De Victor Jara à Guantanamo : la même CIA (37)

Et chaque jour amène ses révélations supplémentaires, évoquant les liens désormais anciens entre la famille Bush, notamment le père, qui a été à la tête de l’agence durant la période 76-77 et le fils, qui semble bien avoir hérité du même ADN. Les liens entre Bush père et la CIA remontent aussi à ses activités pétrolières, notamment avec une firme, Zapata Petroleum, fondée en 1953 par H.W. Bush et son associé Thomas J. Devine (devenu plus tard un NOC, comme déjà expliqué ici-même). Devine fera une très longue carrière au sein de la CIA. Zapata Petroleum deviendra en 1959 Pennzoil, avec le rachat de South Penn Oil, firme active dès les années soixante dans le Golfe Persique, notamment le Koweit. Aussi n’est-on pas vraiment surpris aujourd’hui de découvrir que parmi les fameux « contractants », à savoir les mercenaires sévissant en Irak figure en bonne place une subdivision de Zapata Oil, appelée Zapata Engineering, qui a figuré en juin 2005 dans la presse lors d’un épisode fort peu glorieux révélant surtout d’étranges activités sur le territoire irakien. Les « black-ops » moult fois dénoncées se sont bien profuites, et Zapata, au nom de la CIA, y a bel et bien participé. Retour sur un des épisodes parmi les plus noirs du conflit irakien : celui où l’on a surpris des mercenaires tirer sur des troupes américaines (*1) . Démontrant par l’exemple que de bien étranges choses se sont produites dans ce pays.

Cela fait longtemps que la famille Bush entretient des liens privilégiés avec la CIA, ce qui explique la difficulté actuelle d’un Obama a démêler l’écheveau tressé. W. Bush a plus qu’un pied dedans : c’est toute sa famille qui y baigne, et ce depuis au moins l’épisode de la Baie des Cochons. On comprend aussi pourquoi, dans ce cas, plusieurs anciens directeurs de la CIA ont adressé une motion à Barack Obama lui demandant d’arrêter les poursuites sur les tortures en Irak ou à Guantanamo : elles mettent en cause tout un système, en fait, où ils ont tous eus leur part de responsabilité.Tirer sur la chevillette de Zapata, en effet, c’est ouvrir des portes donnant sur des pièces fort peu reluisantes, et faire écrouler tout un système proprement mafieux, en réalité. Le système familial Bushien a été un gang dirigeant un pays, et rien d’autre. Et l’histoire des mercenaires de Zapata n’est en que l’un des exemples supplémentaires, après celui de Blackwater, de cette emprise du secteur privé sur celui dévolu normalement à l’armée.

L’importance des mercenaires de Zapata, dans l’extension et la continuation du conflit irakien est primodiale, en effet, pour la simple raison que c’est à eux qu’avait été confié la surveillance des dépôts d’obus collectés à l’arrivée des troupes américaines (*2). Obus dont on ne cesse de retrouver des exemplaires comme composants premiers des IEDs qui tuent tous les jours des soldats, en Irak comme en Afghanistan, où des troupes françaises ont été victimes récemment encore de ses terribles engins. La « surveillance » semble avoir été plus que lâche de la part de personnel touchant des sommes faramineuses pour le faire, déjà, et qui ont pu être également tentés par une corruption rampante dans le pays depuis toujours. En réalité, rien n’avait vraiment été fait, aux premières heures de la fin du conflit, pour surveiller les immenses dépôts découverts (*2). Beaucoup ont été pillés, sous le regard des militaires ou des mercenaires chargés de les surveiller (*3).

Saddam n’avait pas d’armes de destruction massive mais avait accumulé des stocks faramineux d’armes conventionnelles, achetées aussi bien à des fournisseurs européens, notamment allemands, mais également américains : Donald Rumsfeld, à une époque étant venu en personne signer les contrats de livraison. Et pas plus n’avait été fait après, véritablement. Oh certes, devant les journalistes « embedded » on faisait régulièrement sauter des dépôts de bombes, pour montrer que les USA avaient les choses en mains (*4), mais derrière les trafics en tout genre continuaient de plus belle, comme nous l’avions déjà dit ici. Faute de personnel, à vrai dire, devant l’ampleur d la tâche à accomplir. D’autant plus quand on apprend aujourd’hui qui comptabilisait ces stocks….

