De Victor Jara à Guantanamo : la même CIA (27)

Au Pakistan aussi, donc, la CIA s’active. Et ce depuis très longtemps : aux premiers temps de la lutte contre l’envahisseur russe de l’Afghanistan, elle s’entendait parfaitement avec l’ISI pour approvisionner les troupes de l’Alliance du Nord de Massoud. Puis ces liens, avec la victoire talibane à Kaboul, se sont largement effrités. Restent aujourd’hui les anciens alliés, ces fameux chefs de guerre locaux qui ont tous été arrosés de dollars et d’armes et dont la plupart, aujourd’hui, s’opposent à l’occupation de l’Afghanistan par les troupes américaines. Les voilà devenus bien encombrants et la décision de s’en débarrasser à donc été prise il y a quelque temps. Les voilà donc tous obligatoirement étiquetés Al-Quaeda. On a donc aujourd’hui un gouvernement américain, comme son collègue pakistanais pakistanais qui ont longtemps nié avoir mis en place des bases de drones tueurs chargés désormais d’éliminer un par un ces chefs de guerre passés à l’opposition. Afin de se faire plus discrets encore, les USA ont confié à la CIA cette tâche délicate, qu’elle a elle même confié à une société de mercenaires bien connue, Blackwater (devenue depuis Xe), aujourd’hui largement sur la sellette. Retour sur les méandres pakistanais, ou voyage au pays du mensonge.

Au Pakistan, on sait depuis longtemps que des drones évoluaient, malgré les dénégations de l’administration Bush et celles d’un Pervez Musharraf ménageant chêvre et chou dans son pays. Musharraf, comme je l’ai écrit, entretenait des relations troubles avec la CIA depuis très longtemps. Il avait autorisé la présence de drones sur son territoire, maintenant on le sait. Les drones, qui ont eu eux aussi besoin de petites mains pour fonctionner ou se perfectionner. Restait à savoir quelles mains exactement. Comme d’habitude, ça commence par un entrefilet dans la presse : un journal local pakistanais annonce l’arrestation d’un homme, Craig Davis, soupçonné « d’intelligence avec l’ennemi » selon le gouvernement local. Intelligence avec les talibans, à partir de l’Université de Peshawar précise-t-on. Au sein d’une entreprise déclarée comme une NGO, a « non-governmental organization » selon les registres, une société privée du nom évocateur de CAII (*1). L’homme était sur le point d’être expulsé. Il travaillait en fait pour… Blackwater (*2), qui à l’époque terrifiait littéralement les étudiants de l’Université dont elle assurait la sécurité. Quand un journaliste interroge l’ambassade US au Pakistan, sur les activités réelles de Davis la réponse est négative aucune expulsion ne serait en cours, selon elle, qui ne connaît pas de « Davis ». Ce qui sonne plutôt comme un aveu de « black opération » en cours (*3) au yeux de tous les journalistes présents.

En fait, l’ambassade pouvait très bien dire vrai : en cas de ce genre d’opérations décidées en très haut lieu, elles ne sont parfois même pas elles-mêmes mises au courant (*4). Selon un article de presse, il est pourtant fort probable que notre Craig Davis était bien en mission secrète, supportée par une toute nouvelle ambassade ayant coûté plus d’ un milliard de dollars, aidé aussi par un bon nombres d’officiers en retraite Pakistanais grassement payés (*5). Une ambassade qui en rappelle une autre, toujours pas officiellement inaugurée… un mission effectuée avec les employés de l’ambassade, assistés par un réseau d’informateurs locaux eux aussi rémunérés par la CIA ou Blackwater (*6) .Ces liens, comme le note le rédacteur attentif, ne sont peut être pas connus de tout le monde, mais seulement d’une mince frange de personnages hauts placés : le spectre de Dick Cheney hante alors toutes les mémoires (*7). Une opinion partagée par un bon nombre d’officiers de l’ISI, qui savent ce que magouiller veut dire, nos vous l’avons suffisamment expliqué ici-même je pense.

