Archives quotidiennes : 21 avril 2010

La coda de l’homo T-bone

A.− MUS. Période musicale, vive et brillante, qui termine un morceau. La coda, amenée par cette pédale, est d’un éclat extraordinaire (H. Berlioz, À travers chants, 1862, p. 49).

Centre National de Ressources Texturelles et Lexicales

Avec un taux de crémation à la hausse de 73,27%, entre Bic et Price, la libre disposition des cendres se dirige vers une réglementation provinciale qui devrait se faire dans un lieu désigné, au même titre que les corps sont inhumés dans un cimetière. Canoe

La volupté lardée

Je ne sais pas si vous avez déjà dégusté un T-bone , soit  sur charbon de bois, soit dans une poêle à frire… On déguste, on déguste, et la fin est frustrante : on arrive à ronger  et à sucer  les infimes particules encore accrochées, se retrouvant devant un squelette dégarni. Quelle frustration! On en fait le tour comme s’il pouvait se clapir dans un recoin   un trésor pour le palais.

On finit par sucer, frustré. Après, on continue de le manger des yeux…

C’est un effet du cerveau qui se rappelle du temps où il avait besoin de gras pour se faire des réserves.

Le cannibalisme des cendres

Après la collection ces capuchons de bouteille, des timbres-poste – plus guère à la mode – il reste une activité fascinante qui n’en finit pas de surprendre : la collection d’art de tout ce que l’humain peut repérer  pour exploiter la race humaine.

On a tous déniché  l’exploitation des enfants, le vol des terres arables, la course au  pétrole, la femme, les assurés des assureurs , etc. On a compris. C’est « intégré »…

Mais on en invente chaque jour.

Si une fois mort, vous vous sentez comme un citoyen T-bone qui s’est fait sucer le lardon pendant toute une vie, et que  vous désirez échapper à tous les cannibales… Bonne chance! …

Les chaudrons sont en pleine ébullition.

Rappelant un peu la technique de la soupe déshydratée…

***

J’étais à déjeuner avec Juliette, quand j’ai entendu la nouvelle à la radio. Je suis allé vérifier…

La dispersion des cendres funéraires à tout vent au Québec, sans encadrement juridique, achève. Pour ce faire, le gouvernement envisage de modifier la loi funéraire qui existe depuis 1974.

«Je pense que les documents sur cette modification seront prêts à l’automne pour être présentés au cabinet. Il est important d’avoir un lieu de commémoration dans la loi au lieu de se retrouver avec des cas comme une conjointe qui fait l’épicerie avec l’urne contenant les cendres de son mari dans son sac ou une autre personne qui a répandu les cendres d’un défunt sur les terrains d’un chalet qui a plus tard été revendu», a confié M. Cloutier au Soleil. Il ne sera plus question, par exemple, de verser des cendres dans un cours d’eau. Cyberpresse, Carl Thériault

L’argumentation des l’Ordre des Thanatologues du Québec

Selon celle-ci, ce ne sont pas des arguments monétaires qui sont en cause.  Elle cite des cas, je dirais des anecdotes, car  en fait, ils ne constituent nullement un danger réel pour la population :

Même si selon M. Cloutier il est très rare que des gens ou des familles de la région conservent les cendres d’un défunt à la maison, il arrive parfois des situations particulières.

«Comme cette dame, de Québec, qui transportait continuellement sur elle les cendres de son fils dans un tube à cigare. Ou cette autre qui incapable de faire son deuil, conserve l’urne funéraire de son mari dans un sac qu’elle transporte partout, même à l’épicerie», relate et déplore M. Cloutier. Canoe.

Et pour en rajouter :

La conservation des cendres dans une résidence privée peut avoir des répercussions sur le plan psychologique, même physique. Une jeune fille de 10 ans a déjà été physiquement malade à cause de la présence des cendres de sa soeur; l’urne était placée sur la table de la cuisine. Cyberpresse, Carl Thériault

Je serais curieux de connaître les coûts sur l’ensemble du système de santé de maladies aussi répandues.

L’industrie de la mort

Les industries qui fonctionnent le mieux ces temps-ci sont celles des pharmacies et des cadavres. Vu le vieillissement de la population…

C’est comme le coût d’une retraite après la retraite…

Mon oncle, qui était assez bien nanti, autant de la bedaine que du compte en banque, c’était payé un cercueil de 25,000$… Il   y a 25 ans. Ce qui devrait faire dans les 50,000$ aujourd’hui. Je ne sais trop où il s’est rendu avec ce « véhicule » de Crésus, mais sûrement pas plus loin que l’entrepreneur de pompes funèbres.

