Archives mensuelles : août 2011

Le capitalisme intellectuel – 3

Yan Barcelo, 21 août 2011

Les entreprises les plus sophistiquées ne voient plus les brevets comme de simples instruments défensifs, ce qui était le cas il y a encore 10 ans, mais comme des armes offensives.

Les exemples abondent. Au moment de son grand chambardement stratégique au début des années 1990, IBM a revu de fond en comble son coffre au trésor de brevets. A ce moment-là, la multinationale ne réalisait des revenus que de 30 millions US de dollars liés à des licenses sur ses brevets. Une radicale mise en valeur a fait en sorte qu’en 1999, Big Blue avait rehaussé ces revenus à plus d’un milliard de dollars $US, des revenus nets de toute dépense représentant près d’un cinquième de ses profits avant impôts.

Gillette, au moment de développer son nouveau rasoir Sensor, s’est assurée de se découper un territoire de propriété intellectuelle exclusif, pour ne pas dire monopolistique. La firme a obtenu 22 brevets pour des choses aussi pointues que l’angle des lames, le positionnement des ressorts, la composition du manche. Elle est allée aussi loin que de breveter la boîte, conçue pour émettre le son masculin approprié quand le consommateur l’ouvre.

L’entrepriseAvery Denison a fait la démonstration d’une campagne en mode offensif. Avant de se lancer dans le domaine des étiquettes transparentes pour produits de consommation, comme celles qu’on applique sur des bouteilles de shampoing, elle mena une enquête de brevets qui lui révéla que Dow Chemicals disposait d’un portefeuille important de brevets, indiquant que cette compagnie avait l’intention de pénétrer dans ce marché.

Avery investit les sommes nécessaires en R-D pour monter un portefeuille supérieur et inattaquable de brevets. Ainsi armée, elle demanda une rencontre avec la direction de Dow pour lui suggérer d’abandonner le secteur, ce que Dow se résigna à faire. Elle démonta son usine, congédia son personnel et mit la clé dans une division à laquelle elle avait déjà consacré des dizaines de millions de dollars.

Mais la guerre du capitalisme intellectuel ne se déroule pas seulement sur le terrain des brevets. L’autre territoire aussi important, sinon davantage, est celui des marques de commerce. C’est avec ces marques que les compagnies se découpent dans l’esprit des consommateurs l’ultime exclusivité avec laquelle ils peuvent verrouiller l’enclos de leurs brevets. C’est un tel coup de maître qu’a réussi Intel en investissant 500 millions de dollars dans sa campagne Intel Inside. Les premières générations de processeurs d’Intel portaient des noms génériques Intel 386 ou Intel 486 que n’importe quel concurrent pouvait reprendre. Intel réagit en se dotant de la marque exclusive Pentium, puis en investissant massivement dans une campagne pour en étendre l’emprise quasi-monopolistique.

Le pendule de la protection est peut-être allé trop loin et on peut se demander si nous ne sommes pas en train de verser dans des excès qui pourraient très bien paralyser l’innovation que nous voulons, par ailleurs, tant préserver. Certains droits sont tellement forts, tellement contrôlés, qu’on craint qu’il n’y ait plus de possibilité de concurrencer.

Par exemple, une étude menée en 1998 par Gregory Graff, professeur d’agriculture et d’économie à l’Université de Californie, indiquait qu’un petit groupe de 18 institutions détenaient 1370 brevets agro-alimentaires, soit la quasi-totalité de tous les brevets encore actifs du secteur. Or, 973 de ces 1370 brevets étaient détenus par les seuls cinq grands joueurs que sont Pharmacia, Dupont, Syngenta, Dow Chemical et Aventis. Une telle concentration de propriété intellectuelle entre quelques mains dans un secteur aussi névralgique que celui de l’alimentation est inquiétante.

On peut même se demander si la course aux brevets et l’exigence de secret qu’elle impose ne risque pas d’assécher la source la plus riche de connaissances scientifiques de base : l’université. Les universités accueillent maintenant à bras ouverts le capital privé pour financer leurs recherches, en échange bien sûr d’une exigence de secret plus contraignante. Les pharmaceutiques, par exemple, délaissent de plus en plus la recherche et le développement de nouveaux produits pour se concentrer sur le marketing et la distribution.. Pour compenser, elles ont d’abord entrepris d’acheter toutes les petites firmes de biotechnologies prometteuses. Mais cette source n’est pas infinie. À présent, c’est sur les laboratoires universitaires qu’elles comptent pour alimenter leur pipeline de nouveaux médicaments.

Or, toute l’institution universitaire est fondée sur le principe fondamental de la libre circulation de l’information, d’où origine la fameuse injonction Publish or Perish. Si toute la recherche est monopolisée par le privé, la possibilité pour le chercheur de déterminer son agenda et de chercher là où il n’y a pas de valeur immédiate se perd. On peut se demander s’il va demeurer à long terme assez de connaissance publique ou si toute la connaissance va être privatisée. De plus, ça pourrait nous mener à une recherche systématique à court terme et à un oubli du long terme et du fondamental. Ça s’appelle « épuiser la poule aux œufs d’or ».

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Espace pour la vie: Jardin Botanique, Insectarium, Biodome et Planétarium

 

 

Murale graffiti de 350 pieds au Stade Olympique

Le planétarium quitte le Centre-ville pour rejoindre les installations Olympiques. Avec le Jardin Botanique, l’Insectarium et le Biodôme, le Planétarium forme une nouvelle entité, Espace pour la vie. Les travaux débutent pour se terminer au début 2013.

Raymond Viger Dossiers Break-dance, Hip-hop, Porte-folio mural

planetarium-murale-graffiti-stade-olympiquePour sécuriser les lieux de construction, une immense palissade d’une longueur de 350 pieds a été installé.

Le Café-Graffiti a été mandaté pour y aménager une gigantesque fresque représentant les 4 institutions qui composent l’Espace pour la vie.

L’art urbain que représente le Café-Graffiti a trouvé un lieu d’exposition privilégié pour la prochaine année. Nous vous attendons en grand nombre pour vous joindre aux quelques millions de visiteurs qui resteront bouche bée durant l’année à venir devant cette époustouflante fresque.

Les 4 artistes du Café-Graffiti qui se sont attaqués à cette murale de 350 pieds sont Arpi, DK, Ensu et Heresy. Félicitations à vous quatre pour ce nouveau défi.

Des photos de la pallissade du biodome et de sa réalisation seront présentées sur ce blogue tout au long de sa réalisation qui se terminera le 25 août prochain avec une conférence de presse pour la première levée de terre avec la présence de plusieurs dignitaires, dont le maire Gérald Tremblay.

Pour rejoindre le Café-Graffiti (514) 259-6900.   Photos Lucie Barras.

Graffiti en vitrine

Depuis le 2 août dernier jusqu’au 6 septembre, la Maison Simons présente l’art urbain, le graffiti, dans les vitrines de 5 de ses magasins.

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Une exposition à ciel ouvert qui mérite de faire un petit détour.

  • Montréal, 977 Ste-Catherine ouest
  • Vieux-Québec 20 Côte de la Fabrique
  • Ste-Foy 2450 Boul. Laurier
  • St-Bruno 600 Boul. des Promenades
  • Laval 3025 Boul. le Carrefour

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Une façon attrayante de rendre disponible à tous l’art urbain.

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Pour informations ou pour réserver votre toile: Café-Graffiti, (514) 259-6900. cafegraffiti@cafegraffiti.net

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Autres textes sur le Graffiti

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La véritable nature de l’État


Par Philippe David
J’ai récemment lu un article tiré d’un livre écrit par Clarence Darrow (1857–1938) en 1903. Dans cet extrait il parle de ce qu’il croit être la véritable nature de l’état. Je me permet donc de vous exprimer la teneur de son discours comme suit:

Il semble que partout nous prenons pour acquis que la violence et la force sont nécessaires au bien-être de l’homme. Un nombre sans fin de volumes ont été écrits et un nombre sans fin de vies ont été sacrifiées afin de prouver quelle forme de gouvernement est la meilleure, mais peu ont vraiment considéré que tous les gouvernements reposent sur la violence et la force.; qu’ils sont soutenus par des soldats, des policiers et des juges et sont contraires à l’idéal de paix et d’ordre nécessaires au bonheur et au progrès de la race humaine.

De temps à autre il est même admis que dans un âge plus ou moins distant dans le futur, l’homme évoluera vers l’angélique suffisamment pour que les gouvernements politiques n’aient plus leur raison d’être. Cette admission, comme le concept commun, présume que les gouvernements sont bons; que leur devoir consiste à réprimer le mal et les hors-la-loi et de protéger les faibles.

Si l’histoire de l’État prouvait que les gouvernements on été formés dans ce but et remplissaient cette fonction, il pourrait y avoir un fondement pour l’assomption que les gouvernements sont nécessaires pour préserver l’ordre et défendre le faible. Mais l’origine et l’évolution de l’état politique démontre toute autre chose: ils démontrent que l’état est né dans l’agression, et que dans toutes les étapes au travers desquelles il est passé, ses caractéristiques essentielles ont été préservées.

Les débuts de l’état peuvent être retracés aux tout débuts de l’histoire humaine, alors que le plus fort des hommes primitifs a brandi le plus gros gourdin et avec l’aide de cette arme a imposé son règne sur les autre membre de la tribu. Par la force et la ruse, il est devenu chef et il a exercé son pouvoir, non pas pour protéger le faible, mais pour prendre le meilleur de la terre pour lui-même et les siens.

Un homme sans aide ne pouvant pas garder la tribu sous sa volonté bien longtemps, alors le chef a choisi des lieutenants, également choisis pour leur force et leurs prouesses et ils reçurent donc une part des fruits du pouvoir pour l’aide et la loyauté qu’ils ont donnés à leur chef. La grande masse étaien des esclaes, et leur vies et leur liberté à la disposition absolue des plus forts.

L’évolution des âges n’ont que modifié les apparences de ces premiers états. Le droit divin de régner, le caractère absolu du pouvoir officiel es pratiquement le même aujourd’hui dans la plupart des nations du monde que ces chefs primitifs qui exécutaient leur mandat avec un gourdin. L’ancien chevalier qui, avec une hache de guerre et une cote de mailles, imposait sa dominance sur les faibles n’était que l’ancêtre des récolteurs et dévoreurs de taxes d’aujourd’hui.