Car la liste des caches de munitions, annoncées avoir été comptabilisées à 9758 endroits différents en 2004, était tenue à jour bizarrement non par l’armée, mais bien par la CIA elle-même…. le prétexte invoqué étant toujours la recherche d’armes chimiques ! Pourquoi donc la CIA et non l’armée ? Car les dépôts de munitions pouvaient révéler l’origine américaine des armes, fournies aux temps de l’occupation soviétique, entre autre ! Car à l’époque, rien dans la presse ou fort peu sur la découverte des obus de 107 mm dans une cache bien particulière. Ceux sagement rangés au fond d’une piscine située au milieu de l’ancien terrain d’entraînement de Ben Laden, à Tarnak Farm, au temps où Ben Laden était au service… de la CIA, ce que Sibel Edmonds à clairement expliqué récemment. Les troupes de Ben Laden étaient recrutées dans la mosquée de Brooklyn puis entraînées à Camp Perry, en Virginie, avant d’être envoyées à Tarnak Farm ou à Tora Bora. Une opération supervisée par Vincent Cannistraro, à la tête aujourd’hui d’ Intelligence Brief, une société de sécurité… comme Zapata Engineering. L’homme qui avait formé les troupes de Ben Laden, à la tête d’une entreprise privée… demeurée très liée à la CIA.

En décembre 2004, pourtant, Cannistraro révélait que la CIA menait des actions comportant des activités terroristes dans plusieurs pays, y compris l’Irak et l’Afghanistan, citant notamment comme autres pays où elles pouvaient se produire, l’ Algérie, le Soudan, le Yemen, la Syrie, la Malaisie, et même la Tunisie. Ce à quoi on ajoutera la Colombie, ou visiblement le camp de Reyes avait été bombardé par des avions pilotés par des mercenaires US. Cannistraro donnait aussi cette fois-là les noms des responsables des manipulations : Stephen Cambone, sous-secrétaire chez Rumsfeld et le Lieutenant General William G. Boykin, ancien responsable des commandos Delta Force (*5). Cambone, l’âme damnée de tout un système purement mafieux, accusé par plusieurs sources convergentes d’être à l’origine d’explosions à Bagdad, toutes à partir de voitures récentes volées aux USA (voir notre épisode 20). On retombe en effet avec lui sur un autre épisode et un autre individu, à savoir Vincent Carnaby. Cambone, « tsar » du contre-terrorisme chez Rumsfeld, passé en 2007 chez Qinetiq, société de sécurité anglaise (acquise en 2003 par le Carlyle Groupe !) aussitôt recrutée par le Pentagone pour un contrat « à la Zapata ». Cambone signant en effet dès sa sortie du gouvernement un contrat juteux avec le « Counter-Intelligence Field Activity » (ou CIFA), un organisme qu’il avait lui-même créé au sein du Pentagone ! On a bien affaire à un système mafieux : l’individu, avant de quitter son poste d’état pour une entreprise privée, avait créé un organisme qui allait juste après faire appel à elle ! Un conflit d’intérêt évident, mais qui n’a semblé effleurer personne !

Un des premiers rapports de Qinetiq au Pentagone « conseillait » d’être plus coercitif avec les prisonniers de Guantanamo, en rappelant les méthodes d’Abou Ghraib. Et effectivement : à Guantanamo, on retrouvait comme « psychologues » des gens de chez Qinetiq, … associés à ceux de Mitchell Jessen & Associates Associates (*7), des membres connus et répertoriés de la CIA (voir notre épisode 12). Chez Qinetiq, Cambone retrouvait également… Georges Tenet, ancien directeur de la CIA, où il avait rejoint Duane P. Andrews, ancien secrétaire à la Défense, mais aussi proche conseiller de Dick Cheney au début des années 90. La même mafia, encore et toujours. Les deux ayant multiplié les contacts depuis avec la firme « Science Applications International Corp », (ou SAIC) fondée par J. Robert « Bob » Beyster, un des principaux fournisseurs en sources informatives de la CIA. Redoutable entreprise, que cette SAIC, en fait.

