Robinson Crusoé en HD

numerique

Gaëtan Pelletier

Le discours politique est destiné à donner
aux mensonges l’accent de la vérité, à rendre
le meurtre respectable et à donner l’apparence
de la solidarité à un simple courant d’air.
George Orwell
Robinsonnade
Récit d’aventures s’inspirant de celles de Robinson Crusoé.

La première fois que je suis passé devant un téléviseur HD, j’ai été ébloui : un film de série B  avec Mark Wahlberg au volant d’une auto … On  pouvait distinguer  les mouches  écrabouillées  sur le pare-brise.

Le numérique a bouleversé nos vies. Pourtant, je regarde toujours de vieux films en noir et blanc des années 40 et 50.  Nostalgie? Non. Simples et beaux. Comme la vie : avec ses imperfections.   Le paradis perdu de la simplicité.  Un quelque chose que je n’arrivais pas à saisir entièrement,  qui est lié à nos vies, nos routines, notre monde «moderne» et ses misères à travers tout ce qui est fallacieux.

J’ai l’impression que plusieurs sont  comme des poupées vaudou épinglées  de partout, cherchant tout vient tout ce mal de vivre. Et payant des «autres» pour le trouver…

Je   me questionne sur les drames sociaux de ces parents qui tuent leurs enfants et se suicident par la suite.  Je suis aussi aux aguets de ces petits tueurs en série qui entrent dans les écoles et tirent partout.

Quelle est donc la cause de ces «brisures», de ces éclatements, ou folies passagères dans un monde où «tout est sous contrôle»?

Et m’est venue une question bête. Il y a-t-il eu des tueurs d’enfants dans les communautés amérindiennes avant le 20ième siècle?

Pas à ma connaissance.

On fabrique de l’irréel.

L’ère du numérique

Dans une chronique de La Presse, Marc-André Lussier pose la question  Le Blu-Ray. On commence par où?

Raph 1001 est un pro. Il nous donne une leçon de ce trompe-l’œil cloqué.

Au cinéma, même encore aujourd’hui, la grande majorité des films sont tournés sur support film 35mm. Même The Dark Knight, Le seigneur des anneaux ou Terminator Salvation. Pourquoi ? Parce que la pellicule, de par sa nature physique, organique et chimique reste toujours la meilleure façon de reproduire le réel par sa finesse, sa fiabilité des couleurs et sa capacité à rendre les détails les plus fin…

Maintenant, pour transférer l’information du film au support numérique, il faut passer par un scanner, disons un Arriscan, machine fabriquée par la compagnie Arri. On peut scanner le film en HD (1920×1080 pixels) en 2K (2048×1556) ou 4K (4096×2664).(…)

Donc, un négatif en bon état de conservation de Metropolis de Fritz Lang tourné en noir et blanc en 1927 contient plus de détails et de subtilités que The Curious Case of Benjamin Button de David Fincher tourné numériquement.(…).

La technique consiste à arracher point par point une image et la  tenter de la rendre «naturelle» sous format numérique.

Si ce n’était là que technique d’amusement, ce serait sans intérêt. À part le fait, qu’on veut vous soudoyer de l’argent et vous éblouir. Car le numérique est sans doute, pour l’œil, parfois plus «beau» que la réalité. La plupart des fabricants ont mis l’accent sur la brillance plutôt que sur les nuances, me confiait un vendeur.

Dans notre salon, ça ne fait pas grande différence. Dans la vie, c’est tout autre chose…

Les Las Vegas du grand désert de l’âme humaine

L’humain, c’est comme le lait : ça peut se mettre en poudre. Il suffit de l’assécher d’une partie de ce qu’il est, de  lui inculquer et de cultiver l’idée qu’«on est un». Dessoudé, désolidarisé, mais fier… Diviser pour régner n’a jamais été autant d’actualité. Si on fait la somme de tout ce que l’on vend – gadgets, idées – il ne subsiste qu’un facteur commun : l’égosystème.

Mais les îles n’existent pas sans eaux…

Une fois en poudre, comme les grains de sable du désert, dans cette «solidité solidaire égotique», le citoyen n’a plus qu’un nom : Narcisse. Il n’a plus d’eau pour se mirer, quoique  bien assis dans son fauteuil capitonné de matérialisme, il se croit solide. Mais il est aride. L’aridité n’a pas de souplesse, donc pas de labours possible. Donc pas de cultures. Donc pas d’arbres, donc pas de fruits.

Un monde de cactus.

