Archives mensuelles : avril 2009

L’industrie pharmaceutique est malade

Par lutopium – Le réputé New England Journal of Medicine déclarait l’an dernier que les études scientifiques ne font aucune mention de presque la totalité – 89% – des résultats négatifs obtenus en laboratoire. Dans l’édition du Devoir du 18 janvier 2008, on reprenait la nouvelle et on nous rappelait que « … les antidépresseurs ne seraient pas aussi efficaces que ce qui est rapporté dans la littérature scientifique, où ne sont publiées en général que les études ayant abouti à des résultats favorables au médicament… ». Les manufacturiers sont montrés du doigt, les impacts sont considérables : « …il s’agit d’une forme de désinformation trompeuse qui peut inciter les cliniciens à prescrire en toute confiance un médicament alors qu’ils devraient demeurer très vigilants… ». Les experts de la Food and Drug Agency ne sont pas les seuls coupables dans cette néglicence. Est-il nécessaire de rappeler que les lobbyistes du monde pharmaceutique ont une très grande influence auprès de l’agence de réglementation? Entre 1997 et 2002 seulement, le monde pharmaceutique et médical a dépensé près d’un demi-milliard de dollars en activités de lobbying à Washington…

Du même coup, la Commission européenne a lancé une enquête sur les grands laboratoires pharmaceutiques « …soupçonnés d’entraver la concurrence afin de retarder la commercialisation de produits novateurs et génériques. L’enquête vise à déterminer si les entreprises n’ont pas outrepassé l’interdiction faite par le traité, de pratiques commerciales restrictives. Sont notamment visés les règlements de litiges liés aux brevets. L’enquête vise également à s’assurer qu’aucun obstacle artificiel à l’entrée sur le marché, n’a été érigé. La commission soupçonne enfin l’utilisation abusive des droits de brevet, par des procédures contentieuses passibles d’un abus de position dominante.».

Pendant ce temps au Québec, les grands défenseurs du libre-marché ne cessent d’exiger l’amaigrissement de l’état et le transfert de la réglementation du commerce directement vers l’entreprise privée. Certains penseurs de la droite croient effectivement que le marché peut se surveiller lui-même et apporter des normes qui encadreraient judicieusement les activités du commerce libre. Certains ne sont jamais à cours d’arguments pour défendre une économie forte et responsable, complètement autonome devant un état réduit au maximum. Sur les pages d’un blogue libertarien, on affirme que « …ce contrôle étatique a toujours été inefficace… les bureaucrates planificateurs n’ont tout simplement pas à leur disposition toutes les informations dispersées dans l’esprit de millions d’acteurs économiques qui leur permettraient de prendre les décisions appropriées… »

C’est justement ce que la Commission européenne et le plus grand journal médical reprochent à l’industrie pharmaceutique : le manque de transparence. On imagine fort bien l’importance des excès si les agences publiques ne seraient pas impliquées dans le processus de certification et de mise en marché des médicaments! C’est de la santé des citoyens dont il est question ici, pas de distribution de spiritueux ou de billets de loterie!

Les enjeux économiques autour de cette industrie sont plus grands que nature. Depuis plusieurs années, les grands manufacturiers avalent les plus petits et on ne sait pas quand va s’arrêter la vague de fusions des principaux laboratoires. Si ça continue comme ça, il ne restera que deux ou trois grands joueurs qui contrôleront la presque totalité des brevets pharmaceutiques! On me répondra peut-être que cette industrie occupe une place privilégiée dans l’industrie boursière, car elle génère – année après année – des profits faramineux qui font le bonheur des investisseurs. Je veux bien croire qu’il faut créer de la richesse, mais lorsqu’une industrie aussi importante que celle-là ne semble pas se précoccuper des effets néfastes de ses produits ou qu’elle ne veut pas coopérer à la distribution de médicaments dans les pays en voie de développement, il est primordial que les gouvernements s’en mêlent! Grâce à ses profits extraordinaires, l’industrie pharmaceutique contribue à faire fructifier les avoirs de ses dirigeants et des grands investisseurs, mais la rationalisation de ses opérations n’apportent absolument rien à la richesse collective. Est-il normal que les profits de 10 entreprises pharmaceutiques équivalent ceux dégagés par les 500 plus grandes compagnies américaines? Des dizaines de milliers d’emplois ont disparu depuis les dernières années et pendant ce temps, les dirigeants s’en mettent plein les poches : en 2002, le président de Bristol-Myers-Squibb récolte un salaire de 75 millions et celui de Wyeth empoche 40 millions. Les travailleurs et les citoyens n’y gagnent absolument rien.

Je ne suis pas un économiste ou un expert des lois du libre-marché. Mais j’en connais suffisamment pour être très inquiet du comportement des entreprises pharmaceutiques et je suis convaincu que des instances neutres, dirigées adéquatement par les gouvernements, doivent surveiller et règlementer les activités de ce secteur. Je ne comprend pas pourquoi l’idée de Pharma-Québec n’a pas encore trouvé preneur dans la société civile québécoise. Comment peut-on être contre le principe de négocier avec les manufacturiers de médicaments afin de réduire les coûts du système de santé? Surtout lorsqu’on apprend que les canadiens ont dépensé plus de 30 milliards en médicaments en 2008…

Comme le mentionnait l’économiste John Kenneth Galbraith en s’adressant aux disciples de Milton Friedman : « …nous vivons une époque où les allégations d’incompétence publique vont de pair avec une condamnation générale des fonctionnaires, à l’exception, on ne le dira jamais assez, de ceux travaillant pour la défense nationale. La seule forme de discrimination toujours autorisée – pour être plus précis, encore encouragée – aux Etats-Unis est la discrimination à l’endroit des employés du gouvernement fédéral, en particulier dans les activités relevant de la protection sociale. Nous avons de grandes bureaucraties d’entreprises privées, regorgeant de bureaucrates d’entreprise, mais ces gens-là sont bons. La bureaucratie publique et les fonctionnaires sont mauvais… »

J’imagine que M. Galbraith n’y connaît rien en économie de marché…

Photo: body parts – Flickr

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La salve des virus de la grippe porcine, aviaire et humaine – partie I

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Image de Jerod Harris

Puisque les évènements nous y poussent, nous nous devons de mettre toutes les informations disponibles sur la table concernant les virus de la grippe aviaire, porcine et humaine. La panique est en train de se répandre à travers la planète et une chose est certaine: nous devons éviter de paniquer, de perdre le contrôle de nos réactions et de réagir dans la peur.

Il est important d’être le mieux informé possible pour déterminer comment répondre à une potentielle épidémie. Personne ne sait encore vraiment si nous risquons une réelle pandémie. Le but de cet article sera de vous apporter le plus d’information possible pour que vous puissiez vous faire votre propre idée. Il n’est pas suggéré qu’il y ait un lien entre tout ce qui est présenté, mais il est aussi possible qu’il y en ait. À vous de juger.

Les faits

La nouvelle souche d’influenza est une mélange génétique. Les autorités de la santé aux États-Unis enquêtent sur un nouveau type étrange de grippe porcine qui a déjà infecté des centaines de personnes en commençant au Mexique pour se répandre aux États-Unis, au Canada et jusqu’en Nouvelle-Zélande. Déjà plus de 150 personnes en sont mortes.

Vous pouvez consulter la carte Google pour suivre le développement de la contamination à travers le monde, ainsi que celle de Health Map.

*Le virus en est un d’influenza de type A désigné H1N1.

*Il est génétiquement différent du virus d’influenza saisonnier d’origine complètement humaine qui circule globalement depuis les dernières années. Le nouveau virus de la grippe contient un mélange d’ADN de virus d’origine aviaire, porcine et de souche humaine, incluant des éléments de grippe porcine provenant de l’Europe et d’Asie.

*Le virus de la grippe mutent continuellement, ce qui explique pourquoi les vaccins contre la grippe changent chaque année et ils peuvent échanger de l’ADN dans un processus nommé le réassortiment. La plupart des animaux ont ces virus, ou peuvent l’attraper, mais ils sont rarement transmissibles d’une espèce à l’autre.

De décembre 2005 à février 2009, 12 cas d’infection humaine avec la grippe porcine ont été confirmés, mais seulement qu’une personne aurait eu un contact avec des porcs. Il n’y avait aucune évidence de transmission entre humains.

*Les symptômes de la grippe porcine sont similaires à l’influenza saisonnier – une rapide montée de fièvre, toux, muscles endoloris et extrême fatigue. La grippe porcine semble causer davantage de diarrhée et de vomissements que la grippe normale.

*Les gens attrapent rarement la grippe aviaire. Les exceptions notables incluent la souche H1N1 qui a causé la pandémie de 1918 ainsi que la souche aviaire H5N1, qui a tué 257 des 421personnes infectées dans 15 pays depuis 2003, selon l’Organisation de la santé mondiale (OMS).

*La grippe saisonnière tue entre 250,000 et 500,000 par année globalement.

*Lorsqu’une nouvelle souche commence à infecter la population et devient capable de passer d’une personne à l’autre, elle peut causer une pandémie. La dernière eut lieu en 1968 et tua un million de personnes.

*En 1976, une nouvelle souche commença à infecter des gens et les autorités américaines de la santé débutèrent un programme de vaccination de masse. Plus de 40 millions de personnes seront vaccinées. Mais plusieurs cas de syndrome de Guillain-Barré – une condition sévère et possiblement fatale qui peut être liée aux vaccins – ont poussé le gouvernement américain à abandonner le programme. L’incident a mené à une méfiance répandue envers les vaccins en général. (Source)

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Les origines et particularités du virus de la grippe porcine

Selon des scientifiques et docteurs, ce virus « unique » de la grippe porcine est une combinaison inédite et jamais vue entre du matériel génétique de porc, d’oiseaux et d’humains. « Nous sommes très inquiets », a déclaré le porte-parole de l’OMS, Thomas Abraham. « Nous avons ce qui semble être un nouveau virus et il s’est propagé d’humain à humain ». Il a la fâcheuse caractéristique de ne pas être détectable par le système immunitaire. Mais est-ce une combinaison si inattendue que cela, alors que l’on sait que le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) parlait déjà de virus recombinants en 2005? À cela s’ajoute le fait qu’ils avaient annoncé qu’ils mélangeraient des virus de la grippe aviaire avec ceux de la grippe humaine pour se rendre compte que cette combinaison entre ces deux types d’influenza ne créait pas une nouvelle forme infectieuse.

