De victor Jara à Guantanamo : la même CIA (33)

Lorsque Léon Panetta révèle que G.W. Bush avait lancé des opérations spéciales au Pakistan, grâce à des budgets spéciaux, et que ces budgets ont alimenté avant tout les mercenaires de Blackwater, certains tombent de haut. Surtout en annonçant qu’il s’agissait de « contrats récents ». Or, a bien regarder, ces opérations très particulières, orchestrées par la CIA avaient démarré depuis longtemps déjà : dès les attentats du 11 septembre, des agents s’activaient en Afghanistan, sur les traces d’Oussama Ben Laden, déclaré ennemi public n°1. En décembre 2001, s’engageaient les bombardements de Tora Bora, où Ben Laden était censé se cacher, qui se terminaient par sa fuite, direction Quetta, au Pakistan. Les américains, qui semblent bien l’avoir ostensiblement laissé filé, ont néanmoins continué leurs opérations de traque, sous forme d’agents spéciaux dépêchés sur place, ne serait-ce que pour rassurer leur électorat d’alors. Retour sur l’étrange cas d’un fortin perdu à la frontière pakistanaise, haut lieu de l’implantation de la CIA en Afghanistan.

C’est ainsi en effet qu’à la frontière entre les deux pays, dans un coin perdu, a été créé un des plus grands centres opérationnels de la CIA, au milieu d’un vieux fortin de brique séchée, bien à l’abri de tous les regards. C’était à Shkin, près de Angoor Adaa, dans la province pachtoune de Paktika, juste à la frontière pakistanaise. A 65 km à peine de Wana, où nous avions repéré il y a a quelque temps une base idéale pour des opérations de cover-up ou de Predators. Un fortin occupé par des troupes américaines, mais aussi par des mercenaires engagés par la CIA, avec de l’autre côté de la frontière, d’autres mercenaires ; ceux des troupes des Frontier Guards pakistanais, au statut assez spécial (ce sont aussi des supplétifs, des mercenaires en définitive !), et à la gâchette facile. Retour sur un des endroits les plus à part de l’activité de la CIA dans le monde. Un endroit où un drôle d’ours fort mal léché à déposé sa patte, pourtant. Celle du mercenariat, la plaie évidente de ces derniers conflits. Celle de la firme au logo de patte d’ours.

Dès le 19 octobre 2001 déjà des bombardements classiques avaient eut lieu en Afghanistan, au nord de Kaboul, notamment, sur des emplacements de camps d’entraînement d’Al-Quaida, détruits par l’aviation américaine. Et aussitôt reconstitués ailleurs : très vite, les américains s’aperçurent qu’en la matière, il fallait s’y prendre autrement. En traquant plutôt les terroristes d’Al-Quaida, en les suivant pas à pas plutôt qu’en bombardant seulement leurs casernes provisoires. En ayant recours à la CIA, chargée de suivre les déplacements des terroristes, d’évaluer leur capacité de nuisance et proposer ou non… de bombarder à nouveau leur nouvelle localisation, ou d’éliminer par d’autres moyens les membres du réseau. Ceci grâce à des agents déposés dès les premiers mois du conflit par des avions très spéciaux. De petits avions bimoteurs, fabriqués à l’origine en Espagne par CASA-EADS Aviocar (qui a construit en 1940 les Messerchsmitt 109 et les Heinkel 111 !).

De petits appareils représentant le meilleur choix possible : construits il y a plus de 40 ans, fiables, économiques à l’emploi, peu onéreux car facilement trouvables sur le marché de l’occasion, rétrofitables avec l’apport de Winglets, pouvant servir à tout, bref de bons engins, comme le formulait une publicité de 1981 que je vous ai retrouvé (en bas dans les images supplémentaires). Une publicité annonçant comme distributeur français Marcel Dassault Aviation, qui a raté le coche visiblement avec cet appareil, qui n’a pas séduit l’armée française. Au point qu’en 2008 le ministère mettait discrètement sur le marché des appels d’offres visant ce type d’appareil, avec un Pilatus digne d’Air America, soi-disant destinés à ces régiments de parachutistes mais en fait pour pourvoir le COS, les services spéciaux français présents en Afghanistan… la liste avait été mise en ligne en 2008, ce qui démontre le retard de la prise de conscience de l’armée française sur la firme privée US, qui avait fait le seul bon choix à faire plus de sept années auparavant. La liste formulée était limpide : les français découvraient en 2008 seulement ce que Blackwater ou Dyncorp avaient sélectionné ces mêmes appareils. (la scène dans l’Utah, rappelez-vous la scène du ravitaillement du Pilatus et du Cessna des otages US en Colombie). La liste, la voici (*1), des appareils dont Hervé Morin ne nous a jamais parlé, lui qui évoquait si bien les « avions brouettes », pourtant …

