Archives mensuelles : novembre 2008

Face à face entre Michelle Blanc et Pauline Marois

Face à face entre Michelle Blanc et Pauline Marois

Raymond Viger Dossier Pauline Marois

Le passage de Michelle Blanc à l’émission de Guy A. Lepage, Tout le monde en  parle, vient de changer à tout jamais la blogosphère.s671641575_1396

Deux sujets ont marqué le débat. La transexualité de Michelle Blanc et les blogues. En ce qui concerne la transexualité de Michelle Blanc et de son passage de Michel à Michelle, je me contenterais ici de souligner le courage de Mme Blanc dans son processus de coming out et de sa transformation. J’y reviendrais plus en profondeur dans un autre billet.

Le hasard que Mme Pauline Marois soit restée et que Michelle Blanc ait pu aborder la réalité et le potentiel des blogues a été déterminant. La blogosphère ne sera plus jamais la même. Je suis convaincu que Michelle Blanc, en quelques minutes à peine, vient d’ouvrir d’importantes portes.

Les gestionnaires en communication se sont fait rappeler à l’ordre en se faisant décrire ce qu’est un blogue et son potentiel. Les liens que Michelle Blanc a su nous montrer avec le blogue du nouveau président des États-Unis, Barack Obama permet aux blogues de prendre toutes ses lettres de noblesses.

Les retombés que les blogueurs pourront en tirer sont encore inimaginables. Moi le premier. J’ai un blogue sur la prévention du suicide. En moins d’un an de travail, c’est près de 150 000 visites de personnes suicidaires et déprimées qui viennent commenter mes textes sur le suicide. J’en étais rendu à présenter les résultats aux différentes instances politiques et communautaires. Avec la présentation de Mme Michelle Blanc, l’accueil qui sera réservé à ma présentation risque d’avoir une meilleure écoute sur le potentiel de prévention et d’intervention que  nous pouvons atteindre avec cet outil.

Michelle Blanc aura possiblement changé le travail politique des prochaines années. Tous les politiciens se retrouvaient sur l’Internet, mais sans comprendre comment utiliser les blogues pour se rapprocher des citoyens. Parce qu’un blogue n’est pas un outil pour vendre sa salade. Un blogue est un outil de démocratisation. Michelle Blanc vient de lancer le mode d’emploi. Certains politiciens auront compris le message et vont « tisser » les liens nécessaires pour créer une nouvelle démocratie et se rapprocher des citoyens.

Merci Michelle Blanc pour ce passage à Tout le monde en parle. Votre présence aura été un moment historique et qui va changer l’environnement politique, démocratique et communautaire.

Merci à Guy A. Lepage pour avoir invité Michelle Blanc à votre émission.

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Classé dans Actualité, Élections, Raymond Viger

L’occasion ratée

Jusqu’à la dernière minute, mardi soir dernier, je me suis demandé si j’allais le regarder ou non, le débat des chefs. Puis je me suis dit «pourquoi pas»? Qu’avais-je à y gagner? Rien. Je savais, et je sais toujours pour qui je vais voter. Qu’avais-je à y gagner? Rien non plus, mais au moins je les aurais entendus, ceux pour qui je ne vais pas voter. Je ne regrette pas. D’autant plus qu’en prime, j’ai pu les voir rater la réponse à LA question de la campagne.

Un peu partout autour de moi, le lendemain, amis et collègues se plaignaient de l’allure «foire d’empoigne» du débat. C’est un style que je ne déteste pas, mais je comprends que ça rend difficile, pour plusieurs, de suivre le fil des échanges.

Au fond, ce n’était pas tant le débat lui-même qui comptait que son impact sur l’intérêt envers la campagne électorale. De ce côté, si je me fie aux réactions dans les blogues de la Capitale, cet intérêt est demeuré au beau fixe. C’est-à-dire pas très élevé.

Je crois bien que cette campagne électorale va passer à l’histoire : jamais n’aura-t-on vu un tel désintérêt envers la «chose politique». Est-ce uniquement parce que les Québécois ont la tête ailleurs et que le petit tour de passe-passe du parti libéral les laisse plutôt indifférents? Après tout, moins il aura d’électeurs le 8 décembre, plus le parti au pouvoir a des chances de récolter les comtés.

Peut-être bine, après tous, que ce n’est pas de l’indifférence.

C’est au moment où les trois chefs ont répondu à LA question, celle sur ce qu’ils ont à nous offrir comme projet de société, que j’ai réalisé à quel point le problème pourrait bien venir d’eux et d’elle.