Où est apparue la première contamination de grippe porcine (H1N1)? À Fort Dix, New Jersey, en 1976. Possiblement une création d’un laboratoire militaire américain. Environ 200 soldats seront contaminés et quelques autres vont mourir, ce qui aura pour effet d’entrainer une campagne de vaccination forcée et discutable de la part du gouvernement américain puisque qu’ils ne tarderont pas à s’apercevoir que les gens vaccinés commençaient à mourir non pas du virus, mais des vaccins.

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Image de cdc e-health

Il n’est pas rare que les médias rapportent le fait que des laboratoires universitaires et militaires américains s’échinent à manipuler des virus de la grippe aviaire. Cette nouvelle souche de grippe porcine (H1N1) que « personne n’a jamais vu », contient du matériel génétique de la grippe aviaire (H5N1). Comment CELA est-il possible?

CLG a couvert et accumulé en archives les étrangetés entourant le sujet de l’influenza durant les huit dernières années.

Voici un exemple éloquent et documenté de manipulation douteuse de dangereux virus. Pour bien le comprendre, nous devons retourner dans un passé pas si lointain.

En 2004, nous étions martelés avec la peur et la propagande que la grippe aviaire serait la prochaine pandémie.

Des études génétiques ont démontré que le virus aviaire (H5N1) présentait des similitudes quasiment identiques avec le virus de la grippe espagnole qui tua entre 30 et 100 millions de personnes dans le monde, selon les différentes estimations. C’est plutôt inquiétant dans la perspective où il a été admis en 2005 que des scientifiques essayaient intentionnellement de recréer le virus de la grippe espagnole de 1918. Ce virus avait complètement disparu de la face de la planète… jusqu’à ce que ces scientifiques le ressuscite.

Parlant de cette grippe espagnole, elle porte un nom trompeur puisque la vraie source d’origine ne fut pas l’Espagne, mais bien Fort Riley, une base militaire américaine du Kansas.

Mais les prédictions pandémie de grippe aviaire ne se réalisèrent pas parce que ce virus n’est pas vraiment contagieux. Le virus H5N1 avait besoin d’être mélangé à d’autres virus d’influenza plus contagieux, comme celui de la grippe porcine (utilisé comme arme biologique par la CIA contre Cuba en 1971), pour devenir le vrai tueur en série. Et comme par magie, le voilà!

En 2006, il a été rapporté que des scientifiques créaient intentionnellement de nouveaux types d’influenza en laboratoire, mêlant des virus aviaires et porcins ensemble.

Ce qui nous mène à demander comment il se fait que cette nouvelle épidémie nous saute au visage immédiatement après que le laboratoire militaire de Fort Detrick, au Maryland, ait annoncé la semaine passée qu’ils avaient perdus des échantillons. L’OMS a rapidement pris le soin de nous rassurer qu’il n’y avait pas d’évidence que l’épidémie de grippe porcine soit un acte de bioterrorisme. De son côté, les autorités de Fort Detrick ont déclaré que le matériel manquant aurait probablement été détruit. Rassurant.

Pourtant, ce n’est pas la première fois qu’on laisse s’échapper des virus de laboratoire comme celui de la grippe espagnole de 1918, comme ce fut la cas en 2004. N’oubliez pas que le virus de la grippe espagnole est quasiment identique à celui de la grippe aviaire, avec quelques variations seulement.

C’est en 1976 que la dernière épidémie de grippe porcine a eu lieu, avec pour origine la base militaire de Fort Dix, au New-Jersey.

D’autres « erreurs » et actes inconcevables du conglomérat pharmaceutique

– En 2005, une souche d’influenza de 1957 ayant causé une pandémie tuant entre un et quatre millions de personnes, est trouvée dans des trousses de test de laboratoire qui furent envoyé dans 18 pays.

– Baxter International Inc. a admis en février 2009 que ses produits saisonniers contre la grippe étaient contaminés avec un virus vivant actif de la grippe aviaire de type H5N1.

Certains des produits contaminés qui contenaient un mélange du virus de la grippe H3N2 et de virus de la grippe aviaire H5N1 ont été vendu à des sous-contractants en République tchèque, en Slovénie et en Allemagne.

– Dans les années ‘80, une division du géant pharmaceutique mondial Bayer, Cutter Biological, a vendu pour des millions de dollars de produits infectés avec le HIV et l’hépatite C à des hémophiles à travers le monde. Le sang requis pour fabriquer ces produits fut prélevé dans des prisons américaines alors que ni les donneurs ou le sang donné étaient testés pour le HIV. De plus, le sang n’avait pas été stérilisé. (Source)

– En 2007, en Angleterre, le foyer de maladie de la vache folle qui a mis le pays en haute alerte avait comme origine un laboratoire gouvernemental en lien avec une compagnie pharmaceutique américaine.

Une épidémie ou une pandémie, c’est payant!

Comme il était discuté dans cet article:

Cette épidémie entrainerait une hausse instantanée de la demande pour les vaccins contre la grippe aviaire. Les profits des fabricants de vaccins comme Baxter pourraient être astronomiques si une telle panique avait lieu.

(…) c’est exactement ce qui s’était passé à l’automne 2005, alors que la panique avait été semée par le gouvernement de Bush qui disait qu’un minimum de 200 000 personnes pourraient mourir de la prochaine épidémie de grippe aviaire, un nombre pouvant atteindre 2,000,000 de personnes seulement qu’aux États-Unis. Cette campagne de peur avait justifié l’achat massif de 80 millions de doses de Tamiflu, un antiviral qui s’est révélé être par la suite pratiquement inutile. Les États-Unis avaient placé une commande de 20 millions de doses à 100 dollars l’unité, pour un total de 2 milliards de dollars. Mais qui fabrique le Tamiflu? La compagnie Roche, qui a reçu les droits de vente et de marketing exclusifs de Gilead Sciences Inc. il y a une quinzaine d’années. Gilead Sciences Inc. est la compagnie qui a développé le Tamiflu. Qui en était le directeur, deux ans avant d’être nommé au poste de Secrétaire à la défense dans l’administration Bush? Donald Rumsfeld. L’homme même qui possédait encore des actions dans la compagnie qui était pour profiter énormément (il empochera cinq millions de dollars) de la panique créée par le gouvernement Bush. (Source)

Ainsi, l’ancien Secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld a déjà profité de vaccins contre la grippe porcine dans le passé et maintenant, il semble qu’il en profitera de nouveau, tout comme Al Gore et son fond d’investissement.

D’autres firmes pharmaceutiques sont positionnées pour profiter énormément d’une telle pandémie possible. Les commandes de Tamiflu et autres vaccins seront grandes, d’autant plus que l’OMS a suggéré que le Tamiflu pourrait être efficace contre la grippe porcine. Même si ces médicaments ne fonctionnent pas toujours en plus d’avoir des effets secondaires, il restera le sentiment dans la population que les compagnies pharmaceutiques sont indispensables. Kleiner Perkins Caufield & Byers, BioCryst Pharmaceuticals (BCRX.O) et Novavax (NVAX.O) ont déjà vu leurs actions monter.

Le 9 mars dernier, Sanofi-aventis annonçait des investissements de 100 millions € pour construire une usine de vaccin grippal saisonnier et pandémique au Mexique.

Sanofi-aventis (EURONEXT : SAN et NYSE : SNY) annonce aujourd’hui la signature d’un contrat avec les autorités mexicaines, pour la construction d’une usine de production de vaccin contre la grippe, représentant un investissement de 100 millions d’euros.

L’annonce a été faite au cours d’une cérémonie en présence de MM. Felipe Calderon, Président du Mexique et Nicolas Sarkozy, Président de la République Française, en visite officielle au Mexique.

Cette usine sera construite et exploitée par sanofi pasteur, la division vaccins du Groupe sanofi-aventis, représenté par Chris Viehbacher, directeur général de sanofi-aventis. (Télécharger le communiqué de presse du 9 mars 2009) (Pour plus de détails, consultez cet article)

Prévention

Pour le moment, il semble que le virus soit transmissible principalement par contact d’une personne à l’autre. Il s’agit donc de bien se laver les mains et de désinfecter s’il y avait doute de contamination possible. Des recherches montrent qu’une carence en vitamine D était liée à de plus nombreux rhumes et grippes. (voir aussi cet article)

À suivre

Ce dossier est évidemment très lourd. C’est pourquoi la suite de cet article sera présentée la semaine prochaine. Nous y traiterons des mesures d’urgences, de vaccinations, des plans d’isolation et de quarantaine qui sont prévus par les gouvernements canadien, mexicain et américain en cas de pandémie. Nous aborderons aussi les enjeux et motivations politiques qui pourraient s’y rattacher et de l’utilisation des camps d’internement.

• Pour lire la deuxième partie: La salve des virus de la grippe porcine, aviaire et de la bêtise humaine – partie II

• La troisième partie: Pandémie et restrictions des libertés individuelles – partie III

François Marginean

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Où vont « Les 7 du Québec »

 

Parler de tout exige que parfois l’on parle de soi.  Surtout, si l’on veut être de ceux qui écoutent, aussi… « Les 7 » ont maintenant 7 mois. Nous avons reçu en avril seulement, à ce jour, plus de 23 000 visites … On ne prêche pas dans le désert. À ceux de plus en plus nombreux qui viennent nous lire, nous devons de faire le point et d’annoncer la couleur. Voici où nous en sommes, voici où nous allons.

D’abord, nous poursuivons dans la voie que nous nous étions tracée;  nous ne cherchons à convaincre personne, mais à  informer et à instruire des débats. Nos sept (7) chroniqueurs en titre vous présentent des textes qui reflètent ce que l’on associe à la Gauche comme à la Droite, mais, surtout, nous sommes les seuls, parmi les sites politiques populaires au Québec, à accueillir – dans notre section Babillard – les écrits de quiconque  veut parler poliment et intelligiblement de politique.  Celle d’ici et celle d’ailleurs, car nous sommes conscients que le Québec est partie d’un monde où tout se tient.

Nous continuons dans la même voie, mais nous allons élargir le débat. Nous mettrons de plus en plus l’accent sur le Babillard, car nous croyons qu’être une pépinière de nouveaux blogueurs est une partie essentielle de notre mission. Faire le lien avec le monde qui se prolonge au-delà du Québec en est une autre.