Des avions loués semble-t-il « avec équipage », au COS (les appareils étant pour le 1er RPIMa ou le 13eme RDP notoirement connus comme hébergeant le COS !) ce qui fait que la France elle aussi… joue la carte du mercenariat, l’aviation française ne formant pas de pilotes de CASA C-212. Voilà qui est très intéressant, car dans les trois soldats qui s’étaient malheureusement noyés récemment en Afghanistan, on avait remarque lé présence de deux membres du COS, justement. Une information arrivée bien trop discrètement dans la presse. Au USA, le « petit avion pour une grande armée » semble avoir convaincu tout le monde désormais. A 6,5 millions de dollars seulement l’exemplaire, ce n’est pas un hasard.

De petits avions blancs, donc, pour Blackwater, sans camouflage aucun, appartenant à une entreprise privée de mercenaires. Ce sont en effet les CASA C-212 de Blackwater qui ont débarqué les premiers contingents de services spéciaux en Afgnanistan, dès 2002, et non des avions militaires de l’Air Force : première révélation (*2). Parmi eux, le Le modèle immatriculé N964BW, enregistré auparavant en… Bolivie. Le contrat de 5 millions de dollars pour le transport d’agents spéciaux avait été signé fin 2001, et dès avril 2002 les petits CASA bimoteurs commençaient leurs rotations. Blackwater a donc été engagé dans des opérations communes avec l’armée et la CIA beaucoup plus tôt qu’on ne l’imaginait jusqu’ici ! Une vingtaine de personnes, pas plus, au départ, débarquées en mai 2002 avec Eric Prince en personne à… Shkin. L’intervention de Blackwater a eu lieu beaucoup plus tôt qu’on a tenté de nous le faire croire ces derniers mois ! Ce qui pose problème en effet :le Congrès n’en savait strictement rien.

L’un des avions de Presidential Airways (fallait oser comme nom de compagnie !), l’exemplaire N964BW, avait été suivi à deux reprises volant vers Camp Peary, le centre d’entraînement de la CIA (la célèbre « Farm ! »’), et n’avait pas servi qu’à transporter les gens de Blackwater : c’était aussi, c’est indubitable, un de ces fameux avions des « renditions flights ». L’avion avait été aperçu effectivement à Mildenhall, dans le Suffolk, en Angleterre, le 2 juin 2007, à 16H36, sur la plus importante base américaine du pays, et à partir de là on avait pu reconstituer son vol au départ de Camp Peary, direction… Malte. A son bord, quatre mercenaires munis de M-16 avaient été observés par des spotters, plus les deux membres équipages, vus en tenue camouflée (*3). Le magazine allemand Der Spiegel annonçait en août 2009 la destination première et la destination finale du Casa de Blackwater : c’était des vols partant de Guantanamo pour arriver à Kandahar, via les étapes imposées par l’autonomie. Un « rendition flight » de plus (*4). Un spotteur faisant intelligemment l’exotisme de l’appareil : basé à Kandahar, il dispose d’une immatriculation américaine (N961BW). Pour les trajets exacts des CASA, s’en remettre à la formidable carte interactive que je vous avais dégotté dans l’épisode 14 de la saga. Pour d’aussi petits avions, ils ont fait de sacrés trajets ! Reijavik les a vus passer une bonne paire de fois ! Et l’on comprend mieux, ainsi, pourquoi Negroponte tenant tant à sa base d’El Aguacate, où un certain Robert Seldon Lady (né au Honduras !) avait été vu à plusieurs reprises descendant d’un CASA C-212, lui qui travaillait… en Italie, à Milan, dont on vous parlera également bientôt ici-même. Tout se tient, dans ces épisodes, je vous dis !