Même dans les pays démocratiques, où les gens sont supposés choisir leurs souverains, la nature du gouvernement est la même. Partant des mêmes vieilles idées de pouvoir absolu, ces démocraties ont assumé qu’une forme quelconque de gouvernement était nécessaire à la masse, et aussitôt qu’ils se sont débarrassés d’une forme d’asservissement, qu’un autre joug a été placé autour de leurs cous, seulement pour s’avérer que ce nouveau fardeau soit tout aussi aberrant que le précédent.

Le peuple d’une démocratie ne mène pas plus que dans toute autre contrée. Ils ne choisissent même pas vraiment leurs gouvernants. Ceux-ci se choisissent eux-mêmes et par la force, la ruse et l’intrigue, arrivent aux mêmes fins que leurs ancêtres atteignaient avec l’aide de leur massue.

Et qui sont ces dirigeants sans qui les méchants et corrompus pourraient subvertir les faibles et les sans-défenses? Depuis le début des temps, ces dirigeants auto-proclamés ont été coupables des vices qu’ils ont portés à la charge du bas peuple dont la rapacité, la cruauté et la malhonnêteté ils prétendent combattre si bravement. L’histoire du passé et du présent prouvent sans l’ombre d’un doute que s’il existe une classe de laquelle la société a besoin d’être sauvée, ce sont ces mêmes dirigeants qu’on a mis en charge absolue des vies et destinés des hommes.

À partir des rois qui, les mains sanglantes, défendaient à leurs sujets de tuer leur prochain, au législateur moderne qui, avec une enveloppe brune dans les poches, criminalise les pots-de-vin. Ces dirigeants ont créé des lois, non pas pour se gouverner eux-mêmes, mais pour renforcer l’obéissance de leur serfs.

L’objectif de ce pouvoir autocratique a toujours été le même. Dans les tribus primitives, le chef prenait les terres et leurs fruits pour les distribuer à sa retenue qui l’aide à préserver son pouvoir. Tous les gouvernements de puis lors ont utilisé leur pouvoir pour diviser les fruits de la terre entre les favorisés et par la force et la violence, ont gardé les millions travaillants, patients et souffrants des richesses du monde.

Dans bien des nations du monde, le vrai pouvoir gouvernant se trouvait derrière le trône, ont souffert que leurs créatures et marionnettes soient les dirigeants de leurs nations et états, mais dans tous les cas, les vrais dirigeants sont les forts et ils utilisent l’état pour perpétuer leur pouvoir et servir leur avarice et leur cupidité.

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Grandeurs et misères de la technologie

Par Renart Léveillé

 

Comme ceux qui me lisent, enfin la plupart si je ne m’abuse, l’ère technologique dans laquelle nous nous trouvons m’apparaît tout à fait positive. Elle nourrit beaucoup plus mes espoirs que mon cynisme, bien que le flot d’informations tend à démontrer le contraire. C’est-à-dire qu’elle fait miroiter un futur plus en phase avec le citoyen, bien qu’elle cultive l’impatience de ne pas y être déjà parfaitement et de toujours avoir l’impression qu’il y a pelletage en avant. Tout ce qui touche à la politique en est déjà un bon exemple.

D’un côté, en Islande, les travaux pour reviser la Constitution de ce pays avec l’aide des citoyens via les médias sociaux sont un succès :

en trois mois et demi de travaux, il y a eu plus de 3600 commentaires et 370 suggestions

La démarche doit maintenant faire le test de la réalité parlementaire pour se voir approuvée, modifiée ou rejetée, mais voilà déjà une belle preuve de l’utilité de la technologie. Et en espérant qu’elle fera d’autres petits (« le Maroc a aussi mis en place un site Internet où les citoyens du royaume peuvent discuter de la réforme constitutionnelle en cours »).

Plus près de nous, le gouvernement du Québec a mis en ligne un site de « Consultation publique Web 2.0 » où on peut y soumettre des idées. Au moment où j’écris, 80 idées y ont été soumises et c’est par celle de Nicolas Roberge (concernant nos chères infrastructures), promulgué sur Twitter, que j’ai pu le découvrir. Je suis quand même bien surpris de ne pas en avoir entendu « parler » avant…

Pour ce qui est de l’Islande, il n’y a aucun doute que le processus marquera cette société, si ce n’est pas déjà fait. Pour ce qui est de l’initiative québécoise, j’ai bien peur que ce ne soit que cosmétique, mais l’avenir nous le dira. Parce qu’il faut bien se l’avouer, c’est tout à fait dans l’air du temps de se donner des airs participatifs. Avoir l’air de se soucier de ce que pense le citoyen est bien utile pour adoucir l’air de supériorité d’un gouvernement. Mais au final, si la valeur de cette consultation ne fait qu’égaler les échanges banals de n’importe qui sur Twitter, Google + et Facebook, cela ne fera qu’engraisser le cynisme déjà balourd à souhait. Cela ne sera que de l’air. Aussi inutile que le phénomène du « air guitar »!

Mais là où la technologie prend des airs de film d’horreur, c’est au niveau « du marquage électronique de l’humain » :

Le congrès des États-Unis d’Amérique vient il y a quelques mois d’adopter une loi (HR 3200) qui permet de pucer l’être humain. Sous prétexte d’un accès au remboursement des soins de santé, par une identification des patients et des informations relatives à la santé, cette loi qui était un projet datant officiellement du 10 Décembre 2004 obligera l’américain moyen à se faire implanter un transpondeur à radiofréquences (qui réagira donc aux ondes radios) sous cutané capable de durer l’équivalent d’une vie.

Pour dire vrai, si c’est sur une base volontaire, je ne suis pas contre l’idée de voir la technologie faire son entrée dans le corps humain. Mais vous lirez l’article d’Agoravox, c’est loin d’être une superbe introduction en la matière… Cependant, au-delà de ça, si notre expérience humaine peut se magnifier par un mariage heureux entre la biologie et la technologie, nous serions bien perdants de le rejeter parce que cela serait « contre nature ». À ce compte-là, depuis que l’humanité est sortie de sa nudité originelle, tous les progrès sont en soi contre nature. Alors pourquoi la peau serait-elle l’ultime barrière du progrès?

Mais il faut le dire, alors que la technologie devient de plus en plus intime, il y a un effet de balancier entre la peur de perdre le caractère privé de sa vie et l’immense joie de se la faciliter. C’est un cliché de dire que l’apparition de la radio en a épouvanté plusieurs, idem pour la télévision… C’est aussi un cliché de dire que nous n’avons pas besoin d’obligation pour embarquer dans le train des nouvelles technologies, puisqu’il y a l’effet d’entraînement pour jouer son rôle consensuel à merveille. Ceux-là diront que les médias sociaux sont une sorte de prison, et les prisonniers en question continueront avec raison leurs danses aériennes malgré leurs chaînes et leurs boulets. Tout ça pour dire que c’est du donnant donnant. Hier contre demain. On délaisse un peu d’un mode de vie pour en apprivoiser un nouveau. Et ainsi de suite.

Avec le progrès, la notion de liberté est en perpétuel changement. L’exemple du « puçage » états-unien est parfait pour jouer le rôle de signal d’alarme. Sinon, il faut creuser plus longtemps pour débusquer les possibles dangers (tous capable de tenir dans l’image du « Big Brother »), et la majorité des gens n’a pas de pelle, encore moins d’énergie pour creuser. Et entre l’alarmisme et l’angélisme, tenir en équilibre est assez étourdissant.

Voilà où nous sommes.

(Photo : lgb06)

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Classé dans Actualité, Renart L'Eveillé

LA FIN DU PACTE SOCIAL OCCIDENTAL – MAI 68 – AOÛT 2011

 
 
 
 

LA GRANDE ÉPOQUE DE L’AMÉRIQUE

 

En 1968, ils étaient des centaines de milliers à lancer des pavés dans presque toutes les cités d’Europe. En ces temps passés le monde était divisé en deux grands blocs opposés. D’un côté, le camp impérialiste occidental sous la houlette de la super puissance américaine triomphante ; de l’autre, le camp social-impérialiste sous la gouverne de l’Union Soviétique post Khrouchtchévienne (1).  

Quelques années auparavant John F. Kennedy, le chef de file des faucons du Pentagone, avait parrainé l’invasion ratée de la Baie des Cochons (Cuba), puis imposé le blocus de l’île où se cachaient quelques ogives nucléaires russes ; puis il avait ordonner l’invasion du Viet Nam et le massacre de son peuple héroïque. Pour faire bonne mesure, ajoutons quelques coups d’États fomentés par la CIA en Amérique Latine alors sous domination exclusive des États-Unis, ainsi qu’en Afrique, continent fortement contesté entre les puissances impérialistes anciennes (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Belgique et Portugal) et les sociaux impérialistes soviétiques alors en expansion.

Si l’on exclut Cuba, l’Amérique Latine n’était pas à proprement parler l’objet d’un  repartage des zones d’influences et d’exploitation entre ces deux blocs. Les Kennedy – Johnson – et consorts s’étant assuré de ne pas laisser les soviétiques mettre le pied plus loin que Cuba dans cette chasse gardée hémisphérique. En 1973, le général Pinochet sera d’ailleurs chargé de le rappeler aux soviétiques par le fer, le feu et le sang du peuple chilien.

Par ailleurs, l’affrontement entre ces deux blocs entraînait un repartage dynamique des sphères d’influence, des marchés et de zones de spoliation des ressources naturelles en Afrique, au Moyen-Orient et dans une partie de l’Asie. Quelques puissances impérialistes européennes (France, Royaume-Uni, Pays-Bas, Belgique, Allemagne, Israël)  servaient de supplétifs aux américains chaque fois que la Maison Blanche ne pouvait s’occuper elle-même d’un problème régional. Les « libérations » nationales de l’Iran, de l’Inde, du Pakistan, de l’Indonésie, de nombreux pays d’Afrique et du Moyen-Orient témoignent de ce redéploiement du colonialisme classique en un néo-colonialisme plus approprié aux rapports des forces en présence.

