De Victor Jara à Guantanamo : la même CIA (29)

Et dans cette sinistre saga des méfaits de la CIA, un homme intègre émerge, employé de cette même CIA et profondément patriote. Ecouté par le pouvoir il y a quinze ans, il vit aujourd’hui comme un reclus au fond de son mobil-home, après avoir été déchu de son poste, de son salaire et de ses prétentions à des compensations pour licenciement abusif. Son tort ? S’être un jour opposé aux vues de Dick Cheney, à qui il doit entièrement le sort peu enviable qui est le sien aujourd’hui. Il avait voulu dénoncer la montée en puissance des recherches sur la bombe atomique pakistanaise, voulait avertir le monde de l’incroyable prolifération nucléaire mise en place par le docteur Khan, le père de la bombe pakistanaise…. mais il avait été mis à l’écart, pour des raisons qui défient l’entendement. Encore une fois, des raisons d’argent, le seul moteur de fonctionnement du système Cheney. Retour sur une des plus grandes escroqueries de ces dernières années, où comment un responsable choisi de s’en mettre d’abord plein les poches avant de s’occuper des dangers du nucléaire dans le monde. Il faudra bien juger un jour la terrible irresponsabilité de Dick Cheney sur la question…. et sur d’autres.

Il y a en effet aussi les cas à part. Celui d’un membre de la CIA, qu’on préférera ne pas écouter, ou plutôt que Dick Cheney, toujours lui, ne voudra pas entendre. On est en 1989 et Cheney est alors secrétaire à la défense du père de W. Bush, G.H.Bush, successeur de Reagan et prédécesseur de Bill Clinton. Il vient de commander à un dénommé Richard Barlow un rapport sur l’état d’avancée des recherches pakistanaises sur la bombe atomique. Le docteur Khan est dans le collimateur des USA depuis 1976 date à laquelle il construisait déjà des centrifugeuses à gaz dans son laboratoire secret, dont la CIA avait bien entendu eu vent. L’homme venait juste de quitter la Hollande, où il travaillait… dans une centrale nucléaire, en ayant emporté une partie de ses secrets. Treize ans alors qu’il travaille à ce projet où il faut en moyenne quine ans pour aboutir à fabriquer une bombe effective. L’imminence d’un résultat arrivait, donc : encore quelques mois et quelques crédits supplémentaires, dont Khan manquait cruellement « heureusement’ , et le Pakistan possédera sa bombe atomique. L’Inde avait fait exploser la sienne dès 1974, et tout le monde se doutait que le Pakistan n’allait pas rester longtemps indifférent à sa menace.

Richard Barlow s’est donc activé, dès son arrivée à la CIA, à chercher les armes de destruction massives pakistanaises, inquiet lui aussi de leur présence dans une région aussi peu stable (*1) : en trente ans, le Pakistan a déjà connu trois coups d’état. Barlow, au sein de la CIA est alors un homme de confiance et son travail est reconnu par ses pairs : en 1988, entré depuis seulement trois ans à l’agence, il a en effet reçu un « Exceptional Accomplishment Award » pour son travail (et l’arrestation de deux techniciens pakistanais), preuve qu’il est estimé au plus haut point par sa direction. L’homme, sur le Pakistan et la dissimulation des armes nucléaires dans le monde, fait alors complètement autorité. Consciencieusement, Barlow va donc glaner le maximum d’infos sur le père de la bombe pakistanaise, lors de colloques ou de rencontres notamment avec l’ISI, qui bien entendu protège les travaux de Khan, mais lâche parfois des indications d’autant plus facilement qu’à l’époque les services secrets des deux pays travaillent la main dans la main en armant copieusement… les Talibans, leurs meilleurs alliés communs contre les soviétiques, à ce moment du conflit afghan (*2). Une situation qui s’inversera en 1996 quand les Talibans parviendront au pouvoir, et où les Pakistanais demeureront leur alliés privilégiés et commenceront à dissimuler davantage au américains des renseignements sur la région ou sur l’état d’avancée de leur arsenal nucléaire.

