Archives mensuelles : janvier 2012

Le héros sali par l’histoire

 

Le héros sali par l’histoire!!! 

(Merde! Y’a un sauvage pas de pagne au centre, à gauche du tableau. Non mais quel cul-ot!!!)

Aussi étonnant que cela puisse nous paraître, au Musée McCord, on ne sait pas que ce tableau représente Dollard des Ormeaux lors de la bataille du Long Sault. Comme quoi notre histoire réelle est bien occultée par les autorités.

Si encore, ces autorités se limitaient aux autorités anglo-saxonnes du pays, on pourrait le comprendre (et encore); mais nos propres historiens n’ont pas hésité à salir la réputation de ce héros qui a retardé l’attaque sur Montréal appelée, à l’époque : Ville-Marie, prévue par les Iroquois pour 1660.

Certains en on fait un aventurier qui voulaient simplement voler les fourrures des « pauvres » Iroquois, pour son propre compte. Mais comme cela n’est pas tellement crédible, étant donné que les Iroquois et les Canayens sont alors en guerre, ils ont embellit le récit en ajoutant que lorsque Dollard des Ormeaux lance son baril de poudre, « greillée » d’une mèche pour le transformer en bombe, sur les attaquants, il est complètement saoul. De sorte que le baril « accroche » une branche pour ensuite, retomber dans le fortin. Pas tellement « intelligente » cette foutue bombe. Normal, vous me direz, puisque Dollard n’est pas américain. Qu’à cela ne tienne, il est évident que les historiens qui défendent ce point de vue, sont des hommes ayant l’expérience des combats qui ne ressentent jamais  aucune peur; au point de convenir qu’il est tout à fait normal de se saouler la gueule, le septième jour d’un combat contre 800 Iroquois. Que voulez-vous? On est truand ou on ne l’est pas; non?

Et pourtant, ce n’est pas que nous n’ayons aucun compte rendu valable de cette bataille; au contraire. Nous avons le rapport de Radisson, gardé par des Anglais jusqu’au XIXe siècle et, de plus, celui de l’un des survivants de ce combat qui parvient jusqu’à Montréal pour raconter les faits. Malheureusement pour notre histoire, l’un est, aux yeux des historiens, un « vendu » et un « traitre», et l’autre est Amérindiens. Comme, pour nos autorités passées et actuelles, les rapports d’Amérindiens ne sont valables que lorsqu’ils servent à agrandir le territoire dont on veut prendre possession, le rapport d’un Amérindien, de cette bataille du Long Sault n’est pas crédible. Tout comme les objections des Innus au sujet du Plan Nord, ne le sont pas non plus, aujourd’hui.

Revoyons donc cette histoire de la bataille du Long Sault :

Adam Dollard des Ormeaux est originaire du même patelin que mes propres ancêtres : l’Ile-de-France. En 1657 il signe un contrat et arrive en Nouvelle France à l’âge de 22 ans. Il reçoit un commandement au fort Ville-Marie de la part du Chevalier de Maisonneuve. Il reçoit également une terre de 30 arpents qui se trouve aujourd’hui, près du fleuve St-Laurent, entre la rue Parthenais et la rue Fullum. Dollard s’associe à Picote de Bellestre en 1659, pour défricher sa terre plus rapidement.

En fait, on doit l’avouer, l’agriculture ne l’intéresse pas tellement. Il était soldat en France et suite à un duel alors défendu, il vient au Canada pour se refaire une vie. On peut comprendre que pour ce soldat, la guerre contre les Iroquois l’intéresse beaucoup plus que la récolte des carottes et des rutabagas même si ceux-ci ne sont pas les derniers navets venus. Cette guerre indienne a repris depuis 1657 et les Iroquois tournent constamment autour de Ville Marie et de toutes les autres régions de la colonie. De sorte que la traite des fourrures est de beaucoup diminuée et les profits, à Montréal et ailleurs, sont très minces. « Une crise économique se pointe à l’horizon » dirait notre éminent ministre Jim Flaherty. Malheureusement, ni lui, ni « the Premier » are not there yet.

Dollard, en octobre 1658, devient parrain de la petite fille de Lambert Closse marchand de fourrures; on peut comprendre ici : « coureur de bois », même s’il est aussi, notaire et sergent de la garnison de Montréal. Quant à Picote de Bellestre, commandant à Montréal et rencontré plus haut, n’allez pas croire qu’il ne s’occupait pas de traite des fourrures; il est, lui aussi, un « coureur de bois ». Durant les années qui suivirent la bataille du Long Sault, Bellestre se « colletaille » plusieurs fois avec les Iroquois, toujours avec succès. Sa famille deviendra très populaire chez les Canayens.

Selon des déclarations arrachées à un prisonnier Iroquois, ceux-ci préparent une invasion générale de la colonie en commençant par Ville-Marie, suivit de Trois-Rivières pour se terminer par la destruction de Québec. On est en 1660 et cette attaque est supposée planifiée par les Iroquois depuis 1659. Mais, comme je le disais, cela n’est pas très crédible pour les autorités. Ce  n’est donc pas la raison principale de l’expédition de Dollard des Ormeaux aux Long Sault.

En fait, la colonie est presqu’en faillite parce que les Iroquois contrôlent la route du Long Sault qu’ils empruntent pour aller vendre leurs fourrures en Nouvelle Angleterre. Ils bloquent, par le fait même, la venue des autres tribus par la rivière Outaouais qui voudraient trafiquer avec les Français. Dollard planifie d’attaquer les groupes d’Iroquois qui passent au Long Sault, pour se saisir de leurs fourrures tout en dégageant la route de Montréal. L’expédition fera un profit et libérera le commerce des fourrures. Après hésitation, son plan est finalement accepté par Montcalm.

Ce que Dollard ne sait pas, c’est qu’il est parfaitement exact que les Iroquois préparent l’invasion de la colonie; et que 300 d’entre eux sont déjà en route vers Montréal. Ce n’est donc pas à des petits groupes d’Iroquois chargés de fourrures que la troupe de Dollard devra s’attaquer mais plutôt à ces Iroquois qui se préparent à descendent la rivière Outaouais pour faire jonction avec les autres « sauvages » qui viennent de partout.  Le 15 avril 1660 Dollard emprunte 45 livres portant à 3 livres d’intérêt, qui lui permettent de payer les balles, la poudre et les vivres pour son expédition. Il promet de rembourser à son retour.

Lui et ses 16 compagnons, assistent à la messe et font leur testament avant de partir le 19 avril. À l’île des Sœurs, ils rencontrent une quinzaine de sauvages trainant 3 prisonniers français. Ils tuent quelques Iroquois et les autres prennent la fuite sans toutefois oublier de tuer leurs trois  prisonniers avant de s’enfuir. On revient porter les corps à Montréal et on repart le 22 avril pour le fort du Long Sault où Dollard pense installer sa base d’opération de guérillas.

Ce fort est un vestige d’avant poste Algonquin abandonné depuis longtemps. Dollard et sa troupe réparent et préparent le fortin du mieux qu’ils le peuvent. Ils sont rejoints par 40 Hurons et 4 Algonquins envoyés par de Maisonneuve pour les seconder.

Le 2 mai, Dollard voit s’approcher deux canots Iroquois. Il organise une embuscade au portage de la rivière. L’embuscade est un succès sauf…qu’il ne trouve pas de fourrures; et qu’il ne peut empêcher quelques Iroquois de s’échapper. Ces deux canots portaient des éclaireurs envoyés pour vérifier la sécurité du passage pour le gros de la troupe. Celle-ci compte 50 canots, soit plus de 300 Iroquois.

Je ne sais pas si Des Ormeaux comprend le danger qui approche. Probablement pas puisqu’il n’envoie aucun messager à Ville Marie pour réclamer de l’aide. D’un autre côté, sa troupe est composée de 61 combattants; ce qui n’est pas tellement moins que les combattants disponibles à Montréal. Donc, il est possible qu’en bon soldat, il n’ait pas voulu dégarnir Ville Marie de ses défenseurs. Le fait reste qu’il retourne se réfugier dans son fortin délabré.

Lors de l’attaque des Iroquois, les assiégés tuent le chef des Tsonontouan (tribu Iroquoise), lui coupe la tête et l’installe sur une pique attachée à la palissade, attisant les attaques contre le fortin. Parce que lorsqu’on est un truand et qu’on veut un bon combat, on se doit de motiver l’assaillant; non?

Les assiégés repoussent toutes les tentatives Iroquoises. Ceux-ci décident alors d’envoyer chercher les 500 Iroquois qui se trouvent aux iles Richelieu. Woops! Cela n’était pas prévu. Vite! Enlevez-moi cette tête hirsute de la pique!!!

Lorsque les 500 s’ajoutent aux attaquants déjà présent, une trentaine de hurons se laissent convaincre de déserter et se joignent aux Iroquois. Il faut les comprendre puisque  les Français de l’époque refusent les armes à feu aux « sauvages »; et devant 800 Iroquois qui, eux, ont des armes à feu fournies par les Anglais, les fléchettes et les grimaces… ça vaut ce que ça vaut.

La troupe de Dollard est maintenant réduite de moitié; mais il n’est pas question de se rendre et le combat reprend de plus belle. Les combats durent 7 jours.

Par la suite, Dollard est tué lorsqu’il veut lancer une grenade artisanale chez les Iroquois. Celle-ci semble avoir explosé dans ses mains ou près de lui. Tous les jeunes combattants  périssent au combat, sauf 5 français et 4 Hurons qui sont fait prisonniers. On se penche tout de suite sur le cas d’un des canayens, trop blessé pour être transportable. Il est donc torturé sur place. Les autres sont « distribués » parmi les tribus participantes qui retournent chez eux, afin de « faire la fête ». Les « invités » canayens et Amérindiens serviront le bûcher et feront partie des « hors d’œuvres ». Par contre 80 Iroquois avaient, eut aussi, péri durant les combats; et cela impressionne assez les « sauvages » pour qu’ils remettent à plus tard, la destruction de la nouvelle France. Pas fous ces Iroquois; de plus, ils sont alliés des Anglais qui, pas fous eux n’ont plus, ne traversent jamais les Appalaches. Bon d’accord, les Anglais attaquent bien l’Acadie de temps à autre, mais par mer, où on peut voir venir; jamais à travers les bois.

Les noms des autres « truands alcooliques » du groupe de Dollard sont : Jacques Brassier, Jean Tavemier, Nicolas Tiblemont, Laurent Hébert, Alonié de Lestre, Nicolas Josselin, Robert Jurie, Jacques Boisseau, Louis Martin, Christophe Augier, Anahonatha (chef Huron), Etienne Robin, Jean Valets, René Doussin, Jean Lecompte, Simon Grenet, François Crusson, Nicolas Duval, Biaise Juillet, Mathurin Soulard, Witiwiweg (chef Algonquin). Moi j’en compte dix-neuf; il doit y avoir trois « sauvages » baptisés de noms français dans le groupe; ou alors, on ne met pas assez d’emphase au récit.

Huit jours après la fin du combat, Radisson arrive au Long Sault et constate l’intensité du combat qu’on y a livré. La palissade et les arbres aux alentours sont criblés de balles. Lui et Desgroseillers  arrivent à Ville Marie avec une valeur de 200,000 livres en fourrures, ce qui sauve la colonie de la faillite. D’autant plus qu’on saisit toutes les pelleteries des deux beaux-frères et, en plus, on leur charge une amende. La comptabilité demande de boucler le budget; c’est connu. Demandez au ministre Bachand; vous verrez.

Il y eut un survivant à ces combats du Long Sault, comme je l’ai dit plus haut. C’est lui qui raconte les combats aux autorités. On peut lire ce compte rendu dans la relation des Jésuites. Mais, de nos jours, les Jésuites ne sont plus crédibles non plus, évidemment. J’en arrive même à douter de ce que j’écris actuellement; mais je vous promets de revérifier avant de publier.

L’invasion renoncée par les Iroquois, permet au Montréalais (Ville-Mariens) de faire leur récolte et d’éviter la famine cette année-là. L’année suivante, les Iroquois reviendront et parviendront à tuer une centaine de Français. Ce ne sera que quatre ans plus tard que la France se décidera à envoyer le régiment de Carignan. Alors là, eux, ce ne sont pas des « truands alcooliques »; ce sont de vrais soldats comme, d’ailleurs, l’était… Dollard Des Ormeaux.

Des Ormeaux n’est pas né « héros »; car on ne naît jamais « héros ». Ce sont les circonstances qui fabriquent les héros; et c’est exactement ce qui s’est produit avec Adam Dollard des Ormeaux, né Français, mais mort « Canayens » qu’on le veuille ou non.

Jusqu’à il y a quelques années, on fêtait la mémoire de ces « Canayens » mort pour leur pays, le lundi précédant le 25 mai; mais on a effacé leur histoire pour la remplacer par la fête des patriotes qui, auparavant, était fêtée le dimanche le plus près du 23 novembre. Pourquoi avoir annulé la fête de Dollard? Il ne peut y avoir que deux raisons possibles : Soit qu’on manquait de « jours disponibles » sur le calendrier, ou qu’on acceptait les élucubrations de certains historiens voués à salir l’histoire des Canayens. Il faut dire que la fête de Dollard des Ormeaux fut instaurée pour concurrencer  « la fête de la Reine » Victoria. Donc, en fêtant les patriotes de 1837/38, au lieu de fêter des Canayens vaincus par des Iroquois, on fêtait des Canayens vaincus par des Anglais. On ne peut pas dire que les Canadiens-Français ne sont pas fervents d’accommodements raisonnables!!! Je ne vois pas pourquoi on ne fête pas la bataille des Plaines d’Abraham; il faudrait être constant dans notre fierté nationale!!!

Je vous l’ai démontré dans mon avant dernier article : nous somme beaucoup plus anglo-saxon qu’on veuille bien l’admettre. On ne veut pas garder une fête « fériée » de Dollard des Ormeaux puisque cela diminue les jours de travail, consacrés à assurer l’esprit financier anglo-saxon qui, on le sait, est pour eux et maintenant tout autant pour nous, le summum de ce que peut être la philosophie d’un peuple « civilisé ». Il faut balancer le budget même si on augmente la dette à chaque année. L’important est de « balancer ». C’est à se demander de quoi on se « balance » en réalité.

L’économie passe avant nos héros canayens. Ce ne serait pas tellement grave si elle ne passait pas, tout autant, avant les services dans les hôpitaux, les services aux aînés, la nourriture des enfants, et la sécurité dans les écoles et dans les rues. La fierté canadienne n’est pas garantie par les ressources données à sa société; elle est garantie expressément par les photos de la Reine Élisabeth qu’on vient d’installer dans tous les bureaux gouverne-mentaux du pays. On a bien voulu faire une loi qui aurait mis en prison tout citoyen refusant d’accepter l’unifolié sur sa propriété placé sans son consentement; mais 40% de « majorité totale » n’est pas assez rassurant pour le pouvoir actuel.

Soyons fiers d’être Canadiens! On ne peut pas être autre chose…pour l’instant; mais Stephen Harper y travaille

et fait des merveilles; ayons confiance.

Amicalement

André Lefebvre

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Quoi de neuf pour la présidentielle USA

 
 
 

 

Quoi de neuf pour la présidentielle USA  de novembre 2012 ?  Rien. On se dirige vers la primaire républicaine de Floride après un émondage des candidatures qui laisse en lice, sans surprises, Mitt Romney, Newt Gingrich, Rick Santorum et Ron Paul.

Pourquoi sans surprises ? Parce que, comme dans la Commedia dell’arte, les croquants qui se cachent derrière les masques sont sans intérêt: ils jouent leurs rôles de Pantalon ou d’Arlequin pour des villageois ignares qui connaissent déjà par coeur bien la trame – toujours la même – de leurs pitreries.  On a Newt, le vieux politicien roublard, un peu sulfureux, on a Rick, le porte-flambeau qui fait la synthèse des fondamentalismes;  on a Ron-le-sympathique pour l’émotion des espoirs impossibles – ou le très improbable coup d’éclat qui viendrait méduser les jacques s’ils arrivaient courroucés aux grilles du château ! Et, finalement, on a Mitt, l’Homme de la Situation, le monsieur bien sous tous rapports, beau, bien pensant et d’une insignifiance à pleurer qui gagnera sans doute à la convention après un suspense bidon…

Des idées ?  Ron Paul-le-marginal en a plein, mais qui ne sont absolument pas solubles dans la réalité américaine actuelle.  Imaginez Louis XVI nommant Danton ou Marat pour remplacer Necker ! Pour les autres, penser, serait une distraction.  Gingrich ne voit le reste du monde que comme  un appendice des USA et croit donc que le spectre de la science politique va de « Démocrate libéral » à « Républicain conservateur », ce qui en excède étant dans le Monde du Mal.  Pour Santorum, le monde lui-même, incluant les USA, n’est d’ailleurs que le vestibule d’un monde meilleur. On n’est ici que pour faire son salut…

Reste Romney, Romney, c’est l’homme d’expérience. BCBG, milliardaire issu d’une bonne famille et ses idées sont celles de l’Establishment.  C’est à lui que l’on a donné le plus de fric, en stricte observance de la démocratie censitaire à l’américaine, qui permet aux riches  de bloquer l’accès des pauvres au pouvoir politique. On le fait en leur niant les fonds indispensables pour mener une campagne électorale qui coûte des dizaines, voire des centaines de millions de dollars. Aujourd’hui, dans la cohorte des prétendants républicains, seul Romney a du fric.