De l’ignorance pure au savoir contrôlé

Le 20ième siècle des sociétés occidentales – devenues riches – était une sorte de Tiers-Monde : la connaissance appartenait à une élite riche ou on vous la payait si vous acceptiez de devenir prêtre. Demandez à vos parents, vos grands-parents… Avant les années 60, ils vivaient des matières premières de leur pays, bûcherons,  petits agriculteurs, mécaniciens autodidactes, etc., dans une période où il y avait plus de plombiers que de philosophes. Pour régner, on a gardé le peuple dans l’ignorance.

Puis arriva le Noël des campeurs et les cadeaux empoisonnés.

Eh! Oui! À partir des années 60, les technologies, et ce, dans tous les domaines, devinrent compliquées. Il fallait donc du «savoir» pour développer les sociétés. Ce n’est pas la «bonté» qui a fait en sorte que l’on a dû  créer un système scolaire «démocratique». C’est la concurrence qui avait compris que pour rivaliser avec les autres pays en développement, il fallait une main d’œuvre ajustée aux besoins nouveaux.

En ouvrant les valves aux «savoirs», il fallait – pour ne pas éveiller les soupçons – ouvrir celles dites des sciences humaines. Une fois héliumisé de ce nouveau repas de l’esprit, notre citoyen, passant du crapaud au bœuf, se mit à «penser par lui-même».

L’œuf ou la poule? Qui donc peut avoir une idée s’il ne s’est pas nourri d’idées?

Qui donc peut affirmer que les écoles disent la vérité?

C’est là que les problèmes commencent… Et ce n’était pas prévu…

La soudure à chaud a fait place à la soudure à froid.

Pour refaire le continent de toutes ces îles, il fallait un appareillage sophistiqué pour la solidifier, l’unifier.

Une société n’est pas constituée de Robinson Crusoé.  Car nous sommes tous un peu victime  du robinsonnade : dans cette ère de connaissances fractales les autres sont devenus les sauvages du «moi».

Robinson Crusoé

Étant donné que l’abus du moi risquait  de chambarder, voire détruire cette société, il fallait  la refaire d’une façon technique et artificielle.

Car la liberté mène aux abus, et les abus mènent à de nouveaux métiers pour les corriger.

Si les usines à onguents étaient en bourse, ce serait le pétrole gélatineux blanc le plus convoité.

L’armée des intervenants

Les gros mangent trop. Les buveurs, eux, ne boivent pas trop : car l’État vit du commerce du vin et de la bière. On achète trop de billets de loto.  Les gens ne bougent pas assez.  Les gens travaillent trop. Stress, vitesse, détresse.

Mais le «trop» n’est jamais assez pour les exploiteurs de «trop». Au fond, on aime bien donner des  coups de jambettes à un unijambiste… On ajoute le «comment». On veut vous montrer à vivre selon des normes d’un individu en offrande à un pays.

Et partout, dans les pays, poussent ces  «preachers» de la nouvelle religion de la perfection dans un monde hypocrite et criblé de vendeurs pour les correctifs de ce «trop»… ou de cette «mauvaise manière de faire ou d’être».  Que l’on vend toujours…  Des   Nicolas Flamel de l’ère moderne… Une nouvelle alchimie où la peur est transformée en or. L’angoisse aussi, et la chair peut se refaire au botox.

Un peu brisé?

Alors, on numérise : on multiplie les organismes, les intervenants, les études, les analyses, et une infinitude de fonctionnaires devenus soldats de la numérisation ; on essaie de faire  le portrait d’une société malade pour la soigner ensuite. Tout est découpé, fragmenté en «pixels» pour en refaire l’image.

Rien que le mot «intervenant» fait penser au goudron qui sert à souder les fissures de l’asphalte. Les rapports humains consomment des «intervenants». Sous toutes les formes : des avocats, des psychologues, des conseillers, syndicats, etc.  Tout passe par un tiers pour essayer de souder nos rapports avec les autres, et même ceux avec un moi qui louche.

Citoyen : personne devenue nuisible au développement d’une société (sic)

À force de découpage, nous avons perdu cette vision d’ensemble. Nous  avons aussi perdu de vrais liens. Là où ça se gâte, c’est au moment de s’investir dans le travail : les rapports entre travailleurs et  patrons sont livrés à des organismes, intervenants qui sont là pour régler les différends sans trop d’efficacité. Car le savoir n’est pas uniquement linéaire, il a appris à apprendre. Il a donc appris à mimer et à intégrer par des connaissances transversales le beau rôle des pouvoirés.

