De Victor Jara à Guantanamo : la même CIA (14)

Capture_d_ecran_2009-08-29_a_15-12-19Ces dernières années, la pire chose à laquelle a pu participer la CIA est bien entendu Guantanamo. L’organisme américain s’est surtout chargée de deux choses : des tortures, pour lesquelles on s’en doute elle doit avoir quelques compétences, et l’intendance des prisonniers, à savoir leur transport. Car Guantanamo va rester dans les mémoires non pas pour un seul emplacement de détention, mais pour plusieurs, dont parfois même des bateaux de l’US Navy. La CIA a assuré le transport par avion de lieu de rétention en lieu de tortures et inversement. Toute une organisation mise en place pour contourner les droits de l’homme, dont le respect est variable selon le pays visité. Pour mettre en place ces véritables tortures externalisées, la CIA va mettre en place toute une lourde infrastructure d’appareils volants, allant du gros Hercules C-130 au petit Gates Learjet 35, en passant par des appareils européens tel l’ATR 42 ou des petits CASA 212 ou de forts discrets Raytheon B-200C, le fameux Beechcraft King Air universellement connu. Des avions aux numéros et aux compagnies aériennes changeants constamment, inscrits chez des firmes d’aviation en forme de boîtes à lettres dirigées par des prête-noms. Bref, un vaste chaos sciemment organisé, afin de brouiller un maximum de pistes sur ces transferts illégaux. La CIA a toujours servi de paravent à des activités douteuses ; Guantanamo est un véritable aboutissement dans ce sens, tant il est difficile, aujourd’hui encore, de tenter de démêler l’inextricable écheveau de ces vols tortueux, de ces différents appareils et de ces individus transparents. Un long rapport de 51 pages d’Amnesty, datant de 2006, téléchargeable ici, nous en dit pas mal sur le sujet. C’est la base de notre étude du jour.


Là encore, en effet, la privatisation de la guerre a sévi : parmi les appareils qui ont servi à transporter les prétendants à la torture, on trouve par exemple les deux petits CASA 212, répertoriés comme étant ceux de Blackwater (qui travaille donc bien main dans la main avec la CIA !)… beaucoup d’appareils, en prime, ont été loués pour la circonstance : ainsi le CASA 212-300 (N393DF) loué par les US Coast Guard dès 1992 et aux couleurs de ces derniers, vu à plusieurs reprises sur le trajet Miami Opa Locka-Guantanamo Bay, Cuba. Devenu depuis « Air Britain » sous la houlette de Air Transport International, il se retrouve régulièrement parqué depuis en Arizona à côté d’un Twin Otter bien connu des « spotters », ces fameux photographes de bord de piste à qui l’enquête sur les charters de torture doit beaucoup. Air Transport International est une firme de Miami (haut lieu des magouilles gouvernementales, frangin de Bush oblige) : que font ses avions en plein désert, mystère. pour ces vols, on a utilisé de tout, du jet au bon vieux DC-3 comme le N331P , en passant par des hélcoptères, dont des SuperPuma d’origine française. Des appareils inscrits chez plusieurs firmes, qui ont été dûment répertoriées depuis : Aeromet, Inc, Devon Holding and Leasing, Inc, Premier Executive Transport Services, Inc, Rapid Air Trans, Raython Aircraft Company, Richmor Aviation, Inc, Stevens Express Leasing, Inc, Phoenix Aviation Group, Keeler and Tate, Imperial Air, Orbital Science, Gemini Air Cargo, Centurion Aviation Services, Falcon Air Transport Omni Air International Olar Air Cargo, Southern Air, Apache Aviation, Bayard Foreign Marketing, Braxton MNG, Ryan International Airlines, Aero Contractors et Tepper Aviation, Inc, etc .. on le constate, le panel est large, très large.Tissant une belle toile pour tenter de dessiner les différents trajets des vols de « renditions« …. Dans le genre, certains ont réalisé de petits chefs d’œuvre, il est vrai. Superbe travail !

