Qui est cet ego dont on parle tant? (partie 1)

Qui est cet ego dont on parle tant, mais qu’on ne peut voir ni toucher?  Existe-t-il vraiment? Il me fait penser aux petits rongeurs qui entrent sournoisement dans nos maisons, qu’on ne voit pas, mais qui laissent leurs excréments dans le bas des armoires. L’ego agit de cette façon : c’est par les traces destructrices qu’il laisse dans notre vie qu’on peut attester de sa réalité.

Quelques définitions provenant de diverses sources

Avant de poursuivre, jetons un coup d’œil sur quelques définitions provenant de diverses sources.

A) LE PETIT LAROUSSE

Sujet conscient et pensant

Le moi

B) WIKIPEDIA – description générale

L’ego est un substantif tiré du pronom personnel grec (eyo) – le JE-MOI. Il désigne généralement la représentation et la conscience que l’on a de soi. Il est tantôt considéré comme le soutien de la personnalité OU comme une entrave à notre développement spirituel.

 C) PHILOSOPHIE

L’ego serait l’équivalent psychologique de la conscience au sens philosophique. Mais un ego est un JE au sens cartésien, un JE qui perçoit des informations, les traite et les exprime. Dans une conception PLATONICIENNE de la conscience de soi, l’ego est un JE sans la conscience.

 D) CONCEPT PSYCHANALYTIQUE

L’ego en tant que concept psychanalytique, cette notion est au cœur de l’ego. Doctrine psychanalytique développée aux Etats-Unis par Ernst Kris, Heinz Hartmann et Rudolph Loewenstein. Précisons que Anna Freud a fait de l’ego le centre de la réalité du sujet.

E) L’EGO DANS LA SPIRITUALITÉ

L’ego serait une représentation fausse qu’un individu se ferait de lui-même et ferait écran à sa vraie nature. Certains auteurs parlent de l’ego comme d’une fausse personnalité constituée de souvenirs et d’expériences, qui diffère de la personnalité originale de tout être humain, un produit de sa naissance et de son héritage génétique. Cette confusion produirait une illusion qui prive ceux qui en sont prisonniers, d’une vraie liberté et les enchaînerait à des schémas de souffrance (ego central, orgueil, amour-propre, perceptions erronées du monde …). Une personne libérée de son ego connaîtrait l’éveil spirituel.

 F) DANS LE CHAMP DU TRANSPERSONNEL

L’ego est souvent utilisé en distinction du SOI (moi supérieur). En anglais, on dit SELF ou HIGHER-SELF. Pour certains enseignements spirituels, l’ego n’a pas réellement de réalité. Il ne serait qu’un COMPLEXE produit par des constructions mentales et des dysfonctionnements psychologiques.

 G) SELON LE BOUDDHISME

Le bouddhisme perçoit l’ego comme une construction mentale ne correspondant à aucune réalité tangible. Il s’interroge : «OÙ L’EGO PEUT-IL ÊTRE SITUÉ? DANS LES BRAS, LES JAMBES?» L’objectif – selon le bouddhisme – est de réaliser qu’il n’est ni dans le corps ni dans l’esprit.

H) SELON MATTHIEU RICARD,  DOCTEUR EN BIOLOGIE MOLÉCULAIRE À L’INSTITUT PASTEUR À PARIS AVANT DE DEVENIR BOUDDHISTE

Il parle de  la confusion mentale comme le voile qui empêche de percevoir clairement la réalité – et obscurcit la compréhension de la nature véritable des choses. Sur le plan pratique, c’est l’incapacité de discerner les comportements qui permettent de trouver le bonheur et d’éviter la souffrance. La plus perturbatrice des confusions est celle qui consiste à s’attacher à la notion d’une identité personnelle : l’ego.  Le bouddhisme distingue un JE instinctif inné – lorsqu’on pense par exemple J’AI FROID ou JE ME RÉVEILLE – du moi conceptuel de l’ego formé par la force de l’habitude que l’on se représente comme le noyau de notre être. 

I) LE PHILOSOPHE BOUDDHISTE HAN DE WIT

L’ego est une réaction affective à notre champ d’expérience. Un mouvement de recul, basé sur la peur. Cette peur nous fait nous retrancher dans une bulle pour nous protéger. L’ego est le résultat d’une activité mentale qui crée et «MAINTIENT EN VIE» une entité imaginaire dans notre esprit. 

