Archives quotidiennes : 5 février 2010

De Victor Jara à Guantanamo : la même CIA (32)

Le chiffre révélé lui-même est assez ahurissant : depuis le 11 septembre 2001, les dépenses du Pentagone pour les opérations secrètes ont subi une augmentation de 48%, pour arriver au chiffre faramineux de 27 milliards de dollars en 2005 (*1). Les dépenses étant classées « secret défense », et donc non vérifiées, on conçoit aisément qu’elles aient pu être l’objet de convoitises et de détournements. Beaucoup se sont servis au passage. Mais on ne s’attendait peut-être pas à voir apparaître parmi eux un responsable de la CIA, un « Exdir » (pour « executive director« ) et pas des moindres : en quelques années d’ascension fulgurante, Kyle Foggo, surnommé “Dusty” par ses collègues était en effet devenu le troisième dans l’organigramme de l’espionnage US. Or, il était accusé hier (et vient juste d’être condamné aujourd’hui à 37 mois de prison) d’avoir bénéficié de cadeaux pour avoir favorisé des amis de longue date au sein de l’attribution de contrats d’équipements, et a surtout révélé un réseau politique de détournements de fonds publics au profit de quelques-uns parmi les plus haut placés. Foggo est en fait représentatif de ce qu’est devenu la CIA : une maison où l’intérêt personnel passe largement avant l’intérêt public, à l’image du pouvoir en place, et où tous les coups bas étaient permis (ce qui n’est pas sans nous rappeler l’incroyable cas Carnaby évoqué ici-même).

La carrière de ce « Dusty » résume assez bien en effet les travers d’un organisme encore plus malade qu’il ne l’était en 1976. La commission Church a bel et bien été enterrée, et ce, sans même les honneurs. Kyle Foggo a en effet démarré sa carrière à la CIA au service de la direction de l’administration, à savoir en jetant obligatoirement les yeux sur ses budgets. Dans les années 80, il voyage pas mal et se retrouve en Amérique du Sud, plus précisément au Honduras, au temps des ravages de l’ère Negroponte, ambassadeur à poigne alors dans le pays (au point d’être surnommé le « proconsul » du pays). L’homme avant de devenir secrétaire d’état adjoint de Condoleezza Rice, avait en effet joué un rôle prééminent dans la lutte contre les sandinistes, se chargeant personnellement de la supervision de l’approvisionnement en armes des « contras ». En puisant en Iran, l’affaire est connue et répertoriée. En résumé en les alimentant via les marchands d’armes connus. En 2005, ce faucon anticommuniste façon guerre froide comme il en existe encore fort peu sera nommé à la tête de la DNI, la Direction du renseignement national, un nouvel organisme chapeautant le renseignement américain. Organisme qu’il dirige conjointement avec le général Hayden, autre pro-bushiste avéré. Or cet organisme est au-dessus aussi de la CIA, ce qui explique la difficulté actuelle pour Léon Panetta à trier dans les informations que cherche constamment à contrôler la DNI… Il est évident que la DNI a été créée dans le seul but de mettre des bâtons dans les roues à un président désireux de reprendre en mains la sacro-sainte CIA… Pour Negroponte, partisan acharné de la « guerre à la terreur », on l’a déjà dit, Ben Laden était toujours en Afghanistan, là où il fallait le débusquer coûte que coûte : la politique du chiffon rouge fait partie depuis toujours du vocabulaire politique d’un tel personnage. Remplacez « communistes » par « Ben Laden », et vous obtiendrez de sa part les mêmes poses caricaturales. , « Les chefs d’Al-Qaïda sont cachés au Pakistan d’où ils revitalisent leur réseau «  déclarait alors en effet, ce Negroponte vous disais-je naguère ici même. La sentence floue laissant toutes les interprétations possibles.

Formé par Negroponte, « Dusty » ne pouvait que faire aussi bien que lui, sinon pire. En 2003, après avoir écumé l’Amérique du Sud, le voilà en poste en Allemagne. Où il brasse toute la logistique d’envoi de matériel vers l’Irak ou l’Afghanistan mais aussi vers le Soudan (en voilà un qui a dû nécessairement faire appel aux Condors ou aux avions de Victor Bout !). Via des avions gros porteurs ou via Global Transportation Systems, une compagnie d’aviation soupçonnée depuis toujours d’acheminer les éléments les plus volumineux de la CIA. Dirigée par Richard Wenzel, elle utilise en effet toute une flotte de ces fameux Ilyushin 76 décrits moult fois dans ces colonnes. Et possède également son bureau à l’aéroport de Dulles… celui de Washington.

La compagnie est largement soupçonnée de faire partie elle aussi du réseau d’avions « secrets » servant aux interrogatoires « déportés » de Guantanamo. Car dans le lot de personnes arrêtées dans l’affaire du sénateur véreux Cunningham (voir plus loin dans le texte), un autre larron apparaît : Thomas Theodore Kontogiannis, détenteur d’un nombre incalculable de société écrans décrites ici, arrêté lui-même pour avoir fabriqué de faux visas avec l’aide d’un employé de l’ambassade US à Athènes. La société tierce employée par Foggo pour les vols de « renditions » étant le Group W. Transportation, liée à un dénommé Brent Wilkes. D’après certains, d’autres sénateurs tels Tom DeLay auraient bénéficié des largesses de la même firme aérienne : logique, le groupe de lobbyistes texans de DeLay, « l’Alexander Strategy Group« , étant de tous les débats pour les attributions de contrats de défense ! En 2005, des sénateurs s’étaient émus des fréquents voyages aériens de DeLay, payés par des groupes bénéficiant de contrats d’Etat… La corruption, au plus haut niveau… déjà.

Foggo sévissait donc à Francfort, où il reçoit un jour l’ordre de se préparer à construire un peu partout en Europe, au Proche Orient et dans le Maghreb des prisons pour recevoir les prisonniers de Guantanamo, pour qu’ils y soient soumis à des interrogatoires « locaux », selon les lois en vigueur dans le pays (*2). L’homme va y développer un zèle assez extraordinaire, ayant fleuré sans doute l’argent qui devait couler à flots pour le projet. Avant le 11 septembre, le budget de son agence culminait péniblement à 7 millions de dollars. Très vite, il va tripler. Pour construire seulement trois prisons, toutes réalisées sur le même modèle et les mêmes matériaux au rabais, en provenance de supermarchés et tarifés au prix de l’or en barre. Les trois prisons terminées, Foggo voit son aura grandir auprès du pouvoir qui voit en lui l’homme docile dont il a besoin. Le voilà rapidement nommé numéro trois de l’agence nationale par Porter Goss en personne (*3) ! Un Porter Goss qui n’est pas un jeune chevreau : il a été de toutes les aventures tordues de la CIA depuis la baie des Cochons. Et déjeunait tranquillement, au titre de directeur du House Intelligence Committee (il sera nommé en 2004 à la place de Georges Tenet à la tête de la CIA), le 11 septembre 2001, avec Mahmoud Ahmad. Le responsable des services secrets pakistanais, soupçonné d’avoir largement financé un dénommé… Mohammed Atta. La suite des événements aux alentours du 11 septembre laisse en effet froid dans le dos (*4) …. Mahmoud Ahmad est resté bien proche de l’administration Bush pendant des années, et surtout au moment même où des événements que ses services ne pouvaient ne pas connaître étaient en train de se passer. Le rendez-vous le jour même du 11 septembre avec les responsables du House and Senate Intelligence Committees, le sénateur Bob Graham et le républicain Porter Goss, qui sera nommé plus tard à la tête de la CIA, n’est certainement pas dû au hasard !

En réalité, pour aller plus vite et se sucrer au passage, Foggo a complétement détourné la bureaucratie assez pesante de la CIA en s’accordant directement avec des contractants fort peu regardants. Parmi ceux-ci, l’un de ses meilleurs amis d’enfance, avec lequel il jouait au football américain : Brent Wilkes (*5), qui lui fera rencontrer Richard Wenzel, à la tête de Global Transportation. Du copinage de copinage L’enquête va en effet révéler que cela faisait des années que ça durait, et que Foggo avait véritablement depuis longtemps un comportement totalement irresponsable (*6) : Foggo était devenu un profiteur de guerre, grâce à Wilkes . La CIA, avec lui à sa tête, était bien devenue complètement folle. Le nommer troisième de l’organigramme révélait en fait l’ampleur des dégâts touchant l’agence.