Aucun n’a su se démarquer en proposant un projet de société emballant. Les trois nous ont plutôt montré qu’ils veulent tout juste être de bons intendants. En attendant Godo.

Pourtant, il y en avait un beau projet de société à nous offrir, un qui ne demande qu’à être lancé par le parti politique qui aura enfin compris l’ampleur du défi qui nous attend pour les vingt ou trente prochaines années : réussir le passage d’un société de gaspillage à une société de conservation (certains parlent de durable, mais pour ma part je préfère mettre l’accent sur l’état d’esprit qui doit nous habiter que sur le résultat d’un tel état d’esprit).

À l’aube d’une récession qui pourrait se prolonger pour devenir dépression, l’expression «Green New Deal» image bien un tel projet de société.

Qu’attendons-nous ici pour l’entreprendre, ce grand chantier de rénovation dont l’éducation – la réponse venue spontanément à Mario Dumont et reprise à la volée par Pauline Marois – est une composante clé.

Changer les mentalités, changer les habitudes, changer les comportements, changer les manières de faire, bref, changer en profondeur le Québec. Ça, ça serait emballant comme projet de société! Pas nous ressortir la vieille rengaine de la «croissance économique» avec un slogan du style Go North Young Quebecers.

Mais peut-être avez-vous un autre projet tout aussi emballant en tête? On pourrait comparer, juger, choisir. Ça manque vraiment dans cette grisâtre campagne électorale.

PS.: je ne voterai pas Vert. Ce n’est pas bien sorcier pour vous de deviner à quel parti ira mon vote. Je vous expliquerai pourquoi.

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Classé dans Michel Monette

Débat des chefs : nul!

Bien cacophonique ce débat. Jean Charest m’a réellement tapé sur le petit nerf, il me semblait que son visage se déployait en plusieurs tons de rouge tout au long des deux heures. Peut-être que la population trouve Pauline Marois snob, mais Jean est fendant comme pas possible. À choisir entre quelqu’un de snob et quelqu’un de fendant, je choisi le snobisme, ça me semble plus doux à l’oreille et à l’oeil.

Justement, Pauline m’a bien fait rire avec ses commentaires aux paroles de Jean, malgré le fait qu’elle poussait la note réactive parfois un peu trop fort. Ses réactions étaient bien humaines pour une dame que l’on accuse de se placer sur un piédestal… En tant que spectateur, c’est bien à elle que je m’identifiais.

Mario Dumont m’a aussi bien impressionné par son sérieux. Moins pour ses idées, ça, c’est sûr! Dommage pour lui et ses partisans que son bilan comme chef de l’opposition soit si catastrophique, sa performance au débat l’aurait grandement aidé.

En réaction au titre d’un article de La Presse, « Match nul », Steve Proulx trouve que « c’était nul ». Je ne suis pas d’accord, parce que si je me suis amusé en le regardant, je ne peux pas trouver ça nul… Et puis, donner comme pronostic « match nul », c’est un peu trop faire gagner le chef du Parti Libéral à mon goût!

(Photo : Jérôme Mercier)

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Classé dans Actualité, Renart L'Eveillé

Sans toit ni loi, la pauvreté est un encombrement social !

En France, pour le tribunal de police de Paris, les tentes des 374 familles mal-logées qui s’étaient installées, fin 2007, rue de la Banque, dans le IIe arrondissement de la capitale, sont des « objets embarrassant la voie publique sans nécessité ». L’association Droit au logement (DAL) a été condamnée à verser 12.000 euros d’amende pour le dépôt et l’abandon de ces objets. En effet, la magistrate a infligé au DAL quatre amendes de 3.000 euros considérant le campement comme un seul embarras pour lequel quatre procès-verbaux ont été dressés lors des interventions policières. L’amende a été majorée de 750 à 3.000 euros puisque le DAL est une personne morale.

La pauvreté est un encombrement !

La pauvreté est un encombrement !

Au Canada, une enquête rendue publique lundi à Ottawa par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) révèle que les Canadiens les plus pauvres et les moins instruits, qui vivent dans les villes, sont plus susceptibles d’être hospitalisés pour toute une série de problèmes de santé que les autres. Les pauvres sont plus fréquemment hospitalisés pour un éventail de problèmes de santé comme les troubles anxieux et les crises d’asthmes. Ces mêmes personnes défavorisées sont en outre hospitalisées 2,3 fois plus souvent que les gens riches pour une maladie mentale et 3,4 fois plus pour un problème d’abus de drogue ou d’alcool.

