Archives quotidiennes : 24 mai 2011

L’embrayage indispensable dont j’ai parlé dans mon 2e article!!!

 

 André Lefebvre

        Parlons pour parler;  et donc, parlons des supposées différentes responsabilités sociales de l’individu, selon la situation dans laquelle il vit.

       Commençons par une personne qui vit dans la forêt, de chasse et de pêche. S’il est seul, sa responsabilité se limite à vis-à-vis lui-même. Sa survie ne dépend que de lui. Il n’a aucun compte à rendre à personne.

      Ajoutons une compagne à cet individu. Ils sont maintenant deux. Ils doivent séparer les responsabilités qui découlent du fait de vivre à deux, pour assurer leur sécurité. Les responsabilités de chacun sont alors en fonction de la survie des deux.

      Lorsqu’ils ont des enfants, leurs responsabilités individuelles augmentent d’autant, jusqu’à ce que l’enfant ou les enfants deviennent adultes.

 

      Une fois que les enfants deviennent adultes et qu’ils restent pour former une communauté, chacun adopte les responsabilités nécessaires à la survie du groupe;  je devrais dire: « …à la survie de chacun des membres du groupe ». Chacun est alors  responsable de la qualité de vie et de la sécurité de chacun des autres individus formant ce groupe ou cette communauté. Ils mettent alors tout en commun. La notion de propriété est à son plus bas niveau et n’existe pratiquement pas.

      Si on accède au niveau suivant, on arrive à la citoyenneté. Les responsabilités de chacun des individus restent toujours la protection de chacun des citoyens qui forment cette société. C’est d’ailleurs la seule façon, pour l’individu, d’assurer sa propre sécurité en prenant la responsabilité de la sécurité des autres individus plutôt que de se limiter à sa sécurité personnelle. La sécurité de chacun devient alors interdépendante et beaucoup plus assurée.

       S’ajoute, cependant, dans ce regroupement plus important, une responsabilité accrue qui consiste à assurer la « qualité de vie » de chacun par chacun. S’installe alors les échanges, le troc et le commerce. Habituellement, une certaine notion de propriété individuelle apparaît et s’installe chez le « citoyen ». 

      Le niveau de conscience sociale suivant est celui qui s’applique à l’environnement où vivent les membres de cette société.

     Alors, non seulement chacun des citoyens a-t-il la responsabilité d’assurer la survie de chacun des autres citoyens, mais leur « qualité de vie » respective demande que chacun des citoyens se responsabilise maintenant, envers la protection de l’environnement, commun à tous. Chacun des individus s’assure alors que l’équilibre écologique soit maintenu.

 

       Le niveau  subséquent est celui de la sécurité de chacun des individus et de l’écologie planétaire. Ce niveau s’adresse à tous ceux qui vivent sur la planète qui, chacun, doit s’assurer de la protection de chacun des membres de l’humanité et de l’écosystème dans son originalité.  Au niveau écologique, il est malheureusement impossible de faire plus viable que ce qui s’est installé et équilibré de lui-même. C’est d’une évidence incontestable. Au niveau humain, il faut simplement accepter les différences et garder le cap sur ce qui a été développé antérieurement,

   En nous relisant, nous somme bien obligé de constater qu’il y a une progression psychologique (ou spirituelle, si vous préférez) de démontrée dans l’évolution d’un développement social. Évolution progressive qui permet le passage d’un stage à l’autre, sur une échelle de valeur d’une société développée  normalement .  Nous en sommes, nous même actuellement, à la dernière valeur de l’échelle; celle qui s’occupe de la protection de l’écologie planétaire. Ce qui est tout à notre honneur. Par contre, pour l’acceptation des différences, il nous reste beaucoup à faire; admettons-le humblement.

      Malgré ce dernier fait, on se rend compte que la responsabilité de chacun envers la sécurité de « chacun des autres » est la seule solution pour que l’être humain, en tant qu’espèce, parvienne à se réaliser, à se sécuriser et à survivre.

     C’est également, exactement là où on retrouve cet « embrayage psychologique » indispensable à chacun des individus de l’humanité actuelle, pour que nous ayons la moindre possibilité d’installer une vrai système démocratique dans cette société. Embrayage qui engage l’acceptation et le respect des différences de façon objective et inconditionnelle.