Alors c’est joué ?  On a le gagnant,  Romney ?   Minute … ! Vous n’avez rien compris au jeu de boules.  Tout ce cirque n’a pas pour but de trouver un gagnant…  mais de trouver un PERDANT !  La convention républicaine ne vise qu’à trouver celui qui mènera la “chaude lutte” que le people attend contre Obama, « le Noir qui a déçu ».   Une chaude lutte que le Républicain de service perdra, cependant,  puisqu’on n’a pas fini de tirer tout le jus du citron Obama.

Il en a fallu des efforts pour mener l’Afroaméricain Barack Obama au Salon Ovale….!  Tout suggère donc qu’on fera  en novembre une deuxième pression d’Obama. Car si ce dernier a déjà réussi à reporter d’une génération la demande  des Américains  pour un système de santé universel et gratuit et à en envoyer 14 % vivre dans la mendicité des “food stamps sans une révolte, il n’a encore qu’amorcé le train des mesures impopulaires qui permettront de transformer les USA en un véritable état corporatiste.   On s’est donné bien du mal pour mettre Obama dans sa position exaltée et infiniment vulnérable. Il a déjà la corde au cou, mais on va le charger encore avant de déclancher la trappe.

Il ne faut donc pas trop s’inquiéter des facéties des candidats républicains: c’est pour rire.  Il n’est pas prévu que l’un ou l’autre de ces guignols devienne président des USA. Même si l’on sait mieux, depuis le super communicateur Obama, à quel point celui qui lit  de façon convainquante les messages qu’on lui écrit au téléscripteur n’a pas besoin d’en comprendre le sens, ce serait gênant pour l’Américain moyen que soit élu Newt, Ron, Rick ou Mitt et de sentir confusément que le monde entier ricane de son leader… On va sans doute garder Obama pour un autre tour de piste.

Si les candidats républicains ne sont là que pour servir de faire valoir, il ne faut pas croire, toutefois, qu’ils ont été choisis au hasard.  Romney, bien sûr représente les conservateurs “progressistes” anglo-saxons qui sont encore – pour une ou deux décennies – la première composante démographique de la population et les gardiens de la tradition”Mayflower”.  Ils sont encore l’image de l’Amérique pour le monde qui veut y croire et le modèle  d’imitation pour sa population de plus en plus bigarrée, Mainstream USA, qui veut d’autant plus se reconnaître en Romney qu’elle lui ressemble de moins en moins…

Gingrich, lui,  est là pour l’image de l’Américain maquignon, “streetsmart”, vendeur d’huiles de serpents  miraculeuses et de voitures usagées. Tammany Hall au quotidien, mais aussi le cousin  véreux dont on dit du mal, mais dont on est fier au fond qu’il puisse couillonner les étrangers au besoin.  Parce que l’Américain se veut bon et craignant Dieu… mais astucieux et sans faiblesse.

Ron Paul est l’opposé de Ginrich. C’est l’idéal composite d’un vieillard qui pense jeune. Un clin d’oeil à la nostalgie des pionniers autosuffisants et des robber-barons, qui insiste pour « plus de liberté » sans trop regarder les aspects pervers d’une société sans solidarité.  

Ceux qui ont tout perdu dans la crise ne demandent qu’à croire que c’est la faute des fonctionnaires… sans voir que le mal de l’État est venu d’un fonctionnariat totalement corrompu par l’usage habile et indiscriminé des “lois du marché”, dont on n’a exclu que du bout des lèvres qu’on puisse y soumettre aussi l’achat, la vente et la location des consciences.

Choisir Paul comme candidat républicain serait un énorme gambit. J’aurais peur, car j’y verrais une façon pour l’Establishment de faire plébisciter cet automne, en choisissant Obama, toutes ces choses que Ron Paul rejette par principes … alors qu’Obama reste ouvert à les faire à regret. Ce qui inclut la main mise de l’État sur l’économie pour régler la dette… ou encore des guerres inutiles.  On aurait peut-être ce raisonnement tordu que si le people n’a pas voté pour Paul, c’est qu’il approuve une guerre d’agression contre la Syrie ou l’Iran… !

Santorum ?  On peut le voir comme un sot… ou comme la force montante du fondamentalisme qui séduira les Américains quand ils en auront marre de l’hypocrisie des medias, du grenouillage  des politiciens et du pouvoir occulte des banquiers.  Le fondamentalisme ne pouvait sauter cette élection  à la présidence sans avoir son cheval dans la course, car  quand ce monde les aura vraiment déçus, les Américains auront sans doute le réflexe historique de miser sur l’Au-delà.  Ce ne sera pas cette fois, mais dans 4 ou 8 ans… le danger sera alors bien réel que ce soit Savonarole qui vienne demander des comptes aux banquiers. Et il n’est pas sûr, alors qu’on aura gagné au change.

En attendant, il est clair que le vrai pouvoir demeurera encore caché pour un temps. Pour les apparences du pouvoir, car c’est de ça qu’il s’agit,  je donnerais Obama favori en novembre 2012…. et je m’attends au pire.

Pierre JC Allard

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LE CANADA ET LE MOYEN ORIENT

 Le peuple canadien est considéré comme un peuple responsable en rapport au droit international et à la Charte des Nations Unies. Pendant de nombreuses années, il a été appelé à participer à des missions de paix dans le but non pas de fomenter des guerres ou de renverser des gouvernements, mais pour assurer les conditions permettant de résoudre pacifiquement les problèmes. Il faisait partie des élites qui se déployaient dans diverses régions du monde sous la bannière des casques bleus des Nations Unies.

Depuis quelques années les choses ont changé. L’Organisation des Nations Unies, de plus en plus soumises au rôle prédominant des  cinq membres permanents du Conseil de Sécurité, a comme perdu l’aura qui en faisait un organisme crédible et respecté. La nature de ses interventions est de plus en plus problématique et va, souvent, à l’encontre de sa propre Charte des droits des peuples et des personnes.

Le cas de la Libye est un exemple type qui met en lumière l’inconsistance de cette Organisation internationale. Aujourd’hui, avec le recul et une information plus objective, nous réalisons que toute cette opération a été inspirée par les puissances  impériales occidentales pour éliminer le Président Kadhafi, prendre le contrôle du gouvernement et s’emparer des richesses. La soi-disant mission humanitaire en a été une de guerre.

Les mensonges utilisés pour préparer l’opinion publique n’ont jamais fait l’objet de vérification sur le terrain de la part des gouvernements belligérants. À cette époque un groupe de pays de l’Amérique latine et d’Afrique avaient demandé qu’une mission spéciale soit envoyée sur le terrain pour vérifier la véracité de ce que notre presse occidentale véhiculait comme information. Ils invitaient les membres des Nations Unies à favoriser, non pas une approche guerrière mais politique au conflit existant. N’était-ce pas là une démarche minimale avant de décider toute action belligérante qui allait entrainer la mort de milliers de personnes, la destruction des infrastructures de tout un pays et couter aux contribuables des centaines de millions de dollars? Le Canada, habituellement prudent et sage, était tout aussi pressé que ses alliés de l’Otan et des Etats-Unis pour lancer ses avions F-16 contre la Libye, son Président et son peuple.

Aujourd’hui nous réalisons que ce ne fut en rien la révolution d’un peuple, mais bien plutôt la conquête et la domination d’un pays. Le gouvernement fantoche mis en place par les conquérants n’a aucune crédibilité populaire. Le peuple n’est pas là pour célébrer cette victoire que l’on dit de lui, mais dans laquelle il ne se reconnait pas. Ce sont des mercenaires qui servent de couverture aux nouveaux dirigeants qui siègent à Washington et en Europe. Il est curieux que notre presse ne parle plus de ce qui se passe en Libye. Qu’en est-il du respect des droits des prisonniers politiques, de ceux des civils? Où est le peuple Libyen célébrant sa libération?

Voilà que maintenant le même scénario se répète, les mêmes mensonges sont véhiculés comme des vérités sans que nos responsables se donnent la peine d’aller en vérifier la véracité. Une délégation arable d’observateurs de plus de 160 personnes, venant de cinq pays de la région, est sur le terrain depuis plus d’un mois. Un premier rapport a été rédigé en vue de la rencontre des Présidents des pays regroupés dans la Ligue arabe. Or le document qui a été remis, ne circule pas auprès de la Presse et de la Communauté internationale. La raison, dit-on, c’est que les conclusions qui se dégagent font état de mercenaires et d’opposants armés soutenus de l’extérieur qui essaient de semer un climat de terreur et de guerre civile. Le Gouvernement, pour assurer la sécurité de la population, se doit de contrer ces groupes armés, types terroristes.

Aucun gouvernement, à commencer par le Canada, les Etats-Unis et les pays de l’Otan, n’accepterait des groupes armés semant la terreur au sein de la population. Nous avons vu ce qu’ils ont fait des indignés qui n’avaient pourtant aucune arme et qui manifestait pacifiquement.

Dans ce contexte, comment comprendre cet empressement de nos dirigeants de forcer la main du Conseil de sécurité des Nations Unies pour faire en Syrie ce qu’ils ont fait en Libye? Le minimum ne serait-il pas d’exiger que le chef de la délégation des observateurs vienne présenter lui-même son Rapport aux membres du Conseil de Sécurité? Le gouvernement canadien ne devrait-il pas exiger que ce Rapport intermédiaire soit connu et d’attendre que la mission de ces observateurs qui se poursuit pour un autre mois ait terminé son travail? D’où vient cet empressement pour envahir la Syrie et y renverser le gouvernement? Comme dirait ma grand-mère, ça ne sent pas bon. Il y a anguille sous roche. Serait-ce que nos représentants politiques et nos médias nous mentent tout en le sachant ou nous informent tout en ne sachant pas? Dans ce dernier cas il est urgent  qu’ils sachent.

De grâce prenez le temps de vérifier vos informations, de mesurer la crédibilité et la variété de vos interlocuteurs et interlocutrices. À y regarder de près ce n’est certainement pas des considérations humanitaires qui inspirent nos gouvernements. Si tel était le cas, la population d’Haïti  aurait depuis longtemps retrouvé sa dignité et des conditions de vie décentes, victime qu’il a été d’un des plus dévastateur tremblement de terre des dernières décennies. Non, la préoccupation première de nos gouvernements aura été, dans le cas d’Haïti, de s’assurer que les nouveaux gouvernants leur soient soumis, bloquant ainsi la voie à un gouvernement de gauche. Une fois cette tâche accomplie ils sont partis, laissant le peuple à lui-même. Haïti est comme s’il n’existait plus. Les milliards de dollars devant répondre prioritairement aux besoins de ce peuple se font toujours attendre. Il faut croire que les mercenaires et l’opposition armée de la Syrie sont plus importants et doivent pouvoir compter sur le support militaire de l’Occident.  Le régime du président Al Assad ne leur convient pas. Ce dernier doit partir et permettre ainsi aux terroristes mercenaires de prendre toute la place. Voilà le genre de paix que recherchent nos gouvernements occidentaux avec la complicité de l’Arabie Saoudite et celle du Qatar.

Oscar Fortin

Québec, le 29 janvier 2011

http://humanisme.blogspot.com

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Marcel Leboeuf et Pur noisetier devant les médias

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Incohérence dans le discours de Marcel Leboeuf?

Marcel Leboeuf est le porte-parole de l’entreprise Pur noisetier. Il est normal de le voir faire des publicités pour cette compagnie. Pourtant, quand Marcel Leboeuf s’est présenté devant Guy A. Lepage pour l’émission Tout le monde en parle, plusieurs questions viennent me bousculer.

Raymond Viger Dossiers Santé , Média et publicité

Lors de cette émission, Marcel Leboeuf se présente avec une chercheure. Marcel Leboeuf avait promis à Guy A. Lepage de venir à l’émission pour prouver que les produits Pur noisetier étaient dignes de confiance et que leur publicité n’était pas pure spéculation vantarde. La chercheure est présentée comme travaillant pour Pur noisetier. Le manque de neutralité ne me donne pas confiance en cette chercheure.

Elle nous annonce que le bois de noisetier contient beaucoup d’antioxydant et que ces antioxydants sont très bons pour la santé. Mais ces informations arrêtent là où mes questions commencent. Être bon pour la santé, ne veut pas dire que cela peut tout guérir. Mettons que le bois de noisetier contient des antioxydants. Peut-on m’expliquer en quoi porter un bracelet fait de noisetier peut amener ces antioxydants dans mon corps? Ça serait peut-être plus efficace s’ils avaient fait de la gomme à macher!

Marcel Leboeuf prend le contrôle

Mais les informations de la chercheure arrêtent là. Marcel Leboeuf prend le contrôle de la continuité. Il nous dit que l’entreprise a déposé des brevets et qu’il ne peut rien dire publiquement tant que les brevets ne seront pas accordés pour ne pas se faire voler leur idée. N’est-ce pas contradictoire de se présenter avec une chercheure pour nous prouver que les produits Pur noisetier sont bons pour ensuite nous dire qu’il ne peut pas faire d’annonce?

Quand Marcel Leboeuf parle des produits Pur Noisetier on croirait entendre le propriétaire de l’entreprise. Il en n’est que le porte-parole. Sur leur site Internet, il est présenté comme tel et n’y fait aucune présentation. C’est la propriétaire, Geneviève Lagacé qui le fait.

Marcel Leboeuf est un porte-parole pour la compagnie Pur Noisetier. Un comédien qui tient un rôle. Tant qu’il se limite à faire ses publicités, il joue son rôle. Mais quand il devient porte-parole et qu’il nous fait ce genre de présentation lors de l’émission Tout le monde en parle, j’ai l’impression de voir un homme de relation publique. Et là, je ne suis pas convaincu que c’est un compliment.

Depuis janvier 2009, Protégez-vous questionne le produit et ses allégations de produits miracles. Santé Canada soulignant que les bracelets Pur noisetier devraient avoir un numéro de produit naturel (NPN), obligatoire depuis 2004.

J’en comprends que les bracelets Pur Noisetier sont illégaux et n’ont pas obtenus les approbations nécessaires de Santé Canada. Pur noisetier, légende urbaine, fausse représentation, publicité trompeuse… Un effet placebo martellé par un battage publicitaire et son porte-parole Marcel Leboeuf.

Autres textes Santé

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Problèmes de confidentialité chez Télus

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Télus se fait voler des informations personnelles de ses clients

Parce que Télus se fait voler les informations confidentielles d’un certain nombre de client, ceux-ci, en guise de dédommagement se font offrir une année gratuite pour vérifier leur dossier de crédit chez Équifax!

Raymond Viger Dossier Protection du consommateur

Une personne qui veut taire son identité s’est fait appeler par Télus. Elle se fait dire que les informations confidentielles d’un certain nombre de clients de Télus ont été volé.

Pour s’assurer que ce n’est pas une arnaque, elle demande un numéro de téléphone pour les rappeler et s’assurer ainsi que c’est belle et bien Télus qui la contacte.

Télus et le dossier de crédit Équifax

Après vérification, c’est bel et bien Télus qui l’a appelé pour lui annoncer qu’elle fait partie des victimes potentielles. Télus, en guise d’excuse, offre une année gratuite chez Équifax pour qu’elle puisse vérifier son dossier de crédit et s’assurer que personne ne se sert de ses informations personnelles pour faire des emprunts ou des fraudes sous son identité.

De ce que cette personne en comprend, ce n’est pas un vol d’informations qui s’est produit par ordinateurs, mais par un des employés d’une succursale qui aurait mis la main sur les informations personnelles des clients de Télus. La fraude pourrait toucher une possibilité de 500 clients.

Comment faire confiance à la personne qui se trouve devant nous dans une succursale de Télus? Comment s’assurer que nos informations de crédit laissées à un préposé ne seront pas ramassées par un fraudeur? Quelles sont nos recours quand une entreprise telle que Télus se rend compte que nos informations confidentielles sont maintenant disponibles à tous?