C’est la SAIC qui avait fourni en effet les renseignements pour arrêter Khalid Sheikh Mohammed, piégé par un logiciel fourni par Beyster qui avait permis de s’y retrouver dans ses vingt téléphones différents. Pour ce faire il avait demandé à ses deux logiciels phares, TeraText et Latent Semantic Indexing (LSI) de trier dans les appels et les contenus du second d’Al Quaida. Des logiciels qui surveillent aujourd’hui tous les mails du monde ou pas loin, au profit de la NSA. Beyster, homme très influent, étant aussi un homme très riche : il avait aussi en 1996 racheté NetWorks Solutions, le provider internet pour 4,5 millions de dollars avant de le revendre 3,1 milliards…. Tenet, à la CIA, avait sous ses ordres Cofer Black, devenu le second de Blackwater : on ne quitte jamais la mafia du mercenariat. Tenet travaille aussi pour L-1 Identity Solutions Inc, une société informatique de reconnaissance de visages ou d’empreintes. Or celle-ci a racheté Spectal, société de sécurité n’ayant comme champ d’action que l’ l’Afghanistan. Contractant évidemment du gouvernement américain… notamment pour l’analyse d’image faite par leur cabinet spécialisé McClendon Engineering. Depuis, L-1 a aussi racheté Advanced Concept, dont le client principal est… la NSA ! Bref, on tourne complètement en rond : les anciens du gouvernement sont tous à la tête d’entreprise qui ont obtenu des contrats juteux grâce à ce même gouvernement !

Zapata avait donc à la fois la garde de dépôts de munitions et obtenu un contrat assez étrange sur leur gestion, à un prix surtout faramineux pour les cinq personnes impliquées seulement dans l’affaire. 2,8 millions de dollars en salaires pour les cinq employés recrutés ! Zapata était l’une des six firmes ayant obtenu un contrat, auquel elle n’avait pas su au départ répondre tout de suite, étant affairée à gérer un stock de munitions à Hawaï… Zapata Engineeing a donc hérité d’un contrat juteux pour 5 personnes seulement. Au total, sur cinq ans, les 6 sociétés choisies vont se goinfrer 1,475 milliard de dollars pour leur gestion des munitions, sans qu’on puisse retrouver en 2003 le nom de Zapata dans la liste des contractants officiels ! Quelque chose visiblement cloche avec cette société. D’autant plus qu’en décembre 2004 elle hérite d’un contrat supplémentaire de 32,5 millions pour mettre en place 108 « techniciens » pour la gestion d’un autre dépôt de munitions. Six dépôts au total sont gérés par le privé, où 92 000 tonnes de munitions attendent d’être détruites (215 000 tonnes l’ont déjà été). L’Army Corps of Engineers a détaché 16 surveillants seulement pour vérifier le travail des privés, qui occupent 700 employées travaillant avec 900 irakiens. De sérieux doutes planent donc sur la gestion de ces dépôts.

En mai 2005, un grave incident va démontrer où est passé cet argent. Une équipe de 19 hommes dont 16 américains en pick-ups Ford et Excursion qui traverse en trombe Fallujah ne trouve rien de mieux que de tirer au passage sur une guérite d’un des checks-points d’entrée, gardé par l’armée (de la « Combat Team 8 »), en faisant exploser un de leurs pneus sur la herse en travers du passage. Un capitaine les arrête tous et les mène en prison. C’est le début de la découverte de tout un pot aux roses. Zapata a signé un contrat de déminage et de nettoyage de dépôt de munitions, pas celui d’une firme de sécurité.