En mai dernier, poursuit notre observateur attentif, une diplomate américaine aurait même été surprise à effectuer une réunion secrète entre des diplomates indiens et des responsables gouvernementaux pakistanais à Peshawar, justement, notre reporter bien renseigné donnant même l’adresse exacte du rendez-vous. Le 12 juillet 2008, à Rawalpindi de sinistre mémoire, lors d’une réunion entre les USA et le Pakistan, les services secrets Pakistanais avaient en effet vertement fait remarquer aux américains, qui leur reprochaient leurs contacts avec les talibans, que les liens entre Karzaï et ces mêmes talibans ou terroristes indiens étaient largement plus prononcés, photos à l’appui (*8). Cette fois, c’est l’ombre de Mumbaï qui passe….Pour terminer, l’auteur de l’article évoque l’ouverture d’une base navale US au Balouchistan, que serait en train de négocier Zardari (*9)… ATarbela, en revanche, dont on vous a aussi amplement parlé, on ne sait toujours pas ce qui se manigance. Au « pays du mensonge« , tout est possible…

Que venaient donc faire les mercenaires de Blackwater au Pakistan ? Tout simplement finir ce qu’ils avaient commencé aux Etats-Unis : adapter sur des drones chargés au départ de surveiller uniquement des armes terrifiantes, telles que les missiles Hellfire thermobariques au pouvoir destructeur terrifiant, jusqu’alors tirés par les hélicoptères Apache. Léon Panetta vient tout juste d’en dénoncer le montage assez particulier pour arriver à cette procédure fort inhabituelle : ce sont bien les gens de Blackwater ayant reçu de Dick Cheney leur fameux « permis de tuer » qui ont modifié les Predator B pour en faire des armes offensives destinées à des assassinats ciblés. Pour ce faire, Blackwater avait créé sa propre division antiterroriste en Caroline du Nord, appelée Blackwater Select (*10) dont les employés furent discrétement mêlés à ceux de l’Air Force sur la base de Nellis (*11), lieu d’où étaient pilotés à distance les Predators, à Creech exactement.

Rappelez-vous donc ce que j’avais découvert fortuitement dans un reportage télévisé sur l’Irak. L’équipement des attaquants de Mumbaï était strictement le même que ceux que présentaient Blackwater en Irak. Si on y ajoute l’usage de canots pneumatiques d’un modèle utilisé par les forces spéciales de L’ISI, le schéma est complet : « De sérieux doutes, ravivés lors des attentats de Mumbaï, dont nous vous avons entretenu, en vous expliquant que le matériel saisi sur les terroristes était strictement le même que celui utilisé par Blackwater en plein Irak : même réseau satellitaire Thuraya d’Arabie Saoudite, sur base de satellites Boeing, et jusqu’aux téléphones Hughes, rigoureusement les mêmes. Dès le début du trajet des terroristes pakistanais, avant même qu’ils ne mettent le pied en Inde, leurs conversations et leur localisation étaient sûrement connues des américains. Obligatoirement, plutôt même. On le voit, le jeu politique tortueux découvert par la révélation d’une photo cruciale est éminemment complexe. Tout se passe comme si une frange de la CIA manigance depuis toujours une forme de contre-pouvoir américain, et déroule un tapis rouge large comme une avenue à ceux qui voudraient attaquer ces mêmes USA, aidés en cela par l’ISI et ses ramifications allant jusqu’à d’anciens généraux douteux, parfaitement décrits ici-même ».

L’affaire d l’implication de Blackwater a été progressivement dévoilée ces dernières semaines par le New-York Times, qui semble bien agîr sur ordre de l’administration actuellle, à la façon dont c’est savamment distillé, pour préparer le public américain au pire. D’abord Erik Prince a été accusé d’avoir été le responsable d’un employé inculpé de meurtre, mais également d’avoir avec ses avions dissimulé des armes interdites en Irak (*12), et en Afghanistan, à bord de son avion personnel, ensuite on a révélé que la CIA avait bien utilisé des gens de Blackwater, et enfin on révèle que les drones qui pratiquent l’assassinat ciblé interdit depuis la commission Church de 1976 ont été transformés par ce même Blackwater en engins de mort. Ce qui est pour surprendre, tant l’équipement utlisé est purement militaire. Ce qui n’empêche pas chez eux les bourdes pour autant, comme celle survenue le 2 novembre 2008 par défaut de chargement de missile, comme le raconte le magazine AirForces de juin dernier (*13). Les militaires aguerris auraient-ils pu commettre pareille bévue ?

