Ces femmes « soumises » qui éduquèrent les « Canayens »!!!


Évidemment, tout le monde sait fort bien que nos ancêtres « canayens » étaient des personnes « pieuses » et « soumises aux autorités »; que celles-ci soient religieuses, civiles ou même militaires.

Voici donc l’histoire d’une femme remarquable, épouse du pionnier François Lemaître dit Lamorille,  fille du roi,  appelée : Judith Rigaud.

Nous y découvrirons le caractère de ces femmes, courageuses jusqu’à la témérité, que furent nos arrières-arrières-grand-mères et qui éduquèrent nos ancêtres.

À l’âge de 23 ans, Judith accepte d’émigrer en Nouvelle France. Elle entre au service de Jacques Leneuf de la Poterie de Trois-Rivières et de sa femme, Marguerite Legardeur.

Trois-Rivières, en 1651, consiste en quelques douzaines de familles réfugiées à l’intérieur d’un petit fort en rondins, la plupart du temps encerclé par des maraudeurs Iroquois.

Judith est belle, introspective, soupe au lait et n’a aucun respect pour les conventions sociales et morales. Elle n’est pas de celles qui cachent leur nature. Elle aime la vie et ses avantages, et se moque ouvertement de ceux qui s’aventurent à la critiquer.

Éventuellement, elle tombe sous le charme de l’un des soldats de la garnison de Trois-Rivières, un certain François Lemaître dit Lamorille dit Picard. Celui-ci est un fameux beau parleur, un buveur invétéré et un « joueur » assidu. Autrement dit, il est très populaire socialement.

La liste des invites à leur mariage ressemble à celle du « Jet Set » de la Nouvelle France du 17e siècle. Le plus fameux des invités est Médard Chouart des Groseillers, arrivé dans le pays depuis 1641 et époux de Hélène Martin depuis 1647. Médard, en 1657, en compagnie de Pierre-Esprit Radisson,  arrive à Québec avec un incroyable cargo de pelleteries, suite à une expédition dans les pays d’en haut qui a duré trois ans. Il sauve ainsi la colonie de la faillite. Il le fera une autre fois en 1660; mais se fera saisir sa cargaison de 100 canots de fourrures.

Les relations de Judith avec ses employeurs font des étincelles et se désagrègent rapidement. L’un des différents se termine par Judith qui, remplie de colère, se met à briser de l’ameublement. En juin 1654, Mme Legardeur et les Lemaître/Rigaud s’affrontent en court de justice parce que Judith refuse de terminer son contrat de cinq ans, signé à La Rochelle trois ans plus tôt.

Quant à François Lemaître, il fait beaucoup de vagues dans la société. Il apparaît dans plus de 20 dossiers judiciaires, soit en défense ou en poursuite, entre les années 1654 et 1666. Les cas traités sont de libelle, d’assaut et/ou de « gambling ».

Judith est obligée de rembourser les Le Gardeur d’une somme de 102 livres pour “bris de contrat”, pendant que ceux-ci doivent lui remettre ses vêtements qu’ils ont « saisi ».

Judith Rigaud n’est pas, on peut le deviner, une épouse timide et silencieuse. Elle est très bien adaptée, comme les autres “filles du Roi” de la colonie, aux conditions qui demandent du courage, du caractère, du travail et de la ténacité.

La plupart des femmes de Nouvelle France sont plus instruites que les hommes et elles s’occupent elles-mêmes, de diriger les petites entreprises de leur époux qui importent/exportent  ou marchandent des vêtements, des fourrures, du brandy et des ustensiles. Ce « marchandage » inclue souvent de la contrebande, mais personne n’ose l’avouer, même de nos jours.

Les deux sexes de notre colonie se chargent des travaux de défrichement et tous, sans exception, savent manier la hache, le mousquet et le fusil. Très peu de femmes, cependant, possèdent ce qu’on appelle : une “garde-robe”, sauf… Judith.

Sous les conseils de son ami des Groseilliers, François Lemaître se lance dans la traite des fourrures. Les profits lui permettent d’acheter des vêtements et des meubles pour la famille. Le couple a huit enfants, tous nés à Trois-Rivières, sauf Charles Lemaître dit Auger qui deviendra, plus tard, une personnalité de son époque.

