Totalitarisme inversé


François Marginean

Chris Hedges, journaliste lauréat du prix Pulitzer pour le New York Times et auteur de plusieurs livres, a écrit un article percutant publié en anglais le 8 février 2010. Ce billet en est largement inspiré et en quelque sorte un compte rendu en français. L’article original de 12 pages est disponible sous le titre « Chris Hedges: Zero Point of Systemic Collapse ».

Cet article est d’une importance capitale pour temps à venir. Il résume bien aussi mon analyse personnelle du déroulement des évènements passés, présents et surtout, futurs. Il mérite toute notre attention et puisqu’il est si bien écrit, ceci constituera principalement une traduction libre de l’auteur qui doit recevoir tous les mérites.

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Nous sommes à la veille d’un des moments les plus dangereux pour l’humanité.

Aleksandr Herzen parlait, il y a un siècle de cela, à un groupe d’anarchistes sur la façon de renverser le tsar et rappelait à ses auditeurs que leur travail n’était pas de sauver un système à l’agonie, mais plutôt de le remplacer: « Nous pensons que nous sommes les médecins. Nous sommes la maladie ». Toute résistance doit reconnaître que le corps politique mondial et le capitalisme global sont morts. Nous devons cesser de gaspiller notre énergie à essayer de le réformer ou de s’adresser à lui. Cela ne signifie pas la fin de la résistance, mais cela veut dire des formes très différentes de résistance. Cela signifie tourner nos énergies vers la construction de collectivités durables pour affronter la crise à venir, puisque nous serons incapables de survivre et de résister sans un effort de coopération.

Ces communautés, si elles se retirent dans un mode de survie pure, sans se lier aux cercles concentriques de l’ensemble de la communauté, l’État et de la planète, deviendront tout aussi moralement et spirituellement en ruine que les forces corporatives déployées contre nous. Toutes les infrastructures que nous construisons, comme les monastères du Moyen-Âge, devraient chercher à maintenir vivante la tradition intellectuelle et artistique qui rendent une société civile, l’humanisme et le bien commun possible. L’accès à des parcelles de terres agricoles sera primordial. Nous aurons à saisir, comme les moines médiévaux l’ont fait, que nous ne pouvons pas modifier la culture plus large autour de nous, au moins dans le court terme, mais nous pouvons être en mesure de conserver les codes moraux et la culture pour les générations au-delà de la nôtre. La résistance sera réduite à de petits, mais souvent imperceptibles, actes de défiance.

Nous nous tenons à la frontière d’une des plus sombres périodes de l’histoire de l’humanité où les lumières de la civilisation vacillent, chancèlent et nous risquons de descendre pendant des décennies, sinon des siècles, dans la barbarie. Les élites ont réussi à nous convaincre que nous n’avons plus la capacité de comprendre les vérités révélées qui nous sont présentées, ou de se battre contre le chaos causé par les catastrophes économiques et environnementales. Tant que la masse des populations désorientée et effrayée, nourris d’images qui leur permettent d’halluciner perpétuellement, existe dans cet état de barbarie, il lui sera possible de frapper périodiquement avec une fureur aveugle contre la répression accrue de l’État, la pauvreté généralisée et les pénuries alimentaires, mais elle n’aura pas la capacité et la confiance en soi face au défi pour confronter de proche ou de loin les structures de contrôle. Le fantasme de larges révoltes populaires et des mouvements de masse brisant l’hégémonie de l’État corporatif n’est que cela – un fantasme.

Chris Hedges écrit que son analyse se rapproche de l’analyse de nombreux anarchistes. Mais il note une différence cruciale: les anarchistes ne comprennent pas la nature de la violence. Ils saisissent l’étendue de la pourriture qui règne dans nos institutions culturelles et politiques, ils savent qu’ils doivent couper les tentacules de la consommation, mais ils croient naïvement que cela peut être combattu avec des formes de résistance physique et des actes de violence. Il y a des débats au sein du mouvement anarchiste – tels que ceux sur la destruction des biens – mais une fois que vous commencez à utiliser des explosifs plastiques, des innocents sont tués. Et quand la violence anarchique commence à perturber les mécanismes de la gouvernance, l’élite au pouvoir va se servir de ces actes, même mineurs, comme une excuse pour employer une force disproportionnée et impitoyable contre les agitateurs réels ou présumés, ce qui ne fera qu’alimenter la colère des déshérités.