Chez Blackwater, un état d’esprit typique de mercenaires sûrs d’eux régnait. Le même qu’ils affichaient à un rond point irakien, certainement, celui de Nisoor. Une prétention qui n’est pas vraiment recommandée lorsqu’il s’agit de faire voler un avion de transport. Résultat : le 27 novembre 2004, un des CASA , le N°N960BW, s’écrasait dans un canyon en Afghanistan, dans des circonstances assez ahurissantes. Le compte-rendu du Congrès nous apprenait que la veille de l’accident, un contrat de 92 millions de dollars venait d’être ajouté au crédit de Blackwater, pour des opérations en Afghanistan, au Kyrgyzstan, au Pakistan, ou en Uzbekistan. Le précédent avait été de 35 millions sur deux ans : la firme avait le vent en poupe ! Les membres de l’équipage avaient-ils un peu trop fêté ce nouveau contrat mirobolant ? A voir les circonstances de l’accident on peut le croire en effet.

Le rapport du NTSB sur l’accident avait été affligeant pour la firme, en tout cas, accusée de mauvaise maintenance, et pour le pilote, d’être totalement irresponsable (*5). Complètement allumé (et certainement sous une emprise alcoolique), une musique hard-rock à fond dans les écouteurs, surpris par le bout du mauvais canyon dans lequel il s’était engagé, il avait en effet essayé de redresser au dernier moment pour perdre la portance de son appareil et s’écraser, tuant avec lui ses cinq compagnons d’expédition. Au fond du canyon, c’était le Mont Baba qui l’attendait, situé à 16 739 pieds d’altitude (5102 m) ! L’avion n’était pas pressurisé, et le pilote n’avait pas songé un seul instant à utiliser son masque à oxygène !

Le Congrès découvrira également que Blackwater, lors de son recrutement, n’avait même pas vérifié sa licence de vol. Et que l’homme avait déjà été impliqué dans un autre crash en 1999. Une tête brûlée de plus ! N’ayant pas donné de plan de vol, ayant suivi la mauvaise route, l’avion ne fut localisé que sept heures après, et les premiers secours ne purent y parvenir avant trois jours. Au sol, un des crashés, vivant, avait réussi à s’extraire des tôles. On le retrouva mort de froid et de blessures internes, pourtant, enveloppé dans un sac de couchage où il avait trouvé refuge, après, indique le rapport « longuement uriné » (tout indique que tous à bord avaient plus que bu !). Dans ce rapport, il était précisé que d’autres victimes étaient encore vivantes après l’impact, et que de secours arrivés vite sur place auraient pu les sauver. L’avion n’était en effet qu’à 148 km de Bagram ! Pitoyable, comme histoire, et de boute en bout ! Blackwater agissait en amateur sur le coup ! La femme d’une des victimes (le Lt. Col. McMahon), militaire également,avait voulu faire un procès à Blackwater : peine perdue. Le 20 octobre 2007, elle était déboutée. Ce qui en dit long sur les protections juridiques dont bénéficiait la firme de mercenaires ! L’argument développé par les avocats de Blackwater était aussi imparable à vrai dire : la juridiction civile ne s’appliquait pas au cas à cette catastrophe, car la firme était sous contrat pour le gouvernement américain. Le coup de l’immunité, le même que celui développé pour les meurtres déguisés des agents de Blackwater en Irak ! Honteux ! Malgré ce revers, le dossier déjà bien chargé de Prince s’alourdissait chaque jour un peu plus, remarquez, depuis que Bush n’était plus au pouvoir.