C’est dans cette optique de faire tomber les oeillères que nous avons créé la section  « Six de l’Hexagone », où nous avons regroupé quelques textes publiés sur des blogues de France par six auteurs francophone dont la contribution nous semble importante.   D’autres textes de ces auteurs s’ajouteront peu à peu.   Nous croyons que lire ces textes élargit nos horizons.

Nous souhaiterions aussi établir et maintenir un débat avec les autres blogueurs du Québec.  Le soin jaloux que mettent la plupart d’entre eux  à ne parler qu’à leurs fidèles nous semble un obstacle à l’éclosion au Québec d’une blogosphère qui assume sa manifeste destinée.   Nous maintiendrons donc sur ce site une section  « Les collegues », qui sera en activité vers le 15 mai et où les blogueurs d’autres obédiences pourront s’exprimer, dans un contexte où la courtoisie sera de rigueur. Dans cette même section, pourront aussi s’exprimer, avec la même courtoisie, bien sûr, ceux qui désirent commenter ces blogueurs, mais sont interdits d’accès sur leurs pages.

 Enfin, certains de nous ont fat valoir à juste titre que l’information passe de plus en plus par l’image.  Nous créerons donc incessament une section « Auteurs Imagiers »  ou d’abord des dessins, des caricatures, des photos, puis eventuellement des videos, apporteront cette autre dimension. Voyez immédiatement les oeuvres de Renart Léveillé.  Celles de Pierre Chantelois suivront sous peu, puis d’autres…

Nous aurons donc, au cours des semaines qui vont suivre, une  expansion vers (4) quatre objectifs bien précis:

– vers le graphisme et l’image;

– vers la participation de nouveaux blogueurs dans un Babillard élargi et structuré;

– vers l’ajout de textes intemporels et incontournables de nos collaborateurs européens;

– vers la rediffusion de ce qui se dit au Québec sur les blogues vedettes et la création d’un encadrement « forum »  pour qu’on en discute.

Cette expansion exigera  vite d’autres fonctionnalités que celles dont nous disposons présentement.    Si votre soutien se maintient, prévoyez donc que « Les 7 » fêteront leur premier anniversaire, en septembre, avec un site remanié et plus convivial.   Les suggestions que vous nous ferez – sur le Babillard, justement – seront prises en compte.   Nous serons plus nombreux à parler… et nous pourrons écouter davantage. C’est ça, l’avenir des blogues.


Pierre JC Allard

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les pirates ne sont pas ceux auxquels on pense (7)

gst_ill-_76Les cargos, mais pas seulement eux. Pendant que les chars circulent par voie d’eau, et se font parfois arrêter par des pirates, dans les airs, les Kalachnikovs volent beaucoup plus tranquillement dans des avions-cargos bien anodins. Car le trafic dans la Corne de l’Afrique utilise depuis toujours les deux moyens de transport, maritime et terrestre. Grâce à de vieilles connaissances d’Agoravox, dont notre fameux maître de guerre, qui attend toujours qu’on veuille bien prendre une décision sur son sort : les Etats-Unis ont réclamé son extradition, mais la Thaïlande, visiblement traîne des pieds. Peut-être pour faire baisser des tarifs, qui sait : Bout est un vieil allié des russes, et la baisse de prix obtenue le 5 février dernier pour des hélicoptères Mi-17 n’est peut-être pas étrangère à la non-extradiction de Victor Bout. L’armada des avions de Victor Bout ont aussi bien servi à transporter des armes que de l’aide humanitaire. En faisant des rotations entre l’afrique du Sud, les Emirats Arabes Unis et…. le Soudan ou le Yemen. Place aux avions de la mort, qui n’ont pas, eux, de pirates pour les arrêter. Et place aussi aux opérations détournées, comme cette incroyable histoire de sauvegarde de gorilles congolais devenus pompes à fric des livraisons d’armes.

Ces avions là, ou ceux de celui-là. Un homme dont la biographie résume ce qu’on vient de dire : » Comme tous les personnages naviguant en eaux troubles, sa biographie est incertaine. Il serait né voici quarante-deux ans au Tadjikistan. Polyglotte, il a appris l’anglais, le français, mais aussi le persan et le zoulou. Il aurait tour à tour vécu aux Émirats arabes unis, puis en Afrique du Sud, où il développa sa flotte d’avions Antonov et Iliouchine » nous précise le Figaro. Et revoilà donc l’Afrique du Sud. Et voici surtout pourquoi les avions de Viktor Bout ont autant atterri au Soudan. L’or noir, qui attise toujours autant des américains dirigés pendant huit ans par un pétrolier ayant comme secrétaire aux affaires étrangères une pétrolière... Avec comme arme un argument linguistique imparable, celui du « génocide au Darfour » : Le gouvernement US évoque répétitivement le « génocide » à propos du Darfour. C’est le seul gouvernement à le faire. Secrétaire d’État ajointe des Ellen Sauerbrey, chef du Bureau des populations, des réfugiés et des migrations, a dit dans une interview en ligne d’USINFO le 17 novembre dernier : « Le génocide en cours au Darfour, Soudan – ’une violation grossière ’ des droits humains – est parmi les premiers sujets internationaux de préoccupation des USA. » L’administration Bush insiste à dire qu’un génocide est en cours au Darfour depuis 2003, malgré le fait que une mission de cinq personnes de l’ONU, conduite par le juge italien Cassese, ait relaté en 2004 qu’aucun génocide n’avait été commis au Darfour, mais plutôt des violations graves des droits humains. Ils ont réclamé des procès pour crimes de guerre ». 

Sur un aéroport des émirats, on trouve donc logiquement des cartons d’USAID, manipulés par des soldats américains, pour être chargés à bord d’un drôle d’avion : un Ilyushin 76 d’Air Almaty, du nom de la capitale du Kazakhstan. Un avion conçu spécialement pour transporter...des chars. Sous son autre nom d’Irbis Air, on trouvait des avions d’Air Almaty, en réalité des avions de Victor Bout, dont les hangars (à Almaty !) jouxtent ceux de la firme nationale. Lui se promenait alors en Ouganda sous le nom d’Air Cess avec ses Ilyushin Il-18Gr, souvent aperçus à Djibouti. Bout faisait aussi souvent voler des vieux 727 Cargos, comme le UN-B2702, discrètement ciglé « cargo-cargo » et souvent aperçu à Sharjah, sa base de départ. C’était bel et bien un cargo appartenant à Victor Bout. Dont les avions ont donc aussi souvent véhiculé de l’USAID… pour cela, Bout va créer British Gulf, une énième compagnie… qui va beaucoups’activer pour fournir en Irak des armes, mais à l’armée américaine : « Now, Viktor Bout seems to be back at work in Iraq. According to several sources, his planes, flying under the name of an airline company, British Gulf, likely to disappear as fast as it was created, are assuring « transport of materiel » for the American army. The company’s advantage, one specialist in arms trafficking reveals, relates to the nature of the Russian merchant’s crews and planes : « They’re accustomed to land in any kind of war zone without having a fit. And if one of their planes is shot down, there’s no risk of American pilots’ bodies being dragged through the streets. » En échange de quoi Bout négocie son… aministie.

Chez USAID, on est en effet assez intelligent pour ménager la chêvre et le chou. Les fils d’Abou Abbas en savent quelque chose : « Abbas’s son Yasser, who owns the Falcon Electro Mechanical Contracting Company and Sky Advertising Company, won U.S. contracts through “full and open” bidding, USAID said. His brother Tarak is general manager of the advertising firm » nous apprend une dépêche d’agence de Reuters. Et une fois encore, les faits indiscutables sont là : il y a bien ingérence politique via une aide dite humanitaire : « documents obtained by Reuters showed that after elections, the U.S. promoted a strategy “of providing targeted, discreet support to emerging leaders, independent media, and selected civil society efforts. » Tout s’achète, tout se vend, y compris l’attitude des dirigeants politiques. Arafat a détourné pendant des années l’aide européenne… et s’est fait livrer des armements d’Europe centrale, cela nous le savons. Par avions, puis après, ou en même temps, par cargos… car les deux modes sont liés, comme le démontre cette étonnante découverte de 2004, où un armateur de la Liberian Shipping rRegister (LISCR) avait accordé 925 000 dollars, payés en deux mois, à un obscur directeur de ligne aérienne, la San Air General Trading dirigée par un texan, Richard Chichakli. Qui a positionné ces avions à…Sharjah (aux Emirats Arabes Unis). Quelques semaines plus tard, ce sont 697 980 dollars qui étaient à nouveau versés… On découvrira plus tard le donateur : le ministre Ouzbek de la défense en personne. Selon les observateurs, les sommes correspondraient à un chargement de fusils destinés à Charles Taylor, en provenance de Bulgarie, et qui auraient dû être livrés par Centrafricain, une autre firme paravent de Victor Bout. L’affaire avait été révélée par les congressistes américains, enquêtant sur les trafics d’armes. Entre temps, Bout avait déjà fait disparaître Air Cess, rebaptisé Air Bas, qu’on retrouve aussi au Congo. Finis les Ilyushin 18, bonjour l’Antonov 12 UN-11007. Rassuez-vous, ce n’est pas un avion de l’ONU : non, UN ce sont bien les deux lettres du Kazakhstan ! L’avion finira sa carrière en s’écrasant… au Yemen, le 31 mai 2005 à Al-Mukalla. Ce jour-là, il y avait 7 tonnes de poisson à bord. Enfin, officiellement. Parfumés à l’opium ou la coke, on ne sait pas. Les Antonov ou les Illyushin, qui tombent comme des mouches faute d’entretien, ont des réputations de camions à munitions. 