Tout cela, en tout cas sonne bien comme une une attaque en règle d’un système derrière lequel se cache l’ombre d’un décideur. C’est bien Dick Cheney qu’Obama et son équipe vise à déboulonner en s’attaquant au pilier de la transgression de la recommandation Church, fondamentale, ne l’oublions pas, aux yeux de la démocratie américaine : en agissant ainsi, Dick Cheney s’est mis hors la loi, comme l’a souligné une sénatrice (*14) en tentant de passer outre la surveillance obligatoire qu’exige le Congrès depuis 1976. La prochaine étape ne pourra être, dans ce schéma, que la demande d’inculpation de Dick Cheney pour trahison devant ses pairs les Congressmen.

La CIA, au Pakistan et en Afghanistan est en train tout simplement de solder ses comptes en supprimant un par un ceux qui ont été ses meilleurs alliés depuis trente ans, et à qui elle a fourni armes et billets verts (transportés par les fameux Mi-8, voir les épisodes précédents). Avant de se retirer définitivement, on secoue les tapis et son passe l’aspirateur : aucune trace ne doit rester derrière soi. La CIA ne tue pas des « talibans » : elle tue systématiquement et un par un ses anciens alliés devenus trop encombrants. Elle l’a déjà fait par le passé, nous l’avons vu amplement ici, elle continue sur la même voie. Notamment via la base afghane de Jalalabad d’où partent les Predators cités par Léon Panetta, comme étant ceux de Blackwater (*15). Le gag de l’histoire, c’est que plusieurs sources croisés en juillet 2008 annonçaient que Ben Laden, s’il était encore en vie, devait être dans un triangle Islmabad-Khost-Jalalabad, confirmait le spécialiste Barnett R. Rubin (ici à la page »Hunting for Bin Laden – Again »). Envoyer des drones d’une base où l’homme est censé se trouver en bout de piste pour le rechercher devient un pur sommet de ridicule, mais avec la prétendue « guerre au terrorisme » nous aurons tout vu et tout entendu : hier encore c’était un ancien du staff de Bush, Tom Ridge, qui annonçait que le relèvement de la barre de menace terroriste en 2004 (*16), juste avant l’élection cruciale, avait été purement et simplement exagérée, et bien entendu intentionnelle de la part du gouvernement. Encore quelques mois, et notre homme avouera que la vidéo qui a servi, demeurée célèbre avec un Ben Laden à la barbe teintée, était un « fake » complet…. tournée dans des studios US ou remaniée à grands coups de logiciel de retouche par un studio spécialisé (bien regarder le démontage des photos, svp)…. Bush lui-même ayant reconnu en 2006 que la vidéo de Ben Laden avait joué un grand rôle dans sa réélection. Selon Walter Konkrite, depuis décédé, cette vidéo était bien un montage…. signé Karl Rove. Les aveux de Ridge, ancien gouverneur de Pennsylvanie sont extrêmement importants : or, ici, dans la presse, ils n’ont pas faits une seule vaguelette… Ridge vient de dire que W.Bush a instrumentalisé la terreur : tout le monde s’en doutait, mais maintenant on en a la preuve. Venant du meilleur soutien à McCain durant sa campagne, l’argument a un poids considérable. Ridge, lui, a fondé depuis une entreprise… de sécurité, « Ridge Global LLC », mouillée dans d’étranges contrats… Albanais. Un lobbyiste, comme l’administration Bush en a fabriqué à la pelle (ici la liste de 94 d’entre eux !). La plupart liés à l’industrie de défense US !