Le matin même, d’autres Marines s’étaient fait tirer dessus à partir de véhicules décrits comme ressemblant à ceux arrêtés. Et au même moment a essuyé des tirs de sniper embusqué. Dans les véhicules saisis, l’armée trouve la panoplie complète du terroriste irakien : armes anti-tank (des RPG-7), des grenades à main, et des Kalachnikovs AK-47. Aussitôt, les avocats de Zapata se mettent en branle, notamment Mark Schopper, du Nevada, et accusent les militaires d’exactions sur leurs prisonniers. Parmi ces exactions, le fait d’avoir arraché des cous de certains « des symboles religieux » ! (*9). Plusieurs portaient en effet ostensiblement des croix de David sur leur poitrine. Le scandale est immense ! Le 9 décembre 2003, en effet, un article du Guardian avait provoqué un certain émoi : selon un journaliste, Julian Borger, en effet, Israël aurait détaché un groupe de soldats de Tsahal en Irak, pour en faire une sorte d’escadron de la mort chargé d’assassiner des personnalités chiites ou sunnites. Ces israeliens avaient été entraînés à Fort Bragg, selon The Brussels Tribunal. Selon le New-Yorker, l’escadron qui superviserait cette équipe serait la Task Force 121, ayant à sa tête… le général William G. Boykin, l’ancien chef des commandos Delta Force…. Zapata a-t-il servi de couverture à cette manipulation de la CIA ? Très certainement (*10).

Parmi les tactiques évoquées de contre-insurrection, on tombe sur l’usage de personnes déguisées en terroristes, ce qui n’est pas sans rappeler un autre incident arrivé à des agents anglais du MI-6, découverts à Bassorah, déguisés en arabes, et portant sur eux tout le matériel pour faire sauter des bombes et des armes dont des Kalachnikovs. Et ce genre d’incident, après avoir longtemps été caché, a refait surface le 11 octobre dernier avec un aveu, fait sur BBC dans l’émission de Donal MacIntytre. Un participant à l’émission a fait usage d’un bel euphémisme pour cela, en affirmant que parmi les attentats de ces dernières années, « il y avait quelques pommes pourries, qu’il y avait certes de bonnes pommes aussi, mais que les mauvaises remplissaient facilement un tonneau complet »… Connaissant l’émission, l’aveu est de taille (*11) !

Des israëliens parmi des milices privées mais aussi dans l’armée ? A partir de 2004, quelques infos ayant filtré le laissent entendre. En juin, le Brigadier General Janet Karpinski dans un interview à la BBC avoue qu’il a des interrogateurs israëliens dans sa prison. La dame est à la tête de la 800th Military Police Brigade, et a donc sous sa direction les 17 prisons américaines en Irak. Et elle-même dirige… Abou Ghraïb, dont elle sera relevée l’année suivante, le 8 avril 2005, après que le monde entier ait découvert les photos de la honte. Dans son rapport dénonçant les tortures de la prison, le général Antonio Taguba indiquera plus tard la présence parmi les tortureurs de « nationalités étrangères ». Une photo révélée à la presse montre un garde aborant un tatouage à l’épaule révélateur. Elle fait évidement scandale. Or à Abou Ghraïb c’est CACI International, d’Arlington, en Virginie, qui est en charge de la gestion de la prison. Elle a recruté des mercenaires, ceux de Titan, et visiblement, parmi eux… des israëliens. L’enquête vise trois personnes : Steven Stefanowicz surnommé « Big Steve« , de CACI International, un dénommé « John Israel » et Adel Nakhla de Titan. Selon Seymour Hersh, une vidéo existe de traitements infligés à des enfants devant leurs mères emprisonnées…. qui décrit à quel point d’abomination ces individus étaient arrivés. Selon un ancien interrogateur, Torin S. Nelson, il n’y avait pas d’israelien d’impliqué, la confusion venant du nom de l’interrogateur de Titan, au départ un « traducteur » simplement. Or les « traducteurs » l’étaient, justement… et pour beaucoup le nom lui-même, « John Israël » sentait bien trop la couverture pour un individu dont on ne peut révéler le vrai nom à moins d’un incident diplomatique ou d’une explosion de violence au Proche-Orient…. en juillet 2003, pourtant, un responsable, le Brigadier Général Michael Vane (*12), révélait dans un magazine que des israëliens travaillant avec l’armée US étaient bien en Irak. Chargés spécialement d’un escadron de la mort ,justement. Comme beaucoup s’en doutaient (*13).

