Archives mensuelles : février 2012

INDUSTRIALISER LA GRÈCE ET L’EUROPE EN DÉCLIN ?

RÉCAPITULATIF

 

Dans le premier article de cette série de quatre, nous avons constaté que la crise de l’économie capitaliste ne frappe pas tous les pays sur Terre, au contraire, ni de la même manière selon les hémisphères. Pendant que la Chine impérialiste « triomphante » développe son industrie envahissante, accroit sa production de plus-value, engrange les profits mirobolants, hausse le niveau de vie de sa population, prête aux pauvres (Afrique) comme aux riches (États-Unis et Europe), les vieux pays impérialistes en déclin, d’Europe et d’Amérique du Nord, croulent sous leurs dettes souveraines, accumulent les déficits extravagants, réduisent les services publics, abandonnent les chômeurs à leur sort, se désindustrialisent et ne parviennent plus à attirer les investissements productifs  (1).

 

Dans le deuxième article nous avons observé que le « décollage » de l’économie chinoise avait coïncidé avec la délocalisation des industries européennes et américaines vers l’Asie en général et vers la Chine en particulier. Les capitalistes des pays en déclin toujours avides de profits – c’est une loi imprescriptible du système – ont trouvé dans les pays émergents et en Chine particulièrement les meilleures conditions de reproduction de la plus-value élargie. Les effets de ces investissements et de ces transferts d’usines ne sont cependant pas les mêmes dans les pays néo coloniaux compradores  – Afrique – et en Chine souveraine (2).

 

Dans ce troisième article nous allons examiner de quelle façon les pays de la vieille Europe déclinante et de l’Amérique en faillite pourraient inverser ce mouvement de désindustrialisation – paupérisation et ramener chez eux la croissance économique et la prospérité.

 

À PROPOS DE LA PLUS-VALUE

 

Le système financier capitaliste est composé notamment de la Banque centrale européenne, de la Banque de France, de la Banque du Canada, de la FED américaine, ainsi que de multiples banques à charte privée, de consortiums financiers, de holdings de placement, de groupes d’assurance et de garantie de prêts, ainsi que des bourses nationales, Toutes ces institutions sont des instruments de gestion et de régulation des capitaux produits dans le secteur de la production-transformation industrielle (secondaire) et dans le secteur de la production-transformation minière, forestière, agraire, pêcherie et énergie (primaire) (3).

 

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme dit l’adage. Les capitaux, cette plus-value ouvrière spoliée et cristallisée ainsi que les salaires – la valeur de la force de travail nécessaire à la reproduction des travailleurs – ne sont nullement produits par les industriels, ni par les travailleurs du tertiaire « post-industriel », ni par les banquiers, ni par les investisseurs. Ceci bien compris, tout le reste coule de source. Si l’ensemble du capital de tous les capitalistes et si l’ensemble des salaires de tous les travailleurs, quel que soit leur secteur d’activité, sont le fruit du travail des prolétaires, alors trouvez les prolétaires au travail quelque part sur Terre et vous trouverez les zones géographiques en développement et en cours d’enrichissement et vice versa.

 

Vous aurez noté que nous n’avons pas écrit : les zones de « prospérité accélérée » car si l’on examine le  Bengladesh par exemple, il y a bien de nombreux prolétaires peinant dans des fournaises de misère, entassés à Dacca dans des quartiers de douleur où chaque semaine des incendies mutilent et tuent des ouvrières emprisonnées dans ces « sweat shops » cadenassées ; il se produit beaucoup de plus-value dans ces bagnes de malheur mais pour les ouvriers pas beaucoup de « prospérité » dans cet enfer oublié.

 

LA DETTE SOUVERAINE
Sacrifions à la tradition à laquelle sont maintenant astreints tous les écrits « économiques » et consacrons quelques lignes à la crise de la dette souveraine – qui, nous le répétons, n’est qu’une  des manifestations de la baisse tendancielle des taux de profits (donc des taux de plus-value) dans les vieux pays impérialistes en déclin. Pourquoi les États-Unis et l’Europe sont-ils confrontés à la crise de la dette souveraine ?

 

Pour notre édification nous avons consulté des analystes financiers réputés. Ils nous ont indiqué ceci : « Avant 2008, La FED américaine est devenue la première banque centrale du monde à racheter des millions d’hypothèques douteuses. Elle a acheté aussi des MBS, des GSE émis dont elle est devenue l’acheteur quasiment exclusif. Ce faisant, les banques ont abandonné à la FED le risque immobilier dans une période marquée par la montée des défaillances sur les crédits immobiliers hypothécaires anciens et nouveaux. Avec 1250 Milliards de $ de produits de titrisation immobilière pouvant être investis en produits des agences et GSE, la FED devrait se retrouver face à un risque considérable. (…)  Or il s’agit d’une dépression indiquant une cassure du modèle de croissance (souligné par nous NDLR). Il est donc normal que les solutions soient inadaptées et qu’elles annoncent un rebond de la crise sous forme de Krash lent. Une reprise durable paraît donc improbable (souligné par nous NDLR). Une partie des obligations achetées aux GSE sont pourries, la Réserve fédérale les a acquises pour éviter l’effondrement du marché de la titrisation parapublique, les investisseurs étrangers et américains se sont débarrassés des obligations des GSE en 2009. Le FED joue pour les GSE le rôle d’un fonds de cantonnement qui n’est pas près de disparaître. » (4).

 

Interprétation de ce charabia d’économiste. La Réserve fédérale américaine (la banque des États-Unis) a émis des dollars de pacotille, de quasi « faux dollars » puisque ne reposant sur aucune valeur réelle, sur aucune marchandise, et cela afin de racheter les mauvaises créances des banques à charte privée américaines et leur éviter la faillite, créances qui étaient elles-mêmes de la ‘fausse monnaie’ puisque ne correspondant à aucune capacité de rembourser – à aucun pouvoir d’achat – de la part des emprunteurs surendettés. Et comme ceci n’a pas suffi, l’État fédéral américain – de  Bush à Obama – a donné en cadeau aux banques en faillite des milliards du budget gouvernemental qui a atteint des abimes de déficits. L’ensemble de cette opération est tout à fait légale en vertu du droit bourgeois. Conséquemment, les États ne peuvent rembourser ces immenses dettes souveraines, ni en Amérique, ni en Europe (où les banques ont acheté de ces packages financiers plombés). C’est impossible, le gouffre financier est trop profond.

 

Ni les banques européennes ni les banques américaines n’espèrent, dans l’opération « sauvetage » en cours, récupérer la totalité de cette fausse monnaie qu’elles ont émise sous forme de billets au porteur, d’hypothèques, de cartes de crédit et autres papiers sans valeur. Elles espèrent plus sobrement rafler toute la plus-value produite dans les usines encore en fonction en Europe et en Amérique du Nord ainsi que dans celles qu’elles ont délocalisées vers l’Asie et l’Afrique ; sachant pertinemment que les banques chinoises font de même de leur côté, mais qu’elles bénéficient de circonstances plus favorables car leurs taux de plus-value absolu et relatif sont supérieurs comme nous l’avons démontré dans notre premier article.

 

Pire, l’industrie – seule productrice de plus-value – se concentre en Chine alors que le tertiaire – bouffeur de plus-value – et le quaternaire parasitaire se concentrent en Occident. La conjoncture ne peut être plus mauvaise pour Obama, Sarkozy, Cameron, Merkel, Harper et tous les autres thuriféraires politiques à la solde des milliardaires.

 

SORTIR DU MARASME ÉCONOMIQUE EST-CE POSSIBLE ?

 

Les pays en déclin peuvent-ils sortir du marasme économique dans lequel ils s’enfoncent toujours davantage ? Oui c’est possible. Il leur suffit de recommencer à produire beaucoup de plus-value ouvrière (secondaire et primaire). Il leur suffit de remettre au travail les 250 millions de chômeurs dans le monde. Difficile ? Très difficile, car si tous ces travailleurs sont au chômage, ce n’est pas qu’ils soient paresseux, ou que les riches ne souhaitent pas les voir peiner et s’esquinter à produire de la plus-value pour eux. Ce n’est pas que les gouvernements ne veulent pas les enchainer à leurs métiers à tisser, ces forçats du labeur. Le mieux que la gauche vénale puisse espérer c’est qu’un certain nombre d’ouvriers soient remis au travail et que les capitalistes qui empochent la plus-value relancent l’économie de leur pays respectif.

 

Analysons l’exemple de la Grèce. Un déficit budgétaire colossal, une dette abyssale, des dépenses  militaires incontournables (il faut bien armer les colonels grecs pour qu’ils répriment ceux qui ne veulent pas rembourser), des armateurs qui n’ont plus de contrats de construction pour deux raisons : la première, l’économie international va mal si bien que le commerce mondial est en panne, on ne transporte pas de marchandises par bateau quand il y a de moins en moins de marchés à exploiter ; la seconde, la production manufacturière et le commerce qui subsistent et qui exigent des navires de transport se font en grande partie en Orient où la Chine et la Corée monopolisent la production de cargos comme nous l’avons démontré précédemment. Pourquoi ces deux pays monopolisent-ils la fabrication des cargos ? Parce que les prolétaires chinois travaillent pour des salaires de galère et abandonnent une large part de la plus-value absolue produite aux capitalistes chinois, et parce que les prolétaires coréens sont très productifs et abandonnent une grande partie de la plus-value relative produite via la mécanisation aux capitalistes coréens.

 

RELANCER LA CONSOMMATION POUR RELANCER LA PRODUCTION ?

 

Peut-on relancer la consommation mondiale de façon à impulser le commerce et les commandes de navires (vrac, container et passagers) pour le bénéfice des armateurs grecs ? Non, car ces 250 millions de chômeurs consomment peu, leurs camarades au travail pas davantage, grevés qu’ils sont de taxes et d’impôts visant à rembourser les dettes des financiers aux financiers (!) que les banques centrales et les gouvernements ont été contraints d’assumer. Qui plus est, tous ces ouvriers-clients sont personnellement surendettés. Il ne faut pas oublier qu’au cours des années passées les banquiers prêtaient aux ouvriers et aux pauvres pour maintenir la consommation des ménages à flot et pour encaisser leur part de plus-value, alors qu’aujourd’hui c’est trop risqué et les banques d’État hésitent à émettre de la monnaie de singe (inflationniste) qui demain vaudra moins que la valeur du papier pour l’imprimer.

 

Les prolétaires grecs pourraient-ils produire plus de plus-value, suffisamment du moins pour que les acheteurs de cargos passent commande aux armateurs grecs plutôt qu’aux armateurs chinois ; les ouvriers chinois tomberaient au chômage et les ouvriers grecs récupéreraient leurs emplois ? Il y a deux façons d’augmenter la production de plus-value ouvrière et donc le taux de profit pour les investisseurs.