Au Québec, en cette morne campagne électorale, la neige recouvrira cette laideur insupportable aux yeux de quelques âmes bien pensantes. Je viens de quitter le débat des chefs. Un peu de tout pour toutes et tous. Un fourre-tout. Selon la Ville de Montréal, en 1996, 28 214 Montréalais se sont présentés au moins une fois, cette année-là, dans un centre d’hébergement, une soupe populaire ou un centre de jour . Environ les trois quarts de ces personnes étaient des hommes, en majorité d’âge mûr, aux prises avec des problèmes de toxicomanie, de santé physique ou de santé mentale. Lors du recensement de 2001, on a dénombré environ 1800 itinérants à Montréal. Combien sont-ils aujourd’hui ? Une étude du centre d’hébergement la Maison Lauberivière, situé à Québec, a révélé en 2006 qu’il en coûte deux fois plus cher de laisser un sans-abri à lui-même que de l’aider. Plus de 50% des itinérants admis dans les hôpitaux sont diagnostiqués comme ayant de graves problèmes de santé mentale. Il a neigé sur Montréal et il neigera encore sur Montréal. La neige masquera des réalités que même une campagne électorale est incapable d’affronter.

Une première neige qu'apprécieront les sans-abris !

Une première neige qu'apprécieront les sans-abri !

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Classé dans Actualité, Pierre R Chantelois

Ça donne froid…

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Je ne suis pas un climatologue, météorologue, géologue, ni un scientifique. Mais j’ai un cerveau, des facultés pour penser de façon critique et je pense savoir m’en servir. Je n’ai pas besoin d’autrui pour me dicter quoi penser et croire. Donnez-moi les bonnes informations, laissez-moi observer et j’en viendrai à mes propres conclusions. Je peux me tromper et si c’est le cas, je corrige le tir. Avec les années de recherches et de lectures intensives, on vient qu’à développer un bon flair.

Je prends pour acquis que vous êtes pareils puisque vous êtes ici. Nous sommes tous conscients que les médias nous roulent dans la farine et encore plus les politiciens. Dès qu’on essaie de nous vendre une nouvelle idée, encore plus lorsqu’elle sous-tend une justification pour nous demander de l’argent ou une taxe, nous sommes extrêmement sceptiques. Nous questionnons et sommes prudents. Et avec raison. Nous savons aussi que les scientifiques ont tendance à ne pas avoir trop de morale, d’éthique. Ils ont tendance à être subordonnés aux subventions et capitaux privés. Pensez à tous ces produits chimiques, médicaments nocifs, OGM et les armes nucléaires. Trop rares sont les esprit vraiment indépendants et intègres.

Mais pourquoi est-ce si différent lorsqu’on parle d’environnement? La vision cauchemardesque du futur climatique causé par le CO2 produit par l’homme est pourtant avancée par ces mêmes acteurs. Beaucoup seraient surpris d’apprendre d’où vient la majeure partie du financement des groupes environnementaux et du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat). Parmi eux se trouve certainement la Fondation Rockefeller. Et oui, des intérêts pétroliers. Tout comme certains ardents personnages qui se disaient en désaccord avec le fait même qu’il y avait un réchauffement et qu’on avait pris à accepter de l’argent des pétrolière.

Quoi? Les mêmes personnes financent les deux côtés qui s’opposent sur la question de la responsabilité de l’homme dans les changements climatiques? Ceci n’a rien de surprenant. Durant les deux guerres mondiales du siècle dernier, tout comme dans la majorité des guerres importantes des derniers siècles d’ailleurs, ce sont les mêmes banquiers et financiers qui ont financé tous les opposants. On ne peut pas réécrire l’histoire. Mais on peut l’ignorer.

Nous sommes pris avec un faux débat qui fait perdre son temps et énergie aux vrais amoureux de la vie et environnementalistes. Ces efforts et argents pourraient être investis à régler de véritables problèmes sur lesquels nous avons, ou pouvons avoir une influence certaine; problèmes dont nous portons souvent une responsabilité entière. Je pense aux OGM, le fluorure, les armes radioactives comme l’uranium appauvri, le ridicule pétrole dont nous n’avons pas besoin depuis des décennies, Charest et l’Institut Économique de Montréal.