Au bout d’une année d’enquête, précise et très documentée, il remet un rapport explosif, c’est le mot : selon lui, non seulement le programme nucléaire pakistanais avance à grands pas, mais en plus son responsable, qui manque d’argent pour faire avancer ses travaux et est lui-même avide d’en capter personnellement, vend déjà ses procédés aux plus offrants.. dont la Corée du Nord ou la Libye. il y a de quoi bondir et de quoi s’affoler… mais rien ne va se produire, contrairement aux attentes de Barlow : Dick Cheney va lui prendre son rapport, remercier Barlow poliment, et le faire aussitôt réécrire par pans entiers pour le proposer complètement dénaturé au Congrès. Le texte profondément remanié ne parle absolument pas de la dissémination dont Khan est à l’origine, et reste vague sur les progrès du chercheur, qui ne déboucheront sur rien de tangible, selon le rapport revu et corrigé. Le Pakistan mettra encore 9 années de plus pour arriver à sa première explosion nucléaire, en 1998. Il n’empêche, Barlow avait clairement indiqué que dans un délai de 5-10 ans, le pays aurait sa bombe, c’était sûr. Il ne se trompait pas : seul le manque de financement avait retardé la mise au point de 1989 à 1998. L’attitude de Dick Cheney était simplement irresponsable sur le sujet qui engageait le monde entier et la menace nucléaire (*3).

Barlow, ce profond patriote, très déçu et profondément choqué par l’attitude gouvernementale, n’a pas compris pourquoi au départ son rapport avait été enterré et surtout ensuite aussi intensivement remanié. Au départ, il va tout d’abord imaginer que la Guerre du Golfe première du nom en gestation le 2 août 1990 par l’invasion du Koweit par Saddam en était la cause réelle : en résumé, pensait-il de prime abord, le gouvernement des Etats-Unis avait d’autres chats prioritaires à fouetter. En 1992, alors que le conflit se termine sans que le chef de l’Irak n’ait été changé, par décision du chef de l’Etat seul, un groupe de conservateurs comprenant Paul Wolfowitz, Dick Cheney, Lewis « Scooter » Libby et Donald Rumsfeld s’active beaucoup auprès de Bush père pour « terminer le travail » : la priorité, à ce moment là reste bien Saddam Hussein en effet. Le Pakistan est bien le cadet de leurs soucis (*4). Emargeant tous dans des entreprises bénéficiant des marchés de guerre, ils n’ont aucun intérêt à ce qu’elle s’arrête aussi vite. Leur intérêt personnel prime, et ce sont les gains issus de la guerre irakienne. La menace iranienne, eux qui chercheront quelques temps après les « armes de destruction massives » de Saddam, ne les effleure absolument pas.

Mais cela ne suffit pas à lever les doutes qu’à Barlow… en fait, en décembre 1988, le Pakistan a ordonné la commande de 11 F-16 venant s’ajouter aux 40 déjà achetés en 1982. C’est le contrat Peace Gate III (*5). Or ces avions à peine vendus ont été consignés sous cocon de plastique blanc en plein désert par le Congrès, en raison des craintes sur la délivrance possible de bombes nucléaires avec ce genre d’appareil…. Barlow l’a bien compris, qui a rajouté une close dans son dossier, précisant la dangerosité d’avoir des vecteurs pareils de transport de bombes nucléaires, celle mise au point par Khan étant de toute évidence d’un format similaire aux bombes de moyenne puissances apparues dans les années 70, toutes transportables par chasseurs-bombardiers. On n’en est plus aux énormes citrouilles de l’apocalypse de 1945. Si le Congrès lit la close supplémentaire de Barlow, c’en est finit des possibilités de vente des F-16. C’est bien cela que Dick Cheney va éviter de révéler.

Car en septembre 89, justement, ce ne sont plus 11, mais 60 appareils qui sont à nouveau commandés aux USA, encore des F-16, aussitôt placés eux aussi sous cocon dans un premier lot de 17 en attendant l’autorisation du Congrès US. Le contrat est colossal : à 23 millions de dollars pièce, il y en a a pour 1,4 milliard de dollars ! En comptant dedans les inévitables pots de vin. Tous ne seront pas fournis en réalité, le Congrès devenant à nouveau réticent quelques années plus tard (*6). Finalement, en 1994 et 1996 les 11 premiers plus 17 seulement des 60 autres initialement prévus seront livrés au Pakistan, pour au total 685 millions de dollars et donc 28 appareils au final seulement (*7). Si le Congrès avait appris les progrès de l’équipe de Khan, jamais la vente n’aurait pu avoir lieu : Barlow avait été tout simplement la victime d’un sombre deal, qui sentait de loin le reversement de commissions occultes…. si fréquents dans ce genre de transaction au profit, très certainement de ceux qui avaient tant bataillé pour que la vente se fasse à tout prix. Au premier rang duquel on trouvait à coup sûr Dick Cheney. L’homme avait laissé développer une véritable terreur nucléaire dans un endroit du monde aussi fragile, dans le seul but de bénéficier personnellement de rétributions tirées de la vente de chasseurs : cela paraissait incroyable et ignominieux, et pourtant. Dick Cheney avait pris la décision de laisser disséminer la fabrication de bombes nucléaires dans le monde contre le seul appât de gains personnels. Ça semblait impensable, et pourtant : la décision de libérer la vente de F-16 dans cette partie du monde instable n’avait pas d’autre sens. Dans cette région du monde, c’était jouer à la roulette russe.