Car pour beaucoup d’observateurs, dont des anciens de la CIA, en mêlant le groupe de mercenaires de Prince aux opérations secrètes, la CIA venait tout simplement de perdre son âme, en mélangeant les genres, l’argent, et les ambitions personnelles (*6), dont celle du dirigeant de l’entreprise, ancien Navy Seal lui-même mais aussi homme de religion, persuadé intimement d’effectuer une véritable croisade des temps modernes. A l’image même du président qu’il servait, et à en effrayer les anciens de la CIA. Le danger provenait aussi du fait que le recours à Blackwater était purement politique, et permettait à Dick Cheney d’avoir à sa disposition des hommes de main, des tueurs, sans avoir à passer par la case vérification contraignante du Congrès (*7). Un état dans l’état, protégé par sa garde personnelle d’assassins. Prince, et son escouade de tueurs, était bien la caution de Dick Cheney pour arriver aux assassinats ciblés que lui aurait interdit d’effectuer le Congrès US, commission Church oblige. On sait que plus tard, cette pratique « manuelle » d’assassinats fut déplacée au niveau des tirs de roquettes à partir de drones Predator, une technique mise en place au Pakistan…. par les hommes de Blackwater.

Un phénomène qui perdure encore aujourd’hui, à vrai dire. L’agence de mercenaires, connue pour ses tirs inconsidérés sur la populace irakienne, a joué un plus grand rôle qu’on ne l’imaginait. Un rôle, qui, une fois révélé, risque d’entraîner Dick Cheney à sa perte, le recours à Blackwater ayant contourné et enfreint la loi. Notamment le « Posse Comitatus Act » de 1878, qui interdit l’usage d’hommes en armes civils recrutés par l’Etat, sauf exception dûment autorisée par un acte du Congrès. Le cas s’était déjà posé auprès de la population de la Nouvelle-Orleans, ravagée par l’ouragan Katrina, où Blackwater s’était constitué un matelas de dollars sur le dos des malheureuses victimes. L’administration Bush, dépassée, avait fait appel à Blackwater en oubliant de lui faire signer quelques papiers, et sans en demander l’autorisation express au Congrès. Ils avaient déjà agi en hors-la-loi. Cheney, en Irak et en Afghanistan, avait fait appel à des gangsters pour ses basses œuvres, il devra bien le payer un jour, en chef de gang véritable.

L’homme qui avait fait le lien entre Prince et Cheney était le numéro trois de l’époque de la CIA, Alvin “Buzzy” Krongard (*8). Juste retour des choses, Krongard devint membre de la direction de Blackwater dès son départ de la CIA. Son propre frère, Howard “Cookie” Krongard demeurant au sein de l’administration chargé de contrôler les contrats… de Blackwater. Copains et coquins, tout les travers de huit années de Bushisme. Avec le recrutement de Cofer Black en 2005, le responsable de la branche contre-terrorisme de la CIA, la boucle était bouclée, car Cofer Black avait promis de ramener « la tête de Ben Laden dans un seau à glace » à « son » président. Mais ce n’est pas tout : Cofer avait emmené avec lui Robert Richer, le responsable de la direction des opérations de la CIA et Enrique “Ric” Prado, qui avait passé 25 ans au service de l’agence. Le syndrome de l’attirance pour l’argent, perçu chez des gens comme Alan Premel, le successeur de Carnaby entrainaît un affaiblissement de la CIA, privée de cadres majeurs à un moment crucial. Blackwater ne s’était pas arrêté en si bon chemin : la firme avait aussi recruté Jose Rodriguez (*9), un des grands patrons du National Clandestine Service, qui avait rejoint la firme privée via un ami de la maison, Rick Prado, un vieux routier des opérations paramilitaires, avec lequel il avait travaillé en Amérique du Sud. Le but du jeu étant la création d’une organisation concurrente de la CIA, intituiée Total Intelligence Solutions.