 

Par le rehaussement de la plus-value absolue, ceci signifie une réduction draconienne du salaire horaire pour les ouvriers grecs, en plus du rallongement de la journée de travail (on passe de 8 à 10 ou 11 heures) et l’extension de la semaine de travail de cinq à six ou sept jours semaine de façon que le temps de travail que l’ouvrier consacre à produire son propre salaire soit réduit au minimum et laisse le maximum de temps de travail que  l’armateur empoche sous forme de plus-value absolue, la source des profits.

 

Les ouvriers grecs peuvent-ils travailler pour des salaires de misère, pendant davantage d’heures chaque jour, au cours d’une semaine de 6 ou 7 jours comme le font les ouvriers chinois ? Les capitalistes grecs le pensent et ils ont dernièrement réduit le salaire minimum de moitié, coupé de 50 % les salaires des fonctionnaires et augmenté les taux d’imposition, ce qui est une autre façon de retirer du salaire à l’ouvrier et d’accaparer de la plus-value pour les riches. Toutes ces mesures ont des répercussions sur les salaires dans les chantiers navals grecs.

 

Mais est-ce suffisant de faire travailler l’ouvrier grec en deçà du salaire nécessaire à sa survie – en deçà des besoins de reproduction de sa force de travail – ?  Si l’ouvrier grec travaille avec acharnement jusqu’à la mort prématurée, pourra-t-il conserver son emploi d’esclave salarié ? Ce n’est pas assuré puisque son concurrent, le travailleur chinois, le fait déjà. Le travailleur grec doit produire davantage de plus-value que l’ouvrier chinois pour que le capitaliste grec se résigne à investir en Grèce et que l’ouvrier grec obtienne la chance de mourir au travail.

 

Il reste une dernière possibilité, ce serait d’augmenter la productivité de l’ouvrier grec en mécanisant son travail au maximum et si possible en imaginant de nouveaux procédés de fabrication qui augmentent la production dans un laps de temps plus court haussant ainsi le taux de plus-value relative, ce qui satisfera le diable capitaliste avide du profit maximum, lequel  consentira peut-être à fermer ses cales sèches en Corée pour les ramener au Pirée. Malheureusement, peu d’espoir de ce côté. Les coréens et les chinois y ont pensé et la Chine emploie 1,4 millions de chercheurs qui ont déposé des centaines de milliers de brevets l’an dernier; et la Chine dépensera bientôt 2,2 % de son immense PIB en recherche et développement justement pour trouver de nouveaux procédés de fabrication et de nouveaux appareils de production. L’État grec n’a aucun budget consacré à la R&D.

 

RÉINDUSTRIALISATION PAR L’INTENSIFICATION DE L’ESCLAVAGE

 

Bien qu’improbable la ré-industrialisation est parfois possible. Un exemple parmi d’autres. L’an dernier une entreprise suédoise propriétaire d’un immense atelier de fabrication d’appareils électroménagers annonçait la fermeture de son usine de l’Assomption au Québec. Délocalisation, avoua candidement la direction. Chacun songea à la Chine ou au Viet Nam. Erreur, l’usine a été déménagée à Memphis, Tennessee aux États-Unis (5). Les États-Unis se réindustrialisent, s’exclamèrent les éditorialistes. Le phénomène peut donc être inversé ! Oui, mais à quel prix ? Aux États-Unis à peine 10 % des ouvriers sont syndiqués. Le salaire minimum est fixé au niveau fédéral et dans chacun des États et, règle générale, il est ridiculement bas (7,25 US$/h.) si bien que l’entreprise suédoise embauche les ouvriers de Memphis à 9 US$ l’heure (taux horaire de 6.4 Euros), un salaire de misère compte tenu du coût de la vie aux États-Unis ; les ouvriers de Memphis seront ainsi amenés à travailler en temps supplémentaires chaque jour de la semaine et à travailler 6 jours semaine – la mécanisation la plus moderne étant par ailleurs assurée – les impérialistes suédois recevront ainsi leur précieux kilogramme de chair ouvrière chaque semaine. Les prolétaires canadiens informés de ces conditions d’exploitation inhumaines ont décliné l’offre de mortalité prématurée.

Nous pourrions refaire cette démonstration pour les ouvriers de l’acier en France, pour les mineurs britanniques, pour les maçons italiens et pour les fondeurs canadiens. Dans le cas spécifique des alumineries canadiennes, cependant l’immense avantage dont bénéficient les ouvriers de ces alumineries c’est que les prolétaires qui construisent les barrages hydro-électriques canadiens ont tellement injecté de plus-value dans le produit ‘électricité’ – et le prix de l’énergie est si bas au Québec (0,07 $ KWh) – que les capitalistes de Rio-Tinto-Alcan trouvent avantageux de payer des salaires élevés aux quelques ouvriers fondeurs (usines entièrement mécanisées et robotisées – fournissant une productivité élevée), ce qui explique qu’ ils ne délocalisent pas leurs installations pour le moment. Par contre, le ralentissement économique général  entraine des surplus de production mondiale d’aluminium si bien que Rio-Tinto-Alcan en profite pour déclencher un lock-out à ses usines afin de gruger les salaires des travailleurs.

 

CONCLUSION

 

Que faut-il conclure de tout ceci ? Tous ces faux prophètes qui laissent entendre qu’il n’y a qu’à  nationaliser les banques, qu’il suffit de refuser de payer la dette souveraine, qu’il n’y a qu’à nationaliser les usines et à lancer l’État bourgeois dans le domaine de la production industrielle, ou encore qu’il suffit de taxer les riches, et mille et une autre solutions-bidon trompent leurs auditoires. Aucune solution n’existe aux maux du capitalisme « à l’intérieur du capitalisme ». Ce n’est pas pour cause de disfonctionnement que le capitalisme périclite. Le capitalisme fonctionne normalement en ce moment ; passer d’une phase de surproduction à une phase de pénurie de produits, c’est le fonctionnement normal de ce régime. Transiter d’une période de sous-emploi à une période de pénurie de main d’œuvre, c’est aussi le fonctionnement normal de ce système. Les guerres économiques et financières et les guerres militaires localisées inter impérialistes États-Unis – Chine – Russie – Union Européenne pour le repartage des marchés et des sources de plus-value, c’est aussi le fonctionnement usuel dans ce mode de production. Le capitalisme c’est la succession des crises, des guerres et la misère en partage de Dacca jusqu’au Finistère.

 

 

Semaine prochaine : LA FIN DE LA CRISE ÉCONOMIQUE !

 

(1) La Chine puissance impérialiste triomphante. 16.02.2012. http://www.legrandsoir.info/la-chine-puissance-imperialiste-triomphante.html

(2) La crise économique, la Chine – l’Afrique et L’Europe. 22.02.2012.  http://www.centpapiers.com/la-crise-economique-%e2%80%93-la-chine-%e2%80%93-l%e2%80%99afrique-et-l%e2%80%99europe/95434

(3) La crise économique, la Chine – l’Afrique et L’Europe. 22.02.2012. http://www.centpapiers.com/la-crise-economique-%e2%80%93-la-chine-%e2%80%93-l%e2%80%99afrique-et-l%e2%80%99europe/95434

(4) http://criseusa.blog.lemonde.fr/2010/02/08/reflexions-sur-leconomie-us-en-2010-sortie-de-crise-improbable-krash-lent-previsible/

(5)  http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2010/12/14/014-electrolux-fermeture-usine.shtml

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L’origine de nos politiciens du Québec!!!

 

L’origine de nos politiciens du Québec!!!

Pour faire un peu différent de mon habitude, je ne parlerai pas de nos héros « canayens » (ou très peu), mais plutôt de nos politiciens canadiens-français (Je reviendrai aux Héros dans les prochains articles).

En fait, tout en sachant comme vous tous, « qui ils sont », nous ne savons pas exactement « d’où ils viennent ». Et pour le trouver, nous devons continuer à faire de l’histoire. Ce qui n’est pas pour me déplaire, vous le comprendrez.

À l’époque de la Nouvelle-France, il n’y a pas encore de « politiciens » au Canada; il n’y a que quelques « dépendants des autorités » et énormément  plus de héros « coureurs de bois »; hommes indépendants, sans autres attaches qu’à celle de leur identité « canayenne », celle de leur famille et celle de leurs amis. Ils vivent comme ils l’entendent grâce à leur autonomie et subissent très peu de contrôle grâce à leur dispersion.

Lors de la conquête, jusqu’en 1792, il n’y a pas, non plus, de « politiciens » dans notre pays. Tout est réglementé par des représentants envoyés par l’Angleterre pour administrer le Canada. Par contre, la conquête change quelque peu la structure sociale canadienne. Les seigneurs propriétaires terriens qui restent ici, sont maintenant pauvres parce qu’ils ne vivent que de l’apport de leurs censitaires; ce qui, auparavant, n’était qu’une petite portion de leurs revenus. Le clergé, très peu nombreux, mais qui, lui aussi, est propriétaire foncier, risque d’être éliminé de la société parce qu’il est Catholique. De sorte que ces deux classes sociales de la Nouvelle-France décideront de collaborer avec les autorités anglaises pour assurer leurs assises économiques et leur survie.

Le pouvoir qu’ils disent posséder sur le peuple n’est que superficiel et n’apparaît qu’aux yeux des autorités anglaises. Dans la réalité, les Canayens, qui se qualifient « d’habitants », portent ce nom parce qu’il représente leur indépendance face au système seigneurial tout autant qu’au système religieux de l’époque.  Leur position indépendante est prouvée historiquement.

Depuis l’apparition des « coureurs de bois » au Canada, chacune des revendications des seigneurs ou du clergé soulèvent, à chaque fois, une riposte négative de la part des « Canayens ». Ils n’acceptent jamais de laisser tomber quoi que ce soit de leur indépendance qu’ils appellent leur « liberté ». Ce qu’ils concèdent de temps à autre, devient presque un geste de bonté de la part de la population envers ces classes sociales. Les seigneurs et le clergé se doivent, depuis toujours, d’être très « tempérants » pour leurs « ouailles ». Ils n’ont pas le choix.

Aussi longtemps que la traite des fourrures reste le principal moteur économique du pays, la liberté des « Canayens » n’est pas du tout touchée. Ceux-ci gardent leur autonomie et n’acceptent de « travailler » pour les Anglais que comme « contractants » autonomes, n’acceptant que des durées de contrats aux travaux bien spécifiées et relativement courts. Le prolétariat, c’est-à-dire, celui qui est continuellement soumis à la volonté d’un « employeur » pour survivre, n’existe pas encore au Canada de cette époque.

Lorsque la fourrure perd de son importance économique, au début du XIXe siècle, c’est l’industrie forestière qui prend la relève. Et c’est à ce moment- là que disparaît rapidement  « l’indépendance des Canayens ». Ils sont toujours les mêmes « courageux aventuriers » mais deviennent, dorénavant, dépendants d’emplois fournis par les patrons anglais de compagnies forestières, pour assurer leur subsistance. Au lieu de « coureurs de bois » sous contrats, ils deviennent des « coupeurs de bois » salariés. Nouveau travail qui ne demande pas moins de courage que l’ancien, mais qui élimine complètement l’autonomie individuelle.