Hedges ne se défini pas comme étant pacifiste. « Je sais qu’il y a des moments, et concède même que celui-ci pourrait éventuellement être l’un d’eux, où les êtres humains sont contraints de répondre à la répression montante avec la violence. J’étais à Sarajevo pendant la guerre en Bosnie. Nous savions précisément ce que les forces serbes feraient de nous s’ils arrivaient à percer les défenses et le système de tranchées autour de la ville assiégée. Nous avons eu des exemples de la vallée de la Drina ou la ville de Vukovar, où environ un tiers des habitants musulmans avaient été tués et le reste stationnés dans des camps de réfugiés ou de relocalisation. Il y a des moments où le seul choix possible est de prendre une arme pour défendre sa famille, le quartier et la ville. Mais ceux qui se sont révélés être les plus aptes à défendre Sarajevo provenaient invariablement de la classe criminelle. Lorsqu’ils n’étaient pas occupés à tirer sur les soldats serbes, ils pillaient les appartements des Serbes à Sarajevo et, souvent, les exécutaient, en plus de terroriser leurs concitoyens musulmans. Lorsque vous ingérez le poison de la violence, même pour une juste cause, elle vous corrompt, déforme et pervertit. La violence est une drogue, elle est même le plus puissant narcotique connue de l’humanité. Les plus accros à la violence sont ceux qui ont accès aux armes et qui possèdent un penchant pour la force. Et ces tueurs remontent à la surface de n’importe quel mouvement armé en les contaminant avec l’enivrant et intoxiquant pouvoir qui vient avec la capacité de détruire. J’ai vu cela guerre après guerre. Quand vous vous engagez dans cette voie, vous finissez par opposer vos monstres contre leurs monstres. Et ceux qui sont sensibles, humains et doux, ceux qui ont une propension à nourrir et protéger la vie, sont marginalisés et souvent tués. La vision romantique de la guerre et la violence est plus fréquente chez les anarchistes et la gauche radicale que dans la culture dominante. Ceux qui s’opposeront avec l’aide de la force à l’État corporatif ne le vaincront pas, pas plus qu’ils arriveront à maintenir les valeurs culturelles qui doivent être soutenues si nous voulons avoir un avenir valant la peine d’être vécu. De mes nombreuses années en tant que correspondant de guerre au El Salvador, Guatemala, à Gaza et en Bosnie, j’ai vu que les mouvements de résistance armée sont toujours des mutations de la violence qui les a engendré. Je ne suis pas assez naïf pour penser que j’aurais pu éviter ces mouvements armés si j’avais été un paysan sans terre au Salvador ou au Guatemala, un Palestinien à Gaza, ou un musulman à Sarajevo, mais cette réaction violente à la répression est et sera toujours tragique. Il doit être évitée, mais pas au détriment de notre propre survie ».

La démocratie, un système idéalement conçu pour défier le statu quo, a été endommagé et dompté pour servir servilement le statu quo. Nous avons subi, comme John Ralston Saul l’a écrit, un coup d’État au ralenti. Et le coup est terminé. Ils ont gagné. Nous avons perdu. La pitoyable incapacité des militants à pousser les États corporatifs industrialisés vers une réforme environnementale sérieuse, à contrecarrer l’aventurisme impérial, ou de construire une politique plus humaine envers les masses du monde, découle d’une pauvre capacité à reconnaître les nouvelles réalités du pouvoir. Le paradigme du pouvoir a changé de façon irrévocable et conséquemment, le paradigme de la résistance doit impérativement se modifier lui aussi.

Il y avait beaucoup de choses dites l’année dernière à propos de la manière dont Barack Obama serait un président « transformationnel » – mais la véritable transformation, s’avère-t-il, exige beaucoup plus que d’élire un leader télégénique. Pour renverser la vapeur dans ce pays, cela va prendre des années de guerre de siège contre les intérêts profondément établis, défendant un système politique profondément disfonctionnel. – Paul Krugman, «Richard Nixon portés disparus », le New York Times, 30 août 2009

Trop de mouvements de résistance continuent à croire en la façade de la politique électorale, les parlements, les constitutions, les chartes des droits, le lobbying et l’apparition d’une économie rationnelle. Les leviers du pouvoir sont devenus tellement contaminés que les besoins et la voix des citoyens sont devenus hors propos. L’élection de Barack Obama était un autre triomphe de la propagande sur la substance, une manipulation habile et une trahison du public par les médias de masse. Nous avons confondu le style et l’ethnicité – une tactique de publicité lancée par United Colors of Benetton et Calvin Klein – pour une politique progressiste et un véritable changement. L’objectif, comme avec toutes les marques de commerce, a été de confondre les consommateurs passifs et faire passer une marque de commerce pour une expérience. Obama, désormais une célébrité mondiale, est une marque de commerce. Il n’avait presque pas d’expérience, mis à part deux ans au Sénat, n’avait aucune base morale et a été vendu comme toutes choses aux populations. La campagne d’Obama a été nommée « marketer » de l’année du Advertising Age pour 2008 et l’a emporté sur les finalistes Apple et Zappos.com. Faites confiances aux professionnels. La marque de commerce « Obama » est le rêve d’un agent de marketing. Le président Obama fait une chose et la marque Obama vous porte à croire une autre. C’est l’essence même de la publicité fructueuse. Vous achetez ou faites ce que les annonceurs veulent pour ce qu’ils peuvent vous faire ressentir.

Nous vivons dans une culture caractérisée par ce que Benjamin DeMott appelle la « junk politics ». Nommons-la « politique déchet ». Elle n’exige pas la justice ou la réparation des droits. Elle incarne toujours des causes plutôt que de les clarifier. Elle évite les véritables débats pour des scandales fabriqués, des potins et des spectacles. Elle trompette l’éternel optimisme, louange sans cesse notre force morale et le caractère, et communique dans un langage « on-ressent-votre-douleur ». Le résultat de la politique déchet est que rien ne change, « ce qui signifie aucune interruption des processus et pratiques qui renforcent les systèmes interconnectés existant favorisant les avantages socio-économiques pour un groupe particulier ».