Parmi celles-ci, l’une a tout de suite retenu notre attention : Phoenix Aviation. Car l’ombre de Victor Bout plane sur l’entreprise. Idem pour Falcon Express et son Fokker F-27, décoré comme les Antonov 12 ou les Illyushin 76 de Victor Bout. La firme Aero Contractors, elle, nous relie directement à un endroit connu, mais avec cette fois un salaire en très nette hausse (*1). Acheter de l’essence et une nouvelle licence de vol : ou comment voler discret, quoi. Une vieille habitude chez Aero Contractors, car ses pilotes-baroudeurs ont été de tous les combats ou opérations tortueux (*2). La firme se chargeait du transport d’armes en provenance d’Ukraine, de Transnistrie ou de Croatie nous dit son pilote : on repense à Efraïm Diveroli obligatoirement ! A noter qu’encore une fois la Colombie est également citée, alors qu’on sait que les trois pilotes captifs retenus par les Farcs travaillaient pour DynCorp ! Que vient donc faire la Colombie dans ce schéma, nous allons le voir un peu plus loin.

L’engagement d’Aero Contactors, Ltd, de Caroline du Nord, est allé plus loin encore dans le transport particulier, comme lors du sauvetage de cinq libyens ayant tenté d’assassiner Khadafi (*3). Les firmes privées de mercenaires participent bien aux opérations de déstabilisation d’état orchestrées de loin par la CIA ! Des liens avec la Libye qui parfois fonctionnent inversement, des agents Libyens ayant participé à des interrogatoires en qualité « d’invités » (*4). Le prisonnier Deghayes avait été ainsi pris pour un autre, tout simplement et avait passé pour ça 5 ans à Guantanamo sous le numéro 727 (*5). Son père, un syndicaliste, avait payé de sa vie son opposition à Kadhafi. Omar avait été libéré discrètement le 18 décembre 2007, sans aucune charge reconnue contre lui. Mais après avoir été sévèrement torturé, au point de porter atteinte à sa santé mentale. Les « aveux » qu’on lui avait extorqué étaient entâchés de torture, sur lui et ses trois autres compagnons (Hamed Abderrahman Ahmed, Lahcen Ikassrien, and Jamiel Abdul Latif al Banna) (*6).

Chez Aero Contractors, pour masquer les vols et les véritables responsables, on avait une méthode simple : prendre de bons patriotes au hasard, ou presque, et leur demander de signer un papier et d’assister à deux réunions par an prouvant qu’ils « géraient » la compagnie. Leur cible idéale pour ça : des retraités de l’armée ou de la Navy (*7). Le conseil d’administration fantôme, idéal pour une société introuvable ! Tout avait été fait pour brouiller les pistes et éviter les enquêtes et les ennuis futurs. L’avion le plus célèbre d’Aero Contractor, car le plus « spotté » étant le Gulfstream V N379P, celui qui a embarqué Jamil Qasim Saeed Mohammed à Karachi. Huit semaines plus tard, il embarquait en Suéde deux égyptiens pour se faire torturer dans leur pays. Un mois plus tard il était à Djakarta pour cueillir Muhammad Saad Iqbal Madni, direction aussi l’Egypte pour les mêmes sévices. Au total, il sera vu et photographié à Islamabad, à Karachi à Riyadh en Arabie Saoudite, à Dubai à Tashkent, en Uzbekistan, à Baghdad, à Kuwait City, à Bakou en Azerbaijan, ou à Rabat, au Maroc. Décollant souvent de Dulles International Airport pour la Jordanie, à Amman, ou vers Francfort, en Allemagne, mais aussi vers Glasglow, en Ecosse, et vers Larnaca à Chypre…. le N379P avait bien mérité son surnom de « the torture jet« .

A la CIA, on peut faire autrement encore : mélanger les numéros des avions dans les registres officiels, afin de s’y retrouver encore moins dans les mouvements d’avions. Ainsi le N168 D, un des quatre CN-235 Casa de Devon Holding&Leasing, aperçu aussi bien à Prague qu’en Irak ou en Afghanistan. Le gag, c’est qu’il porte le même numéro qu’un autre avion, un Beechcraft 200, lui, anciennement N391SA, retrouvé abandonné en 2008 en plein champ au Nicaragua avec à bord plus d’une tonne de cocaïne (*8). L’avion avait une particularité : son immatriculation était complètement fausse (*9) !!! Au final, établir la cartographie des changements de noms et d’immatriculation est une véritable prouesse, donc. Idem pour les avions amiraux de la flotte, des 737 cette fois, dont un immatriculé N4476S n’avait comme propriétaire qu’une boîte aux lettres vide, au nom de Keeler and Tate Management, LLC (*10). Une autre coquille vide.