En 1968, le dollar US était en ascension vertigineuse et remplaçait l’or peu à peu comme devise du commerce international et comme valeur refuge. Les banques et les trusts financiers américains prenaient le contrôle des bourses internationales. L’industrie américaine et ses filiales allemandes et japonaises dominaient le monde hors de la zone soviétique.

Pendant ce temps le social-impérialisme soviétique grappillait de ci de là quelques zones d’influence en Afrique et en Asie pendant que ses satellites Est européens offraient leurs maigres marchés, leurs ressources naturelles faméliques et leurs ateliers industriels polluants à l’expansion soviétique déjà en difficulté.

L’AFFRONTEMENT

C’est dans ce contexte expansionniste et de confrontation inter-blocs que la petite-bourgeoise et la gente étudiante ouest-européenne s’avancèrent pour réclamer un meilleur  partage des richesses spoliées dans les pays du tiers-monde et rapatriées en métropole. Le mouvement de Mai 68, comme il est convenu d’appeler cette série de soulèvements des jeunes travailleurs et des étudiants, frappa plusieurs pays d’Europe occidentale pour culminer en France en mai 1968. Soulèvements de jeunes travailleurs et d’étudiants car à cette époque d’expansion impérialiste triomphant les jeunes travaillaient ou étudiaient. Le chômage endémique, le désespoir urbain, la misère des banlieues, la paupérisation des masses laborieuses n’étaient pas encore généralisée en Occident.

Le soulèvement des jeunes, que la « gauche » officielle, européenne et française, ne soutient qu’a la toute fin pour mieux le dévoyer et l’étouffer, visait la répartition de la richesse, c’est-à-dire le repartage social de l’usufruit de l’exploitation des néo-colonies d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie. C’est la raison pour laquelle ces soulèvements ne frappèrent sérieusement que les pays riches d’Europe occidentale.

Après des mois d’échauffourées larvées, en tournante dans les différentes capitales d’Europe, le mouvement souleva Paris. La grande bourgeoisie capitaliste choisit alors de tout miser sur la bataille de France et d’y casser définitivement le mouvement. Justement, le Président français Charles de Gaulle était une pointure politique à la hauteur de cette mission réactionnaire.

Effectivement, le mouvement des casseurs revendicateurs fut brisé en France où, après sa fuite à la base militaire de Baden-Baden (Allemagne), de Gaulle revint appuyé les accords de Grenelle qui assurèrent le rehaussement du SMIC et un enrichissement relatif de l’aristocratie ouvrière française. La bureaucratie syndicale, la gauche caviar et le grand capital venaient de signer une trêve sociale – de non révolution – qui devait durer quelques dizaines d’années.

Aussitôt, les autres capitales de l’Ouest emboîtèrent le pas et accordèrent des conditions similaires à leurs étudiants, à leurs aristocraties ouvrières et à leurs bobos nationaux. Les États-Unis refusèrent ce pacte et la bataille se poursuivit là-bas jusqu’à aujourd’hui.

Les accords de Grenelle marquèrent la fin du mouvement des étudiants récalcitrants de Mai-68. La grande bourgeoisie d’affaire occidentale venait d’acheter la paix sociale sur le dos des peuples néo-coloniaux qu’il fallait maintenant assujettir encore plus fermement. L’ère des agressions régionales contre les pays du tiers-monde pour les mettre au pas allait s’intensifier.

ÉTÉ  2011 – RIEN NE VA PLUS     

Après une succession interrompue de crash économique, financier, monétaire, boursier, en 2008 la plus importante de toutes les crises ébranla les fondements de la mainmise américaine sur l’économie mondiale.  La crise se préparait depuis longtemps pourtant. La balance commerciale et la balance des paiements américains donnaient des présages  annonciateurs de la débâcle à venir.

Déjà en 2001, la puissance américaine battait de l’aile. Frappé de toute part par un nouveau joueur très puissant, les USA ne parvenaient plus à maintenir leur hégémonie sur l’empire récalcitrant. Même son hégémonie militaire, pourtant très chèrement acquise (50 % des dépenses militaires parasitaires mondiales), était battu en brèche par les peuples du tiers mondes insoumis.

Ce n’est pas l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center à New-York qui marque le tournant historique de cette époque. Pas du tout, c’est là une vision étriquée, unilatérale et subjective originant du cœur de la bête. C’est la résistance héroïque du peuple irakien à l’agression impérialiste américaine qui constitue l’événement historique charnière. Après la victoire du Viet Nam contre les sbires de l’Oncle Sam, victoire que l’on avait cru atypique – un accident de l’histoire – « Une fois n’est pas coutume » – voilà qu’un petit peuple de 31 millions d’habitants, presque sans armes (kalachnikovs et explosifs), tenait tête et mettait en échec la plus formidable armée de tous les temps. Par la suite, ce fut la résistance libanaise aux hordes sionistes (2006), la résistance afghane (2010), la résistance Nord pakistanaise, somalienne et libyenne (2011)…Qui a peur du gros méchant loup américain ? Terminé l’époque « glorieuse » ou les puissances impérialistes occidentales se partageaient sans vergogne les dépouilles du continent noir, du Moyen-Orient pétrolier, de l’Asie et de l’Amérique Latine tout en refilant quelques miettes à leur petite bourgeoisie reconnaissante.

Ces guerres en série plombèrent lourdement le budget américain. Ces défaites militaires couplées aux crises économiques répétitives (financières, boursières et monétaires), alliée à la désindustrialisation occidentale, associée à la tertiarisation parasitaire de l’économie capitaliste et à la concurrence féroce d’une nouvelle superpuissance industrielle – la Chine impérialiste – ont entraîné l’économie impérialiste occidentale au fond de l’abîme  – le déclin de l’empire américain avait sonné.

Voilà le contexte planétaire qui marque l’époque contemporaine. Les capitalistes monopolistes occidentaux ont donc répudié l’accord de Grenelle et son pacte social ainsi que la trêve signée en 1968. Ils n’ont plus d’argent à offrir pour acheter la paix sociale. Tout juste leur reste-t-il quelques deniers pour payer les forces répressives – polices, services secrets, réservistes et armées – afin d’imposer un nouveau pacte social à la strate des bobos (petite bourgeoisie), aux jeunes désoeuvrés et aux étudiants qui étudient pour devenir chômeurs ainsi qu’au peuple travailleur tout entier.

Ce nouveau pacte social est très simple à comprendre, de moins en moins de services sociaux et d’aide aux déshérités et aux retraités, de plus en plus de réduction drastique du coût de reproduction de la force de travail de façon à tenter de reconquérir le terrain perdu face à l’impérialisme montant de l’Alliance de Shanghai dirigée par la Chine. Délocalisation industrielle vers les pays à faible salaire et à plus value abondante et résistance à la baisse tendancielle des taux de profits. Chômage, guerre de rapine, spoliation, exploitation et paupérisation des masses travailleuses voilà le nouveau programme que tous les Obama, Cameron, Sarkozy et Harper de ce monde proposent à leur population. Pour y parvenir ils comptent sur l’engagement militant et résolu de la petite bourgeoisie paupérisé, accrochée à l’illusion qu’elle peut sauver ce système moribond si elle fait accepter tous ces sacrifices aux pauvres d’Occident et par ceux des pays néo-coloniaux.

Mais voilà, les jeunes des révoltes anarchiques et spontanés de l’été 2011 n’ont rien à voir avec les étudiants universitaires de Mai-68. Ils ne se battent pas pour obtenir leur part de la plus value spoliée dans les pays du tiers-monde ou dans les usines capitalistes. Ceux-là se battent et résistent simplement pour survivre ; pour trouver à manger, s’habiller, se loger ; pour crier leur frustration devant le chômage endémique ; pour brûler les HLM miséreux et insalubres où ils sont parqués. Ils se battent pour dérober quelques colifichets inaccessibles qu’on leur a tant vanté ; pour éventrer les magasins de produits de luxes destinés aux bobos et à l’aristocratie ouvrière qui de toute manière est de moins en moins en affaire pour se les procurés. Les « bobos » pleurent la destruction de ces biens mais de toute façon ces marchandises leurs sont livrés à crédit en attendant que l’économie s’effondre et qu’on leur reprenne maison et cotillon en même temps que le peu qu’on leur avait laissé contempler.

Les capitalistes occidentaux n’ont que peine, sueur, sang et pauvreté à offrir à leurs laquais petit-bourgeois, bureaucratie syndicale, gauche caviar et bobos de toute engeance pour les services de trahison rendue afin de préserver ce système moribond.

Tous ces gens n’ont aucune influence sur les jeunes en révolte qui pourtant auraient bien  besoin d’un leader, d’une orientation politique dans leur activité subversive et de résistance contre l’appareil répressif de l’État (des milliers de policiers partout au Royaume-Uni – demain  l’armée) et pour diriger leur révolte vers la conquête du pouvoir d’État, le renversement de la dictature bourgeoise et l’établissement de la dictature du prolétariat.

Quelle force véritablement de gauche saura assumée cette responsabilité historique en ces temps magnifiques ou les damnés de la terre se sont levés pour transformer l’humanité ?

__________________   

(1)   Le camp socialiste était disparu entre 1953, année de la mort de Staline et 1956, année  du rapport « secret » de Khrouchtchev au XXe congrès du PCUS.

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Classé dans Actualité, Robert Bibeau

OTAN

 par André Lefebvre

Après vous avoir présenté l’ONU la semaine dernière, je vais maintenant me pencher sur l’OTAN. On verra que son rôle de « protecteur » est devenu « politique », assez rapidement.

Oui, oui, je sais, il y a plein de bibliothèques québécoises qui traitent sur le sujet et on peut se procurer ces livres GRATUITEMENT. Mais combien d’entre nous s’y rendent pour faire des « recherches » soit sur l’ONU ou sur l’OTAN? Sûrement moins que ceux qui lisent « Les 7 du Québec » et « centpapiers.com ».

Oui, oui, je sais, je n’ai fait que glaner mes informations sur internet et principalement sur WIKI; mais, encore une fois, combien d’entre nous lisent les articles traitant  des actions actuelles de l’OTAN ou de l’ONU et se rendent, ensuite, sur les sites qui donne l’information de l’origine de ces organismes?

Sûrement moins de personnes que le nombre qui lisent les articles.  Voilà donc pourquoi je me donne cette peine. Reconnaissez que c’est gratuit, ça aussi.