Le 25 octobre 1655, François Lemaître achète une maison sur la rue St-Pierre à Trois-Rivières. Deux ans plus tard, le couple y achète une autre terre de 2 acres par 25 pour la somme de 150 livres.

En 1660, ils louent encore une autre terre sur les bords du St-Maurice et, en novembre, François débourse 200 livres pour une propriété appelée « La Marguerite ».

L’entreprise familiale progresse et François devient peu à peu un important personnage de sa communauté.

En 1666, c’est Judith Rigaud qui prend la direction exclusive de la compagnie de son époux conséquemment aux évènements suivants :

À l’été 1665, Judith Rigaud retourne à La Rochelle, pour, paraît-il, établir des ententes commerciales avec des fournisseurs. Les voyages outre-mer n’effrayaient pas du tout nos ancêtres; qu’ils soient hommes ou femmes.

Un historien laisse entendre qu’elle a décidé de laisser son époux pour visiter sa parenté et régler un héritage, tout en faisant la remarque que François continue d’accumuler les dettes et de boire avec excès. Cela laisse entendre une séparation conjugale.

Lors de son départ, Judith ne le sait pas, mais elle est enceinte. Elle ne sait pas non plus qu’elle ne reverra jamais son époux.

Par une froide journée de janvier 1666, alors que sa femme est toujours en France, on retrouve François, étendu dans un champ, avec une blessure sévère à la tête. Ceux qui le découvrent sont d’avis que Lemaître, âgé de 35 ans, a été assommé et scalpé par un indien. Il est enterré à Trois-Rivières le 14 janvier 1666. Le registre mentionne (en latin, s’il vous plaît!) : « Il fut assassiné d’une façon misérable et périt sans pouvoir recouvrer la parole ». Il n’était donc pas encore mort lorsqu’il fut trouvé.

Le 15 avril 1666, Judith Rigaud/ Lemaître donne naissance à Charles Lemaître, à La Rochelle en France. À son retour, fin 1666, aussitôt qu’elle met le pied sur le quai de Québec, Judith apprend l’assassinat de son François. Elle se rend rapidement à Trois-Rivières où elle y retrouve l’entreprise familiale toute chamboulée. François avait accumulé les dettes qui se révèlent maintenant, plus importantes que les « avoirs ».

La première option pour Judith est de se trouver rapidement un autre époux. Quelques mois après son arrivée, elle choisit un marchand nommé Jean Therrien de Ponceau dit Duhaime, qu’elle épouse le 26 janvier 1667, à Trois-Rivières.

Jean Therrien est natif de St-Jacques de Dieppe et douze ans plus jeune que Judith.

À l’automne de 1670 Jean Therrien part en expédition de traite, laissant Judith enceinte, à la maison. Jean Therrien ne revient jamais de cette expédition. On assume qu’il succomba accidentellement durant le voyage.

Cette femme formidable, épouse, mère et marchande/traiteur de fourrures, persévère dans son entreprise. Par contre, selon une histoire de Louiseville, Judith est impliquée dans une « triste aventure » qui la décide de quitter la région deTrois-Rivières. Probablement pour fuir les autorités.

Cette « triste aventure » se déroule ainsi :

À Louiseville (Rivière-du-Loup) Judith rencontre un médecin, le docteur Jean de la Planche, qui passe la majeure partie de son temps à faire la traite. Ils s’épousent le 6 octobre 1675.

Le mariage ne dure pas longtemps, car le Dr Laplanche retourne en France en juin 1678 et y décède.

Ses trois mariages n’ont cependant pas changé le caractère rebelle et tenace de Judith, puisqu’en 1679, elle est mise en arrestation sous l’accusation d’avoir déserté la maison familiale pour aller vivre, à Montréal, sous le toit de Pierre Cavalier. Ce qui scandalise la population de Montréal et surtout un certain Abbé « bien pensant ». On découvre ici que la fameuse « triste aventure » est une aventure amoureuse qui, par moment, n’a pas dû être aussi triste que cela.