Le système avait été décrit point par point dans un document du Parlement Européen, datant du 1 er juin 2006, intitulé « Commission temporaire sur l’utilisation présumée de pays européens par la CIA pour le transport et la détention illégale de prisonniers ». « Un bon exemple d’opération en jeu de coquille est fourni par l’histoire de Premier Executive. Premier Executive est une société dont l’adresse professionnelle est une boîte postale située en dehors de Washington. Premier possédait deux avions : le Gulfstream V et le Boeing 737, utilisés par la CIA pour des remises extraordinaires. Les deux avions appartenaient à Steven Express, une autre société-écran. La société Steven Express a une adresse professionnelle dans le Tennessee, et cette adresse n’est liée à aucun établissement. Steven Express a été reprise par un avocat, au nom de Devon Holding, une autre société-écran. L’avocat était le seul représentant/employé de Devon Holding. Ce type de jeu de coquille permet aux avions de la CIA de se dissimuler, et donc d’effacer toute trace d’opération illégale liée à l’avion. C’est ce qui s’est passé par exemple en novembre 2004, lorsque The Sunday Times a signalé que les USA louaient le jet Gulfstream V pour le transfert de détenus à Guantanamo et vers d’autres bases militaires américaines. Deux jours plus tard, Premier Executive se débarrassait de l’appareil et le vendait à Bayard Foreign Marketing, une autre société-écran. On n’a jamais trouvé trace du nom de l’administrateur, Leonard Bayard, dans le moindre registre public. L’autre avion, le Boeing 737, a été vendu à Keeler and Tate Management, une autre société-écran sans locaux, sans site web et dont la seule propriété était le Boeing 737.D’autre part, Premier Executive s’est évanoui dans la nature depuis 2005. » On ne pouvait être plus clair !

Le rapport, un document exceptionnel, répertoriait aussi les appareils et leurs propriétaires, dont notamment une entreprise de mercenaires bien connue : « Parmi les 51 avions prétendument utilisés par la CIA :

– 26 avions sont enregistrés auprès de sociétés-écran et parfois appuyés par des sociétés d’exploitation.

– 10 sont qualifiés de « transporteurs fréquents de la CIA », ils appartiennent à Blackwater USA, un important « contractant qualifié » de la CIA et de l’armée américaine. Il fournit le personnel, la formation et la logistique avionique. Dans ce cas, aucune société-écran ne joue le rôle d’intermédiaire.

– Les 15 autres avions sont loués occasionnellement à des sociétés privées travaillant avec la CIA ainsi qu’avec d’autres clients. (la liste fournie par le rapport est en (11).

L’un de ces avions perdus nous donnait sans le savoir, en fait, la clé du fonctionnement financier de la CIA. C’est tout simplement et depuis toujours de l’autofinancement… à base de trafic de drogue. Exactement la scène d’ Air America ou l’adjoint de Mel Gibson transperce malencontreusement un sac censé contenir du riz. Car le poids emporté est parfois aussi phénoménal. L’homme qui avait vendu cet avion était Joao Malago, le patron brésilien d’une entreprise de biocarburant, Atlantic Alcohol, couverture parfaite de la CIA. L’homme travaillait en duo avec un américain, Larry Peters, le propriétaire d’une firme d’aviation, Skyway Aircraft Inc. installée à St. Petersburg, Floride, mise en cause à plusieurs reprises dans des trafics de drogue. Malago n’en était pas resté là, avec son petit Beechcraft : sa société d’aviation Donna Blue Aircraft Inc. avait aussi racheté un autre appareil accusé d’avoir servi à transporter des prisonniers à Guantanamo. Un superbe Gulfstream, immatriculé N987SA, piloté par un duo improbable dont un personnage véritable, un vétéran des vols de la CIA (*12). L’avion avait été retrouvé crashé, coupé en deux, au Yucatan, au Mexique, avec à bord plus de 4 tonnes de cocaïne colombienne, sagement rangée dans plus de 100 sacs militaires US. Les deux pilotes, dont Smith, alias Vega, avaient réussi à s’en extirper et avaient fui dans la nature avant l’arrivée des policiers mexicains, venus en hélicoptère et ayant poursuivi quelque temps le jet ! J’en avais déjà conté en janvier 2008 dans Agoravox l’histoire complète.