La croyance culturelle selon laquelle nous pouvons faire se produire des choses que par la pensée, en visualisant, en les souhaitant, en puisant dans notre force intérieure ou par la compréhension que nous sommes vraiment exceptionnels, est de la pensée magique. Nous pouvons toujours faire plus d’argent, atteindre de nouveaux quotas, consommer plus de produits et faire progresser notre carrière si nous avons assez de foi. Cette pensée magique qu’on nous prêche à travers tout le spectre politique, par Oprah, des célébrités du sport, Hollywood, les gourous de l’auto-assistance et les Chrétiens démagogues, est largement responsable de l’effondrement de l’économie et l’environnement, car toute Cassandra qui a vu venir les choses a été rejetée comme étant du « négatif ». Cette croyance qui permet aux hommes et aux femmes de se comporter et agir comme des petits enfants, jette le discrédit sur des préoccupations légitimes et inquiétantes. Elle exacerbe le désespoir et la passivité. Elle favorise un état d’auto-illusion. Le but, la structure et les objectifs de l’État corporatif ne sont jamais sérieusement remis en question. Questionner et s’engager dans un exercice de critique du collectif corporatif, revient à se faire taxer de vouloir faire obstruction et d’être négatif. Cela a perverti la façon dont nous percevons notre nation, le monde naturel et soi-même. Le nouveau paradigme de la puissance, couplé à son idéologie bizarre de progrès indéfini et le bonheur impossible, a transformé des nations entières, y compris les États-Unis, en monstres.

Nous pouvons marcher à Copenhague. Nous pouvons rejoindre la journée mondiale de manifestations climatiques. Nous pouvons composter et accrocher la lessive à sécher. Nous pouvons écrire des lettres à nos élus et voter pour Barack Obama, mais l’élite au pouvoir est imperméable à la charade de la participation démocratique. Le pouvoir est entre les mains des trolls moraux et intellectuels qui participent impitoyablement à la création d’un système néo-féodal et le meurtre de l’écosystème qui soutient l’espèce humaine. Et faire appel à leur bonne nature ou chercher à influencer les leviers internes de pouvoir ne fonctionnera plus.

Nous ne pourrons pas, en particulier aux États-Unis, éviter notre « Götterdämmerung ». Obama, tout comme le premier ministre du Canada, Stephen Harper ainsi que les autres chefs des pays industrialisés, se sont révélés être de tout aussi bons outils de l’État corporatif que l’a été George W. Bush. Notre système démocratique a été transformé en ce que le philosophe politique Sheldon Wolin avait nommé « le totalitarisme inversé». Le totalitarisme inversé, à la différence de totalitarisme classique, ne tourne pas autour d’un démagogue ou d’un chef charismatique. Il trouve son expression dans l’anonymat de l’État corporatif. Il prétend chérir la démocratie, le patriotisme, une presse libre, les systèmes parlementaires et les constitutions, alors qu’il manipule et corrompt les leviers internes pour renverser et contrecarrer les institutions démocratiques. Les candidats politiques sont élus au vote populaire par les citoyens, mais sont régis par des armées de lobbyistes à Washington, Ottawa ou dans les autres capitales du monde. Les médias corporatifs contrôlent à près tout ce que nous lisons, regardons ou écoutons et ils imposent une uniformité insipide de l’opinion. La culture de masse, détenue et diffusée par les sociétés privées, nous divertit avec des questionnaires, des spectacles et des potins sur les célébrités. Dans les régimes totalitaires classiques, tels que le nazisme ou le communisme soviétique, l’économie était subordonnée à la politique. « Sous le totalitarisme inversé, l’inverse est vrai », écrit Wolin. « L’économie domine la vie politique – et avec la domination vient les différentes formes de cruauté ».

Le totalitarisme inversé exerce un pouvoir total sans recourir à la plus grossière des formes de contrôle tels que les goulags, les camps de concentration ou la terrorisation des masses. Il exploite la science et la technologie pour atteindre ses sombres buts. Il impose l’uniformité idéologique en utilisant des systèmes de communication de masse pour inculquer la consommation débauchée comme une pulsion intérieure et il nous fait prendre nos illusions sur nous-mêmes pour la réalité. Il ne réprime pas les dissidents avec force, tant que ces dissidents restent inefficaces. Et en même temps qu’il détourne notre attention, il démantèle la base manufacturière, dévaste les communautés, déclenche des vagues de misère humaine et envoie les emplois vers des pays où les tyrans savent garder les travailleurs en ligne. Il fait tout cela tout en brandissant le drapeau et chantant des slogans patriotiques. « Les États-Unis sont devenus la vitrine de la manière dont la démocratie peut être gérée sans avoir l’air d’être opprimée », écrit Wolin.

George Orwell a souligné que le totalitarisme n’est pas tant l’âge de la foi qu’un âge de la schizophrénie: « une société devient totalitaire lorsque sa structure artificielle devient flagrante ». « Cela survient lorsque la classe dirigeante a perdu sa fonction, mais réussit à s’accrocher au pouvoir par la force ou par la fraude ». Nos élites ont utilisé la fraude. La force est tout ce qu’il leur reste.