Autres textes Protection du consommateur:

Ressources protection du consommateur:

Office de la protection du consommateur du Québec
Montréal: 514-253-6556
Québec: 418-643-1484
Partout au Québec: 1-888-OPC-ALLO (1-888-672-2556)

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La codépendance … vivre la vie des autres – Partie 1

Cet écrit s’inspire du livre de Melody Beattie, «Vaincre la codépendance.»

Qu’est-ce qu’un codépendant?

Ce terme s’appliquerait aux personnes tourmentées par le comportement de leurs proches, des alcooliques ou toxicomanes qui sont, eux, des chimio-dépendants. On estime à 80 millions le nombre d’individus chimio-dépendants ou côtoyant un chimio-dépendant. Ces derniers sont probablement codépendants. Les codépendants peuvent devenir des personnes incapables de gérer leur vie par suite de la fréquentation assidue d’une personne alcoolique, ou de plusieurs.

L’individu codépendant est celui qui s’est laissé affecter par le comportement d’un autre individu et qui se fait une obsession de contrôler le comportement de cette autre personne!

La codépendance a de multiples visages. C’est une dépendance à l’égard des autres – de leurs humeurs, de leurs comportements, de leur maladie ou de leur bien-être, de leur amour. Lorsque les humeurs des autres prennent le pas sur leurs propres émotions, il y a un problème. C’est une dépendance paradoxale.  On a l’impressions que les codépendants sont ceux dont on dépend, mais en réalité, c’est l’inverse. Ce sont eux qui dépendent. Ils ont l’air fort, mais en fait, ils se sentent impuissants. On les juge dominateurs , mais sont eux-mêmes dominés.

Ceux qui aiment une ou plusieurs personnes perturbées, se font du souci pour elles ou travaillent à leurs côtés, ont des chances d’être codépendants. Ceux qui s’occupent des gens affligés de troubles de l’alimentation ont toutes les chances de l’être. Si quand vous aidez quelqu’un, votre préoccupation tourne à l’obsession, si de simple témoin compatissant vous êtes devenu un ou une garde-malade; si vous prenez soin des autres sans prendre soin de vous-même … alors la codépendance vous crée sans doute des ennuis.

On parle beaucoup de la souffrance des alcooliques et des toxicomanes, de leur sensibilité et des qualités qu’ils cachent au fond d’eux-mêmes. Pourtant, les codépendants souffrent autant que les chimio-dépendants. S’ils n’ont pas l’apanage de la souffrance, ils l’ont supportée sans l’anesthésie que procurent l’alcool, les drogues ou les autres ivresses que recherchent les victimes de troubles compulsifs.

Mentionnons qu’il y a des gens qui sont vraiment codépendants et d’autres qui ne le sont qu’un peu.

Une maladie de famille

L’alcoolisme et les autres troubles compulsifs sont des maladies de famille. L’ensemble des voies que prend la contagion chez les membres de la famille porte le nom de codépendance. En épousant un homme ou une femme présentant tous les signes de l’alcoolisme, on devient ce qu’on appelle un «ex-enfant d’alcoolique». Ainsi, la plupart des codépendants ont vécu une histoire d’alcoolique ou de consommateur de drogues ou de médicaments dans son enfance.

Un long détour pour retourner à la case départ

Je suis née d’un père alcoolique. Nécessairement, vivre avec une personne alcoolique laisse des traces. Au niveau de la communication, c’est nul. Un alcoolique PREND TOUTE LA PLACE dans une maison par son énergie basse, la tension et l’inquiétude qu’il suscite. Il ne sait pas communiquer sauf ses états d’âme vaporeux qui s’évanouissent comme la brume.

Je me suis tenue toute ma vie à l’écart des alcooliques afin d’éviter de rentrer en relation personnelle avec eux. Jusqu’au jour où j’ai rencontré mon dernier conjoint, un ex-alcoolique qui se disait complètement guéri et qui fréquentait les Alcooliques Anonymes. Cet homme bien nanti désirait plus que tout l’amour et une vie paisible. L’histoire a bien été pendant quelques années, puis a périclité lorsque mon conjoint s’est remis à boire. Sans m’en apercevoir, je me suis retrouvée dans le rôle d’une codépendante (qui était en moi de toute façon). Je me sentais – je ne comprends pas pourquoi – vraiment responsable de l’aider à se guérir de sa maladie.

Je ne vais pas raconter la tristesse de la situation, puisque c’est toujours sensiblement la même histoire pour tous. Il n’y a que les décors qui changent.  Au début, un beau rêve stimulant enrobé de lumière, mais à la fin le rêve se brise en mille pièces comme un vase de porcelaine.

Je ne désire pas dans cet article m’étendre sur les difficultés que rencontre le chimio-dépendant au cours de sa vie, mais plutôt sur les responsabilités du codépendant pour reprendre sa vie en main. Vivre sa propre vie et non celle de l’autre.

Les raisons qui engendrent les comportements de dépendance

Avant de décrire les symptômes liés à la codépendance, il est important de préciser que ces symptômes ne signifient pas qu’on soit mauvais, déficient, inférieur. Ces comportements ont été acquis depuis l’enfance ou plus tard.

Si les codépendants agissent de la sorte, c’est par nécessité, pour se protéger et satisfaire leurs besoins. S’ils ont accompli ces actes, éprouvé ces sentiments et eu ces pensées, c’était à la seule fin de survivre – affectivement, mentalement, et parfois physiquement. Ils ont fait de leur mieux pour comprendre leur univers complexe et s’y adapter. S’il n’est pas toujours facile de vivre avec des gens normaux (des gens sains), en revanche, il est particulièrement ardu de partager la vie d’êtres malades, perturbés, dérangés. Et épouvantable d’être obligés de vivre avec un alcoolique délirant. Beaucoup de codépendants se sont efforcés de composer avec des conditions de vie monstrueuses, et ces efforts ont été admirables, héroïques. Ils ont fait leur possible.

Hélas, ces stratagèmes autoprotecteurs ont pu prendre trop d’ampleur par rapport à leur vocation salutaire. Parfois, les initiatives qu’ils prennent pour se protéger se retournent contre eux et leur font du mal. Ces dernières deviennent autodestructrices. Nombre de codépendants réussissent tout juste à survivre, et la plupart ne voient aucun de leurs besoins satisfaits.

Le thérapeute Scott Egleston cite ; «la codépendance est un moyen de satisfaire ses besoins qui n’entraîne pas la satisfaction des besoinsAvec les meilleures raisons du monde, les codépendants ont fait ce qu’ils pouvaient faire de pire.

Peuvent-ils changer et acquérir un comportement plus sain? On peut apprendre à faire les choses différemment. La plupart des gens désirent vivre sainement et le mieux possible. Souvent, on ignore qu’il n’y a pas de mal à s’y prendre autrement. Les codépendants se sont tellement dévoués à réagir aux problèmes d’autrui qu’ils n’ont pas eu le temps d’isoler leurs propres problèmes, encore moins de les résoudre.

La première étape sur la voie du changement est la prise de conscience. La deuxième devient l’acceptation. La responsabilisation des codépendants fera partie d’un deuxième article qui sera présenté la semaine prochaine.

Les caractéristiques de la codépendance

 L’INVESTISSEMENT PERSONNEL – souvent les codépendants :

  • se croient et se sentent responsables des autres – de leurs sentiments, actes, pensées, choix, et aussi de leur destin;
  • ressentent de l’anxiété, de la pitié et de la culpabilité quand les autres ont un problème;
  • se sentent obligés, contraints ou forcés, d’aider l’autre à résoudre son problème, par exemple, en lui prodiguant des conseils non sollicités, et en cherchant à «réparer» ses sentiments;
  • se fâchent quand leur sollicitude reste sans effet;
  • vont au-delà des besoins des autres et se demandent pourquoi les autres n’en font pas autant pour eux;
  • se surprennent à dire oui quand ils voudraient dire non;
  • s’efforcent de plaire aux autres au lieu de se plaire à eux-mêmes;
  • trouvent plus facile de ressentir et d’exprimer la colère en regard d’injustices faites aux autres, plutôt que de s’indigner des injustices dont ils ont été eux-mêmes victimes;
  • se sentent plus en sécurité quand ils donnent;
  • se sentent en danger et éprouvent de la culpabilité quand ils reçoivent;
  • sont tristes parce qu’ils ont passé leur vie à donner aux autres sans que personne leur donne jamais rien;
  • se sentent fâchés, victimisés, mal considérés et exploités;

 LA MAUVAISE OPINION DE SOI – les codépendants ont tendance à :

  • venir de familles perturbées ou refoulées;
  • toujours s’accuser de tout;
  • souffrir de l’absence de caresses et de louanges;
  • craindre d’être rejetés par les autres;
  • prendre mal ce qu’on leur dit;
  • avoir été victimes de violences sexuelles, physiques ou affectives, d’un abandon ou de la présence d’un alcoolique;
  • se demander pourquoi il leur est difficile de prendre des décisions;
  • avoir envers eux-mêmes des exigences de perfection dans tout ce qu’ils entreprennent;
  • avoir honte d’être ce qu’ils sont;
  • se demander pourquoi ils ne se donnent jamais satisfaction;
  • être hésitants, émailleur leur discours d’expression du type : «tu devrais» ou «il faudrait que»;
  • essayer d’aider les autres plutôt que de vivre leur vie;
  • essayer de prouver qu’ils sont aussi bien que les autres;
  • se rabattre sur la démarche consistant à se rendre indispensables;

 LE REFOULEMENT – beaucoup de codépendants :

  • finissent par craindre de s’autoriser à être ce qu’ils sont;
  • paraissent rigides et donnent l’impression de se contrôler;

LES OBSESSIONS – les codépendants ont tendance à :

  • ressentir une importable anxiété face aux problèmes et aux gens;
  • penser beaucoup aux autres et en parler beaucoup;
  • se sentir incapables de ne pas parler des autres et de leurs problèmes, de ne pas y penser et de ne pas s’en faire pour eux;

L’ATTITUDE DOMINATRICE – beaucoup de codépendants :

  • ont vécu des choses et côtoyé des personnes incontrôlées qui leur ont fait du mal et les ont laissés déçus;
  • finissent par craindre de laisser les autres être ce qu’ils sont et les événements survenir de manière naturelle;
  • n’ont pas conscience de leur propre peur de perdre pied, et ne font rien pour l’atténuer;
  • se croient mieux placés pour savoir la tournure que devraient prendre les choses et le comportement que devraient adopter les gens;
  • s’efforcent de contrôler les événements et les gens par le biais du désarroi, de la culpabilité, de la coercition, de la menace, de la multiplication des conseils, de la manipulation ou la domination;
  • ont l’impression de se laisser mener par le bout du nez par les événements et les gens;

L’ATTITUDE DE DÉNÉGATION – les codépendants ont tendance à :

  • ne pas tenir compte des problèmes ou faire comme s’ils n’existaient pas;
  • faire comme si les choses n’allaient pas si mal en fin de compte;
  • s’affairer en permanence pour ne pas avoir le loisir de réfléchir;
  • faire de la dépression ou tomber malades;
  • ne pas pouvoir s’empêcher de dépenser de l’argent;
  • manger à l’excès;
  • regarder les problèmes s’aggraver;
  • croire les mensonges des autres;
  • se mentir à eux-mêmes;

 LA DÉPENDANCE – beaucoup de codépendants :

  • ne se sentent ni heureux, ni satisfaits, ni en paix avec eux-mêmes;
  • cherchent le bonheur à l’extérieur d’eux-mêmes;
  • se sentent terriblement menacés par la perte de tout objet, tout être dont ils pensent qu’il peut leur apporter le bonheur;
  • n’ont reçu ni amour, ni approbation de la part de leurs parents;
  • recherchent désespérément l’amour et l’approbation;
  • recherchent souvent l’amour auprès de personnes incapables d’en donner;
  • se disent que les autres ne sont jamais là pour eux;
  • s’efforcent de prouver qu’ils sont assez valables pour qu’on les aime;
  • s’inquiètent de savoir si les autres les aiment d’amour ou d’amitié;
  • organisent toute leur vie autour des autres;
  • supportent les mauvais  traitements pour ne pas perdre l’amour des autres;

LES PROBLÈMES DE COMMUNICATION – fréquemment les codépendants :

  • font des reproches
  • émettent des menaces, supplient
  • donnent des conseils
  • disent autre chose que ce qu’ils veulent dire;
  • ne savent pas ce qu’ils veulent dire;
  • croient que les autres ne prennent pas les codépendants au sérieux
  • se prennent trop au sérieux
  • essaient de dire ce qui, à leur avis, fera plaisir aux gens, et aussi, provoquera les gens;
  • essaient de dire ce qui, espèrent-ils, amènera les gens à faire ce qu’ils veulent les voir faire;
  • parlent trop, parlent des autres;
  • évitent de parler d’eux-mêmes, de leurs sentiments et évitent de dire ce qu’ils pensent;
  • ont beaucoup de mal à exprimer honnêtement, ouvertement et pertinemment leurs émotions;

L’INCONSISTANCE DES LIMITES – fréquemment les codépendants :

  • disent qu’ils ne sauraient tolérer certaines attitudes chez les autres;
  • se font de plus en plus tolérants, jusqu’à tolérer et faire eux-mêmes des choses qu’ils disaient s’interdire;
  • laissent les autres leur faire du mal;
  • finissent par se mettre en colère, et à devenir parfaitement intolérants;

LA COLÈRE – souvent les codépendants :

  • ont peur, ont mal, enragent. Vivent aux côtés de gens qui ont peur, qui ont mal et qui enragent;
  • ont peur de leur propre rage et craignent la colère des autres;
  • redoutent que les gens ne les quittent si la colère entre en scène;
  • pensent que ce sont les autres qui les font enrager. Ont peur de faire enrager les autres;
  • se sentent plus en sécurité face à leur colère que face à une blessure d’amour-propre;

À NOTER

CHACUN DOIT CHERCHER SEUL À SAVOIR SI SA CODÉPENDANCE EST PROBLÉMATIQUE. CHACUN DOIT DÉCIDER SEUL DE CE QU’IL VA FALLOIR CHANGER, ET DU MOMENT OÙ DOIT INTERVENIR CE CHANGEMENT.

Une deuxième partie sur la guérison de la codépendance suivra la semaine prochaine

 Carolle Anne Dessureault

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LA DERNIÈRE TRAHISON DE LA CAUSE PALESTINIENNE

COMPLIQUÉE LA CAUSE PALESTINIENNE ?


Salim, assis dans la première rangée face au conférencier, s’appliquait à noter les billevesées de cet « expert » ayant commis six gros volumes sur le « conflit israélo-arabe » (sic). Plus Salim écoutait et cherchait à comprendre les méandres de la pensée étriquée de l’invité, moins il comprenait. Soudain, Salim bondit et applaudit l’universitaire ébaubi, non pas pour ce qu’il avait dit mais parce qu’il avait enfin fini ! Pourtant, la question palestinienne n’est pas si compliquée pour qui ne s’évertue pas à l’embrouiller ? Nous allons le démontrer immédiatement en rompant avec l’abjection du « mainstream » médiatique et du conditionnement populaire.

Le peuple palestinien partage une langue, une religion, une histoire, un patrimoine, une culture, un territoire commun qu’il aménage pour en tirer sa subsistance. Ce peuple est assujetti à une administration commune (malgré ses déficiences) et il est mu par un vouloir-vivre collectif. C’est ce qui définit une nation. Depuis la fin de l’empire ottoman et aujourd’hui sous la colonisation israélienne, la nation palestinienne subit l’oppression nationale. L’oppression nationale résulte d’une série de contraintes politiques qui pèsent sur un peuple l’empêchant de se constituer en État-nation démocratique bourgeois, empêchant aussi la bourgeoisie nationale d’accaparer l’usufruit de l’exploitation des richesse naturelles, d’exploiter le marché national et de confisquer à son profit la plus-value produite par la classe ouvrière nationale. On ne peut donc séparer l’oppression nationale de la question du pouvoir de l’État bourgeois. L’État, quand il est perçu comme l’émanation légitime d’une communauté nationale, met à l’abri et protège sa bourgeoisie qui en fait son instrument privilégié d’oppression et d’exploitation des autres classes et sections de classes de la nation. Mais voilà, il n’y a pas d’État national démocratique bourgeois palestinien et c’est la raison pour laquelle il y a lutte de libération nationale palestinienne.  Mais la classe ouvrière doit-elle prendre le leadership de cette lutte et la menée à terme ?


QUE RÉCLAME LE PEUPLE PALESTINIEN ?

 

Le docteur Qumsiyeh  du groupe Résistance populaire résume ainsi les revendications du peuple palestinien : « Nous, Palestiniens, demandons et luttons pour notre droit au retour et l’autodétermination. Nous appelons à un État démocratique pluraliste, pour les populations de toute religion, dans notre patrie historique de Palestine. Nous appelons à l’égalité et à la justice. » (1). Qu’y a-t-il à ajouter à ce bref exposé ?