Le Gulfstream crashé fut en fait reconnu plus tard comme participant à une obscure opération des douanes US (*13) Mais pas une seule enquête n’a abouti concernant les sacs et leur contenu… en réalité le coup était bien plus tordu selon les explications officielles survenues bien plus tard (*14). La drogue des paramilitaires, transitait par un baron de la drogue, et moi qui croyait bêtement qu’il n’y avait que les Farcs pour le faire ! Urrego avait effectivement été arrêté au Panama le 21 octobre 2007. L’avion s’était crashé le 26 septembre précédent : à vous d’imaginer si Urrego aurait été ou non arrêté sans ce crash…

Pour les anciens de ce genre d’opérations, ça ne tient pas debout comme explication. Le lot de drogue était bien trop imposant pour servir d’appât seulement. C’était plutôt une livraison sinon, régulière du moins organisée en haut lieu (*15) Non, il s’agissait bien d’une opération de transfert de drogue de la CIA elle-même. Une opération connue du gouvernement US. Car à la table d’administration de la firme d’Ethanol brésilienne siégeait aussi de drôles de personnages, dont un dénommé Neil Singer, président de Cornerstone Companies mouillé jusqu’au cou avec les USA et la CIA (*16).  Sur l’un de ces CV, on trouvait une belle perle (*17) « L’homme avait un passe de sécurité trans-frontalier » : le document idéal pour trafiquer, qui vous évite d’avoir à sortir votre passeport aux autorités !

En 2004, on retrouvait un avion d’Aero Contractors (*18) mêlé à un opération de la CIA en pleine vallée du Panshir : le bien connu Twin Otter numéroté N6161Q déjà vu moult fois à Glasgow, Francfort, ou à Duchanbé, la capitale du Tadjikistan,… ou en plein désert du Nevada… Sur un aéroport bien connu des français… C’est à Duchanbé qu’arrivait en 1999 l’argent de la CIA pour Massoud : 200 000 dollars/mois, annonçait le Washington Post dans un article ravageur du 23 févier 2004 (*19). Des billets verts frais débarqués d’hélicoptères…. russes, ayant des pilotes… américains (nous y reviendrons un peu plus loin). La CIA a eu maille à partir aussi avec Massoud, pas toujours aussi commode qu’on voudrait le dire (*20). Il souhaitait des hélicoptères, il en eût…un seul, mais ses hommes n’en n’avaient pas la connaissance véritable, malgré des bricolages assez géniaux, comme d’avoir monté des moteurs de Hind sur un Mi-17…. : Georges Tenet s’était résolu à en équiper la CIA, plutôt (*21). Nous verrons plus loin comment exactement.

Un grand classique donc que cet avion Twin Otter… facilement repérable en raison de la floraison d’antennes sur le dessus de son fuselage. Tout ce qu’il faut pour rester en communication satellitaire constante. Il avait été « spotté » le 2 aout 2005 en train d’atterrir à Alexandrie, en Egypte. Selon les registres, l’appareil est un avion… maltais. Le 8 août, il était à Shannon, en Ireland, déclaré comme appartenant à « AVIATION SPECIALTIES INC », une société dont l’adresse était à Washington… à deux pas de la Maison Blanche, et le 9, il atterrissait à Narsarsuag, au Danemark, en partance pour Reykjavik, direction Goose Bay au Canada. Un petit avion au comportement bien étrange, qui change de propriétaire à chaque remplissage de réservoirs, pour de si grandes étapes….. aperçu à Toronto par un journaliste un peu trop curieux, à qui on avait fermement intimé de ne pas chercher à en savoir trop… (*22). En fait, des N6161Q, on en compte aujourd’hui une bonne demi-douzaines dans le monde en réalité (*23) !!! A Washington, il ne décolle pas du terminal normal de Dulles mais de celui de Landmark Aviation, ancien Garrett Aviation, beaucoup plus discret… la liste des décollages à partir de cet endroit est plus qu’éloquente !!! La liste des avions de Guantanamao étant ici…. Landmark, comme par hasard, est la propriété… du groupe Carlyle ! Enfin l’était : le 3 avril 2007, le site a été vendu à l’émirat de Dubaï via Dubai Aerospace Enterprise Ltd. Carlyle ayant lui-même déménagé ses bureaux à Dubaï également… Ce qui ne cesse, bien sûr de questionner davantage encore, car cela rappelle d’autres compagnies.. et le même problème depuis le début.. auquel on revient à chaque fois (*24).