Quoi qu’on en dise, la majorité des gens se rappellent des « faits historiques » qui datent de moins de deux ans ou trois ans. Tandis que ceux qui « provoquent » et « manipulent » les évènements de l’histoire, les planifient 25 ans à l’avance. Il me semble donc indispensable de faire des « retours en arrières », de temps à autre, pour comprendre vers quoi on nous dirige.

Pour ceux qui disent se « rappeler » d’anciens évènements « historiques », ils s’en souviennent simplement parce que ceux-ci appuient leur propre opinion actuelle. Ils oublient facilement ce qui ne concorde pas.

Il devient évident que pour « saisir » la planification des « dirigeants » de l’histoire, au lieu de se bercer dans nos « politiques internationales » individuelles, il faut considérer les résultats obtenus. Et la seule façon d’y parvenir, est de mettre sur papier les « faits » officiels de l’histoire chronologiquement. Ce qui nous donne une image « objective » de cette planification qui avait été établie. Suite à cela on peut y appliquer un « raisonnement » valable. Quel qu’en soit le résultat, ce sera toujours un « raisonnement objectif ».

Personnellement, je constate simplement l’existence de ces organismes et j’essaie d’en découvrir la raison d’être pour la comparer aux activités actuelles. Je ne pourrai certainement pas m’empêcher de faire quelques commentaires « rosés »; mais qu’à cela ne tienne, si vous n’aimez pas, vous sautez les « entre parenthèse de couleur rosée » (Mais j’y pense : cette fois-ci, ils seront bleus).

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le 24 octobre 1945 La ratification définitive de la Charte des Nations unies est promulguée. C’est cette charte qui définira les buts et les principes de l’ONU.

le 24 novembre 1945. Création officielle de l’Organisation des Nations unies (ONU).

12 février 1948. C’est le Coup de Prague; qui est la prise du pouvoir de la Tchécoslovaquie par le parti communiste avec le soutien de l’Union Soviétique.

le 17 mars 1948 se conclue l’alliance militaire du traité de Bruxelles entre la France, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Les alliés européens souhaitent l’aide des États-Unis pour assurer efficacement leur défense.

Le traité donne naissance à une union occidentale, qui préfigure l’Union de l’Europe occidentale (qui fut dissoute en juin 2011).  La première fonction de cette alliance était de montrer aux États-Unis la volonté européenne de réagir face à la pénétration soviétique en Europe orientale. En apportant ainsi la preuve de leur détermination à œuvrer ensemble, les puissances signataires du Traité de Bruxelles ont contribué à vaincre la réticence des États-Unis à participer à l’édification de la sécurité européenne. Dans les faits, toutes les actions de défense qui ont suivi, furent chapeautées par l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Alliance Atlantique, c’est-à-dire : l’OTAN). Il est à noter que toute alliance militaire des États-Unis, en temps de paix, est défendue par la constitution américaine.

Le 11 juin 1948 (on envoie promener les 56 pères de la Constitution et…) le sénateur Vandenberg fait voter la résolution 239 pour établir l’alliance.

Le 18 juin 1948, le Conseil de sécurité américain adoptait la résolution NSC 10/2, chargeant l’Office of Special Projects d’établir un programme d’action clandestin. La CIA met en place des réseaux de résistance bien armés et bien organisés. L’alliance des USA devient constitutionnelle, à la condition d’être conforme à la Charte des Nations unies. Le sénat préserve le choix du Congrès américain de faire ou non la guerre.

le 4 avril 1949 naît l’OTAN (l’Alliance Atlantique) suite à des négociations des cinq pays européens signataires du traité de Bruxelles (BelgiqueFranceLuxembourgPays-Bas et Royaume-Uni) avec les États-Unis, le Canada et cinq autres pays d’Europe occidentale invités à participer (DanemarkItalieIslandeNorvège et Portugal). Son but : Assurer la sécurité de l’Occident au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en prévenant d’éventuels soubresauts d’impérialisme allemand et en luttant contre les ambitions de conquête de l’Union Soviétique appuyée par ses satellites (militairement organisé dans le cadre du Pacte de Varsovie).

Après l’implosion de l’URSS, l’organisation s’est vue confrontée à de nouvelles menaces, notamment les revendications nationalistes dans l’ancien bloc communiste et l’essor du terrorisme international (L’auteur, ici, donne une justification à la continuation de l’existence de l’ONU. Mais cette justification est venue beaucoup plus tard que 1991).

L’OTAN semble être née d’abord d’une incapacité de l’ONU à assurer la paix mondiale, bloquée par les multiples vétos soviétiques (C’est-à-dire : bloquée démocratiquement selon les règles établies). Avec ce traité, les Américains rompent avec leur tradition d’isolement et entrent dans une alliance permanente avec le continent européen. Les Européens ont tout fait pour amener les Américains à participer à leur défense

L’OTAN veut une paix active, il encourage la coopération de ses membres dans tous les domaines, économique, social, culturel et pas seulement militaire (Ce qui implique un incursion dans le « Politique »). Les Soviétiques s’opposent au traité, l’accusant d’être un instrument de « l’impérialisme américain » (que l’Europe avait demandé avec insistance et que les USA refusaient).

Le traité va finalement être l’élément qui va réellement souder le bloc occidental derrière les États-Unis, installant peu à peu une certaine hégémonie américaine (et prévisible). Les États-Unis ont déployé de nombreuses forces terrestres en Europe pendant toute la durée de la Guerre froide. Dès septembre 1954, le Pentagone stocke des armes nucléaires au Royaume-Uni, et au début des années 1960, on trouvait des charges nucléaires américaines dans sept pays membres européens de l’OTAN – en Allemagne, en Belgique, en Grèce, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Turquie. La France, quant à elle, en avait accueilli plusieurs sur son territoire jusqu’en 1959.

En 1958, la France abrite 100 000 Américains, soldats et civils. Les régions « occupées » vivent à l’heure américaine et adoptent les produits américains (films, boissons, nourriture, vêtements, musique) (On doit également comprendre que l’économie locale bat son plein). Cependant, cette présence américaine engendre un mouvement d’antiaméricanisme à partir de 58 (difficile à comprendre si ce n’est qu’à cause de la « caractéristique » américaine de se « croire » important. Il est évident que ces mêmes deux « croyances, de part et d’autre, crée des étincelles) « Les libérateurs » de juin 1944, (suppliés de venir jusqu’en 1949) sont remplacés par « les impérialistes » dans l’esprit européen. Le parti communiste menace de faire basculer la France dans le camp soviétique et s’oppose ouvertement aux États-Unis (On perçoit, ici, facilement la « source » du qualificatif « d’impérialisme » américain).

Après le retour au pouvoir de Charles de Gaulle, à la faveur de la crise de mai 1958 (Un ultimatum expirant le 29 mai est adressé à Paris. Une partie de l’armée en Algérie prépare secrètement – en liaison avec les gaullistes – un débarquement sur Paris : c’est l’opération dite « Résurrection ».), une crise s’ouvre entre la France et les États-Unis et le Royaume-Uni au sujet de l’OTAN, qui culmine en 1966 avec l’annonce du retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN. La France souhaite disposer de l’arme nucléaire pour ne pas être dépendante des États-Unis. Cette volonté d’autonomie n’ira cependant jamais jusqu’à la rupture et, lors de moments de tensions, comme le blocus de Berlin ou de la crise des missiles de Cuba, la France réaffirmera sans ambigüité son alignement stratégique dans le bloc occidental.

Le président Charles de Gaulle, bien qu’il ait un temps refusé la décolonisation française en Indochine, condamne l’aide militaire apportée par les États-Unis d’Amérique à la République du Viêt Nam,  ainsi que l’attaque israélienne lors de la guerre des six jours.

Le 11 mars 1959, la France retire sa flotte méditerranéenne du commandement de l’OTAN.

En juin 1959, de Gaulle s’oppose à l’installation d’armes nucléaires étrangères sur le territoire français. Le Pentagone retire alors hors de France 200 avions militaires, et commence progressivement à se retirer de la dizaine de bases aériennes américaines présentes en France depuis 1950, retrait achevé en 1967.

En janvier 1961 Kennedy devient président des USA. La politique de Kennedy, appelée « Nouvelle Frontière », prévoit la détente envers l’URSS, l’envoi d’un homme sur la Lune, l’égalité des Noirs et des Blancs, la relance de l’économie, la lutte contre la pègre et l’arrêt de l’expansion communiste dans le monde.

Du 16 au18 avril 1961 : le gouvernement Kennedy tente d’appliquer un plan initialement préparé par Dwight Eisenhower, pour renverser Fidel Castro, président cubain communiste.  C’est un échec de la CIA qui est connu sous le nom de « l’invasion de la baie des Cochons ». En moins de deux jours, Kennedy refusant tout appui aérien pour ne pas tuer des civils, le gouvernement castriste tue ou fait prisonnier les exilés et Kennedy doit négocier leur libération (Aujourd’hui, les appuis aériens sont une vogue).

En 1962 De Gaulle retire la flotte atlantique et celle de la Manche du commandement de l’OTAN.

En 1963, le 11 juin : Kennedy prononce un discours sur les droits civiques : « Nous sommes, à la fois en tant que pays et en tant que peuple, face à une crise des valeurs morales » (On doit dire qu’il ne se trompait pas).

Octobre : Kennedy envisage un désengagement des conseillers militaires américains au Viêt Nam et un accroissement de l’aide pour l’entraînement des forces sud-vietnamiennes (C’est à se demander comment parvenir à faire les deux conjointement?).

12 novembre : Il prononce un discours à l’université de Colombia, qui mentionne un « complot pour anéantir la liberté des Américains ».

21 novembre : Il prépare sa politique de « lutte contre la pauvreté » pour son programme d’action à mettre en œuvre en 1964.

En novembre 1963 Kennedy est assassiné à Dallas Texas.

« Cette intégration « hors sujet » de Kennedy est simplement pour démontrer que l’assassinat de Kennedy visait à permettre de diminuer « la liberté des américains » et d’empêcher « l’élimination de la pauvreté ». Ce qui est aujourd’hui « un fait » accompli et par conséquent très évident dans ce « retour en arrière ». Par contre, la suppression des libertés s’est étendue à tout le monde occidental; quant à la pauvreté…

En septembre 1965, de Gaulle annonce, lors d’une conférence de presse, le retrait du commandement intégré de l’OTAN au plus tard pour 1969. C’est chose faite en mars 1966, toutes les troupes étrangères étant poussées à quitter la France.