Parmi les autres noms révélés, Roman Krol, citoyen américain mais né en Russie. Pour beaucoup, le tatouage en photo était le sien… et Armin Cruz, ou Charles Graner , au lourd passé de gardien de prisonniers noirs aux USA, et encore Ivan Frederick, ou Javal ’Sean’ Davis, qui avait tenté d’étrangler sa femme enceinte en 1999, Jeremy Sivits, le preneur de photos et Michael J Smith, celui qui lançait son chien (Marco) contre les prisonniers. Megan M. Ambuhl, Sabrina Harman et Lynndie England étant les trois femmes sur place, apparaissant également sur les photos. C’est Javal Davis qui va faire une révélation de taille plus tard devant les caméras : « on se chargeait au départ d’un dépôt de munitions, et on a été nommé gardien de prison, comme ça, sans aucune formation ». La filiation Zapatiste, en quelque sorte… expliquée aux néophytes. Dans tous leurs témoignages reviendra la phrase d’Eichman : « on a simplement suivi les ordres.. » Tous des irresponsables, en quelque sorte. Et aucun de formé pour autant (*15) : on avait pris des artificiers au hasard pour en faire des gardiens de prison ! La CIA, elle, était bien au courant des tortures (*16) et même des décès sous la torture, ayant manifestement obtenue les photos de prisonniers morts recouverts de glace dans leurs sacs noirs, avec devant eux un des accusés souriant et levant le pouce…. Son premier souci comme pour les militaires étant d’effacer des dossiers le maximum de traces photos : sans celles transmises par la famille outragée d’un des auteurs, on n’aurait rien su de ce qui c’était passé dans la prison !

Car CACI est une société ayant des liens très étroits avec l’IDF et les services secrets israëilens. L’origine de la présence de membres de la Defense Force and General Security Service (Shin Bet) au sein de la prison ? La langue, encore une fois la langue : ce sont les seuls à savoir parler l’arabe ! La nature même du contrat reliant CACI à Abou Ghraïb prête à discussion ; le papier initial avait été signé en 1998, et l’avait été au nom du Ministère de l’Intérieur américain, et non avec la Défense ! L’investigation sur les tortures démontrait vite qu’on y avait appliqué les méthodes décrites point par point dans le KUBARK, ou « Counterintelligence Interrogation Manual », le manuel du… SERE. A Fort Bragg, où avaient été vus des formateurs israëliens à plusieurs reprises. La forte suspicion se confirmait (*14).

Maladroitement, en pleine affaire des tortures, le directeur du CACI, JP London, surnommé Jack (ça semble évident !), avait reçu de l’Aish HaTorah’s Albert Einstein Technology une récompense, au Jerusalem City Hall, en la présence de Shaul Mofaz, ministre de la Défense et du parti ultra-orthodoxe United Torah Judaism, et du maire Uri Lupolianski. Titan est une entreprise dirigée par James Woolsey, ancien directeur de la CIA, qui est très proche du Jewish Institute of National Security Affairs, et fait partie du Comité du New American Century qui a pour principal défenseur Stephen Cambone. On retombe invariablement sur les mêmes ! Ce n’est pas l’affaire d’Abou Ghraïb qui pour autant avait réfréné les contrats signés avec CACI : en 2008 encore, la société recevait un contrat de 60 millions de dollars pour « assistance technique » à l’armée et un contrat de cinq ans de 12.5 millions pour aider le… Départment de la Justice US (pour un portail Web appelé Mega 3 program) ! Pendant que l’on torture, le plus souvent des innocents (*17), on continue à signer les contrats comme si de rien n’était… 94% des contrats signés par CACI sont des contrats d’Etat ! Un rapport de 2008 annonçait la somme faramineuse de 1,337 milliard de dollars de contrats signés entre la CACI et le gouvernement US. (*18). Tout en prenant bien soin de dissimuler au maximum les participants aux contrats dans les prisons infâmes d’Irak et d’ailleurs (*19)…

Et pour ce qui est des obus de 107mm, me direz-vous ? Finissent-ils en IEDs ou bien servent-ils à autre chose ? Tous ne proviennent pas des dépôts, certains ont subi un tout autre circuit…grâce à la CIA, jamais à court d’idées nouvelles… question dissimulation. Mais de cela, je vous ai déjà parlé ici-même (dans cet épisode).