La perte de l’importance de la fourrure installe rapidement la pauvreté chez les « habitants ». Cependant, cela ne fait pas encore disparaître cet « esprit de liberté » de chez nos Canayens; ils continueront toujours de s’opposer à ce qui ne leur plaît pas. Seule leur « indépendance » en prend un coup. Ils adoptent alors de vivre dans un état permanent de résistance passive.  Ils résistent aux autorités anglaises et aux seigneurs propriétaires tout autant qu’au clergé. En fait, cette résistance aux deux classes sociales en question provient qu’ils ne les respectent pas tellement, parce qu’elles collaborent avec les autorités sous-jacentes des marchands anglais à leur propre fin et souvent, au dépends des « habitants ».

L’industrie forestière prend maintenant 74% de l’économie qui, auparavant appartenait à la traite des fourrures. Celle-ci, en 1810 ne vaut plus que 9% de l’économie du pays. Évidemment, les frais d’exploitation forestière sont beaucoup plus importants que ceux de la traite des fourrures et les salaires des employés sont beaucoup inférieurs aux contrats des « voyageurs ».

Les autorités anglaises refusent, ensuite, de créer de nouvelles seigneuries même si les Canayens ne peuvent pas aller s’installer dans les « townships » qui sont réservés à la colonisation britannique à très peu d’exceptions faites.

Résultat : la population du territoire seigneurial s’accroit de 234% sur un territoire dont l’espace augmente seulement de 138%.  Les jeunes Canayens doivent alors émigrer vers les villes pour devenir d’autres  « employés ». Plusieurs émigrent plutôt aux USA où ils ont plus de chance de devenir des « employeurs » au lieu de rester des «employés ».

Au Canada, les « Canayens » voulant garder leur autonomie, sont maintenant circonscrits à œuvrer dans la très petite entreprise commerciale comme : magasin général, débit de boisson, laitier, boulanger, marchand de viande etc.

Ce sont ces petites entreprises commerciales qui donnent de l’ampleur à la petite bourgeoisie canadienne.

Les enfants de celle-ci deviendront  la petite bourgeoisie « professionnelle »; une nouvelle venue sur la scène historique « canayenne ».

Cette petite bourgeoisie « professionnelle » canadienne est constituée des enfants des petits bourgeois, qui ont pu recevoir l’instruction dans les écoles et les collèges de la ville. Par contre, ils sont quand même d’origine rurale et donc issus du peuple « canayen ». Cela leur servira à installer leur domination sur notre société.

Parce que les autres secteurs d’activité leur sont fermés, ces citoyens sortis des collèges n’ont pas d’autres débouchés pour survivre que les professions libérales; c’est à dire le droit, le notariat, la médecine et l’éducation. Mais l’augmentation de cette classe sociale professionnelle devient  trop importante pour la demande de la société. Ils comprennent rapidement qu’il leur faut se battre pour assurer leur survie. C’est alors qu’ils s’orientent vers la politique  où ils peuvent exercer leurs talents et imposer leur leadership et leur vision du monde qui, à l’époque, correspond parfaitement aux intérêts des « habitants ».  Leurs professions libérales deviennent des tremplins pour se lancer en politique.

Ils s’opposent au régime existant tout autant qu’à l’aristocratie cléricale. Ce mouvement est tellement « dans les cordes » des « Canayens » que cette petite bourgeoisie professionnelle devient rapidement la classe sociale dominante du Bas-Canada. Elle s’opposera à la grosse bourgeoisie marchande anglaise, sera démocrate et parviendra à prendre le pouvoir politique au Bas Canada.  Plusieurs anglophones se joindront à cette nouvelle bourgeoisie professionnelle et politique. En particulier les Irlandais qui sont foncièrement antibritanniques sans être aucunement anti-Canadiens.

Jusqu’en 1837, ces politiciens sont conscients de l’identité « Canayenne » des « habitants » du Bas-Canada;  et leur combat est pour donner un « pays » à cette identité nationale. Le combat des anglophones du Haut-Canada est identique. Le but visé par les deux partis nationaux est d’instaurer deux républiques confédérées, l’une francophone et l’autre anglophone.  Les autorités d’Angleterre qui veut garder sa colonie, aidées par le clergé et les seigneurs, leurs alliés depuis la conquête, parviennent à tuer dans l’œuf ce combat pour l’autonomie des Canayens/Canadians.

Par la suite, la classe politique de la petite bourgeoisie « professionnelle » adoptera, pour sa survie et pour garder son pouvoir, la notion de l’identité « Canadienne-Française ». Cette notion identitaire qui décrète que les « Canayens » sont toujours rattachés à la nationalité française plutôt que d’accepter d’être des Canadiens à part entière. Ce qualificatif de « Canadiens-Français-anti-Anglais » , laissant entendre la notion de « traître à son pays : le Canada », est celui qui nous fut affublé par la classe sociale des marchands Anglais, pour ne pas laisser le moindre pouvoir administratif aux « Canayens ». Ils clamaient que les « Canayens » étaient foncièrement Français et détestaient l’Angleterre. Ce que l’histoire prouve être complètement faux. C’est là l’origine du terme : Canadien-Français; et c’est ce refus à l’administration du pays aux Canayens, qui fut la cause de la rébellion de 1837/38.

D’une certaine façon, ou plutôt, d’une façon certaine, les deux classes sociales « canadiennes-françaises » : les seigneurs et le clergé, obligent la nouvelle classe sociale de la petite bourgeoisie professionnelle à laisser tomber son patriotisme,  sous peine de perdre son pouvoir sur notre société. Les professionnels se coupent alors du peuple, se donnent un statu « d’élite » et rejoignent les deux classes sociales privilégiée alliées à l’Angleterre, pour le contrôle du pays. Éventuellement, ils remplacent la classe sociale des seigneurs. Le supposé « patriotisme » de certain d’entre eux, adopte ensuite la couleur « anti-canadienne-pro-française » qu’ils disent plutôt « anti-anglaise », dont les avaient peint les « Tories » d’avant la rébellion.

Avec l’appui du Clergé et des professionnels (les seigneurs étant disparus dans la masse), la mainmise de l’autorité anglaise s’installe finalement au Canada. Notre arène politique est essentiellement, aujourd’hui, composée d’un parti « Tory » appelé chez nous : « parti conservateur » et d’un parti « Whig » qu’on appelle « Libéral » et qui, en Angleterre, a changé du nom de « Libéral » pour s’appeler : le parti « Travailliste ». La politique « Tory » n’a pas changé; elle veut toujours installer le Canada aux pieds de l’Angleterre.

Au Québec, nous avons un parti provincial qui se dit absolument « patriotique », appuyé par le peuple puisque c’est lui qui fournit les fonds nécessaires à la subsistance du parti politique en question. En fait, leur position est la même que celle de la petite bourgeoisie professionnelle du XIXe siècle qui dépendait des fonds du peuple fournis en échange du service de leur profession; sauf qu’ici, ces politiciens ne sont pas obligés de donner de service. Ils reçoivent du peuple « en gracieuseté ».

Mais comme l’idéal, pour un politicien même « patriote », est de ne pas dépendre de la population pour en avoir le plein contrôle, ce parti politique s’applique à instaurer le plus possible, des « services sociaux gratuits » qui demandent une hausse constante  de taxes et d’impôts. Dans le même élan, tous les autres partis politiques, comprenant l’enjeu important de ne pas dépendre du peuple, endossent la même politique « d’état providence ». On n’oublie pas, cependant, de se donner des revenus supérieurs à l’ensemble et d’assurer le financement des partis à même les taxes et impôts levés sur la population ce qui les délivre de toute attache avec le peuple. Celui-ci perd alors tout pouvoir sur les politiciens, sauf celui d’élire officiellement  l’une des deux facettes de cette unique « médaille » de philosophie sociale. Pour sauver la face, les politiciens se plaignent ensuite du peu d’intérêt porté à la politique par la population et lui reproche de ne pas prendre ses « responsabilités sociales ». Et c’est ce qu’ils appellent le « cynisme » de la population. Il faudrait peut-être revoir la définition du mot « cynisme ». la vérité est que les politiciens ne parviennent pas à provoquer le respect de la population; simplement parce que le respect, ça se « mérite ». Il ne peuvent que tenter de « l’imposer »; et cela ne fonctionnera pas. Ça ne fonctionnera pas au Fédéral et ça ne fonctionnera pas au Provincial non plus.

En réalité, le peuple d’aujourd’hui emploie le même moyen de défense que ses ancêtres: la résistance passive. C’est ce qui explique son peu d’intérêt à la politique et sa pauvre participation aux élections. L’histoire nous indique que cette « résistance passive » n’est jamais éternelle; mais quelle sera la raison de la prochaine rébellion? Probablement la même que la précédente. Par contre, elle risque de s’étendre beaucoup plus loin que les frontières du Québec; car on vit le joug d’une oligarchie partout sur la planète.

Je ne perdrai pas de temps à vous décrire cette fameuse « médaille » de la philosophie sociale actuelle chez nos politiciens; mais je me contenterai de souligner ses résultats, qui sont le Plan nord, l’exploitation du gaz de schiste, la stagnation dans les hôpitaux provoquée par les médecins (qui ne font plus de serment d’hippocrate) pour alimenter leurs cliniques privées, les scandales de l’industrie pharmaceutique,  et l’enquête Charbonneau qui, je l’espère, ne finira pas en queue de poisson; mais je commence à en douter.

Je prend quelques secondes de plus pour faire remarquer que l’intérêt qui ressort de l’histoire que je présente depuis plusieurs articles démontrent toujours certains faits incontournables. Celui de cet article est assez facile à percevoir. C’est qu’à aucun moment de notre histoire, la démocratie « représentative » ne fut Démocratique dans son essence. Elle ne le fut que dans son « apparence »; c’est probablement la seule vérité dans le qualificatif de « représentative »; ce n’est qu’une démocratie apparente. La réalité est qu’elle est oligrachique. Dans notre histoire elle fut toujours « contrôlée » par une ou deux classes de la société qui oeuvraient pour ses propres intérêts. Ce n’est que « par coïncidence » que durant une vingtaine d’année (1815 @ 1837) elle « représentait » l’intérêt de l’ensemble de notre population. La vraie raison de cette période « démocratique » fut la survie de cette nouvelle classe  sociale de petite bourgeoisie « professionnelle ». De nos jours, il est indiscutable que c’est la classe sociale des finances qui en a le contrôle. Sa force est qu’elle a convaincu une majorité de la population qu’elle représente la « garantie du bien-être de chacun ». Cette majorité convaincue fond comme neige au Soleil depuis quelques années.

Ajoutons, comme on nous le propose actuellement, un bloc Lego à toute cette pyramide élitiste écrasante pour le peuple et, il va sans dire que tout ira pour le mieux. D’ailleurs, c’est certainement vrai; il vaut mieux ne pas le dire, en effet.