 

LA PREMIÈRE TRAHISON DE LA CAUSE PALESTINIENNE (1948)
Il y a d’un côté un peuple patient, tolérant, vivant depuis très longtemps sur cette terre qui est la sienne devenue entretemps un vaste bagne à ciel ouvert constitué :

a) de villes emmurées, surpeuplées, encombrées de désœuvrés ;

b) d’une ville sainte saccagée, expropriée et judaïsée ;

c) de champs clairsemés de potagers, d’oliveraies et d’arbres fruitiers où les colons-occupants-mercenaires agressent les paysans palestiniens vaquant à leurs activités.

 

Il y a d’un côté un peuple possédant tous les droits sur cette terre qu’on lui a spolié en 1947-48, au vu et au su de la « communauté internationale » caution et complice de l’expropriation illégale et témoin de la Nakba, la grande catastrophe où 800 000 réfugiés palestiniens effarés erraient sur les chemins éventrés du Proche-Orient enflammé. C’est que les soldats des gouvernements arabes fantoches leur conseillèrent d’abandonner leur foyer, une erreur et une complicité. – Ce fut la première trahison de la cause palestinienne.
Depuis, le Conseil de sécurité de l’ONU et sa « communauté internationale » bidon sont témoins silencieux du crime de génocide. Arracher un peuple à sa terre nourricière et le contraindre à vivre pendant 64 ans en tant que réfugié entassé dans des camps de misère et de dépravation sociale, dispersé dans les pays limitrophes (Liban, Syrie, Jordanie, Égypte, etc.) ; massacrer  cadres, politiciens, dirigeants, professionnels et intellectuels de ce peuple martyr (Sabra et Chatila étant l’exemple le plus terrifiant), c’est commettre un génocide envers ce peuple colonisé, asservi, affamé, assoiffé de justice et d’eau, un bien si précieux dans ces contrées.

 
La lutte de libération nationale du peuple palestinien est très ardue car ce petit peuple pauvre    (1 500 $USD par habitant) – d’à  peine 12 millions d’individus, comprenant 6,6 millions de réfugiés et d’expatriés et 5,4 millions de résidants sur l’ensemble des terres occupées – est confronté aux puissances impérialistes occidentales et à l’impérialisme israélien qui l’oppriment et oppriment également le peuple israélien – Israël est le pays des plus grands écarts de revenus entre les travailleurs et les riches tout comme aux États-Unis – (2).


ISRAËL UNE COLONIE DE PEUPLEMENT ET D’OCCUPANTS

 

De l’autre côté de la barricade symbolique et inextricablement entremêlé aux autochtones palestiniens, vous retrouvez un conglomérat d’individus sans droit, sans foi ni loi et sans légitimité ; des gens provenant de nombreux pays – majoritairement occidentaux –  de  nationalités différentes, de langues multiples, de cultures hétérogènes, d’histoires et de religions diverses – sépharades judaïques ou musulmans, chrétiens, falashas éthiopiens, prétendument judaïsés, totalement ségrégués, ashkénazes judaïques pratiquants et non pratiquants, des gens parfois athées ou agnostiques mais se disant ‘juifs’ ( ! ), chrétiens orthodoxes (russes réfugiés économiques), catholiques dissimulés ou repentants, tous expatriés de leur pays d’origine et transplantés sur cette terre étrangère, tous devenus des occupants, des colons-mercenaires, chair à canon pour la bourgeoisie israélienne dépravée (3).  Ce « Melting pot », cet amalgame hétéroclite de populations d’origines variées ne constitue ni une race ni une ethnie ni une nation ‘juive’ tout comme il n’existe pas de race, d’ethnie ou de nation chrétienne ou musulmane.

Ne nous y trompons pas, comme le souligne l’historien israélien Shlomo Sand, il n’y a pas eu en l’an 70 après Jésus-Christ de transfert ou d’exode du peuple araméen de la province romaine de Palestine vers des terres inhospitalières (4). Tous ces prétendus ‘revenants’ vers leur soi-disant «Terre promise » inscrite dans le livre sacré dicté par Yahvé – la Torah ou  Ancien testament – sont des arnaqueurs ou des arnaqués, des malfaisants ou des hystériques religieux, ou encore des réfugiés économiques transplantés là et usurpant les droits de la nation palestinienne par la volonté des impérialistes britanniques avec l’appui de la France et de l’Allemagne et avec le soutien américain par la suite.

 
LA NATION ISRAÉLIENNE OPPRIMÉE ET OPPRESSIVE

 

Le problème se complique du fait que dans cette colonie de peuplement, la population exogène et ethnocentrique s’est peu à peu dotée d’une langue (l’hébreu), d’une religion (hébraïque que plusieurs ne connaissaient pas ou ne pratiquaient plus), d’une culture (israélienne), d’institutions et de lois communes ; d’une économie exogène et d’un vouloir-vivre collectif. Ils forment aujourd’hui la nation israélienne oppressive régie par l’État théocratique, raciste et sioniste israélien, administrant les esclaves salariés et les mercenaires militaires au service des impérialistes occidentaux. Le peuple palestinien doit aujourd’hui composer avec cette réalité qui lui a été imposée par les puissances occidentales.

 
Le peuple israélien embrigadé est aliéné de ses propres intérêts par un endoctrinement raciste, religieux et moral belliciste. Le peuple israélien intoxiqué est un peuple névrosé, un peuple paria de la communauté des peuples, vivant dans la peur continuelle d’être attaqué, souffrant d’une mentalité d’assiégé, enfermé derrière des murs qu’il érige tout autour de ses prisonniers palestiniens, s’emprisonnant lui-même au demeurant. La bourgeoisie israélienne est suicidaire – s’isolant sur cette terre exigüe, serrant amoureusement ses 100 ou 200 ogives nucléaires apocalyptiques – croyant ainsi se prémunir contre les arabes qui l’entourent, ces « arabes » qu’elle a appris à détester et à mépriser et qui la haïssent en retour.

 
Depuis 1947, la bourgeoisie israélienne s’est crue toute-puissante – suite à l’inique résolution 181 adoptée par l’ONU, partageant illégalement la Palestine historique en trois zones ethno-religieuses – ce qui contrevenait à la charte de l’organisme :

1) une zone réservée aux arabes ;

2) une autre réservée aux immigrants improprement appelés ‘juifs’ ;

3) et la troisième zone formée par la ville de Jérusalem, ville ouverte et multi-religieuse, qui devait être administrée par l’ONU (5).

 

En 1948, la bourgeoisie de ce camp retranché s’illusionna sur sa puissance, si grande qu’elle ne pouvait être ni vaincue ni chassée de ces terres spoliées, croyait-elle.  Leurs chefs de guerre, qui la dupaient, accréditaient cette fiction et avaient mission de ne rien céder – de ne rien négocier – avec le peuple araméen d’origine, converti au judaïsme, puis au christianisme, puis à l’islam, devenu arabe et ensuite palestinien et qui habitait ces lieux bien avant eux.  Tous les pourparlers, toutes les discussions, toutes les négociations, qui furent initiés, implorés, quémandés, accordés, engagés, avortés, ou signés ne furent que fraudes et duperies conclues chaque fois à l’avantage de la partie israélienne arrogante et plus puissante (6).


En 1947-1948, l’empire britannique a créé le monstre israélien avec le soutien de l’empire français, la passivité de l’Union Soviétique et de l’impérialisme états-unien, encore très timoré et  pas du tout sous l’emprise du « lobby juif » (sic). Le « mainstream » médiatique occidental fit croire à l’invincibilité des généraux israéliens et à la  destinée manifeste de ce ‘peuple-en-devenir’ sur ce sol « sacré » que le dieu d’Israël – agent immobilier avant l’heure – leur aurait concédé sur cette terre spoliée (7).


LA DEUXIÈME TRAHISON DE LA CAUSE PALESTINIENNE (1967)

 

Au début, les États-Unis étaient si peu porté vers ces gueux entassés sur cette étroite bande de terrain et coincés parmi les nations arabes du Levant qu’en 1956, lorsque les troupes israéliennes envahirent le Canal de Suez sur ordre des Britanniques, ils leur ordonnèrent de se retirer prestement. Ce n’est qu’en 1967 – lors de la guerre des ‘six-jours’, deuxième guerre de conquête israélienne et deuxième trahison de la cause palestinienne – que les États-Unis, impressionnés par cette agressive attaque militaire, prirent le relais de l’impérialisme britannique en déclin et firent de l’État soi-disant ‘juif’ leur base militaire, leur base navale et leur centre de subversion pour toute la région.

 

LA TROISÈME TRAHISON DE LA CAUSE PALESTINIENNE (1988)

 

Au sommet d’Alger en 1988, la plupart des leaders des organisations de la ‘résistance’ membre de l’OLP adoptèrent la résolution pilotée par Yasser Arafat reconnaissant la résolution 181 de l’ONU et de ce fait l’État colonial israélien. Aucun de ces dirigeants n’était pourtant mandaté pour renoncer à 78 % des terres palestiniennes et aucun n’a consulté ses commettants pour entériner cette résolution honteuse. Ce fut la troisième trahison de la cause palestinienne. Les organisations de résistance Hamas et Jihad islamique, non membres de l’OLP, furent mises sur pied en opposition à cette trahison (8).

 

LA QUATRIÈME TRAHISON DE LA CAUSE PALESTINIENNE (1995)

 

Au cours des années 1993-1995, l’OLP mena des pourparlers secrets avec l’occupant colonisateur israélien, pourparlers connus sous le nom d’accords d’Oslo qui seront finalement contresignés à Washington en septembre 1995 en présence de Bill Clinton. Ces accords, jamais entérinés par le peuple palestinien, créèrent l’Autorité palestinienne fantoche – sans autorité – dégagée du contrôle de l’OLP et chargée d’administrer le peuple palestinien prisonnier, dispersé dans quelques villes emmurées. L’Autorité palestinienne était chargée d’assurer la sécurité des colonies israéliennes déjà érigées ou en construction en Cisjordanie, à Jérusalem Est et à Gaza et d’assurer la sécurité de la construction du Mur de séparation en érection. Les accords d’Oslo répudiaient la résistance armée et abandonnaient la revendication pour le recouvrement de Jérusalem, capitale de l’État palestinien (en effet, un petit village en banlieue de Jérusalem devait être rebaptisé du nom de Jérusalem et servir de capitale de l’État croupion palestinien des bureaux administratifs de l’Autorité y furent érigés). Ce fut la quatrième trahison de la cause palestinienne (9).

 

LA BASE MILITAIRE AMÉRICANO-ISRAÉLIENNE

 

La société israélienne est une société militarisée où les hommes d’état sont issus soit de l’armée soit des sectes fondamentalistes judaïques.  Jusqu’à l’année 2000 environ, tout allait bien pour ce quasi 51e État de l’Union. L’intégration complète de l’économie israélienne à celle de son protecteur américain alors prospère et puissant, l’armement de pointe fourni et les aides généreuses accordées (au moins 3 milliards de dollars par année) lui assuraient de pouvoir mener les missions militaires qu’on lui assignait.

 
Israël joue un rôle spécifique parmi les bases militaires américaines à l’étranger. Il développe certaines armes sophistiquées (drones notamment et armes de destruction massive) qu’il expérimente sur les populations arabes. Il développe des  méthodes de contre insurrection urbaine et de contre-espionnage. Il perfectionne des appareils d’espionnage et de sécurité pour les aéroports notamment. Il espionne et brade aux plus offrants ces informations grappillées de ci de là (aux chinois et aux russes parfois). Il mène des activités de subversion, entraînent les mercenaires et les paramilitaires qui portent la civilisation occidentale jusqu’aux confins de l’Asie, de l’Amérique Latine et de l’Afrique. Il assure la formation et l’approvisionnement en armes des troupes de pays que les gouvernements occidentaux ne peuvent légalement fréquenter (Contras, Guatemala, Kurdistan irakien, Iran, Talibans, chrétiens du Soudan, etc.). Israël mène des offensives militaires et bombarde les pays voisins impunément sans se préoccuper du droit international. Israël fait tout ce que l’on attend d’une base militaire américaine polyvalente implantée au milieu d’une région pétrolière stratégique hostile.

 
Israël est aussi une plaque tournante pour le trafic de la drogue des pays du Moyen-Orient vers l’Europe et un centre mondial de blanchiment de l’argent sale que l’on mêle au capital bancaire et industriel pour le remettre en circulation dans les circuits boursiers. Israël est un centre de prostitution, de commerce des femmes et de trafic d’organes entre l’Amérique du sud et l’Europe notamment. Bref, Israël est comme une usine à fric pour les boursicoteurs états-uniens et européens. Voilà pourquoi ces capitalistes estiment Israël et le soutiennent jusqu’à présent.

 
LE VENT TOURNE (2000)

 
Jusqu’en l’an 2000 du moins, année où l’État paria de la ‘communauté internationale’ se fit bouter hors du Liban par une bande de partisans persévérants. En 2006, une autre tentative d’invasion du Liban se solda par un échec cuisant pour la 4e armée la plus ‘puissante’ du monde aux ordres de l’impérialisme américain. Nous attestons ici que c’est Israël qui est au service de l’Amérique et non l’inverse car de tout temps un lilliputien n’a jamais commandé à un géant. Une nation de 7,7 millions d’habitants générant 219 milliards $ de chiffre d’affaires annuel ne commande pas à un surpuissant de 308 millions d’habitants et générant 15 000 milliards $ de PIB par année (même lourdement endetté – 1 800 milliards de dollars de créances envers les chinois et autant envers les japonais ce qui n’a pas empêché le Congrès d’accorder 700 milliards de dollars d’exemption d’impôts aux milliardaires pour la seule année 2010) (10).
Depuis l’an 2000 Israël – État surarmé – n’a plus gagné de guerres contre ses voisins. L’armée israélienne se confine aujourd’hui à des contrats foireux et à des coups de mains crasseux et déshonorants comme d’assassiner un agent double devant les écrans à Dubaï ; briser les os d’adolescents turbulents ; tirer dans les yeux des enfants manifestants ; faire exploser un physicien iranien parmi les passants à Téhéran ; prendre d’assaut un bateau de pacifistes désarmés ; enterrer vivants de jeunes terrassiers dans les tunnels de la survie ; tuer des manifestants en Cisjordanie ; bombarder au phosphore blanc une population désarmée assiégée sur une bande côtière isolée ; emprisonner des femmes enceintes et leurs enfants de trois ans… torturer des prisonniers isolés, et autres exploits militaires du même acabit. L’armée israélienne est une armée déconfite, dégénérée, immorale et démoralisée.

 
« LOBBY JUIF »

 

Il y a trois ans nous affirmions qu’un jour viendrait où le poids de l’enclume israélienne attachée au cou de l’Amérique souveraine serait trop lourd pour le bénéfice obtenu de cette base militaire lointaine, ruineuse et indisciplinée, située de plus dans une région de moins en moins stratégique compte tenu de l’épuisement des réserves pétrolières et du déplacement du centre de gravité de l’économie mondiale vers l’Asie-Pacifique. Nous dûmes affronter le tollé des «conspirationnistes» agités, et d’une armada de groupies entichés du ‘lobby juif’, qui nous gratifièrent des serments d’éternelle fidélité du 44e Président américain à la dernière foire de l’AIPAC, oubliant simplement que l’éternité d’un Président états-unien a une durée s’étendant entre quatre et huit ans. Négligeant également le fait que chaque jour les politiciens disent une chose et en font une autre (11).

 

Il y a trois ans un seul obscur sénateur américain s’était timidement indigné que les États-Unis donnent tant d’argent à Tsahal alors que de nombreux américains souffraient de la faim. À l’élection suivante il perdit son mandat. Aujourd’hui, Ron Paul mène campagne pour l’investiture Républicaine et propose de fermer les bases militaires à l’étranger et de laisser Israël se débrouiller avec ses calamités…et il n’est pas le seul à psalmodier…comme le monde a changé ! Il y a maintenant des sénateurs américains qui appellent à la révolte populaire (12).


RÉDÉPLOIEMENT STRATÉGIQUE VERS LE PACIFIQUE  (2012)

 

La puissance de tutelle d’Israël – les États-Unis d’Amérique – est en faillite. Aucun ‘lobby juif’ ni aucun lobby israélien n’y peut rien. Les jours de la base militaire israélienne au Levant sont comptés depuis l’instant où Barack Obama a risqué de perdre sa secrétaire au mois d’août dernier – faute de pouvoir la payer – il admit alors qu’il n’avait plus les moyens de payer la secrétaire de Benjamin Netanyahu. Il est futile pour les intégristes sionistes de tenter d’assassiner Barack Obama. Le prochain président américain devra gérer la même banqueroute économique et couper drastiquement dans les aides à la plus grande et à la plus coûteuse de leur base militaire étrangère (13).


