Archives quotidiennes : 24 avril 2009

Ignatieff, le faux Québécois

Pour une fois, je suis d’accord avec Lysiane Gagnon de La Presse qui a dénoncé, comme je l’ai fait la semaine dernière, la complaisance et l’inculture politique qui prévalent à la populaire émission Tout le monde en parle.
Après avoir invité deux ministres libéraux provinciaux de la semaine dernière, on avait déroulé le tapis rouge, dimanche dernier, pour le chef du PLC, Michael Ignatieff, celui-là même qui tente actuellement de séduire les Québécois avec ses belles paroles. A beau mentir qui vient de loin, car il ne faut pas oublier que celui qui ne parle plus que de ses « racines » québécoises est né et a étudié à Toronto avant de s’exiler pendant 35 ans en Angleterre et aux États-Unis.
C’est dire à quel point il connaît très mal le Québec d’hier et d’aujourd’hui.
Celui qui a écrit des pages vitrioliques contre le nationalisme québécois prétend aujourd’hui qu’il reconnaît la nation québécoise. L’équipe de thuriféraires de TLMP ne l’a évidemment pas mis en contradiction avec ses propres déclarations contradictoires. Oh que non !, on est ici pour s’amuser et laisser passer tous les mensonges que les invités nous débitent pour se « ploguer ».
Sauf, comme le souligne encore madame Gagnon, si on s’appelle Guy Fournier qu’on avait décidé d’exécuter sur la place publique. Pourtant, les propos scatologiques de M. Fournier sont de la petite bière comparés à ceux des hommes de pouvoir comme Ignatieff.
Bref, Ignatieff, la nouvelle idole libérale (en passant il admirait beaucoup le fascisant P.E. Trudeau) a démontré à quel point il est un beau parleur qui ne connaît presque rien du Québec. Il a peine à nommer cinq rues de Montréal, cinq premiers ministres québécois et cinq compagnies de chez nous ! C’est tout dire…
Et sur la question nationale, il sème la confusion avec ses phrases ambiguës. Il dit reconnaître
notre nation, mais au sein du peuple canadien, comme si les notions de nation et de peuple n’étaient pas similaires. On voit bien que sa conception ressemble à celle du melting pot américain où chacun perd à la longue sa spécificité pour se fondre dans une uniformité que nous redoutons tant. On n’a qu’à penser au sort des Cajuns de la Louisiane pour comprendre comment le nouveau chef libéral aimerait folkloriser le peuple québécois.
Et c’est Josée Legault qui nous rappelait récemment à quel point le charmant séducteur n’hésite jamais à se contredire. Celui qui se targue de reconnaître notre nation, refuse en effet de rouvrir la constitution canadienne à laquelle le Québec n’a jamais adhéré. N’écrivait-il pas en 1993:  » Si le Québec devient souverain, la voie serait ouverte à la tyrannie ethnique de la majorité francophone ».
Ignatieff a toujours été un fervent partisan d’un gouvernement central fort et il a aussi écrit que le nationalisme québécois était un risque pour la démocratie. Celui qui a combattu jadis la loi 101, appuyé la guerre en Irak dont les Québécois ne voulaient pas, a également été un partisan des « interrogatoires coercitifs », i.e. la torture, dans le conflit en Afghanistan.
En 2006, il y a à peine trois ans, il a déclaré à propos d’un raid israélien qui avait causé des dizaines de morts parmi les civils à Cana que « ça ne l’empêchait pas de dormir ».
God save the Queen, çà on s’en balance, mais que Dieu nous préserve de cet être aux propos diaboliques.

PIERRE SCHNEIDER

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