Parmi ces voyages et ces opérations douteuses, une très belle opération médiatique d’USAID : après les gens, les animaux. « Sauvons les gorilles du Congo » crient les belles âmes. Des millions de dollars sont donc débloqués par les congressistes américains (à partir aussi de dons de particuliers !) qui versent une larme sur ces animaux bien pacifiques. Les pauvres gorilles ne verront jamais la couleur des billets verts qui leur étaient destinés  : « But investigations in Eastern Congo reported by these authors over the past six months indicate that USAID “conservation” funds—millions of taxpayer’s dollars—have been misappropriated, misdirected and disappeared. Evidence suggests that ongoing guerrilla warfare in Central Africa is receiving clandestine financial support in AID-for-ARMS type financial transfers ». Les audits sur la fameuse Dian Fossey Gorilla Fund-International (DFGFI) révèlent que l’argent s’est littéralement évaporé. « A Freedom of Information Act request determined that DFGFI has not filed audits for more than two years, while they received a total of at least $4,693,384 from USAID between September 24, 2001 and September 29, 2004 ». « In September of 2005, US Congressman James Oberstar was contacted by a constituent who claimed that the Dian Fossey Gorilla Fund International had failed to file federally mandated audits (Form A-133) after receiving millions of dollars in grants from USAID ». Ou est donc passé l’argent des gorilles ? Dans les kalachnikovs ! En septembre 2007, le scandale éclate : « on Wednesday September 19, 2007 the U.S. State Department and United States Agency for International Development (USAID) announced the provision of $496,000 of new funds for wildlife conservation in the Virunga National Park in eastern Democratic Republic of the Congo. According to a State Department press release, poaching, armed conflict and “demographic pressures” are justification for the grant ». Parmi les dons, des particuliers… fort particuliers : « sponsors and friends listed in DFGFI documents for January to December of 2003, in the $25,000 and above category included, Dr. and Mrs. Nick Faust and CNN, and certain mining and intelligence connected interests ». Or ce docteur Faust, au nom prédestiné n’est pas un inconnu : « Dr Nicholas Faust has deep connection to the U.S. Central Intelligence Agency and the Department of Defense.«  C’est l’un des responsables de l’ESRI, l’Environmental Systems Research Institut de Redland, dont le travail essentiel est la cartographie “the world leader in GIS (geographic information system) modeling and mapping software and technology.”  Or cette cartographie est avant tout au service de l’armée US : « ESRI is a key contractor for the U.S. Department of Defense and Intelligence sector, providing battle theatre GIS mapping and support technologies used, for example, for “a defense-wide infrastructure, supporting fighting missions, command and control, installation management, and strategic intelligence.” Et voilà pourquoi dans ce bas monde les gorilles n’ont aucune chance de survivre, et les trafiquants d’armes de faire fortune avec leur peau.

Notre fameux 11007 n’a pas toujours été nommé ainsi.. il était employé auparavant par la firme GST. Regardez-bien, c’est à aussi du grand art de maquillage de registre d’aviation (désolé c’est un peu long et en anglais) : « During a visit to the airport in Abéché, Chad, the Panel observed cargo being unloaded from an AN-12 aircraft (registration No. UN-11006). The Panel believed the cargo to be arms and ammunition (…) Weapons arriving in Abéché have a great potential to enter Darfur, as there is no border control in the area. On 22 June 2007, a letter was sent by the Panel to the Republic of Kazakhstan, the country of registry. Correspondence received in response to that letter on 21 August 2007 from the Government of Kazakhstan stated that GST Aero had ceased its activities as of 30 November 2006 and no longer appeared in the list of active airlines of the Republic of Kazakhstan. Ownership of the AN-12 with State registration and identification mark UN-11006 was transferred to the company Aviakom of the Russian Federation. Aviakom re-registered the aircraft on 11 December 2006, and it was given the registration and identification mark UN-11007 ». (United Nations, Security Council, Report of the Panel of Experts Pursuant to Resolution 1591 (2005) concerning Sudan prepared in accordance with paragraph 2 of resolution 1713 (2006), S/2007/584, 3 Oct. 2007, para. 135). En résumé, la Compagnie russeEast Wing a fait voler pendant un an au moins un avion sous un faux numéro. Et tout le monde, y compris les Nations Unies, s’en doutait. L’avion avait aussi volé en prime pour la Lybie, sous le registre de Buraq Air Services. GST Aero étant l’une des dernières compagnies à faire voler desBAC-111, comme celui dans lequel on avait harnaché sur chaque siège des caisses deKalachnikovs.

En 2003 encore, les avions de GST faisaient la route régulière Afrique du Sud… Rwanda…. avec à bord certainement pas de l’aide humanitaire. Le plus souvent, sans même avoir l’autorisation de voler : « ‘On 9 December 2003, an unauthorised flight was made from Johannesburg, South Africa, to Kigali by a company involved in military transport operations . . . According to the South Africa Department of Transport, the plane was operated by GST Aero and a Volga Atlantic call sign was used for the 9 December 2003 flight, but “neither Volga Atlantic nor GST Aero had permission to operate this flight.”’ (Amnesty International, ‘Democratic Republic of Congo : arming the east’, AFR 62/006/2005, 5 July 2005, p. 41.). L’illégalité la plus totale. En 2005 toujours, ils clament faire dans l’humanitaire sur leur site internet, grâce à leurs Illushyn 76 : « According to Kosmas Air’s own website, in January 2005 it obtained two further Ilyushin 76TD cargo planes and according to aviation sources these appear to have been leased from the GST Aero Air company of Kazakstan which operates from the United Arab Emirates. However, the website was substantially altered in February 2006 and this information was removed. The company says it carries out air cargo freighting and the transport of humanitarian aid relief in the regions of Europe, Middle East, Asia and Africa. The company claims to have special authorization for the worldwide air transport of dangerous goods. » (Amnesty International, Dead on Time : Arms Transportation, Brokering and the Threat to Human Rights (Amnesty International : London, May 2006), p. 122). Le 22 novembre 2007 un autre Illyushin d’Azza Air Transport, immatriculé ST-APS est photographié en train de décharger des caisses de munition au Congo.Azza Air n’est autre qu’une compagnie… soudanaise, reperée comme « dangereuse » par les Nations-Unies. Enfin, le 30 juin 2008, un Ilyushin 76 s’écrase au décollage à Khartoum, il était en partance pour le port de Juba. Il appartient à Ababeel Aviation, soupçonnée elle aussi de trafic d’armes : « at the time of the crash, the Ilyushin 76 was operated by Ababeel Aviation. A 2008 United Nations Security Council report called for a member states to ban Ababeel Aviation for violations of the UN arms embargo on Darfur, Sudan. Prior to Ababeel, the aircraft had been operated by Tomislav Damnjanovic, named in UN and New York Times reports as involved in arms trafficking ».  Ababeel, installé à … Sharjah ! N’en jetez plus la cour est pleine !

Le texan nommé comme ayant reçu des fonds, également neveu de l’ancien président de la Syrie, à un beau cursus universitaire, ou plutôt de drôles d’amis à Sharjah : « from 1979 to 1986, Chichakli lived most of the time in Saudi Arabia, first studying at Riyadh University, and later working for a variety of businesses. During his university days, he told the International Consortium of Investigative Journalists that he used to « sit around and eat sandwiches and sing songs » with Osama bin Laden and his siblings, back when « Osama was OK. » Notre texan a des connaissances et des relations : « He added that he probably knew about 40 bin Laden family members and that most of them were nice people. In the aftermath of the Sept. 11, 2001, terrorist attacks on the United States, Chichakli claims he was contacted by the Federal Bureau of Investigation to assist bin Laden family members living in the United States. « FBI acted absolutely wonderfully, » avait-il conclu. Nous revoilà au Pakistan ! Ce monde est trop petit ! En fait, notre homme était un des bras droits de Victor Bout : « Chichakli has held several senior positions in companies owned by Bout, U.N. documents say, including chief financial manager with responsibilities such as accounting, financial and reporting activities, and overall responsibility for the financial systems ». Le soir, à Sharjah, c’est fou ce qu’on rencontre comme avions cargos… 

L’enjeu, au fond, au Soudan, était bien pétrolier, et Condoleezza Rice simple représentante de commerce de Chevron : « Les majors pétrolières US connaissaient la richesse pétrolière du Soudan depuis le début des années 1970. En 1979, le président Jafaar Nimeiry, rompait avec les Soviétiques et invitait Chevron à venir exploiter le pétrole du Soudan. Ce fut peut-être une erreur fatale. L’Ambassadeur auprès des Nations unies George H.W. Bush avait personnellement parlé à Nimeiry des photos satellites indiquant des gisements pétroliers au Soudan. Nimeiry a mordu à l’hameçon. La conséquence en ont été les guerres pour le pétrole. Chevron trouva de grandes réserves pétrolières au sud-Soudan. Elle dépensa 1,2 milliard de $ 1.2 milliards en forages et en essais. C’est ce pétrole qui a déclenché ce qu’on a appelé la seconde guerre civile du Soudan en 1983. Cible d’attaques répétées et de tueries, Chevron suspendit son projet en 1984. En 1992, elle vendait ses concessions de pétrole soudanaises. En 1999, la Chine commençait à exploiter les champs abandonnés par Chevron avec des résultats remarquables ».

C’est pourquoi ce n’est pas demain la veille que les armes arrêteront de circuler dans cette région du monde, des armes achetées avec les revenus de la drogue, dont le plus grand pays pourvoyeur est celui le plus aidé par l’administration américaine, qui, depuis l’ère Kennedy, a pris la désagréable habitude de mélanger aide humanitaire et espionnite aigüe. Des cargos ou des avions bourrés d’armements risquent encore de circuler pendant des années : en ce sens, les pirates somaliens sont des gens fort embarrassants, effectivement. Ils empêchent de faire comme si de rien n’était, en définitive. Comme on a toujours fait, sans que ça se sache. Sans qu’on fasse rien pour que ça change. Au final, et c’est malheureux à dire, ces fameux pirates, ce ne sont peut-être pas eux les pires. Pendant ce temps, Victor Bout, autrefois si poseur, ronge son frein en Thaïlande, mais j’ai comme d’avis qu’il ne va ni y rester, ni être extradé aux Etats-Unis : cet homme en sait trop. Il est l’enjeu d’un pouvoir, et pas prêt à se laisser faire semble-t-il. Ni à se faire aider à disparaître.