Dans l’enquête le concernant, on va évidemment trouver de tout et du bien classique, comme la maîtresse obligatoire payée 100 000 dollars de salaire annuel par la CIA, et surtout ses amitiés avec ce véritable forban, Brent R. Wilkes, d’Archer Logistics, le constructeur des prisons et fournisseur d’armes pour le Pentagone (*7). L’homme avait déjà réussi un grand coup en 1995 : bien aidé par le sénateur républicain Cunningham, qui lui servait de lobbyiste appointé, il avait réussi à vendre à l’Etat américain un procédé pour automatiser l’archivage des cartes du Canal de Panama, son « Automated Document Conversion Systems (ADCS)« , un procédé qui ne marchera en fait vraiment jamais, trop bidouillé dans sa version US, mais que le Pentagone réglera jusqu’en 1999. Il n’en avait rien inventé : c’était Tom Casey le fondateur d’ Audre Inc, qui lui avait apporté sur un plateau. C’était en fait à l’origine un procédé allemand intitulé VP Max (*8), simple logiciel qui lui marchait plutôt bien, qu’Audre avait simplement customisé en anglais en lui ajoutant bogue sur bogue. On le trouve encore aujourd’hui comme complément d’AutoCad ! Trois procédés étaient en lice, l’original allemand coûtait moins cher et marchait correctement, mais c’est celui d’Audre que le Pentagone retiendra… sous pression de deux sénateurs. Outre Cunningham, en effet, un autre sénateur, Duncan Hunter, avaient vu leurs campagnes de ré-election copieusement arrosées, en échange de leurs bons services auprès des décideurs du Pentagone. Hunter n’était autre à l’époque que le directeur de l’ Armed Services Committee, chargé d’attribuer les contrats, Cunningham étant membre du jury également. Assez doué, Wilkes avait aussi créé une société de sécurité et de transport de personnalités, « Shirlington Limousine & Transportation Service » qui offrait gracieusement aux deux sénateurs transport et suite luxueuse dans un hôtel, appelé le Watergate Hotel, ça ne s’invente pas….. Pour cela, le Homeland Security lui avait accordé 21 millions de dollars de contrats ! Evidemment, il manquait encore un élément me direz vous : les prostituées. Non, Wilkes avait bien pensé à tout, il fournissait aussi à la demande des « escort-girls » dont a aussi bénéficié Foggo… et les deux sénateurs républicains corrompus. Parmi les agences contactées, celle de DC Madam. Autre scandale Bushien. Elle avait menacé de révéler 10 000 numéros de téléphone collectés pendant 13 ans d’activité et ses 132 « hôtesses »… De quoi faire tomber plus d’un parti politique !

En 2002, la firme de Wilkes se voyait attribuer le marché de la livraison des traditionnelles bonbonnes d’eau de bureau et les indispensables bouteilles pour l’Irak et l’Agfhanistan (*9) : un marché colossal et fort juteux. Or Archer logistics n’avait aucune expérience dans le domaine et aura dû tout inventer au jour le jour, pour un contrat de 2 à 3 millions de dollars… surévalué, bien entendu, mais que la CIA réglera rubis sur l’ongle. Bien entendu, Foggo en recevra de Wilkes une quote-part assez conséquente. Le copinage démarré au temps de la Fac (*10) rapporte….au total, Wilkes aura pompé 90 millions de dollars au Pentagone a-t-on évalué… grâce surtout à Cunningham et à Foggo. Bien sûr, les soldats américains recevaient en même temps l’interdiction d’utiliser l’eau du robinet, jugée non potable, ce qui, vu l’état déplorable du réseau du pays n’était pas faux non plus… La manne était gigantesque…. tout aura été bon dans ce conflit pour faire de l’argent, tout…. Les bouteilles d’eau on les retrouvera donc partout, données en cadeaux aux enfants ou parachutées des énormes C-17 sur des palettes géantes, à en disséminer un peu plus partout.

Le 20 février 2008, notre homme a quand même hérité de 12 années de prison pour corruption, Cunningham ayant été un peu plus épargné en 2005 en acceptant de plaider coupable pour avoir reçu de 2 à 3 millions de dollars en cadeaux divers, dont une maison achetée plus chère que sa valeur par Wilkes, l’usage d’un yacht et… de deux prostituées. Il avait été condamné à 8 ans, le 4 mars 2006. De tout cela, de cette corruption sur les fournitures à l’armée américaine ou la corruption spectaculaire de la CIA, rien dans la presse française, malgré un dossier plus que chargé. A croire que seuls les combats en Irak ou en Afghanistan comptent. Le 26 février 2009, Kyle Foggo, troisième personnage de la CIA, donc, se voyait assigner lui plus de trois années de prison dans l’indifférence générale des médias européens, y compris allemands. Le 12 février, Léon Panetta venait juste d’être confirmé par le Sénat US à la tête d’une maison qui a visiblement besoin d’un sérieux coup de balai pour en déloger la corruption qui y règne. Depuis longtemps maintenant. Au point d’être remontée jusqu’au numéro trois de l’agence, sans que la presse ne crie vraiment au scandale pour autant : autant Fox News avait insisté sur les mensonges, autant elle et les autres chaînes feront l’impasse sur le sujet. La gangrène au sein de l’agence était pourtant évidente ! L’homme qui était responsable de la construction des prisons où l’on avait torturé (notamment en Roumanie, en plein Bucarest (*11) !), était jeté lui-même en prison dans le Kentucky !

Aux dernières nouvelles, le scandale continue : Le 9 octobre dernier, on apprenait que Brent Wilkes venait de gagner son procès en appel et avait été libéré contre 2 millions de caution, en attendant son jugement définitif le 9 avril 2010… décidément, Wilkes et Foggo ne sont qu’un des éléments d’un immense puzzle de corruption et de profiteurs de guerre, mêlés à des trafics divers, dont celui de drogue et de prostitution. En dépliant encore l’écheveau on tombe sur un méli-mélo remontant à loin déjà, et mêlant des gens déjà croisés ici-même. Une théorie à propos de l’infortuné Carnaby voudrait que le jour de son décès à Houston il cherchait aussi à aller prévenir DC Madam de l’imminence de son exécution. On la retrouva pendue dans l’appentis derrière la maison de sa mère, à Tarpon Springs, en Floride. Une de plus dans le placard plutôt fourni de l’équipe Bush-Cheney. Elle venait quelques semaines auparavant de révéler les pratiques sexuelles de certains des clients de ses call-girls, des gens très haut placés (*12). Foggo, qui travaillait désormais à Houston, avait-il engagé Deborah Jeane Palfrey pour manipuler le sénateur Cunningham ? C’est très probable ! La première victime de Palfrey ayant été le responsable d’USAID, qui avait eu recours lui-même à des prostituées au même moment où son organisme faisait campagne contre l’esclavage sexuel et la prostitution ! Le lendemain où le scandale était paru, Randall Tobias avait eu son nom effacé de tous les sites officiels où il figurait. Il avait aussi été à la tête d’un organisme contre la prolifération du SIDA, dans lequel il fustigeait la prostitution (*13).