Les puissances impérialistes occidentales sont sur leur déclin et confrontent la nouvelle  puissance économique chinoise. La position stratégique de l’entité sioniste – Israël –est de moins en moins intéressante (14). La crise de la dette souveraine oblige les pays occidentaux à restreindre leurs dépenses et à revoir leurs priorités. L’attaque américano-israélienne contre l’Iran – si elle a lieu – pourrait être la dernière grande opération de subversion américaine dans cette région.

 

Nous observons présentement une situation cocasse ou le Président Obama a annoncé au Pentagone des coupures dans les budgets militaires, et des intellectuels de ‘gauche’ courroucés protestent et publient des études « prouvant » qu’il n’en fera rien (15). Pour une fois qu’Obama ne ment pas, la faillite économique de l’Amérique est réelle et les créanciers – notamment chinois – ne sont plus disposés à financer son armement débridé (la moitié des dépenses militaires de la planète se font aux États-Unis). Cette annonce d’Obama n’est que la première émission d’un feuilleton qui est à suivre.

Dans les années qui viennent l’entité sioniste aura probablement pour tâche de maintenir des activités de harcèlement subversif sur le théâtre militaire secondaire du Proche-Orient, le temps que les réserves d’hydrocarbures s’épuisent définitivement. Les politiciens démagogues israéliens et les politiciens traitres palestiniens ont encore quelques  années pour en arriver à un compromis de survie.

 
LA NATION PALESTINIENNE OPPRIMÉE ET FLOUÉE

 

Afin de faire reconnaître ses droits le peuple palestinien s’est doté d’un grand nombre d’organisations politiques. L’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) fondée à Jérusalem en 1964 constitue une sorte de fédération regroupant plusieurs groupes politiques bourgeois et petit-bourgeois dont le parti dominant est le Fatah de feu Yasser Arafat (16). Le Fatah représente une portion importante de la bourgeoisie compradore palestinienne, classe qui serait prête à tous les compromis avec les colonisateurs-impérialistes israéliens pour obtenir l’État fantoche de leur rêve où les affaires pourraient reprendre dans la résignation et le calme, derrière les barbelés, les murs de séparation, les check points et les incursions des  services de sécurité palestiniens – assurant la protection des colons-mercenaires israéliens – les seuls services de sécurité autorisés à porter et utiliser des armes légères – oubliez les armes lourdes tels les hélicoptères que l’occupant ne consentira jamais à leur prêter.

 

UN OU DEUX ÉTATS (2006) ?

 

La dernière lubie des groupes occidentaux de solidarité est de débattre à propos de la création par les palestiniens et les israéliens de deux ou d’un seul État sur le sol de la Palestine mandataire (17). Le peuple palestinien se moque totalement de ce débat surréaliste d’intellectuel. L’important ce n’est pas la quantité – un ou deux États – mais la qualité de l’État à constituer. Il existe déjà un État sioniste, superstructure gouvernementale de l’impérialisme israélien, gestionnaire des affaires de ce camp militaire retranché au service de l’Occident et de son glacis de colonies en terre palestinienne.

 

Il est entendu que la classe capitaliste israélienne n’a aucun intérêt à fusionner son État privilégié avec l’éventuel État croupion palestinien si la bourgeoisie compradore palestinienne ne renonce pas au droit de retour, droit reconnu notamment par la résolution onusienne 194. Les palestiniens obtiendraient ainsi la majorité absolue des électeurs à l’élection inaugurale de la nouvelle constitution de l’État unifié (18). Selon la règle d’or du droit démocratique  bourgeois  (un citoyen = un vote) deux millions de réfugiés des camps et de la diaspora qui reviennent sur leur terre et les 5,7 millions de ‘réservistes-juifs’ deviennent minoritaires sur cette terre mortifère vis-à-vis plus de 7 millions de palestiniens majoritaires (le cinquième de la population d’Israël est palestinienne). Tous comprendront que jamais la bourgeoisie israélienne ne se laissera dépouiller du contrôle de son appareil d’État et de ses dividendes par ce jeu démocratique.

 
Un État impérialiste unique, englobant les nations palestinienne et israélienne, est pour cette raison absolument utopique. Pour la classe bourgeoise israélienne, la seule option envisageable est la création d’un État fantoche – un bantoustan palestinien – inféodé à l’État impérialiste israélien. Ils construiront des «sweat shops» en périphérie des enclaves palestiniennes où la population autochtone, esclave salarié, aura le loisir de ruiner sa santé pour des salaires de misère. Une partie de la population arabe locale aura vocation de mettre en valeur les terres agricoles des agriculteurs israéliens. La bourgeoisie palestinienne pourra profiter de divers monopoles de distribution et de commerce, être actionnaire des «sweat shops» qu’elle opérera elle-même pour le bénéfice des impérialistes israéliens, Tout cela est déjà commencé…(19).

 

La bourgeoisie palestinienne conservera l’exclusivité de la gestion de l’appareil étatique croupion, de la distribution des prébendes gouvernementales et des dons de la communauté internationale Elle assurera la sécurité des colonies sionistes implantées au milieu des bantoustans palestiniens morcelés.
Les intellectuels occidentaux qui s’agitent présentement pour la promotion de la ‘solution’ à un seul État doivent comprendre que jamais ni les États-Unis ni la bourgeoisie impérialiste israélienne n’accepteront que la plus grande base militaire américaine à l’étranger, où reposent entre 100 et 200 ogives nucléaires, ne soit sous contrôle d’une administration palestinienne abouchée à l’ennemi russe. Ces intellectuels s’excitent et s’agitent inutilement et profèrent des chimères superfétatoires.

 

LA CLASSE OUVRIÈRE PALESTINIENNE

 

La classe ouvrière palestinienne n’a jamais pris le leadership de la lutte de libération nationale palestinienne en laissant la direction à différentes factions de la bourgeoisie compradore et de la petite bourgeoisie professionnelle organisées en parti et groupes clientélistes. La classe bourgeoise et ses segments petits bourgeois (marchands, professionnels, bureaucrates, services de sécurité, intellectuels) sont des classes vacillantes, peu fiables, toujours prêtes aux compromis et aux arrangements de coulisse au nom du pragmatisme et de la préséance de leurs intérêts égoïstes de classe. Ce qui varie d’une faction à une autre et d’un clan tribal à un autre c’est le prix du compromis avec l’occupant.
Heureusement aucune de ces trahisons n’a fait l’objet d’un référendum populaire auprès de la population palestinienne si bien que, si demain une organisation ouvrière révolutionnaire répudiait toutes ces compromissions, elle serait en droit de le faire. Mais la question est de savoir quel serait l’intérêt de la classe ouvrière de se sacrifier pour mener la lutte de libération nationale bourgeoise afin de porter au pouvoir exclusif sa bourgeoisie nationale exploiteuse ?

 
LE FATAH

 

Ceux du Fatah sont déjà en affaires, ils sont pratiquement les seuls qui – s’ils étaient trop exigeants – pourraient perdre prébendes, commissions, contrats de construction, de distribution, d’approvisionnement, d’import-export, de services ainsi que le monopole sur la vente de certains produits dans les bantoustans palestiniens (comme de vendre du ciment pour la construction du Mur de séparation). Ceux du Fatah ont tout à gagner de s’accommoder avec la puissance de tutelle – Israël. Ce sont eux qui font pression sur leur maître israélien en le menaçant de faire « reconnaître » leur État fantôme à l’ONU – où les États-Unis tapis au Conseil de sécurité mettront bientôt fin à ces finasseries – alors que l’UNESCO vient d’accepter dans ses rangs le premier État inexistant. Le tout serait risible s’il ne s’agissait d’humilier un peuple qui n’a rien demandé et à qui on a rien demandé.


Mahmoud Abbas, vieux et las des pourparlers futiles et inutiles avec les sionistes, est prêt à s’accommoder de très peu pourvu que ses enfants puissent conserver leur monopole dans les télécommunications et  autre secteurs d’affaires compradores.

 

LE HAMAS

 

Le Hamas longtemps intransigeant – À sa création en 1987 il réclamait la Palestine de 1947, tout le territoire de la Palestine du Jourdain à la Méditerranée – a assoupli ses positions dernièrement et leur leader Khaled Mechaal, réfugié à Damas, a laissé entendre que la Palestine de 1967 pourrait leur convenir. Ismaïl Haniyeh, leader du Hamas à Gaza a exprimé des réticences face à ce compromis (20).


Depuis quelques jours Ismaïl Haniyeh – l’homme le plus pourchassé par Israël – a obtenu la permission de ses geôliers israéliens de quitter le bagne de Gaza sans être embêté muni d’un passe VIP (!) et de visiter les capitales arabes afin de valider ses appuis pour une éventuelle candidature à la tête du Hamas. Pour vérifier également ses appuis s’il faisait obstacle au rapprochement et à la collaboration avec le Fatah. En effet, l’accord de gouvernement conjoint Fatah-Hamas négocié par Khaled Mechaal pourrait permettre au service de sécurité de Mahmoud Abbas de s’emparer du contrôle de la bande de Gaza et Haniyeh, bien installé au pouvoir à Gaza, ne laissera pas cette éventualité survenir.

 

C’est que l’État-major israélien ne voit pas d’un bon œil ce rapprochement des deux factions palestiniennes non plus que la prise de contrôle de Gaza par Mahmoud Abbas, ce qui soumettrait Israël aux pressions européennes et américaines pour en arriver enfin à un accord et permettre la création de l’État croupion palestinien que les sionistes souhaitent retarder tant qu’ils n’auront pas en poche la renonciation formelle au droit de retour.

 

LA DERNIÈRE TRAHISON DE LA CAUSE PALESTINIENNE (2012)

 

Si le Fatah et les factions membres de l’OLP prostrée ont déjà fait leur nid au pied du lit de Netanyahu, si le Fatah est déjà prêt à signer le traité de la dernière trahison et à renoncer au droit de retour des réfugiés des camps sacrifiés, le Hamas ne peut s’y résigner, observé qu’il se sait par le Jihad Islamique qui n’attend que cette compromission pour recruter les partisans outrés. Le Jihad Islamique a déjà commencé à pêcher en eau trouble à Gaza, en Cisjordanie et dans les camps de réfugiés, promettant de ne jamais céder ce droit d’ainesse sans un plat de lentilles très consistant. Pendant ce temps, le peuple palestinien désemparé, épuisé, affamé, assoiffé, ne sait plus à quel saint se vouer.
Il ne faut  pas oublier qu’une nouvelle génération de palestiniens est née et a vécu à Gaza sous les bombes, en Cisjordanie sous les balles et les assassinats, à Jérusalem sous les expulsions et dans les camps sous l’exclusion ; ces quelque 45 % de la population palestinienne qui n’a pas encore 16 ans ne sait rien de ces magouillages qui se passent loin de ses ruelles étroites, insalubres et menacées.

 

Ceux-là n’ont pas de temps à perdre à discutailler à propos de la « feuille de route » et de l’éternel « processus de paix » sous les bombes, la colonisation, les meurtres, les arrestations et les emprisonnements (11 000 prisonniers – Israël a presque terminé de récupérer le nombre de prisonniers libérés lors de l’échange du soldat sioniste Shalit). Ceux-là ne tire aucun profit de l’industrie de la négociation et des pourparlers sempiternelles qui ne peuvent pas, qui ne doivent pas aboutir tant que les palestiniens n’auront pas renoncé à tous leurs droits ‘inaliénables’, y compris au droit de retour.

 

Les différentes factions de la bourgeoisie palestinienne tentent bien de distraire la jeunesse en lui offrant des jouets électroniques et en lui proposant la culture dégénérée d’Occident mais bien malin qui saurait prévoir la réaction de cette jeunesse amère et désœuvrée le jour de l’annonce de la dernière  trahison de la cause palestinienne.

 
À force de compromis il ne reste plus qu’un seul droit à abandonner aux sionistes, c’est pourquoi  les ‘amis des associations de solidarités’ des factions palestiniennes en lutte pour le contrôle du futur État croupion compradore font pression sur leurs gouvernements en Occident et sur les  potentats israéliens pour qu’ils lâchent enfin le morceau et accordent à l’alliance Fatah-Hamas l’opportunité d’administrer les bantoustans palestiniens affublés ridiculement du nom d’État palestinien libéré. Le professeur Finkelstein est en tournée canadienne pour la  promotion du bantoustan palestinien (21).

 

LE RÈGLEMENT DE LA LUTTE DE LIBÉRATION NATIONALE PALESTINIENNE

 

S’il est vrai qu’ils n’ont jamais embarqué dans les galères romaines pour un exode autour de la Méditerranée, les Palestiniens ne se doutent pas dans quelle galère on cherche aujourd’hui à les embarquer. Qu’ils s’y refusent, qu’ils restent au quai, leur patience sera un jour récompensé.

 

Depuis le Moyen-âge et la création des royaumes chrétiens d’Orient par les moines soldats catholiques, les peuples arabes ont l’expérience de faire face aux envahisseurs occupants avec prudence, patience et persévérance. Il leur a suffi de 196 années pour chasser le dernier croisé et s’emparer de Saint-Jean d’Acre, le dernier royaume chrétien occupant. Le présent royaume judaïque d’Orient imposé par l’Occident n’a que 64 ans, ils ont le temps (22).

 

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(1)   Dr Qumsiyeh – Popular Resistance. 16.01.2012. http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11669

(2)   Population palestinienne. http://www.populationdata.net/index2.php?option=pays&pid=163

(3)   Sépharades,  Ashkénazes et Falashas  http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9farade   http://fr.wikipedia.org/wiki/Ashk%C3%A9naze

http://fr.wikipedia.org/wiki/Falashas

(4)   Shlomo Sand (2010). http://www.dailymotion.com/video/x7okoe_peuple-juif-invent-shlomo-sand_news

(5)   Que l’ONU n’administrera jamais car le gouvernement israélien ne le lui a pas permis.  http://amoralite-natale.voila.net/acouv.htm

(6)   Khaled Meshaal 2.10.2010. « Dans la science de la stratégie et de la gestion des conflits, la négociation est une extension de la guerre et une forme de gestion de la guerre. Ce que vous obtenez à la table des négociations est un produit de votre position sur le terrain, et un résultat de l’équilibre des forces sur le terrain. Si sur le terrain vous êtes vaincus, vous serez certainement défaits aussi aux négociations. ». http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9459&var_recherche=+hamas

(7)   Khaled Meshaal  2.10.2010.  « La situation relative au conflit avec l’occupation israélienne est différente, car c’est le cas d’un corps étranger à la région, qui est venu de l’extérieur et s’est imposé sur une terre et un peuple, a chassé ce peuple de sa terre et l’a remplacé par une diaspora d’immigrants du monde entier. (…) Nous refusons la reconnaissance tant au sens juridique que pragmatique. Il y a une différence entre dire qu’il y a un ennemi appelé Israël d’un côté, et reconnaître sa légitimité de l’autre ; le premier postulat n’est pas réellement une reconnaissance. En bref, nous refusons de reconnaître la légitimité de l’occupation et le vol de la terre. Pour nous, ce principe est clair et définitif. »   http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9459&var_recherche=+hamas

(8)   Mohamed Al-Rantissi. Survivre à Gaza. Koutoubia Éditeur.  Paris. 2009.

(9)   Nous vous offrons le plus grand Yerushalayim de l’histoire juive. 24.01.2011.  http://www.silviacattori.net/article1498.html.  Pierre-Yves Salingue, Robert Bibeau 19.01.2006.  Aux amis du Monde diplomatique. http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article2126&lang=fr

(10)                   http://fr.wikipedia.org/wiki/Isra%C3%ABl  et  http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tats-Unis

(11)                   Robert Bibeau. Le lobby pro-israélien vacille-t-il ? 21.03.2009. http://www.robertbibeau.ca/palestine/edito21-3-2009.html  Le lobby israélien à Washington. 16.12.2010.  http://www.michelcollon.info/Le-lobby-israelien-a-Washington.html?lang=fr   Grandeur et déchéance des « conspirationnistes » 25.05.2011.  http://www.centpapiers.com/grandeurs-et-decheances-des-%c2%ab-conspirationnistes-%c2%bb/71279

(12)                   Écoutez le sénateur du Vermont outré que 1% des riches américains aient accaparés 80 % des hausses de revenus depuis 2001, et que 1 % des riches empochent  23,5 % des revenus totaux aux USA  http://www.youtube.com/watch?v=pSD7rDdbgA4&feature=share

(13)                   Menace de mort contre Obama. http://www.haaretz.com/news/international/uproar-after-jewish-american-newspaper-publisher-suggests-israel-assassinate-barack-obama-1.408429

(14)                   Le sionisme est une idéologie raciste, national-socialiste  avant l’heure,  promue par Théodore Herzl, un journaliste hongrois peu influent dans les milieux bourgeois jusqu’à ce que le gouvernement britannique et Lord Balfour l’accrédite en 1917 (Déclaration Balfour)  http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_Balfour_de_1917

(15)                   Manlio Dinucci. Les USA tournent la page vers de nouvelles guerres. 7.1.2012.    http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28526

(16)                   http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/proche-orient/territoires-olp

(17)                   Un État palestinien mais lequel ? Dominique Vidal.14.09.2011.   http://www.michelcollon.info/Un-Etat-palestinien-mais-lequel.html

(18)                   Ce serait la première constitution pour les Israéliens puisque l’État d’Israël après 64 ans n’a toujours pas de constitution.  Rezeq Faraj. Palestine : Le refus de disparaître. Pleine lune. 2002.