André Lefebvre

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Christchurch, un an après

 
 


 

La Nouvelle-Zélande est-elle le plus beau pays du monde ? « Arguably », comme disent les Anglo-saxons : ça se discute. Evidemment, les Dolomites, les Cyclades, Sri Lanka, la Provence, etc.… la concurrence est forte. Disons qu’ils sont dans la course. Là où ils sont certainement dans le petit peloton de tête, c’est quand on passe de la beauté au bonheur. Ça se passe aussi dans la tête, le bonheur, mais les consensus sont plus faciles. On voit bien qu’ils sont heureux.

À 4 millions seulement sur des îles qui font la taille de l’Angleterre et de l‘Écosse, avec 35 millions de moutons et des vaches, des rivières à saumons, des truites énormes, des touristes bien élevés, des montagnes a grimper, des treks innombrables à faire, une criminalité quasi vestigiale et des mines d’or qui sont devenues des souvenirs. On vit bien en N.Z.

Evidemment, ça fait des jaloux en Haux-lieux et parfois la terre tremble. Un an la semaine dernière que de grand pans de Christchurch se sont effondrés comme un château de cartes. Quelques morts et des milliards de dégâts. Alors j’ai été voir comment ils s’en sortaient. La réponse, c’est « bien », même si la terre a encore remis ça, le mois dernier, pour faire tomber quelques èdifices dont on se demandait s’il fallait les réparer ou les démolir. Maintenant on sait… C’est que la Nouvelle-Zélande n’est pas un « pays en voie de développement »

Un anniversaire. On a fait des discours, on a chanté en Maori et en Anglais, on a remercié tout le monde et le monde entier… Même si personne n’a vraiment rien fait que les Néo-Zélandais. Puis la vie continue. On est encore heureux. C’est que le diable ne s’en est pas mêlé. Les NéoZélandais n’ont compté que sur eux. Puis, j’ai pensé à Haiti à qui l’on a tant promis. Et à ces victimes du grand tsunami en Indonésie… Le diable promet, mais il ne paye jamais. Et je me suis souvenu d’un article que j’écrivais il y a quelques années. …

….

Le Diable et le Bon Dieu

La Nature vient de faire au Honduras ce que les Américains ont fait en Iraq il y a quelques années: détruire à peu près tout ce qui pouvait se détruire. Mais la Nature ayant des moyens plus puissants que le Grand Satan des Iraniens, elle l’a fait en mieux…. c’est-à-dire en pire. 15 000 morts, 2 millions de sans-abri, 3 milliards de dommages, surtout au niveau des infrastructures.

J’ai déjà assez d’ennemis en hauts lieux sur cette terre, je ne me lancerai certainement pas ici dans le rouspétage théologique. Disons donc pudiquement que les voies de Dieu sont insondables… et concentrons sur ce qui est la faute du Diable, la faute du Système.

Ce qui est la faute du Système, c’est qu’il faudra une génération au Honduras pour se remettre des séquelles de la catastrophe, alors que quand un ouragan frappe la Floride, – ou un tremblement de terre le Japon ou la Californie – faisant 10 fois plus de dégâts matériels, on n’en voit plus guère de traces l’année suivante.

Quand le Bon Dieu frappe les pays riches, les pays riches reculent d’un pas et avancent de deux. Quand Il frappe les pays pauvres, les pays pauvres restent à terre longtemps. Le niveau de vie du Hondurien moyen est trente (30) fois moins élevé que celui d’un Américain; il en faut du temps pour économiser le prix d’une nouvelle route… La différence entre un an et une génération, c’est la faute du Diable

Pourquoi les Honduriens sont-ils pauvres? Des milliers de bouquins sont écrits pour expliquer le sous-développement dans le monde moderne, la plupart évitant soigneusement d’en donner les vraies raisons. Je vais vous les dire en 4 paragraphes courts. Quand on vous dira ” Ce n’est pas si simple”, demandez doucement en quoi ce n’est pas si simple et insistez pour qu’on vous explique… et tenez moi au courant.

1. Il y a un peu plus de deux cents ans, nous étions tous pauvres; on cultivait pour manger et on vivait et mourait au rythme des famines. En Occident, la révolution industrielle est venue qui a permis que de moins en moins de travailleurs suffisent à produire la nourriture dont nous avons besoin… et que nous devenions riches de tous ces biens produits par les 97% (au Canada) de la population qui n’ont plus a produire de nourriture.

2. Tous ces produits manufacturés – mais surtout la NOURRITURE ELLE -MÊME – nous pouvions, grâce au machines dont nous disposions, la produire en Occident en surabondance et à bien meilleur prix que les pays qui n’avaient pas pris dès le départ le chemin de l’industrialisation. En vendant ces produits et cette nourriture à vil à ceux-ci, on s’est assuré qu’il ne serait pas avantageux d’y produire ces produits et cette nourriture et que ces pays ne pourraient JAMAIS nous faire concurrence. Ils devraient, au contraire, limiter leur production à ce que nous, Occidentaux, ne produirions pas parce que les machines ne pouvaient le produire.

3. La conséquences perverse immédiate a été que les pays non industrialisés ont cessé les cultures de subsistance – facilement mécanisables – dont ils avaient besoin pour nourrir leur population et se sont spécialisés dans les monocultures à haute intensité de main-d’oeuvre: café, cacao, bananes… Mais comme ils sont bien trop nombreux à cultiver des bananes, on les leur achète au prix que NOUS fixons alors que nous leur vendons les produits alimentaires essentiels et les produits manufacturés au prix qui fait NOTRE affaire. C’est ce qu’on appelle le libre-échange.

4. Pour le “fine tuning”, nous leur offrons une aide bilatérale et multilatérale internationale liée à l’achat de NOS produits… mais qui reste toujours inférieure à l’intérêt que nous leur chargeons chaque année sur leur dette cumulée. Il n’y a donc dans les pays sous-développés que l’argent que NOUS décidons qu’il y soit, ce qui permet d’y garder tous les salaires au prix que NOUS souhaitons, et d’y produire à rabais les composantes de la production industrielle que NOUS choisissons d’y produire sans nuire à NOTRE propre équilibre de main-d’oeuvre… pour la défense et l’enrichissement optimal de NOS exploiteurs. Le Honduras et les autres pays sous-développés seront donc toujours aussi pauvres que NOUS le voudrons.

Je dis NOUS, les Occidentaux, parce que c’est en bloc que nous sommes perçus comme responsables dans les pays du tiers-monde et, aussi, parce que nous sommes tous plus ou moins coupables de fermer les yeux et de ne rien faire pour que les choses changent. Mais, en réalité, nous savons bien que quelques uns seulement parmi nous bénéficient de cette exploitation criminelle du tiers-monde.

Ce sont les mêmes qui travaillent inlassablement à réduire aussi au niveau de subsistance la majorité des populations occidentales. Ceux qui sapent les acquis sociaux pour équilibrer les budgets. Ceux qui ont laissé stagner notre niveau de vie depuis 20 ans, empochant TOUS les gains de productivité réalisés depuis une génération. Ceux qui sont les multiples avatars du Système, les multiples visages du Diable.

Pierre JC Allard

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SALAIRE ÉLEVÉ GARANTIE DE COMPÉTENCE ÉLEVÉE?

La révélation toute récente du régime exceptionnel de fonds pension des députés libéraux canadiens, fortement critiqué par les citoyens payeurs de taxes, a fait ressurgir l’argument selon lequel, pour  attirer des personnes compétentes au Parlement canadien, il faut leur assurer des conditions  de travail, de rémunération et de sécurité financière susceptibles de les attirer. Cet argument venait appuyer un régime de pension qui garantit pour chaque dollar investi par le ou la député cinq dollars investit par l’État. À ceci s’ajoute un rendement à vie de 10% de ce fonds garanti par l’État, peu importe la situation économique. Cette approche de privilèges et d’avantages financiers n’est pas propre au seul Parlement canadien, mais l’est pour tous les postes importants dans l’Administration publique, dans les Sociétés d’État et dans les Exécutifs des entreprises nationales et multinationales.

Cet argument qui semble être, à première vue, d’une évidence telle que personne n’ose le remettre en question, se révèle être, dans bien des cas, beaucoup plus un écran de fumée qu’une réalité. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le sort que nous ont réservé ces hauts dirigeants aux rémunérations dorées et aux conditions de travail qui en font des rois et des reines trônant au dessus de tous les autres. Je vous invite à interroger Google sur les plus grandes faillites des 20 dernières années. Vous verrez que ces soi-disant compétences hors toute catégorie ont conduit leurs entreprises, figurant en tête de liste des grandes entreprises contemporaines, à la faillite. Dans les milieux industriels, bancaires, financiers, ce fut le désastre pour nombreuses d’entre elles.

Ici, au Canada, nous avons gouté aux aventures de NORTEL dont des milliers d’actionnaires ont perdu leur fond de pension. Les dirigeants flottaient sur des nuages de dizaines de millions de dollars. L’an dernier, sous la direction du grand chef  Henri-Paul Rousseau, la Caisse de dépôt s’est retrouvée avec une perte de  40 milliards $. Et que dire de nos gouvernements et gouvernants qui ne cessent de nous surprendre avec des scandales de pots de vin, de complicité avec les entreprises, de manigances internes dans la nomination de juges, de sous-ministres, de Dirigeants de sociétés d’État?  Ce ne sont plus seulement les entreprises qui font faillites, mais également les gouvernements. Pourtant les salaires et les conditions de travail de tout ce beau monde a de quoi faire l’envie de bien des travailleurs, d’administrateurs, de comptables, de professionnels.

Cette approche des compétences par l’appât de l’argent ne conduirait-elle pas à une société dominée par la cupidité et de ce fait plus vulnérable à la corruption et aux réclamations toujours plus exorbitantes de ceux et celles en position de contrôle. En somme, une approche qui cadre bien avec le néolibéralisme où le « tout pour soi » s’impose avec suffisance au « bien commun » des électeurs et électrices tout comme aux « intérêts » des actionnaires.

Pour qui analyse quelque peu ce milieu des hautes directions se rend vite compte que les tractations visant les nominations se font en général entre les mêmes personnes. Ils finissent par former un club fermé qui protège ses acquis, tout en cherchant à en augmenter la valeur. Pour eux, ils sont d’excellents gestionnaires qui savent exploiter la situation en leur faveur.  Pour leurs commettants, il faudra souvent repasser. Ce n’est pas l’intelligence qui leur manque, bien au contraire, ils en ont à revendre. Je dirais que c’est plutôt leur passion de servir le Bien commun et les intérêts de leurs commettants avant de se servir eux-mêmes.

QUE SE PASSE-T-IL DANS LES PAYS ÉMERGENTS DE L’AMÉRIQUE LATINE?

Dans la majorité de ces pays, Bolivie, Équateur, Nicaragua pour ne citer que les plus importants, les salaires et conditions  de travail des élus (es) ont été ramenés à des proportions rejoignant la moyenne des revenus et conditions de travail de la classe moyenne. De plus, ces gouvernements ont fait voter des lois anti-corruption très sévères, de quoi  désister à toute tentation de corruption.