La CIA, décapitée, dirigée désormais par un militaire plutôt borné et aux ordres (Michael Hayden, nommé le 8 mai 2006), voyait un concurrent utiliser ses cadres pour faire les mêmes missions, parfois au service de gouvernements étrangers, dont le gouvernement jordanien, qui avait noué d’excellentes relations avec notamment Krongard. Le passage d’autant de cadres de l’agence dans le privé était en ce sens une catastrophe : Cofer Black détenait des secrets d’Etat, et on aurait dû lui interdire par contrat d’aller exercer ses talents ailleurs, ou surtout pas chez une bande de mercenaires emmené par un quasi-évangéliste. La CIA, avec eux et donc bien 2005 avait réellement perdu tout sens des réalités, en se focalisant sur une quête sans fin, pour au final la sous -traiter à une bande de cow-boys rouleurs de mécaniques. En ce sens, le mémo révélé par Panetta était sans aucune ambiguité : il s’agissait bien de Blackwater qui était concerné, et Krongard qui « avait fourni les armes » pour les assassinats ciblés. Via « l’Other Government Agencies », la division spécialisée de Blackwater chargée de faire le lien avec la CIA. Des assassins qui voyagaient en avion, mais pas n’importe lesquels : les CASA de Presidential Airways, la compagnie d’Eric Prince.

Un personnage avec lequel nous n’avons pas terminé : demain, nous l’étudierons plus en détail, si vous le voulez bien, pour nous apercevoir à quel point ses liens avec la famille de G.W.Bush étaient étroits. Au point de parler de mafia véritable, obsédée par la religion et des valeurs plus que conservatrices, et non plus d’une simple entreprise de mercenaires. Nous reviendrons également sur la base de Shkin, haut lieu afghan de la pénétration de la CIA vers le Pakistan.

(1) « Description succincte du marché ou de l’acquisition/des acquisitions : Marché à bon de commande au sens de l’article 77 du code desmarchés publics.

Le marché prend effet à compter de sa date de notification. Il est conclu pour une durée reconductible de 12 mois à compter de cette date.

Sera considéré comme premier exercice annuel, la période s’écoulant entrela date de notification et la veille de la date anniversaire du marché incluse.

Il sera ensuite reconduit annuellement par reconduction expresse, sans quesa durée globale puisse excéder vingt-quatre (24) mois consécutifs et dansla limite d’une (1) reconduction.

Lot n° 1 : Location d’un aéronef type Pilatus Pc6 B2 au profit du 13ème Régiment de dragons parachutistes (Rdp).

– Montant annuel minimum de 10 000 euros (T.T.C.), – Montant annuel maximum de 35 500 euros (T.T.C.).

Lot n° 2 : Location d’un aéronef type Skyvan ou Casa au profit du 13ème Régiment de dragons parachutistes (Rdp).

– Montant annuel minimum de 15 000 euros (T.T.C.), – Montant annuel maximum de 46 000 euros (T.T.C.).

Lot n° 3 : Location d’un aéronef bi-turbo propulseur type CASA 212 (version 100, 200 ou 300) au profit du 1er Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (Rpima) de Bayonne.

– Montant annuel minimum de 15 000 euros (T.T.C.), – Montant annuel maximum de 50 000 euros (T.T.C.).

Lot n° 4 : Location d’un aéronef bi-turbo propulseur type Twin otter Dhc6au profit du 1er Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (Rpima)de Bayonne.

– Montant annuel minimum de 15 000 euros (T.T.C.), – Montant annuel maximum de 50 000 euros (T.T.C.).

Lot n° 5 : Location d’un aéronef type CASA 212 (version 100, 200 ou 300) au profit de l’ecole des troupes aéroportées de Pau.

– Montant annuel minimum de 50 000 euros (T.T.C.), – Montant annuel maximum de 229 500 euros (T.T.C.).

Lot n° 6 : Location d’un aéronef type Twin-Otter Dhc6-200 au profit de l’ecole des troupes aéroportées de Pau.

– Montant annuel minimum de 15 000 euros (T.T.C.), – Montant annuel maximum de 65 000 euros (T.T.C.).