Non, dans le lot, il n’y en avait pas un pour racheter l’autre. DC Madam avait été laissée libre en attendant son procès mais devait porter un bracelet électronique… qui permettait de la localiser facilement… et de choisir l’endroit discret pour s’en débarrasser, diront les méchantes langues. Parmi ses clients, un seul avait accepté de révéler son nom (dénoncé par DC Madam) : Harlan K. Ullman. Ancien de la Navy, le consultant privilégié du Pentagone, qui avait hanté tous les studios de télévision car c’était l’inventeur du concept de « Shock and Awe« , la Blitzkrieg hitlérienne dotée d’un nouveau nom américanisé, des attaques phénoménales par bombardement, déclenchées dans le seul but d’assassiner Saddam Hussein aux premières heures de la guerre. Des frappes toutes imaginées par un étrange individu, Marc Garlasco, à l’étrange parcours… Etrange et fort malsaine filiation. La CIA savait obligatoirement tout de la mise en place de ces attaques de l’Irak avant qu’elles n’aient pu se produire, grâce aux confidences sur l’oreiller : on nage bien en plein James Bond…

(1) « Classified Pentagon spending has increased by nearly 48% to about $27 billion since the Sept. 11, 2001, terrorist attacks. Some of that money went to companies such as MZM, which provides computer systems and analysts for intelligence programs. « 

(2) « By that time, Foggo was the top logistics officer for the CIA in Frankfurt, Germany, overseeing supply shipments to CIA operatives throughout Europe, Africa and the Middle East. »

(3) « During his tenure in Frankfurt, he met Representative Porter J. Goss, a Florida Republican who became C.I.A. director in 2004 and elevated Mr. Foggo from relative obscurity to the agency’s chief operating officer, the No. 3 job at the agency. « 

(4) « Schedule of Pakistan’s Chief of Military Intelligence Lt. General Mahmoud Ahmad, Washington, 4-13 September 2001 :

Summer 2001 : ISI Chief Lt. General Mahmoud Ahmad transfers $100,000 to 9-11 Ringleader Mohamed Atta.

4 September : Ahmad arrives in the US on an official visit.

4-9 September : He meets his US counterparts including CIA Head George Tenet.

9 September : Assassination of General Massood, leader of the Northern Alliance. Official statement by Northern Alliance points to involvement of the ISI-Osama-Taliban axis.

11 September : Terrorist Attacks on the WTC and the Pentagon. At the time of the attacks, Lt General Ahmad was at a breakfast meeting at the Capitol with the chairmen of the House and Senate Intelligence Committees Sen Bob Graham and Rep Porter Goss. Also present at the meeting were Sen. John Kyl and the Pakistani ambassador to the U.S., Maleeha Lodhi.

12-13 September : Meetings between Lt. General Ahmad and Deputy Secretary of State Richard Armitage. Agreement on Pakistan’s collaboration negotiated between Ahmad and Armitage. Meeting between General Ahmad and Secretary of State Colin Powell

13 September : Ahmad meets Senator Joseph Biden, Chairman of the Senate Foreign Relations Committee ».

(5) « In June 2003, Foggo introduced Wilkes to Richard Wenzel, head of Global Transportation Systems, a cargo carrier that does contract work for government agencies »

(6) « In sharply worded court papers filed in advance of the sentencing hearing, prosecutors portrayed Wilkes as a debauched « war profiteer » and « overgrown frat boy » who plied Cunningham — a « broken old soldier » — with prostitutes and other temptations in exchange for lucrative contracts for Wilkes’s company, ADCS Inc., scanning documents for the Defense Department ».

(7) « According to past and present CIA officials interviewed over the past month, CIA executive director Kyle « Dusty » Foggo—whose career duties have encompassed letting CIA contracts—has had a long, close personal relationship with two contractors identified (though not explicitly named) in court papers as bribing Cunningham : Brent Wilkes of the Wilkes Corp., whose subsidiaries include defense contractor ADCS ; and former ADCS consultant Mitchell Wade, until recently president of defense contractor MZM, Inc. It is a relationship, the CIA officials say (with some putting a particular emphasis on Wilkes), that has increasingly been of concern. »

(8) « The Pentagon rated VPMax as faster, easier and cheaper than Audre. VPMax cost $6,035 per unit, compared with $11,479 for Audre’s PC system and $29,950 for its Unix system ».

(9) « One of Wilkes’ companies, Archer Logistics, won a contract to provide bottled water, first-aid kits and other supplies to CIA agents in Afghanistan and Iraq. The company had no previous experience with such work, having been founded a few months before the contract was granted. With more than 10,000 soldiers and support staff at Kandahar Airfield, the multinational base that serves as home to most of Canada’s 2,500 troops in Afghanistan, that works out to nearly 22 million bottles of water a year. It offers entrepreneurs a profitable opportunity and is a niche that several Afghan companies have exploited ».

(10) « According to several of the officers interviewed for this article, Foggo and Wilkes have been friends since at least their college years at San Diego State University in the 1970s, where they were roommates. According to several regulars at Washington’s Capital Grille, the two jointly lease one of the restaurant’s private wine lockers. »

(11) « Information toujours démentie par le gouvernement roumain : “The Romanian Intelligence Service has no information or data regarding the statements published in the online edition of New York Times on August 13, 2009,” intelligence service officials said. The Romanian Senate voted in April 2008 to approve a report of an investigation commission which stated Romania did not host CIA detention centers or secret American bases. »

(12) « Dusty Foggo had an office in Vienna, also in Dallas where this scheme began in Tx then came to Houston where I lived. Foggo & Palfrey provenly Sextorted U.S. Congressional Armed Forces committeeman Rep. Duke Cunningham to manipulate and profit from the war. This is when U.S. DA Carol Lam was fired ».

(13) « The Congress I think very appropriately has put into the legislation that created this program that organizations, in order to receive money, need to have a policy opposed to prostitution and sex trafficking. I don’t think it’s too difficult for people to be opposed to prostitution and sex trafficking, which are in fact two contributing causes to the spread of HIV/AIDS. »

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Classé dans Six de l'Hexagone, Stéphane Bouleaux

De Victor Jara à Guantanamo : la même CIA (31)

Les opérations de la CIA en Irak, notamment, ont suivi les aléas de la politique bushienne. Après les attentats à la voiture neuve ou récemment volées purement américaines, les mercenaires pris en flagrant délit de tirer sur les troupes US ou de ne pas surveiller comme il se devrait les dépôts de munition, voici venir le temps de la désinformation contre l’Iran. On le sait, l’Iran soutien ouvertement dans le pays la partie chiite. Selon les américains, un soutien qui ne serait pas que verbal : des munitions iraniennes seraient transmises aux insurgés en Afghanistan, mais aussi en Irak via la Syrie, qui serait la grande pourvoyeuse d’IEDs, ces terribles pièges à véhicules bricolés à partir d’anciennes munitions, notamment des anciens obus. Très certainement, en effet, l’Iran y participe : mais le problème, c’est qu’à ce jour les preuves découvertes se sont avérées fort minces, révélant que soit l’Iran se débrouille parfaitement pour ne pas se faire pincer dans un trafic qui ruinerait un peu plus sa diplomatie, soit les troupes américaines ne sont pas assez douées pour en trouver…. à partir de la deuxième constatation a inéluctablement germé dans certains esprits de la CIA l’idée d’en trouver, des preuves, quitte à les fabriquer si besoin était (chez d’autres aussi, mais de cela on en reparlera plus longuement bientôt). Retour sur l’étrange circuit des obus de 107 mm, une grande spécialité iranienne, chinoise, et… finalement aussi américaine, et sur les multiples tentatives avortées d’impliquer l’Iran dans la fourniture d’armes à la résistance irakienne. Une manipulation avortée qui sonne étrangement à lire l’actualité récente.