(1) « Aero’s planes were sent to Fort Bragg to pick up Special Forces operatives for practice runs in the Uwharrie National Forest in North Carolina, dropping supplies or attempting emergency « exfiltrations » of agents, often at night, the former pilot said. He described flying with $50,000 in cash strapped to his legs to buy fuel and working under pseudonyms that changed from job to job »

(2) « While flying for Aero in the 1980’s and 1990’s, the pilot said, he ferried King Hussein, Jordan’s late ruler, around the United States ; kept American-backed rebels like Jonas Savimbi of Angola supplied with guns and food ; hopped across the jungles of Colombia to fight the drug trade ; and retrieved shoulder-fired Stinger missiles and other weapons from former Soviet republics in Central Asia ».

(3) « He does not recall anyone using the word « rendition. » « We used to call them ’snatches,’  » he said, recalling half a dozen cases. Sometimes the goal was to take a suspect from one country to another. At other times, the C.I.A. team rescued allies, including five men believed to have been marked by Muammar el-Qaddafi, the Libyan leader, for assassination »

(4) « Flight records sometimes lend support to otherwise unsubstantiated reports. Omar Deghayesa Libyan-born prisoner in the American detention center at Guantánamo Bay, Cuba, has said through his lawyer that four Libyan intelligence service officers appeared in September in an interrogation cell ».

(5) « Mr Deghayes, now 35, was seized in Pakistan in January 2002 after being recognised as appearing on a Chechen training video seized by the Spanish government. His lawyer and family insist this is a classic example of mistaken identity ».

(6) « Their charges had been dropped based on their claims that their confessions were false and were the result of abusive interrogation techniques. »

(7) « William J. Rogers, 84, of Maine, said he was asked to serve on the Aero board in the 1980’s because he was a former Navy pilot and past national commander of the American Legion. He knew the company did government work, but not much more, he said. « We used to meet once or twice a year, » he said ».

(8) « Peters’ company sold a Beech 200 aircraft (N391SA) to a Venezuelan purchaser in October 2004, about a month before it was apprehended in a Nicaraguan cotton field linked to a payload of some 1,100 kilos of cocaine. »

(9) « The Beech 200 was found in Nicaragua bearing a false tail number (N168D), which Federal Aviation Administration records show is registered to a North Carolina company called Devon Holding and Leasing Inc. (The Beech 200’s real tail number wasN391SA.). En résumé, on était allé un peu vite en besogne pour le déguiser… »

(10) « The accompanying table shows the CIA shell companies and the planes they own, including the 737, which has the FAA-assigned tail number (N-number for US planes) N4476S. At least three of the planes, marked with asterisks, are used for « rendition » (kidnap-torture) flights. Naturally the tail numbers are changed when the planes’ use for torture flights to secret no-justice prisons is revealed. The 737, which is the flagship of The CIA Airline, is not really leased by the CIA. It is owned by a CIA shell company, Keeler and Tate Management, LLC. Like other CIA shell companies, it has no employees, no business premises, and no website. In lieu of these, it has a CIA-contracted lawyer who provides a mail drop, registers the company with the state and the planes with the FAA, and interfaces in other necessary ways with government agencies and the public. The lawyer provides many of the legal services needed by a normal company, including a place to serve legal papers and court documents on the company ».

(11) SOCIÉTÉS IMPLIQUÉES

Sociétés-écran :

– CROWELL AVIATION TECHNOLOGIES, INC

– PATH CORPORATION

– RAPID AIR TRANS, INC.

– STEVENS EXPRESS LEASING, INC

– AVIATION SPECIALTIES, INC

– DEVON HOLDING AND LEASING, INC

– BAYARD FOREIGN MARKETING, LLC.

