UPA et Union des paysans: il est temps d’enterrer la hache de guerre

Les producteurs agricoles membres de l’UPA n’ont rien à craindre des «paysans-artisans» qui font des produits du terroir de plus en plus appréciés. Bien au contraire. La guerre sourde qui fait rage depuis quelques années entre les «agriculteurs» et les «paysans» doit prendre fin. Cela urge.

Dans le coin droit: l’UPA, «43 147 producteurs et productrices agricoles œuvrant au sein d’environ 30 463 entreprises agricoles», comme le précise leur site. De l’autre, l’Union paysanne (nombre de membres non divulgué sur leur site Web). Plus de 85 % des produits agricoles québécois sont mis sur le marché collectivement par l’UPA. David contre Goliath.

Dernières victimes: quelques centaines d’artisans fromagers qui font des «produits du terroir» laissés à eux-mêmes, peu organisés, quoique la crise de la listeria les a amenés enfin à se regrouper, comme l’a confirmé Eric Proulx de la Ferme Tourilli lors d’une récente émission Maisonneuve en direct.

Vous et moi sommes pris en otage dans cette guerre stupide entre deux modes de production qui doivent plutôt se comprendre et s’unir. J’aime les fromages de la ferme Tourigny. J’aime aussi le lait de la Coop fédérée. Parfois, j’achète du lait de chèvre de provenance «bio».

Pourquoi n’aurais-je pas le droit d’être au deux?

Mesdames et messieurs les agriculteurs et paysans, mesdames et messieurs les fabricants en usine et artisans, j’en appelle à votre solidarité envers les pauvres témoins de vos chicanes que nous sommes. Bas les armes !

Si, comme moi, vous avez vu «Le reel du fromager» et senti le «motton» monter en vous, vous comprenez à quel point la guéguerre entre l’UPA et l’Union des paysans fait des ravages.

Si, comme moi, vous entendez les sophismes du ministre de l’UPA – pardon de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec -, vous comprenez à quel point nous ne sommes pas sortis du bois.

Dans toutes les fermes du Québec, peu importe leur grandeur, il y a des chiens et des chats qui s’entendent, ma foi fort bien, entre eux. Pourquoi n’est-ce pas le cas de l’UPA et de l’Union paysanne?

Le rapport Pronovost est un modèle de compromis et pourtant il est perçu par les uns comme une condamnation en règle des agriculteurs, par les autres comme un deuxième Capital menant vers le Grand Soir.

De grâce, lisez-le.

Les auteurs du rapport ne condamnent pas plus l’UPA et les agriculteurs plus «industriels» qu’il ne sanctifie les «paysans-artisans» du milieu alimentaire. Il dit simplement ceci: il faut régler le problème de la pollution et donner aux produits du terroir le même soutien dont bénéficient les autres agriculteurs.

Il me semble que ce n’est pas sorcier.

Si j’ai envie d’un bon fromage artisanal, est-ce que je devrai bientôt me contenter des produits du terroir de la France parce que mon gouvernement veut ménager la chèvre et la chèvre?

L’UPA est perdante dans son attitude actuelle. Je suis «un gars de la ville» fatigué de regarder le triste spectacle de ces frères ennemis qui se chamaillent pendant que la grange brûle. Allez, un petit effort, serrez-vous la main et commencez enfin à travailler ensemble dans l’intérêt des Québécoises et des Québécois.

Avant que les géants de l’alimentation d’ici vous aient définitivement tourné le dos.

On pourra toujours boire du lait coupé à la mélamine.

Addendum: si vous comprenez l’anglais, je vous conseille l’excellente conférence What’s wrong with what we eat de Mark Bittman. Les femmes et les hommes du Québec qui produisent ce que nous mangeons auraient tellement mieux à faire pour notre santé que de se chicaner entre eux.

6 Commentaires

Classé dans Actualité, Michel Monette

6 réponses à “UPA et Union des paysans: il est temps d’enterrer la hache de guerre

  1. Je suis du même avis Michel, quelle perte de temps et de force que cette opposition sans fin entre ces deux groupes. L`argent, c`est bien beau, mais la fraternité entre producteurs au Québec me semble encore plus importante.

    FM

  2. pierrejcallard

    @ MM. Ça me rappelle ce vieux conflit – a-t-il finalement été réglé ? – sur la couleur de la margarine. Ou peut-etre faudrait-il garder quelque-uns de ces litiges, comme des reliques d’une autre époqe, comme ces actions en bornage de Vendée dont on peut parler avec attendrissement aux touristes… Je plaisante pour ne pas pleurer, car je sais le mal que nous font ces querelles. Heureusement que des gens comme vous suivent ce dossier. Peut-être qu’on arrivera à une victoire du bon sens.

    http://nouvellesociete.org/5007.html

    Pierre JC Allard

  3. La margarine peut prendre la couleur qui lui chante depuis peu. J’ai toujours eu l’impression qu’on prend les consommateurs pour de parfaits imbéciles. Remarquez qu’à voir le comportement général, que ce soit dans l’alimentation ou dans d’autres domaines de consommation, on se demande parfois si… Il n’y a qu’un antidote face à cette consommation insensée: s’informer, s’informer, s’informer.

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