Ce qui éveille ma prudence, avant de croire à la catastrophe et de lancer mon argent par les fenêtres, ou plus précisément, dans les poches des véritables artisans de ce scénario de réchauffement climatique tels que financiers, banquiers et gouvernements, c’est de voir que les médias ne présentent que les nouvelles qui corroborent la version selon laquelle le CO2 est responsable du réchauffement climatique, et rarement, sinon jamais, celles qui montrent le contraire. Très louche.

Le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) nous annonçait au début de l’année que l’hivers 2007-08 avait été le plus froid depuis 2001. Pendant qu’on apprenait sans grande fanfare que la glace en Arctique couvrait 30% plus de superficie qu’à la même période l’an passé, une superficie de la taille de l’Allemagne, chose pas vue depuis 1979, certains scientifiques alliés avec le GIEC ont été pris à manipuler les données météorologiques et nous mentir en déclarant que nous venions de connaitre le mois d’octobre le plus chaud, un record, ce qui constituait un signe de l’accélération du réchauffement climatique. Le Goddard Institute for Space Studies (GISS), dirigé par Dr. James Hansen, le chef scientifique et allié de Al Gore, fut à l’origine de cette annonce. Mais comme le London Telegraph le rapportait, il a dû admettre avoir utilisé les températures du mois de septembre, un mois naturellement plus chaud. La réalité est que ce mois dernier se classait au 70e plus chaud octobre en 114 ans. Qui plus est, M. Watts et McIntyre l’ont forcé à réviser ses données publiées pour les températures de surface aux É-U qui prétendaient que la plus chaude décennie du 20e siècle était celle des années 1990 au lieu de la vraie, celle des années 1930. Il me semble qu’on n’a pas besoin de mentir lorsqu’on a la vérité de son côté…

Un astrophysicien de l’Angleterre raconte comment tous les modèles élaborés sur ordinateur par le GIEC n’ont pas réussi dans leur scénarios et prédictions depuis l’an 2000.

En fait, il fait froid partout et il neige. Le Tibet a connu sa pire chute de neige de l’histoire: 1,5 mètre! Il a neigé et fait froid à Londres, aux États-Unis, 63 chutes de neige record et 115 records de froid battus depuis le début de l’automne-hiver. Pareil en Chine et en Nouvelle-Zélande. Il vient de tomber une tempête de neige en Australie, au début de l’été! Des experts canadiens et britanniques déclarent dans le Daily Mail que nous nous dirigeons vers un refroidissement climatique. Même son de cloche des chercheurs de la Société Astronomique de l’Australie. Les tâches solaires montrent une corrélation parfaite avec les changements climatiques enregistrés sur Terre, sur Mars et les autres planètes du système solaire. Nous sommes dans un creux d’inactivité solaire.

Comme vous pouvez le constater sur les graphiques, nous n’avons pas connu de réchauffement net depuis 1998, mais plutôt un léger refroidissement, s’accentuant depuis 2007. Pourtant, la concentration de CO2 a continué d’augmenter dans l’air. Il n’y a pas de corrélation entre le CO2 et les changements climatiques. Et ce CO2 est purgé de l’atmosphère plus rapidement qu’on le pensait.

Alors, vous me pardonnerez pour être prudent et sceptique par rapport à cette hystérie du réchauffement climatique causé par l’homme. De tous les problèmes que nous engendrons sur cette planète, les changements climatiques n’en sont pas. Cessez de culpabiliser les enfants avec cela. La géologie et les connaissances que nous retirons des carottes glacières qui sont les témoins de centaines de milliers d’années de météorologie nous indiquent que les changements climatiques sont naturels, cycliques et que le climat a déjà été beaucoup plus froid et plus chaud que maintenant. Que le CO2 a déjà été beaucoup plus élevé que maintenant, qu’il favorise la croissance et la santé des végétaux et qu’il augmente en moyenne 800 ans après un réchauffement climatique, et non avant. De plus, historiquement, l’humanité a toujours su tirer avantage d’une période plus chaude, alors que les ères glacières nous ont jeté dans une misère épouvantable.

Mais par-dessus tout, nous savons que l’argent des taxes donné aux financiers, banquiers et gouvernements n’est jamais bien géré pour le bien du peuple et l’environnement. Ce n’est pas en payant une taxe sur le CO2 que nous allons faire cesser les changements climatiques qui se perpétuent depuis 4,5 milliards d’années.