Notre élite médiocre et finie tente désespérément de sauver un système qui ne peut être sauvé. Plus important encore, ils essaient de se sauver eux-mêmes. Toutes les tentatives de travailler à l’intérieur de ce système pourri et cette classe de détenteurs du pouvoir se révéleront inutiles. La résistance doit répondre à la nouvelle et dure réalité d’un ordre capitaliste global qui s’accroche au pouvoir par des formes de répression brutale et flagrante toujours grandissantes. Une fois le crédit sèche pour le citoyen moyen, une fois que le chômage massif aura crée une classe marginale permanente et furieuse, que les produits fabriqués bon marchés qui sont devenus les opiacés de base de notre culture disparaîtront, nous allons probablement évoluer vers un système qui ressemble davantage au totalitarisme classique. Des formes plus violentes et grossières de répression devront être employées au fur et à mesure que les mécanismes de contrôle plus souples favorisés par le totalitarisme inversé cesseront de fonctionner.

Si nous construisons des structures auto-suffisantes, celles qui occasionneront le moins de mal possible à l’environnement, nous pourrons surmonter l’effondrement qui s’en vient. Cette tâche sera accomplie grâce à l’existence de petites enclaves physiques qui ont accès à une agriculture durable et qui seront donc capables de se dissocier autant que possible de la culture commerciale. Ces communautés devront construire des murs contre la propagande et la peur électroniques qui seront pompées sur les ondes. Le Canada sera probablement un lieu plus accueillant pour ce faire que les États-Unis, compte tenu du fort courant de la violence qui y règne. Mais dans tous les pays, ceux qui survivront auront besoin de terres dans des zones isolées à bonne distance des zones urbaines qui seront le théâtre de déserts alimentaires dans leurs centres-villes, ainsi que de la violence sauvage qu’entraînent des biens devenant tout d’un coup un coût prohibitif et la répression étatique qui devient plus en plus dure.

Le recours de plus en plus manifeste à la force par les élites pour maintenir le contrôle ne doit pas mettre fin aux actes de résistance. Les actes de résistance sont des actes moraux. Ils prennent vie parce que les gens de conscience comprennent l’impératif moral de remettre en question les systèmes d’abus et le despotisme. Ils devraient être menés non pas parce qu’ils sont efficaces, mais parce qu’elles sont justes. Ceux qui commencent ces actes sont toujours peu nombreux et rejetés par ceux qui cachent leur lâcheté derrière leur cynisme. Mais la résistance, bien que marginale, continue à affirmer la vie dans un monde inondé par la mort. C’est l’acte suprême de la foi, la plus haute forme de spiritualité et qui lui seul rend l’espoir possible. Ceux qui ont commis des actes de résistance ont très souvent sacrifiés leur sécurité et leur confort, ont souvent passé du temps en prison et dans certains cas, ont été tués. Ils ont compris que pour vivre dans le plein sens du mot, exister en tant qu’êtres humains libres et indépendants, même dans la nuit la plus sombre de la répression d’État, cela signifie défier l’injustice.

Nous devons continuer à résister, mais il faut maintenant le faire avec la réalisation inconfortable que des changements significatifs ne vont probablement pas se produire de notre vivant. Cela rend la résistance plus difficile. Cela déplace la résistance du domaine du tangible et de l’immédiat vers l’abstrait et l’indéterminé. Mais renoncer à ces actes de résistance constitue la mort spirituelle et intellectuelle. Cela revient à se rendre à l’idéologie déshumanisante du capitalisme totalitaire. Les actes de résistance maintiennent en vie un autre récit, maintiennent notre intégrité et donne de la volonté aux autres, eux que nous ne pourrons jamais rencontrer, de se lever et porter la flamme que nous leur passons. Aucun acte de résistance est futile, que ce soit de refuser de payer des impôts, de lutter pour une taxe Tobin, travailler à changer le paradigme économique néoclassique, révoquer une charte d’entreprise, tenir des votes globaux sur Internet ou utiliser Twitter pour catalyser une réaction en chaîne de refus contre l’ordre néolibéral. Mais nous devons résister et trouver la foi que la résistance en vaut la chandelle, car nous ne pourrons pas immédiatement modifier la configuration du terrible pouvoir en place. Et dans cette longue, longue guerre, une communauté qui nous soutient émotionnellement et matériellement sera la clé d’une vie de défiance.

Le philosophe Théodore Adorno a écrit que la préoccupation exclusive avec les égocentrismes personnels et l’indifférence à la souffrance des autres au-delà du groupe auquel on s’identifie est ce qui a finalement rendu le totalitarisme et les génocides possibles. L’incapacité de s’identifier aux autres est sans conteste la plus importante composante psychologique qui fait que des atrocités peuvent se produire autour de gens plus ou moins civilisés et innocents.  »

L’indifférence au sort d’autrui et l’élévation suprême de soi est ce que l’État-entreprise cherche à nous inculquer. Il utilise la peur, ainsi que l’hédonisme, pour contrecarrer la compassion humaine. Nous devons continuer à combattre les mécanismes de la culture dominante, même si ce n’est que dans le but de préserver notre humanité commune à travers de petits, voire de minuscules actes. Nous devons résister à la tentation de se replier sur soi-même et d’ignorer la cruauté se trouvant de l’autre côté de notre porte. L’espoir demeure dans ces actes de défiance souvent imperceptibles. Cette défiance, cette capacité de dire non, c’est exactement ce que les psychopathes contrôleurs de nos systèmes de pouvoir cherchent à éradiquer. Tant que nous serons prêts à défier ces forces, nous aurons une chance; si ce n’est pas pour nous-mêmes, du moins, ce sera pour ceux qui suivent. Tant que nous défierons ces forces nous demeurerons en vie.