Remarquons que Pierre Cavalier est un locataire du Dr. Laplanche à Montréal. On peut penser que c’était Judith qui allait collecter le loyer, mais ce ne serait pas gentil de le dire.

Lors de ce scandale rapporté par ce fameux abbé de Montréal, on raconte que:

« Le sieur Abbé n’a pas qu’un seul adversaire (c’est-à-dire Pierre Cavalier) à confronter; Il y a également une femme; et quelle Femme!!!

Il est peu probable qu’aucune, jusqu’ici, n’ait démontré autant de « masculinité » et d’aplomb que cette Judith Rigaud.

Lorsqu’on se présente chez Cavalier pour évincer Judith de la ferme, elle reçoit le procureur et ses hommes avec un fourche, de telle sorte qu’ils doivent se retirer; mais comme Pierre cavalier avait été emprisonné, elle dû capituler. Jugeant sa cause perdu, Judith disparait de la région.»

C’est le 14 avril 1679 que Judith Rigaud est condamnée “in absentia” à dix ans d’exil de l’île de Montréal sous peine de châtiment corporel si elle revenait. Le juge est probablement Jean Baptiste Migeon de Branssat, chef de la justice de Montréal à l’époque.

Chassée, Judith retourne vivre  sur la rivière Manereuil, à Louiseville, avec sa fille Marie-Louise. Elle a 46 ans.

Éventuellement, elle reprend son commerce de fourrures avec ses fils et un marchand de Québec, Joseph Petit dit Bruneau. C’est le recensement de 1681 qui nous révèle qu’elle est alors à Louiseville.

À partir de cette date, on la nomme simplement “Madame Rigaud”. Son entreprise familiale continue de prospérer.

En 1689, après dix ans d’exil, Judith Rigaud revient à Montréal.

Le 11 octobre 1689, son Fils Charles Lemaître dit Auger, celui qui est né à La Rochelle et maintenant âgé de 23 ans, épouse Madeleine Crevier, fille de Nicolas Crevier dit Bellerive et de Louise Le Coutre, résidents du Cap de la Madeleine.

Sept ans plus tard, âgée de 63 ans, Judith Rigaud assiste au mariage d’un autre de ses fils, Jean Lemaître dit Lallongé qui, lui, épouse Catherine Michelle Godefroy du Vieux-Pont le 22 novembre 1696 à Montréal.

Elle vie ses dernières années à Montréal où elle décède le 13 mai 1704.


Voilà donc le genre de femmes que furent nos arrières-arrières-grand-mères. Celle-ci est loin d’être une exception. Je connais le récit de plusieurs autres femmes de cette trempe.

On ne peut certainement pas les qualifier de « Donalda Laloge », cette Québécoise soumise, pieuse et surtout, « imaginaire » qui fut immortalisée dans le roman « Un homme et son péché » de Claude Henri Grignon.

Les femmes du Canada étaient rarement soumises à qui ou à quoi que ce soit. On a même de la difficulté, aujourd’hui, à imaginer à quel point. Elles furent depuis toujours les « maîtresses de leur sort et de leur « maisonnée ». Très peu de choses leur résistaient. Il y eut même un groupe de « commères » canayennes qui fit reculer Frontenac d’une de ses décisions, suite à une levée de protestations et d’une manifestation publique. La même chose se produisit à l’époque de Vaudreuil. Personne n’aimait tellement se frotter aux Canayennes.

Elles furent également reconnues comme des femmes éduquées, belles et charmantes, n’ayant aucun complexe face aux hommes de leur temps. Elles savaient « recevoir » et parvenaient facilement à faire disparaître la « supposée » pauvreté de leur famille.

Ce sont ces femmes au caractère indomptable qui fournirent l’éducation à des enfants qui deviendront ces Canayens sans peur, naturellement insoumis, qui, à force de courage et de témérité, seront les vrais responsables de l’ouverture de l’Amérique du Nord à la civilisation. Elles méritent notre plus grand respect et ont droit à notre très grande fierté.

André Lefebvre

17 Commentaires

Classé dans Actualité, André Lefebvre

17 réponses à “Ces femmes « soumises » qui éduquèrent les « Canayens »!!!