– KEELER & TATE MANAGEMENT, LLC

-Les deux dernières sociétés de la liste ont remplacé Premier Executive Transport Services, inc., lorsque Premier a vendu les avions Boeing 737 et Gulfstream V à Bayard et à Keeler. Ensuite, Premier a disparu.

Sociétés d’exploitation

-AERO CONTRACTORS, LTD. (CAROLINE DU NORD)

Aero Contractors fut fondée en 1979 par Jim Rhyne, ex-pilote d’Air America, société utilisée par la CIA pendant la guerre du Vietnam. Les pilotes d’Aero Contractors, d’après le New York Times, « sont les chauffeurs de bus discrets de la bataille contre le terrorisme, régulièrement envoyés en mission secrète à Bagdad, au Caire, àTashkent et à Kaboul ». Et le New York Times d’ajouter : « Aero Contractors est en fait une importante plaque tournante domestique des services secrets aériens de la CIA ». En effet, d’après les informations de la FAA, Aero Contractors loue ses avions à Premier Executive Transport (société-écran), à savoir des Boeing 737 (N 4476S, ex N313P). Aero Contractor n’a pas de site web et ne fait pas la publicité de ses activités. Toutes les ressources proviennent de la CIA, de l’armée américaine et d’autres agences gouvernementales. Cependant, Aero Contractors reste une société bien réelle, équipée de locaux et dotée de quatre-vingt membres du personnel. Aero Contractors est la société d’exploitation des sociétés-écran suivantes :

-STEVENS EXPRESS LEASING, INC

-PREMIER EXECUTIVE TRANSPORT SERVICE

-AVIATION SPECIALTIES, INC

-DEVON HOLDING AND LEASING, INC

– PEGASUS TECHNOLOGIES, INC

Pegasus Technologies travaille à l’avionique (électronique de l’aviation), aux capteurs et aux systèmes électriques des avions de la CIA. Ceci inclut probablement des systèmes d’encryptage top-secret des communications et des systèmes de vision de nuit.

-TEPPER AVIATION

Tepper Aviation est une société contrôlée par ou liée d’une manière ou d’une autre à la CIA. Selon le rapport d’Amnesty International, Tepper Aviation serait impliqué dans des opérations de remise par le biais d’un ou plusieurs de ses avions. La société opère à partir de l’aéroport de Bob Sikes, en Floride. La base européenne est Rhein-Main, en Allemagne. Tepper utilise trois avions appartenant à la société-écran Rapid Air Trans : le Lockheeds N2189M, le N4557C le N8183J.

-RICHMOR AVIATION

Philip H. Morse, propriétaire du jet Gulfstream IV (et partenaire du Boston Red Sox), a confirmé au journal Globe and Tribune que son jet privé a été loué à plusieurs reprises à la CIA D’après les informations de la FAA, l’avion appartient à Assembly Pointe Aviation Inc., dont M.Morse est le seul employé. La société de location est Richmor Aviation et est basée dans l’Hudson. Le numéro d’enregistrement du jet est N85VM, ensuite modifié en N227SV (enlèvement de Abu Omar). M.Morse déclare que Richmor Aviation a loué son avion à la CIA pendant environ trois ans.

– FILIALES DE BLACKWATER USA

Cette société est un contractant important de la CIA et de l’armée américaine. Elle fournit du personnel et de la formation ainsi que des services d’aviation à travers ses deux filiales :

-AVIATION WORLDWIDE SERVICES, INC. (FLORIDE)

– PRESIDENTIAL AIRWAYS (FLORIDE)

Les deux sociétés volent sur le gros-porteur passager/cargo CASA C-212. Elles transportent des troupes de paracommandos et des cargaisons surdimensionnées et peuvent opérer à partir de pistes courtes et non améliorées. En Europe, c’est Malte qui sert de base à ces avions.

(12) Greg Smith — whom a CIA asset named Baruch Vega claims served as a pilot for past CIA, DEA and FBI undercover missions. »

(13) « In addition, the Gulfstream II, according to DEA sources, was being used as part of a U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) undercover operation, called the Mayan Express, when it crashed in Mexico ».