     Je ne vois pas d’autres moyens. 

     D’un autre côté, il nous est facile de constater, également, que malgré l’atteinte du dernier niveau de l’échelle de valeur d’une société normale, nous avons laissé tomber le troisième niveau de cette même échelle de valeurs, qui est de prendre la responsabilité de la survie de chacun des autres pour assurer notre propre survie. Comment cela se fait-il? Que s’est-il passé pour que nous ayons transformé cette prise de conscience du début?

     Le fait est que, pour notre malheur, le troisième niveau de l’échelle de valeur fut faussée; ce qui fait que la sécurité de chacun des individus, aujourd’hui, est loin d’être assurée. Le système de développement normal qui précède n’est pas du tout le système que nous avons installé dans nos sociétés dites « civilisées ».

     Notre système actuel n’est aucunement basé sur « la sécurité de l’individu », mais est basé exclusivement sur « la sécurité du système social » qui n’assure, en fait, que la qualité de vie des autorités au dépend des citoyens. Cet état de fait est la résultante exclusive de l’acceptation immémoriale de la notion d’élitisme, qui s’est installée à l’apparition du troisième niveau social, chez la toute première civilisation de notre histoire.

 

      Ce système s’appuie sur la notion : « Au plus fort la poche ! ». Que cette « puissance » soit celle du pouvoir d’achat, du pouvoir des armes ou du pouvoir des dieux, n’y change rien. Le système reste toujours, le même système élitiste.

      Ce système est alors bien obligé de jeter des « miettes » aux plus démunis pour assurer sa continuité et la sécurité de l’élite qui le contrôlent. C’est d’ailleurs pourquoi un système élitiste se base sur des « lois » au lieu de sur la « légitimité » et « l’équité ». C’est aussi pourquoi ce qui est « légitime » n’est « légal » que lorsqu’il ne nuit pas au système établi. Ce qui est une aberration en soi.

      À cause de cette « déviation » primordiale, rien du système actuel n’est honnête, légitime et équitable. Par contre, il prend grand soin à être « légal ». Légal parce qu’ainsi, tous les individus sont subjugués et asservis aux lois du système.

     La majorité croit que le système assure leur propre sécurité. C’est tout à fait normal puisqu’ils croient faire partie d’un ensemble de « citoyens ». Sauf qu’ils oublient qu’ils possèdent un numéro et que le système, de par son fonctionnement, s’adresse toujours et exclusivement, à ce numéro et non à l’ensemble de la société. L’ensemble de la société n’est, pour le système, qu’une banque de numéros. En réalité l’entité « ensemble de la société » est une convention virtuelle qui n’a vraiment aucune réalité autre que dans « l’image » du système qu’on a inculqué chez l’individu.

 

      Le seul moment où c’est « l’ensemble de la société » qui s’adresse au système, c’est lors des élections. Par contre, encore là, c’est le numéro qui sert à assurer la légalité de l’élection et c’est l’individu dans sa réalité personnelle qui se manifeste. Aussitôt, cependant, les résultats de l’élection sont transférés à la notion de « l’ensemble » en transitant par celle de la « majorité ». Le gouvernement élu représente toujours « l’ensemble de la société », même s’il n’a été élu que par une « majorité » composée d’une « minorité d’électeurs » grâce au « jeu » des partis politiques.  

      On se doit de constater que l’individu est assujetti et asservi au système; qui, lui, possède tous les pouvoirs « généraux » qu’il applique à chacun en « particulier ».

      De cette façon, l’individu se retrouve sans défenses devant le système. Il n’y est d’ailleurs jamais considéré, je le répète, comme un individu, mais comme un simple numéro. Le côté « être humain » n’a rien à voir avec les lois du système; seul le côté « numéro » est important.

      Évidemment, ce n’est pas de cette façon qu’est présentée la réalité. On la maquille pour qu’elle soit rassurante et acceptable. Ce qui ne change pas ce qu’elle est vraiment.

      Le système social actuel est un ogre travesti en beauté aguichante mais qui, en réalité n’est pas du tout attrayant et a l’air plutôt imbécile.

 

       Pour ceux qui le croient un « ami », il peut être sécurisant; pour ceux qui le « comprennent », il mène l’humanité à une phase terminale.

Amicalement

                                                      André Lefebvre

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