Or ces pays ainsi que leurs Sociétés d’état ont résisté à la crise mieux que les pays développés. C’est que leurs dirigeants ne sont plus là pour empocher tout l’argent qui est à leur disposition mais pour apporter à la société des rendements de nature à améliorer leurs conditions de vie. Le critère d’embauche et d’élection n’est plus l’argent, mais les valeurs et les motifs de servir au mieux de ses connaissances et capacité une société et des entreprises qui doivent tous servir le Bien commun de la Société. En 2010, Chavez a nationalisé la Banque du Venezuela que les propriétaires s’apprêtaient à vendre à une banque espagnole. Vous pouvez voir en direct comment Chavez a réagi et comment les richesses d’un pays doivent servir le peuple vénézuélien. (video sous-titré en français). Récemment, lors d’une autre conférence il a déclaré qu’en moins de deux ans la nouvelle banque de l’État  avait renfloué en totalité les argents invertis pour l’acheter.

Il faut croire que, cette nouvelle approche fonctionne, puisque des candidats compétents se présentent en nombre suffisant pour combler les postes et pour servir avant de se servir.

Nous sommes loin de ce que Jean Charest est en voie de réaliser avec son Plan Nord, véritable transfert au privé d’une richesse nationale. Lire à ce sujet ce qu’en écrit José Legault:  »

« Traduction: le premier ministre fait de l’économie SA priorité. Du moins, présumée. Ce qui nécessitera, par contre, de faire oublier aux électeurs – les vrais propriétaires des ressources naturelles – qu’ils n’auront pas droit à un partage équitable des bénéfices, lesquels s’annoncent pourtant gargantuesques. Mais surtout pour les gazières, minières et pétrolières de ce monde. »

Je pense que le  temps est venu de briser ce mythe que seul l’argent peut attirer les compétences. Il faut plutôt se préoccuper, dans le choix de nos représentants et de nos cadres, de leur capacité de servir sans attendre des conditions de travail blindées, inaccessibles au commun des mortels que sont les peuples. La cupidité comme force motrice de développement ne saurait conduire à une humanité à visage humain. Il faut faire appel aux valeurs morales et aux qualités humaines et professionnelles pour combler des postes dont l’objectif est de servir les citoyens et citoyennes ou encore les actionnaires de tous les milieux.

« « L’idéal, c’est quand on peut mourir pour ses idées. La politique, c’est quand on peut en vivre ! » Nombre de nos élus ne renieraient pas cette boutade signée Charles Péguy.

Oscar Fortin,

Québec, le 26 février, 2012

http://humanisme.blogspot.com

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Financement des maladies?

Après Centraide, que doit-on inventer?

Combien de campagnes de financement existe-t-il pour les différentes maladies? Cancer du sein, fondation des maladies du coeur, cancer tout court, alzheimer, fibrose kystique, l’hôpital du coin, l’hôpital de la région…

Raymond Viger Dossier Santé 

La réalisatrice Léa Pool avec son documentaire L’industrie du ruban rose: la couleur de l’argent, questionne ouvertement l’industrie du marketing qui semble utiliser à outrance les victimes du cancer du sein pour ramasser de la grosse argent, mobiliser des tonnes de bénévoles et faire participer médias et entreprises dans le soutien de l’industrie du ramassage d’argent.

Centraide a été créé pour regrouper les différentes campagnes de financement des organismes communautaires, éviter les dédoublements et permettre d’atteindre de meilleurs résultats.

Est-ce que nous devrions créé un Centraide pour les différentes maladies et parties de notre corps qu’on peut mettre en marché?

Un Centraide des maladies:

  • Pour nous assurer que les argents ramassés vont au bonne place.
  • Pour nous assurer qu’il n’y a pas de graissage de pattes dans le parcours de cet argent.
  • Pour nous assurer des bons investissements dans la recherche pour trouver des remèdes.
  • Pour rendre imputable ceux qui reçoivent ces grosses sommes d’argent.

Parce que les victimes de ces maladies:

  • Veulent des remèdes et des traitements.
  • Veulent que leurs enfants ne subissent pas le même sort qu’eux.

La question qui tue

Puisque toutes ces levées de fonds permettent en théorie le financement de la recherche pour les nouveaux médicaments, est-ce que les royautés et les brevets des médicaments trouvés appartiennent aux citoyens qui les a payés ou aux entreprises pharmaceutiques qui se font payer pour les trouver?

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De la retraite dorée à la retraite brûlée

Gaëtan Pelletier

«Certaines personnes pensaient aller jouer au golf à la retraite, dit Mme Hudon. Ils vont plutôt aller au mini-putt!» Plus de cheveux blancs sur le marché du travail

***

Durant l’Antiquité, l’Empire romain sous Auguste ne parvient plus à payer les retraites de ses légionnaires (une prime de démobilisation d’un montant équivalent à une dizaine d’années de soldes). Le consul Caius Marius en 23 av. J.-C. propose à Auguste de faire passer de 16 à 20 ans le nombre d’années de service militaire obligatoire. L’empereur crée en plus le Trésor militaire, caisse de retraite des légionnaires approvisionnée par une taxe de 5 % sur les héritages et de 1 % sur toutes les ventes. Wikipedia.

***

Pour vivre à l’aise à la retraite, il faut avoir amassé l’équivalent d’un million de dollars, avancent certains experts. La valeur de votre maison, de votre chalet, de vos placements… Tout compte fait, l’objectif n’est peut-être pas aussi irréaliste qu’il le semble à première vue. Évidemment, si vous vendez votre maison à 65 ans, vous devrez dépenser pour vous loger. Et un million, dans 10 ou 30 ans, ne donnera pas le même pouvoir d’achat qu’aujourd’hui. Mais qu’à cela ne tienne, voici combien il faut épargner, sous toutes les formes, pour « peser » un million de dollars à 65 ans*. Car un million, ça ne change pas le monde, sauf que… L’Actualité

C’était en 2010. On peut pousser  un soupir de soulagement,  cette semaine en voyant une capsule aux nouvelles de TVA : 500,000$.

Le petit couple

Même s’ils n’ont pas de caisse de retraite d’employeurs, les Doucet-Tremblay essaient tant bien que mal de ne pas s’inquiéter pour l’avenir. Parents de deux jeunes garçons, ils ont investi toutes leurs économies dans l’achat d’une maison à Alma, il y a un an. Leur revenu familial de 30 000 dollars par an ne leur donne aucune marge de manœuvre financière, et encore moins les moyens de cotiser à un REER.

 

« Je ne serais pas étonné d’être plus pauvre que mes parents une fois à la retraite : je suis déjà plus pauvre qu’ils ne l’étaient à mon âge ! » constate Louis-Michel Tremblay, chargé de projets outre-mer en coopération internationale. « Les régimes de pension ont été conçus par les boomers, pour les boomers. Et comme contribuables, nous finançons les retraites des autres, alors que nous, nous n’avons rien ! » Source

Pour les boomers? Un boomer, c’est probablement quelqu’un qui n’a pas connu des ennuis avec Wall Street et le changement vicieux des corporations, sorte d’impérialisme d’affaires venu brouiller les cartes. Le temps des motorisés et des ciels de la Floride tirent à leur fin.

Elle est ici la réalité. En deux ans, le prix de l’essence a fait un bond de 20%, ( et c’est loin d’être terminé) le prix des aliments également, hausses de taxes, prix des maisons ( doublé en 10 ans), etc.

Il n’y a que les téléviseurs et les ordinateurs dont les prix  en baisse… La qualité également… Et autres gadgets avec lesquels on ne peut pas se faire de sandwich.

Le salaire moyen au Québec,  en 2011,  a été de 42,190$.

Les paperassiers évaluent un investissement de 8,800$  par an pour vous préparer à une retraite  à partir  de 35 ans. ‘D’autres, indiquent un pourcentage de 18% de votre salaire à partir de 30 ans. Tout cela dans une visée de 70% de vos revenus.

Un enfant coûterait environ 250,000$ à « élever »… Avec deux, vous flambez votre retraite…

Oui, ils vous diront que vous n’économisez pas assez. Mais ils ne placent pas dans leurs chiffres la variabilité des revenus. Il est connu que la mobilité d’emploi et les changements au cours d’une vie, seront de plus en plus nombreux. Ni les chômeurs qui travaillent à temps partiel, ni les employés de service qui sont au salaire minimum.

Ce qu’ils ne disent pas non plus c’est que depuis 40 ou 50 ans, avec l’arrivée de la mondialisation et des changements dans les structures économiques et sociales,  tout a été chambardé.

Le pouvoir d’achat a été charcuté. On délocalise les usines et on sabre dans les retraites des anciens employés. On ne l’avait pas vu venir… Comme le 40$ milliard de la Caisse de Dépôt… La tempête parfaite de GH Rousseau. Non, on n’a pas vu venir la crise systémique. Étonnamment, ceux qui y ont participé ne l’ont pas vue venir.

Qui plus est, ce qu’on veut vous vendre, ce sont des cartes de crédit pour secouer l’économie. Ce que vous avez de plus, vous devez le dépenser pour faire rouler l’économie. Soyez pauvres, mais dépensez… Sinon le pays sera…plus pauvre.

On se retrouve en face d’un endetté qui doit économiser…

Ding!

Jeffrey

La mine d’amiante Jeffrey, c’est le Grand Canyon de l’Estrie : un trou assez important pour loger les trois quarts du Plateau-Mont-Royal, et au bord duquel s’étend la modeste ville d’Asbestos. Gaston Fréchette, 72 ans, a trimé dur à la mine pendant 40 ans. « De jour, de nuit, on travaillait tout le temps, en se disant qu’on allait avoir une belle retraite », raconte ce petit homme volubile. Lorsque la mine Jeffrey s’est mise sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), il y a sept ans, la rente de cet ancien contremaître électricien a chuté du tiers. Chaque mois, c’étaient 850 dollars de moins dans ses poches, soit plus de 60 000 dollars au fil des ans ! Il a aussi perdu son assurance vie, l’entreprise ne pouvant plus en assumer les coûts. « Je ne suis pas le pire de la gang, car j’avais au départ une bonne rente et des économies. Certains ont dû abandonner les voyages, endurer leur vieille voiture, lâcher le golf ou vendre leur maison… » Source


L’ère de la dette

Nous vivons dans une ère où la dette a remplacé l’épargne. Beaucoup vivent au-dessus de leurs moyens. Si l’école enseigne bien des matières, elle n’enseigne pas aux élèves à éviter les pièges de l’endettement et à vivre pour ce que l’on est mais pour ce que l’on a.

À cet effet, il faut lire la série de Patrick Lagacé concernant nos rapports avec l’argent.

En 2000, les Québécois ont fait 110 300 voyages au Mexique; 97 500 à Cuba et 66 600 en République dominicaine.

En 2010? Mexique: 232 900 (deux fois plus); 484 900 à Cuba (cinq fois plus) et 285 100 (quatre fois plus) en République.