On s’en tient à son rôle. Et le rôle aime bien la paye attribuée à son «poste» et l’éclat s’y attenant.  Et on se tient à distance … L’armure par excellence.

L’impression qui demeure dans l’âme du citoyen  – par tous ces analyseurs et décrypté de société – est celle que l’individu est devenu nuisible à la société. Et il l’est d’une certaine manière : car on a créé une guerre petits pouvoirés et citoyens simples, une lutte intestine qui gèle tout avancement. Les grands pouvoirés ont mainmise sur les petits qui leur servent de valets.  Les deux de pique se prennent pour des as. Mission accomplie…

Après l’image défaite – mais nécessaire – il faut bien la numériser par un arsenal de moyens synthétiques. Ça ne fonctionne pas? C’est à cause du citoyen… Les citoyens se battent entre eux et ils se battent aussi contre l’état. Mais, soyez sans crainte, les chats sont dégriffés.

Les génies sont sortis de leur bouteille…

Ça prend un spécialiste en fabrication de bateaux miniatures pour le remonter pièce par pièce dans sa bouteille.

Comme sur un écran HD, on vit par la brillance… Et par petits «points» éparpillés dans une toile à numéros.  Il n’y a pas plus synthétique que les adeptes de la religion de la perfection.  On est devenus des pantoufles en phentex sans le savoir… On s’est fait tricoter un monde synthétique et on marche dedans.  Sur un plancher de bois verni. Car le vernis est plus important que le plancher.

La culture de la complexité

Les mots amour, compassion, tendresse sont impossibles  à numériser. Quand je regarde mes chats, je n’ai pas envie de les découper en morceaux pour savoir comment ils fonctionnent. Car, en fait, ils ne fonctionnent que dans une relation d’amour qui reste mystérieuse entre eux et nous.

C’est  ça la vie.

Finalement, cette ère matérialiste, d’egos divisés, ressoudés par un arsenal  de moyens techniques et une prolifération de structures    nous éloignent  des relations vraies et naturelles.

Les bouchers du numérique n’auront jamais assez de viande à découper.

Nous vivons dans une société où chacun est plongé dans un coma en attendant de trouver un remède à un certain bonheur perdu.

Quelqu’un est revenu d’un pays pauvre, un jour, et m’a dit :« Bizarre, les gens sont pauvres,  mais ils sourient et on l’air heureux».

Il me vient toujours à l’esprit cette phrase sur la vie de Goethe : «La mère de Goethe cultivait la joie».

Mais que cultive-t-on aujourd’hui?

De la techno-rapiéciste-complexité…

À tel point que les gens simples sont regardés de travers comme des lépreux, des ignares, des trisomiques inconscients.

Et pour «plagier» Yan Barcelo , on ne voit plus l’autre à travers une certaine inspiration et spontanéité…mais une idée.

Je vous laisse sur une réflexion de PJCA dans son billet L’industrie 2 :

Il ne faut pas penser que le citoyen moderne a plus de pouvoir parce qu’il vit en « démocratie », mais être bien conscients que nous allons vers plus de démocratie parce que nous avons plus de pouvoir et que ce pouvoir repose avant tout sur notre participation au processus productif.

Les idées, elles aussi, sont productives. Pourvu que l’on ne soit pas «pixelisés» dans nos égos, mais participatifs à l’ensemble de l’écran de nos vies en société.

Et c’est à se demander si le plus dangereux des terroristes n’est pas celui qui vous vend l’idée, chaque jour, que vous êtes «quelqu’un» qui peut mater tous les sauvages d’alentour.

La grande magie de la cérébralisation est là  pour  nous  faire oublier que nous sommes  également  des êtres d’émotion…

17 Commentaires

Classé dans Actualité, Gaëtan Pelletier

17 réponses à “Robinson Crusoé en HD

  1. tomason

    ils se doivent de nous submerger d’émotion et d’inattention envers notre propre mécanisme psychique, le but était de nous transformer en machine émotionnelle afin que nous fonctionnions à l’envers…Sachez que très peut s’aperçoivent que c’est leurs émotions qui influencent leurs pensées et pas l’inverse …C’est une façon anormal de fonctionner mais optimal pour être manipulé, puisqu’il suffit de savoir jongler avec l’émotionnelle pour vous faire « penser » ou « agir » comme ils veulent ( par exemple, au téléthon on vous sors toujours un adorable gamin en chaise pour booster les dons…jamais une veille moche…quoi que vous en pensiez c’est de la manipulation à 100%)…Si un jour vous êtes suffisamment intelligent pour vous apercevoir de votre fonctionnement interne éroné, vous entrez dans le club des moutons noirs…

  2. Garamond

    Texte un peu long pour nous dire que le numérique n’a pas atteint son sommet….
    Les arguments en faveur de l’argentique, je les ai entendus en 1995….. Ils sont moins vrais en 2009 !
    De toutes façons, les verrues et les poils de nez sur le visage de nos politiciens ne m’intéressent pas vraiment…
    PS: signez vos textes, les gars !