J) DÉFINITION DU DR DEEPAK CHOPRA

De l’avis du Dr Deepak Chopra, auteur de plusieurs livres sur l’être humain et ses possibilités, nous serions confrontés à deux réalités distinctes, à deux étiquettes opposées.

 Qui sommes-nous?

  • un corps matériel, un MOI PERSONNEL et EXTÉRIEUR, confronté aux objets et aux autres, et qui a besoin d’approbation. C’est le petit moi, ou l’ego, dont il faut prendre soin, qui a besoin de s’épanouir. Nous avons la responsabilité de l’aider à se développer, mais il nous faut éviter de tomber dans le nombrilisme;
  •  le GRAND SOI, le MOI INTÉRIEUR ET IMPERSONNEL, qui provient de l’esprit, qui est immatériel et invisible;

*Il n’est pas toujours facile et simple de gérer ces deux réalités qui semblent tellement opposées l’une à l’autre. En résumé, nous serions faits d’une référence au SOI, en tant qu’esprit, et d’une référence à l’objet – des objets extérieurs qui nous influencent et qui nous font demander l’approbation des autres. De plus, nos concepts FIGENT les choses en entités artificielles et nous font perdre la liberté intérieure, comme l’eau perd sa fluidité lorsqu’elle se transforme en glace.

La réalité de l’ego tiendrait à l’identification personnelle

Même si l’ego n’a pas de réalité concrète, il agit comme s’il était réel, essentiellement parce que nous nous identifions à lui. Je dirais même que l’ego, c’est de croire que nous sommes le mental. Ce qui nous amène à nous poser la question suivante : «Ma valeur dépend-elle de ce que je fais ou de ce que je suis?»  L’ego nous fait faire un usage abusif du JE, ME, MOI, MES. Pourquoi? C’est une façon de marquer notre territoire, notre valeur et notre force. Nous devenons alors des MADAME J’AI, des MONSIEUR J’AI. Voici quelques exemples : MES amis, MA maison, MES arbres, MES fleurs, MON argent, MA pensée, MA vision, MA rue, MA femme, MON mari, MES enfants, MA femme de ménage, MON homme à tout faire, MON contracteur, MA secrétaire, MES employés. Et d’autres expressions hautement ridicules lorsqu’utilisées par des gens d’affaires en réunion : MES terrains … MES locataires…MON budget… MON personnel… MES ÉDIFICES… MES administrateurs, etc. Ces expressions – en apparence inoffensives – sont des appropriations de ce qui appartient à d’autres, et ne font que donner du poids à l’ego. Ces expressions ont aussi tendance à enfler la tête de ceux qui l’utilisent, un peu comme le personnage qui apparaît dans l’image ci-dessus.

Ces notions du MIEN se cristallisent dans l’esprit, engendrent un sentiment de dualité qui va former la base des afflictions mentales, soit désir aliénant, jalousie, haine, orgueil, ce qui va nous faire percevoir le monde dans le miroir déformant de nos illusions. Un exemple pour illustrer l’attachement au sentiment du MIEN donné par le Dalai Lama. Vous contemplez un magnifique vase de porcelaine dans une vitrine. Un vendeur maladroit le fait tomber. Vous vous dites «Quel dommage, un si beau vase!» En revanche, si vous venez d’acheter ce vase, que vous l’avez fièrement placé sur votre cheminée et qu’il tombe en se brisant en mille morceaux, vous vous exclamerez avec horreur : «MON vase est cassé!» Et vous serez profondément affecté. L’unique différence entre les deux exemples est l’étiquette du MIEN attachée au vase.

Un homme qui revenait il y a quelques années de l’Inde racontait avoir vécu une expérience révélatrice en visitant une famille indienne où il constata que les gens se présentaient différemment qu’en Occident. Au lieu de dire «Voici ma femme, voici mon mari. Ils disaient Je SUIS la femme de … je SUIS  le mari de … JE SUIS  le fils de …  » Je crois que cette distinction dans le langage fait une grande différence dans la perception que l’on peut avoir de soi-même. Une façon de s’exprimer mettant immédiatement l’attention sur le sens des responsabilités plutôt que sur la possession.

Devons-nous nous libérer de l’ego, le détruire, s’en défaire?

Non. Nous sommes pris avec. Nous devons faire avec. Il fait partie de nous. Dès que nous nous incarnons dans le monde de la matière, il y a dualité dans nos perceptions, d’où un constant sentiment de séparation et de comparaison.  L’objectif n’est pas de se défaire de l’ego, mais d’y accorder moins d’importance, de ne pas lui donner la place d’honneur. Nous en reparlerons dans la deuxième partie.