  1. Parlez d’ouverture de l’Amérique du Nord à la civilisation, c’est faire fi des peuples autochtones. Monsieur, vous ne devriez pas parler ainsi, car les améridiens sont des gens qui ont donné à manger à vos ancêtres pour qu’ils ne crèvent pas de faim dans les premiers temps de leur installation. C’est un véritable camoufflet au bon sens, ce que vous dites là. Quant aux femmes des diverses provinces américaines, c’étaient souvent des femmes dont on voulait se débarasser, ainsi que les hommes d’ailleurs. Qu’elles soient prostituées ou servantes, les femmes de ce temps-là avaient du caractère. Mais parler du temps présent en glissant sur le passé en exaltant nos ancêtres n’est pas forcément de bon aloi, car le passé a été le ferment du présent, puisqu’il est le départ de déplacement de populations complètement hétéroclytes qui ont fini, il est vrai, par donner des populations stables, mais au prix du massacre des indiens. Quant aux métissage, il n’a jamais prouvé sa supériorité dans notre monde humain.
    « Bon chien chasse de race, disait les vieux »

  2. Faire fi des peuples autochtones ??? Ça va pas dans le ciboulot???

    Les peuples autochtones vivaient partout en Amérique du Nord et, sauf pour les Iroquois, au début, et surtout à cause d’une erreur de jugement de Champlain, parce qu’il ne connaissait pas le système d’échange qui existait entre les tribus, celles-ci accueillirent amicalement tous les « Canayens » de Nouvelle France.

    Les peuples autochtones et les « Canayens » ont toujours vécu en harmonie jusqu’à l’arrivée de la Cie du Nord Ouest, c’est à dire, pendant plus de 180 ans.

    Quant au « camouflet », cher ami, vous venez d’en administrer un de taille à tous les enfants de ces ancêtres « Canayens » qui, abandonnèrent le système esclavagisme des « cens » pour décider d’adopter le système de liberté, égalité et fraternité qu’ils trouvèrent chez leurs amis autochtones deux cent ans avant la révolution française.

    De plus, je ne sais pas de quels vieux dont vous parlez, mais les nôtres n’ont jamais qualifié de « chiens », bons ou mauvais, ces mêmes « Canayens » métis. Vous devez avoir suivit des cours d’histoire du Conseil privé de la Reine pour le Canada de 1885; ou peut-être du président américain Andrew Jackson.

    « c’étaient souvent des femmes dont on voulait se débarasser, ainsi que les hommes d’ailleurs. »

    Heureusement pour nous; sinon nous serions encore Français ou Anglais. Votre propension à la distribution de « camouflets » est assez phénoménale; vous ne trouvez pas? À moins que vous ne compreniez pas ce que vous dites. Ce qui semble probable.

    « Mais parler du temps présent en glissant sur le passé en exaltant nos ancêtres n’est pas forcément de bon aloi, car le passé a été le ferment du présent, puisqu’il est le départ de déplacement de populations complètement hétéroclytes qui ont fini, il est vrai, par donner des populations stables, mais au prix du massacre des indiens. »

    Ah bon! Je vois; vous avez étudié l’histoire aux USA. Par contre, quant à la « stabilité » de sa population, on verra bien. Je clarifierai cette situation dans mon prochain article sur les 7 du Québec. Par contre, vous avez raison de dire que :
     » le passé a été le ferment du présent »; mais je ferais une seule petite rectification en ajoutant:…et sera certainement celui de l’avenir.

    C’est ce que nos autorités semblent oublier actuellement.

    Amicalement

    André Lefebvre

  3. J’oubliais l’un de vos camouflet; veuillez m’excuser.

    S’il était vrai que certaines de nos arrières-arrières grand-mères étaient des prostituées, nous pourrions nous vanter d’être les descendants de Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de Pompadour, ou d’Agnès Sorel, Diane de Poitiers ou encore de Gabrielle d’Estrée sans oublier Françoise d’Aubigné marquise de Maintenon.
    Mais je suis convaincu que ce n’est pas le cas. Du moins, je n’en ai encore trouvé aucune trace dans mes recherches généalogiques; et vous?