Complètement écœuré, soupçonnant fortement les rétro-commissions, Richard Barlow va confier à la presse ce qu’il appelle une trahison d’Etat…. mal lui en prend. Il est aussitôt démis de ses fonctions, et Cheney déclenche contre lui une campagne de diffamation comme on en a rarement vue. Barlow est accusé dans la presse d’être un alcoolique ou un fou, alors qu’il détenait les clés de la dissémination nucléaire de Khan, qui lui aussi au final n’aura fait que cela pour de l’enrichissement personnel et rien d’autre. Si Barlow avait été écouté, la Corée du Nord n’en serait pas au stade où elle en est aujourd’hui sur l’arme nucléaire, réalisée sur les plans de Khan, et Khadafi n’aurait pas aussi longtemps poursuivi son programme dispendieux. L’argent, maître du monde ou l’argent de quelques uns face à la folie du monde ?

Le problème Khan ne sera finalement repris en compte par Cheney, contraint et forcé, que 14 années après la remise du dossier de Barlow. En octobre 2003, un cargo allemand au nom de BBC China est intercepté par les gardes-côtes italiens renseignés par la CIA (*8) : à son bord, du matériel nucléaire vendu par Khan à Kadhafi. L’arrestation du cargo prouvait que Barlow avait eu raison, et que la dissémination nucléaire avait bien été jusqu’alors été largement minimisée par les autorités américaines. Un document étonnant montre le détail de ce qui avait été saisi à bord, et déjà les liens avec un individu très spécial. Entre temps, la Corée du Nord avait davantage avancé que Kadhafi, qui renoncera la même année que la saisie du cargo compromettant et se rangera sous le drapeau de l’IEIA. Mais on est encore à l’occupation de l’Irak, et la priorité c’est encore….Saddam, pas Kadhafi…. le cargo BBC China finira plus tragiquement en décembre 2004 en s’échouant sur les côtes d’Afrique du Sud, où il sera détruit à l’explosif. Seuls les petits malins se seront aperçu d’une chose : le BBC China et l’Artic Sea étaient frères jumeaux…. comme l’est aussi le BBC Asia... ou le BBC Greece….(ancien Hilde K) ou le BBC Baltic, L’Artic Sky, et son propre sister ship, l’Ocean Starlet, de la classe des cargos Ice Class russes… décidément fort pratiques pour dissimuler certaines choses.

Le problème révélait surtout que Khan s’était dès 1976 approvisionné partout ou presque dans le monde, avec des pays fort peu regardant sur son but final (*9). En approvisionnements, mais aussi en clients potentiels, dont tous les pays du golfe persique ou presque (*10) ! Ce qui était particulièrement inquiétant, certains ayant déjà acheté les missiles susceptibles de les envoyer en l’air ! pour le détail des livraisons pakistanaises à la Libye, qui s’est aussi approvisionnée en uranium dans des mines africaines appartenant à la France (voir ici).

Le 2 janvier 2008, alors que le Pakistan est en plein chaos, (Bénazir vient juste d’être assassinée le 27 décembre qui précédait !) le Pentagone autorise à nouveau la vente de 18 F-16 supplémentaires, tous capables d’être porteurs de bombes nucléaires. Le cauchemar de Barlow continue. Pire encore, le 24 août de la même année, une énième bombe médiatique explosait (évidemment chez nous elle n’a même pas fait le bruit d’un simple pétard). Un article du New-York Times révélait comment la CIA avait su les détails des préparatifs de Khan depuis des années : grâce à une famille… suisse de chercheurs, Friedrich Tinner et ses deux fils, tous trois largement impliqués dans la recherche nucléaire. Pendant quatre années d’affilée au moins, le trio suisse avait reçu 10 millions de dollars de la CIA pour les informer sur les progrès libyens. Via une valise bourrée de billets, la CIA payant cash bien sûr, mais pas toujours : des versements bancaires avaient bien été effectués, dans un de ces paradis fiscaux habituels (*11). Un contrat avait bien été signé entre le trio infernal et la CIA (*12).