Les faiblesses et caractéristiques de l’ego

À mon avis, l’ego ne s’aime pas et vit dans une perpétuelle rage. Ou un roman d’amour de soi qu’un rien extérieur peut faire vaciller. Il y a un instinct de destruction chez l’ego – l’instinct du tueur. Les tyrans, entre autres, possèdent cet instinct du tueur jusqu’à outrance. Cependant, il n’y a pas qu’eux. On peut paraître gentil, et avoir des secteurs dans notre vie où cet instinct de destruction se manifeste hypocritement. Par des petites pensées mesquines, une joie de voir l’autre tomber, etc.  L’ego est comparable à un masque. Il juge facilement, condamne, et est constamment à la recherche d’un coupable à l’extérieur : les autres, les circonstances, le destin, la mauvaise température. Il aime attaquer. Ah! Qui n’a pas senti ce frisson de justification quand sur la route un conducteur fait une mauvaise manœuvre? On s’empresse de klaxonner, de se tourner pour le regarder de travers, pour voir QUI peut-être assez bête pour conduire de la sorte. L’ego voit le manque en soi, et chez les autres. Il peut facilement devenir arrogant. Souvent, il abaisse les autres, car il a besoin de se sentir mieux que les autres, et de voir les autres plus bas. On dirait qu’il se prend pour un athlète à la barre. Il veut prouver aux autres sa valeur personnelle. Il recherche l’approbation. L’ego ne se voit pas, il pourrait même penser : «Moi, je suis toujours de bonne humeur. Ce sont les autres qui me mettent de mauvaise humeur.»

La partie 2 suivra la semaine prochaine

Tout n’a pas été dit sur l’ego, loin de là. Une deuxième partie suivra la semaine prochaine, sur le bon et le mauvais ego, sur ce que les autres n’aiment pas en nous, sur le centre du cœur, sur la confusion qui existe entre un ego fort et la confiance en soi, et la liberté d’être.

En toute humilité, j’apprécierais vos commentaires sur votre perception de l’ego.

Au plaisir de vous lire,
CAROLLE ANNE DESSUREAULT

10 Commentaires

Classé dans Actualité, Carolle-Anne Dessureault

10 réponses à “Qui est cet ego dont on parle tant? (partie 1)

  1. Prêter la notion de propriété à « Je suis » est de dévier l’analyse.

    La définition exacte de l’Ego est certainement celle qui date de ceux qui ont créer le mot pour déterminer une certaine notion, au départ; c’est à dire:

    Platon: « l’ego est un JE sans la conscience. » Ce qui permet à l’Égo de « prendre conscience ». L’Égo est donc ce qui précède la conscience.

    C’est d’ailleurs la notion adoptée par: « Anna Freud a fait de l’ego le centre de la réalité du sujet. »

    Et c’est aussi la notion derrière la définition du petit Larousse. « Un sujet..qui prend conscience et qui pense.

    Pour le reste, c’est aussi valable, en comparaison, que tout le « bla-bla-isme » qui fut « élaboré » au sujet de l’Atlantide, suite à ce que Platon en avait dit, le premier.
    Ajoutons que de triturer « ce qui est » pour le faire « devenir ce que l’on veut », n’est pas une recherche honnête du « Soi », mais une volonté de manipulation des autres « Ego ». Ce qui démontre que notre façon de « philosopher » fut ternie par notre conditionnement religieux et n’est plus du tout de la philosophie, mais plutôt de la propagande. 🙂

    Amicalement

    André Lefebvre

  2. Denis H.

    J’ai regardé « ma toast…. je reprends , j’ai regardé ce pain en train de griller avec une envie (assez prémidité, je l’avoue), surgir , la prendre pour la recouvrir de beurre de « peanut », la bouche et les yeux du corps que je représente s’est senti tellement heureux, l’estomac sans tambour, ni trompette a acceuilli ce pain grillé garni avec une joie extrême, tout le moi du corps dans un émoi grandi, a été plus que serein, mais dans un état de béatitude divin !!! Alors le moi, mon moi, a bien aimé lire cette première partie pendant « mon » déjeuner, et je crois que je vais avoir besoin de plus de temps que « ma toast » pour assimiler tout ca !!