Le 17 juillet 2007, en Irak, les américains exhibent à la presse des obus de 107 mm en parfait état, quasi-neufs, la peinture à peine écaillée, avec photos de leur installation à l’appui (des photos qui en évoquent d’autres toutes récentes !). Selon eux, ils constituaient les préparatifs de tir contre une base américaine qui aurait été déjouée, de bien étrange manière à vrai dire. La veille, des obus étaient tombés sur la base du « Besmaya Range Complex », où est installée la « 3rd Heavy Brigade Combat Team ». Le lendemain, un Predator envoyé en maraude aurait découvert sagement alignés tout un lot d’obus, fraîchement déposés sur leur rampe de tir artisanale. Une rampe souvent constituée de deux cornières en V avec entre deux un simple cric de voiture pour régler la hausse du tir : deux cornières, un cric et voilà en effet un rail modulable de lancement ! Et ce n’est pas ce qui manque en effet ! Mais cette fois pas de cric, mais une vis et un support en T à deux barres sur le sol. Bref, un peu moins artisanal dirons-nous. Il est vrai que cela tombait bien, mais qu’aussi les circonstances étonnantes de la saisie prêtaient tout de suite à confusion. L’un des responsables US avait affirmé que la veille, déjà douze obus avaient été tirés de la même façon… au même endroit. On voit mal des terroristes refaire de même au même endroit, mais bon… les photos étaient bien là pour dire le contraire. Et les obus sagement alignés bien neufs aussi. Voilà qui ferait un bon reportage télévisé sur l’implication iranienne, si les obus découverts l’étaient. Selon les américains, il s’agît bien d’obus iraniens. Fraichement peints, les obus, notent les observateurs. Comme d’autres, vus récemment.

On y distinguait clairement des tâches blanches sur ces obus à l’allure de neufs, qui étaient les traces de colle des déclencheurs électriques à distance. Le genre de chose, qui une fois posé, ne se retire pas, pourtant, mais bon : les services de déminage sont passés entre temps, se dit-on. On ne met donc pas en doute la version officielle… pour l’instant. Quelques semaines plus tard, nouvelle et étonnante découverte. Le 6 août 2007, les américains investissaient une maison du Nord Nahrawan… et tombaient sur des cassettes vidéos, racontent-ils. Sur une des vidéos, les préparatifs en direct de lancement de 34 rockets de 107 mm et de 230 mm (pesant 32 kilos chacune et venant de Chine cette fois, manipulées par 2 hommes !), en provenance directe des « insurgés » paraît-il, qui se seraient filmés en train de tirer. Le scoop ! Des terroristes en survêtement et t-shirts s’affairant à leurs préparatifs de lancement ! Quelle aubaine ! Aussitôt, une deuxième vidéo montrée à la presse offrait l’autre côté des choses, vu du coté américain, à savoir la la saisie vidéo en provenance du Predator déjà cité, qui donnait à l’écran les coordonnées exactes de la zone de lancement. Un emplacement qui était donc bien le même que celui visible sur la première vidéo des terroristes semblait-il.

Le scoop parfait, donc, ces deux vidéos qui se recoupaient : d’un côté les américains survolant le site, de l’autre les tireurs se filmant eux-mêmes ! Des terroristes filmés en plein tir sur une base américaine ! Evidemment, à la rédaction de FoxNews la nouvelle ne fait qu’un tour, ce 9 août 2009 : « l’Iran fournit des armes à Al-Quaida« , clame illico la chaîne ! Et ces vidéos en sont la preuve ! Fox mélangeant un peu roadside bombs et obus de 107mm, se trompant de format en ignorant les 230 mm et en affirmant que les « ’IEDs qui ont tué 23 de nos soldats ce mois-ci proviennent de l’Iran », mais bon.. on n’allait pas demander à une chaîne qui a toujours menti d’être soudain précise… (à part sur le nombre de soldats US tués !). C’était sûr, puisque Fox l’avait dit…

Le 4 décembre 2007 encore, les forces Kazakhs du camp Delta se voyaient remettre 14 obus similaires par la police irakienne, découverts dans une autre cache. Les mêmes obus que ceux trouvés six mois avant, fabriqués à la même époque, car provenant du même lot. Sur un agrandissement de la photo, on distinguait en effet le N°593, du lot 340 (les 14 semblant du même lot 340). Le 16 février 2006, une autre cache encore avait été découverte, contenant des obus, dont trois avec des fusées de proximité cette fois : encore des obus « chinois », selon les caractères peints dessus. Le problème, c’est qu’ils pouvaient vent très bien être Nord-Coréens, ces obus, car pour les américains, tout de qui est symboles asiatiques est « chinois ». Des obus, et avec eux des fusées MD-21 RF (encore un détonateur… chinois), typiques de ce genre d’engins. Permettant aux obus d’éclater en l’air et non à l’impact. Aux effets dévastateurs sur un camp de toile ou de préfabriqués, par exemple. En tout cas, des obus, on en trouvait suffisamment semble-t-il en Irak pour donner des idées à certains.

La presse, alertée par l’armée, se voyait alors confier la mission de répandre l’idée comme quoi ces obus neufs, fraîchement repeints, découverts en 2006 ou début 2007, bien que marqués en anglais et non en farsi, étaient bien des obus iraniens. Cela, et les bombes de bord de routes si meurtrières « d’un nouveau type« . Evidemment, la première chaîne à sauter sur le scoop de l’année est FoxNews qui met le phénomène en gros titre et en fait ses choux gras pendant une paire de jours, on vous l’a dit. En affirmant aussitôt également que « la vidéo sort au moment où les officiels du gouvernement chargent l’Iran de l’envoi de bombes de rues sophistiquées utilisées dans 99 attaques ces dernières semaines. » Des bombes de rues en forme de bricolage avancé, plutôt, jouant sur la déformation de pièces de cuivres rondes pour devenir des armes au pouvoir perforant époustouflant : rien de manufacturé, véritablement, rien d’industrialisé, plutôt l’aboutissement de plusieurs années d’usage de mines détournés et de lectures sur les engins perforants. Rien qui permette de dire que ce soit une fabrication « iranienne » en tout cas. A part chez Fox News, bien entendu, le relais direct de la propagande officielle. Des bloggeurs facétieux s’en donnent alors  à cœur joie, pour moquer les certitudes de la Fox. Des engins meurtriers, pourtant, que ces bombes, impossibles à détecter à moins de récepteurs-brouilleurs ou de détecteurs à rayons X.

Manque de chance pour les militaires, la presse ne suivra pas cette voie un peu trop dictée à son goût. A part Fox News, personne en effet ne relaie l’info : les autres médias ont-ils senti le « fake », le montage complet d’une opération de contre information menée par la CIA ? Très certainement : les journalistes possèdent en effet des archives… et dedans des choses assez précises pour mettre sérieusement en doute ce que voudrait à tout prix lui faire avaler le Pentagone et la CIA. Une campagne de désinformation voulant à tout prix impliquer l’Iran a bien été tentée, mais des journalistes l’ont vue venir de loin : dès février 2007, Milan Ra en avait fait un bilan accablant. Et citait la BBC, qui dès le 10 janvier 2006 avait elle aussi déjà flairé l’intox. En janvier 2007 on en était en effet au paroxysme de cette manipulation : tous les médias US criaient alors ensemble à la « subversion » iranienne. Mais cette fois, personne n’avait envie d’embrayer de la sorte. En fait, l’administration Bush se cherchait un prétexte à un intervention armée, et il lui fallait à tout prix trouver des excuses à défaut de trouver des raisons véritables de lancer l’offensive (voilà qui n’est pas sans rappeler les circonstances de la saisie récente d’un cargo par Israël) !

Quitte à les fabriquer, les preuves, une vieille tradition américaine depuis l’affaire de l’attaque du Golfe du Tonkin, restée dans les annales militaires. Une basse provocation orchestrée par Lyndon Johnson en personne, le 4 août 1964. Un mensonge évident, comme quoi le mensonge est une arme traditionnelle en politique extérieure aux USA, et G.W.Bush ne faillit pas à la tradition. L’épisode des « vedettes iraniennes » en janvier 2008, puis celle du crash d’un B-2 le 22 février suivant allait démontrer qu’on en était tout prêt en effet. Et que la CIA orchestrait le bal des médias en montant le plus possible la sauce anti-iranienne dans le public américain !