Et pour l’instant, c’est la seule victoire possible.

20 Commentaires

Classé dans Actualité, François Marginean

20 réponses à “Totalitarisme inversé

  1. sopadeajo

    « Le totalitarisme inversé, à la différence de totalitarisme classique, ne tourne pas autour d’un démagogue ou d’un chef charismatique. Il trouve son expression dans l’anonymat de l’État corporatif. Il prétend chérir la démocratie, le patriotisme, une presse libre, les systèmes parlementaires et les constitutions, alors qu’il manipule et corrompt les leviers internes pour renverser et contrecarrer les institutions démocratiques. »

    Nous y sommes.Et c´est exactement cela: un totalitarisme inversé parce qu´il laisse croire qu´il est démocratique.En europe c´est les faux « socialistes »; faux parce qu´ils ne sont pas socialistes; qui continuent à jouer la jeu qu´il n´y a qu´eux qui sont justes, et qui partagent, et qui s´occupent des pauvres gens; alors que dans la pratique ils font la même politique économique que la droite ou le centre (exactement la même, il n´y a aucune différence); la même politique extérieure que la droite ou le centre; la même politique intérieure que la droite ou le centre.
    Mais ils continuent à dire que eux sont plus lumineux (le mot magique de socialiste ou d´écologiste qui les rend (selon eux mêmes) plus honnêtes, plus vertueux, miraculeusement.Ils corrompent et volent en fait plus que les autres, mais contrôlent bien mieux que la droite ou le centre les mécanismes chargés de repérer la corruption, le vol, les abus de pouvoir, etc..Une vraie antidémocratie cachée sous l´apparence de démocratie.Les pires sont les ¿ »socialistes »?, en Europe. Mais il est évident que les étatsunis suivent (sans socialistes, pourtant) le chemin vers ce totalitarisme inversé d´apparence démocratique. Il suffit de voir leurs productions actuelles industrielles/culturelles pout TV/cinema pour s´en rendre compte. Et malheureusement l´Europe n´a pas une alternative ni culturelle ni économique ni sociale ni politique à cette dérive vers le 1984 dictatoriel Orwellien déguisé en démocratie et sans dictateur visible (tout caché).

  2. Fraddé

    M. Marginean,

    Vous semblez accorder une importance disproportionnée au phénomène du corporatisme et de son aspect supposément «immuable». Oui, le corporatisme existe, oui il ternit l’image du capitalisme … dans sa définition classique et directe. D’ailleurs, j’ai écrit un article, le 30 juin dernier, à propos d’eux, que j’appelle gentiment «les mouches» :
    http://esolaris.wordpress.com/2010/06/30/les-mouches/

    Mais cette forme de pouvoir en croissance finira, à cause des lois naturelles comme la volonté d’un libre-marché réel, la droiture sociale intrinsèque à l’Homme et le souci de justice, par tomber, comme ont tombé les régimes fascistes et communistes du vingtième siècle.

    De mon côté, j’ai analysé dans les dernières années un phénomène majeur qui se produit ou s’est produit dans les sociétés postindustrielles. Ce phénomène est la chute des nationalismes à l’intérieur des pays riches. Autrefois, les nationalismes spécifiques à chaque nation donnaient la teinte de la mentalité, le type d’économie, le type d’élus et les directions populaires de la nation. Avec la mondialisation, où les sociétés occidentales sont de plus en plus hétérogènes, forcément le nationalisme en prend pour son rhume. Car à la base, le nationalisme en soi a de fortes racines «ethniques», et représente alors une idéologie amplement exclusive. J’expose ce phénomène parce qu’inévitablement, ce changement récent ayant eu lieu sur la moitié du globe a pour conséquence de refaire les fondements de nos sociétés, ce qui inclus sa politique, son économie, ses relations étrangères et la façon de percevoir l’Autre.

    Parce que c’est nouveau, le monde de l’Ouest est dans une période de flottement, où chacun des états reconnus doit se calibrer en fonction de cette nouvelle réalité. Est-il possible que dans cette période de réajustement, il y ait des groupes opportunistes voulant profiter de l’occasion ? C’est certain, comme certains politiciens, également. Mais c’est une question de temps, et après tous les efforts de vouloir faire un tout (une seule Europe, une seule Amérique), sans frontières économiques et culturelles, le jupon des corporatistes commencera à dépasser, ils seront dénoncés et punis, alors que nous, nous serons plus riches (voir statistiques post-ALÉNA), plus libres à tous les niveaux, et surtout libérés enfin des carcans nationalistes qui ont tant nui à l’Occident.

    Pendant ce temps-là, le bon peuple pure laine distinct du Québec reportera au pouvoir le Parti Québécois d’ici trois ans, en espérant encore la sécession politique du Québec, pour de meilleurs lendemains. Ti-counes, que nous sommes …

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

  3. sopadeajo

    Bien sûr on peut encore écrire des textes de critique comme ceux-ci.Mais qu´elle est leur efficacité face aux main-streams radio-televisifs-journauxpapier/web?

