchant à tout ce qui est relié à la politique : économie, écologie, sociologie, philosophie, etc.

Vous avez probablement croisé de l’œil mon nom dans le journal Le Devoir, sur Centpapiers, sur le défunt UHEC ou peut-être sur mon blogue « Pour que Demain soit ».

Mais qui suis-je?

Je suis avant tout un partisan de la justice sociale et de la protection de l’environnement qui a cœur l’avenir de l’humanité.

Lors de mes études secondaires et supérieures reliées à l’urbanisme et aux sciences sociales, j’ai pratiqué le journalisme dans les différents journaux étudiants des institutions d’enseignement que j’ai jadis fréquenté. Au cours des années, j’ai affuté ma plume et aiguisé mon esprit critique afin de dénoncer les incohérences de la société québécoise et mondiale dont nous faisons partie.

Depuis toujours, je m’intéresse à la politique. Au-delà de mes cours suivis en ce domaine, je me suis sans cesse inspiré de plusieurs penseurs politiques et philosophiques qui teintent encore mes écrits : Maurice Duverger, Thomas More, Nietzsche, Étienne de la Boétie, Karl Marx et bien d’autres.

Sur le plan idéologique, on peut me considérer comme un anarcho-syndicaliste ou un libertaire de gauche: rébarbatif à un État trop centralisateur, ennemi du capitalisme monopolistique et des divines lois du marché mercantile, je penche vers une redistribution des richesses équitable par le coopératisme entrepreneurial (autogestion) agrémenté d’un État-arbitre jaugeant les conflits socio-économiques.

Ceci dit, ce blogue collectif connaitra sûrement un vif succès et deviendra indubitablement une référence incontournable de la politique québécoise et canadienne. Ainsi, je serai heureux d’y ajouter mon grain de sel à tous les dimanches !

Alors, à vos marques, prêts, partez!

Jimmy St-Gelais
http://pourquedemainsoit.wordpress.com/

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Frénésie boursière et endettements massifs : un signe des temps ?


La similitude entre notre époque et la décennie qui précède la grande dépression des années trente est fascinante. Dans les années 20, l’État qui ne jouait pas un rôle important dans la société se voit encore relégué de nos jours à un rang inférieur, surtout en matière d’intervention sociale et économique. En fait, l’Histoire nous démontre clairement les parallèles entre les deux époques. Rappelons les traits communs : écart dans la répartition des richesses, innovations techniques, frénésie boursière et crédits élevés.

Citons quelques statistiques révélatrices :

L’écart dans la répartition des richesses

Aux États-Unis, entre 1922 et 1929, les salaires des ouvriers progressèrent de 33%, ceux des cadres de 42%, tandis que les profits nets des entreprises bondirent de 76% et les dividendes des actionnaires de 108%! Il faut rappeler qu’à cette époque, le rôle de l’État ne couvrait pas les domaines économique et social, et donc les gouvernements ne pratiquaient pas la redistribution de la richesse dans la société. L’État était confiné à la définition libérale de l’économie, établit par Adam Smith.

De nos jours, aux États-Unis, de 1979 à 2001, les revenus des 20% les plus pauvres ont augmenté de seulement 8%, ceux de la classe moyenne de 17% tandis que ceux des 10% les plus riches de 69% et le premier 1% de 139%!!

On peut remarquer que les années 70 sont une période de répartition équilibrée de la richesse dans la société américaine, tandis que les années 80, 90 et 2000 favorisent nettement les classes plus aisées de la société. Cette ère d’inégalité débute avec l’élection du républicain Ronald Reagan en 1980, farouche partisan des thèses néo-libérales, de la déréglementation de l’économie et du désengagement de l’État. Malgré l’élection du Bill Clinton en 1992, un démocrate, la même politique économique de droite est maintenue durant son mandant afin de respecter les règles du nouvel ordre économique mondial dont l’Amérique bénéficie grandement. Avec l’élection de GW Bush en 2001, l’écart ne cesse de se creuser entre les classes sociales.

La mécanisation de la production

L’influence des nouvelles technologies sur l’emploi est bien connue de nos jours. Par exemple, les institutions bancaires ont déjà annulé plusieurs postes de préposés à la clientèle dans leurs succursales afin de les remplacer par des services informatisés. En fait, l’ordinateur et la robotisation remplissent à eux seuls les tâches d’un nombre important de travailleurs qui n’ont pas toujours les compétences nécessaires pour occuper de nouveaux postes techniques.