Parmi les derniers talibans visés par les drones, figurait surtout des anciens chefs tribaux, pas toujours des « talibans » véritables, plutôt des chefs de gangs familiaux, et qui ne sont pas non plus des inconnus. Parmi eux Maulvi Jalaluddin Haqqani, l’un des plus anciens chefs de guerre régionaux, un de ceux sur qui se sont appuyés le plus les américains dans les années 80 pour combattre les soviétiques. C’est lui, par exemple, qui avait reçu à l’époque un stock d’armes assez faramineux, offert par les américains, pour combattre les soviétiques. En fait, en bon chef tribal, il mangeait aux deux râteliers : celui de l’ISI comme celui de la CIA… Selon Charlie Wilson, désormais célèbre, l’homme avait à l’époque tout pour plaire aux américains (*17). La visite des hélicoptères russes, il a dû aussi l’avoir avant de se retourner contre les américains, une fois les russes partis. Son attaque suicide du 3 mars 2008 contre un camp américain, grâce à un pick-up piégé, revendiquée, filmée et diffusée en DVD en avait fait depuis un des ennemis jurés de ses anciens partisans et amis (*18). C’était aussi l’homme de la tentative d’assassinat de Karzaï… en avril 2008, qui n’était déjà pas pourtant en odeur de sainteté auprès des américains (certains soupçonnent donc la CIA d’avoir été dans le coup !)… ou des 41 morts de l’ambassade indienne à Kaboul. Pour l’instant il a échappé plusieurs fois à la mort, mais pas un de ces fils, tué ce 22 août (*19). Pour beaucoup, l’ouverture de la base de Jalalabad en territoire afghan lui était directement destinée…(*20).

Maintenant que l’on sait où est la seconde base secrète, on va pouvoir à nouveau se pose la question de savoir qui donc a assassiné celui qui avait découvert la toute première : un américain, dont nous avions évoqué déjà le triste sort ici-même il y a plus d’un an… L’homme, un journaliste-photographe s’appellait Hayatullah Khan. était alors âgé de 32 ans, et avait réalisé un reportage sur la mort de l’Egyptien Abu Hamza Rabia, un des cerveaux d’Al-Quaida, tué le 4 décembre 2005 dans une « explosion « , selon les pakistanais. Or, selon Khan, ce n’était ni une bombe implantée, ni une bombe lancée mais bel et bien un missile Hellfire, sans qu’un hélicoptère Apache n’aît été vu aux alentours. J’avais moi-même écrit ceci à ce propos : « En 2005, le lendemain même de la parution de l’attaque du Predator, un commando de cinq hommes enlève Kahn. On retrouve le corps du journaliste en juin 2006, six mois après seulement, criblé de six balles, un des poignets portant encore les menottes particulières qu’utilise l’ISI. Un mois avant, un représentant de l’ISI lui avait fait clairement comprendre de ne pas mettre les pieds au Waziristan. Le 16 novembre 2007, la maison de sa veuve est plastiquée. Ses cinq enfants en réchappent, mais elle est tuée par l’explosion. Il ne fait pas bon fouiner au Waziristan, semble-t-il, théâtre évident d’intenses rivalités ISI-CIA. L’ISI sait à quoi servent les Predators, mais ne peut laisser filtrer l’information de ce à quoi ils servent exactement, de peur de se voir privé des contacts avec les islamistes avec lesquels elle est toujours en liaison ». A cette date, il n’y a toujours pas eu d’explication officielle à la mort de Kahn et de sa femme. Raison d’état, on suppose. Selon les chiffres pakistanais, entrle 14 janvier 2006, et le 8 avril, 2009, 60 attaques de drones ont tué 701 personnes, dont 14 d’Al-Qaeda et 687 civils… L’assassinat ciblé ne s’est jamais autant trompé d’objectif…