Par contre, nous pouvons cesser notre pollution. Mais nous ne changeront jamais les cycles climatiques. La lutte aux changements climatiques est une diversion. Un faux débat pour vous tenir occupés tandis que les artisans de cette diversion sont en train de saigner l’économie mondiale et mènent leurs guerres impériales pour les ressources naturelles de ce monde.

Attaquons-nous aux vrais problèmes.

François Marginean

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Classé dans Actualité, environnement, François Marginean

La France de gauche cocue ?

C’est la foire d’empoigne au Parti Socialiste. À la mort du Grand Charle, on avait dit que la France était veuve.  Les frasques des tout petits héritiers de Jaurès nous sortent de la tragédie pour nous conduire au vaudeville: si le PS meurt, la France de gauche est cocue…

Pour bien comprendre le résultat prévisible de ce match nul entre Royal et Aubry, il va falloir faire un retour sur des constats d’un simplisme choquant, mais il y a des moments où la gratification intellectuelle de la complexité coûte trop cher et où il vaut mieux être aussi simple que le plus simple de ceux qui auront à se prononcer sur l’avenir de la nation.  Comprendre ce qui arrive exige un regard innocent.

D’abord, comprendre qu’il y a toujours en France quatre (4) espaces politiques dans chacun desquels  peuvent  coexister une foule de partis, de tendance et de sensibilités qui s’entredéchirent avec  délectation, mais dont on peut raisonnablement prévoir qu’ils se réuniront au moment de vérité.

Ainsi, y a en France une Gauche qui veut plus d’égalité et de concertation face à une Droite qui veut plus d’initiative et de discipline. On notera que ces buts ne sont pas vraiment contradictoires ; affaire de priorité, plutôt… Quelques âmes inconstantes, frustrées par les événements ou séduites par le discours des politiciens, passent de gauche à droite ou vice-versa et font virevolter les maroquins, mais c’est sans grande importance.

Mais il y a aussi les extrêmes.L’extrême-gauche pour ceux qui sont prêts à des changement institutionnels majeurs afin obtenir plus d’égalité … et l’extrême-droite qui réunit de temps en temps ceux qui seraient prêts à tout oublier des institutions pour que les problèmes se règlent au mieux et au plus vite.

Mêlez les objectifs de ces quatre (4) groupes, pondérez par la force dont disposent leurs supporters – dont le nombre n’est que l’élément le plus visible – donnez une prime à l’inertie quand tout baigne, à l’impatience quand rien ne va plus et vous trouverez la recette de la gouvernance idéale à laquelle Quidam Lambda espère que le processus démocratique lui permettra d’accéder.

Il l’espère, mais conscient en France, plus que dans les pays anglo-saxons, que ce n’est pas toujours un processus démocratique qui le permet.    Contrairement aux USA – où un coup d’État ne se ferait qu’en invoquant le démocratie ! –  on peut très bien concevoir que les Français  puissent souhaiter ouvertement, au moins pour un temps, autre chose que la démocratie.

Au débat assez inoffensif entre la gauche et la droite institutionnelles qui est l’ordinaire de la politique française, se surimpose donc parfois un autre débat, plus dur, entre ceux pour qui les institutions sont une fin et ceux – les « extremistes » – pour qui elles ne sont qu’un moyen.  Des temps en temps, ce débat prend plus d’importance.  

Il y a 50 ans qu’on n’a pas vraiment remis en question les institutions. Depuis la chute de l’URSS, le communisme ne joue plus du tout son rôle d’extrême-gauche crédible. Le FN n’a jamais atteint 20% de soutien populaire et personne n’a jamais craint sérieusement qu’il prenne le pouvoir par la force.  Les extrêmes sont en dormance. 

Ils sont entrés en sommeil profond l’an dernier, quand l’UMP a raqvi la moitié de la cliente lepéniste et que ce qui était à gauche du PS est devenu si marginal qu’il n’y avait plus à y porter attention. Dans ce contexte où tout gravitait vers le centre et loin des extrêmes, s’est développé un Centre qui, au lieu de voir sa vocation comme un arbitrage éventuel entre la Gauche et la Droite pour déterminer une direction de gouvernance, s’est identifié comme une option permanente. 

Ce Centre s’est trouvé un porte-parole en Bayrou et a fait l’impasse sur le clivage idéologique Gauche-Droite, posant implicitement pour axiome qu’il existait désormais un consensus social sur ce que l’on attend de l’État.   Le débat politique devait donc porter sur les moyens a prendre pour atteindre ces buts désormais incontestés…  et sur la compétence et la personnalité de ceux à qui l’on confierait le gouvernail.  Une vision politique toute à l’américaine.