La divulgation de cet incroyable source provoquera des remous inattendus en Suisse. Le gouvernement suisse ne trouvera rien de mieux que de détruire en effet toutes les preuves en sa possession des liens entre ses chercheurs et Khan. Trop dangereux pour la réputation de neutralité, car le pays n’a pas non plus la possibilité juridique de poursuivre les espions à la solde de l’étranger sur son propre territoire. Autant tout oublier au plus vite. Dans les documents, figurait la trace, justement, des paiements de la CIA, à partir d’une adresse aux USA située à trois blocs de maison de la Maison Blanche ! trop dangereux de le laisser traîner à la vue des journalistes, sans doute (*13). « Plus de 30 000 pages au total de documents manuscrits, plans industriels et de fichiers électroniques décrivant en détail la conception d’une ogive nucléaire ou de centrifugeuses servant à enrichir l’uranium, auraient ainsi été supprimées « pour des raisons de sécurité », afin d’éviter qu’elles « ne tombent entre les mains d’une organisation terroriste ou d’un État non autorisé ». Berne aurait en fait subi de fortes pressions de Washington qui redoutait de voir révélés certains détails compromettants de l’affaire » nous apprend le Figaro. On s’en serait douté : c’était révéler aussi que les USA avaient depuis toujours laissé filer la prolifération nucléaire…

Le père Tinner avait été approché dès les années 70 par Khan, mais c’est son fils Urs qui a été joint en 2000 par la CIA. Avec les procédés habituels pour le règlement : valise de liquide, ou payement via Traco Group International, une société écran basée sur l’île Tortola… dans les Iles Vierges. Tout cela déposé au nom incroyable de Big Black River Technologies Inc, encore un joyeux jeu de mots sur les « black ops » de la CIA. Les deux agents de la CIA se chargeant du suivi prenant les pseudos de W. James Kinsman and Sean D. Mahaffey. En 2005, le gouvernement suisse avait eu vent, averti par la Malaisie, qui suivait de près le compte bancaire des ïles Vierges, des activités de la famille Tinner et de ses liens avec la CIA, et avait demandé des explications au gouvernement Bush. Pour se faire répondre par une fin de non recevoir. « Dégagez, il n’y a rien à voir ». La CIA, ce n’est vraiment pas la diplomatie officielle, semble-t-il.

La presse française ignorera totalement bien sûr l’épisode, toute obnubilée par les frasques suisses d’un des fils Kadhafi… qui se termineront par un honteux mea culpa du pays face aux exactions réelles du fils du dictateur. Les exactions ont-elles été poussées en épingle pour ne pas avoir à parler du délicat problème de la famille Tinner ?? C’est plus que probable ! Autant intoxiquer avec du people, puisque c’est ce que le peuple demande ! Ça se terminera on le sait par une terrible humiliation suisse, mais ce n’était pas pire que celle de la révélation de la perte de la légendaire neutralité helvète…