Et ceci pour les roquettes comme pour les IEDs : des journalistes anglais vont ainsi découvrir que les IEDs décrites sont d’un modèle qu’ils connaissent hélas très bien : c’est le même « design » que celles de l’IRA. A déclenchement par infra-rouge et non par téléphone. Une technologie de l’IRA partagée, explique The Independant, entre les Farcs, les basques et le Hezbollah… pour arriver en 2006 en Irak. Rien encore d’iranien, mais au contraire des vieilles recettes… irlandaises. Les « nouvelles bombes » n’ont donc rien de neuf. Vieilles bombes et… vieilles recettes également question désinformation : car les journaux ont tous reçu au même moment des explications sur les armes portant la mention « source inconnue« , et accusant…. l’Iran. La répartition unilatérale et aux mêmes dates à pratiquement tous les médias sentait la désinformation : deux ou trois coups de fils entre eux plus tard, ces mêmes médias en avaient acquis la certitude. On avait bien tenté de leur fourguer une fable rédigée de la même façon. Toutes les rédactions avaient reçu le même texte (même chose pour le Francop des israéliens) ! Très vite, également, la source principale de renseignement avait été décelée : il s’agissait du Major General William Caldwell, l’homme qui avait appelé un par un tous les journaux qui avaient reçu le même message en « parlant sous le sceau de l’anonymat ». Caldwell n’étant autre que porte-parole des forces coalisées sur place… le scandale de la tentative de propagande de Caldwell éclate dès février 2007. Il y a bel et bien eu tentative d’intoxication de la presse par l’armée américaine !

Un fin observateur de l’Irak et un mercenaire lui-même, Feral Jundi, notait aussi que les dernières « nouveautés » en Irak, en juillet 2008, question bombes, étaient des IRAMs (pour « Improvised Rocket Assisted Mortars »), à savoir des mortiers faits de bouteilles de propane remplies d’explosif propulsées par des rockets de 107 mm, qui ne faisaient que reprendre les mortiers  Mark-10 de l’IRA de 1994 tirant leurs « barracks busters ». Encore une fois, un matériel improvisé et non industrialisé (et donc sans rapport avec l’Iran). Utilisant le phénoménal stock d’obus de 107 acheté par Saddam à à peu près tout le monde… y compris aux américains, via… la CIA. Le LongWarJournal en produisant un cliché de ces « flying IEDs » : un camion incendié, dont le plateau contenait 14 lanceurs, retrouvé à une centaine de mètres de l’objectif atteint par le tir dévastateur… qui avait fait 16 morts et 29 blessés le 4 juin 2008 à al-Shaabi, une faubourg de Bagdhad. L’objectif visé, la base du « Combat Outpost Callahan » étant resté hors de portée de l’engin qui semblait avoir explosé prématurément. Evidemment, pour le LongWarJournal, les obus de 107 mm étaient « iraniens »…. portant les numéros de lot 328, produits en 2005 cette fois. Des indications plutôt d’origine… chinoises, portées par des obus couleur vert olive.

Mais l’armée américaine est têtue, et son gouvernement davantage encore. En septembre 2007, une fois de plus, on recommence la même opération : cette fois elle semble être une initiative personnelle : celle du général Bergner (*3), le commandant de Camp Victory qui venait d’être bombardé en annonçant un perte en vie humaine et onze blessés, qui affirmait sa certitude qu’ll » allait montrer dès le lendemain les fragments d’un des obus de 240 mm » reçu, « avec les marques iraniennes visibles. » La presse attendra cette confirmation jusqu’à une nouvelle attaque, le 12 octobre, où le général Bergner effectuera promptement machine arrière, annonçant qu’il n’y avait pas de traces visibles sur les derniers tombés, sans plus évoquer les précédents… et ne même plus citer de 240 mm, mais simplement des 107 mm, l’engin plus « traditionnel » (le 240 mm doit être manipulé à deux hommes, il se fait donc plus rare chez les « insurgés ») dans la région (*4).

La politique d’agressivité envers l’Iran avait-elle changé entre temps pour faire revenir ainsi en arrière Bergner ? Même pas : c’était plutôt l’inverse : ce sont les journaux qui en avaient eu assez de se faire régulièrement mener en bateau. Les revirements et les atermoiements américains pour trouver des preuves « irréfutables » avaient tellemenent échaudé le monde médiatique, que l’information ne passait plus du tout, fin 2007, au grand dam de la CIA, qui voyait tous ses efforts de fausses vidéos et de peintures d’obus tomber à l’eau. Toujours est-il que plus personne n’osait titrer désormais sur la découverte de « preuves » de l’implication iranienne : après plusieurs tentatives gouvernementales de propagande, les médias n’écoutaient plus les sirènes Bushiennes, tout simplement. A force de mentir, on devient peu crédible, c’est bien connu. Là, ça avait duré une bonne année au total !

Pendant ce temps, on en trouvait encore des roquettes, pourtant, un peu partout en Irak. Le 22 mars 2008, quatre engins étaient découvertes à Hillah. Toujours du lot 340, décidément, et deux du lot 346 : on continue sur le même stock de 2007. Le 13 Avril 2008, sept autres obus chinois avaient été découverts à Abu Thayla, toujours par la fameuse 3rd Brigade Combat Team, de la 3rd Infantry Division. Le 17 avril, près de la Base Falcon (surnommée Camp Kalsu), à West Rashid, 18 roquettes de 107 et 20 supports en cornière seront découverts. Certaines roquettes étaient encore empaquetées : or elles étaient chinoises et non iraniennes, et leur façon de se présenter n’était pas sans nous étonner. L’empaquetage beige ressemblait comme deux gouttes d’eau à la peinture de celles saisies à Thayla ou à celles montrées à la presse. Trop neuves pour être honnêtes ? Leur emballage papier était beige, et reprenait exactement le décorum des obus présentés comme iraniens… Les emballages papier auraient-ils constitué des modèles parfaits à peindre ou à recopier ? On note un numéro de lot, le 346, et la date de 2006, dessus. En 2007, on avait déjà présenté ces roquettes de 107 beiges mélangées à des vertes comme étant déjà des iraniennes…. (ici en lot 328 datant de 2005 !). Au total, une différence existe : les roquettes chinoises de l’Irak sont plutôt récentes, en général, à l’inverse de celles de l’Afghanistan, où les roquettes de 107 chinoises ne manquent vraiment pas. Des vertes, les anglais en ont trouvé aussi dès 2001, près de Bagram, empaquetées ou disposées en IEDs, ou encore dans leurs caisses.

A une époque, en effet, celle des russes, là-bas, les stocks se vendaient à ciel ouvert…. Les chefs tribaux venaient s’approvisionner comme au marché du coin ! Les 107 mm étaient également fort répandus chez Massoud… plusieurs de ses anciens collègues étant désormais passés dans le camp des Talibans avec leur stock abondant d’armes : celui offert par les USA lors de la guerre contre les russes ! Dans un papier du TimesOnLine, on distingue parfaitement dans la vidéo jointe les tirs de 107 mm à 1’29 du début, avec dans la foulée un Stinger « des armes offertes par l’Ouest » (comprenez les USA !) indique le commentateur : or ce sont bien les mêmes obus qu’aujourd’hui, tirés à l’époque par les soldats de Massoud ! Bref, tout le pays regorge d’obus de toutes sortes, mais celui de 107 autopropulsé (c’est une roquette donc) est bien le plus répandu, car facile d’emploi (sur les vidéos on le lance sans affût, posé sur deux pierres !) et il a bien été acheté en masse… par la CIA pour être offert aux troupes de Ben Laden, alors allié contre les russes… Les israéliens ayant acheté les leurs aux… iraniens, lors de l’affaire des « contras » ; et envoyés à Somoza (ils lui enverront 9 Cessna armés et 2 hélicoptères !). Le tout envoyé par… container, sur les bateaux de l’EATSCO Shipping Lines.