    Amicalement
    André Lefebvre

  4. Bon la chicane est pãgner!
    Les indiens ont eu leurs bonne part de misère. (c pas ça qui a manquer)
    Et les Femmes (du Quebec ou d’ailleur) méritent de savoir qu’elles ont commanditer Jésus. Luc 8:3 (intro de la parabole du semeur)

  5. 🙂

    Pas de chicane encore; et je ne crois pas que je participerai à l’une d’elles.

    Mais si Jésus s’en mêle, je ne garantie rien. 🙂

    Amicalement

    André Lefebvre

  6. Je suis toujours étonnée et en même temps ravie de constater votre intérêt pour l’histoire. Je vous lis avec grand plaisir Les filles du roi étaient fort probablement des prostituées…Et puis après! Si c’était la réalité, je ne m’en offusquerais guère. Car est-ce qu’il y a vraiment beaucoup de différence d’avec le libertinage d’aujourd’hui. C’est juste les qualificatifs qui changent. L’intrigue est juste un peu plus rafinée, «politicaly correct» et acceptée dans nos moeurs modernes. Plus ça change, plus c’est pareil! Par ailleurs, elles étaient des femmes de caractère, déterminées, tenaces. En avaient-elles vraiment le choix alors qu’elles affrontaient quotidiennement d’innombrables dangers et misères. Je suis fière de toutes ces «Marie-Madeleine». L’Évangile affirme: «que celui qui est sans péché lui lance la première pierre et surtout que Marie-Madeleine a été sauvée parce qu’elle a beaucoup aimée! Je suis comblée de me savoir sauvée…

  7. Très bon préambule à ma thèse.

    Elles ne sont plus des mineures. Elles ne sont plus obligées de nous soumettre à la maternité.

    Il leur reste à ne plus mettre d’esclaves au monde.

  8. @ marieplacide

    « Les filles du roi étaient fort probablement des prostituées…Et puis après! Si c’était la réalité, je ne m’en offusquerais guère.  »

    Ce ne serait pas une raison de s’en offusquer, je partage votre opinion.

    Cependant, elles ne l’étaient pas; donc, raison de plus.

    Si vous allez sur :
    http://lesfillesduroy-quebec.org/2010/06/21/la-salpetriere-et-les-filles-du-r/

    Vous apprendrez qu’à la Salpetrière d’où venaient 1/3 des « Filles du Roi », les prostituées y furent accueillies après 1685 et que les « Filles du Roi » arrivèrent au Canada en 1665, 1668,1669, 1670, 1671 et 1673.

    Vous lirez également que:
    « suite aux instructions données par Colbert et l’intendant Talon, le recrutement y fut dirigé et encadré par Madame Bourdon et Mademoiselle Estienne, venues à cette fin de la Nouvelle-France. Il leur fallait choisir des femmes jeunes, en bonne santé, « pas trop contrefaites » ni trop laides, « vaillantes», de bonnes mœurs, « dégourdies » et, il va sans dire, célibataires… parfaites quoi! Les Filles du Roy de l’Hôpital Général étaient « désignées » par le roi pour partir fonder des familles au Canada. Mais elles partaient en femmes libres comme toutes les « épouseuses » recrutées ; elles pouvaient revenir en France (peu l’ont fait) ; elles étaient libres de choisir leur époux (chose peu courante à l’époque), avaient même le droit d’annuler un contrat de mariage avec un soupirant pour en signer un deuxième (et parfois un troisième) avec un autre qu’elles épousaient enfin. Elles se marièrent dans les six mois suivant leur arrivée, et eurent rapidement de nombreux enfants. »

    Bonne lecture et merci de votre commentaire.

    André Lefebvre

  9. @ gaiagenaire

    « Il leur reste à ne plus mettre d’esclaves au monde. »

    Vous verrez, dans mon prochain article, qu’elles ne l’ont jamais fait, au contraire.

    Mais cette thèse dont vous parlez; est-elle de vous ou fait-elle partie de votre éducation maternelle?