En 1968, profitant des évènements en France qui affaiblissent le Général De Gaulle, les États-Unis réussissent à diviser les pays européens et à leur faire accepter de ne plus être obligé à garantir le dollar contre de l’or. Sans plus aucune contrepartie à l’émission de monnaie, les États-Unis se retrouvent avec une ligne de crédit illimitée aux frais du reste du monde. Disposant de militaires armés dans toutes l’Europe, la seule alternative, laissée par les États-Unis, est d’acheter la dette américaine, creusant encore plus de déficit américain et repoussant encore plus l’éventualité d’un remboursement. Cette politique contre laquelle a lutté le Général prendra pour nom « Benign neglect » (« négligence bénigne ») car pour les États-Unis, la dette n’est plus un problème américain, mais elle devient celui de ceux qui ne seront jamais remboursés, qui n’ont pas les moyens militaires de faire valoir leurs intérêts.

Le départ de De Gaulle, en 1969, ramène une relative détente entre les deux nations. Dès 1970, Georges Pompidou rééquilibre les relations avec Richard Nixon en effectuant une politique de rapprochement avec les États-Unis. Il est aidé par le francophile secrétaire d’état américain Henry Kissinger. Nixon contourne même les lois de son pays afin de fournir à la France des super ordinateurs essentiels pour la recherche, notamment dans le domaine nucléaire. Le président fait ensuite modifier la loi et entame alors des relations officielles d’échanges d’informations dans les domaines très sensibles du nucléaire.

En 1974 l’entreprise américaine Westinghouse cède sa licence concernant les réacteurs à eau pressurisée à l’entreprise française FRAMATOME. L’OTAN reconnaît, par la déclaration d’Ottawa (1974) que les dissuasions françaises et britanniques renforçaient la dissuasion globale de l’Alliance.

Dans les années 1980, alors que Reagan est au pouvoir, il enclenche une politique offensive envers l’URSS (« America is back! » (Yippee ya ya youp et youppy yé!!!). La décision de mise en place des missiles MGM-31 Pershing et BGM-109G Gryphon pour contrer les SS-20 soviétiques conduit à la « crise des euromissiles », dont sort victorieux le bloc de l’Ouest avec le retrait multilatéral de ce type de matériel d’Europe.

Sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, les relations bilatérales sont meilleures grâce à une légère détente du conflit Est-Ouest, de plus les États-Unis sont frappés par le « choc pétrolier ». La France profite de ce contexte pour affirmer sa position internationale en manifestant une solidarité sans faille avec les États-Unis lors des crises internationales.

En 1981, l’alternance politique gauche-droite, en France, assombrit les relations. Les élans tiers-mondistes de François Mitterrand inquiètent les États-Unis mais les relations reprennent vite. Entre 1981 et 1983, la France socialiste est une solide alliée de l’Amérique de Ronald Reagan (Probablement parce qu’il n’est pas la plus brillante bougie du chandelier de la politique internationale de l’époque).

La chute du mur de Berlin, en 1989, et l’éclatement de l’URSS, en 1991, mettent fin à la bipolarisation du monde. Mais ces événements font entrer le monde dans une période instable; de nouvelles menaces apparaissent comme les conflits régionaux (Palestine, comme si c’était nouveau) et le terrorisme international (Attaque à la bombe du World Trade Center à New York en 1993). Dans ce contexte, les États-Unis et la France se rapprochent pour faire face ensemble à ces menaces.

La France participe néanmoins, pour la première fois, à une opération de l’Otan lors de la guerre en Bosnie, en 1993 ; l’armée française étant impliquée, le rapprochement avec le commandement de l’OTAN est inéluctable, la France devant participer à la planification des opérations.

Au sujet de la Bosnie : Le 18 mars 1992, le diplomate portugais José Cutilheiro propose un projet de cantonisation de la Bosnie-Herzégovine (sur le modèle helvète des cantons). Les dirigeants croates et serbes de Bosnie-Herzégovine acceptent, contrairement à Alija Izetbegović qui refuse et préfère un pouvoir central, qu’il pourrait éventuellement occuper. C’est aussi la position de l’Union européenne. (Est-ce que le système démocratique helvète est trop « démocratique » pour les autorités occidentales? C’est une question à approfondir, j’ai l’impression).

Devant l’inefficacité des Casques Bleus, les forces de l’Alliance Atlantique (OTAN) sont alors intervenues en 1995 directement contre les milices serbes de Bosnie. En août de cette même année, la Croatie reconquiert la Krajina lors d’une opération-éclair de 3 jours, l’opération Tempête, appuyée par des bombardements de l’OTAN 200 000 réfugiés Serbes sont déplacés, et 2000 morts.

Le 3 octobre 1990 Pour s’assurer de l’accord soviétique à une entrée de l’Allemagne réunifiée dans l’OTAN, il fut décidé qu’aucune troupe étrangère, qu’aucune arme nucléaire ne seraient stationnées à l’Est et, enfin, que l’OTAN ne s’étendrait jamais plus à l’Est.

On assiste à partir de cette période à une baisse rapide des effectifs militaires des membres de l’Otan.

L‘après guerre en Irak fut pris en mains par quatre pays : le Canada, le Royaume-Uni, les États-Unis et la France. Les missions dévolues à ces nations étaient de contrôler l’espace aérien, de faire respecter les zones d’exclusions et de bombarder au sol tous les sites suspects. Après plusieurs temps de ce régime sévère, la France et Canada décident de ne plus accepter les missions de bombardement au sol et se contentent alors de missions d’observations et de protection de l’espace aérien. Depuis les toutes dernières années de la  présidence Clinton, la France et le Canada militent pour un assouplissement de l’embargo en Irak arguant que c’était avant tout la population qui en subissait les conséquences. L’UNICEF évoqua même un bilan catastrophique de 500 000 enfants morts en raison de cet embargo.

En 1995, le président Jacques Chirac amorce des négociations en vue de la réintégration de la France au commandement intégré de l’OTAN. L’année précédente, et dans le cadre de la guerre en ex-Yougoslavie, la France avait participé au comité militaire de l’OTAN; elle le réintègre pleinement en 1996. Les négociations de Chirac échouent toutefois, Washington refusant de confier le commandement sud de l’OTAN à la France.

En 1999 toujours, l’OTAN engage ses forces dans sa première grande opération militaire, participant à la guerre du Kosovo en bombardant la Serbie-et-Monténégro pendant onze semaines (du 24 mars au 10 juin 1999), lors de l’opération Allied Force.Cela pose déjà la question de l’avenir de l’OTAN, qui a perdu son ennemi naturel, le Pacte de Varsovie.

Les attentats du 11 septembre 2001 et la déclaration, par le président George W. Bush, d’une « guerre contre le terrorisme », modifient la donne et font jouer à l’OTAN un nouveau rôle. L’islamisme remplace ainsi le communisme comme principale menace du « monde libre ». (Le résultat direct est la diminution importante de la « liberté de tous les occidentaux » et une redirection de l’économie vers les armes au dépend de l’augmentation de la pauvreté. Cela ressemble à une « Phase II de l’orientation politique à l’époque de l’assassinat de Kennedy).

Le 12 septembre 2001, la France propose à l’ONU une résolution condamnant les attentats de la veille (World Trade Center): la résolution 1368 est adoptée par le conseil de sécurité. Elle engage ses forces aériennes et navales dans la Guerre d’Afghanistan depuis le début des opérations.

Lors du sommet de Prague de novembre 2002, l’OTAN crée une force de réaction rapide. En décembre, l’Union européenne (UE) signe avec l’OTAN un partenariat stratégique, l’Identité européenne de sécurité et de défense (IESD). Dans le même temps, l’OTAN prépare son élargissement concomitant avec celui de l’UE elle-même.

le 29 mars 2004, sept nouveaux pays (l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie) sont entrés dans l’organisation, en portant à 26 le nombre de membres.

En 2004, la coopération entre les forces françaises et américaines en Afghanistan se place dans l’action de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS). Suite à l’accord du sommet d’Évian de juin 2003, la France a également envoyé plus de 200 commandos des forces spéciales. Elles sont sous le contrôle des Américains et relèvent aussi du commandement d’Henri Bentégeat, chef d’état-major des armées. Elles reçoivent la confiance des forces américaines qui leur offrent la totalité des informations disponibles. Elles sont épaulées par l’action des forces aériennes américaines.

Cependant la France se veut « aux côtés » et « non derrière » les États-Unis. Cette ambition fait apparaître de profondes divergences, qui atteignent leur paroxysme en 2003.

À partir de 2002, la diplomatie française s’oppose de plus en plus frontalement à la volonté de l’administration américaine d’intervenir militairement en Irak. Cependant, la France décide d’ouvrir son espace aérien aux avions militaires américains qui sont utilisés pour bombarder l’Irak.

Mi-2004, le commerce bilatéral a repris une activité normale et certains Américains ont même proclamé que la France avait eu raison de ne pas intervenir militairement en Irak.

En novembre 2004, suite à la crise ivoirienne, les États-Unis soutiennent la résolution 1572 présentée par la France devant le conseil des Nations unies (ONU), qui prononce un embargo sur les armes ivoiriennes.

En février 2005, les deux pays se rejoignent sur le problème libanais : ils appellent ensemble au retrait des troupes syriennes du Liban et propose la résolution 1559, votée le 2 septembre 2004 à l’ONU.

Le 14 octobre 2005Condoleezza Rice s’est entretenue avec le président de la République et Philippe Douste-Blazy. Ils travaillent ensemble sur le dossier nucléaire iranien. La France a également soutenu le projet de résolution américain contre la Corée du Nord en octobre 2006.

Le 1er avril 2009, juste avant le 24e sommet de l’OTAN à Strasbourg et à Kehl, ainsi qu’à Baden-Baden qui célèbre le 60e anniversaire de l’OTAN et voit d’importantes manifestations antimilitaristes et anticapitalistes, le porte-parole de l’OTAN annonce l’adhésion de l’Albanie et de la Croatie, ce qui porte le nombre d’États membres à 28. Dans le même temps, le président Nicolas Sarkozy annonce le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN : ce retour s’accompagne de l’attribution à un officier général français d’un grand commandement militaire de l’OTAN, mais la France n’intègre pas le comité des plans nucléaires.