Des obus de ce type, ce n’est vraiment pas ce qui manque en effet dans la région. Les stocks de Saddam Hussein en Irak s’ajoutaient à ceux de Ben Laden en Afghanistan, fournis par les Etats-Unis, achetés par la CIA selon les lois du marché : à savoir parfois à… l’Iran, qui revendait les obus chinois après les avoir simplement repeints : en résumé, les stocks assez conséquents découverts ici et pouvaient très bien être ceux qu’avaient acheté les USA pour Ben Laden, fraîchement repeints ! Le 13 janvier, la 1st Brigade Special Troops Battalion, 82nd Airborne Division avait découvert 21 autres roquettes prêtes à partir à Suq Ash Shuyuk. Des roquettes visiblement toutes chinoises d’origine, parait-il, de type 63. Mais le plus beau lot découvert fut celui saisi près de Kandahar, où des roquettes, chinoises, toujours, peut-être acheminées via l’Iran ou revendues par l’Iran, furent découvertes dans un endroit inattendu. Entassées au fond d’une piscine, au beau milieu de l’ancien camp d’entraînement de Ben Laden…. Et donc achetées à l’époque par la CIA, ou sur les fonds d’Arabie Saoudite, au profit d’Al Quaida.

Repeintes à neuf, siglées en américain et non en farsi.. elles auraient pu faire les roquettes idéales montrées à la presse comme étant « iraniennes » (justement cette fois, comme on l’a indiqué un peu plus haut) ! Une fort belle saisie que cette piscine pleine, à vrai dire : 11,4 tonnes d’armement en tout, pour 1 801 obus de 107 mm, 36 mortiers de 120mm et 85 640 balles de petit calibre (moins de 30). Des obus, il y en avait de deux apparence sur place : les plus récentes peintes en vert olive, les plus anciennes en gris clair ou en vert foncé. Un reportage sur les Green Berets démineurs du National Geographic  » Inside the Green Berets » avait montré de près un de ses obus enterrés (à partir de la 28eme minute du reportage), qui proposait visiblement deux couches au moins de peinture, grise et vert cette fois. Tous ces obus-roquettes ont visiblement eu plusieurs vies, et sont passées entre plusieurs mains ou plusieurs pays, au point que la date qui figure dessus devient anecdotique. A l’époque, l’expert des armées venu sur place, le Major Marty Weber confirmait que tout le lot était bien chinois, et que l’Iran en avait acheté lui aussi, et « les avait simplement repeints pour les mettre ensuite sur le marché des ventes parallèles. » Bel aveu ! Et incroyable bourde (*5) : l’un des généraux révélait que les obus dits « iraniens » étaient chinois, et revendus par la bande à tout le monde, y compris aux USA lors de l’affaire des contras ! Le pays, donc, où s’était approvisionné la CIA, pour éviter les collusions trop visibles entre un Etat et un terroriste entretenu par cet Etat. Weber ajoutait aussi que les Talibans, eux aussi, avaient acheté en « open market » des munitions d’origine Chinoise, Yougoslave et Pakistanaise…. pour déminer au plus vite la possible bourde qu’il venait de commettre. Celle annonçant que les obus de la piscine de la Tarnak Farm auraient très bien pu être… iraniens, et achetés jadis par les américains, via la CIA… Encore un qui aurait dû se taire… ou aurait mieux fait de le faire. N’est pas Lyndon Johnson, menteur en chef, qui veut…

Mais il y a mieux encore : pour former leurs soldats à la reconnaître les munitions étrangères qu’il rencontrent, et savoir par exemple comment faire attention aux IEDs, l’armée américaine a recours à une société qui lui fabrique des munitions factices, imitant parfaitement les originales. Cette société a pignon sur rue, et possède également un site internet où l’on peut voir l’entièreté de sa production. En y fouillant un peu, je suis tombé assez rapidement dans le chapitre « Training Ordonance » sur tout d’abord un obus de 107 « normal » et un obus de 107 mm « chinois », de couleur vert wagon, des modèles en uréthane durci (avec sa mousse on fait les tampons scotch-brite !), mais aussi une très belle reproduction d’un « improvised rocket launcher » vendu la modique somme de 899 dollars…. Chez Inert Products, en effet, on ne lésine pas sur la qualité : l’obus est siglé lot 311, datant de 2006. Saisissant de… réalisme. Le chevalet improvisé sur lequel il a été placé semble aussi fort ressemblant. Tellement, que si l’on appose à côté l’un des fameux obus saisis à Operating Base Hammer, le 15 juin 2007. Une base qui sert de dépôt à une quantité de matériel invraisemblable ! Côte à côte (comme ici sur la photo montage fournie avec ce texte, en bas), ça devient… troublant : à part le numéro indiqué à la craie, on a bien le même… et surtout la même embase « improvisée », faite à base de cornières. Qui a donc copié l’autre ???

Car cette histoire d’obus qui reviennent à leur acheteur a un beau précédent. Pendant la guerre du Viet-Nam (*6), déjà, on avait fait de même à « La Ferme » autrement dit à Camp Peary, en Virginie. En 2005, lors d’un débat sur un forum du Washington Post, un témoignage troublant était apparu. Celui d’un ancien de la CIA qui affirmait qu’à cette époque déjà il s’amusait à repeindre des obus… avec des marquages chinois, de manière à accuser la Chine communiste d’alimenter les nord-vietnamiens : ce n’était donc pas la première fois qu’on utilisait le procédé. Deux pots de peinture, un pinceau et un pochoir au lettrage « iranien » et voilà un bel incident diplomatique, nettement moins coûteux qu’une opération Golfe du Tonkin !

On croit l’intoxication de la presse terminée, mais non : au pays de la désinformation, tous les coups sont permis. Surtout, si cette fois les iraniens se font réellement pincer la main dans le sac, et les obus dans les containers… ou presque. Car il y avait encore un autre endroit qu’une piscine pour dégotter des obus : en pleine mer ! Selon un scénario digne d’un livre d’espionnage. Le 29 janvier 2009, au large de Limassol, un bateau s’arrête en pleine mer, contraint et forcé. C’est le Monchegorsk, un… vraquier brise-glace russe. Oui, un brise-glace en Méditerranée, mais depuis l’Artic Sea, qui en est un aussi, plus rien nous étonne. Nous conterons son histoire en détail ailleurs, si vous le voulez bien. Un brise-glace en Méditerranée, c’est plus fréquent qu’on ne pense en effet. Le bateau vient d’Egypte, de Port Saïd, où l’a forcé à accoster un navire de guerre américain, sous la menace de ses canons. A son bord, des containers, une centaine, sur le pont, de couleur bleue, dont une douzaine qui révèlent un chargement de poudre pour obus, 1980 boîtes de bois renfermant la poudre pour du 130 mm, et 1320 boîtes de poudre pour du 125 mm, plus 60 barrils remplis de poudre pour obus de 39 mm, 810 boîtes de poudre pour des obus de mortier de 120 mm et enfin huit boîtes de mortiers de composants de 120 mm. Mais pas d’ Haseb, les fameux obus de 107 mm iraniens, la copie des S-63 chinois. Ceux qui avaient été découverts en 2002 sur le Karine A. Les américains ont intercepté le Monchegorsk alors qu’il remontait tranquillement vers le Canal de Suez, direction… la Syrie. Un convoi affrété par « l’Islamic Republic of Iran Shipping Lines » (IRISL), parti de Bandar Abbas (devenu depuis la « Shahid Rajaee Special Economic Zone ») , et destiné visiblement au Hezbollah. De la poudre d’obus iranienne, mais pas d’obus, ce qui paraît étonnant. Les américains, à Port Saïd sont montés à bord et ont « inspecté » le navire. C’est tout ce qu’on a pu apprendre. En-ont-ils profité pour effectuer quelques « prélèvements », d’obus dûment estampillés d’origine iranienne ? On ne le sait pas. Y avait-t-il à bord quelques Haseb, au moins ? On ne le sait pas plus. S’il y en avait, en tout cas, il feront de parfaits obus saisis opportunément près d’un camp afghan ou irakien. Cette fois, sans avoir à les peindre. Et en constatant la grande habilité des Iraniens pour contourner les exportations d’armes, en séparant les obus de leur contenu. Un précédent qui rend ridicule les assertions récentes des israéliens, car les iraniens semblent plus doués qu’ils ne le laissent entendre avec leur bateau « transbordeur » et leurs containers siglés « Iran ». Les américains n’avaient pu invoquer la vente d’armes véritables, avec le Monchegorsk, puisqu’il n’y avait que des composants, en l’occurrence de la poudre. Imaginez la saisie d’obus vides : peuvent-ils être considérés comme armes de guerre, ou comme simples blocs d’acier ?