  4. sopadeajo

    Vous ne semblez pas vouloir distinguer, monsieur Fraddé, entre nationalisme dominant et nationalime dominé.Il n´y a probablement pas beaucoup de jeu de football au Québec (heureusement pour vous!..); mais si vous y jouiez beaucoup n´aimeriez vous pas avoir une équipe de foot (ou de hockey) du Québec en Coupe du Monde ? Pourquoi donc seul le Canada peut-il présenter une équipe?
    C´est un exemple d´imposition d´un nationalisme dominant sur un nationalisme dominé.

  5. @ François,
    Merci pour ce texte magnifique.
    Il y a énormément d’acteurs en jeu. Donc, encore plus de faisceaux pour nous éblouir.
    Mais pour comprendre un peu comment cela se passe, je vous invite à revoir un film:
    Battle in Seattle .
    http://www.imdb.com/title/tt0850253/
    Malgré cette « victoire » temporaire, la lutte continue.
    Car le rôle de l’OMC, est probablement un souche de l’arnaque aux racines profondes.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_mondiale_du_commerce

    Le film a au moins une certaine simplicité mais également le mérite de présenter les facettes du « bien et du mal ».
    La belle théorie du commerce mondial est une saprée belle porte pour la pourriture…
    Pour le bien être des nations « pauvres »….
    Cela aussi est un inversement. Qui donc, depuis une décennie, a profité de cette belle organisation sur papier?
    À voir le film, on comprend que le Canada a « investi » 1.1 milliard en « sécurité ».
    Le « méchant » veut s’opposer au « progrès ».
    Comme la cuisine, ce sont les mêmes ingrédients, mais tout est dans la présentation du plat.
    Mangeons-en tous!

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  7. Druide

    Il va falloir commencer le plus tôt possible à fonder de petits systèmes économiques à l’échelle communautaire-locale.

    On devra s’inspirer par exemple du Chiemgauer, déjà établi dans certaines régions en Allemagne…
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Chiemgauer

    Comment faire en sorte que ce nouveau système ne dégénère pas? La solidarité affermissant ce nouveau mode d’organisation sociale doit être garantie par le niveau de développement spirituel des individus qui composent cette communauté. C’est ce que j’imagine comme véritable socialisme spirituel, à l’antithèse du totalitarisme à deux têtes capitaliste-communiste des adorateurs du Veau d’Or. Au lieu de se fonder sur une doctrine autoritaire et un mode d’organisation totalitaire, ce socialisme spirituel doit se fonder sur l’initiative indépendante et l’autonomie-liberté individuelle absolue, ce que prône l’anarchisme. Ce n’est qu’ainsi que l’individu peut se réaliser soi-même dans ce qu’il fait. au lieu d’être une activité anti-spirituelle comme c’est le cas aujourd’hui, l’économie pourra redevenir quelque chose d’éminemment spirituel.

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  9. Marc

    Excellent texte François …

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  11. @sopadeajo

    Malheureusement, les deux pires cas de totalitarisme inversé sont l’Europe et l’Amérique. Ce qui frappe le plus, c’est que les populations y vivant sont principalement convaincues de vivre dans la liberté et la démocratie!

    @Fraddé

    Le monde financier et corporatif mènent le monde. Est-ce immuable? Non, bien sur. Mais il faut savoir être honnête et reconnaitre la taille de la bête qui se trouve directement en face de nous.

    @Druide

    Excellent commentaire qui rejoint ma pensée et mon évaluation de la situation. Il y a longtemps que je rêve d’organiser une petite communauté dans mon coin. Le partage, la coopération et l’entraide seront la clef de notre survie dans les temps à venir. De recréer les réseaux et redevenir relativement auto-suffisant est primordial et constitue aussi une forme de résistance.

    @Gaëtan

    Merci pour la suggestion. Je me demande si je ne l’ai pas vu dans le passé. Enfin, j’irai voir ça dès que j’ai une connexion meilleure que 56K!

  12. AImé Laliberté

    Bonjour François,

    Je suis d’accord sur plusieurs points avec le contenu de ton article.

    Je crois toutefois qu’un événement majeur devra survenir pour qu’un nombre suffisant de personnes décrochent du système et se prennent en main, permettant ainsi de créer des communautés coopératives.

    Dans une certaine mesure, ces communautées existent déjà, de façon informelle, dans les réseaux d’amis, de collaborateurs et aussi dans les régions rurales, ou cela est un mode de vie.

    À mon avis, il faut s’éloigner des villes, apprendre à cultiver et comment devenir auto-suffisant, en comptant d’abord sur soi-même et en s’associant à d’autres qui partagent les mêmes valeurs.

    La proportion de gens préparés à un effondrement du système est minime. Quand le système va crasher, ôtez-vous de là amis, les moutons vont paniquer, en particulier dans les villes.

  13. Fraddé

    Sopadeajo,

    Vous avez dit :
    «C´est un exemple d´imposition d´un nationalisme dominant sur un nationalisme dominé.»