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Les pirates ne sont pas ceux auxquels on pense (6)

afghan_woman_usaidLe bilan approche : à partir de l’épisode du Faina, l’on découvre qu’un intense trafic d’armes existe vers le Soudan, pour entretenir une de ces guerres sans fin dont le monde dit moderne a le secret. On découvre également que les américains ont pris de bien fâcheuses habitudes depuis des années, à confondre aide humanitaire et soutien militaire. Il ne nous reste plus qu’à y ajouter une pincée de drogue pour avoir tous les ingrédients pour faire de la région du monde dont on parle avec cette recrudescence d’attaques de pirates un endroit fort dangereux, mais bien représentatif de l’hypocrisie ambiante et diplomatique actuelle. Tout le monde sait ce qu’il en est, mais tout le monde se tait. Et tout le monde fond sur les pirates, ces empêcheurs de tourner en rond, ces gamins au ventre vide qui découvrent du jour au lendemain qu’ils valent plusieurs milliers de dollars. A voir les journaux s’acharner sur leur sort, on se dit que finalement…

Vous l’avez en effet compris à la suite de mes cinq derniers articles de « Cargos » l’enjeu dans la Corne de l’Afrique est immense, et il a démarré il y a bien longtemps déjà. Dans un remarquable chapitre d’article, intitulé finement «  La route de l’enfer est pavée de mines, » le journaliste Keith Harmon Snow avait dressé un historique implacable de cet enjeu. Tout d’abord le soutien inconditionnel des USA pendant 20 ans à la dictature du colonel Nimeiri. Qui avait écrasé dans le sang des révoltes organisées par les islamistes, en détournant l »aide américaine destinée à nourrir sa population sans que les USA de Reagan n’y trouvent à redire : 181 millions de dollars avaient été ainsi dilapidés, et on trouvait déjà sur place en 1985 25 000 conseillers US… mais en 1989, le renversement du dictateur et colonel Colonel Gaafar Muhammad Nimeiri par le NIF, le National Islamic Front, changeait toute la donne. Le pays aux mains des islamistes, après que Nimeiri at essayé de tergiverser avec eux, et après qu’il aît été lui même renversé par le Général Suwar al-Dahab. Le nouveau chef du pays s’appelle alors le General Umar al-Bashir, et tout le monde s’attend à ce que les américains réagissent à sa prise de pouvoir en 1989. Car très vite, Bashir hausse le ton : « It supported radical Islamist groups in Algeria and supported Iraq’s invasion of Kuwait. Khartoum became a base for militant Islamist groups : radical movements and terrorist organizations like Al Qaida were provided a safe haven and logistical aid in return for financial support. In 1996, the U.N. imposed sanctions for alleged connections to the assassination attempt on Egyptian President Mubarak.

Histoire de calmer les esprits, y compris chez ses propres troupes, Bill Clinton fera bombarder en 1996 par une salve de Tomahawks une usine pharmaceutique soudanaise, à Al-Shifa, présentée comme une fabrique de bombes chimiques islamistes, et le repère des partisans de Ben Laden . C’est une opération, visiblement, de représailles, mais dont la cible demeure bien étrange. Il n’a jamais été prouvé l’existence d’armes chimiques à cet endroit ! C’était visiblement une usine de médicaments ! « The factory was in fact a principal source of Sudan’s anti-malaria and veterinary drugs « . Avant même l’arrivée de Bush, on avait déjà un peu trop chargé la mule Bechir il semble : « the bombing of the al-Shifa factory resurfaced in the news in April, 2006, due to the firing of former CIA analyst Mary O’Neil McCarthy. McCarthy was against the bombing of the factory in 1998, and had written a formal letter of protest to President Clinton. According to former CIA analyst Michael Scheuer, she had voiced doubts that the factory had ties to al Qaeda or was producing chemical weapons ».

A l’époque en effet, Ben Laden vit au Soudan depuis 1991 et la CIA le soupçonne d’avoir monté une tentative d’attentat contre le président Moubarak en 1995, après plusieurs autres attentats au préalable un peu partout dans le monde. Ben Laden n’est donc pas « né » sous W.Bush ! « On June 26, 1995, there is a failed assassination attempt on Egyptian President Hosni Mubarak as he visits Ethiopia (see June 26, 1995). The CIA soon concludes Osama bin Laden authorized the operation, and they plan a retaliation attack. (US CONGRESS, 7/24/2003). Evidence suggests that the government of Sudan and Hassan al-Turabi, Sudan’s leader, know where bin Laden is living in Sudan and helped support the plot« . Finalement en mai 1996 le Soudan expulsera Ben Laden, qui s’envolera tranquillement vers… l’Afghanistan, et pas dans n’importe quel type d’avion : « He departs along with many other al-Qaeda members, plus much money and resources. Bin Laden flies to Afghanistan in a C-130 transport plane with an entourage of about 150 men, women, and children, stopping in Doha, Qatar, to refuel, where governmental officials greet him warmly. (LOS ANGELES TIMES, 9/1/2002 ; COLL, 2004, PP. 325). En résumé, dès son départ, on sait où il va atterrir : «  The US knows in advance that bin Laden is going to Afghanistan, but does nothing to stop him. » Après un bombardement à côté de la plaque (type Tora Bora ?), on installe le filet à mailles trop larges pour capturer le futur fantôme… Décidément, on aura tour fait pour le rater ! Juste avant son départ, les USA avaient négocié pour tenter de l’arrêter. Mais des ordres venus d’en haut avaient interrompu le processus, ce dont témoigne plusieurs agents de la CIA : « an American involved in the secret negotiations later will says, “I’ve never seen a brick wall like that before. Somebody let this slip up.… We could have dismantled his operations and put a cage on top. It was not a matter of arresting bin Laden but of access to information. That’s the story, and that’s what could have prevented September 11. I knew it would come back to haunt us (VILLAGE VOICE, 10/31/2001)… .

Avant le 11 septembre, Ben Laden, qui était bien incapable de le réaliser, pouvait être arrêté par les services secrets US. Mais pour que le 11 septembre devienne ce qu’il a été, il ne fallait PAS qu’il le soit. Un épouvantail ça se brandit à l’air libre, pas au fond d’une prison ! Quand on vous dit que cette Corne d’Afrique est fondamentale !

Ce qu’il y a de plus surprenant , c’est que juste avant l’homme que l’on a rendu responsable des attentats de Farah Adid, du World Trade Center de 1993, de Riyadh et des Khobar Towers à Dhahran, venait juste de lancer sa croisade violemment anti-américaine : « In his August 1996 epistle entitled Declaration of War against the Americans Occupying the Land of the Two Holy Places, Bin Laden made an extensive argument for killing Americans and expelling the « infidels from the Arabian Peninsula. » « Terrorizing you, » he wrote, « is a legitimate and morally demanded duty. » C’est à n’y plus rien comprendre. ou plutôt c’est trop clair et trop évident. L’homme qui a menacé ouvertement les Etats-Unis n’est pas poursuivi en Afghanistan : avant même le 11 septembre, c’est une évidence, Ben Laden bénéficie d’une sollicitude américaine à son égard fort bien organisée.
 

 

 

 

Ce qu’il y a de plus surprenant , c’est que juste avant l’homme que l’on a rendu responsable des attentats de Farah Adid, du World Trade Center de 1993, de Riyadh et des Khobar Towers à Dhahran, venait juste de lancer sa croisade violemment anti-américaine : « In his August 1996 epistle entitled Declaration of War against the Americans Occupying the Land of the Two Holy Places, Bin Laden made an extensive argument for killing Americans and expelling the « infidels from the Arabian Peninsula. » « Terrorizing you, » he wrote, « is a legitimate and morally demanded duty. » C’est à n’y plus rien comprendre. ou plutôt c’est trop clair et trop évident. L’homme qui a menacé ouvertement les Etats-Unis n’est pas poursuivi en Afghanistan : avant même le 11 septembre, c’est une évidence, Ben Laden bénéficie d’une sollicitude américaine à son égard fort bien organisée.

Mais cela ne suffisait pas encore, au Soudan, et c’est pourquoi Clinton a misé sur un rival du NIF, le Sudan People’s Liberation Army, le SPLA, d’obédience chrétienne, dirigé par John Garang, infiltré au Soudan via l’Ouganda. Son groupe recevra 20 millions de dollars d’aide, transitant par l’Erythrée, l’Ethiopie ou l’Ouganda, sa base arrière. Garang mourra le meurt le 31 juillet 2005 dans un accident d’hélicoptère fort douteux, car il était à bord de l’hélicoptère présidentiel ougandais. L’aide à l’Ouganda des USA est forte, jusqu’au jour ou en Ouganda, qui venait juste de recevoir des Migs refaits à neuf par les israëliens, Yoweiri Museveni, très soutenu par les USA, se fera lui-même attaquer par un groupuscule, le Lord’s Resistance Army (LRA). Pour s’en sortir, Musevini et se rapprocha alors de Garang : à l’époque, on peut dire que l’Ouganda, avec son armée et sa frange d’anciens rebelles, fait la guerre directement aux soudanais du National Islamic Front parvenus au pouvoir. Au Soudan lui-même, les USA soutiennent alors un autre goupuscule, le Sudanese Allied Forces (SAF), chrétien lui aussi. Le résultat est que la guerre est sordide et donne lieu à des exactions de toutes parts, les populations pâtissant d’être pris entre deux feux. Au moment où l’on évoque le fameux « choc des civilisations » des islamistes et des chrétiens se font une guerre atroce et sans merci, et c’est au Soudan que ça se passe.

Pour mieux préparer les combattants sous la bannière « chrétienne », face aux « islamistes », les USA forment alors « The Africa Center for Security Studies (ACSS) », où interviennent en priorité les forces spéciales US sous la direction de l’U.S. Army Special Forces Command. A savoir des bérets verts, qui entraînent directement les forces ougandaises. Pour couronner le tout, l’Afrique du Sud, vieil allié US, arrose d’armements les deux partis en conflit :  » The U.S. Defense Intelligence Agency has foreign agents operating in Africa who travel under U.S. passports to consult and direct clandestine operations. South Africa – a staunch American ally – has shipped military hardware to both sides in the Sudanese conflict. » Pour passer encore plus discrètement aux yeux de l’ONU ou de la communauté internationale, les USA font appel pour la première fois a des sociétés privées, dont une émerge comme principale « cliente » la MPRI : « Private military companies (PMCs) like Military Professional Resources Inc. (MPRI), run by some 16 former U.S. generals out of Washington D.C., Sandline International (U.K.), and Executive Outcomes (S.A.) operate with impunity across Africa, typically securing sites and guarding private foreign enterprises. They deploy superior firepower and overwhelming lethal force ». Rumsfeld n’a donc rien inventé : la privatisation de l’armée US a commencé avant qu’il ne devienne responsable des armées ! Et l’objectif qui leur a été donné est très clair : « These elite mercenary armies have certainly been contracted to defend oil operations in Sudan. » On vient en effet à la même époque de découvrir des gisements colossaux qui attirent les convoitises. Des USA, bien entendu mais aussi de la Chine qui tient bien à jouer son joker dans cette partie du monde.

