Archives quotidiennes : 9 juin 2010

Le forage canadien au pas du « drill, baby, drill »?

Gaëtan Pelletier

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Je laisse la parole cette semaine à un ancien collaborateur des 7 du Québec : Pierre R Chantelois. Avec sa permission, bien sûr…

S’adonnant à la photographie sur son site Les beautés de Montréal, ses images ont la particularité d’être soulignées de remarques ou de citations  par tous ceux qui luttent ou qui ont lutté  pour que cet univers ne reste pas qu’une image à saisir, mais une nature qui est notre vraie demeure et qui doit rester intacte…

Voici le billet qui a  paru sous le titre :

Jusqu’où iront la bêtise et la cupidité humaines?

( Pour apprécier davantage la beauté de la photographie, référez-vous au site de Pierre à l’adresse indiquée, pour des formats agrandis par lesquels on peut en apprécier la splendeur)

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La cupidité humaine est sans limite. Et c'est l'humanité qui en paie le prix

Les États-Unis font face à la pire catastrophe écologique de leur histoire (AP Photo/Gerald Herbert)

« Drill, baby, drill ». Vous souvenez-vous de ces paroles? Elles étaient reprises en boucle, lors de la dernière campagne électorale des États-Unis, par la candidate républicaine Sarah Palin. De deux à trois millions de litres par jour – beaucoup plus que ce que BP avait d’abord affirmé – se déversent dans les eaux du Golfe du Mexique. 31 jours après le début de la fuite, plus de 160 kilomètres sur les 640 kilomètres de côtes de la Louisiane ont déjà été souillés. D’après de nouvelles estimations rendues publiques la semaine dernière par l’Institut géologique américain, jusqu’à 193 millions de litres de pétrole – dans le meilleur des cas – pourraient se répandre dans le Golfe du Mexique d’ici le 1er août. Le scénario le plus pessimiste fait état de 378,5 millions de litres. Pour la comparaison, les États-Unis consomment environ 20,6 millions de barils de pétrole chaque jour. La multinationale BP va tenter tout au plus de ralentir « au moins jusqu’en août » le déversement de pétrole dans le golfe du Mexique avec un nouveau couvercle en attendant l’achèvement de puits secondaires, a fait savoir le directeur général du géant pétrolier, Bob Dudley. En 1989, 42 millions de litres s’étaient répandus à la suite du naufrage du pétrolier Exxon Valdez sur les côtes de l’Alaska. BP a estimé que le réservoir pourrait contenir l’équivalent de 50 millions de barils, mais cela pourrait être trois fois plus, ou trois fois moins.

Et si cette catastrophe se produisait près de chez nous?

Dans une lettre transmise lundi à son homologue terre-neuvienne Kathy Dunderdale, la ministre des Ressources naturelles du Québec, madame Nathalie Normandeau, a sollicité « des précisions sur les règles de sécurité environnementales additionnelles » mises en place à la suite du déversement de pétrole brut dans le golfe du Mexique. Selon Les Affaires.com, alarmé par la catastrophe écologique du golfe du Mexique, le gouvernement du Québec veut connaître les mesures adoptées par Terre-Neuve pour « mieux sécuriser » les forages de puits d’essais dans le golfe du Saint-Laurent. La ministre Normandeau a jugé bon de s’enquérir de la situation à Terre-Neuve à la suite de l’annonce récente de travaux d’exploration dans le golfe du Saint-Laurent par la société Corridor Ressources. Les travaux doivent se dérouler sur la portion terre-neuvienne du bassin Old Harry, situé à cheval sur la ligne de démarcation virtuelle entre Terre-Neuve et le Québec.

Que laisserons-nous aux générations futures? Une terre souillée

Cette démarche de la ministre des Ressources naturelles du Québec, madame Nathalie Normandeau, pour noble qu’elle puisse paraître, était précédée, en mars dernier, par une autre démarche qui illustre parfaitement l’ambiguïté humaine face à la protection de l’environnement. Selon Louis Tanguay, du quotidien Le Soleil, le gouvernement du Québec pressait Ottawa d’« appuyer sur l’accélérateur » pour régler les litiges liés à l’extraction éventuelle de gaz et de pétrole du gisement Old Harry localisé près des Îles-de-la-Madeleine. La mise en exploitation elle-même nécessiterait encore au moins deux ans de travaux, et des investissements de l’ordre de 35 millions $, mais le gouvernement du Québec juge urgent de conclure « dans les plus brefs délais » avec le fédéral les ententes nécessaires pour légitimer la délivrance de permis. […] Quant aux enjeux environnementaux qui continuent de préoccuper la population des Îles, elle reconnaît que son gouvernement a un préjugé favorable à la mise en valeur du gisement Old Harry. « Mais pas à n’importe quel prix », affirme Mme Normandeau.

À propos de politique, la leçon que retiendront les générations futures est la suivante : Veille, pour flatter le peuple, à rendre compte de tes actes, mais seulement après coup, afin que personne ne se mêle de contester tes décisions (Jules Mazarin, Le Bréviaire des politiciens)

J'ai connu un temps où la principale pollution venait de ce que les gens secouaient leur tapis par la fenêtre (Gilbert Cesbron)

Selon la société Radio-Canada, la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, dit comprendre les craintes déclenchées dans la population à la suite au déversement de pétrole dans le golfe du Mexique. Toutefois, il n’est pas question pour autant que son gouvernement demande un moratoire à Ottawa pour l’ensemble du golfe du Saint-Laurent, comme le souhaitent les écologistes des Îles-de-la-Madeleine. De son côté, la chef du Nouveau Parti démocratique de Terre-Neuve-et-Labrador, Lorraine Michael, a demandé l’arrêt du forage de la compagnie Chevron au large des côtes terre-neuviennes. Un consortium pétrolier dirigé par l’entreprise Chevron vient de commencer à forer un puits de pétrole à cet endroit. Selon Chevron, il s’agit du forage le plus profond jamais réalisé au large des côtes canadiennes. La profondeur est de 2600 mètres, c’est-à-dire presque un kilomètre de plus que le puits à l’origine de la marée noire dans le golfe du Mexique.

Le silence renferme toutes les vérités ; la parole porte tous les mensonges (Jacques Ferron)

Il n'y a rien de tel qu'un peu de vérité pour masquer un mensonge (William Congreve)

« J'aime cet endroit de tout mon coeur. Mais ça, ça va nous tuer », dit Sandy en parlant de la marée noire qui touche la Louisiane (Source : France-Presse). En sera-t-il ainsi - un jour - pour les rives du Saint-Laurent

Des rapports avec la terre basés exclusivement sur l'utilisation de celle-ci en vue de la croissance économique ne peuvent que mener à sa dégradation, en même temps qu'à la dépréciation de la vie humaine (René Dubos, Les dieux de l'écologie)

La seule chose qui soit nécessaire au diable pour réussir est que le genre humain ne fasse rien (Edmond Burke)

La clarté ne naît pas de ce qu'on imagine le clair, mais de ce qu'on prend conscience de l'obscur (Carl Gustav Jung)

Nous ne connaissons la valeur de l'eau que lorsque le puits est à sec (Proverbe anglais)

Sois le changement que tu veux voir dans le monde (Gandhi)

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