  3. Garamond,
    Je ne parle pas du numérique, je parle des humains.
    La société découpe, détruit. Et après, elle recolle les morceaux…
    Artificiel, etc. On troque l’émotion pour le cérébral. Nous faire croire que l’on peut tout régler par le techno et le cerveau.

  4. PYL

    Bonjour,

    Je comprend l’idée principale du texte, mais il y a des liens entre les idées que j’ai du mal à faire. J’aime la réflexion qui est proposée, mais pour moi, les pixels et le HD n’ont un lien avec les émotions et notre mode de vie que si on veut bien en créer un. Oui, les gens changent (pour résumer votre pensée) et la collectivité, ses valeurs, ses intérêts, aussi. Mais pour moi, la métaphore avec la numérisation est forcée. Avec la technologie en général, j’achète. Mais strictement le HD et les pixels… j’hésite.

    Toutefois, j’abonde en votre sens pour ce qui est de la chaleur de l’analogique en comparaison avec le numérique. Avec le numérique, ça passe ou ça ne passe pas. On ne pourrait pas refaire un « Dark side of the moon » avec du numérique. Il y a trop de petits sons, de petites informations qui ont probablement dépassés les compositeurs eux-même, qui se sont faufilés, qui donnent une chaleur et une spontanéité que le numérique ne pourra jamais apporter (sauf si le but est de recréer de l’analogique en numérique, ce qui se fait!) Mais, pour un musicien qui ne peut gagner sa vie avec la musique, mais qui en fait une passion, le numérique offre la possibilité d’enregistrer et de partager à des coûts minimes sans passer des heures et de heures de travail pour y arriver.

    Bref…

  5. L’avantage de Photoshop, c’est qu’on peut ajouter et enlever des couches. Toute image a une couche où elle peut montrer au mieux ce que chacun veut voir. Je crois que nous aimons tous ce que nous voyons dans vos textes. C’est ça, un artiste.

    Pierre JC Allard

  6. Aimé Laliberté

    Contrairement aux autres, j’ai trouvé que c’était un texte brillant. L’analogie avec la technologie numérique pour illustrer comment on fabrique une nouvelle réalité qui, en fait, est une fiction ne m’a pas déplu du tout.

    Nous vivons dans un monde d’une complexité infinie, la raison principale étant que nous avons oublié les choses essentielles, comme la différence entre fiction et réalité.

    Le film La Matrice me vient à l’esprit.

  7. Pierre,
    Aimé,
    Je commençais à me poser de sérieuses questions. Il est vrai que j’aurais pu sabrer un peu.
    Mais il me semble que l’analogie n’est pas si «brouillée».
    Comme je l’ai indiqué à quelqu’un parlant de «textes», chacun prend ce qu’il y a qui fait son affaire (sic).
    Je n’ai pas lu la Divine Comédie au complet, je la trouvais trop longue. Ce qui ne m’a pas empêché de m’intéresser à Dante et d’y trouver certaines parties intéressantes.
    J’écris en «imagerie»… 🙂
    Et je ne peux plus me «changer». Et je n’en ai pas envie. Chacun sa manière de faire. Ça me semble là un signe de l’enrichissement mutuel.
    Comme dirait le non regretté Chrétien. Que voulez-vous! Ce qui ne veut rien dire… et qui veut tout dire.
    Bonne journée!

  8. PYL

    Faut-il commenter le contenu, ou faut-il vous faire des éloges sur votre style? Guidez-moi.

    Je ne crois pas que le sujet soit « votre style d’écriture », ou « prendre et laisser dans un texte ». Je crois que nous commentons plutôt sur l’effet des hautes technologies sur la société. Or, vous ne répondez qu’à ceux qui vous font des éloges en ne parlant que de votre style d’écriture, et comment ceux qui ne vous ont pas trop suivi auraient dù chercher et trouver leur compte.

    « Un signe d’enrichissement mutuel »… mmmh, j’en doute.

    De quoi on parle déjà?

