L’Amérique pourrait ne pas se remettre du scrutin du 4 novembre

Les États-Unis ont beaucoup changé en une trentaine d’années. À l’époque, les dirigeants des grandes entreprises gagnaient un maigre 30 fois le salaire moyen de leurs employés. Un véritable scandale comparé aux chiffres actuels! Alors qu’ils s’apprêtent à voter, les Américains doivent savoir que le bien-être de ces dirigeants est en jeu. Obama laisse entendre qu’ils pourraient payer un peu plus d’impôt. Où s’en va l’Amérique!

L’Institut des études politiques (Institute for Policy Studies) et Unis pour une économie plus équitable (United for a Fair Economy), deux repères de gauchistes américains, viennent de publier leur rapport annuel sur les revenus des grands patrons. Le rapport conclut que les dirigeants des 500 plus grandes entreprises ont gagné l’an passé en moyenne 344 fois le salaire du travailleur américain moyen. Cet acquis des grands patrons américains est en jeu le 4 novembre prochain.

Pire, l’effet redistributif du régime fiscal américain obtenu par ces mêmes patrons pourrait lui aussi souffrir de l’élection d’Obama. Les contribuables américains subventionnent, bon an mal an, plus de 20 milliards de dollars de revenus pour les dirigeants d’entreprises les plus riches. Imaginez que ces fonds accordés au patronat pourraient se retrouver dans des programmes d’éducation des enfants les plus démunis. C’est du moins ce que suggère le rapport.

Les auteurs ont même osé écrire que les multiples contrats du gouvernement américain avec les plus grandes entreprises servent aussi à «subventionner» les revenus de leurs dirigeants. Quoi? Oser remettre en cause le patriotisme de ces dirigeants qui font preuve d’un altruisme remarquable en acceptant de mettre les ressources de leurs entreprises au service du peuple américain!

L’attaque vicieuse contre le patronat ne s’arrête pas là. Il y a trente ans, écrivent les auteurs du rapport, plus du tiers des ouvriers étaient syndiqués alors qu’aujourd’hui ils ne sont plus que 7,4% à l’être. De là à conclure que la diminution du nombre de syndiqués explique l’écart grandissant entre les dirigeants et leurs employés, il n’y a qu’un pas que les auteurs franchissent sans la moindre gêne.

Ne savent-ils donc pas que les États-Unis, grâce au génie de ces dirigeants, concentrent plus de 40% de la richesse mondiale. Qu’est-ce donc que le salaire des petites gens et le manque à gagner du gouvernement à côté de cet exploit économique fantastique?

Est-ce leur faute à ces dirigeants, en plus, si chaque fois que les salaires des travailleurs augmentent, les emplois s’envolent vers l’étranger. On voudrait le leur reprocher? Pourtant, leurs revenus à eux ont beau hausser constamment, leurs emplois ne fuient pas pour autant.

Vous voulez la preuve que les syndicats nuisent à l’économie américaine? Des chercheurs ont démontré chiffres à l’appui que les patrons gagnent en moyenne 20% de plus là où il n’y a pas de syndicat.

Pensez un instant à ces enfants les plus pauvres qui pourraient grandir dans un pays où ils n’auraient pas la possibilité de devenir plus riches encore que les grands patrons d’aujourd’hui. C’est cet avenir sombre qui leur serait réservé au lendemain du 4 novembre?

À quand un mouvement «Sauvons nos riches patrons» chez les voisins du sud? Allez, chers voisins, comportez-vous en véritable patriote le 4 novembre. Si ce n’est pour moi, faites-le pour votre nouvelle diva.

Executive Excess 2008. How Average Taxpayers Subsidize Runaway Pay

8 Commentaires

Classé dans Actualité, Michel Monette

8 réponses à “L’Amérique pourrait ne pas se remettre du scrutin du 4 novembre

  1. clusiau

    Excellent texte. Bravo et merci.

  2. Et quiconque pense changer l’état des choses est un terroriste. Écoutez, c’est simple: c’est soit que vous êtes avec l’overclass ou vous êtes avec l’ennemi.
    Le capitalisme sauvage=démocratie et liberté.
    Mettez-vous ça dans la tête une fois pour toute.
    Ç’est pour votre bien que le patronat agit ainsi. Il faut les laisser créer la richesse… avant qu’ils ne se poussent avec!
    L’élite veut votre bien et finira par l’avoir!

  3. Si nous n’avions pas le terrorisme, il faudrait l’inventer. C’est tellement pratique pour s’en prendre à quiconque remet en question le droit absolu de s’enrichir absolument.

  4. Félix

    C’est consternant. Je désire, aujourd’hui même, de ceder la totalité de mes biens et l’intégralité de ma richesse à une richissime patron qui est dans le besoin.

  5. Tout se précipite. L’Amérique doit accepter VITE un métamorphose ou mourir. On est a un cheveu de la guerre civile que déclenchera la chute des pensions de vieillesses et la saisie des maisons hypothéquées. Il faudra une gouvernement « fort » que la population n’acceptera pas. Pensez aux Blackwaters et quasi-mercenaires de l’armée régulière contre les Gardes Nationales. Pas une révolution, des centaines de révoltes et l’anarchie.

    Et il y a le facteur Obama. Imaginez une minute que la Cour Supreme accepte les arguments de Berg cet après-midi et remette en question la candidature d’Obama… Impensable. Folie. Mais… « Les dieux rendent fous ceux qu’ils veulent perdre« .

    Pierre JC Allard
    http://nouvellesociete.org/5191.html

  6. Vous êtes naïfs pour faire confiance à ce point à Obama.

  7. Un gouvernement Médiocrate avec un Congrès et un Sénat majoritaires serait encore plus catastrophique que les deux dernières années de Bush!

    Ça serait quand même moins pire qu’un gouvernement Réactionnaire avec un Congrès et un Sénat majoritaire!

    Le moins pire scénario serait Obama à la présidence avec un Congrès (difficile) et un Sénat Républicains (encore possible), ce qui serait un pas dans la bonne direction.

    Obama et McCain: deux merdes étatistes!

  8. Bonjour,

    Je suis parfaitement d’accord avec cette analyse. A l’époque je parlais des parachutes dorés dans un article que j’avais appelé « Virez-moi car j’ai péché » (URL).
    Je n’étais pas encore au courant des chiffres que vous citez. Sur Agoravox, j’avais reçu un patron comme commentateur qui se voyait sauvé par mes propos.
    Mais, l’erreur est à la base, au contrat d’engagement lui-même. C’est un problème qui malheureusement doit avoir, comme le reste, une réponse à l’échelle mondiale pour éviter les transferts de GM au plus offrant.

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