Dans le contexte de 2007, Bayrou aurait pu accéder à la présidence. Segolène ne voulant pour rien au monde y renoncer, toutefois, elle s’est niée au sacrifice qui aurait pu stopper  Sarkozy.  Elle a ensuite habilement manœuvré le PS pour l’amener non vers Bayrou, mais vers l’espace qu’occupait Bayrou. Un espace qu’elle aurait pu occuper et qu’elle se croyait encore capable  d’occuper en utilisant les ressources du PS pour reléguer ce dernier au rôle de gentil précurseur…    Le pouvoir semblait là.

Le PS de Ségolène, sans le dire, deviendrait un parti du centre et la France de gauche serait cocue

Mais c’était en 2007…   En 2008, avec la crise, ceux qui réfléchissent comprennent que l’heure du Centre a passé. Il y aura une radicalisation, une renaissance des idéologies et la France choisira de changer ses institutions.  Démocratiquement… ou autrement.

La moitié du PS a dit non à la marche vers le Centre et n’en démordra pas ; ceux avec Segolène qui veulent prendre cette voie ne changeront cependant pas non plus d’avis. Plus ou moins formellement, le PS va donc se scinder en deux clans.

La moitié du PS avec Ségolène se joindra au Modem ou se l’adjoindra, créant une alternative de centre-gauche  qui visera à prendre démocratiquement le pouvoir des mains de Sarkozy en 2012. Simultanément, l’autre moitié du PS rejoindra Besancenot et Mélenchon, constituant à gauche une force significative.

Cette force ne pourrait gagner des élections que si la crise se traduisait par un déplacement énorme de l’opinion publique vers la gauche.  Bien avant que ce seuil ne soit atteint, cependant, elle peut devenir le lieu de ralliement de ceux qui veulent des changements institutionnels profonds.   Si ce ralliement de ceux qu’on peut appeler les « extrémistes »  a lieu, ce n’est peut-être pas la France de gauche qui aura été cocue…

 Pierre JC Allard

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Classé dans Actualité, Pierre JC Allard

Personnes toxicomanes: pas rentable pour une campagne électorale

Raymond Viger

Dossier Alcool et drogue.

Scandalisé, choqué et outré. Voilà un bref résumé des émotions qui m’envahissent en écoutant la position du ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc dans le dossier des centres d’injections supervisées.

659428_42488329 J’ai visité le 5 juillet dernier le seul site d’injection supervisé en Amérique du Nord, l’Insite de Vancouver. J’ai écrit un billet en attendant que mon reportage soit publié dans le magazine d’information et de sensibilisation, Reflet de Société.

Mon reportage est amplement en faveur de la création d’un site d’injections supervisées. Les personnes toxicomanes y trouvent leur compte. Sur place nous y retrouvons des soins infirmiers, soins psychologiques, hébergement d’urgence, centre de thérapie… La population aussi en ayant moins de seringues qui traînent dans le quartier, moins de frais d’hospitalisation pour le traitement aux personnes toxicomanes, moins d’automobiles qui frappent des personnes toxicomanes qui ont perdu le nord parce qu’ils vivent leur high dans le site d’injection supervisé…

Quand le ministre de la Santé fédérale a été devant la justice pour tenter de fermer l’Insite de Vancouver, la justice a été formelle. Pas question de fermer le centre d’injections supervisées, c’est un service essentiel. Même si les organismes communautaires, la police municipale, la municipalité et le gouvernement de la Colombie-Britannique ont fait front commun pour défendre le dossier, seul le gouvernement conservateur de Stephen Harper et la GRC étaient contre la continuité du site d’injections supervisées.

Pour une fois que le communautaire, la police, le municipal et le provincial font concensus dans une intervention sociale, de quoi se mêle le gouvernement fédéral?

Et pour revenir au ministre de la Santé du Québec Yves Bolduc, je ne peux pas comprendre pourquoi le Ministre de la Santé retarde un tel dossier qui était prévu être annoncé cet automne. Un dossier qui n’est peut-être pas rentable en période d’élections? À moins que notre nouveau ministre de la Santé soit intimidé par le gouvernement Harper qui veut aller en appel pour fermer le site d’injections supervisées de Vancouver?

Reportage sur le quartier chaud de Vancouver Downtown Eastside

Reportage sur le site d’injection de Vancouver. Site d’injections supervisées pour toxicomanes: Insite de Vancouver

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