Début 2009, le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN  marque le renforcement de l’alliance entre Paris et Washington.

Dans un sondage effectué en mai 2007 pour le CSA et la French-American Foundation France, l’image de la France aux États-Unis s’est améliorée puisque 48 % des Américains reconnaissent la France comme un partenaire et 41 % ont de la sympathie envers la France. Selon le même sondage, seuls 15 % des Français éprouvent de l’antipathie à l’égard des États-Unis.

Un point de divergence important entre la France et les États-Unis est la question du conflit israélo-arabe. La France fut, jusqu’en 1967, l’allié privilégié d’Israël. Depuis la guerre de 1967, De Gaulle a mis à l’index Israël et sa politique. Depuis lors, la diplomatie française a gardé la même ligne, résumée dans l’expression « la politique arabe du Quai d’Orsay ». Aux États-Unis, en revanche, on assiste très passivement aux premières années difficiles de l’état israélien, et puis on change nettement d’attitude par la suite au point de remplacer la France comme allié privilégié d’Israël après 1967. La France tenta de ménager les intérêts arabes et Israéliens durant son alliance avec Israël, tandis que les États-Unis apparaissent plus comme un grand frère protecteur et nourricier qui laisse faire. George W. Bush avait ainsi mis le président de l’Autorité Palestinienne Yasser Arafat sur la touche alors qu’il bénéficiait d’une protection française.

Les relations franco-américaines sont, de plus, détériorées par des mouvements « anti », existants dans les deux pays. De nombreux Français sont antiaméricains ; idem de l’autre côté de l’Atlantique avec le « french bashing » où les blagues antifrançaises sont légions et la littérature antifrançaise copieuse. Les Français et les Anglais ont, depuis huit siècles déjà, le même type de relations agressives. Ces huit siècles d’échanges d’insultes n’ont toutefois pas empêché les deux démocraties de s’unir pour affronter ensemble les délicats écueils du xxe siècle

En 2010, 150 à 200 armes nucléaires non stratégiques américaines restent basées en Europe. Les charges nucléaires B-61 toujours présentes sur le continent seraient basées dans cinq pays, à savoir l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, les Pays-Bas et la Turquie après le retrait de ses armes de Grèce en 2001 et du Royaume-Uni à partir de 2004.

Auparavant, la structure de commandement militaire reposait sur une division géographique : une pour l’Europe (Commandement allié pour l’Europe), une pour l’Atlantique (Commandement allié pour l’Atlantique) ; treize quartiers généraux étaient subordonnés à ces commandements.

Depuis 2003, toute la fonction opérationnelle est concentrée en un seul commandement : : le Commandement allié des opérations ( Allied Command for Operations – ACO), plus communément appelé Shape.

Des suppressions et regroupements de formations décidées en 2011 sont depuis en œuvre. (Ceci indique une prise de pouvoir sur l’OTAN par une seule entité).

Le budget global de l’OTAN atteint 1 876 millions d’euros en 2007 :

  • le budget civil (186 millions d’€) ;
  • le budget militaire de fonctionnement (1690 millions d’€).

Les cinq principaux contributeurs sont, dans l’ordre décroissant de leur participation financière (pourcentage en 2007) :

  • États-Unis : 25,9 %
  • Allemagne : 19,2 %
  • Royaume-Uni : 11,2 %
  • Italie : 7,7 %
  • France : 7,5% ; sa part théorique dans le budget OTAN est d’environ 13 % mais la France, en vertu de son positionnement particulier, bénéficie d’un régime dérogatoire de « financement à la carte » c’est-à-dire qu’elle peut choisir au cas par cas les opérations (budget militaire) ou programmes (budget NSIP) qu’elle finance ; en contrepartie, les industriels français ne peuvent être candidats aux appels d’offre OTAN que la France finance.

Liste des opérations militaires

  • Adriatique (1992–1996) : l’OTAN s’engage dans une opération de surveillance maritime baptisée opération Sharp Guard, destinée à contrôler l’embargo sur les armes de l’ONU imposé à la République fédérale socialiste de Yougoslavie.
  • Bosnie-Herzégovine (1995–2004) : campagne de bombardement pour faire cesser le conflit puis première mission de maintien de la paix. Ce fut l’occasion pour les Tchèques et les Polonais de participer à l’IFOR et d’en tirer une expérience précieuse, en particulier au niveau de l’interconnexion des armées. La IFOR puis la SFOR (Force de stabilisation) de l’OTAN ont passé le relais à l’EUFOR de l’Union européenne le 2 décembre 2004 : c’est l’opération Althéa engageant 7 000 hommes dans le cadre des accords de Berlin plus.
  • Albanie (avril–août 1999) : 7 000 militaires sont déployés pour une opération humanitaire pour venir en aide aux réfugiés kosovars venus en Albanie après le début de la guerre sur leur territoire.
  • Kosovo (1999–…) : après une campagne aérienne durant la guerre du Kosovo, l’opération Allied Force, la force multinationale de paix de l’OTAN au Kosovo (KFOR) se déploie avec 43 000 hommes. Au 7 décembre 2004, elle représente 17 733 personnes.
  • Ancienne République yougoslave de Macédoine (2001-2003) : force de maintien de la paix, chargée du désarmement, de la protection des observateurs civils, de la stabilisation et sécurisation du pays. L’Union Européenne reprend le relais le 31 mars 2003 : c’est l’opération Concordia organisée dans le cadre des accords de Berlin plus.
  • Active Endeavour (2001–…) : opération d’interdiction maritime suite aux attentats du 11 septembre 2001. La force navale permanente de la mer Méditerranée (Stanavformed) est déployée pour participer à la lutte anti-terrorisme. Elle dispose en particulier d’aéronefs AWACS. 1 200 militaires concernés.
  • Afghanistan (2003–…) : le 11 août 2003, l’OTAN prend le commandement de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS ou ISAF), c’est leur première intervention hors du cadre euratlantique ; 37 pays  y contribuent. Elle s’emploie à étendre l’autorité du pouvoir central et à faciliter la reconstruction du pays. Y est présente une force de 45.000 hommes en 2008.
  • Irak (2003–2010) : apporte un soutien logistique à la division multinationale et participe à la formation des forces de sécurité irakiennes avec 300 personnes dont des instructeurs sur place et dans les écoles de l’OTAN.
  • En juin 2006, les ministres de la Défense de l’OTAN, réunis à Bruxelles, ont décidé de doubler les effectifs de l’ISAF, la Force internationale d’assistance et de sécurité, déployée en Afghanistan, forte actuellement de 9 000 hommes.
  • Libye (2011) : prise de commandement militaire officielle le 31 mars 2011 pour l’opération Protecteur Unifié.

Les stratégies de la nouvelle alliance

L’Alliance aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celle de la Guerre froide. (Jaap de Hoop Scheffer, 2006)

Soyons clair : il ne saurait être question de jouer au « gendarme du monde ». L’Alliance n’en a ni les moyens, ni la volonté politique. (Jaap de Hoop Scheffer, 2006)  (Il y a un changement d’opinion indéniable depuis 2006)

Dans le monde multipolaire actuel, le rôle et les missions de l’OTAN sont difficiles à interpréter. Elles sortent donc du traditionnel espace euratlantique. Cependant, l’OTAN n’a pas vocation à se substituer aux Nations Unies et de compenser ses incapacités structurelles. Ce n’est pas une nouvelle forme de troupes Casques Bleus. Les stratégies de la nouvelle OTAN ont été élaborées à partir de la fin des années 1990, et développées après l’attaque du 11 septembre 2001 sur les États-Unis. (Sauf que la tactique militaire la plus usuelle est d’envoyer un mouton pour attirer le loup et l’abattre).

Le Comité des plans de défense a décidé en 2006 que l’OTAN devait se préparer à mener de front deux opérations de grande envergure mobilisant 60 000 hommes chacune et six opérations moyennes (30 000 hommes). Au total, jusqu’à 300 000 hommes entraînés et préparés devront donc être disponibles pour intervenir dans n’importe quelle région du monde pour maintenir la paix. L’Otan est en 2008 très loin de tenir ces objectifs si l’on se réfère aux difficultés chroniques de l’ISAF à obtenir les moyens nécessaires à une stabilisation de la situation en Afghanistan (considérée selon les critères Otan comme une opération de moyenne envergure).

Les alliés se sont engagés à consacrer à leur défense au moins 2 % de leur PIB pour y parvenir, un chiffre que seuls sept des vingt-six alliés (dont les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Turquie) parviennent à atteindre.

En 2010, on prévoit une refonte des structures de l’OTAN avec une forte baisse des effectifs passant de 17 000 avant 2009, moins de 13 000 en 2010 et des options pour l’avenir allant de 9 500 à 7 500 militaires affecté à cette organisation.

Les pays candidats à l’Otan participent au programme Plan d’action pour l’adhésion afin de les aider à avancer dans le processus conduisant à une future adhésion formelle. Ces États ont en effet besoin de réformer en profondeur leurs forces armées, et même une certaine conception de la défense :

  • entretien durable de relations pacifiques avec les pays voisins ;
  • assurance de la paix intérieure par rédaction d’un cadre légal régissant les minorités ethniques éventuelles ;
  • le commandement en chef de l’armée doit être entre les mains d’un civil : c’est la démilitarisation de l’armée (On devrait dire plutôt : la Politisation de l’OTAN). qui met fin à des héritages totalitaires ;
  • généralisation de la langue anglaise ;

Réalité structurelle de la croissance économique.

Pays participants : les pays ayant adhéré en juin 2004 (voir ci-dessus) faisaient partie de ce programme ainsi que les pays candidats (2008) :

Pays candidats au programme Plan d’action pour l’adhésion :

C’est là, la situation actuelle. La paix dans le monde dépend essentiellement de l’OTAN qui elle, dépend de la politique américaine qui contrôle l’OTAN. Curieux que les USA couvrent 30% des coûts de l’OTAN, quand ils ont de la difficulté à se décider de payer ce qu’ils doivent à l’ONU.