    Beau commentaire, et j’ignorais même cette approche dans toutes religions ou penseurs sur le questionnement de l’égo, merci , et s.v.p. mon mot se veut qu’un clin d’oeil matinal sur ce sujet qui m’a frappé. Je crois même que le sourire peut amener un mauvais « égo » vers quelque chose de bien et de reconnaissance de soi. Bonne journée

  3. Voir MON commentaire sur Centpapiers.

  4. Denis H.

    Selon ce que j’ai lu, ma définition, comme telle de l’égo, serait l’ “ETRE QUE NOUS SOMMES AU MOMENT PRÉSENT”, on donne des qualificatifs de l’égo d’une personne etc… Alors je crois sincèrement que l’égo se construit dans la conscience, mais est transposé aussi dans l’inconscience (un tout, un être, moi), nous ne prenons pas conscience sans effort de ce que nous sommes, bien sur tous les aléas de la vie : orgeuil, envie, mal, la vie qui nous entoure et nous touche, affecte l’égo (le soi) qui se façonne avec la conscience et la réaction de ce qui nous a touché. Normal puisque le moi, subit et aussi contrôle ou essai de contrôler (en bien ou en mal) notre propre identité.

    Je crois que quelque part , le conscient pour ceux qui s’analyse et se pose la question, ainsi que l’inconscience, qui en fait prend (le qui nous sommes pour l’inter-agir avec l’extérieur et transforme la personne que nous sommes). En prendre conscience est peut-être la façon de se voir et de prendre action pour un changement sur le fait d’accepter ce que l’on est, ou vouloir mieux ou pire !!

    On EST avant de le savoir, on peut toujours dire “qui nous sommes” par contre est-ce moi, la peur de répondre, l’inconnu, orgueil, …. Et même l’inconscience de qui on est !, mais le “ JE “ et mieux le “ JE SUIS”, l’égo en ce qui me concerne serait le moi au moment que je me pose la question (meme avant, prise de conscience plutot)… car de la naissance à la mort, ce “ JE SUIS “ est aussi le “JE VIS “ donc j’évolue , je change etc…

    Peut-être dans le champs mais c’est à peu près ce que je ressens sur ce commentaire après bien sur d’avoir mangé ma “toast”, que voulez vous , j’aime !

    NB j’ai pas fait de recherche ou d’analyse, je réponds à ceci d’instinct, sur le coin de ma table travail (ben oui, j’avais mon café et ma toast près de moi) que voulez-vous c’est MOI !

  5. Tout comme il faut « être » avant de prendre conscience, il faut « être » avant de vivre. Ceci est une prise de conscience capitale.

    Amicalement

    André Lefebvre

  6. Denis H.

    Bien d’accord avec toi l’artiste… en ruminant tout cela, je me disais quelque part que si on dit que l’égo est le « JE » alors on définit un être , personne avec corps physique, conscience, inconscience, un aura et une âme (parle ici d’une spiritualité, pas nécessairement « religion »), je sépare l’aura de l’âme pour sa capacité à être vu ou senti (son aura dégage énormément de bonté) qui pourrait être aussi bien la résultante (égo) du « JE » en prise de conscience par l’autre. En fait le « Je » pour moi est la somme de ce qui nous définit, pas nécessairement face aux autres (car si je passe une vie complète sur une ile déserte, JE est toujours là ! , d’ailleurs comment enlever une partie de soi quand on dit  » JE » …. donc si je dis Je, c’est bien moi en entier et qui subit plein de réaction face à l’extérieur : La preuve j’écris encore un commentaire … Donc si on dit ego de ci , ego de ca…c’est aussi bien « mon JE » de ci et de ca…sur les aspects du moi sur la religion, le monde, mon interaction avec l’extérieur.

    Concernant les mon , mes… etc Quand on dit « ma femme » et non la femme , c’est pas par esprit de possession mais bien de l’amour qui nous lit, femme, objet ou tout autre, je ne parle pas d’être possessif, ou de possession, malgré que pour beaucoup c’est le cas, mais quand on dit par exemple, ma terre que j’aime, elle est en moi, mon pays…. etc… on peut être malade ou dévié mais c’est une facon de donner notre appartenance à ce qualicatif. D’ailleurs les mots ne sont pas tout clair, elles tentent de diriger vers une signification en contexte et pas nécessairement au sens littéral du terme, alors le « ma femme » n’est pas une propriété comme telle, un peu comme je dis j’ai cassé ma tasse (m’en fout), j’ai cassé ma tasse (que j’ai rapporté de la Chine, j’ai mal au coeur d’avoir perdu mon trésor)…. je crois que ces exemples ne sont pas vraiment relié à l’égo mais plus à l’environnement ou vis l’ËTRE et ses liens avec le monde et qui laisse une image d’un égo qui n’est pas toujours le réel « JE » vu par l’AUTRE.
    D’ailleurs vu par l’autre ou meme soi-meme , la somme de nos « mon , ma , mes , etc…) est probalement ce que l’on appelle un égo gonflé ! Je laisse aux autres la place pour les qualificatifs qui pourraient autant être bon ou mauvais …