Bien sûr, on peut dire que dans le voyage, les prix ont chuté depuis 10, 15, 20 ans, pour mille raisons. «On peut dire: C’est juste 800$ par semaine, c’est pas la fin du monde, c’est vrai, observe Jean-François. Mais quand tu fais 30 000$, 35 000$ par année, c’est une grosse dépense!»

Le hic, note mon anthropologue amateur, c’est que toutes ces petites dépenses qui ne sont pas la fin du monde, elles s’accumulent. «Le kit de golf. La planche de wakeboard. L’essence de ton week-end de motoneige ou de VTT. La Wii. Individuellement, c’est rien. Mis bout à bout…»

Mais, bon, le crédit permet l’accumulation. Au Québec, le taux d’endettement, qui ne suit pas la hausse des revenus, est en croissance: il est de 119%, contre 147% au Canada. «Le crédit, me dit le célèbre économiste Pierre Fortin, a remplacé l’épargne.» Série l’argent: “Je suis ce que j’ai”.

La santé à 67 ans

Si on vit plus vieux, le paperassier oublie qu’on ne vieillit toujours pas en « pleine forme ». À 65 ans, 50% des hommes souffrent de tension artérielle élevée, de problèmes cardiaques, ou d’arthrite. Sur papier, c’est un robot. Dans la vie, c’est un être humain.

Un travailleur confiait récemment que son métier était tellement exigeant qu’il lui était impossible de penser qu’il pourrait l’exercer encore à 65 ans.

Chacun peut  faire de la paperasse

On suggère de commencer à 20 ans. (1)  Si vous prenez votre retraite en 2055, vous êtes au moins parvenu à liberté 2055. Mais que vaudra votre argent à ce moment-là? Si le prix des maisons a doublé en dix ans, une maison de 250,000$ vaudra 1 million de dollars… (2)

Ça, c’est sur papier.

Le plus avantageux est de se payer un toit en 25 ans maximum.

Cela ne peut se faire qu’en achetant une vieille maison aux alentours de 90,000$

Alors, le secret de la recette est la suivante : il faut cesser de bâtir des maisons neuves pour bâtir de vieilles maisons.

C’est probablement le plan que va nous soumettre le prochain parti politique au pouvoir…

_________________________

1-      À 20 ans… Qui donc commence à travailler à temps plein à 20 ans?

Les programmes scolaires sont de plus en plus allongés. Les programmes de techniques sont souvent reportés aux baccalauréats pour faire surchauffer les universités. Le MELS a été confié à des technocrates paperassiers. Depuis, les échecs scolaires sont pelletés en avant et les commissions scolaires administrent les écoles comme des entreprises privées.

2-      La retraite de la classe moyenne a été le plus souvent bâtie sur la propriété acquise lors des années actives. Bref, leurs épargnes, leur régime de retraite est en grande partie dans la valeur de leur maison qu’ils vendent pour pouvoir se payer un petit appartement dans une résidence pour personnes âgées.

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Des maladies au service de l’industrie – Deuxième partie

Le site NEMESIS TV a publié un article et des vidéos sur les maladies à créer qui servent le bien des grandes pharmaceutiques. Les informations qui suivent ont été inspirées de ce site.

Le lien est http://mega-streaming-info/vido/YKKNW4RX472M/Maladies-à-vendre

Résumé

Nous avons vu la semaine dernière que la nouvelle tendance des grandes pharmaceutiques est d’inventer des pathologies sur mesure, préférablement chroniques afin de garantir les retours de leurs investissements et recycler leurs médicaments. Dans les années 1980, les firmes concentraient généralement leurs efforts sut la guérison des maladies existantes. Ce changement de cap n’est pas de la science fiction.

Nous avons vu que cette situation était possible en élargissant les critères dans la durée et les seuils de la définition de la maladie afin que cette dernière soit accessible au plus grand nombre de personnes possibles. Cette tendance nous donne l’impression qu’il est plus simple d’inventer des maladies qui n’existent pas, et par la suite, trouver un médicament pour ces maladies, que l’inverse. Leur problématique étant de développer de nouveaux marchés, les grandes pharmaceutiques ciblent dorénavant leurs efforts non pas sur la maladie, mais sur les marchés de développement.

Nous avons mentionné certaines maladies dont on a élargi passablement les critères afin de recevoir plus de clients, telles le syndrome dysphorique menstruel, la tension artérielle, le taux de cholestérol est les maladies cardiovasculaire et la dysfonction érectile.

 Nous poursuivons aujourd’hui avec d’autres maladies.

LA DÉPRESSION

Les personnes souffrant de dépression sont souvent perçues comme des personnes faibles, qui manquent de courage et d’ambition, qui sont des perdants. Comment faire pour changer cette image afin d’élargir sa définition?

Dans les années 1960-70, relate le Dr Edward Shorter de l’Université de Toronto, l’anxiété était un diagnostic très répandu. La famille des médicaments pour traiter ces troubles étaient le lubrium et le valium et tous les médicaments qu’on appelle les anxiolitiques. Au cours des années 80, on réalisa que ces médicaments rendaient les gens dépendants. Ces médicaments perdirent de leur popularité. La voie était alors libre pour que la dépression entre en place.

Une vidéo marketing conçue par le milieu de la pharmaceutique explique  que la dépression est une maladie et que personne n’est jamais à l’abri.  Le narrateur affirme que cette maladie regroupe plus de 20 millions de personnes en Amérique. On ajoute que les personnes qui, autrefois souffraient d’anxiété, n’étaient pas réellement anxieuses, car elles souffraient plutôt de la dépression, une maladie causée par un déséquilibre de la sérotonine, mais que les médicaments proposés agissaient comme des vitamines qui allaient remonter le niveau de leur sérotonine.

Les symptômes

Le Dr Jérome Wakefield explique que tout le monde peut reconnaître les symptômes de la dépression. Le diagnostic de la dépression se fait à partir de cinq symptômes sur une liste de neuf pendant une période d’au moins deux semaines, soit tristesse, perte de plaisir et d’appétit, de concentration dans les tâches habituelles, si la personne est assaillie de pensées morbides, s’il y a ralentissement dans ses mouvements, alors elle est probablement sur le chemin de la dépression. Donc, bien des gens peuvent ressentir ces symptômes de tristesse, de perte d’appétit, de fatigue pendant plus de deux semaines après toutes sortes de stress ou d’une épreuve.

Le problème est que ces critères ne sont pas uniquement utilisés par des spécialistes qui sauraient  faire la différence entre une perte normale éprouvante dans la vie (mort d’un proche, perte d’un emploi) et une véritable maladie de la dépression. Le réel problème est que ces critères sont tellement déifiés dans le monde médical qu’ils sont devenus la définition même d’un désordre mental. Cinq symptômes c’est assez arbitraire, mais des personnes qui ont moins de cinq symptômes peuvent aussi faire une dépression minime.

Ainsi, il est facile d’embarquer les gens dans une direction où tout épisode de tristesse dû à une période difficile devient une occasion d’être traité médicalement.

 Voici un exemple personnel. Une amie de ma fille a perdu son père l’automne dernier. Elle est allée voir son médecin. Il lui a proposé des antidépresseurs pour traverser cette épreuve. La jeune femme a refusé, jugeant normal qu’elle pleure pendant un temps son père qu’elle adorait.

LA BIPOLARITÉ

À la fin des années 90’ on parlait de la famille d’antidépresseurs appelés inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine.  L’industrie arrivait en bout de brevet. Cette dernière faisait face à un problème. Elle pouvait inventer une nouvelle classe de médicaments plus efficaces et informer les médecins que les patients qu’ils traitaient pour dépression pourraient bientôt bénéficier d’une nouvelle source de médicaments – qu’elle n’avait pas encore trouvée – bien plus efficaces.

Le Dr Wakefield explique que la stratégie choisie par l’industrie pharmaceutique fut de reproduire ce qu’elle avait fait vingt ans avant quand elle avait transformé les patients anxieux en patients déprimés. Cette fois, l’industrie allait convaincre les patients déprimés qu’ils étaient en fait bipolaires.

Ceux qui souffrent de bipolarité (psychose maniaco-dépressive) vivent un véritable cauchemar quand ils sont dans leur phase descendante. Les thymorégulateurs de l’humeur ont démontré leur efficacité, tels les sels de lithium, et plusieurs autres. Des contrôles sanguins sont par contre nécessaires et ces médicaments ne sont pas sans effets secondaires. Le lithium peut affecter la thyroïde, alors que l’olanzapine favorise le diabète.

Les gens en général reconnaissent la nécessité pour les véritables bipolaires de prendre des médicaments pour leur permettre d’être plus stables et heureux dans leur vie et pour ceux qui les entourent.

Cependant, l’élargissement des critères de la bipolarité créé par l’industrie des chercheurs a conduit à la classification suivante :

  • trouble bipolaire qui correspond à la maniaco-dépression classique
  • trouble bipolaire 2
  • trouble bipolaire 3
  • trouble bipolaire 4
  • spectre bipolaire

Sans connaître les nuances entre les différents troubles bipolaires, il est facile d’en déduire qu’il y a des dépressions (ou maniaco-dépressions) diagnostiquées moins fortes, selon une échelle de grandeur de 1 à 4. Et enfin, si vous ne vous classez pas parmi ces quatre catégories, il reste toujours le spectre bipolaire qui vous guette à tout moment si vous vous sentez déprimé, et qui pourrait bien faire de vous, selon le monde médical, un dépressif nécessitant de consommer des médicaments.

Dans la vidéo sur la maladie de la dépression, il est fortement recommandé aux gens de tenir un carnet de leur humeur. Ceci laisse à penser qu’une telle courbe décrite par le carnet d’humeur au cours d’une journée est la première indication d’un trouble bipolaire, car selon des spécialistes, il est important de traiter les maladies avant qu’elles ne deviennent plus sévères. Une vérité, à première vue, qui risque d’être mal comprise et conduire à l’abus.

Est-ce à dire que les gens bientôt n’auront plus la possibilité d’exprimer leurs émotions, mêmes celles qui sont anxieuses et douloureuses?

AU JAPON, LA DÉPRESSION S’APELLE DORÉNAVANT «LE RHUME DU CŒUR ou de l’ÂME».

Une jolie expression brillamment trouvée par des experts en marketing à la solde de l’industrie pharmaceutique, expression poétique et pure, qui connecte bien avec la culture japonaise. Autrefois, les Japonais considéraient la dépression comme une maladie rare. La perception des Japonais vis-à-vis la dépression a été élargie, car après tout, elle n’est qu’un rhume du cœur ou de l’âme.

Une vaste campagne de marketing s’est faite au Japon, très bien menée il faut le dire. Les Japonais avaient besoin de reconnaître véritablement que la dépression était plus fréquente qu’ils ne le pensaient et que personne n’en était à l’abri, même les gens importants et faisant partie du pouvoir.