    Je ne suis pas certain que le nationalisme québécois soit un nationalisme dominé. Ça fait 40 ans que le Québec est l’enfant pourris du Canada, 40 ans qu’il obtient ses quatre volontés au détriment des autres. Que dire aussi du fait que les Canadiens anglais sont OBLIGÉS d’apprendre la langue française (et y sont évalués) depuis déjà un bout, alors qu’un Québécois sur deux, encore aujourd’hui, a un anglais dysfonctionnel.

    La comparaison avec une équipe sportive ne tient pas du solide. Un sport, c’est un divertissement, et une équipe nationale représente plutôt une fierté locale, peu importe les cultures et les races des joueurs jouant dans ladite équipe. La question que le téléspectateur se pose en regardant une partie de soccer est : «pourquoi ne prendrais-je pas pour l’équipe locale ? … au lieu de prendre pour une autre». Puis, aux dernières nouvelles, le Canada est un pays reconnu dans tous les organisations et forums mondiaux, contrairement à la province de Québec, ce qui explique l’absence d’une équipe québécoise lors des événements sportifs internationaux. Tout comme l’absence d’un siège à l’ONU.

    Tandis que le nationalisme, c’est deux ou trois coches de plus. Le nationalisme, c’est le désir de l’homogénéité culturelle, c’est un bloc de pensées, d’idéologies et des visions prémâchées que tu dois absolument prendre si tu vis sur le territoire de ces nationalistes, pour ne pas te faire écœurer et harceler. Si tu refuses ce «package», soit tu es un crétin qui n’a rien compris aux politiques qui doivent être appliquées pour le bien de la majorité, soit tu es un traître, qui aime l’argent et les ethnies. Ça ne rappelle rien à personne, ça ?

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

  14. sopadeajo

    Fraddé, vous dites:
    « Le nationalisme, c’est le désir de l’homogénéité culturelle, c’est un bloc de pensées, d’idéologies et des visions prémâchées que tu dois absolument prendre si tu vis sur le territoire de ces nationalistes, pour ne pas te faire écœurer et harceler. »

    Je comprends qu´on puisse être écoeuré, mais pourquoi seriez vous le seul à l´être ?
    A nouveau vous ramenez nationalisme, qui pour vous est synonyme de mauvais, à nationalisme dominé, sans tenir compte du fait évident d´un nationalisme dominant qui cause aussi l´écoeurement des natioanalistes dominés.
    Par exemple la Hollande et une partie des Flandres (de la Belgique) appartenaient à L´Espagne avant leur indépendance actuelle. Le Chili était espagnol jusqu´en 1810.
    Niez vous que le nationalisme español était le nationalisme dominant et les nationalismes Hollandais et Chiliens, les nationalismes dominés ? Qui pensez vous qui étaient les plus écoeurés et harcelés: les nationalistes Hollandais et Chiliens ou les nationalistes Espagnols en Hollande et au Chili ?

    Il y a eu un cas récent admirable de séparation amicale, sans coup de feu, des Tchèques et des Slovaques. Je n´ai aucune information, parce que les médias n´en ont pas parlé du tout puisqu´il n´y a même pas eu un mort (merde de mauvais médias!). Je ne sais donc pas qui était le nationalime dominant et qui le dominé dans l´ancienne Tchécoslovaquie, mais il n´y a certainement plus aucune raison de se haïr maintenent; et malgré le manque d´information, je ne crois pa que les Tchèques soient malheureux (ou vraiment moins riches) sans les Slovaques ni les Slovaques sans les Tchèques. Faute de plus d´information (personne n´en parle), je crois que chacun d´eux est plus heureux, et au moins aussi riche, séparés.

    Relisez maintenant ce que vous avez écrit et que j´ai cité en haut de ce texte : c´est exactement ce que les nationalistes dominés pensent du nationalisme dominant.
    Je vous invite à vous introspecter réellement pour découvrir les vraies raisons pour lesquelles vous ne voulez pas que le Québec se sépare du Canada. Il faut éviter que les raisons des uns et des autres soient dues à de la haine irrationnelle plus qu´à la réflexion positive.
    Par contre si vous pensez que le Québec deviendrait pauvre sans le Canada ou qu´il serait incapable d´avoir une bonne équipe de hockey, je vous rappelle que la Hollande est un petit pays mais riche, ainsi que la Suisse, ainsi que la Belgique, et qu´indépendants, ils ne gènent pourtant pas l´Europe ni le monde avec leur indépendance et leurs prises de position. En fait un monde pluriel c´est quand il y a plusieurs acteurs (nations) sur scène. Pas quand il n´y en a qu´une poignée.

  15. sopadeajo

    Fraddé a également dit (think twice):
    « Puis, aux dernières nouvelles, le Canada est un pays reconnu dans tous les organisations et forums mondiaux, contrairement à la province de Québec, ce qui explique l’absence d’une équipe québécoise lors des événements sportifs internationaux »

    L´Angloiterre est un pays reconnu, et pourtant les régions d´Ecosse, de Galles et même d´Irlande du Nord ont des équipes galloise, écossaise et nord-irlandaise lors des événements sportifs internationaux.
    Par ailleurs vous ne faites que constater sans donner aucune explication à cette margination.