Très vite, des journalistes plus curieux que d’autres, dont Wayne Madsen, sentent la dérive possible et en alertent la presse mondiale. Et très vite aussi, sur place, ils découvrent avec effroi que les relais humanitaires servent effectivement de camouflage à des opérations spéciales déguisées  : » Operation Lifeline Sudan (OLS) is a multi-billion dollar international enterprise coordinating 35 major U.N. and foreign government (UNICEF, WFP, WHO, FAO, UNHCR, USAID), non-government (OXFAM, CARE, ICRC, World Vision) and religious relief and donor organizations working in Sudan. Journalist Wayne Madsen reports that « while they are not actually CIA fronts, some of these Christian and other « humanitarian » relief organizations have been involved in shipping weapons to the SPLA with food and medicine relief flights. » La CIA, les groupes évangalistes chrétiens et les humanitaires, le trio infernal de la présence américaine en Afrique. Chacun se cachant derrière l’autre.

A l’époque, les armes, en général légères, circulent plutôt par avion, grâce à des compagnies que nous connaissons bien : dont la « Southern Air Transport – a known CIA front – shipped landmines and other weapons on Norwegian People’s Aid (NPA) flights : NPA was a Nobel Prize co-recipient for their campaign to ban landmines (1998). USAID is considered a cipher for covert weapons shipments : « Skyways » out of Nairobi and « Legion Express » out of Miami are two of the air transport companies believed to be CIA fronts retained by USAID for OLS sorties (Wayne Madsen : Genocide and Covert Operations in Africa, 1993-1999) ». A noter l’horreur, à savoir que les mines circulent grâce à des vols payés par une association créée par la firme Nobel, le plus grand vendeur d’explosifs au monde, association qui souhaite bannir l’usage des mines des champs de bataille ! Les médias ont bel et bien été les dindons de la farce dans l’opération !

Skyways en effet n’est pas une inconnue. Le 5 avril 2006, un DC-9 de Skyways anciennement Cotopax, immatriculé N900SA qui devait partir de St. Petersburg/Clearwater International en Floride, vers l’aéroport de Simon Bolivar International à Caracas, au Venezuela, est arrêté au Mexique, où il vient de faire un atterrissage d’urgence… pas loin de lui, un Falcon venu de la région de Toluca (près de Mexico), attend visiblement un transfert de marchandises de l’avion en difficulté. Dans le DC-9, les policiers mexicains ébahis découvrent 5,5 tonnes de cocaïne, pour plus de 100 millions de dollars, répartis en 128 valises… de type militaire. Ce jour là, la CIA gagne haut la main son surnom de Cocaine Import Agency. L’avion, extérieurement, présente le logo officiel d’une organisation gouvernementale américaine, la SNA, (System of National Accounts), du département de l’US Transportation Security Administration et un slogan  » : “Sky Way Aircraft — Protection of America’s Skies.”. L’avion appartient en fait à des saoudiens de la famille royale :  » he DC-9 seized by Mexico was previously owned by a partnership of Royal Sons and Skyway Communications Holding Corp. (Symbol : SWYCQ) of 6021, 142nd Avenue North Clearwater, Florida. SWYCQ’s web site states, “SWYC was founded in 2000 by Mr. Brent Kovar. SWYC’s focus includes in-flight wireless Homeland Security and In-flight Entertainment (IFE) service.

Une rapide enquête démontre que l’appareil a été financé par une banque bien particulière :« also, according to the SEC, Kovar is affiliated with Net Command Tech Inc. (a St. Petersburg, Florida-based corporation formerly known as Acunet Corporation and Corsaire, Inc.). The company primarily markets video surveillance systems. According to SEC records, Banque Francaise De L’Orient has a significant financial stake in Net Command Tech ». Cette fameuse banque n’est autre que le nouveau nom de la Banque Al Saoudi. Qui mène à un panier de crabes assez mirobolant : « Banque Francaise de l’Orient was originally Banque Al Saoudi, which was under the financial control of the Bin Laden family and other top Saudi royals and businessmen. In 1989, Banque Indosuez partly assumed control of the near bankrupt Bank Al Saoudi and it became Banque Francaise de l’Orient. The bank then merged with the late Lebanese Prime Minister Rafik Hariri’s Mediterranee Group. Banque Francaise de L’Orient maintains an office in Geneva. Bank Indosuez (now Credit Agricole Suez) maintains an address in Sana’a, Yemen ».Avec un seul jet, on découvre avec effroi l’étendue du problème. La CIA a toujours eu besoin du trafic de drogue pour échapper au contrôle du Congrès. Avant l’Afghanistan, c’était les Andes, la plaque tournante se situant en Floride. Avec L’Afghanistan, paradis du pavot, la carte change. Mais ce qu’on découvre également, ce sont les liens étroits entre la famille Ben Laden, les grandes familles saoudiennes, ce réseau de drogue, et la CIA. On comprend mieux pourquoi l’homme le plus recherché au monde est aussi insaisissable. Et pourquoi il s’est aussi facilement échappé de cette corne infernale pour se réfugier en Afghanistan, puis après Tora Bora, au Pakistan. Personne n’a intérêt en définitive à le capturer. Mieux encore : s’il est mort, personne n’a intérêt à le dire. Pas les islamistes, qui perdraient leur fanion, encore moins les américains qui perdraient leur épouvantail.

 

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Les pirates ne sont pas ceux auxquels on pense (5)

A09-04-10bg_the_last_few_boxes_of_usaid_food_in_the_containerla suite de cette nouvelle série d’articles, on s’approche d’une conclusion évidente : le trafic d’armes est favorisé par l’usage des containers à bord de cargos civils, dont de nombreux travaillant directement pour des militaires, et dont les seuls contrôleurs à rayon X existants sont fournis par les Etats-Unis. Les pirates actuels ont mis par hasard la main sur des armes, dont certaines de taille respectable (45 tonnes !) qui semblent circuler plus souvent qu’on ne pense dans des régions du monde déclarées depuis longtemps comme sensibles. C’est déjà un point surprenant. S’ajoute à cela un rideau de fumée consistant à mettre en avant l’action humanitaire, à ce détail près qu’aux Etats-Unis c’est une action étatique,gouvernementale, organisée dès 1961 par John Kennedy, une action qui n’est jamais sortie de ses accusations d’espionnage manifeste des pays dans lesquels elle intervenait. Livraison d’armes en douce, espionnage manifeste : les médias, qui ont vite fait de charger les pirates somaliens, feraient bien de s’intéresser aux véritables flibustiers des mers. Ce ne sont pas obligatoirement ceux qui font la une des journaux.Le schéma d’approche et de conquête américaine en pays tiers est donc connu : on le constate chaque jour encore, et je vous ai déjà mis en garde contre les activités des ambassades, qui relèvent très souvent directement des renseignements. En Bolivie, en ce moment, c’est visible tous les jours, et le président Morales se bat contre cette ingérence notoire et indiscutable. Le cas incroyable de l’ambassadeur albanais, John Withers II, pris en plein flagrant délit de soutien à un vendeur illicite d’armes d’à peine 18 ans, Efraïm Diveroli, est resté dans votre mémoire j’espère. La fuite du vendeur de munitions avariées en Israël également. Nous vous disions hier quels étaient les piliers de cette ingérence perpétuelle dans les affaires des autres. Dans l’ordre, l’église, puis USAID, puis la CIA ou la NSA en général : « Establishing a direct link between missionaries, US AID, the CIA and other intelligence agencies like the NSA, is not a very difficult task ».  Disions nous déjà hier, en ajoutant le cas spécifique du Soudan, où le CSI a joué un rôle déterminant aux USA pour alerter l’opinion publique américaine et imposer l’idée d’une véritable croisade idéologique. « The question for the Black electorate, in the Western Hemisphere and Africa is how such a history impacts on the monopoly of thought that Christian Solidarity International has obtained over the issue of the Sudan, influencing members of the US Congress and the British parliament, as well as White Conservatives and Black Civil Rights leaders ? »…Obama se serait-il fait avoir dans le lot ?

L’historique des liens entre la CIA et les groupes religieux remonte aux années 60, et leur première action a eu lieue en Thaïlande. «  Interestingly, the link between the CIA and missionary groups was quite often the US Agency for International Development (AID). »Un livre sur la CIA a révélé ses faits. Celui, magistral, sur « le gouvernement invisible des Etats-Unis ». Un livre de David Wise et Thomas B.Ross introuvable en France, que j’ai finalement obtenu par le plus grand des hasards, mais qui est disponible en téléchargement à cette adresse dans sa langue originale.Il y décrit la méthode, commencée par le détournement d’anthropologues appelés à étudier des tribus thaïlandaises ou laotiennes« The story had been building since 1970, when Dr. Eric Wolfe, chair of the American Anthropological Association’s ethics committee, explained how anthropologists had been manipulated through the Chiang Mai Tribal Research Center in northern Thailand, which was funded through the Agency for International Development (AID). He also revealed that American missionary organizations had been drawn into this counterinsurgency operation as well ». Dans le livre de Wise&Ross, qui se dévore comme un roman, le cas de l’ambassadeur William J. Sebald, qui avait été au Japon avec MacArthur, occupe tout un chapitre : celui d’un homme blessé, berné par son administration qui ne lui a a jamais avoué avoir des espions au sein même de son ambassade, et qui s’opposait tous les jours au général birman Ne Win, qui lui savait pertinemment qui étaient les gens de la CIA ! Ces derniers apportaient leur soutien direct aux 12 000 soldats de Tchang- Kaï-Chek réfugiés en Birmanie, mais le seul à ne pas le savoir était l’ambassadeur. Quand ils quittèrent le pays en 1961, ils laissèrent derrière eux des centaines de caisses d’armement. Toutes estampillées « Aide Américaine » ! Ne Win, entre temps, avait fait un coup d’état le 2 mars 1962 et était devenu chef du pays… Depuis, tous les ambassadeurs sont devenus les principaux pourvoyeurs d’emploi pour la CIA… Sebald aura au moins servi à quelque chose, le pauvre. Et Ne Win inauguré une dictature qui perdure.t cela a duré et continué des années, dans le monde entier. Aussi, quand le président Bush a choisi en 2001 Andrew Natsios comme le coordinateur spécial de l’aide humanitaire au Soudan, cela n’a étonné personne. Un vétéran de la guerre du golfe, qui a fini lieutenant colonel de réserve à la tête de la plus grande agence humanitaire, c’est un peu le colonel Bigeard à la tête de Médecins sans Frontières ! L’auteur de « U.S. Foreign Policy and the Four Horsemen of the Apocalypse », (livre dans lequel il se montre CONTRE l’ingérence des états dans l’humanitaire !) ancien militaire avec 23 années passées dans la réserve, s’est chargé, à partir de 2005, de la reconstruction de l’irak avec un zèle tout particulier, dont nous avons décrit ici même en détail les ratages, les omissions et les détournements de fonds. Un fiasco manifeste, une gabegie monumentale et un mépris rare des populations : voilà le vrai bilan d’USAID dans ce pays. Comme nous le rappelions alors : « L’agence Usaid publie régulièrement un bulletin, Iraq reconstruction weekly update, qui voit dans la reconstruction de l’Irak une suite sans fin de projets extraordinaires, de miracles qui améliorent la vie des citoyens, lesquels seraient pénétrés d’admiration et de gratitude. Le ministère de la défense américain et les organismes associés éditent des rapports dithyrambiques sur les immenses progrès accomplis » nous disait le monde diplomatique en avril 2007 sous la plume de Joy Gordon, qui dénonçait la duplicité de l’organisme humanitaire et les dégâts des marchés conclus à la hâte sous le titre significatif de « En Irak, la reconstruction aussi est un échec ».