(1) « Late one Saturday afternoon in May, a convoy of American private security guards and technical staff in white Ford trucks and an Excursion sports utility vehicle barreled through the battle-scarred streets of Fallujah, Iraq. The convoy, including 16 armed guards and technical staff, was working for Zapata Engineering, a company hired to manage a storage depot for captured ammunition in Iraq ».

(2) « The Army Corps of Engineers, which has awarded multi-million-dollar contracts to Zapata Engineering to dispose of seized enemy munitions and explosives, has a more nuanced view. « They are not a security contractor, » said Corps spokeswoman Kim Gillespie, but « under the provisions of their task order, they can subcontract or direct hire qualified security personnel as needed. »

(3) « Zapata Engineering was awarded a contract for munitions removal worth up to $1.475 billion over a period of five years, which includes four option years. This is a worldwide contract but most of the work will be performed in Iraq and Afghanistan ».

(4) « Darr said that the private contractors manage six depots, where 92,000 tons of munitions are stored, waiting to be destroyed. The contractors have already destroyed 215,000 tons. The Army Corps of Engineers has 16 people in Iraq overseeing the work of the contractors. Altogether, there are 700 employees working for the private contractors, assisted by 900 Iraqi employees ».

(5) « In November 2007, Stephen Cambone, the controversial undersecretary of defense for intelligence in the Donald Rumsfeld-led Pentagon, became vice president for strategy of QinetiQ North America, a subsidiary of the United Kingdom-based defense contractor QinetiQ (Washington Technology, November 12, 2007). Cambone served under Rumsfeld until December 2006, when he resigned shortly after his boss stepped down. Before joining the George W. Bush administration in 2001, Cambone had collaborated with a number of hardline and neoconservative groups including theNational Institute for Public Policy (NIPP) and the Project for the New American Century (PNAC), shaping policies that would later be championed by the administration after the 9/11 terrorist attacks. »

(6) According to CorpWatch investigative reporter Tim Shorrock, QinetiQ signed a five-year, $30 million contract with the Pentagon’s now-defunct Counterintelligence Field Activity unit (CIFA). One of CIFA’s directorates, Behavioral Sciences, had provided a « team of renowned forensic psychologists [who] are engaged in risk assessments of the Guantánamo Bay detainees. »

(7) « For $3.8 million, Zapata Engineering will provide one year of ordnance and explosives management services of five Zapata staff members—one liaison officer and four program managers—who will work for the U.S. Army Corps of Engineers’ Captured Enemy Ammunitions program in Iraq. The task order negotiated a salary based on an 84-hour work week for the liaison officer at a rate of $159.47 per hour, or $696,564.96 for 52 weeks. Each program officer receives the rate of $119.26 per hour, or $520,927.68 for 52 weeks. In total, $2.8 million of the $3.8 million task order could be spent just for the salaries of the five-person team. The task order also breaks down estimated total costs, including Zapata’s profit, at $1,098,650 for the liaison officer and $2,740,308 for the four program manage

(8) « Since Mayer’s initial reporting in 2005, Salon’s Mark Benjamin identified two of the SERE-linked psychologists, CIA contractors James Mitchell and Bruce Jessen. Present during the interrogation of a « high-value » prisoner, presumably at a CIA « black site » in 2002, « Mitchell urged harsh techniques that would break down the prisoner’s psychological defenses, creating a feeling of « ’helplessness’. »

(9) « Contractors also say they were treated badly in other ways. One of the contractors, Rick Blanchard whose home is in Shelbyville, Tenn., said a Marine put a knee to his neck and applied his full body weight as another cut his boots off and stripped him of his wedding ring and religious ornaments. »

(10) « The new counter-insurgency unit made up of elite troops being put together in the Pentagon is called Task Force 121, New Yorker magazine reported in yesterday’s edition. One of the planners behind the offensive is a highly controversial figure, whose role is likely to inflame Muslim opinion : Lieutenant General William « Jerry » Boykin. In October, there were calls for his resignation after he told a church congregation in Oregon that the US was at war with Satan, who « wants to destroy us as a Christian army ».