  9. PYL,
    Il n’y a pas que le style «essai», que beaucoup font ici. Sinon, ce serait moins «évasif». C’est une formule entre les deux. Mitoyenne, si on veut…
    Je ne parle pas de l’effet de la haute technologie sur la société, je signale tout simplement que la structure brisée de la société est comme la HD: on découpe la réalité et on la refait ensuite.
    Comme une image…
    Nos divisions, notre manque de solidarité sociale, fait en sorte que nous sommes devenus divisés et qu’il faut recoller les morceaux par des moyens complexes et artificiels.
    J’essaie seulement de montrer un angle de vision. Ou montrer ce qu’on ne voit pas…
    J’ai répondu à Garamond…. Je viens d’arriver d’un petit voyage.
    Bonne journée!

  10. Gébé Tremblay

    « on découpe la réalité et on la refait ensuite. »(Gaétan Pelletier)

    Ils en sont incappable, car il n’y a pas de réalité à découper.

    Lorsque je vois ces écrans HD en magasin je me demande à quoi ils servent exactement. Lorsque je regarde un film, je ne désir pas voir la « réalité ». Pour ce faire, je n’ai pas besoin d’un écran, il me suffit de regarder autour de moi et la résolution est infinie. Je regarde un film pour me faire conter une histoire et c’est le jeu des acteurs qui doit être « hautement défini ». La définition visuelle ne sauvera pas un mauvais film ou mauvais acteur.

    La « réalité » est dans le conte, lorsqu’il nous touche. La réalité c’est ce contact entre l’auteur et le lecteur du film.

    La réalité visuelle n’existe pas, car la résolution de l’oeil humain est ridicule comparée à la résolution numérique d’aujourd’hui. C’est notre cerveau qui interprette les « trous » et les « flous » pour construire cette image « parfaite » que l’on croit, à tort, devant nous. Elle est en fait dans notre tête.

    Un écran HD ne change rien à celà. Le cerveau fait le même travail d’interprétation. Une fois captivé « dans le film », s’il est bien fait et bien joué, on ne vois plus le film mais ont le vit en s’identifiant aux personnages. Les mouches sur le parebrise disparraissent.

    Ce qui est délolant, c’est qu’on met plus de travail à la qualité des écrans que c’elle des films.

    Un film est une oeuvre d’art et les images et séquences sont des impressions artistiques de tons, d’atmosphères, de jeux de prises de vues, toutes « peints » avec la lumière, les ombres, les couleurs par celui derrière la caméra. Qui irait voir une photo HD dans un musée des beaux arts ? C’est un tableau qu’on veux voir. Une impression par un artiste. Un regard nouveau et non pas la banale « réalité ».

    À quoi bon la HD pour le film Yellow Submarine ?

    Trop de détails distrait de l’essentiel, du sujet, du point de vue de l’auteur.

    Le créateur doit être maître de son oeuvre. Une caméra qui prend tout, prend la place du créateur. Celui-ci ne contrôle plus ce qui sera dans le film.

    C’est comme lire un roman dans lequel l’auteur ferait la description détaillée de tout , même ce qui n’a pas rapport avec l’histoire. Jusqu’au nombre de mouches dans chaque fenêtre qu’il s’imaginerait dans chaque scène.

    Pour des documentaires, parcontre, c’est très bien. Des tigres dans la forêt, des phénomènes de la nature, etc… Découverte, Canal Évasion, etc…

  11. Gébé,
    Oui, pour la réalité. Chacun se la construit. C’est donc une «réalité» qui dépend d’une infinité de facteurs.
    Mais il y a tout de même des liens communs: on ne perçoit pas un chat – image, contexte, «idée» du chat, vie, et – de la même manière.
    Mais on s’entend qu’un chat reste un chat.
    Si nous percevions la réalité de la même manière, les adhérents à des religions différentes ne seraient pas là.
    La plus grande duperie: la raison qui règle tout. Illusion.
    Nous sommes volontairement – de par nos sens, de par nos conceptions – enfermés dans une réalité. Et c’est nécessaire… Pour la «communauté»….
    Et aussi pour la richesse de la différence.

  12. PYL

    Mr Pelletier,

    Merci de me recentrer votre commentaire sur le sujet de votre texte. J’apprécie.