    Amicalement

    André Lefebvre

  10. Au sujet de ces arrières-arrières grand-mères, un très bon travail est présenté sur:

    http://www.mcq.org/histoire/filles_du_roi/lettre.html

  11. Je vous signale que les améridiens sont encore dans des réserves, y compris au Canada. Et à moins que mes informations, venue en droite ligne d’un ami Huron en tournée en France, je persiste à dire que la société européenne n’a conclu des marchés avec eux que pour les mieux baiser. Alors, arrêtez de vous voiler la face de fausse pudeur religieuse car sinon, vous ne ferez pas flores.

    Quant à la polémique, je ne la cherche pas, car vous nous l’apportez sur un plateau à chaque fois que vous intervenez. Ne vous méprenez pas sur mes propos, car même si je ne connais pas tout, ma faculté d’analyse est suffisante pour vous porter l’estocade.

    Concernant les filles de France ayant peuplé les amériques, je persiste à dire qu’elles furent d’abord de ces personnes qui ne plurent pas au Roy, qui furent en majorité prostituées ou appartenant aux pauvres, voire aux mendiants. A l’époque, c’était monnaie courante car la misère rongeait les populations aussi bien que la gale et autres parasites. Ce temps-là ne faisait pas de détails avec le peuple. Il en fut de même pour le peuplement en algérie, à la fin du 19ème siècle. C’était ceux qui gênaient qui furent déportés. Après il y eut les aventuriers. Et ne s’agit pas d’aimer ou non cette façon de procéder, il s’agit de ne pas travestir la réalité de l’époque. Car la déportation n’a pas commencé avec le troisième Reich. C’est dans les moeurs depuis toujours.

  12. « je persiste à dire que la société européenne n’a conclu des marchés avec eux que pour les mieux baiser. »

    Enfin, on s’entend sur cette partie du sujet. Vous remarquerez que, personnellement, je parle de la société « canayenne » et non européenne. En fait, il vous faut nuancer quelque peu. À l’époque il y avait, au Canada, des autorités Françaises qui voulaient baiser les Amérindiens et il y avait les Canayens qui vivaient en symbiose avec eux. (Je pourrais vous citer quelques discours de chef amérindiens de cette époque, qui l’explique à des autorités Anglaises et Françaises au cours de l’histoire).

    Ensuite les Anglais sont venus et se sont sérieusement investis dans le vrai « baisage » d’une façon efficace à partir de 1790. Mais les Canayens vivaient toujours en symbiose avec les Amérindiens .Ça s’est vraiment gâté lorsque le gouvernement décida d’évincer les Métis et de prendre leurs terres. En réglant le cas des métis, on confirmait la perte des autochtones.

    Donc, il y a des nuances à apporter et à respecter dans l’histoire comme dans toutes choses. C’est ce à quoi devrait s’attarder votre faculté d’analyse au lieu de vouloir « porter l’estocade », qui, je vous le fais remarquer, vous ramène justement à cette époque où les « bien pensants » d’Europe disaient que les Amérindiens n’étaient pas des êtres humains. Ce n’est pas avec un tel esprit qu’on peu faire de l’histoire.

    Au sujet de la « déportation » des « mal aimés » du Roi, il me souvient que les plus « mal aimés » étaient les Huguenots; et pourtant Louis XIX faisait des pieds et des mains pour les empêcher de fuir la France, quelques années auparavant.

    Quant aux gens qui vivaient en France à cette époque, vous avez raison, n’importe quel Canayen en Amérique, vivait dans de meilleures conditions que la majorité des Français de la même époque. C’est également indiqué dans les écrits historiques.

    Amicalement et bien le bonjour à votre ami Huron.

    André Lefebvre

  13. « Les Filles du Roy de l’Hôpital Général étaient « désignées » par le roi pour partir fonder des familles au Canada. »

    Moi, je dis que c’est de mettre des esclaves au monde. Elles étaient des « mineures » LIBRES ?

    Et qu’arrivait-il aux gars qui refusaient de se laisser pièger par le mariage et la paternité non désirée ?

    La revanche des berceaux c’était quoi ?