  16. sopadeajo

    Copié collé de chez Larousse:

    « Pendant les années qui suivent la « révolution de velours », l’inégalité entre les parties tchèque et slovaque du pays se fait de plus en plus sentir. Moins riche, la Slovaquie est également traversée par un mouvement de réformes politiques. Le chef du gouvernement slovaque, Vladímir Mečiar, leader du Mouvement pour la Slovaquie démocratique (H.Z.D.S.), se prononce en faveur d’un cadre confédéral, puis, en juillet 1992, avance l’idée de la création de deux républiques indépendantes. Son homologue tchèque, Václav Klaus, leader du parti civique démocrate (O.D.S.), issu du Forum civique, ne s’y oppose pas et accélère le processus de séparation. Ainsi, en novembre 1992, le Parlement fédéral vote la dissolution de la République fédérative tchèque et slovaque à compter du 31 décembre 1992 : l’indépendance de la République tchèque est proclamée le 1erjanvier 1993. »

    Toujours Larousse:
    « En avril 1990, les députés slovaques obtiennent que la Tchécoslovaquie prenne le nom de République fédérative tchèque et slovaque. Les élections de juin sont une défaite pour les communistes. Mais si le V.P.N. domine (29,3 %) avec ses alliés, les chrétiens-démocrates du K.D.H. (19,3 %) et le parti démocrate (D.S., 4,3 %), le parti nationaliste (S.N.S.) obtient un score inattendu de 19,2 %.
    Prenant acte de l’impossibilité d’un accord avec les Tchèques sur la structure de l’État (les Slovaques souhaitent une association au sein d’un État confédéral), il (Vladimír Mečiar ) engage avec son homologue tchèque, Václav Klaus, un processus de partition de la Fédération. En juillet 1991, la Slovaquie proclame son indépendance et élabore une nouvelle Constitution dès le mois de septembre. Officiellement, la souveraineté devient effective le 1er janvier 1993.

    Il est admirable de constater que depuis que l´idée de la création de deux républiques, surgit, en juillet 1992 (d´après Larousse) (ou en juillet 1991 (toujours d´après Larousse)), il ne se passe que 5 mois (ou bien 17 mois) jusqu´à la proclamation des 2 républiques. On peut constater, il me semble, d´après Larousse, que les nationalistes dominés (les Slovaques), ont cherché un peu plus l´indépendance que les Tchèques, nationalistes plus dominants ,qui ne ce sont cependant pas opposés à la séparation.

    C´est mieux que de passer son temps à refuser à l´autre le droit de s´en aller.

  17. Fraddé

    Sopadeajo,

    L’exemple des nations du Royaume-Uni ne tient pas, car le Royaume-Uni est justement composé d’états indépendants reconnus. Tandis que le Québec est une province canadienne, au même titre que Terre-Neuve et le Manitoba. Think triple !

    Vous ne saisissez pas bien l’idée du nationalisme, son caractère exclusif, et la propension des nationalistes à se penser «les meilleurs au monde, et le reste du monde, pfff» … Si des gens, d’un pays quelconque se sentent opprimés ou ont des arguments économiques solides pour exiger l’indépendance d’une fraction du territoire selon un contexte bien précis, alors qu’ils le fassent. Mais au Québec, depuis 1976, le désir d’indépendance politique est maintenu dans un cadre nationaliste rigide. Pourquoi chez-nous est-ce comme ça ? Peut-être que les arguments économiques en faveur de l’indépendance sont aussi nombreux que les climatiseurs en Antarctique. Parlant d’économie et de gestion, disons que nos anciens leaders et ministres nationalistes, même s’ils ont été moins pire que les Libéraux, n’ont pas géré de façon satisfaisante les fonds publics, n’ont ni libéré économiquement les Québécois de l’Illusion tranquille. Alors, déjà en partant, ils partent à «moins quart», si vous voyez ce que je veux dire …

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

  18. sopadeajo

    L´osé Fraddé thought this:

    « L’exemple des nations du Royaume-Uni ne tient pas, car le Royaume-Uni est justement composé d’états indépendants reconnus. »

    Les indépendantistes écossois , gallois et nord-irlandois vont être contents de savoir qu´un décret de Fraddé les a fait indépendants.

  19. Fraddé

    Je vois que nous nous enfonçons de plus en plus dans un dialogue de sourds. Je dirai, pour finir, qu’un état RECONNU depuis longtemps, comme l’Écosse, ayant le pouvoir d’imprimer sa propre monnaie, a disons quelques coches au-dessus du titre de simple province. Si une majorité absolue de gens veulent sortir de l’amas d’états qu’est le Royaume-Uni, et cela pour des raisons économiques et de divergences politiques profondes avec les autres états (ex : socialisme versus droite), alors, selon moi, ils sont libres de faire chambres à part. Si les objectifs d’indépendance sont des raisons de races, nation et langue, c’est à mon avis invalide (c’est le nationalisme). D’ailleurs, même après un référendum gagnant, je suis loin d’être certain que l’ONU et les forums mondiaux seraient prêts à reconnaître le Québec comme pays souverain. Pas certain du tout …

    Fraddé
    P.S : «Reconnais le moment favorable» – Pittacos de Mytilène

  20. sopadeajo

    Dos no se pelean si uno no quiere
    PS: Reconnais que tu as tort

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