  7. Richard Sauvé

    L’égo se croit séparé des autres et de l’univers, il les perçoit à l’extérieur de lui. Mais il n’y a rien à l’extérieur de lui qui ne serait être dans sa conscience. S’il a conscience des autres, du monde qui l’entoure, de l’ univers, c’est qu’ils sont dans sa conscience. Le je-moi ou l’égo ou même le mental par extension est responsable de cette séparation, ce qui lui permet d’élaborer une personnalité pour entrer en relation avec l’extérieur, pour lui permettre de survivre et d’évoluer dans cet univers. Mais l’égo n’est pas la réalité de qui je suis, ce n’est qu’une illusion. L’être que je suis n’est pas séparé de son univers, il est le tout, l’infini, le néant, Dieu par extension. Donc la réalité est le soi (l’âme), infini, vers lequel nous évoluons tous, le but en étant Dieu. Oups ! Cela demande réflexion !

  8. Gilles Hurtubise

    Le feotus dans son placenta commence déjà à enregistrer de l’information (noyau amygdalien – inaccessible à la conscience). Il n’a pas faim, il n’a pas soif, pas froid, en relation symbiotique, postulons que cet état se rapproche d’un état de ‘bonheur total’. Cet état est enregistré dans le noyau amygdalien et deviendrait une référence. À la naissance, l’enfant est expulsé de cet état. On peut supposer que cet évènement est vécu difficilement. La perte de l’état ‘bonheur total’ peut même être perçu comme équivalent à une mort ou ‘douleur totale’. Cette expérience serait elle aussi enregistrée dans le noyau amygdalien et deviendrait une autre référence. Postulons que ces deux références deviennent les pôles du ressenti humain. ‘Bonheur total’ et ‘douleur totale’. L’enfant, aime, ou n’aime pas.
    Éventuellement, l’enfant devient conscient (ne nous attardons pas ici sur l’origine de la conscience). Il sait que certains évènements, situations, le font se sentir bien et d’autres non. L’égo ne serait-il pas ce mécanisme de défense, construit, où l’être humain tente vainement à se maintenir, par ses choix et actions, près de sa référence de ‘bonheur total’? Ou pour se maintenir éloigné de la « douleur totale’? La conscience et l’égo serait donc distinct. La conscience est là, l’égo se construit.
    ‘Moi’ je n’aime pas telle chose, ou, en d’autres mots: l’être humain devant vous va souffrir s’il doit vivre ou subir telle chose. C’est ‘ma’ maison, ou, en d’autres mots: l’être humain devant vous se sent bien et en sécurité dans cette maison s’il est assuré de ne pas la perdre.
    La construction, l’utilisation des mots (dues à la culture) pourrait être changées, mais pas la construction du noyau amygdalien. Peu importe la formulation utilisée, l’humain tentera toujours à se maintenir loin de la souffrance. La plupart du temps, l’évènement vécu ne justifiera pas la souffrance ressentie, seulement, l’évènement ramène à la surface cette ‘douleur totale’, cette référence qui fait partie de son baggage inconscient. Il ne peut s’en défaire.
    Malheureusement, quelquefois, les actions prises par certains pour se tenir loin de la souffrance, ou s’approcher du bonheur, vont nuire à d’autres humains de son entourage ou/et à lui-même. C’est là que l’égo, cette construction, blesse.
    Prendre conscience que les sensations de ‘bonheur total’ et de ‘souffrance totale’ sont des références, prendre conscience que les évènements que nous pouvons vivre ne justifient pas toujours les sensations ressenties est un pas vers la sagesse. Tout comme la construction de l’égo, la construction de la sagesse est possible.