(19)                   Des Palestiniens ont investis pour 2,5 milliards de dollars dans les colonies et en Israël en 2010.  22.11.2011. http://www.silviacattori.net/article2430.html

(20)                   Vivian Petit. 17.01.2011.  « Les dirigeants du Fatah répètent que le Hamas n’a pas compris l’objet de la réconciliation : la constitution d’un « gouvernement technocratique » ayant pour tâche de gérer les territoires palestiniens et leur population, dans l’attente de jours meilleurs, et non la constitution politique d’un « gouvernement d’union nationale »  (…) Si les inconvénients de cette division paraissent évidents d‘un point de vue institutionnel, ils n’empêchent cependant pas un certain nombre de convergences dans les oppositions à l‘occupant israélien. ». http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Vivian_Petit.170112.htm et Le Hamas à la croisée des chemins de la résistance. 1.03.2010. http://www.robertbibeau.ca/palestine/hamas.doc  et Robert Bibeau. 2.12.2010. Où va la résistance palestinienne ? http://www.legrandsoir.info/OU-VA-LA-RESISTANCE-PALESTINIENNE.html

(21)                   Norman Finkelstein. Janvier 2012. http://www.cjpmo.org/DisplayDocument.aspx?DocumentID=2073&SaveMode=0

(22)                   http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=25068

http://www.ism-france.org/analyses/Echec-consomme-des-pourparlers-directs–article-14718

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C’est qui ça, Pierre-Esprit Radisson!!!

 

Pierre-Esprit »Radisson.

Ses mauvaises expériences, avec les autorités françaises tout autant qu’anglaises, sont connues par tous les « Canayens » de son époque. De ce fait, chacun d’eux se comportera alors de façon à ne pas subir le même sort. On fait comme il avait fait lui-même, mais on ne divulgue jamais les « profits » pour ne pas être « saisi » ou « taxé » par les vrais voleurs. Son histoire influence énormément le caractère « Canayen ». En exemple, je peux citer mes ancêtres qui ont toujours été « coureurs de bois » et qui ont réussi à ne jamais être inquiétés par les autorités. Ils sont tous considérés comme des gens « honorables », parmi la population canayenne, en faisant la traite des fourrures… illégalement.

Voici donc son histoire :

Le premier vrai découvreur de l’Ouest fut Pierre Esprit Radisson.

Il nait vers 1636 en France et décède en 1710 en Angleterre. Sa demi-sœur, Marguerite Hayet, épouse Jean Véron de Grandmesnil à Québec en 1646. Il est possible que Pierre-Esprit Radisson soit déjà en Nouvelle France à cette date. Il serait âgé de 10 ans.

La première mention officielle que nous avons de Radisson est lorsqu’il est capturé par des Iroquois en 1652. Âgé de 16 ans, il demeure chez sa demi-sœur. La même année, le 19 août,  Jean Veron, son beau-frère et défricheur de l’une des îles de Trois-Rivières,  est tué par les Iroquois.

Un peu auparavant, Radisson et deux jeunes amis partent à la chasse un matin de printemps 1652. Ils ont du culot car tout le monde sait que les Iroquois sont presque toujours embusqués autour de Trois-Rivières pour piller et tuer. Après quelques heures, les deux amis de Radisson disent vouloir retourner au village. Celui-ci se moque d’eux les traitants de « pissoux » et continue sa route en chassant.

Ayant déjà plus de gibier qu’il n’en peut porter, il en cache une partie dans un arbre creux, « endosse » le reste et prend le chemin du retour.

Décidant de se reposer, presque là où ses deux amis l’avaient quitté, il se rend compte que ses pistolets sont mouillés. Il les recharge et, entendant des canards sur une petite rivière non loin, se déplace avec précaution entre les arbres et pénètre les fourrés après avoir aperçu plusieurs canards sur le cours d’eau. Regardant où mettre les pieds pour ne pas faire de bruits, il trébuche sur les cadavres de ses deux amis, tués et scalpés, rejetés dans ces fourrés. Une cinquantaine d’Iroquois l’encerclent. Il se met à courir vers la rivière projetant de plonger et s’échapper, mais ils l’attrapent et le font prisonnier.

Ils l’amènent à leurs canots et prennent le temps d’un repas avant de partir. Pierre est pieds et poings liés. Durant le repas, un éclaireur du groupe vient les avertir de l’approche d’une troupe de Français et d’Algonquins. Vingt des guerriers Iroquois retournent faire face à l’ennemi. Lorsqu’ils reviennent, on termine le repas et, après avoir habillé Pierre-Esprit en Iroquois et maquillé son visage de peinture de guerre on s’installe pour dormir. Dans la relation de son aventure, Radisson nous dit qu’il a très bien dormi, étendu entre deux guerriers, mais que les « sauvages » le réveillent très tôt au lever du jour. Ce qui semble l’énerver quelque peu. Avouez qu’on le serait à moins.

Ils partent tous ensemble dans 37 canots, avec 2 Iroquois dans chacun des canots. La vie d’aventure de Pierre-Esprit Radisson vient de commencer.

Le lendemain, au départ, il n’est plus attaché dans le canot. À l’arrêt suivant, on lui coupe les cheveux en laissant une crête sur le dessus de la tête selon la mode Mohawk. Radisson devient Iroquois. Il s’empresse d’apprendre tout ce qu’il peut de ses geôliers et de gagner leur confiance. Peut-être pourra t-il ainsi s’enfuir à la première occasion. Arrivé au village indien, il est adopté par une Huronne, elle-même adoptée par les Iroquois et épouse de l’un des chefs guerriers de la tribu. Coïncidence, on lui donne le nom de « Orimha » qui signifie « pierre ». C’était le nom du fils perdu par ses nouveaux « parents ».

À l’automne, lors d’une partie de chasse, Radisson et trois compagnons Iroquois rencontrent un algonquin, esclave de la tribu. Celui-ci dit à Pierre qu’il veut s’échapper. La même nuit, Pierre et l’Algonquin tuent les trois Iroquois et prennent la fuite.

Quatorze jours plus tard, à quatre heures du matin, ils arrivent sur le lac St-Pierre, à une journée de Trois-Rivières. Le danger y est encore plus grand que sur le lac Champlain, car il y a des Iroquois embusqués partout autour du village.

L’Algonquin, ne voulant pas attendre, entraîne Pierre à traverser le lac vers le village en plein jour. Au milieu du lac, Radisson aperçoit des Iroquois qui les ont repéré et s’élancent vers eux. Virant le canot, une course commence sur le lac. Arrivés près du rivage une volée de plomb atteint leur canot. L’Algonquin reçoit deux balles dans le dos et le canot se remplit d’eau. Radisson est saisit et le corps de l’Algonquin est jeté au fond de l’un des canots Iroquois.

Pierre-Esprit est ramené sur la rive sud du lac où se trouvent 150 Iroquois avec plusieurs prisonniers dont 2 français, une femme blanche et 17 Hurons.

Lorsqu’ils arrivent au village Mohawk, plus d’une semaine plus tard, la fête s’annonce assez « éprouvante » pour les prisonniers. Radisson n’est pas le plus épargné. Ses parents adoptifs font tout en leur pouvoir pour qu’il ne soit pas tué. On lui arrache un ongle, on lui brule un pouce dans une pipe et on lui brule la plante des pieds. Le lendemain, on l’amène devant le grand conseil avec 7 autres captifs. Il est le seul qu’on garde attaché.

Chacun des chefs, l’un après l’autre, donne son opinion sur le sort des prisonniers. L’un d’eux, à un moment donné, se lève et tue 3 des prisonnier d’un coup de tomahawk chacun. Convenons que le problème est grandement simplifié. Ceux qui sont encore debout sont alors condamnés à l’esclavage. Reste à décider le destin de notre Orimha-Esprit Radisson.

Son père adoptif se lève et livre un discours sur ses propres exploits de grand guerrier. Son discours terminé, il jette un wampum par terre, en place un autre autour du cou de Radisson et sort avec lui, pour laisser le conseil délibérer.

Un peu plus tard, certains membres du conseil, amis du grand chef reviennent à la réunion avec la « famille » de Radisson. Encore une fois, le Chef discoure. Ensuite, il enlève le wampum qu’il avait placé autour du cou de Pierre-Esprit, le jette aux pieds du plus vieux des sachems présents et coupe les liens de son fils adoptif, lui rendant ainsi sa liberté.

À partir de ce moment-là, Pierre-Esprit Radisson n’est plus un immigrant Français venu en Nouvelle-France; il devient un amalgame Français/ Amérindien qu’on appellera, plus tard, un Canayen. Un homme amoureux de son pays, de sa nationalité et de ses semblables. Un homme libre de toute obligation sauf envers lui-même et son pays. Il n’est pas le seul de son époque; mais la plupart ne parviendront pas à devenir aussi connu que lui. Plusieurs de ces autres décideront de ne plus jamais quitter la vie libre des « sauvages ».

En 1653, le 24 août, Marguerite, demi-sœur de Pierre-Esprit, épouse Médard Chouart des Groseillers. Quelques disputes surviennent au sujet d’Étienne, âgé de 5 ans, fils de Jean Veron et de Marguerite. On place l’enfant Étienne sous la tutelle d’Étienne Seigneuret au coût de 20 livres par année. Étienne Veron de Grandmesnil sera ensuite instruit par les Jésuites.

À l’automne 1653, toujours chez les Iroquois, Pierre-Esprit Radisson se lève un bon matin, prend une hache et se dirige vers la forêt comme s’il allait chercher du bois. Arrivé là où on ne peut plus le voir du village, il se met à courir. Il a décidé de s’évader. Il cour jusqu’au lendemain après-midi sans s’arrêter. À 16 heures, il est à 2 milles du village d’Orange (Albany) et se réfugie chez un colon. Celui-ci envoie chercher des soldats et ils raccompagnent Radisson jusqu’au village où on le cache pendant 3 jours.  On le transfère à New York pour ensuite l’envoyer à Amsterdam. De là, Pierre-Esprit Radisson se rend en France. Mais il ne s’y sent plus chez lui; les gens lui paraissent étrangers. Il revient en Nouvelle France, en 1654, sur un bateau de pêcheur se rendant à Percée.

Au mois de mai, il est à Québec. Arrivé à Trois-Rivières il retrouve sa sœur Marguerite qui a épousé Médard Chouart des Groseillers.

En 1656, aucun explorateur ne s’est encore aventuré au-delà des Grand Lacs; mais plusieurs jeunes hommes de la Nouvelle France se font amis avec les indiens et partent faire la traite dans la région de l’Outaouais jusqu’au grands Lacs. C’est à cette époque qu’on entend parler de tribus amérindiennes vivant dans les grandes prairies de l’Ouest; les Crees, les Sioux et les Assiniboines. Radisson et Desgroseillers ne sont pas étrangers à ces descriptions de tribus nomades. Le missionnaire Gabriel Druillettes dénombre et situe les diverses tribus en questions selon les informations fournies pas Radisson et Desgroseillers. Il est donc assez probable que ces 2 aventuriers ont déjà visité ces régions officieusement.

Lorsqu’officiellement, ils s’apprêtent à se rendre dans les Grandes Prairies, 30 jeunes « canayens » rêvant de prouesses et d’aventures ainsi que 2 missionnaires veulent les accompagner. Voulant éviter les bruits inutiles, Radisson et Desgroseillers quittent Trois-Rivières une certaine nuit de juin avec un groupe d’Algonquin. Voyageant de nuit, ils arrivent à Montréal trois jours plus tard. Ils y attendent les 30 canayens et les 2 missionnaires. Soixante canots prennent le départ de Montréal et s’élancent sur le lac St-Louis. Peu à peu, les canots s’éloignent les uns de autres. Certains s’arrêtent pour chasser, d’autres trainent doucement en admirant le paysage, de sorte que rendu au premier portage, certains canots sont séparés de plusieurs milles les uns des autres. Radisson et Desgroseillers veulent bien leur faire comprendre le danger de se répandre ainsi, mais ils sont qualifiés de « squaws peureuses » par les indiens pourvus illégalement de leurs nouvelles armes à feu qui, croient-ils, les rendent invincibles.

Attendus en embuscade par des Iroquois, toute la troupe prend la fuite et les jeunes canayens retournent à Montréal.  Seuls Radisson et Desgroseillers continuent leur voyage. Ils réussissent à se rendre jusqu’à la Baie Verte. Ils se retrouvent maintenant au seuil des régions officiellement encore inexplorées. Radisson n’attend pas longtemps et offre de conduire un groupe pour se débarrasser des maraudeurs Iroquois encore dans la région. Après 3 jours de recherche. Ils trouvent les Iroquois non préparés et les écrasent.

Ils passent l’hiver à la Baie Verte, reçus triomphalement et célébrés par les différents camps indiens. Ceux-ci acceptent de les guider vers les prairies. Dès 1659, Ils se retrouvent dans le Wisconsin et se rendent jusqu’au Haut Mississippi où ils rencontrent la tribu des « hommes du feu » (les Mascoutins) membre de la grande famille des Sioux. Ils parviennent aux Grandes Prairies 10 ans avant Marquette et Joliette, 20 ans avant La Salle et une centaine d’années avant Lavérendrye. Ils entendent parler de d’autres tribus étonnantes : les Assiniboines, les Mandans, Omahas et Iowas du Missouri.

Pourquoi cette découverte n’est-elle pas reconnue officiellement? Simplement parce que Radisson est un homme libre sans aucune attache à aucun pays d’Europe. Il est un « Canayen »; et l’histoire est écrite par les autorités française de l’époque qui exigent qu’on fasse des découvertes « en leur nom ». Seuls leurs subordonnés, qu’ils soient ceux de France ou d’Angleterre, Catholiques ou Huguenots, peuvent s’attribuer la « découverte » de nouvelles régions. Radisson est un « indépendant »; un simple aventurier, habitant de Trois-Rivières.

Ces découvertes sont toutefois, d’une importance capitale; donc les annales des missionnaires en parlent nécessairement. Par contre, on fait très attention de ne pas mentionner le nom de Radisson, même si on y parle 2 fois de Desgroseillers. À cause de cet esprit d’indépendance, il sera affublés de plusieurs qualificatifs comme ceux de « traître », de « vendu » etc…

Radisson et Desgroseillers, malgré le refus des « hommes du feu » de les guider plus loin, décident de continuer seuls. Ils explorent la région du Missouri où ils rencontrent de nouvelles tribus. Ils entendent parler des Espagnols installés plus au Sud. Radisson raconte qu’au loin, il voit des montagnes et que les « sauvages » de la région où il se trouvait, emploit une sorte de « charbon » ramassé dans la plaine, pour leur feu, parce que le bois y est très rare. Après cette virée vers l’Ouest, ils reviennent vers le Nord et atteignent le lac Supérieur.

Suite à l’exploration du Sud-Ouest, ils décident de voir le Nord-Ouest. On connait leurs aventures à la Baie d’ Hudson qui est reconnue officiellement à cause des problèmes que nos 2 découvreurs créent à la France et à l’Angleterre.

À l’Automne de 1659, Desgroseillers dont la santé périclite, s’occupe de traite et laisse Radisson continuer seul les explorations. Avec 150 guerriers Crees, il s’élance à la découverte du Nord-Ouest. Au printemps, il sait que la Baie d’Hudson se trouve beaucoup plus éloignée que ce que Drouillettes et Desgroseillers ont dit. Il revient à la Baie Verte où l’attend Médard.

On est alors en 1660. Lors du départ vers Montréal, ils apprennent que 1000 guerriers Iroquois les attendent et ont juré de « tuer les Français ». Les 500 guerriers, qui doivent voyager avec eux, sont effrayés et refusent d’accompagner les explorateurs. Ceux-ci, après plusieurs jours de débat, parviennent à les secouer de leur torpeur. Sur le chemin du retour, Radisson déloge les 150 Iroquois qui occupent encore le fort où Dollard Desormeaux vient d’être battu avec ses 16 compagnons, 4 Algonquins et 40 hurons (dont 30 qui ont déserté). Le combat de Desormeaux dura 7 jours. Radisson arrive 8 jours trop tard et ne peut que découvrir les corps calcinés et les arbres à l’intérieur et autour du fort criblés de balles.

