Archives quotidiennes : 15 avril 2011

Legault et la bête

La présentation en début de semaine, par François Legault et la CAQ, de leurs idées sur une réforme en profondeur de notre système d’éducation aura certainement eu pour mérite de dévoiler le véritable « visage de la bête », comme le dit si bien David Descôteaux dans sa plus récente chronique.

En effet, ça n’aura pas pris très longtemps pour que les forces réactionnaires sortent les boucliers afin de défendre leurs acquis. Certains, comme la Fédération des Comités de Parents du Québec (FCPQ) se permettent de se prononcer contre les réformes proposées au nom de parents qu’ils n’ont pas daigné consulter. Je ne serais d’ailleurs pas trop surpris non plus que les déclarations des syndicats aient aussi été faites sans consulter les membres du corps enseignant. Je crois en effet que pas tous les enseignants sont contre ces réformes et je serais loin de parier que la majorité d’entre eux se prononceraient contre s’ils étaient consultés. En tant que parent, je ne serais certainement pas contre ces réformes, même si je ne suis pas d’accord avec toutes les idées proposées. Les idées véhiculées par M. Legault valent certainement la peine qu’on s’y penche sérieusement.

Malheureusement pour M. Legault, beaucoup trop de groupes d’intérêt trouvent leur compte dans le statu quo et ce sont ces groupes, et non pas les gens qu’ils prétendent représenter, qui déchiraient leurs chemises peu après l’émission des propositions du CAQ. Considérant que le CAQ n’est pour l’instant qu’un groupe de réflexion sans véritable pouvoir de faire autre chose de des « suggestions », on peut s’interroger sur la véhémence des répliques qu’ils ont essuyé, démontrant encore une fois que ces groupes d’intérêt se fichent éperdument de la qualité de l’enseignement, du haut taux de décrochage ou de l’avenir de nos jeunes. Tout ce qui les intéressent, ce sont leurs acquis.

Toujours est-t-il que nous avons constaté cette semaine le genre de résistance à laquelle fera face tout gouvernement voulant imposer des réformes en profondeur pour guérir les lacunes de nos services sociaux. Il devient plutôt apparent où se trouvent les forces de l’immobilisme au Québec.

8 Commentaires

Classé dans Actualité, Philippe David