Cependant les problèmes entre l’ONU et les USA ne sont pas financiers. Les postes diplomatiques accrédités auprès des Nations Unies à New York créent 30 600 emplois et 3,2 milliards de dollars par an. L’ONU est ainsi devenue la troisième activité économique New-yorkaise après le tourisme et l’industrie du vêtement. Le problème est celui du « contrôle ».

À noter: Il y a 193 pays membres de l’ONU et 28 pays membres de l’OTAN. Il semble donc que « l’adhésion » à l’OTAN est « censurée » comparativement à celle de l’ONU. Militairement, à première vue, il y a 165 pays « sous la botte » de 28 pays « privilégié ». Ajoutez à cela le G-8 versus le G-20 (je remarque que le total donne 28) et nous pouvons percevoir ce qui fut planifié pour le futur de l’humanité. L’ère des « négociations » n’est pas pour demain. 

Amicalement

André Lefebvre

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Apprivoiser l’injustice


Justice, justice, on n’a que ce mot à la bouche. Si on l’aimait vraiment, il faudrait voir la justice comme une icône et la mettre sur le guéridon avec un lampion devant en signe de révérence. Il faudrait admettre que la justice n’est qu’un espoir. Dans la réalité, la seule justice est que les causes produisent leurs effets.

La justice comme on la rêve, avec l’égalité qui la suit comme son ombre, n’existe pas. La nature, ce sont les gros qui bouffent les petits de haut en bas de la chaîne alimentaire. Si dans la strate «humanité» on ne se dévorent plus les uns les autres, c’est bien affaire de tendreté plus que de tendresse et on se reprend autrement…

On s’est repris en bâtissant d’abord des sociétés qui reproduisent la lutte pour la vie et où prévaut une totale injustice. Heureusement, avec la division du travail nait la complexité, la complémentarité et une dépendance envers la autres qui prend sa source dans la richesse accrue que permet cette complémentarité. On dépend tellement des autres qu’on en vient, sinon à les aimer, du moins à en prendre soin. On va parler de solidarité.

Une société ne peut exister sans la solidarité, qui est cette protection nécessaire de ceux dont on dépend pour tirer de la société le mieux qu’on peut en tirer. Cette solidarité pose des limites concrètes à l’injustice. Pas des limites à l’égoïsme, lequel demeure inchangé, mais à la manifestation de l’égoïsme. On apprend à apprivoiser l’injustice. On devient civilisé.

Dans une petite tribu, chacun qui n’est pas trop bête voit ce qu’il faut faire et ne pas faire pour que ne soient pas mis en péril le bien général et sa propre qualité de vie. Ceux qui ne le voient pas sont vite éliminés. Dans une société complexe, les liens ne sont plus si apparents. On compte sur l’État pour les voir et les faire comprendre à tous. En faisant des lois, des réglements et en les faisant respecter.

Au départ, on demande à l’État d’assurer la sécurité. Que l’étranger ne vienne pas nous asservir et que les voisins ne nous volent pas nos moutons. Pour le reste, libéralisme. Mais, avec la Révolution industrielle, l’interdépendance augmente et l’État doit se mêler de la production, qui est la création de richesse réelle. L’injustice restera flagrante, mais on l’apprivoisera en passant du libéralisme au néoliberalisme.

Après quelques incidents inquiétants, comme la Crise de 1929, le néolibéralisme viendra qui acceptera qu’il faille prendre des riches, pour donner aux pauvres. Redistribuer assez de richesse pour que la demande reste «effective» et que ce qui est produit soit largement consommé, sans quoi riches comme pauvres seraient ruinés. On redistribuera un minimum, bien sûr, mais ce sera ce qu’il faudra…

Cette confiscation permanente, systémique, d’une part de la richesse étant nécessaire, elle a été acceptée. Mais ne pouvait que frustrer les gagnants du jeu de la production et être un odieux fardeau pour l’État chargé de cette «péréquation». Comment rendre le prèlevement moins haïssable? En faisant un pari audacieux. Il fallait donner aux pauvres l’argent pour consommer, mais était-il nécessaire que cet argent soit prélevé des riches ? Que non ! Il suffisait de CRÉER plus argent La caste des riches garderait sa part et les pauvres auraient ce qu’il fallait.

Si on créait plus d’argent, sans créer une richese réelle correspondante, n’allait-on pas avoir une terrible inflation ! Pas du tout, car les riches ayant déja tout ce qu’ils voulaient, ils ne consommeraient pas davantage et l’argent entre leurs mains n’exercerait donc pas de pression sur les prix. Il économiseraient, investiraient, auraient de plus en plus d’argent… mais ne dépenseraient pas significativement plus. On aurait, sans avoir à le dire, un argent pour la consommation de Quidam Lambda et un argent pour les riches.

On a vécu des décennies en misant sur cette notion qu’il y avait deux richesses qui ne se mêlaient pas. On a vécu les «Trente glorieuses», on est passé d’une économie industrielle a une économie tertiaire. Il y a eu bien des péripéties, mais les décrire nous écarterait de notre sujet. Ceux qui s’y intéressent peuvent consulter ce lien.

On a vécu sans dommages, laissant se créer une richesse monétaire sans inflation, mais c’était une situation bien instable. Quand on a commis l’erreur de monter des échaffaudages financiers ayant à leur base des propriétés, on a mis des biens réels en gage d’obligations financières. La valeur du bien réel pouvait n’être qu’une parcelle infime de la valeur du montage financier, mais une fluctuation pouvait compromettre la propriété de ce bien réel. On mêlait l’argent pour la consommation à l’argent pour rire des riches…. Danger ! Une perte de confiance, et l’économie réelle serait affectée.

Quand est venue cette perte de confiance et que l’économie a vacillé, le probleme pour les financiers, a été facile a regler: on s’est imprimé virtuellement et on a inscrit aux livres quelques centaines de milliards de plus. Sans importance, puisque l’on savait bien que cet argent ne valait rien. La bourse pouvait continuer a monter…

Pour Quidam Lambda, cependant, quand l’économie vacille et entre en chute libre, c’est lui qui en fait les frais par le chomage et c’est de l’argent pour la consomation qui lui manque. C’est la catastrophe.

Avec la crise de 2008, l’injustice est réapparue. Brutale. Sauvage. On ne pouvait pas dire à QL que l’énorme dette qu’on augmentait maintenant sans broncher n’était qu’une variable d’ajustement, qu’il n’avait jamais été question qu’on la rembourse et maintenant moins que jamais. L’avouer aurait été dire au peuple qu’on lui avait menti, ce qui ne va pas sans risques.

L’injustice qu’on avait presque fait oublier est donc réapparue. Le Systeme doit la cacher à nouveau sous le boisseau pour que le jeu entre riches se poursuive et que se poursuive aussi l’exploitation optimale des autres sans trop les énerver. Pour survivre le Système doit re-apprivoiser l’injustice. Il le peut en posant les gestes largement symboliques qui rassureront la population – comme rembourser la dette par des virements entre riches qui ne toucheront pas le monde ordinaire – mais s’il ne le fait pas, cette histoire pourrait bien mal finir.

Et s’il le fait – ça, ou autre chose qui fasse disparaître cette dette odieuse – entrerons-nous dans un monde meilleur ? Un peu meilleur… mais évitons-nous une déception: l’injustice changera, mais ne disparaitra pas.

Elle ne disparaitrait que si vous comme moi ne voulions demain que le plus grand bien de tous et n’avions plus aucune pensée égoïste. On en reparlera…

Pierre JC Allard

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Le capitalisme intellectuel – 2

Yan Barcelo, 14 août 2011

Aujourd’hui, la première édition d’un produit coûte extrêmement cher à réaliser alors que le coût des copies est presque négligeable. La chose est particulièrement vraie dans l’industrie pharmaceutique où le développement d’un médicament s’échelonne sur dix ans et coûte en moyenne 750 millions de dollars tandis que les pilules ne coûtent que des fractions de sous à fabriquer. La même logique prévaut dans l’élaboration de logiciels ou de banques de données, dans la production de films et de musique, dans l’établissement d’un commerce sur Internet, dans le mise en orbite de satellites et autres engins spatiaux.

Cette prépondérance de la connaissance n’est plus seulement l’apanage des industries de pointe. Elle gagne de plus en plus toutes les couches économiques, jusqu’aux plus primaires, que ce soit dans la fabrication de meubles et même dans le secteur minier.

En même temps que les coûts de conception et de développement explosent, et que les coûts de reproduction implosent, on assiste à l’inflation d’une autre sphère d’activité économique, basée elle aussi sur les concepts et la connaissance : le marketing et la publicité.

Cette polarisation économique croissante entre la conception technique et la conception commerciale fait en sorte que certaines entreprises s’éviscèrent de plus en plus de toute activité manufacturière, la délocalisant en Asie. Un nombre croissant d’entreprises ne sont plus que des boîtes d’idéation, pourrait-on dire, dont la spécialité est de comprendre les besoins des clients et, à partir de cette compréhension, de concevoir les produits qui y correspondent, et d’imaginer les moyens de les vendre. C’est ce qui est advenu de Nortel, par exemple, avant qu’elle n’en arrive à imploser à cause de son adhésion à l’hérésie de la « valeur aux investisseurs ».

Cette ascendance graduelle de la primauté du conceptuel entraîne la remise en valeur du domaine de la propriété intellectuelle et de ses sceaux officiels de légitimation : les brevets, marques de commerce et droits d’auteur. Le phénomène prend l’allure d’une ruée. Au bureau américain des brevets, l’année2000 avu l’octroi de 190 000 brevets, presque trois fois plus que les 70 000 octrois de 1980. Le nombre d’applications pour brevets, pour sa part, est passé de 110 000 à 320 000 durant la même période.

Une première raison de cette ruée tient à un impératif fondamental de la lutte pour la survie économique : se protéger. C’est la fonction qu’on a toujours attribuée à l’obtention du brevet.Étant donné que tout l’investissement est maintenant dirigé vers la création de la première unité, celui qui a tout investi de cette façon et qui se fait ensuite copier vient de se faire flouer.