Et comme on apprend toujours tout après, on s’aperçoit que le remue-ménage suisse de 2008 aurait déjà pu se faire en 2004, grâce au document indiqué en provenance des services secrets malaisiens, qui avaient démonté tout le réseau de Khan, dont les trois Tinners. A la tête de ce réseau figurait un Sri Lankais résidant à Dubai, Buhary Sayed Abu Tahir, qui travaillait pour la SCOPE, elle-même faisant partie de la SCOMI GROUP BHD, un groupe malaisien s’activant dans le pétrole, dont le siège est à Kuala Lumpur. D’où l’enquête malaisienne. Le BBC China saisi à Tarente, en Italie, outre les 5 containers de centrifugeuses, contenait aussi la liste des personnes impliquées. En Allemagne, c’était deux ingénieurs, Heinz Mebus et Gotthard Lerch, résidant en Suisse et travaillant pour Leybold Heraeus, une fabrique d’aspirateurs. En Turquie, Gunas Jireh, ayant travaillé pour Siemens, qui avait fourni l’aluminium, et Selim Alguadis, responsable des boîtes électriques saisies. Mais aussi Peter Griffin, un anglais travaillant à Dubaï et habitant… en France, rencontré lors de marches antifascistes à Londres ! (*14). Il avait fourni les fours italiens nécessaires pour fabriquer les tubes. Et les trois Tinner bien entendu. Au listing fournisseurs, il y avait CNC de Cincinnati, (pour ses fraiseuses modèles Lathe Hawk), CNC encore pour sa Lathe Maxica 590 en provenance de la firme Cazeneuve en France et Emco (pour sa PC Turn 155) en Angleterre, une autre fraiseuse informatisée. Tahir aurait revendu des centrifugeuses pour 1,5 million de dollars en 1994/95 à un… iranien inconnu… de 1997 à 2002, Griffin aurait fourni pour 10 millions de livres de matériel.

Pour Barlow, rien n’était fini pour autant. La vindicte à son égard de Cheney l’avait privé depuis son évincement du moindre émolument. l’homme qui aurait pu éviter la prolifération nucléaire dans le monde (*15) n’a jamais reçu son dû ni pu postuler à une quelconque retraite, malgré en 2007 un amendement proposé par le député Bingaman… dont l’article N°8 évoquait une trahison en haut lieu (*16). Retrouvé quasi « homeless » dans une caravane perdue au fond du Montana, l’homme qui voulait sauver le monde de la menace nucléaire réclamait toujours 1,8 million de dollars indus (*17) à son gouvernement, calculés sur toute sa carrière au sein de l’Etat, très loin encore des pots de vins versés pour les F-16 pakistanais. Travailler pour la CIA implique des désagréments, parait-il : Barlow y a laissé sa vie et sa réputation. Un gouvernement honnête devrait lui rendre sinon son argent, du moins sa dignité. Et celle de la CIA par la même occasion, détournée depuis 27 ans de son but fondamental : protéger le pays, et non agresser les autres.

(1) « Pakistan was the kind of place where technology could slip out of control  » dira Barlow en interview.

(2) « In Pakistan, the CIA has worked closely with the powerful Inter-Services Intelligence agency (ISI) ever since the two institutions teamed up in the 1980s to fund and direct the Afghan guerrillas. After the Taliban took power in 1996, the CIA relied on the Pakistanis for help in monitoring the regime. But the agency reportedly got little support or information from its ally in Islamabad—probably because isi was also one of the Taliban’s primary backers.

(3) « In 1989, the year Khan first started selling nuclear secrets on the black-market ; Richard Barlow, a young intelligence analyst working for the Pentagon prepared a shocking report for Cheney, who was then working as Secretary of Defense under the first President Bush administration : Pakistan built an atomic bomb and was selling its nuclear equipment to countries the U.S. said was sponsoring terrorism. »

(4) « As the first Gulf war came to an end with no regime change in Iraq, a group of neoconservatives led by Paul Wolfowitz, Dick Cheney, Lewis « Scooter » Libby and Donald Rumsfeld were already lobbying to finish what that campaign had started and dislodge Saddam. Even as the CIA amassed evidence showing that Pakistan, a state that sponsored Islamist terrorism and made its money by selling proscribed WMD technology, was the number one threat, they earmarked Iraq as the chief target ».

(5) « The 11 Peace Gate III aircraft were consequently stored at AMARC (Aircraft Maintenance and Regeneration Center) at Davis-Monthan AFB, Arizona, also known as the Boneyard. There, they were put in ’Flyable Hold’ for 5 years, during which time 85% of each aircraft’s fuel system was preserved with JP-9, and each aircraft had its engine run once every 45 days. This resulted in the curious situation that most of those aircraft now have more engine run time than air time, the latter being only 6 hours« .

(6) « In September of 1989, plans were announced by Pakistan to acquire 60 more F-16A/B’s. A contract was signed in the same year under the Peace Gate IV Foreign Military Sales Programs, for the delivery of 60 F-16s for US $1.4 billion or approximately US $23 million a piece. By March of 1994 of these planes had been built and were directly flown into the Sonoran desert where they joined the 11 Peace Gate III aircraft in storage. A further six aircraft were stored by the end of 1994, so that a total of 17 aircraft (7 F-16A’s and 10 F-16B’s) of the Peace Gate IV order are now stored. A stop-work order affected the remaining 43 planes of the Peace Gate IV contract. »

(7) « The Brown amendment later eased the restrictions on weapon exports to Pakistan, but specifically excluded the F-16s from this release. Pakistan had already paid $685 million on the contract for the first 28 F-16s (11 Peace Gate III and 17 Peace Gate IV), and insisted on either having the planes it ordered delivered or getting its money back ».