(2) « A month later, Erik Prince, the company’s owner and a former Navy SEAL, flew to Afghanistan as part of the original twenty-man Blackwater contingent. Blackwater worked for the CIA at its station in Kabul as well as in Shkin, along the Afghanistan-Pakistan border, where they operated out of a mud fortress known as the Alamo. It was the beginning of a long relationship between Blackwater, Prince and the CIA. »

(3) « An eyewitness, who previously worked as an RAF electronic warfare expert, said that as the plane – a CASA-212 Aviocar Flight #N964BW – taxied to a stop on the runway it was met by a US military Humvee. The vehicle contained four US security policemen armed with M16 assault rifles, who accompanied the camouflaged crew to the airport terminal. »

(4) « The intelligence service commissioned Blackwater and its subsidiaries to transport terror suspects from Guantanamo to interrogations at secret prison camps in Pakistan, Afghanistan and Uzbekistan. The paper identifies aircraft movements and unveils how the flights were disguised. The memo says : « The CIA hired Blackwater to conduct extraordinary renditions ». And : « Blackwater flew the rendition targets from Fort Perry and Cuba to Kandahar, Afghanistan. » The company appears to provide air services to the CIA – flight records show that its N964BW has made at least two trips to the agency’s Camp Peary training facility, N963BW went there in March and April 2009 and N962BW went there in May 2006. Another plane it owns, N968BW, flew from Washington Dulles International Airport to Camp Peary on March 13, 2007. »

(5) « According to the NTSB report, the aircraft deviated from the normal route almost immediately after take-off because none of the crew were familiar with the route they were flying. According to the cockpit voice recorder, approximately 14 minutes into the flight, the Blackwater captain said, « I hope I’m going into the right valley. » The first officer responded, « This one or that one. » The captain stated, « I’m just gunna go up this one. » Later in the flight, the flight mechanic observed, « We don’t normally go this route .  » The NTSB report found that the captain and first officer were « behaving unprofessionally and were deliberately flying the nonstandard route low though the valley for ’fun. » »’ According to the cockpit voice recorder, the first officer told the captain, « You’re an x-wing fighter star wars man. » The captain responded, « You’re [expletive] right. This is fun. » He also stated, « Itraordinary day that you can actually get down…and do some [expletive] like this. »During the flight, the captain and first officer discussed what would be the most appropriate sound track to their flight. The captain proposed « Phillip Glass or somethin’ suitablenew age’y. » The first officer disagreed : « No. We gotta have butt rock. That’s the only way togo. Quiet Riot, Twisted sister… »

(6) « What the agency was doing with Blackwater scares the hell out of me,” said Jack Rice, a former CIA field operator who worked for the directorate of operations, which runs covert paramilitary activities for the CIA. “When the agency actually cedes all oversight and power to a private organization, an organization like Blackwater, most importantly they lose control and don’t understand what’s going on,” Rice told The Nation ».

(7) Erik Prince operated at the highest and most secret level of the government. Clearly Prince was more trusted than the US Congress because Vice President Cheney made the decision not to brief Congress. This shows that there was absolutely no space whatsoever between the Bushadministration and Blackwater.”

(8) “Prince hires [former CIA counterrorism director] Cofer Black,” explained Scahill, “Buzzy Krongard, Robert Richard — former deputy director of the CIA — Enrique Rick Prado — a veteran of the CIA paramilitary division — to run his own private CIA, called Total Intelligence Solutions, which works simultaneously for the US government and foreign governments.”

(9) « Meanwhile, there’s talk at the agency that Blackwater is also aggressively recruiting Jose Rodriguez, the CIA’s current top spy as director of the National Clandestine Service. Rodriguez has a number of former agency friends at Blackwater, most notably Rick Prado, with whom he served in Latin America and who is now Blackwater’s Vice President of Special Programs ».

(10) « The memo by the two sources gets more specific. Source A names five people who were allegedly involved in the development of assassination teams, including a man who left Blackwater in mid-2005 and last worked as the head of the Blackwater’s OGA division. The acronym stands for « Other Government Agencies, » which included the connection to the CIA. The other men on the source’s list are a former member of Blackwater’s paratrooper unit, an employee of Blackwater Security Consulting who, according to the memo, was designated as a « hit man » within the unit and Alvin Bernard Krongard, the most senior employee on the list, who the source claims was responsible for assembling the teams. « Krongard set up the teams, » the paper claims ».

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Classé dans Six de l'Hexagone, Stéphane Bouleaux

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