Ceux-ci sont tellement grippe-sous qu’ils s’enterrent de père en fils.

Il devrait se méfier de ces coffreurs de  sable.

En plus, M. Thanatologue  fait remarquer qu’il est difficile de distinguer la cendre des restes d’animaux et de celles des humains. C’est assez simple : ne donnez pas votre chien à un thanatologue.

Il n’a qu’à jeter un œil sur le prix des urnes. Twenga, France, Prix des Urnes

La Simplicité : 150 €. La Cosmik : 1399 €.

Si j’avais six bras, il m’en tomberait quatre .

Avec ça, on peut se construire un cabanon. Dire qu’une vieille boîte de café peut faire l’affaire…

Mais chacun ses valeurs. Aux États-Unis, un type s’est faire enterrer avec son auto. Une belle Cadillac qu’il affectait. Twikio.

Ici, on est en train de se faire enterrer avec Jean Charest au volant…

Le transit paperasse

Il est bien difficile d’échapper aux coûts faramineux du grand départ. Il y a toute une grappe de paperassiers qui vous attendent après avoir  passé sous les roues des vendeurs d’assurances,  ces Nicolas Flamel de l’ère moderne, capable de transformer votre cadavre en or.

Par exemple, les gens sont fatigués de payer 100 $ pour le transfert des cendres dans l’urne ou 500 $ pour faire remplir les documents de l’État, alors que c’est gratuit sur Internet. On va donner l’information au client. Je n’aurai pas de forfait. Les clients vont payer à l’item», explique M. Marquis, qui est aussi l’auteur du livre Parcours, traitant de spiritualité. Il s’est associé à la Fondation du Centre hospitalier régional de Rimouski jusqu’à la fin décembre en remettant 5 $ par livre vendu au coût de 20 $ l’unité.

Le paradis est pavé de bonnes intentions…

Les vampires à portefeuilles

Les Québécois dépensent entre 5000 $ et 7500 $ en moyenne pour des funérailles.

Incinération sans exposition et sans cérémonie : entre 2000$ et 3000$

Le gros kit : 10,000$.

À ces prix-là, les thanatologues sont des Dracula de vos avoirs. Pauvres ou pas, ils sont devant vous,  à vous regarder comme un T-bone… Même brûlé, il y a quelque chose à tirer de nous. Par l’État vorace et serpentin dans ses « confections » de déclarations de revenus, jusqu’aux  petits entrepreneurs futés.

Une loi pour les cendres qui polluent? Comme disait M. Dumont : on devrait s’occuper des vivants avant de penser aux morts.

Et je ne compte pas les compagnies d’assurance  qui font des paris sur votre vie et qui vous offrent  d’être riche pendant votre absence… « L’éternité, comme disait Woody Allen,  c’est long… Surtout vers la fin ».

L’avenir : l’amour aux temps des lits trop hauts

Tenter de d’extrapoler sur l’imagination des gloutons à dollars est un sport amusant. À s’en ronger les ongles…

Ce qui m’effraie le plus avec les tendances actuelles, c’est qu’un jeune vieux tombe en bas du lit en faisant l’amour, qu’il se fende le crâne et qu’il meure…

Peu importe qu’il soit exposé ou  incinéré. Ce qui est alarmant c’est que tous les entrepreneurs   se mettent  à calculer tout ce que l’on peut faire avec un tel incident.

La loi # 3264-69 pourra  interdire  à toute personne de 40 ans et plus de faire l’amour sans casque protecteur. En cas de décès, les amendes seront « transmises » à votre descendance.

Comme pour la moto, les cylindrés gonflées au Viagra se verront frappés d’une prime additionnelle avec la certitude qu’on attendra les résultats de l’autopsie avant de verser votre prime.

Avec les techniques des avocats qui travaillent maintenant comme des Einstein, avec  la formule E=mc2 : Élongation= monnaie au carré. C’est simplifié, mais il suffit de regarder un train passer et imaginer qu’un thanatologue est à moto et qu’il suit le train à une vitesse supérieure. Il se dira qu’il pourra déterminer avec certitude que vous mourrez un jour en vous glissant un formulaire par la fenêtre.

Le train n’allant nulle part…

Qui donc aurait pensé qu’un jour on vous vendrait un billet aussi ruineux  pour une destination inconnue?

___________

P.S. : Il y aura un barème pour les primes qui baisseront selon l’âge de la partenaire. Je commence enfin à comprendre pourquoi nous sommes tous pauvres dans des pays riches.

Pauvres jusqu’à  l’os…

T-bone.

Gaëtan Pelletier

10 Commentaires

Classé dans Actualité, Gaëtan Pelletier