(14) « CIA asset Vega further claims that a notorious Colombian narco-trafficker named Nelson Urrego works as an informant for the U.S. government, both ICE and the CIA, and that he helped to arrange the Gulfstream II’s cocaine payload through Colombian paramilitary groups »

(15) « I find it strange for a law enforcement agency to be running a unilateral operation [the Mayan Express] involving that much dope being moved out of Colombia. It’s an indication to me that something illegal is going on involving either crooks and/or government people,” confirme Andalio Gonzalez, un vétéran de la lutte antidrogue (la DEA).

(16) « Over the past 12 years, Mr. Singer has worked as a consultant on major government contracts and large commercial systems, including projects for AT&T, Blue Cross, CSC, HUD, NASA, and the Joint Chiefs of Staff. Neil Singer has a B.S. degree from Cornell University. « L’homme était aussi membre de Bison Financial, et de The Cornerstone Companies, ainsi que d’un groupe intitulé Israel Fund.

(17) « Neil has experience supporting the US Marine Corps and the US Army with Internet technology, training and support services, and he carries a current security clearance ».

(18) « November 4, 2004 Members of a covert Jawbreaker CIA paramilitary team are deployed to the mouth of the Panschir Valley, northern Afghanistan, in a Twin Otter aircraft spotted by journalists. Flight logs indicate the plane was a Twin Otter registered N6161Q, based in North Carolina, and flying out via Glasgow, Scotland, Frankfurt, Germany and Dushanbe, Tajikistan. – Described Chapter 5 / Ghost Plane. »

(19) « A team of CIA operators from the agency’s Counterterrorist Center flew to Dushanbe, Tajikistan, in October 1999. Code-named JAWBREAKER-5, the group was led by the chief of the center’s Osama bin Laden unit, known to his colleagues as Rich, a veteran of CIA postings in Algiers and elsewhere in the developing world. They went to a secluded airfield, boarded an old Soviet-made Mi-17 transport helicopter, and swooped toward the jagged, snow-draped peaks of northern Afghanistan ».

(20) The CIA first sent Massoud aid in 1984. But their relations were undermined by the CIA’s heavy dependence on Pakistan during the war against the Soviets. The Pakistani intelligence service despised Massoud because he had waged a long and brutal campaign against Pakistan’s main Islamic radical client, the warlord Gulbuddin Hekmatyar. As the war against the Soviets ended, Pakistani intelligence sought to exclude Massoud from the victory, and the CIA mainly went along. But under pressure from the State Department and members of Congress, the agency eventually reopened its private channels to Massoud. In 1990 the CIA’s secret relationship with Massoud soured because of a dispute over a $500,000 payment. Gary Schroen, a CIA officer then working from Islamabad, Pakistan, had delivered the cash to Massoud’s brother in exchange for assurances that Massoud would attack Afghan communist forces along a key artery, the Salang Highway. But Massoud’s forces never moved, so far as the CIA could tell. Schroen and other officers believed they had been ripped off for half a million dollars ».

(21) T »he agency sent out a team of mechanics knowledgeable about Russian helicopters. When Massoud’s men opened up one of the Mi-17s, the mechanics were stunned : They had patched an engine originally made for a Hind attack helicopter into the bay of the Mi-17 transport. It was a flying miracle. Afterward Tenet signed off on a compromise : The CIA would secretly buy its own airworthy Mi-17 helicopter, maintain it properly in Tashkent, Uzbekistan, and use CIA pilots to fly clandestine teams into the Panjshir. »

(22) People say strange things. In the Toronto Star today there is a report that someone actually said this to one of their reporters : « I suggest you don’t pursue this any further, » said the official, who asked not to be named.

(23) « The registry number N6161Q has been assigned to, in recent times, a Tierra II homebuilt ultralight and a two-seat Cessna 152 trainer. N6161Q has been assigned to the white DHC6 since July 19, 2001. The FAA’s online records only go back to the beginning of the 90s, so there are probably a half-dozen other aircraft who used N6161Q (like that Cessna 320) that are not listed online but will exist on paper. »

(24) « Investigations concluded that Emirate banks were used in financing the 9/11 attacks, and several of the 9/11 plotters were from the Emirates. But the Bush administration has said UAE government officials have cooperated in the war against terrorism ».


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