Quand à l’éthique même, au sein de USAID, parlons-en. En avril 2007, le grand ponte de l’organisation, Randall Tobias, à la tête de toutes les interventions humanitaires américaines à l’étranger,  « Director of U.S. Foreign Assistance and U.S. Agency for International Development Administrator » démissionne avec éclat. Il prend la porte, contraint et forcé : il faisait partie des clients de D.C. Madam, de son vrai nom Deborah Jane Palfrey , le surnom de la call-girl qui vient alors de dénoncer tout le gratin de Washington, et qu’on retrouvera pendue au fond du garage de sa mère un peu plus d’un an après. Pour beaucoup d’observateurs, un cadavre de plus à mettre dans le placard de la famille Bush. Notre directeur de l’humanitaire avait reconnu utiliser les services de masseuses, des prostituées de « Pamela Martin and Associates escort service »fournies par D.C.Madam… et Palfrey avait commencé à parler, révélant comme second client un autre très gros poisson : « Palfrey recently made good on her threat to identify high-profile clients, listing in court documents a military strategist known for his « shock and awe » combat theories. » Tout le monde y avait reconnu Harlan Ullman, un des membres éminent du Center for Strategic and International Studies, et théoricien reconnu de l’attaque sur l’Irak. Ironie du sort, au moment même ou Tobias avait recours à des prostituées, USAID s’était engagé dans une grande campagne contre l’esclavage humain qu’est la prostitution… « The estimated $8 billion a year generated worldwide by the trafficking of humans are the tainted profits of « a most egregious form of slavery, » affirmait alors Kent Hill, un des responsables des questions de santé chez USAID… en ignorant que son propre patron recourait à ce traffic ! Une autre dirigeante d’USAID, Lynn Sauls, ajoutant sans vergogne : « human trafficking is the world’s third most lucrative illegal commercial activity, following trade in narcotics and weapons »... sans le savoir, elle venait de définir les trois activités principales de la CIA… Prostitution, drogue et traffic d’armes, le lot est complet.

Il est de notoriété publique et historique que derrière l’aide humanitaire d’USAID se sont toujours cachés des espions de la CIA. Quand ce n’était pas dans les « Peace Corps » du beau frère de Kennedy… leur fonction n’a pas vraiment changé depuis 1961... Un Mike Connel informaticien et prosélyte de la religion catholique, en vrai illuminé, revendiqué « Chevalier de Christophe Colomb », jouant les humanitaires en Amérique centrale, offrant des christs en bois aux plus démunis, tout en sabotant en même temps les ordinateurs chargés du décompte électoral en Ohio est symptomatique de cette duplicité fondamentale et de ce mélange individuel, sans foi ni loi véritables. Nous avions évoqué dans Agoravox ce curieux et inquiétant mélange des genres. On pensait que la guerre froide finie, le concept disparaitraît. Loin s’en faut, et un événement symptomatique de cette imbrication forte entre humanitaire et militaires est apparue de façon flagrante il y a quelques mois, lors de la crise georgienne. Les moyens employés par les américains pour surveiller discrètement l’adversaire de toujours n’ont pas beaucoup changé en effet depuis le temps de la guerre froide. On l’a vu lors du conflit Georgien, ou plus exactement après ce conflit. Le président Saakatchvili ayant tiré sur la fibre « mon pays a été dévasté, je réclame de l’aide humanitaire », en allant même jusqu’à parfois trafiquer les photos (un photographe plus curieux que les autres avait remarqué que les morts présentés par Saakatchvili s’accrochaient aux manches de ceux qui venaient relever leurs corps !), ce sont évidemment les américains qui ont répondu en premier. En envoyant force colis de nourriture et des couvertures pour les plus démunis, (ou des serviettes hygiéniques provenant des surplus de vente des magasins US) En réalité pour les habitants des maisons ravagées aussi par les tirs deGrad israëliens de l’armée géorgienne. Le conflit à peine achevé, les georgiens ont donc vu débarquer USAID à Batoumi. Un organisme rodé, organisé, efficace. A l’américaine, dira-t-on, avec des photographes au bon endroit, surtout. « The right time, the right place ».

Des colis descendant d’un premier navire, un garde-côtes, le Cutter Dallas, spécialisé dans la drogue, plutôt rassurant pour la population (qui ignorait sa fonction principale), puis d’un second de guerre, l’USS McFaul, tous deux venus de Crêtepuis d’un troisième, toujours militaire. Des colis humanitaires descendant d’une corvette ou d’un garde-côtes, pourquoi pas. C’est quand le navire suivant les deux premiers a accosté que l’on a compris le principe. Oh, certes, le show humanitaire avec les cartons bien estampillés USAID étaient bien présents. L’accueil enthousiaste d’une maigre assistance munie de drapeaux énormes aussi. On sait au moins à quoi servent les personnels de l’ambassade américaine. Mais ils descendaient cette fois du USS Mount Whitney, ces colis, un vaisseau en provenance d’Italie. Malgré l’imposant nombre de bateaux porte-containers pré-positionnés ou les accords passés avec les société maritimes comme Maersk, les Etats-Unis envoyaient quand même là-bas le Mount Whitney ! Le vaisseur amiral de la 6eme flotte, celui du commandant de l’Otan, un vrai poste avancé de communication et de brouillage ! Un bateau lié à l’Otan, que voudrait tant rejoindre la Georgie de Saakatchvili. Le Mount Whitney, l’un des engins les plus élaborés au monde question écoute et renseignement, bardé d’antennes et de coupoles de réception et de transmission, le voilà qui déboule, lui, à Poti ! Avec comme premier homme à monter à bord le ministre de la défense géorgien, David Kezerashvili (démis depuis !) ! C’était bien entendu une véritable provocation… signée en fait de l’inénarrable Dick Cheney :  « The arrival of the USS Mount Whitney, flagship of the 6th Fleet in the Mediterranean, came as Moscow accused Dick Cheney, the hawkish US Vice-President, of stoking tensions during a visit to Tbilisi this week. After meeting President Saakashvili, Mr Cheney vowed to bring Georgia into the Nato alliance. » Les russes peuvent facilement se moquer, remarquez, en demandant à la presse mondiale d’où vont sortir les caisses d’aide de première urgence d’un bateau bourré d’équipements ayant si peu de cales internes de vides… alors que la Navy possède les 38 porte-containers décrits dans les épisodes précédents, à sa disposition immédiate dans le monde…

Sur les vidéos, c’est encore une fois les cartons d’USAID qu’on distingue… et pas les antennes du Mount Whitney !. Les bouteilles d’eau sont déballées sur les quais par des marins américains, les cartons passent de main en main devant les objectifs, et quelques jours plus tard, un député républicain du Tenessee, Bob Cork, distribue même les cartons de nourriture à Gori, dans les locaux… d’USAID. A l’autre bout de l’Europe, à Seckenheim, le 3rd Battalion of the 405th Army Field Support Brigade (AFSB) prépare lui aussi les colis d’USAID et les arrime sur les palettes  destinées à remplir le vieux DC-9 cargo de la base. 700 palettes, 130 tonnes au total, envoyées via également les énormes C-17. A Ramstein, on remplit à ras bord les C-130 sous le regard (déjà ?) de Joe Biden, et sous le regard des militaires dépêchés sur place. On peut alors faire la photo à encadrer de trois personnes rayonnantes : à gauche Saakatchvili, à droite Cheney… au milieu un représentant d’US AID. Tout sourire. Car il est vrai que tout ira mieux désormais en Georgie grâce à USAID… Les georgiens vivront mieux désormais, c’est évident : dans les cartons de USAID… du maïs transgénique. De quoi assurer un « futur brillant au pays  »  : « A Brighter Future Pioneered with Hybrid Corn Seed » titre le magazine de propagande d’USAID. Ou comment rendre les autres pays dépendants d’une forme de pensée et de vie, ou comment en faire des clones des américains. Ou comment rendre la Georgie dépendante. Au Kenya, c’est Monsanto qui se retrouve promotionné par USAID. En fait, via USAID, les USA apportent aux défavorisés des produits bannis partout ailleurs


L’hégémonie économique, doublée d’un empoisonnement général ? Un autre rêve de domination mondiale, présenté et emballé avec un joli nœud autour, appellée « aide humanitaire » ? On pensait que seules les armes apportaient la mort. Les pirates de Somalie, qui la défient tous les jours et n’ont que peu de choses à gagner ou peu d’années à vivre, nous montrent aussi que les armes ne sont pas les seules responsables. Il y a des aides humanitaires qui ressemblent à des condamnations, dans certains pays.