De même, dans les années 20, la mécanisation était tellement avancée, selon les historiens D. Artaud et A. Kaspi, qu’il existait une surproduction chronique de biens de consommation que la demande ne pouvait plus combler .

La frénésie boursière

La forte spéculation boursière fut l’un des traits marquants des années 20. En 1929 seulement, 1,124,800,410 actions ont été échangées. Du début de 1928 à septembre 1929, l’indice industriel Dow Jones augmenta de 191 à 381 points. Mais le 28 octobre 1929, celui-ci chuta de 38.33 points, s’effondrant jusqu’à 260.64, en conséquence d’une économie financière ne représentant pas l’économie réelle des États-Unis et du monde.

Le 17 août 1982, l’indice Dow Jones connut sa plus grande hausse en une journée (38.81), grimpant jusqu’à 831.24. La hausse se poursuivit toute la décennie, atteignant même, le 17 juillet 1987, le niveau de 2510 points. Mais le 16 octobre et le 19 octobre 1987(le jeudi noir), deux krachs successifs frappèrent le marché boursier de New York (chute de 108 points et de 508 points). Le 29 mars 1999, après plusieurs années de hausse, l’indice atteint le chiffre record de 10 000 points. Enfin, en 2007, la tendance à la hausse perdure. Le Dow Jones a atteint 14 000 points! Plusieurs analystes sont inquiets face à cette hausse vertigineuse du Dow Jones.

Les crédits élevés

À la fin des années 1920, 60 % des voitures et 80 % des appareils radio furent achetés à crédit. Entre 1925 et 1929, la somme totale des crédits avait plus que doublée (de $1.38 milliard à $3 milliards environ).

Le 5 juillet 2000, le Wall Street Journal publiait les données suivantes sur l’endettement des Américains :  » le niveau d’endettement des ménages a augmenté de 60 % pour se situer à 6500 milliards. Plus de 160 milliards de dollars de prêts hypothécaires (soit 11 % du total) ont été accordés à des emprunteurs à risque, contre 40 milliards en 1993. Selon les analystes du marché hypothécaire, près d’un quart des nouvelles hypothèques sont contractées par des gens qui sont  » fauchés « . La quantité d’obligations pourries impayées s’élève à 529 milliards de dollars contre 173 milliards il y a dix ans. 5,4 % des entreprises américaines ayant contracté ce type de dettes ont été dans l’impossibilité de verser les intérêts au cours des douze derniers mois, le plus haut taux de défaut de paiements depuis 1992. En outre, environ 320 milliards de prêts de consortium ont été accordés à des sociétés ayant une faible notation de crédit contre 58 milliards en 1990. Le ménage américain moyen dispose de treize cartes de crédit, bancaires et non bancaires confondues. La dette des ménages atteint le record de 101 % par rapport au revenu, alors qu’elle était de 84 % en 1990. Elle est passée de 4100 milliards en 1993 à 6500 milliards au premier trimestre 2000, soit une augmentation de 59 %. La dette des entreprises représente aujourd’hui 46 % du PIB, le plus haut pourcentage jamais atteint. Quant aux entreprises financières, on sait que c’est cette catégorie de dette qui croît le plus rapidement : depuis 1993, elle a ainsi augmenté de 132 % « .

Le mot de la fin

Doit-on s’inquiéter de ces ressemblances ? Une nouvelle grande dépression est-elle à craindre ?

La genèse des cycles économiques est peut être ainsi démystifiée : par le jeu du capitalisme, les richesses se concentrent dans la partie supérieure de la pyramide sociale tandis qu’une partie de la population s’appauvrit sans l’apport d’un État fort pratiquant une redistribution des richesses ; ensuite, les entreprises coupent dans la masse salariale par des innovations techniques afin de hausser leurs bénéfices et se dirigent alors vers les jeux boursiers, qui constituent un moyen rapide de maximiser leurs profits (ainsi la concentration des richesses s’accentue encore plus) ; enfin, les familles de classe moyenne, devant l’érosion de leurs revenus, contractent plus d’emprunts afin de préserver leur niveau de vie ; c’est alors que la consommation décroît et que les risques d’une dépression s’accroissent.

À notre époque dite « du savoir », je m’étonne qu’aucun dirigeant n’avoue publiquement la possibilité d’une crise économique importante dans un proche avenir. On aime mieux se cacher la tête sous le sable plutôt que de prévoir des alternatives à une possible dépression. Nos politiciens devraient considérer sérieusement cette éventualité pour le bien-être de leurs électeurs au lieu de chercher à protéger les intérêts des groupes de pression qui financent leurs campagnes électorales.