Certains se demandaient aussi, il n’y a pas si longtemps si Blackwater n’était pas devenu trop gros pour pouvoir être jamais inquiété : visiblement, pour Prince, devenu l’exécuteur des basses œuvres de Dick Cheney, le vent a subitement tourné : c’est bien Prince qui va faire chuter celui qui a dirigé l’Amérique pendant des années. Cela ressemble trop à une offensive de l’administration Obama pour régler de vieux comptes : Obama a-t-il trouvé que Cheney était allé trop loin, où cherche-t-il à se disculper lui-même des dernières frappes controversées de drones au Pakistan, sévèrement critiquées par ses propres élus démocrates ? La CIA continue-t-elle seule sa folie meurtrière, en échappant au contrôle de l’administration actuele ?Le fait qu’elles n’ont toujours pas cessé à ce jour fait pencher la balance en défaveur d’Obama. S’il était autant opposé à ces frappes, il aurait déjà y mettre fin. Mais ce serait oublier une chose : celui qu’il a choisi pour diriger la CIA est aussi celui qui a travaillé avec Clinton en 1993, le président dont on a souvent tendance à oublier le laxisme vis à vis de Ben Laden… qu’il aurait pu capturer à deux reprises en 1996 et en 1998 au Soudan. Et en 2000, oùmieux encore puisque l’ un de ces fameux Predators, qui survolait le camp d’entraînement de Tarnak avait pris en photo… Ben Laden lui-même (*21). G.W. Bush n’est pas le seul à l’avoir raté : à l’époque, Clinton, il est vrai, s’intéressait davantage à un autre calibre

(1) « Pakistani security officials apparently became alarmed by reports that Blackwater was operating from the office of CAII on Chinar Road, University Town in Peshawar. The man in charge of the office, allegedly an American by the name of Craig Davis according to a report in Jang, Pakistan’s largest Urdu language daily, was arrested and accused of establishing contacts with ’the enemies of Pakistan’ in areas adjoining Afghanistan. His visa has been cancelled, the office sealed, and Mr. Davis reportedly expelled back to the United States. »

(2) « The centre of these suspicious covert operations is Peshawar, and the central organisation is Creative Associates International Inc. (CAII – as opposed to CIA), which refers to itself as an NGO on its website but on further investigation it transpires that the organisation is registered as a private incorporated company in Washington D.C – not an NGO ! A 27 July 2009 report by Sarwar and Yousafzai for Deutsche Presse-Agentur (DPA) reveals that CAII has been terrifying the residents of University Town Peshawar because of its US security guards – ostensibly from that notorious US security contractor Blackwater (now renamed Xe Worldwide) whose employees already face charges of murder, arms smuggling and child prostitution in Iraq. « 

(3). « No embassy official has been deported. » This defensive answer is similar to the guilt-induced reactions of US embassy staffers in Baghdad and Kabul at the presence of mercenaries working for US military and CIA. »

(4) « The US embassies in Baghdad and Kabul never acknowledged Blackwater’s operations in Iraq and Afghanistan either. This is part of low-level frictions between the diplomats at the US Department of State and those in Pentagon and CIA. The people at State have reportedly made it clear they will not acknowledge or accept responsibility for the activities of special operations agents operating in friendly countries without the knowledge of those countries and in violation of their sovereignty. Reports have suggested that sometimes even the US ambassador is unaware of what his government’s mercenaries do in a target country. »

(5)  « A large number of retired Pakistani military officers, academics and even journalists have been quietly recruited at generous compensations by several US government agencies. These influential Pakistanis are supposed to provide information, analysis, contacts and help in pleading the case for US interests in the Pakistani media, in subtle ways. Pakistanis would be surprised that some prominent names well known to television audiences are in this list. »

(6) « CIA and possibly Blackwater have established a network of informers in the tribal belt and Balochistan ; there have also been reports of non-Pakistanis sighted close to sensitive military areas in the country. »

(7) « Some Pakistani intelligence analysts have stumbled on circumstantial evidence that links the CIA to anti-Pakistan terror activities that may not be in the knowledge of all departments of the US government. One thing is for sure, that CIA’s operations in Afghanistan are in the hands of dangerous elements that are prone to rogue-ish behavior. »

(8) « Pakistani suspicions about American foul play inside Pakistan are not new. On July 12, 2008 in a secret meeting in Rawalpindi between military and intelligence officials from the two countries these concerns were openly aired. The Americans accused ISI of maintain contacts with the Afghan Taliban. The Pakistani answer was that normal low-level contacts are maintained with all parties in the area. NATO and the Kabul regime were doing the same thing in Afghanistan. In return, the Pakistanis laid out evidence, including photographs, showing known terrorists meeting Indian and pro-US Kabul regime officials. Was the United States supporting these anti-Pakistan activities is the question that was posed to the US military and CIA ».