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Les pirates ne sont pas ceux auxquels on pense (4)

liberty_sun21Nous avions commencé à peine commencé à mettre en doute les rapports des médias sur la prise du MSC Maersk Alabama qu’une autre prise (ratée cette fois) de cargo américain dans le secteur ravive à nouveau nos soupçons. Le premier à peine arrivé à quai, un autre en effet fait la une de la presse. Or ce navire, encore une fois, n’est pas un navire civil ordinaire. Son armateur américain est très lié à l’armée, fournissant même des porte-containers réquisitionnés comme navires de logistique militaire. Un navire qui visite les mêmes ports et effectue les mêmes trajets, ou presque, et qui est à la fois livreur d’aide alimentaire ou d’armes « en cas de conflit » précise-t-on en haut lieu. Les pirates somaliens, sans le savoir, sont bel et bien en train de nous démontrer une chose flagrante : le trafic des containers dans le monde continue à réserver les surprises dont nous vous avions déjà parlé ici, avec de façon répétitive semble-t-il plusieurs nations en cause, et un seul destinataire final, le Soudan et la guerre meurtrière et catastrophique qu’y s’y déroule. Trois pays sont régulièrement cités depuis le début de cette enquête : l’Ukraine, Israël et les Etats-Unis. Ce n’est pas une surprise, à vrai dire, ni un hasard. Dans le rôle de disséminateurs d’armes dans le monde, ce sont les premiers en ligne de mire, si je puis me permettre.

Car l’histoire balbutie : le lendemain même de l’arrivée au port de Mombasa du Maersk MSC Alabama, juste relâché, un autre navire est arraisonné par d’autres pirates. Mais cette fois ces derniers son repoussés, sans qu’on sache vraiment comment. « Avec l’aide de la marine américaine  » dit-on. Et encore une fois avec l’aide du destroyer USS Bainbridge, arrivé six heures après les faits, pourtant. Cette fois encore c’est un navire américain qui est visé, attaqué à la roquette, et au nom presque prédestiné : le Liberty Sun, un vraquier de 64 000 tonnesd’emport de la Liberty Maritime Corporation. Et une fois encore, une firme privée employée par l’armée US, mais cette fois pas n’importe laquelle. « Liberty is one of the largest privately-held independent operators of U.S. flag dry bulk carrier vessels. Its U.S. flag fleet operates in both the preference trades of the United States and the international commercial trades ». Une firme encore plus liée que la précédente au fait militaire : ses bateaux ont de tous temps été liés étroitement à l’armée et ont effectivement délivré du matériel militaire durant l’opération Desert Storm… celle du père de W. Bush. « In 1989, Liberty created a related entity, Polaris Shipping, Inc., which managed three break bulk/liner vessels on charter to the Military Sealift Command (« MSC ») for two years. These vessels were participants in Operation Desert Storm, delivering military equipment, supplies and ammunition to U.S. forces deployed in the Persian Gulf ». Militaire ou civil, les deux mêlés, mais pour le grand public c’est toujour une seule facette qui est mise en avant. Et effectivement, après l’attaque, à l’arrivée une fois libéré, à Mombasa, on décharge ostensiblement devant les photographes, des sacs de riz estampillés USAID. Pour le reste…

Mais on n’en sait pas davantage sur ce que font réellement à cet endroit les bateaux signés LMC. Officiellement, ils font partie du programme intitulé VISA : « Liberty is one of several major shipping fleet companies that comprise the Voluntary Intermodal Sealift Agreement U.S. Agency for International Development, or VISA. VISA provides the Pentagon with private cargo vessels to call on to meet « contingency deployment » requirements. The program saves the government the cost of maintaining a large fleet that would be idle in peacetime. Liberty vessels have also carried relief supplies and food to Africa and Asia for USAID, World Vision, and Save the Children. Liberty-owned ships have transported aid cargo for USAID and non-government organizations, and military equipment in the first Persian Gulf War ». Des bateaux mis à disposition de l’armée selon la demande : « contingency deployment ». En tant de paix, des vivres, en tant de guerre des armes. On voudrait bien croire à cette belle disctinction. On comprend surtour que chez LMC on peut aussi bien transporter de la nourriture aujourd’hui que des armes hier ! Et pourquoi pas les deux en même temps ? On voit bien les sacs de riz, mais on ne sait jamais où se trouvent les armes. A noter l’insistance dans les présentations officielles à ne parler que des livraisons d’armes de la première Guerre du Golfe… les armes hier seulement, bien entendu. Le Liberty Sun provenait effectivement de Port Soudan, où il avait déchargé l’aide alimentaire (version officielle des faits), et était en route vers Mombasa. Selon certaines sources, l’attaque aurait été cette fois décidée par les pirates en représailles contre la mort de trois d’’entre eux, tués par les services spéciaux US lors de l’affaire précédente du Maersk MSC Alabama. Le 13 avril également, et c’est à signaler, un autre acte de représailles avait été tenté contre Donald Payne, un congressiste démocrate du New Jersey venu en Somalie, a Mogadiscio qui a dû essuyer et éviter des tirs de mortier sur sa personne. Les pirates avaient-ils conscience de s’en prendre à un symbole fort en s’attaquant à un bateau de LMC, très lié au gouvernement US et à ces miitaires ? Ils savent aussi utiliser le Net, comme les attaquants de Mumbaï, et ne sont pas ignares : les bateaux de LMC sont donc bien des objectifs symboliquement visés, au contraire du Faina dont tout le monde ignorait tout…

Chez LMC, le patron s’appelle Philip Shapiro, c’est un homme de la mer reconnu. « Prior to founding Liberty in 1988, Philip Shapiro served as vice president and general counsel of Apex Marine Corporation. During his eight years in the position he developed his understanding of the intricacies of ship management, fleet operations, vessel financing, and governmental regulation of US flag shipping ». LMC est un des rares à battre haut et clair pavillon américain et non de complaisance. Comme Apex, en réalité, LMC est une entreprise qui affiche clairement son patriotisme. Shapiro le fait savoir lors des campagnes électorales : mais Philip Shapiro soutient ouvertement le parti démocrate, en offrant cette année plus de 36500 dollars dans le jeu électoral, au total, dont 20 000 rien que pour la campagne du parti d’Obama. C’est déjà pas mal. Mais chez Apex, le mot patriote valait dire plus encore.

Apex était l’œuvre d’un immigré hongrois, Leo Vladimir Berger, mort en 1999, qui avait propulsé sa société au premier rang en achetant en 1967 son premier tanker pour 1,5 million de dollars au groupe Lemos pour aboutir à 24 navires dans les années 80 et plus de 100 millions de revenus par an. Abandonné par ses parents trop pauvres, il avait passé son enfance dans des orphelinats ou des centres d’accueil juifs, l’étant lui-même d’origine : il en avait gardé une reconnaissance particulière, donnant régulièrement de fortes sommes à des associations d’aide juives dont notamment le célèbre Boys Town Jerusalem. Le moins qu’on puisse dire c’est que c’est une association disons… engagée, qui voue une admiration certaine à ses soldats. Comme beaucoup d’émigrés qui avaient vu dans les USA une terre promise, l’homme était extrêmement patriotique, ayant fait aussi une belle carrière d’officier dans la Navy en 39-45. Deux patries, pour Berger, car les liens avec l’armée et l’état Israël d’Apex ont toujours été forts : « The company has also worked with the Agency for International Development and the Israeli Grain Mission in bulk grain movements. In addition, we have managed vessels for the United States Maritime Administration and Military Sealift Command and participated in the “Operation Desert Storm” and “Maintain Democracy” campaigns. » Il faut préciser, pour ceux que cela surprendrait, qu’historiquement parlant les juifs hongrois ont payé un très lourd tribu durant la seconde guerre mondiale. Pourchassés par des hommes parfois pires que les SS, les sinistres Croix Fléchées, les juifs hongrois ont été poursuivis et massacrés dans des proportions hallucinantes. Les croix fléchées, comme tout mouvement néo-nazi, ressurgissent régulièrement au gré des difficultés économiques du pays. Ces dirigeants, ou ses supporters, avaient fui le pays dès l’arrivée des soviétiques, perçus comme le démon : on en a retrouvé pas mal éparpillés en Europe, certains s’engageant dans la légion étrangère française en espérant faire oublier leur passé. En sachant cela, on explique facilement la véritable fascination qu’exercent les libérateurs américains sur les juifs hongrois, et le soutien inconditionnel et indéfectible d’après guerre aux Etats-Unis.

Une association véritable, donc, pour LMC ou Apex, avec la Navy américaine, qui ira jusqu’à acheter deux de ses porte-containers à la seconde. En 1998, Apex avait reçu en effet du Congrès 9 052 940 de dollars pour deux de ses bateaux, des porte-containers transformés en bateaux grues, les T-ACS 7 Diamond State et T-ACS 8 Equality StateDes bateaux qui peuvent donc se passer d’équipement portuaires et qui transportent… des Humvees, ou des containers, leur ancien « métier » dans le civil. Pour les containers, ils servent parfois à vider un autre porte-container.. suspecté de transporter une cargaison « terroriste », comme lors de cet exercice tenu dans le port de San Francisco… Ils participent à tout ce qui est logistique lourde en fait : construire un port ou un ponton d’accueil ne leur fait pas peur. Les « T-ACS Keystone State Auxiliary Crane Ships » pré-disposés à certains endroits du monde, sont devenus des auxiliaires indispensables à l’armée américaine, qui en utilise donc une dizaine qui commencent à faire leur âge : parmi les 6 derniers, le  T-ACS 5 Flickertail State, le T-ACS 6 Cornhusker State, le T-ACS 7 Diamond State, , le T-ACS 8 Equality State, le T-ACS 9 Green Mountain State, et le T-ACS 10 Beaver State.

Au final, que ce soit avec Apex ou LMC, voire avec Maersk, un fait troublant revient : les Etats-Unis, via leur aide humanitaire étatique, utilisent les moyens de leur marine civile pour acheminer leur aide ou leurs armes, laissant cours directement à toutes les suspicions sur une ingérence possible dans les pays où il interviennent. Aujourd’hui, les ONG sont des organismes privés en général. Aux Etats-Unis, la première de toutes est une entreprise d’état, fortement liée aux militaires. L’envoyé américain a toujours eu différentes casquettes. Des missionnaires religieux d’abord, tendance évangéliste, qui se muent en humanitaires, puis des mercenaires et enfin des barbouzes, le schéma est toujours le même depuis cinquante ans : « Establishing a direct link between missionaries, US AID, the CIA and other intelligence agencies like the NSA, is not a very difficult task » nous dit un site. C’est même un jeu d’enfant, surtout si on y ajoute le poids actuel de la presse et des medias. Au Soudan, on n’échappe pas à ce schéma tout tracé : et à la télévision, on ne voit que des sacs de riz descendre des bateaux.

 

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