Jimmy St-Gelais
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La richesse de l’un est la pauvreté d’un autre


Notre système économique a besoin de nouveaux territoires à exploiter afin d’assurer son existence. Sans l’apport de ressources et de main d’œuvre à bon marché, l’équilibre du capitalisme s’avèrerait difficile à maintenir car il est empreint de contradictions intrinsèques qu’il ne peut résoudre sans l’apport de richesses humaines et matérielles extérieures.

En effet, pour lutter contre ses paradoxes internes, tel que le déséquilibre inhérent entre l’offre et la demande, que l’on comble partiellement, mais non totalement, avec le crédit (voir Frénésie Boursière… ), ce système se doit d’acquérir des ressources et une masse de travailleurs à bas prix afin de permettre aux grandes entreprises d’engranger des bénéfices. Sans cette logique d’extorsion dans les pays étrangers de l’Occident développé, le capitalisme sombrerait dans le marasme.

En conséquence, le FMI et la Banque mondiale imposent aux pays en développement des règles économiques qui favorisent l’implantation des entreprises occidentales et la production à grande échelle. Par exemple, on exproprie des petits paysans afin de créer des méga-fermes dans les mains de grands propriétaires fonciers qui collaborent avec les multinationales. On pompe aussi l’eau des nappes phréatiques de régions entières pour la fabrication de boissons gazeuses au détriment des agriculteurs locaux faisant alors face à la faillite, et qui, pour survivre, se doivent de migrer vers les grands centres urbains et travailler (avec leurs enfants) à des salaires misérables et des conditions inhumaines dans les usines du genre « sweat shop » des hommes d’affaires du nord. Ainsi, la main d’œuvre à faible coût vient compléter l’acquisition de ressources à tarifs modestes.

La propagation de régimes socialistes, en Amérique latine surtout, est une conséquence de ce processus (voir Un nouvel effet domino).

Nous devrions nous questionner sur le bien fondé de notre système économique, et sur le malheur qu’il inflige aux peuples qui ne font pas partie des nations dites développées. Notre qualité de vie est tributaire de l’exploitation de contrées qui ne profitent pas des largesses de la société de consommation. En achetant les articles aux prix alléchants des compagnies présents sur ces territoires, nous acquiesçons à cet état de fait et sommes tout aussi coupables que les conseils d’administration de ces multinationales.

Jimmy St-Gelais
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La globalisation économique en déclin


L’essayiste et romancier de renommée internationale, John Saul, critique de façon virulente la mondialisation dans son livre « Mort de la globalisation ». La pensée pan-économique serait vacillante depuis 1995, clame-t-il, et la tendance devrait se maintenir dans les prochaines années.

Depuis trois décennies, on nous impose cette vision du monde qui s’est répandue en passant par le Consensus de Washington des années 80. Cette déclaration de principes a édicté des règles financières drastiques afin de remonter l’économie des pays en difficultés par une libéralisation totale et une ouverture généralisée au commerce international.

En résumé, la globalisation met l’économie en tant que valeur première des sociétés en reléguant à des rangs inférieurs tous les autres aspects de la vie communautaire. La politique, la culture, le social, les relations internationales sont ainsi considérés comme ayant une moindre importance en rapport aux nouveaux préceptes économiques. Une situation sans précédent dans l’Histoire du monde, selon Saul, où la sphère économique a toujours été positionnée en 2e, 3e ou 4e place dans les priorités de toutes les civilisations antérieures.

Une croyance importante des globalistes est que la combinaison entre la technologie et l’économie peut régler tous les problèmes. Une affirmation que les faits n’ont pas encore démontré avec les difficultés environnementales qui ne cessent de s’aggraver.

On prétend aussi que celle-ci (la globalisation) est inéluctable, quelle est la conclusion logique de la marche normale de l’Histoire, ce qui révélerait la faiblesse des arguments des globalistes car le bien fondé de leur système de valeurs ne se base sur rien de concret dans la réalité.