    Je ne nie pas l’héroïsme des ancêtres. Certains des miens sont arrivés de Bretagne en novembre Témiscamien, sur une terre en bois debout, sans chemin et communication pendant des mois. L’espérance de vie est passée de 35 ans à 90 ans. Les autres, insoumis, ont été déportés de la Beauce au Témis par les curés. Toujours les curés et les évesques qui possédaient beaucoup de terres ? Des « truies » pour donner des portées d’esclaves (14) pour la pérennité de la multinationale vaticane de connivence avec Londres.

    Un exemple de mon éducation maternelle. Des médecins ont tenté de lui faire comprendre qu’au 4ième, en ville c’était assez. Et surtout que son mari, victime d’une tentative de meurtre qui le laissa PTSD, avait déjà trop de responsabilités. Il lui ont même fait peur en lui disant qu’elle pourrait en crever à la 5ème grossesse.  » M’en va leur prouver que je suis capable d’en avoir d’autres enfants  » puis elle en fit 5 autres… Pas de drogue, pas d’alcool, pas d’adultère. Honnête, propre, toutes les qualités et belle à rendre les autres jalouses. Une voix de Soprano à rendre Claire Gagnier verte d’envie, musicienne (guitare, violon, musique à bouche) ce qui la distinguait de toutes les « vaches instruites », mais sans aucune autre qualité personnelle que d’avoir le « pouvoir » d’une agence gouvernementale. Pour la « casser », elles l’ont déclarée tuberculeuse, internée dans un « sanatorium » pendant 2 ans, placer ses enfants dans des familles « Normales » où certains ont connu la fureur des matriarches substitues. Encore la peur pour lui enlever un poumon ce qu’elle a refusé. Elle mêne encore le diable en CHSLD à 90 ans. Sa mère ? Matriarche castratrice. Pas instruite, mais vendait les meilleurs légumes et les plus belles pièces de viande du marché où elle se rendait assise en arrière d’un camion qui faisait 200 milles de chemin de « gravelle » aller-retour. Crissait dehors avec sa fourche les agronomes qui voulaient empoisonner sa terre où elle pratiquait déjà la culture alternée. Aucune dette. Avisait ses enfants de ne pas obéir aux maîtresses d’école qui préconisaient l’apprentissage au son. Une d’elles devint la belle-soeur de ma matriarche. Le « GBS » versus l’abêtissement universitaire. Dale Carnegie était pas connu dans le coin.

    D’autre fleur de sel avec ça ? Rerum cognocere causas

  14. L’histoire de ta famille au Canada commence beaucoup plus tard que celle dont j’ai parlé dans l’article; mais elle prouve que les « Canayennes » ont toujours eu du caractère et étaient courageuses et indépendantes.

    Je te remercie de ton commentaire et je salue ta mère bien bas.

    Il est bien évident que ces femmes remarquables ont subi, finalement, les vicissitudes du « système »; mais cela ne les diminue pas aux yeux de l’histoire.

    Mon prochain article démontrera le lien indéniable entre notre passé et notre actualité au niveau des hommes et femmes qui sont devenus ce que nous sommes aujourd’hui.

    Aussi bien aller vraiment au fond des choses.

    Amicalement

    André Lefebvre

  15. Question: Quelle est la différence entre arriver en 1885 en plein bois sur une terre en bois debout à 4 ans et vivre cela en, disont 1685, adulte ?

    L’Artiste, le mépris est la voix du moi cassé. Remarquez que j’évite le mot Ego.

  16. Réponse : 200 ans.

    « L’Artiste, le mépris est la voix du moi cassé.  »

    Entièrement d’accord avec vous.

    « Remarquez que j’évite le mot Ego. »

    Et vous avez raison; l’Ego est indestructible. 😉

    Bonne journée

    André Lefebvre

  17. 18 novembre 2011 à 12:52
    « L’histoire de ta famille au Canada commence beaucoup plus tard que celle dont j’ai parlé dans l’article; »

    18 novembre 2011 à 09:41
    Les autres, insoumis, ont été déportés de la Beauce au Témis par les curés. Je parle ici de la Beauce du Québec dont est issue ma souche mitochondriale. Ils ont les yeux et les cheveux noirs.

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