Toujours est-il que l’épisode du brise-glaces révélait que l’Iran est très certainement impliqué dans des trafics d’armes… comme le sont les Etats-Unis lorsqu’ils utilisent l’étiquette USAID (*7) pour faire parvenir des armes à des factions qu’ils soutiennent, comme ils le font au Soudan pour le SPLA (*8). Ou comme Israël quand il fournit discrètement des fusils à une guérilla aux Philippines… Car Israël en vend, des armes, ou en revend en les achetant à l’Inde, notamment ! (*9) ! La CIA est la grande spécialiste, de ces livraisons déguisées, logique qu’elle ait tenté à plusieurs reprises de vouloir mouiller l’Iran sans y être pour l’instant arrivé. Il n’y a pas qu’en diplomatie que visiblement l’Iran se moque ouvertement des USA et d’Israël, qui n’ont toujours pas réussi à prouver les fameuses livraisons d’armes, sauf depuis l’affaire du Karine A. La CIA, visiblement, dans le cas de l’Iran, est tombée sur plus forte qu’elle. Et même encore dans le camp récent du Francop, ou tout porte à croire qu’il y a bien eu fabrication, comme on j’ai pu l’expliquer ailleurs : cette fois c’est le Mossad qui a tenté de leurrer les gens. Mais trop de détails ostensibles ruinent ses efforts pour convaincre (nous y reviendrons).

L’affaire du Francop est une fabrication alimentée par tout un organisme de désinformation, nommé « The intelligence and Terrorism Information Center », un organisme purement israélien, formé à partir de l’Intelligence Heritage&Commemoration Center (IICC) et d’une association représentant les anciens agents du Mossad décédés, qui a arrosé toute la presse mondiale avec un dossier précisant photos à l’appui que les armes saisies étaient bien iraniennes. Et en prenant comme référence de comparaison… les photos des obus « iraniens » saisis par les américains en Irak, clichés dont n’a pas voulu la presse les jugeant fabriqués une nouvelle fois ! La presse américaine avait senti le fake venir en 2007 et avait refusé de tomber dans le panneau : ça n’a aucunement empêché les services secrets israéliens de bâtir le leur, avec les mêmes clichés de base… Derrière la tentative de désinformation, un homme se cache : le docteur Reuven Erlich (*10), avec ces trente années passées à diriger… l’ IDF Intelligence Corps : autrement dit le Haman (ou Heil HaModi’in). Dirigé aujourd’hui par le Brigadier-Général Ariel Karo remplaçant Yadlin (*11), qui avait défini lui aussi la « guerre au terrorisme » : c’était l’ancien attaché à.. Washington !!!. De 1983-1985 son directeur était le Major General Ehud Barak… le monde est bien petit parfois au royaume de la désinformation et du mensonge.

Erlich, un individu qui hante tous les plateaux TV dès que l’on y parle parle Hezbollah ou Hamas. Une entreprise de propagande à lui tout seul. Un homme à qui le Congrès Juif américain avait commandé un rapport sur l’attitude du Hezbollah au Sud-Liban… un rapport (*12) dans lequel on retrouve toutes les accusations portées sur le Hezbollah pendant l’offensive de Gaza, ayant comme conclusion l’absolution complète des actes de Tsahal : « tout au long du conflit l’armée israélienne s’est demandée comment combattre un ennemi qui se terre derrière des civils ». Reuven est un faucon désinformateur, rien d’autre, et ses conclusions avaient en France été abondamment relayées par le CRIF. La désinformation récente orchestrée par les services du Dr Erich rappellent étrangement ses propres conclusions de 2006 comme quoi « les libanais allaient payer un lourd prix pour nous avoir harcelés » Israël, cette fois embrayait de la même façon que la CIA avait déjà tenté de le faire avec l’Iran. Visiblement, en fabricant de fausses preuves, comme au bon temps du Viet-Nam chez les américains : un pot de peinture, une caisse en bois avec une étiquette photocopiée et « photoshopée », et voilà des obus de 107 bien présentables : rien de nouveau sous le soleil… d’Ashdod, cette fois.

(1) « The first barrack buster – known to the British security forces as the Mark 15 mortar – consisted of a 1 meter long metal propane cylinder with a diameter of 36 cm that contained around 70 kg of home-made explosives and with a trajectory between 75 and 275 m. The cylinder is an adaptation of a commercial ‘Kosangas’ gas cylinder for heating and cooking gas used in rural areas in Ireland and Northern Ireland It was first used in an attack on 5 December 1992 against a RUC station in Ballygawley, Co. Tyrone, in Northern Ireland ».

(2) « The IRAM is . . . in essence . . . a flying IED. It consists of a canister — either a propane tank or cylinder — packed with explosives attached to a rocket tube (body) and powered by a 107mm rocket motor. Each IRAM carries more than 100 pounds of high explosive. In contrast, a conventional 107mm rocket carries only 3 pounds. The device is placed on rocket rails, which can be angled for distance, and fired at its target by a timing device, military officers said ».

(3) « After a rocket fired at Camp Victory on September 11, 2007, killed one and wounded 11 others, US officials told the news media that the command spokesman, General Bergner, would display fragments of a 240mm rocket – complete with Iranian markings – at his next press briefing to « show the link between the Iranian weapons and the damage they are doing ».

(4) « But Bergner admitted to the media that there were no discernible Iranian markings on the fragment, and that a number of countries manufacture 240mm rockets. He was able to assert only that ordnance experts « assess it is of [sic] consistent with the rockets of Iranian origin we have seen used in other attacks ». « When the military headquarters at Camp Victory was hit by rocket fire last Oct. 12, officials admitted that it was 107mm rockets, not 240mm rockets that had been used ».

(5) « U.S. officials say they have found smoking-gun evidence of Iranian support for terrorists in Iraq : brand-new weapons fresh from Iranian factories. According to a senior defense official, coalition forces have recently seized Iranian-made weapons and munitions that bear manufacturing dates in 2006. This suggests, say the sources, that the material is going directly from Iranian factories to Shia militias, rather than taking a roundabout path through the black market. ìThere is no way this could be done without (Iranian) »

(6) « During my time there, one of these was producing missiles with Chinese markings. These were to be deployed in South Vietnam so that the administration could claim that the ChiComs were entering the war on the side of the North Vietnamese. I don’t recall there ever having been much fuss about this and it’s possible they were never even used — but I assure you they did exist ».

(7) « The bulk of South Sudan’s 2008 budget ($US 2.5 billion), involving huge USAID and other ‘aid’ donors, was spent on weapons. And the International Crises Group, and its clones—ENOUGH ! and Resolve Uganda and Raise Hope for Congo—are all talking about peace, but peddling war (see Milton Alimadi, “Resolve, Enough ! So Called Peace Organizations Promote War in Uganda,” Black Star News, June 17, 2009 »

(8) « In 1996 the US sent nearly $20 million worth of military equipment through Ethiopia, Eritrea and Uganda to help the Sudanese opposition to overthrow Bashir(president of Sudan). US officials denied that the aid was destined for the SPLA, but there were reports elsewhere that elite US forces were working with the Sudanese rebel army ».

(*9) « It cites as an example a deal struck between Israel Military Industries and India’s Ordnance Factories in 2004 to produce high-explosive projectiles and shells in India intended, according to one defense analyst, to « yield additional tens of millions of dollars in third country exports » and says Israel retains little if any control over the final destination of arms coproduced in India ».

(10) « In 2006 in fact, the likes of Dr Reuven Erlich, head of the Intelligence and Terrorism Information Centre at the Centre for Special Studies in Tel Aviv, also recommended « searing » into the « Lebanese consciousness » the « steep price they will pay for provoking and harassing us ».