Lorsque des vedettes publiques furet interviewées sur leur maladie, les Japonais commencèrent à voir les choses autrement, je suppose. Surtout lorsque l’Impératrice de la Cour impériale a confié qu’elle souffrait elle aussi de dépression et qu’elle était soignée pour cette maladie. L’industrie ne pouvait rêver de meilleure notoriété pour la cause, à part l’Empereur lui-même.

Dans une vidéo qui s’adresse au peuple japonais, le narrateur souffle : «Si vous êtes déprimé plus d’un mois, consultez votre médecin.»

 Évidemment, beaucoup de personnes craignent que les industriels ne s’arrêteront pas avant que chaque homme, chaque femme, chaque enfant consomment leurs médicaments. Dans cette ruée vers l’or pharmaceutique, les psychiatres japonais ne souhaitent pas cette tendance, mais il sera très difficile d’arrêter le changement créé dans la population et la présence médiatique des pharmaceutiques.

Le contrôle

90 % des essais cliniques sont financés par les industries pharmaceutiques! Il serait vain de prétendre que les pharmaceutiques n’essaient pas d’influencer les médecins dans leur choix des médicaments à prescrire à leurs patients. Parce que les médecins se fient beaucoup aux expériences et preuves scientifiques, les industries pharmaceutiques ont le plus grand intérêt à les courtiser et à les convaincre. De nos jours, c’est ainsi, mais dans les années 1980, par exemple, il n’y avait pas ce genre de lien entre les médecins et les pharmaceutiques.

LE MAL DE DOS

M. Antoin0e Videl, membre de la Haute Autorité de la Santé, a vu un spot publicitaire à la télévision concernant le mal de dos. Lui-même souffrant de maux de dos, il s’est intéressé à ce qu’on voulait lui offrir. Il alla sur le site DOS AU MUR pour en vérifier les informations.

On parle de standardite ankylosante. Dans la vidéo, il est expliqué que la personne en souffrant ressent le soir un mal de dos, de la fatigue, et au matin, a du mal à se déverrouiller. M. Videl en entendant ces commentaires se dit que ce sont justement les symptômes dont il souffre. Les symptômes décrits sont en toute sorte assez banals, si bien qu’on appelle ce mal LE MAL DE DOS DES JEUNES!

Sur une vidéo, on voit clairement l’affiche PFIZER/DOS AU MUR, qui montre un médecin parlant de sa société savante et expose que 150 000 personnes sont atteintes par an du mal de dos. M. Videl  poursuit sa recherche, car il vient d’entendre les mots peut être invalidant – ce qui crée la peur chez lui en entendant ces mots. Heureusement, dit le représentant de Pfizer, il existe un traitement. Et bonne nouvelle, le traitement est même remboursé par la Sécurité sociale en France.

On oublie de mentionner les effets secondaires considérables, pas encore analysés par manque de recul, mais qui peuvent avoir des répercussions cardiovasculaires et être un facteur de cancer. M. Videl ajoute que le coût est de 1 880 Euros par traitement! Il a finalement décidé de ne pas prendre le traitement.

Montage volontaire d’une fausse campagne publicitaire sur les flatulences et un médicament pour les traiter

Dans une vidéo, Mme Sandra Van Nuland de l’Institut néerlandais qui s’occupe d’étudier l’impact des pharmaceutiques sur le monde, parle de l’objectif de l’Institut qui est de réduire leur influence afin d’aller vers une prise de médicaments plus rationnelle, car les pharmaceutiques réussissent à faire peur aux gens, ce qui leur permet de vendre facilement leurs médicaments.

Madame Van Nuland s’est amusée. Car elle eu l’idée de monter – du pur bidon – une fausse campagne publicitaire sur les flatulences et les ballonnements! Même sa fille jouera un rôle fictif dans le film. La scène se jouera à l’école où elle a malencontreusement des flatulences pendant le cours, et où elle reçoit ouvertement le rejet de ses compagnes.

Le narrateur de la vidéo dit :  «Une personne sur quatre souffre de flatulences et de ballonnements. Prenez ce médicament pour enrayer vos symptômes.»

 Une jeune femme les bras entourant des ballons court librement dans les champs, heureuse et soulagée, image de libération suite à la prise du médicament proposé.

Mme VanNuland explique que l’équipe a rendu visite aux médecins au cours de la campagne. Ceux-ci ont tous gentiment accepté d’afficher les dépliants sur les flatulences et les ballonnements dans leur bureau ou de les déposer sur des comptoirs de présentation. Aucun n’a posé de questions sur la recherche et le nouveau médicament. Tous ont trouvé que c’était une bonne suggestion d’offrir un tel médicament. La confiance régnait à 100 %, il va sans dire.

Par la suite, l’équipe de travail a communiqué avec les dirigeants des émissions de divertissement et d’informations télédiffusées. L’équipe a demandé s’il était possible de parler de leur produit sur les flatulences. La réponse fut unanime, ce fut OUI.

Entre autres, le film montre un homme qui parle à sa femme le soir avant de se coucher de sa gêne en raison des flatulences qu’il a. Sa femme le comprend, et lui conseille de voir le médecin le plus tôt possible. On voit par la suite le patient dans le cabinet du médecin qui pointe le dépliant sur les flatulences.

Un peu plus, on pourrait en rire! Le ridicule ne tue pas.

POLY-PILULE

Ici, on nage dans la créativité d’une science-fiction, qui je l’espère, ne se réalisera pas.

Le Dr Jeremy Green de l’université Harvard dit que la première fois que la poly-pilule a été annoncée fut en 2003 dans le British Medical Journal. La préface de l’éditeur stipulait que c’était l’article le plus important que le BMJ avait jamais publié. À ce moment, l’idée de la poly-pilule était complètement théorique.

L’auteur de l’article suggérait que plutôt que de tester systématiquement la population pour l’hyper-tension, pour le cholestérol, pour le diabète, pourquoi ne pas tout simplement donner à toute la population au-delà d’un certain âge une seule pilule qui pourrait soigner toutes ces maladies en même temps. Dans sa forme théorique, la poly-pilule comprenait un diurétique, un méta-bloquant, un inhibiteur, de l’acide folique et de l’aspirine. L’idée était de combiner en fonction des bénéfices et des effets secondaires des uns et des autres pour que tout soit bien équilibré.

Et ainsi, affirmait l’auteur, on pourrait diminuer le taux de mortalité des maladies cardio-vasculaires de 88 % tout simplement en prescrivant cette pilule à toute la population de plus de cinquante ans.

Vous serez peut-être étonnés, mais cet article a tout de suite généré un grand enthousiasme. Des centaines de gens ont écrit au journal pour leur confirmer que si une telle pilule existait, ils la prendraient sans aucune hésitation.

Certains suggéraient même une poly-pilule aussi pour la femme pour réduire le risque du cancer du sein et une autre pour l’homme pour contrer la prostate.

La médecine est-elle devenue folle?

Le Dr Jérome Wakefield s’interroge : la médecine est-elle devenue folle? Elle a en tout cas perdu le sens de ce qui est un risque raisonnable.

Il faut se souvenir de la phrase du Dr F. Pinel sur la médecine : «C’est bien de savoir donner un médicament pour traiter, mais c’est un art encore plus grand de savoir quand il ne faut pas en donner.»

LES MÉDECINS

Les médecins sont des êtres extraordinaires, ils font un travail remarquable la plupart du temps. Nous ne pouvons pas nous passer d’eux.

Je les admire et les respecte.

Ils sont indispensables dans notre société. Il faut se rappeler toutefois qu’ils sont des êtres humains, et qu’il ne faut surtout pas les déifier, en faire des dieux. Ce sont des êtres humains qui peuvent se tromper.

Il ne faut pas non plus hésiter à demander un deuxième avis et à écouter son intuition. Je crois que la collaboration entre les deux parties est indispensable. Le bon médecin sait écouter sont patient quand il lui décrit ses symptômes, et le bon patient sait écouter consciencieusement les explications médicales de son médecin.

Gardons l’oeil ouvert!

Carolle Anne Dessureault

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LA CRISE ÉCONOMIQUE – LA CHINE – L’AFRIQUE ET L’EUROPE

 

 

La semaine dernière nous avons entrepris la publication de cette étude d’économie politique contemporaine en quatre volets portant sur la crise économique permanente qui frappe le monde contemporain. Nous partons d’une observation élémentaire : en synchronie, il y a d’un côté une nation prospère qui s’enrichit en nouvelle Arcadie (la Chine) ; un peuple qui vit dans un pays qui fait crédit et investit. De ce côté-ci une puissance ascendante qui étend son influence avec patience et consistance ; exporte ses marchandises et importe des matières premières qu’elle transforme en plus-value et qu’elle revend aux plus offrants.

 

De l’autre côté on observe une panoplie de puissances déclinantes, hargneuses et impatientes, qui importent tout ce dont elles ont besoin (ou presque) ; qui réempruntent pour payer l’intérêt de leurs dettes ; qui ne produisent presque plus rien ; des pays soumis à l’inflation lancinante, au chômage endémique, au crime social dépravant, à la révolte véhémente des ouvriers face à la méchanceté vindicative des affidés voués aux gémonies. De ce côté-là manifestation, imprécation et répression des soulèvements populaires contre la vie chère et la misère.

 

Y a-t-il un rapport entre ces deux mondes en synchronie et quel est-il, voilà notre problématique. Cette semaine nous allons examiner pourquoi des relocalisations industrielles similaires produisent des résultats opposés selon qu’elles sévissent en Chine ou en Afrique et quel est le rôle des pays impérialistes en déclin (États-Unis – Europe) dans tout ceci ?

 

LE MODÈLE ÉCONOMIQUE CAPITALISTE COMPRADORE (AFRIQUE)

 

La semaine dernière nous avons présenté la montée en puissance de la République populaire de Chine à partir des premiers actes de son industrialisation foudroyante jusqu’à son émergence sur la scène internationale (1). La Chine n’est pas une force latente, elle est déjà la première puissance industrielle – le premier pouvoir de l’économie réelle – et en passe de devenir la première puissance de l’économie marchande, spéculative et ‘capitalisante’, qui devrait déloger sa dernière concurrente de sa fragile estrade où sa flotte de guerre, son armée de terre et ses dépenses militaires somptuaires la maintiennent encore…précaire (l’Amérique en faillite effectue la moitié des dépenses militaires sur Terre avec de l’argent inexistant, grâce à sa planche à billets inflationniste). La folie guerrière américaine déchainée sous Reagan, amplifiée sous Bush et maintenue sous Obama, tire à sa fin. Un pays capitaliste n’est jamais longtemps plus puissant que son industrie le prétend, comme le Japon et l’Allemagne l’ont appris à leur dépend.