  9. Richard Sauvé

    Je tente une nouvelle définition de l’égo d’un point de vue spirituel et par opposition. Je pourrais le qualifier d’ombre ou projection déformée de l’âme. Une personnalité séparée de la réalité, expliquant son identification au monde de l’illusion, la matière. L’égo gouverne le corps (physique, émotionnel, mental). Il baigne dans la peur et mène à la mort. Depuis le début de l’humanité, l’égo a servi à unir le corps. Il a assuré la survie de l’espèce, mais, désormais, il la conduit à son extinction. L’égo est à l’âme ce que la peur est à l’amour: une ombre par absence. Quand l’un augmente, l’autre diminue.

  10. @lartiste 12 – André Lefebvre
    Bonjour,
    Je réponds avec quelque retard à votre commentaire concernant mon article de la semaine dernière QUI EST CET EGO DONT ON PARLE TANT? La raison du retard : problèmes de santé.
    J’ai lu avec attention vos propos concernant la définition de l’ego, comprenant que vous favorisez la définition de Platon (un JE sans la conscience) et celle d’Anna Freud, (l’ego, le centre de la réalité du sujet). J’avais d’ailleurs inséré ces définitions dans l’article, suivies de plusieurs autres qui m’apparaissent tout autant valables, sinon plus, venant de personnes comme Ricard, Chopra, du bouddhiste Han de Wit, et du champ transpersonnel et spirituel.

    Je comprends moins bien votre commentaire PRÊTER LA NOTION DE PROPRIÉTÉ À «JE SUIS» EST DE DÉVIER L’ANALYSE. Vous aimez la définition de Platon «un JE sans la conscience». On suppose donc qu’il existe «un JE avec la conscience» …

    TRITURER CE QUI EST POUR LE FAIRE DEVENIR CE QUE L’ON VEUT N’EST PAS UNE RECHERCHE HONNÊTE DU SOI, MAIS une volonté … franchement, c’est un commentaire gratuit. Je respecte quand même votre point de vue, puisque c’est ce que vous avez perçu. Sachez que mon intention était de faire ressortir les divers niveaux de conscience. Qu’un sujet fasse de l’ego le centre de sa réalité signifie que sa perception se rapporte à un certain niveau de conscience réel pour lui à ce moment-là. Il peut changer, élargir ses perceptions, ce n’est pas coulé dans le béton.

    AU DEUXIÈME COMMENTAIRE ENVOYÉ PAR LA SUITE : «Tout comme il faut ÊTRE avant de prendre conscience, il faut ÊTRE avant de vivre … prise de conscience capitale.
    Je suis bien d’accord avec vous.
    Amicalement,
    Carolle Anne Dessureault

    @Denis H.
    Merci pour les commentaires sur l’article en mangeant votre toast. C’était rafraîchissant. Dans le deuxième commentaire, j’apprécie votre propos sur «On EST avant de le savoir». Je dirais que c’est une définition du JE SUIS qui EXISTE avant la naissance du moi personnel.
    Par la suite, dans votre troisième commentaire concernant les MON, MES, etc., il va de soi que de dire «ma femme» n’est pas nécessairement un signe de possession, cela dépend du contexte et de l’intention de la personne. En tout cas, entendre des gens d’affaires en réunion dire MON budget, MES terrains, MES édifices, me fait une mauvaise impression. Comme des mamans que j’ai connues et qui se plaignaient que leur enfant LEUR FAISAIT un rhume. «Il m’a fait une grippe»!
    Amicalement,
    Carolle Anne Dessureault

    @Richard Sauvé
    Quel bonheur de vous lire! Je suis en harmonie avec tout ce que vous exprimez. Merci.
    Carolle Anne Dessureault

    @Gilles Hurtubise
    Merci de votre commentaire en 0réponse à mon article QUEL EST CET EGO DONT ON PARLE TANT?
    Je ne connaissais pas le noyau amygdalien dont vous parlez, très intéressant. J’apprécie votre point de vue sur PRENDRE CONSCIENCE QUE LES SENSATIONS DE BONHEUR TOTAL et DE SOUFFRANCE TOTALE SONT DES RÉFÉRENCES, ET QUE LES ÉVÉNEMENTS QUE NOUS POUVONS VIVRE NE JUSTIFIENT PAS TOUJOURS LES SENSATIONS RESSENTIES EST UN PAS VERS LA SAGESSE.
    Je me suis enrichie en vous lisant.
    Amicalement,
    Carolle Anne Dessureault

    @Richard Sauvé
    RÉPONSE À VOTRE DEUXIÈME COMMENTAIRE – J’aime votre approche, et la définition de l’ego comme une projection déformée de l’âme. Une personnalité séparée de la réalité … monde de l’illusion….
    Merci.
    Carolle Anne Dessureault

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