(11) « According to Reuters, the U.S. special forces have so far been slow in adopting one IDF tactic — having commandos dressed as civilians swoop in to capture or kill fugitive insurgents. « In consultations, the Americans have made it clear that they see the need for undercover work to flush out wanted terrorists. But they lack personnel qualified in Arabic and the basic cultural knowledge needed to blend in, » an Israeli military source said. »

(12) « Brigadier-General Michael Vane, deputy chief of staff at the U.S. Army’s training and doctrine command, mentioned the cooperation with Israel in a letter to Army magazine in July. « We recently traveled to Israel to glean lessons learned from their counter-terrorist operations in urban areas, » he wrote. « 

(13) « Yediot Aharonot reported that the American military officials were in Israel for a few days and visited the IDF command center, focusing on ways to deal with Iraqi insurgency ».

(*14) « This is basically an assassination programme. That is what is being conceptualised here. This is a hunter-killer team, » said a former senior US intelligence official, who added that he feared the new tactics and enhanced cooperation with Israel would only inflame a volatile situation in the Middle East. « It is bonkers, insane. Here we are — we’re already being compared to Sharon in the Arab world, and we’ve just confirmed it by bringing in the Israelis and setting up assassination teams. » « They are being trained by Israelis in Fort Bragg, » a well-informed intelligence source in Washington said ».

(15) « We put our weapons away, our tons of ammunition away, and we became prison guards. With no training whatsoever. » (Javal Davis)

(16) « Investigators have become increasingly concerned with the role played not only by military and intelligence officials but also by C.I.A. agents and private-contract employees. In a statement, the C.I.A. acknowledged that its Inspector General had an investigation under way into abuses at Abu Ghraib, which extended to the death of a prisoner. A source familiar with one of the investigations told me that the victim was the man whose photograph, which shows his battered body packed in ice, has circulated around the world ».

(17) « They took me and kept me for seven months with my children and I don’t know why I was being imprisoned. I asked, what are you accusing me of ? They said that I was making explosives, and explosive charges. And that’s all. I don’t know more than that. What proof do you have against me ? Nothing ! Just some denunciation from some neighbor. » (« Omar Rashid, » Abu Ghraib 2003) ».

(18) « Speculation that « John Israel » may be an intelligence cover name has fueled speculation whether this individual could have been one of a number of Israeli interrogators hired under a classified contract. Because U.S. citizenship and documentation thereof are requirements for a U.S. security clearance, Israeli citizens would not be permitted to hold a Top Secret clearance. However, dual U.S.-Israeli citizens could have satisfied Pentagon requirements that interrogators hold U.S. citizenship and a Top Secret clearance. Although the Taguba report refers twice to Israel as an employee of Titan, the company claims he is one of their sub-contractors. CACI stated that one of the men listed in the report « is not and never has been a CACI employee » without providing more detail. A U.S. intelligence source revealed that in the world of intelligence « carve out » subcontracts such confusion is often the case with « plausible deniability » being a foremost concept ».

(19) « Military-intelligence personnel assigned to Abu Ghraib repeatedly wore “sterile,” or unmarked, uniforms or civilian clothes while on duty. “You couldn’t tell them apart,” the source familiar with the investigation said. The blurring of identities and organizations meant that it was impossible for the prisoners, or, significantly, the military policemen on duty, to know who was doing what to whom, and who had the authority to give orders. Civilian employees at the prison were not bound by the Uniform Code of Military Justice, but they were bound by civilian law—though it is unclear whether American or Iraqi law would apply ».

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Classé dans Six de l'Hexagone, Stéphane Bouleaux

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