Un changement d’attitude aux États-Unis à l’endroit de la propriété intellectuelle a également présidé à la ruée vers les brevets. Jusqu’aux années 1980, le système judiciaire américain entretenait un préjugé négatif à l’endroit du brevet, considérant que son détenteur était un « monopoliseur » en puissance. Mais sous l’impulsion de la Reaganomie et en réponse à l’offensive des Japonais qui s’adonnaient librement à « l’ingénierie à rebours » (un nom sophistiqué synonyme de « copie ») de produits américains, un changement d’attitude est survenu. On en est venu à voir le brevet comme une récompense légitime de l’innovation. Mais ce monopole a un prix, comme le souligne Georges Robic, associé au cabinet Robic, agents de brevets, d’inventions et de marques de commerce : « On donne le droit d’un monopole de 20 ans, mais l’inventeur est tenu de divulguer son invention. » De cette façon, tout en obtenant un privilège privé, il contribue à l’avancement général des connaissances.

Ce nouveau préjugé favorable à l’endroit des brevets s’est concrétisé dans des jugements éclatants. Auparavant, on considérait aux Etats-Unis qu’une poursuite pour contrefaçon de brevet n’avait qu’une chance sur trois d’être couronnée de succès. Après la mise en place d’un tribunal spécialisé en droit des brevets, le US court of Appeals for the Federal Circuit, les plaignants ont eu gain de cause dans 80% à 85% des cas. Les peines imposées ont désormais eu des crocs, atteignant souvent les milliards de dollars en compensation.

Ce changement d’attitude, comme par hasard, a accompagné l’offensive de globalisation des transnationales, offensive dont les États-Unis ont pris l’initiative. Au milieu des années 1980, ils ont multiplié les pressions sur l’Organisation Mondiale du Commerce pour faire dresser une charte des droits de propriété intellectuelle (les TRIPs, ou Trade-Related Intellectual Property rights). Armés de la sorte, les États-Unis ont systématiquement ciblé les pays spécialistes de la copie, comme Taiwan, la Chine, la Corée du Nord et l’Inde.

 

(Je vous invite à laisser des commentaires, toutefois, je ne pourrai y répondre avant le 15 août. )

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Des hommes d’affaires donnent au suivant

 

Ugo Dionne et Marie-Pierre Dufort ont concrétisé leur projet de bénévolat d’affaires. Plus d’une centaine de gens d’affaires ont jusqu’à maintenant offert leurs services à plus d’une vingtaine d’organismes à but non lucratif qui œuvrent dans les domaines culturel, social, environnemental, de la santé…

Charles Messier   Dossier Bénévolat

« J’ai mon bureau en haut d’une tour, d’où je vois le monde à l’envers, d’où je contrôle mon univers. » Les bénévoles d’affaires qu’Ugo Dionne et Marie-Pierre Dufort ont réunis pour donner un coup de main à des organismes de la grande région de Montréal ne fredonnent pas ces paroles du « Blues du businessman ». Plutôt que d’être seuls en haut de leur tour, ils en descendent pour venir appuyer les causes qui leur tiennent à cœur.

Les tâches qu’ils effectuent sont intimement liées à leurs forces dans leur vie professionnelle, comme siéger à des conseils d’administration, élaborer des plans d’affaires et offrir des conseils relatifs à la gestion des ressources humaines.

Depuis le lancement de leurs activités, l’intérêt suscité est surprenant, selon Ugo Dionne. À la suite d’un article paru dans un quotidien montréalais, la responsable de l’administration de l’organisme aurait reçu en une seule journée des dizaines d’appels de gens d’affaires pour proposer leur service. Certains, de Granby et de Québec notamment, auraient même manifesté leur désir d’élargir à leur région le rayonnement de Bénévoles d’affaires, qui cible actuellement la grande région de Montréal.

Les débuts de Bénévoles d’affaires

Avant de lancer officiellement le projet, Ugo Dionne et Marie-Pierre Dufort l’ont élaboré pendant deux ans. Pendant cette période, leur travail a consisté principalement à réunir plusieurs partenaires financiers, médias, de services et des partenaires qui les ont conseillés relativement à l’action bénévole. Ils ont ainsi amassé suffisamment de fonds pour s’assurer de rémunérer pendant une année une employée qui travaille à temps plein. Ils aussi ont obtenu un bureau équipé de tout le matériel nécessaire, ce qui lui permet d’être le plus efficace possible.

L’utile ou l’agréable?

Devant l’enthousiasme des gens d’affaires, Ugo Dionne pense déjà à engager une deuxième personne l’an prochain. Selon lui, le bénévolat leur permet bien sûr d’élargir leur réseau de contacts et, parfois, de dorer leur image, mais il demeure persuadé que le nouvel organisme répond surtout à leur besoin d’aider la collectivité en mettant à profit une expertise qui coûte habituellement très cher à leurs clients. Ils allient ainsi l’utile à l’agréable. « Tout le monde gagne », résume Ugo Dionne.

Lui-même entrepreneur, il croit que, même si certains ne s’impliquent pas « pour les bonnes raisons », les organismes pour lesquels ils œuvrent sont tout de même gagnants au bout de la ligne. Il pense cependant que la meilleure façon d’être persuadé que les bénévoles le fassent d’abord par altruisme est de leur proposer de travailler pour des causes qui leur tiennent à cœur. « On s’assure aussi que l’organisme a besoin de leur expertise et de leur expérience. » Ils ont ainsi le sentiment d’être réellement utiles.

Bénévoles d’affaires?

Pourquoi avoir mis sur pied Bénévoles d’affaires alors que d’autres organismes accueillent déjà des bénévoles de tous les horizons? « Les gens d’affaires, pour se sentir interpellés, doivent avoir un service qui leur parle directement, et qui ne fait que ça », explique Ugo Dionne. Pendant les deux années qu’il a passées à élaborer le projet avec Marie-Pierre Dufort, il a d’ailleurs rencontré le Centre d’action bénévole de Montréal, qui s’est réjoui de leur initiative. « Eux, ça n’a pas marché il y a 15 ans. Ça n’a pas pris, parce que les tâches proposées ne sont pas assez liées à leur expertise. On est donc complémentaire. »

Lien Internet: www.benevolesdaffaires.org

Kose, une autre occasion d’implication des hommes d’affaires dans le communautaire.

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Autres textes sur le Bénévolat

Louise Gagné, bénévole de l’année

Prix hommage Bénévolat-Québec

Le communautaire en action: des gens de coeur

Bénévolat, Vidéo et DVD

Charite bien ordonnee commence par nous tous

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La fin de l’État Providence

Par Philippe David

Cette semaine, nous avons assité à une sérieuse correction boursière suite à une décote par Standard & Poor’s des États-Unis de AAA à AA+. Barack Obama aura donc l’honneur de passer à l’histoire comme étant le premier président ayant vu une décote pendant son terme. Et bien entendu, on blâme tout le monde sauf lui. On blâme S & P et pourtant ils ne sont que les messagers. Il ne font que signaler ce qui est évident: que l’empereur est nu ou qu’il y a un éléphant assis dans le salon. On blâme les membres du congrès élus par le Tea Party. Ces méchants radicaux qui osent exiger que l’État américain cesse de dépense comme un matelot en permission et ramène son budget en équilibre d’ici 7 ans! C’est drôle comment c’est devenu radical de nos jours de faire preuve de responsabilité et cesser d’endetter les contribuables au profit des banquiers de Wall Street. Pis encore, Ô sacrilège! Si on voulait renverser la vapeur et commencer à rembourser cette dette. On serait probablement portés au bûcher et brûlés pour notre impertinence.

Il serait injuste, toutefois, de blâmer uniquement Obama pour la situation actuelle, car les États-Unis n’y sont pas arrivés du jour au lendemain. C’est une situation qui se développe depuis des décennies. Depuis qu’on a décidé que l’État devrait fournir tout pour tout le monde. Depuis qu’on a décidé aussi que les États-Unis devraient être les policiers du monde, et pourquoi donc? Pendant ce temps ses alliés se payaient programme social par dessus programmes social avec l’argent qu’ils auraient dépensé pour leur défense sit les États-Unis n’avaient pas été là avec leurs missiles et leurs porte-avions. Ni les États-Unis, ni les autres États industrialisés n’ont eu d’égard envers les générations futures quand ils ont résolu de s’endetter pour s’offrir tous ces programmes de l’État-Providence, plutôt que de produire la richesse dont ils avaient besoin pour se les payer. Nous avons fait comme des parents qui achètent une maison, ne payant que les intérêts sur l’hypothèque, et même en contractant des prêts supplémentaires dans l’intention de laisser le remboursement du capital à leurs enfants. Un jour on se réveille avec la gueule de bois sans avoir aucune idée comment on va payer pour le party.

Mais voilà, on veut continuer le party, même s’il n’y a plus rien dans le compte de banque et que nos cartes de crédits sont à la limite. On essaie désespérément d’obtenir du crédit supplémentaire comme un toxicomane qui cherche frénétiquement sa prochaine dose et on ne veut surtout pas se faire dire « non ». Nous ne vivons pas une crise à cause de la cupidité des banquiers et des financiers, nous sommes en crise parce que nos Etats-Providence sont devenus des dépensiers compulsifs qui ne savent plus comment s’arrêter et il est beaucoup plus facile aux politiciens de promettre mers et mondes à crédit que de faire face à la réalité et prendre des décisions difficiles et impopulaires qui s’imposent. Pourtant, le gros bon sens dit que lorsqu’on est sur le bord de la faillite, on doit revoir notre budget et éliminer toutes les dépenses non-essentielles et mêmes les dépenses essentielles doivent être réduites au minimum. Quant aux cartes de crédit, on les passe aux ciseaux. C’est ça qu’il faut faire quand on est dans le trou et ce n’est pas différent pour un gouvernement ou un particulier. Est-ce que ça va faire mal? Absolument! Mais on a pas le choix.

Il ne faut pas se leurrer. Proportionnellement, la dette du Québec (et aussi la France), n’est guère reluisante. La décote n’est pas loin ici non plus. La seule chose qui permet au Québec de conserver sa cote actuelle, c’est la situation fiscale du fédéral qui fait l’effet d’un endosseur. Ce n’est pas parce que d’autres ont de pires problèmes d’endettement que nous devons rester assis sur nos mains.

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Classé dans Actualité, économie, Philippe David