En fait, l’idéologie de la globalisation ne comporterait rien de novateur. En effet, l’Histoire suggère qu’il n’y a que 3 ou 4 théories économiques récurrentes, et que l’une ou l’autre reviendrait dans le décor de façon cyclique. En somme, la globalisation, ou néolibéralisme, serait une fusion de l’école libre échangiste britannique et de l’école du capitalisme sauvage, toutes les deux ayant apparues au XIXe siècle. Cependant, cette union contiendrait un paradoxe qui affaiblirait cette idéologie : la première école prône un échange mondial accru avec des baisses de tarifs douaniers, tout en imposant des règles sociales empruntes de justice sociale (comme l’interdiction du travail des enfants); mais, la deuxième école, demande le relèvement de tous les obstacles au libre commerce comme les lois concernant l’imposition des entreprises, les services sociaux et la protection de l’environnement. Donc, la fondation même de cet ensemble idéologique est tiraillée entre deux pôles contradictoires.

Les élites occidentales verraient la globalisation comme une vérité absolue et ces dernières seraient incapables d’esprit critique face à cette doctrine car celle-ci aurait été bien implantée dans les esprits depuis plus de 2 générations. Cela expliquerait le faible nombre de discours contre le néolibéralisme dans les médias. Elles feraient aussi preuve d’une hypocrisie lorsque les échanges commerciaux ne tournent pas à leur avantage. Le succès des exportations des produits de la Chine et la délocalisation d’usines vers l’Asie sont tellement prononcées que l’on peut lire maintenant dans le Financial Times et le Wall Street Journal qu’il faudrait établir de lourds tarifs douaniers envers les biens provenant du territoire chinois. Des déclarations qui vont bien sûr à l’encontre des règles de la globalisation économique.

Monsieur Saul évoque aussi plusieurs signes du déclin de la globalisation. Plusieurs penseurs non-occidentaux mettent en doute ce système. Il y a bien accroissement de la production, mais qui n’est pas suivi par une juste répartition des revenus dans les pays en développement. Par ailleurs, il n’y aurait pas une croissance de la richesse réelle au niveau de la planète, mais seulement un déplacement concrétisé par le jeu des fermetures et de réouvertures d’usines d’une nation à une autre.

Les exemples de l’échec de la globalisation apparaissent maintenant un peu partout sur le globe. En Amérique latine, l’application des mesures du consensus de Washington a été désastreuse pour les économies locales : en Argentine, le niveau de vie en 1920 était supérieur à celui du Canada, mais à partir de 1950 et surtout depuis la décennie 1980, les nouvelles règles du FMI et de la banque mondiale ont poussé ce pays vers la banqueroute. En conséquence, le gouvernement Argentin a choisi de mettre le social au premier plan et de ne pas payer ses dettes aux créanciers de nord, comme bien d’autres pays de ce continent; en Chine, l’implantation du dernier plan quinquennal dicte maintenant le respect du domaine social, de l’environnement, du milieu rural et la priorisation des objectifs domestiques plutôt qu’internationaux. Une remise en question du néolibéralisme mondial que peu de médias occidentaux ont cité.

Même dans les pays développés, on voit l’émergence de mesures protectionnistes : aux États-unis, on bloque l’accès des ports aux exportations de certains pays; en Espagne, on entrave le commerce énergétique avec l’Allemagne.

En vérité, les multinationales ne sont pas capitalistes car elles voient d’un mauvais œil la concurrence. Elles opèrent un chantage envers les pays du monde lorsqu’on pourrait les contrecarrer par un traité international sur les impôts des multinationales. Les monopoles et les oligopoles contemporains rappellent le mercantilisme du XVIIe siècle où proliférait de grandes compagnies dominant l’économie, comme la Baie d’Hudson anglaise. Nous serions simplement revenu en arrière.

Entre autres, les États-Nations commencent à se réveiller. Devant la croissance forte et les milliards des multinationales payant peu d’impôts qui ne se résultent pas par une diffusion équitable de la richesse à l’ensemble de la terre, les pays réalisent peu à peu que le néolibéralisme ne fonctionne pas. On prétendait que les grandes entreprises deviendraient les nouveaux États transcendants toutes les frontières politiques, mais le mouvement se renverse lentement et les États-Nations commencent à reprendre le terrain perdu depuis 30 ans.

En conclusion, John Saul affirme que nous passons dans un vide idéologique. L’influence des citoyens ayant décliné dans la vie politique depuis des décennies, l’avènement de cette période d’incertitude peut augmenter le pouvoir de ceux-ci car l’idéologie de la globalisation économique sera remise en question et permettra un débat plus ouvert sur la voie à prendre pour l’avenir du monde.

Jimmy St-Gelais
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