(9) « Now there are reports that the Zardari-Gilani government is consulting Pakistan’s Naval headquarters on a proposal to construct a US navy base on the coast of Balochistan. »

(10) For its intelligence work, the company’s sprawling headquarters in North Carolina has a special division, known as Blackwater Select. The company’s first major arrangement with the C.I.A. was signed in 2002, with a contract to provide security for the agency’s new station in Kabul, Afghanistan.

(11) Blackwater employees assigned to the Predator bases receive training at Nellis Air Force Base in Nevada to learn how to load Hellfire missiles and laser-guided smart bombs on the drones, according to current and former employees, who asked not to be identified for fear of upsetting the company.

(12) « In their testimony, both men also allege that Blackwater was smuggling weapons into Iraq. One of the men alleges that Prince turned a profit by transporting « illegal » or « unlawful » weapons into the country on Prince’s private planes. They also charge that Prince and other Blackwater executives destroyed incriminating videos, emails and other documents and have intentionally deceived the US State Department and other federal agencies. The identities of the two individuals were sealed out of concerns for their safety ».

(13) November 2, 2008 : The USAF Predator that crashed in Afghanistan was MQ-1B 06-3167, assigned to the 451st Air Expeditionary Group and launched by an aircrew from the 62nd Expeditionary Reconnaissance Squadron. Location was at Kandahar Air Base. The UAV was asymmetrically loaded with one Hellfire missile and took off at 1 422hrs into a strong, gusting headwind. When only five minutes into the sortie and passing 1,960ft (600m), the pilot overshot his intended course, he initiated a left turn, causing the Predator to completely roll over due to aggressive input of a 45’ left roll, the wind direction and the missile on the wing. Input of a 56’ right roll failed to correct the problem and the aircraft departed controlled flight, entered a spin, crashed and caught fire. The severely damaged wreckage was subsequently shipped back to Creech AFB, Nevada. (January)

(14) « Senator Dianne Feinstein, the California Democrat who presides over the Senate Intelligence Committee, said the agency should have notified Congress in any event. “Every single intelligence operation and covert action must be briefed to the Congress,” she said. “If they are not, that is a violation of the law.”

(15) « The C.I.A. has for several years operated Predator drones out of a remote base in Shamsi, Pakistan, but has secretly added a second site at an air base in Jalalabad, Afghanistan, several current and former government and company officials said. The existence of the Predator base in Jalalabad has not previously been reported. »

(16) « The most shocking and talked about revelation was the last one where he claims he was « pushed to raise the security alert on the eve of President Bush’s re-election, something he saw as politically motivated and worth resigning over. »

(17) « Texas Congressman Charlie Wilson, who worked closely with the anti-Soviet insurgency (inspiring the 2007 Tom Hanks film « Charlie Wilson’s War »), once called Haqqani « goodness personified. »

(18) « In the 1980s, Haqqani quickly established himself as one of the preeminent field commanders. « He could kill Russians like you wouldn’t believe, » says one US intelligence officer who knew him at the time. The Central Intelligence Agency forged close links with him, and through the Pakistani Inter-Services Intelligence (ISI) agency funneled large amounts of weapons and cash his way. »

(19) Ce tir commis dans le village de Dande Darpa Khel, au Nord-Waziristan près de la frontière afghane, visait Siraj Haqqani, un commandant taliban soupçonné d’entretenir des liens étroit avec le groupe Al-Qaïda, auquel sont imputées des embuscades commises contre des soldats américains en Afghanistan.

(20) « Siting the new-drone base in Jalalabad will give US forces leverage to hit Afghan-Taliban bases, specially the hideouts of militant leader Jalaluddin Haqqani and his sons in their strongholds of Khost, Pakhtia and Paktita, which lie east of the Jalalabad town. »

(21) « In the fall of 2000, in Afghanistan, unmanned, unarmed spy planes called Predators flew over known al-Qaida training camps. The pictures that were transmitted live to CIA headquarters show al-Qaida terrorists firing at targets, conducting military drills and then scattering on cue through the desert. Also, that fall, the Predator captured even more extraordinary pictures — a tall figure in flowing white robes. Many intelligence analysts believed then and now it is bin Laden ».

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Classé dans Six de l'Hexagone, Stéphane Bouleaux

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