    Voyez-vous, j’apprécie le son de ceci: »Nos divisions, notre manque de solidarité sociale, fait en sorte que nous sommes devenus divisés et qu’il faut recoller les morceaux par des moyens complexes et artificiels. » Je trouve que ça sonne bien, que ça laisse évasif et que ça amène à réfléchir, mais malheureusement, je n’arrive pas à vous comprendre. Le HD serait un moyen artificiel de se recoller? De recoller quoi? Je crois que ça me prendrait un exemple concret, pragmatique de ce que vous voulez illustrer.

    ET qu’en est-il de mon commentaire sur la chaleur et la nuance de l’analogique en comparaison à l’aspect utile et rapide du numérique. Que devrait-on prévilégier?

    J’aime beaucoup le commentaire de Gébé Tremblay.

  13. PYL

    Je viens de lire votre commentaire pour Gébé.

    Je vous perds, Mr Pelletier. J’avoue ne pas vous suivre du tout. Donnez-moi des exemples concrets, SVP. Le sujet m’intéresse, mais je ne sais même plus de quoi on parle.

  14. PYL,
    Je veux dire que l’on utilise un procédé semblable à celui de la HD.
    Socialement, non nous brise, et on nous «recolle» avec toutes sortes de structures.
    Ex. Au travail, je vois alentour de moi des gens qui font des dépressions: stress, burnout, surcharge, etc.
    Il faut des moyens pour «guérir» ces maux causés par la société…
    Pourquoi ne pas améliorer le monde du travail au lieu de nous envoyer une armée de travailleurs de la santé et de médicaments?
    Donc, on fait comme les images de la HD: on la découpe et et on refait.
    On nous brise, et on nous refait par des moyens compliqués.
    Au lieu de la chaleur humaine, si on veut…
    Bonne journée!
    Je pars pour l’après-midi: travail.
    Bonne journée à vous.
    J’ai de la peine à comprendre le commentaire de Gébé. Je saisis ce qu’il veut dire. Mais c’est très abstrait.
    Je dois l,être aussi…

  15. PYL

    Et bien,

    Je perçois le commentaire de Gébé comme une réflexion sur la raison d’être du HD, parce qu’il y en a une. Je crois qu’il veut expliquer qu’à certains moments, une haute définition de l’image (d’une situation)est vraiment intéressante, tandis qu’à d’autres moments, elle est futile (mais disponible). Je fais le lien avec votre texte, car j’aime la nuance ici (que j’imagine peut-être) qui veut que ce que vous décrivez comme négatif, ne l’est peut-être pas pour tout le monde, n’importe où, n’importe quand.

    Je crois qu’il conclut et ouvre bien votre réflexion.

  16. Gébé Tremblay

    « Mais il y a tout de même des liens communs: on ne perçoit pas un chat – image, contexte, «idée» du chat, vie, et – de la même manière.
    Mais on s’entend qu’un chat reste un chat. »(Gaétan Pelletier)

    On ne s’entend vraiment que sur le terme employé pour identifier la référence à des perceptions individuelles nuancées. Ce peut être un mot ou une image, ou les deux.

    Ces références contiennent des valeurs et ces valeurs varient chez les individus. Lorsque je dit « chat » ou montre l’image d’un chat à des personnes, ils réagissent différamment. Le chat dans leur tête est ou bien doux ou chasseur, aimant ou désintéressé. Ce chat, nous le créons inconsciemment. C’est notre insconscient qui nous le propose selon ses références accumulées de notre expérience de vie personnelle.

    Nous pouvons tenter de « purifier » toutes les influences de l’inconscient pour ne conserver qu’une interprétation strictement « scientifique » « rationelle » « physique » du chat. Il chasse les souris, dort longtemps et mange. Il n’a alors plus de « sens ».

    Mais là on parle cinéma. Le cinéma comme tous les arts c’est le sens.

    La construction d’une « réalité » par les arts ou médias se fait par le sens. Il s’agit de conditionner une référence spécifique à l’inconscient afin qu’il propose ce sens à l’individu devant le mot ou l’image. C’est ainsi qu’une certaine création de réalité collective est entretenue par les médias, en effet. Elle doit parcontre être constamment entretenue, car l’inconscient est toujours actif et très créatif.

    C’est un travail titanesque d’abrutir les gens.

    La Presse a des difficultés depuis quelques temps. 🙂

  17. sopadeajo

    Pardonnez le hors-sujet: quand on confond petite taille et bassesse; les magouilles du pouvoir:

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/09/07/une-femme-dit-avoir-ete-choisie-pour-sa-petite-taille-pour-une-visite-de-sarkozy_1236686_823448.html

    Je n´ose penser que seuls les plus de 1,95 mètres pouvaient voir de Gaulle

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