Comment savoir

Un des problèmes les plus fondamentaux qui caractérise notre époque est, sans nul doute, celui de l’information. Cette dernière agit directement sur nos sensibilités, nos connaissances et finalement sur nos jugements et nos engagements. Elle est tellement importante que ceux qui en prennent le contrôle peuvent faire de chacun de nous  ce qu’ils veulent. Nous en sommes ses éternels otages.

Avant l’émergence des moyens de communication de masse et l’avènement de la mondialisation qui nous a sorti de nos villes et village, l’information circulait sur la base des témoins directs d’évènements ayant eu lieu ici et là. Aujourd’hui, dans nos sociétés occidentales, les sources d’information, contrairement à la multitude des médias, sont peu nombreuses, très centralisées et surtout orientées par des préoccupations de moins en moins reliées à la vérité des faits.. Lorsque le messager, le porteur du message, répond d’abord et avant tout à des politiques éditoriales définies par les intérêts de ceux et celles qui en sont les propriétaires, il est fort possible que l’information transmise soit orientée, biaisée, incomplète et même complètement fausse.

Cette situation est d’autant plus grave qu’elle agit directement sur la bonne foi des gens, les transformant à leur insu en soutien à des projets qui n’ont rien à voir avec les grandes préoccupations de l’humanité. Il s’agit du phénomène de la « désinformation » systématique, véritable lavage de cerveau, qui permet à nos dirigeants de poursuivre des actions guerrières sous la bannière humanitaire avec l’appui du bon peuple. Les exemples ne manquent pas et Centpapiers  en a fait écho à bien des reprises.

L’usage de la désinformation a servi, en 2001, à convaincre le peuple américain et une grande partie du monde qu’Al Qu’aida était le seul responsable des attentats du 11 septembre et que  ses auteurs devaient être poursuivis jusqu’aux tréfonds des cavernes de l’Afghanistan.. À ce jour, après 10 ans de guerre avec le peuple Afghans nous n’avons toujours pas de preuves à l’effet qu’Al Qu’aida  soit l’auteur ou l’unique auteur des attentats du 11 septembre.

En 2003, le peuple américain et une grande partie du monde ont été convaincus par leurs dirigeants que l’IRAK  disposait d’armes de destruction massive. Les faits ont démontré qu’il n’en était rien et que ces dirigeants le savaient fort bien en affirmant juste le contraire. Depuis lors on compte près d’un million de morts et d’autant de blessés.

Plus près de nous, l’intervention en Libye. Depuis les tout débuts elle est tissée de mensonges, de demie-vérités, de manipulations  allant jusqu’à l’extrême d’un montage en en studio de la prise de la place verte à Tripoli et la figuration d’une foule filmée en Inde pour simuler le peuple Libyen. L’information des six mille assassinats attribués à Kadhafi s’est avéré fausse et combien d’autres mensonges ont été présentés comme des faits.  Le même scénario se passe actuellement en Syrie et dans d’autres pays du monde.

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26845

Dans un article récent, publié sur ce site, j’ai relevé les interventions visant à discréditer en Bolivie, le président Évo Morales et son gouvernement. Là encore la désinformation est allée aussi loin que de dire que la répression policière avait fait des morts, qu’un bébé y avait laissé sa vie etc. Rien de tout cela ne s’est avéré vrai.

La question qui se pose à nous tous et toutes est de savoir si l’information que nous recevons fait de nous des citoyens du monde ou des citoyens d’oligarchies. Ce n’est pas toujours facile de disposer des moyens nécessaires pour, à tout le moins, confronter les informations que nous livrent nos médias avec d’autres qui n’y apparaissent pas. Si, autrefois, il suffisait de dire que « nous l’avons entendu à la radio ou lu dans les journaux » pour dire que c’était vraiment vrai, aujourd’hui ce n’est plus possible. Trop souvent nous avons été induits en erreur ou encore on a tu des choses que nous aurions dû savoir.

Dans les cours de morale on parle de l’ignorance qui repose sur la bonne foi et dont on ne imputer à ceux et celles qui en sont victimes les crimes auxquels elle peut conduire. On nous parle également de l’ignorance de mauvaise foi, ou de façon plus populaire, de l’ignorance crasse. Cette dernière consiste  à ne pas vouloir savoir autre chose de ce que nous voulons bien  entendre. Dans ce dernier cas, nous ne pouvons pas nous laver les mains des crimes commis en son nom.

Heureusement, qu’internet permet à des sources d’information, ignorées des grands médias, d’arriver jusqu’à nous. Encore faut-il se donner la peine de les consulter. Je vous laisse avec quelques uns de ces sites de langue française. En plus de Centpapsiers que vous consultez déjà, je vous recommande pour l’information internationale les sites suivants :

http://www.voltairenet.org/

http://www.mondialisation.ca/

http://www.michelcollon.info/

http://www.legrandsoir.info/

http://www.alterinfo.net/

Oscar Fortin

http://humanisme.blogspot.com

2 Commentaires

Classé dans Actualité, Oscar Fortin

2 réponses à “Comment savoir

  1. François Ricard

    À New York, lors d’un banquet, le 25 septembre 1880, le célèbre journaliste John Swinton se fâche quand on propose de boire un toast à la liberté de la presse :
    « Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante. Vous le savez aussi bien que moi. Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées. On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent. Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Nous sommes des prostituées de l’intellect. Tout cela, vous le savez aussi bien que moi ! » (Cité dans : Labor’s Untold Story, de Richard O. Boyer and Herbert M. Morais, NY, 1955/1979.)

  2. Merci François pour cette citation plus que pertinente pour les temps que nous vivons.

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