Les explorateurs arrivent finalement à Québec et sauve la colonie avec les pelleteries qu’ils apportent. Car, avec la pression des Iroquois durant ces 2 dernières années, la traite est tombée à zéro et les bateaux, partant pour la France, n’ont rien à transporter.

La découverte des prairies de l’Ouest ne suffit pas à Radisson. Il décide d’explorer plus à fond le Nord-Ouest. La nouvelle se répand et les autorités organisent une expédition vers la Baie d’Hudson. Ils demandent à Radisson de les guider; mais celui-ci, n’étant pas intéressé à être « deuxième violon », refuse.  Il demande une licence pour la traite que le gouverneur veut bien émettre à la condition de participer à 50% des profits de l’aventure et à l’inclusion de 2 de ses serviteurs parmi les membres de l’expédition. Radisson et Desgroseillers, après avoir sauvé le commerce des  fourrures l’année auparavant, doivent maintenant se soumettre à la cupidité  du gouverneur. Doit-on se surprendre de leur réaction? C’est eux qui risquent leur peau et il faut en plus, donner la moitié du résultat de leur travail ? Ils répondent au gouverneur qu’ils seraient heureux de voyager en sa compagnie, mais que lors d’un voyage de la sorte, chacun devient et maître et serviteur. Pierre Dubois d’Avaugour, furieux, leur défend de quitter Trois-Rivières.

Tout à coup, 7 canots indiens, venant du Nord, arrivent à Trois-Rivières et demandent à Radisson et Desgroseillers de les accompagner. Les 2 explorateurs avertissent le Gouverneur de leur désir de partir. D’Avaugour s’entête et ordonne aux indiens d’attendre le retour des traiteurs qu’il avait envoyé au Saguenay. Les indiens partent se cacher sur le lac St-Pierre. Desgroseillers, qui était capitaine de milice et avait les clefs du portail du fort, s’éclipse avec Radisson durant la nuit et rejoignent les indiens. Un des compagnons nommé Larivière, ayant eut peur des Iroquois, s’enfuie dans la forêt. Ne pouvant le retrouver, Radisson repart avec son groupe. Une semaine plus tard Larivière est retrouvé presque mourant de faim et est ramené à Trois-Rivières où d’Avaugour l’emprisonne. C’est trop injuste et la population révoltée attaque la prison et délivre Larivière.

Lors d’une agression d’Iroquois, dans un portage, Radisson se rend compte que ces Iroquois sont dirigés par quelques Français. Il se questionne sur qui avait envoyé ces Français pour intercepter son excursion? Enragé, il fait attaquer le fort des Iroquois qui capitulent aussitôt. Au matin, après avoir accepté la reddition, il trouve le fort vide. Les Français se sont enfuis durant la nuit avec leurs Iroquois.

À chaque fois que Radisson rencontre des Iroquois qui l’attaquent, il réplique pour s’assurer qu’aucun d’eux ne les suive pour les affaiblir en agressant leurs arrières.

À la fin novembre ils sont dans la partie Ouest du lac Supérieur et se dirigent vers le Nord-Ouest. Ils construisent une cabane, la première dans cette région au Sud-ouest de l’Ontario, près du Minnesota. Personne ne s’était encore aventuré jusque là.

Les Crees guident nos explorateurs jusqu’à la Baie James où ils restent quelque temps. Au printemps de 1663, ils sont de retour au « Lac des bois » accompagnés de 700 sauvages du Nord.  Ils emplissent 360 canots de pelleteries. Rendus au Sault, 400 Crees font demi-tour. Arrivés au Lac Nipissing, ils empruntent la rivière Outaouais et n’ont plus aucun problème à arriver à Montréal. On les y reçoit avec ferveur parce que, encore une fois, la Nouvelle France frôle la faillite par manque de fourrures.

Un autre genre d’accueil les attend à Québec. D’Avaugour se préparait à partir pour la France Leur arrivée sauve l’honneur du Gouverneur qui n’a encore rien récolté au niveau de la traite. Aussitôt leur arrivée, d’Avaugour fait emprisonner Desgroseillers. Il leur impose une amende de 20,000 livres pour construire un fort à Trois-Rivières. Puis, une autre de 30,000 livres pour le trésor public de Nouvelle-France et saisit 70,000 livres sonnantes et trébuchantes de taxe sur leurs fourrures. Sur une valeur, aujourd’hui de 300,000 dollars, il reste à Radisson et Desgroseillers, environ 20,000 dollars.

Si d’Avaugour et ses successeurs avaient encouragé Radisson au lieu de le piller, la France aurait hérité de toute l’Amérique du Nord; mais leurs aveuglement fait entrer en lice l’Angleterre que Radisson et Desgroseillers approchent.

Deux fois, ils ont sauvé la Nouvelle France de la faillite et tout ce qu’ils en tirent est un pillage systématique de leurs possessions. Qu’ils prennent la décision de s’adresser, par la suite, à des Anglais n’a rien de surprenant, à moins d’être complètement débile.

Desgroseillers, après avoir perdu six mois en France pour récupérer ses biens, revient à Trois-Rivières où l’attend Radisson. La promesse faite à Desgroseillers est rompue. On lui a fait cette promesse pour se débarrasser de son insistance.  La colonie les avait traités outrageusement et la France se permet de se moquer d’eux. Ils quittent la Nouvelle France.

Ils se rendent à Boston, où leur projet d’aller à la Baie d’Hudson par bateau échoue. On leur conseille de se rendre en Angleterre. Ce qu’ils font en 1665. Attaqué par un vaisseau Hollandais. Les prisonniers sont livrés en Espagne. Ils parviennent en Angleterre au début de l’année 1666. Charles II, finalement, les reçois en audience. À cause de la guerre, 2 autres années sont perdues. En fin de compte, c’est le prince Rupert qui entre en contact avec nos héros et organise l’expédition de 2 navires vers la Baie d’Hudson en 1668. Le bateau emportant Radisson doit revenir à Londres tandis que celui de Desgroseillers arrive au fond de la Baie James, à la rivière Nemisco, le 29 septembre. C’était là où Radisson s’était rendu cinq ans auparavant.

Desgroseillers appelle la région  « Terre de Rupert » en l’honneur du prince qui l’avait aidé. Cette « Terre de Rupert » fut, jusqu’en 1870, un territoire « privé » appartenant à la Cie de la Baie d’Hudson.

Voilà le territoire qu’a coûté à la France l’imbécilité et la cupidité de d’Avaugour. Il y eut bien d’Iberville qui s’empara de ces territoires mais la France dû les remettre à l’Angleterre lors de transactions de paix.

En juin 1669 le vaisseau transportant Desgroseillers vogue vers l’Angleterre, chargé de fourrures. Desgroseillers est nommé « Chevalier de la Jarretière », honneur réservé aux princes royaux et reçoit conjointement une somme d’argent. Pendant ce temps Radisson et le prince Rupert ont mis sur pieds une compagnie à charte royale nommée la Hudson Bay Company qui est confirmée en 1770. Entretemps Radisson épouse Mary Kirke de la famille des frères Kirke qui avait déjà conquis Québec.

Un nouveau voyage s’organise en 1771 durant lequel Radisson construit le fort Nelson qui deviendra la capitale du Nord de la fourrure.

Durant la troisième année, Radisson et Desgroseillers constatent un changement dans le nombre d’indiens qui viennent traiter avec eux. Les Français s’étaient avancés plus loin dans le Nord et échangeaient avec les sauvages avant qu’ils ne parviennent à la Baie James. Ils payent les fourrures beaucoup plus chères que les traiteurs anglais. Desgroseillers propose de se rendre à l’intérieur des terres pour en chasser les Français. C’est refusé. Desgroseillers est même soupçonné de déloyauté envers l’Angleterre. La vraie raison est que les Anglais craignent les « canayens ».

À leur retour à la rivière Rupert, ils découvrent le drapeau Français flottant sur les installations de la compagnie. Frontenac avait envoyé le père Charles Chabanel et 2 Canayens, St-Simon et Couture, avec une lettre les recommandant au chef de l’expédition anglaise, le gouverneur Bayly. De plus, les voyageurs canayens apportent des missives aux 2 explorateurs Radisson et Desgroseillers.

La Nouvelle France s’aperçoit finalement du coût de son attitude envers Radisson et Desgroseillers. Elle encourage maintenant les expéditions de traite, enlève les restrictions des permis et installe des postes de traite partout où elle le peut. Mais il est trop tard, l’Angleterre venait de découvrir la richesse de l’Amérique du Nord.

Les deux explorateurs n’eurent pas longtemps à attendre avant que le Gouverneur Bayly les accuse de « double-jeu ». Sentant la soupe chaude, les deux beaux-frères désertent les anglais. Bayly envoie des accusations en Angleterre contre eux. Le capitaine du navire revenant en 1674 demande à Radisson de se rapporter en Angleterre; ce qu’il fait tout de suite et est disculpé des charges contre lui. Il reçoit même une rente de 100 livres par ans pour services rendus. À cause des inimitiés avec les employés de la Baie d’Hudson, il ne peut retourner là-bas. Il apprend que la France a besoin de ses services. Colbert lui offre de payer toutes ses dettes et lui présente un poste dans la marine française. En 1676, il bénéficie de privilèges pour la pêche à l’île d’Anticosti; mais il préfère la traite des fourrures. Il est rappelé à Québec par l’intendant Jacques Duchesneau, pour participer à une réunion avec Louis Joliet, Robert Cavelier de La Salle, Charles Lemoyne d’Iberville  et Desgroseillers. Tous des noms de Canayens qui feront l’histoire et deviendront immortels en tant que Français.

La position de Radisson est la suivante : Les Anglais doutent de lui parce qu’ils le disent Français, les Français s’en méfient parce qu’il a épousé une Anglaise. Quant à lui, dans son esprit, il n’est ni Français, ni Anglais, mais bien « Canayens » avant même l’existence du Canada. Il n’est pas le seul de l’histoire; Étienne Brulé fut le premier d’entre eux. Pierre Lefebvre de Trois-Rivières en fut un autre. En fait tous ces jeunes de Nouvelle France côtoyant les amérindiens deviennent aussitôt « Canayens » avant que le pays lui-même ne prenne naissance. On parle donc ici de la majorité de la jeunesse de la Nouvelle France. Cette majorité dont se plaignent les autorités françaises parce qu’ils choisissent la « vie des bois » au lieu de celle de « censitaires ».

En 1676 Desgroseillers décide de se retirer chez lui à Trois-Rivières et prend sa retraite; mais c’est trop demander à Radisson qui voit d’autres récolter ce qu’il a semé. Radisson vit également des problèmes matrimoniaux parce que son beau-père refuse catégoriquement qu’il amène son épouse en Nouvelle France. Il dit qu’avant qu’il la laisse  partir, la France doit payer les 40,000 livres dû à la famille Kirke depuis 1633.

En 1681 Radisson, rendu à Québec, y rencontre le Sieur de La Chenaye pour organiser une expédition. On fait appel à Desgroseillers et les 3 se présentent au Gouverneur pour proposer leur plan. Ayant rétablit les permis de traite, Frontenac ne peut pas passer outre le monopole de la compagnie du Nord pour la région de la Baie d’Hudson; mais il leur donne des passeports, ce qui leur ouvre la porte. Les 3 associés sont accompagnés de Jean Baptiste fils de Desgroseillers,  Pierre Allemand et Jean Godefroy, un interprète. Ils partent avec 2 bateaux; le St-Pierre et le Ste-Anne.

À leur retour à Québec, après des aventures avec les Anglais de Nouvelle Angleterre et la Cie de la Baie d’Hudson; les autorités, encore une fois, décident de saisir la cargaison. La Chenaye parvient à en transférer une partie vers la France avant d’être saisie. Ensuite s’échelonne une série de poursuites judiciaires qui coûtera les profits du voyage. La Barre avait succédé à Frontenac. Il refuse à Radisson l’argent dû à la prise du vaisseau de contrebande de la Nouvelle Angleterre et il remet le vaisseau à son propriétaire lui permettant de retourner à Boston. Ainsi s’achève la dernière expédition de Radisson au nom de la France. Colbert invite Desgroseillers et Radisson à Paris pour lui raconter leurs actions; mais lorsqu’ils arrivent le 15 janvier 1684, Colbert est décédé. Lord Preston, en Angleterre, avait déjà logé des plaintes contre eux à cause de la défaite des Anglais à la Baie d’Hudson, de sorte que la France ne reconnu pas les services des deux explorateurs.

Desgroseillers, étant trop vieux, se retire à Trois-Rivières. Les 2 hommes ont rapporté à la France la valeur actuelle d’un demi-million de dollars en fourrures en 4 ans et un autre demi-million à l’Angleterre en 10 ans. Et pourtant tous les deux vivent dans la pauvreté. De la dernière expédition, de Lachenaye a sauvé sa moitié du profit mais Québec a saisit la moitié de Radisson et Desgroseillers.

Radisson ayant 4 enfants et une épouse ne cesse de réclamer les fourrures confisquées. La réponse est qu’il avait offensé le Roi de France en attaquant le poste d’un roi ami, sous sa protection. Toute cette histoire était devenue une farce. Le plus drôle est que si Radisson avait simplement voulu s’enrichir, il aurait pu tout simplement s’accoquiner avec les autorités véreuses de Québec.

Approchant la cinquantaine, il se doit d’améliorer son sort. Il reçoit une lettre d’Angleterre, pleine de promesses, le suppliant de revenir à la compagnie de la Baie d’Hudson. D’un autre côté, la France lui propose un deuxième voyage rémunéré comme celui de 1682-83 sans aucune participation aux profits. Considérant ses options, il esquisse un sourire qui en dit assez long. Il confirme son acceptation à la marine française et demande que le départ soit retardé au 24 avril. Les autorités enchantées de l’entente et comptant déjà ses profits, mit sur pieds l’expédition avec des navires. Radisson reste sur place pour tout organiser et lorsque le moment du départ approche, il demande une permission pour aller dire adieu à sa famille. On la lui accorde, évidemment et lui, prend aussitôt la direction de l’Angleterre où il est reçu à bras ouvert. Le roi Charles et le duc d’York le font venir pour lui donner des présents. Il fait serment d’allégeance à l’Angleterre. Il ne signe, par contre, aucun engagement précis avec la compagnie de la Baie d’Hudson.

Le 17 mai 1684, 3 navires partent pour la Baie d’Hudson. Radisson craignant des problèmes avec le fils de Desgroseillers, s’embarque avec 7 hommes dans une chaloupe pour se rendre au fort de Hayes river pour les précéder. Là, il discute avec le jeune Desgroseillers qui lui remet toutes les fourrures françaises du fort. Radisson se rembourse de ce qui lui avait été volé. Il livre ces fourrures à la Baie d’Hudson et ensuite négocie un traité de paix entre les indiens et les Anglais. Traité qui a tenu jusqu’au vingtième siècle. La compagnie de la baie d’Hudson devait rester en Amérique jusqu’à aujourd’hui.

Pendant les 5 années subséquentes, la compagnie de la Baie d’Hudson garde confiance en Radisson; puis la guerre éclate entre la France et l’Angleterre. Les héros canayens de la Nouvelle France accomplissent des exploits à la Baie d’Hudson et les profits de la compagnie chutent. On commence à se méfier de Radisson « le Français ». En Nouvelle France, sa tête est mise à prix et le marquis de Denonville ordonne son arrestation à vue, où qu’on le rencontre.  Jamais son salaire avec la Baie d’Hudson n’a dépassé 100 livres et avec l’arrivée de la guerre il entre dans la pauvreté. Il parvient à s’assurer un revenu annuel de 50 livres jusqu’en 1710. Puis les paiements s’arrêtent. Est-ce la date de son décès? Personne ne sait.

Il glisse dans l’incognito historique tout comme la moitié des ses explorations du continent. Tous ceux qu’il a aidé se sont tout simplement servi de lui jusqu’à ce qu’il ne soit plus utile à quiconque. On s’assura, ensuite, de salir son nom.

Les seuls qui continuèrent de le vénérer à sa juste valeur sont les Amérindiens qui reconnaissent toujours  le courage et la sincérité. Radisson est un autre découvreur courageux de la région de Trois-Rivières qui a œuvré pour son pays en n’acceptant pas le statu de colonisé ni par la France, ni par l’Angleterre.  Il n’a toujours fait qu’à sa tête entouré des deux plus importantes puissances mondiales de l’époque. Il est un « Canayen » pur sang.