(11) « Maj. Gen. Amos Yadlin became Israel’s military attache in Washington on August 23, 2004. Formerly head of the IDF National Defense College and deputy commander of the Israel Air Force, he participated in the bombing of the Iraqi nuclear reactor. Gen. Yadlin headed the IDF team that outlined the principles of the war against terror ».

(12) « L’armée israélienne a rendu publique une série de documents qui prouve qu’elle n’avait pas d’autres choix que de cibler certaines zones civiles au sud-Liban puisque des combattants du Hezbollah s’en servaient pour lancer ses missiles contre elle. Ces documents servent de base à un rapport commandé au colonel à la retraite Reuven Erlich, qui a été remis au quotidien The New York Times par le Congrès juif américain. Ces documents sont publiés par leCentre d’Information sur le terrorisme où R. Erlich, est chercheur. Reuven Erlich estime que tout au long du conflit l’armée israélienne s’est demandée comment combattre un ennemi qui se terre derrière des civils. Le rapport démontre clairement la construction d’une nouvelle infrastructure, qui a permis au Hezbollah de cacher des armes au sein de la population civile, en se servant de mosquées comme caches d’armes, d’écoles vides pour monter des embuscades et en plaçant des plateformes de lancement de missiles à proximité de résidences ou de postes de l’ONU. Pour transporter des missiles et des roquettes Qassam, le Hezbollah s’est même servi de drapeaux blancs, ce qui est contraire aux lois internationales ».

Le dossier d’Erlich transmis à toutes les rédactions et reprenant les photos rejetées en 2007 par ces mêmes rédactions :

http://www.terrorism-info.org.il/ma…

l’exemple de la « Two right pictures : Similar rockets found in Iraq in 2009. Both were exported by Iran » est symptomatique. Le fameux lot 339 date de 2006, c’est le même que le célèbre fake, de la Besmaya Range Complex, découvert et exhibés en juillet 2007 ! Ils ne datent pas de 2009, donc, et ne sont pas iraniens !

Autre particularisme du dossier de désinformation : il donne 500 tonnes au total : « About 500 tons of weapons were seized, hidden in 36 containers. The arms included thousands of 107mm and 122mm rockets, 106mm recoilless artillery shells, hand grenades and various types of light weapon ammunition. » Or si on additionne les quantités citées dans ce même dossier, et qu’on donne le poids exact de chaque élément, on obtient 238 tonnes, dont 54,7 tonnes pour les balles de 7,62 seules. En containers de 20 tonnes pleins, ça en fait 12 1/2. Les containers ne l’étaient pas, pleins, mais il n’y a que la moitié en poids de ce qui a été indiqué de prime abord. Et dedans, il y a 46,7 tonnes rien que pour les roquettes de 122 mm. Elles sont toute vieilles, ça se voit, et ont des inscriptions russes ou tchèques. Elles datent d’au moins quarante ans : ce sont celles qu’utilisait Israël à outrance pendant la guerre du Kippour : celles de leurs APR-40, la version roumaine du fameux BM-21 Grad. Visibles au musée israélien de Beyt ha-Totchan, des engins dont je vous ai déjà parlé ici ! « Le musée israélien regorge en effet de modèles de lanceurs différents utilisés depuis 1973″. Un musée où on trouve aussi des mortiers Soltam M-66…. lanceurs de munitions du même nom. De fabrication… israélienne. Des armes vendues à l’Estonie. Celles-là étant bien sûr « iraniennes« …

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Classé dans Six de l'Hexagone, Stéphane Bouleaux

La soumission tranquille

Par lutopium – Certains disent que la récente crise économique a été causée par une spéculation excessive, un manque de responsabilité des institutions financières, voire une certaine corruption. D’autres prétendent qu’elle a été causée par un interventionnisme démesuré des états occidentaux et de leurs banques centrales. Peu importe le diagnostic qu’on puisse en tirer, une chose est certaine : les citoyens québécois les moins fortunés et ceux de la classe moyenne seront les plus durement touchés par les réformes proposées par le gouvernement Charest qui profite de cet état de crise pour, dit-on, assainir les finances publiques.

De leur côté, les gens d’affaires ont la possibilité de se regrouper afin de faire pression sur le gouvernement et leur faire part de leurs revendications. Dans de telles situations, le moins qu’on puisse dire, c’est que les entrepreneurs et les gens les plus fortunés sont solidaires devant les solutions qu’ils préconisent. À l’unisson, grâce aux interventions des chambres de commerce, des lobbies économiques, des éditorialistes et des influences politiques au sein du Parti Libéral et du Parti Québécois; les plus riches d’entre nous refusent toute hausse d’impôt et toute modification à leurs avantages fiscaux. Pourtant, avec un peu d’effort et un sens de solidarité envers le Québec, les québécois les mieux nantis et les grandes entreprises pourraient facilement permettre à l’État de récupérer quelques milliards par année simplement en acceptant quelques resserrements sur certains avantages fiscaux (plafond des REERs, déductions sur la capital, subventions, etc…) et une indexation temporaire de l’impôt sur le revenu. Les derniers gouvernements ayant accepté de leur faire cadeau d’allègements fiscaux au cours de 20 dernières années, ils pourraient bien faire un petit effort, non?

Pour faire face à ce discours des riches québécois, des banques et des grandes entreprises, on pourrait espérer que les travailleurs cherchent à unir leurs efforts afin de faire valoir leurs droits et exprimer leurs revendications. Force est de constater que nous sommes divisés. Pire encore, certains d’entre nous – les travailleurs – sont devenus les meilleurs ambassadeurs des chambres de commerce et méritent un abonnement au St.James Club. On a qu’à visiter les blogues de la droite politique, écouter certains enragés des ondes radiophoniques ou lire quelques journalistes au discours populiste pour constater qu’une portion non-négligeable du « monde ordinaire » semble adhérer à des concepts de privatisation encore flous tout en blâmant les travailleurs de la fonction publique – des travailleurs comme eux – de tous les maux qui frappent l’organisation gouvernementale.

« Lors de la révolution de février 1848, les prolétaires sont des deux côtés de la barricade; la garde mobile, qui réprime au nom du pouvoir, est composée de très jeunes gens, souvent chômeurs. L’analyse de la situation permet de conclure à l’existence d’un lumpenproletariat, un sous-prolétariat prêt à se ranger du côté du pouvoir au gré des circonstances… » (source: Sylvie Aprile, historienne). Aujourd’hui, au Québec, les militants de la droite n’hésitent pas à endosser l’anti-syndicalisme d’un Pierre-Karl Péladeau, souhaitent la privatisation de ses hôpitaux et exigent la compétition entre les écoles! Lorsque la popularité de George W. Bush et du Parti Républicain semblait intouchable quelques mois avant l’élection de 2004, l’essayiste Thomas Frank a posé un constat fort intéressant sur ce phénomène :

Dans le comté le plus pauvres des États-Unis, situé dans les Grandes Plaines, Bush l’a emporté en 2000 avec plus de 80% des voix. En quoi consiste ce tour de prestidigitation qui voit les ouvriers acclamer ceux qui les martyrisent ? « Votez pour faire la nique à ces universitaires politiquement corrects et vous aurez la déréglementation de l’électricité. Votez pour résister au terrorisme et vous aurez la privatisation de la sécurité sociale. Votez pour interdire l’avortement et vous aurez une bonne réduction de l’impôt sur le capital. Votez pour que votre pays redevienne fort et vous aurez la décentralisation. » Et le tour, pas éventé pour l’instant, est joué. Plus on se révolte, plus on va à droite. La politique, c’est lorsque les habitants des petites villes regardent autour d’eux les dégâts causés par Wal-Mart puis décident de se lancer dans une croisade contre le darwinisme. Pour le Kansas profond, un type qui roule en Volvo est un gauchiste. Si en plus il mange des “ French fries ”, c’est le diable incarné!

Il n’y a pas si longtemps, les ouvriers n’hésitaient pas à unir leurs efforts pour équilibrer le rapport de forces avec le patronat. Selon ce qu’on peut voir ces jours-ci, le coup de poignard peut arriver de n’importe quelle direction… surtout de la droite… À suivre.

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