(8) « In October 2003, Italian coast guard cutters pulled alongside a German-flagged cargo vessel bound for Libya called the BBC China. Upon inspection, authorities found precision machine tools, aluminum tubes, molecular pumps, and other components for building approximately 10,000 « P-2 » gas centrifuges designed for enriching uranium to specifications required for a nuclear weapon. »

(9) As it continues to be exposed, the web of alleged Khan sponsors and suppliers is breathtaking. Starting with the stolen centrifuge designs from the Netherlands, and augmented by weapons designs from China, the syndicate also included engineering assistance from Britain ; vacuum pumps from Germany ; specialized lathes from Spain ; furnaces from Italy ; centrifuge motors and frequency converters from Turkey ; enrichment parts from South Africa and Switzerland ; aluminum from Singapore ; and centrifuge parts from Malaysia, all orchestrated from an administrative hub in Dubai.

(10) « Ongoing investigation has linked Khan to nuclear programs in Iraq, Iran, North Korea, and Libya. Additionally, published reports have identified Khan meetings with potential customers in Egypt, Saudi Arabia, Sudan, Malaysia, Indonesia, Algeria, Kuwait, Myanmar, and Abu Dhabi. »

(11) « Over four years, several of these officials said, operatives of the C.I.A. paid the Tinners as much as $10 million, some of it delivered in a suitcase stuffed with cash. In return, the Tinners delivered a flow of secret information that helped end Libya’s bomb program, reveal Iran’s atomic labors and, ultimately, undo Dr. Khan’s nuclear black market. »

(12) » In early 2003, the European official said, the Tinners and C.I.A. agents met at a hotel in Innsbruck, Austria, to discuss cooperative terms. Several months later, in Jenins, a Swiss mountain village, Marco Tinner signed a contract dated June 21, 2003, with two C.I.A. agents, the official said. The contract outlined the sale of rights that the Tinners held for manufacturing vacuum gear, and of proprietary information about the devices. In exchange, $1 million would be paid to Traco Group International, a front company Marco Tinner had established in Road Town, the capital of the British Virgin Islands, on the island of Tortola. »

(13) « The destroyed evidence, decades of records of the Tinners’ activities, included not only bomb and centrifuge plans but also documents linking the family to the C.I.A., officials said. One contract, a European intelligence official said, described a C.I.A. front company’s agreement to pay the smugglers $1 million for black-market secrets. The front company listed an address three blocks from the White House.

(14) « His relationship with Khan began in the London of punk rockers and antifascist marches. They met at Kundun, an Indian restaurant near the House of Commons in August 1977. »

(15) « Barlow was relentless in exposing what he saw as US complicity, and in the end he was sacked and smeared as disloyal, mad, a drunk and a philanderer. If he had been listened to, many believe Pakistan might never have got its nuclear bomb ; south Asia might not have been pitched into three near-nuclear conflagrations ; and the nuclear weapons programmes of Iran, Libya and North Korea – which British and American intelligence now acknowledge were all secretly enabled by Pakistan – would never have got off the ground. « None of this need have happened, »

(16) « article 8 : « Mr. Barlow’s actions revealed that certain Executive Branch officials had been withholding this information from the Congressional committees. »

(17)  « In general.—The Secretary of the Treasury shall pay,out of any money in the Treasury not otherwise appropriated, to Richard M. Barlow of Santa Fe, New Mexico, the sum of $1,800,000 for compensation for losses incurred by Richard M. Barlow relating to and a direct consequence of— (A) personnel actions taken by the Department of Defense affecting Richard Barlow’s employment at the Department (including Richard Barlow’s top secret security clearance) during the period beginning on August 4, 1989, and ending on February 27, 1992 ; and (B) Richard Barlow’s separation from service with the Department of Defense on February 27, 1992″.

Poster un commentaire

Classé dans Six de l'Hexagone, Stéphane Bouleaux

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s