Il est malheureux qu’il soit l’un des rares canayens à avoir rédigé ses aventures. Combien de nos « coureurs de bois » auraient eu d’autres histoires extraordinaires à nous raconter?

Amicalement

André Lefebvre

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Et tu brute …

 

 

«  Des soldats afghans  tuent quatre (4) soldats français »  Je n’ai pas en ce moment le loisir d’en discuter comme je le souhaiterais. Je vous soumets ce texte qui aidera peut-etre à comprendre….que les mêmes bêtises tendent à produire les mêmes effets néfastes     pjca

***

Il y a longtemps que ça ne va plus pour les Américains en Irak, mais on a passé un autre seuil quand le Sergent-Major Davis a payé de sa vie l’erreur d’avoir tourné le dos à un soldat irakien. Pas une rebelle, pas un insurgé, pas un terroriste, un soldat de l’armée irakienne.  Un collègue de travail, si on peut dire…  Il était là pour les conseiller, pour les former à tuer de l’irakien rebelle. C’est lui qu’on a tué. L’étranger. L’envahisseur.

Davis n’est pas la première victime de ce qu’on a appelle encore parfois pudiquement un “tir ami”. Il y en a beacoup. On se souviendra de ce type qui avait tué quelques G.I dans un camp retranché en Irak, y a déjà quelques années, en jetant une grenade dans leur tente. Il était devenu fou, qu’on a dit à l’époque…  On ne parle plus de folie. Il y a eu sept (7) autres incidents de ce genre depuis six (6) mois dans le nord de l’Irak.

On connaît le meurtrier du Sergent-Major Davis: Saleh Hamadi. Il a fui avec un complice après l’attentat, un véhicule l’attendait.  Un meurtre prémédité. Le soir même,  il a été remis par des gens de sa tribu aux gardes à la frontière syrienne. Rien de crapuleux, meme si l’armée américaine cherche sans conviction à convaincre tout le monde qu’il a sans douté été payé pour le faire.  En fait, c’est un assassinat. Il y a eu une execution. Un geste de résistance et Hamadi un jour sera un héros.

C’est ce qui distingue ce cas de tous les autres.  Comment la justice irakienne le traitera-t-elle ?  Deux de ceux qui l’ont aidé à s’enfuir auraient été condamnés, mais les details manquent… Hamadi, lui, non. Tout traine en longueur. Garde-t-on Hamadi pour la célébration qui marquera le départ du dernier “protecteur” américain ?  On verra…

En attendant, les Marines ont été appelés en renfort pour protéger les conseillers américains contre ceux-la mêmes, leurs élèves, sur qui l’on comptait au depart pour assurer leur protection !  C’est cette insertion des conseillers USA dans l’armée irakienne qui était la stratégie à long terme.  Ils noyauteraient, convaincraient, soudoieraient et assureraient le contrôle du pays conquis, avec la loyale obedience admirative des troupes indigènes.

182  de ces equipes de conseillers sont déja en place. Il ne s’agissait que d’en multiplier le nombre, pour créer une réseau de points d’appuis à une presence américaine indéfinie en Irak – 10 000 de ces conseillers auraient suffi, avec une armée irakienne fidèle et dévouée – puis de ramener le reste des boys au pays. Colonisation coutêuse, mais tout de mëme finalement réussie.

L’affaire Hamadi vient de changer la donne. On vient de comprendre que si les autres partent, les 2 000 conseillers déjà insérés dans l’armée irakienne non seulement ne soutiennent rien, mais sont autant d’otages en puissance.   En rajouter serait encore plus bête que de les y avoir mis.

On vient juste de réaliser que quitter l’Irak n’est pas aussi simple qu’il parait, comme quitter la Russie n’a pas été  une parade de retour pour Napoléon ni pour Hitler. Qu’est-ce qu’on fait quand on décide de se retirer, mais qu’on vous tire dessus ?  Quelques pertes, c’est un retraite  humiliante. Beaucoup de pertes et c’est une déroute ignominieuse.    Le peuple américain ne le permettrait pas.  Va-on faire marche arrière… en reprenant la fuite en avant ?

Tout ça rapelle, mais à grande échelle, les helicoptères quittant le toit de l’Ambassade américaine, a Saigon.  Ou mieux, cette phrase du celèbre roman de Steinbeck:  “ The flies have conquered the flypaper…

Envahir l’Irak était pire qu’un crime. Talleyrand aurait dit que c’était une erreur.

Pierre JC Allard

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ARMAGEDDON OU LA DERNIÈRE DES GUERRES

 Le calendrier maya cessera de marquer le temps le 21 décembre prochain. Depuis des millénaires, il aura été pour ce peuple, une référence incontournable de la marche de l’humanité dans le temps. Mais voilà qu’avec sa disparition, plusieurs y voient la fin de cette humanité dont il aura couvert l’histoire jusqu’à son terme final. 

« Les Mayas croyaient en l’influence du cosmos comme activateur de l’esprit humain. Grâce à leurs observations astronomiques et à leurs connaissances mathématiques, ils ont développé un système de calendriers très complexes pour marquer le temps. Ils forment des cycles récurrents basés sur le cosmos et qui s’engrènent comme les rouages d’une montre. Le cycle actuel aurait commencé en 3114 avant J. C. Ce qui serait pour le point de départ de la vie humaine et prendrait fin en l’an 2012 de notre ère. »

http://angelsplace.perso.sfr.fr/CalendrierMayas.htm 

Le livre de l’Apocalypse qu’on attribue à l’apôtre Jean et que les chrétiens reçoivent comme une révélation faite à l’humanité sur les évènements marquant son destin dans le temps, parle d’une dernière grande confrontation au lieu dit de l’ARMAGEDDON. 

 « Puis, de la gueule du Dragon, et de la gueule de la Bête, et de la gueule du faux prophète, je vis surgir trois esprits impurs, comme des grenouilles – et de fait, ce sont des esprits démoniaques, des faiseurs de prodiges, qui s’en vont rassembler les rois du monde entier pour la guerre, pour le grand Jour du Dieu Maître-de-tout. Ils les rassemblèrent au lieu dit, en hébreu, Armageddon. » (Ap.16,16) 

Ce lieu, symbolise le désastre final des armées ennemies. 

UNE LECTURE DES TEMPS QUE NOUS VIVONS À LA LUMIÈRE DE CES RÉVÉLATIONS PASSÉES

 Il est toujours hasardeux de prétendre déchiffrer, un calendrier, un livre qui utilisent autant d’images et de symboles pour nous parler d’un « moment » de l’histoire du monde dont on ignore effectivement le commencement et la fin. Je m’en tiendrai tout particulièrement au livre de l’Apocalypse, tout en ayant comme horizon le calendrier maya. 

D’ABORD DES SIGNES 

Serait-il venu le temps de ce grand combat dont nous parle le livre de l’Apocalypse au chapitre 16 ? Bien des signes donnent à penser que ce jour approche et que déjà les deux armées se préparent à l’affrontement final. 

Il y a ceux qui dominent actuellement le monde, qui disposent des principaux leviers de son devenir social, politique, économique et religieux, qui agissent par personnes et institutions interposées pour imposer à l’humanité entière leur volonté, leur justice, leur vérité. Ils font partie, selon le cas, du 1% ou des 33% de la population mondiale qui contrôlent plus de 80% des richesses du monde. La table à laquelle ils sont conviés n’a rien de comparable avec celle à laquelle sont condamnés les 66% de l’humanité qui en sont exclus. Ces derniers, en dépit de toutes les promesses faites par ces élites, n’ont toujours pas accès aux besoins fondamentaux de subsistance et de dignité. Ils ont plutôt en partage, entre autres choses, la sous-alimentation, la mortalité infantile, l’analphabétisme, l’isolement, la dépendance et les souffrances engendrées par les guerres de conquête, les tortures et les persécutions. 

Le second groupe, beaucoup plus démuni militairement, peut toutefois compter sur ce réveil d’une conscience planétaire davantage soucieuse de solidarité et de justice que de domination, de privilèges et de richesse. Cette conscience des consciences se développe au fur et à mesure qu’elle comprend avec plus de clarté les mécanismes politiques, économiques et même religieux qui expliquent en grande partie la situation dans laquelle se trouvent plus des deux tiers de l’humanité. 

Des leaders surgissent et s’imposent par la profondeur de leurs convictions et l’héroïcité de leurs engagements. Ils font naître une espérance nouvelle, fondée sur la justice et la conscience d’une dignité retrouvée. La peur fait place au courage. De véritables prophètes surgissent ici et là pour témoigner, au prix de leur vie, de l’action libératrice inscrite dans la nature même de l’humanité et que les authentiques croyants reconnaissent dans l’action de Jésus de Nazareth, toujours à l’œuvre dans cet extraordinaire projet d’un monde fondé sur la justice, la vérité et l’amour. Ils ne craignent plus de dénoncer et de combattre les tricheries, les hypocrisies, les mensonges  de ceux qui les retiennent dans la dépendance, la pauvreté et l’ignorance. 

LES ENJEUX DE CETTE GUERRE FINALE 

Les premiers se battent pour contrôler et dominer le monde, avoir main mise sur les richesses qui s’y trouvent et en disposer à volonté. Leur action belligérante est fondée sur la cupidité, l’argent et le mensonge.

http://www.syti.net/GuerreSociale.html 

Les seconds se battent pour une Humanité solidaire au destin de laquelle tous et toutes se doivent de participer. Son action est fondée sur la justice, la vérité, la solidarité et la compassion. 

LA MISE EN PLACE DE L’AFFRONTEMENT FINAL 

Comment ne pas reconnaître dans ces mouvements de guerre au Moyen Orient, en Afrique du Nord, en Amérique latine et en Asie le bruit des tambours qui annoncent une confrontation dont l’issue laisse présager les pires catastrophes.  Fidel Castro, dans son dernier article, fait l’analyse de cette situation et conclue que le destin de l’humanité pend à un fil. 

http://www.legrandsoir.info/la-paix-mondiale-tient-a-un-fil.html 

Les industries militaires tournent à plein, la diplomatie des alliances et celles de la corruption, du sabotage et du chantage regroupent des gouvernements, des mercenaires, des terroristes, des responsables d’églises et d’institutions internationales. Les média s’alignent sur leurs patrons et ces derniers sur leurs mentors. L’Irak, l’Afghanistan, la Libye, maintenant la Syrie et l’Iran révèlent le véritable visage de ceux et de celles qui s’en font les conquérants. On applique systématiquement les principes de propagande de guerre qu’un ancien diplomate britannique, Lord Arthur Ponsoby (1871-1946), avait élaborés: 

• Le camp adverse est le seul responsable de la guerre 

• Le chef du camp adverse a le visage du diable (ou l’«affreux» de service) 

• C’est une cause noble que nous défendons et non des intérêts particuliers 

• L’ennemi provoque sciemment des atrocités, et si nous commettons des bavures c’est involontairement. 

http://www.alterinfo.net/Guerres-mediatiques-Le-role-des-agences-de-communication-dans-les-guerres-actuelles_a9058.html?TOKEN_RETURN 

À l’opposé de ces conquérants, manipulateurs et opportunistes, il y a les peuples qui s’affranchissent de la dépendance comme c’est actuellement le cas en Amérique latine avec la Bolivie, le Venezuela, l’Équateur, l’Argentine, le Brésil, le Nicaragua, l’Uruguay et le Paraguay. Déjà, Cuba, peuple héroïque, livre cette bataille depuis plus de 50 ans, un véritable combat de David contre Goliath. 

C’est également le cas au Moyen Orient où les peuples de Tunisie, d’Égypte, du Yémen, de Bahreïn sont descendus pacifiquement dans les rues pour se défaire de tyrans et de dictateurs protégés et soutenus par les forces de l’Empire. En Libye et en Syrie, bien que les peuples aient manifesté pacifiquement pour obtenir des changements, les forces de l’Empire ont introduit des mercenaires armées pour provoquer non pas les changements demandés, mais pour provoquer des changements de régime. Nous avons assisté à la récupération des mouvements de libération pour les transformer en mouvements de conquête et de domination. 

En Europe et en Amérique du nord ce sont les « indignés » qui ont pris la rue pour protester contre les systèmes financiers qui imposent leurs lois et transforment les sociétés en produits comptables. Ils questionnent une démocratie qui répond à des intérêts oligarchiques et s’acharne contre une majorité pour en soutirer jusqu’au dernier centime. Il faut voir ce qui se passe en Grèce, en Italie, en Espagne, en France et également aux Etats-Unis et bientôt au Canada. À visionner cette intervention d’un sénateur étasunien. http://jedisdubien.com/2011/03/la-guerre-des-riches-contre-les-pauvres/ 

L’ISSUE DE CETTE GUERRE SELON L’APOCALYPSE 

« Alors je vis le ciel ouvert, et voici un cheval blanc ; celui qui le monte s’appelle » Fidèle » et » Vrai », il juge et fait la guerre avec justice. Ses yeux ? une flamme ardente ; sur sa tête, plusieurs diadèmes ; inscrit sur lui, un nom qu’il est seul à connaître; le manteau qui l’enveloppe est trempé de sang ; et son nom ? le Verbe de Dieu. » (Ap.19,11) 

2« Un messager venant du ciel s’écria d’une voix puissante : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la Grande ; elle s’est changée en demeure de démons, en repaire pour toutes sortes d’esprits impurs, en repaire pour toutes sortes d’oiseaux impurs et dégoûtants. (Ap.18,2)

3.Car au vin de ses prostitutions se sont abreuvées toutes les nations, et les rois de la terre ont forniqué avec elle, et les trafiquants de la terre se sont enrichis de son luxe effréné. »4.

Puis j’entendis une autre voix qui disait, du ciel : « Sortez, ô mon peuple, quittez-la, de peur que, solidaires de ses fautes, vous n’ayez à pâtir de ses plaies !

5.Car ses péchés se sont amoncelés jusqu’au ciel, et Dieu s’est souvenu de ses iniquités.

6.Payez-la de sa propre monnaie ! Rendez-lui au double de ses forfaits ! Dans la coupe de ses mixtures, mélangez une double dose !

7.A la mesure de son faste et de son luxe, donnez-lui tourments et malheurs ! Je trône en reine, se dit-elle, et je ne suis pas veuve, et jamais je ne verrai le deuil…

8.Voilà pourquoi, en un seul jour, des plaies vont fondre sur elle : peste, deuil et famine ; elle sera consumée par le feu. Car il est puissant, le Seigneur Dieu qui l’a condamnée. »

9.Ils pleureront, ils se lamenteront sur elle, les rois de la terre, les compagnons de sa vie lascive et fastueuse, quand ils verront la fumée de ses flammes.

10.Ils se tiendront à distance par peur de son supplice : « Hélas, hélas ! Immense cité, ô Babylone, cité puissante, car une heure a suffi pour que tu sois jugée ! »

11.Ils pleurent et se désolent sur elle, les trafiquants de la terre ; les cargaisons de leurs navires, nul désormais ne les achète! »

20.O ciel, sois dans l’allégresse sur elle, et vous, saints, apôtres et prophètes, car Dieu, en la condamnant, a jugé votre cause. 

CONCLUSION 

Comme je l’ai signalé au tout début, il est toujours hasardeux de prétendre déchiffrer un livre qui utilise autant d’images et de symboles pour nous parler d’un « moment » de l’histoire du monde dont on ignore effectivement le commencement et la fin. Toutefois, une chose demeure : les forces qui s’inspirent de la justice et qui se font un devoir de se laisser guider par la vérité et la transparence ont de bonnes chances de se reconnaître dans le cavalier qui monte le cheval blanc et dont le nom est Fidélité et Vérité. Savoir que la victoire finale sera la leur, ne peut qu’encourager à poursuivre ce combat pour une humanité toujours plus solidaire et à visage humain. 

Par contre, ceux qui s’enveloppent de tricheries, de mensonges, de manipulations, de richesses se reconnaîtront plus facilement dans la figure du Dragon, de la Bête et du faux prophète. Leur fidélité ne dure que le temps de leurs intérêts et leur vérité est celle qui correspond à leurs ambitions. Leur chute est imminente, même si leur puissance par les armes et l’argent est immense. La musculature des bras ne saurait surpasser celle d’un cœur ouvert et d’une intelligence éclairée. 

Nous pouvons reprendre à notre compte ce que certains prophètes ont maintes fois répété : 

« Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point; Vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point.15 Car le cœur de ce peuple est devenu insensible; Ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, De peur qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils n’entendent de leurs oreilles, Qu’ils ne comprennent de leur cœur, Qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse.16 Mais heureux sont vos yeux, parce qu’ils voient, et vos oreilles, parce qu’elles entendent » Mt, ch.13, 14-16)

 

Oscar Fortin

17 janvier 2012

http://humanisme.blogspot.com

 

 

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