 

Quand les impérialistes américains et européens – trusts industriels, multinationales manufacturières et consortiums financiers – ont commencé à délocaliser leurs usines d’Occident pour s’installer dans des pays de pauvretés aux salaires de misère, sans bénéfices marginaux, sans sécurité sociale, sans charges fiscales, sans normes environnementales, sans sécurité d’emploi et sans sécurité sur les chantiers et en ateliers – autant de contingences qui ont un coût qui se répercute sur la valeur de la force de travail, sur le prix de revient des produits finis et sur les taux de profit en définitive –.  Les commis voyageurs de la relocalisation et de la sous-traitance industrielle ont parcouru le Bengladesh, la Corée, le Viet Nam, la Thaïlande, l’Indonésie, Taiwan, le Pakistan, le Sri Lanka, la Chine ainsi que certains pays d’Afrique. Tous ces pays ont « bénéficiés » des investissements « bienfaisants » de l’Occident. Pourquoi ces investissements n’ont-ils laissés que misère dans nombres d’aires d’Orient et d’Afrique et pourquoi ces placements ont-ils permis à la Chine d’amorcer son « Take off » (décollage) industriel et économique ?

 

C’est que dans plusieurs de ces pays investis par l’impérialisme occidental la bourgeoisie nationale s’est transformée en bourgeoisie capitaliste compradore chargée :

 

A)     d’administrer les usines ;  de recruter la main d’œuvre à exploiter dans les « sweat-chop » locales ; de construire les infrastructures portuaires et de transport pour faire sortir soit la matière première brute soit les produits ouvrés à faible composition organique en capital (marchandises exigeant un fort apport en capital variable – beaucoup de force de travail – et un faible intrant en capital constant – peu de machinerie) (2).

B)      d’assurer le maintien de l’ordre – la paix sociale – et réprimer dans le sang toute résistance du prolétariat local et des travailleurs en général, qui se rebellent parfois contre leurs conditions d’exploitation infernales.

 

Parfois, les différentes puissances impérialistes occidentales se disputent le contrôle d’une faction ou d’une autre parmi cette bourgeoisie compradore d’où les incessantes révoltes – « révolutions », guerres carnassières, soulèvements régaliens, tueries tribales (Gbagbo – Ouattara,  Kadhafi – CNT, al-Assad – CNS, Kabila-Tshisekedi, Wade et opposants)  jusqu’à ce que le potentat local gagnant soit celui adouber, qui par la France, qui par le Royaume-Uni, qui par les États-Unis, qui par la Russie, qui par la Chine, qui par l’Iran, etc. (3).

 

Pour ces multiples services rendus aux puissances étrangères la bourgeoisie mercenaire, larbins politiques et thuriféraires financiers, empochent prébendes, petits bénéfices, commissions illicites et valises de devises… Ces miettes tirées de la plus-value ouvrière extraite en néo-colonie ne sont jamais suffisantes pour construire une industrie lourde et une industrie des machines-outils conséquentes, ce que la métropole coloniale n’accepterait pas de toute manière. Si bien que plus de vingt ans après le début des transferts, ces pays ateliers sont toujours aussi déprimés. Pires, les salaires de famine, qui suffisent à peine à subvenir aux besoins élémentaires des familles indigentes, ne permettent même pas de constituer un marché national consistant qui pourrait permettre le développement d’une économie marchande importante sur laquelle les bourgeoises africaines pourraient s’appuyer pour prendre leur décollage économique national. La situation est différente en Amérique du Sud où une puissance impérialiste régionale – le Brésil – est parvenue à amorcer son « démarrage » et aujourd’hui le prolétariat brésilien a l’insigne honneur d’être exploité par la bourgeoisie brésilienne, parlant portugais, et faisant affaire dans le tiers-monde – pauvre parmi les pauvres (4).

 

Au début de ce processus de relocalisation (1989) et de sous-traitance industrielle de grande ampleur, les usines occidentales, relocalisées au Sénégal par exemple, rapatriaient en métropole l’ensemble de la plus-value spoliée aux ouvriers sénégalais sous-payés, car en métropole les rendements sur les placements boursiers, sur les prêts aux particuliers, sur les bons du trésor gouvernemental étaient alléchants et donnaient de bons rendement sans risque ni faux fuyant. Nous vivons sous le règne du capital financier, il ne faut pas l’oublier, et le capital de risque est sans cesse sollicité pour envahir le champ de la production industrielle, ou alors le champ de la spéculation foncière (construction
domiciliaire, industrielle, commerciale, gouvernementale et  d’affaires) ou encore le champ de la spéculation boursière, du crédit à la consommation et autres formes d’exploitation usuraire. Le rendement le plus intéressant attire l’investissement (5).

 

Le « Take off » sénégalais fut donc remis sine die et la bourgeoisie sénégalaise compradore, spoliée de « sa » plus-value ouvrière, demeura enchaînée à « ses » ouvriers trop pauvres pour acheter les produits bon marché fabriqués sur place dans les « sweat chop nationaux ». Impossible dans ces conditions de développer un marché régional pour absorber une production nationale quelconque. Il en est de même pour un pays comme la République du Congo qui voit partir ses métaux précieux non transformés, donc très peu porteurs de plus-value ouvrière et sans grande valeur marchande (6). Impossible dans ces conditions de développer une industrie lourde congolaise à l’abri de barrières tarifaires protectrices. Nous reviendrons plus loin sur ces notions de barrières tarifaires et d’économie post-industrielle (7).

 

LE MODÈLE D’ÉCONOMIE CAPITALISTE CHINOIS

 

La République populaire de Chine en décida autrement et la bourgeoisie nationaliste chinoise, s’appuyant sur le plein contrôle de son appareil d’État, imposa cinq règles de base aux capitalistes occidentaux, japonais, taiwanais et coréens qui souhaitaient relocaliser leurs usines  en Chine (8). Ces cinq règles visent toutes à conserver sur place le « patrimoine de plus-value nationale ».

 

Premièrement, la plupart des entreprise étrangères souhaitant se relocaliser ou sous-traiter en Chine doivent établir un partenariat avec une firme chinoise qui règle générale possède la majorité du capital-actions de l’entreprise en copropriété. Ceci assure que la majorité de la plus-value absolue produite dans cette entreprise restera propriété des chinois, base de leur capitalisation et du développement des grands conglomérats qui aujourd’hui menacent les entreprises occidentales.

 

Deuxièmement, une entreprise qui s’installe en Chine doit assurer un transfert technologique source de plus-value relative (gain de productivité).

 

Troisièmement, une entreprise est invitée à introduire en Chine ses ingénieurs et ses ouvriers spécialisés mais elle doit aussi embaucher des ingénieurs et des ouvriers spécialisés chinois. La société Bombardier a décroché un contrat de fabrication de fuselage d’avion en Chine. Aujourd’hui, la société chinoise COMAC produit et commercialise l’aéronef ARJ-21 concurrent de la série C de Bombardier, présentant un merveilleux fuselage très aérodynamique. Voilà comment la Chine récupère la plus-value relative  (ingénierie) produite par « son » prolétariat national.

 

Quatrièmement, certains secteurs industriels sont exclus des investissements étrangers importants. Ce sont les secteurs des ressources naturelles (mines, forêts, agriculture, pêches et énergie) ; la Chine ne souhaite pas devenir un fournisseur de matières premières non ouvrées – comme les pays dépendants d’Afrique le sont devenus – et voir la plus-value absolue de « ses » ouvriers  s’envoler vers les paradis fiscaux « Off –shore ». Les secteurs de l’armement militaire et de l’aérospatial sont exclus des investissements étrangers pour des raisons évidentes. Les secteurs de l’industrie lourde tels fonderies, aciéries, alumineries, chantiers navals, base stratégique du développement économique en régime capitaliste ne sont pas ouverts au partenariat. Ce ne sont pas les services, l’« industrie du savoir » (sic), la consommation et le commerce, la finance et la bourse qui assurent le développement d’une économie impérialiste comme l’a prouvé le développement américain le siècle précédent et comme le prouve le développement chinois présent ; ce sont l’industrie lourde et l’industrie des machines-outils (production des moyens de production). C’est d’ailleurs ce qui explique la puissance industrielle, économique et financière exceptionnelle de l’Allemagne dans l’Union européenne. La Chine le sait et elle se réserve ces secteurs industriels.

 

Cinquièmement, toute entreprise implantée en Chine doit payer taxes, impôts et redevances  selon les lois en vigueur dans le pays ce qui assure une source d’accumulation de plus-value que l’État capitaliste monopoliste chinois utilise ensuite pour assurer la construction des infrastructures d’exploitation (routes, ports, barrages, canaux, aéroports, etc.).

 

Enfin, la hausse régulière du salaire minimum et le rehaussement contrôlé de la valeur du Yuan (monnaie nationale) assurent la croissance du marché national, assise définitive du développement impérialiste chinois qui tente présentement de se libérer de sa dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs états-unien et européen.

 

La Chine utilise sa monnaie (le yuan) comme entrave à l’importation – barrière tarifaire et mur anti-dumping qui ne dit pas son nom –. La valeur du Yuan est maintenue artificiellement basse ce qui rend les produits importés très coûteux pour les chinois continentaux et décourage leur commercialisation. Cette politique protectionniste a un coût cependant : 1) le niveau de vie des chinois est maintenu artificiellement bas et ; 2) les prix des matières premières importées dont est si gourmande l’industrie chinoise sont élevés. Enfin, dernière conséquence de cette politique volontariste c’est que la valeur du yuan ne peut que s’élever avec le temps, si bien que chaque épargnant chinois – et ils sont nombreux parait-il – verra ses économies s’apprécier avec les années. Achetez du yuan si vous le pouvez.

 

LIBRE-ÉCHANGE ET ÉCONOMIE DE SERVICES « POST-INDUSTRIEL »

 

Des tas d’économistes vulgaires, engoncés dans leur science économique pré scientifique, nous songeons à l’ex-premier ministre Bernard Landry et ses forfanteries, à Jacques Delors ex-ministre des finances de France, à Jacques Attali qui prédit tout et sa contre-partie, à Michel Rocard, chantre de l’Euro, et à DSK, économiste sans pantalon de triste renom, tous ces laudataires battent la chamade pour expliquer aux prolétaires que l’avenir appartient au libre-échange, à l’« industrie du savoir » (sic), à l’économie des services post-industriels, à la spéculation boursière et aux banques ; que s’endetter c’est s’enrichir ; que les barrières tarifaires entravent le commerce et la richesse… Fadaises redondantes que certains colportaient dans les colloques jusqu’à ce jour du 21 janvier 2008, jour où leur univers « post-industriel » s’écroula ; s’effondra la vacuité de ces billevesées pseudos scientifiques et ne demeura qu’un vaste gouffre financier où disparurent des milliards de chiffons – des actions, des obligations, des hypothèques et des produits dérivés, du papier sans valeur en définitive. Ne subsistèrent que des usines vidées – des forces productives industrielles sous utilisées et des ouvriers, l’armée de réserve des chômeurs et des assistés désœuvrés – inutilisée et sans valeur marchande.

 

Les ouvriers savent déjà que plus ils s’endettent moins ils sont riches et que plus ils travaillent moins ils gagnent et que plus se déprécie leur valeur d’échange et plus s’affaisse le prix de leur survie. Mais ils n’ont aucune prise sur le monde de la finance, ni sur les mécanismes de l’échange, ni sur la propriété privée des moyens de production source de toutes leurs souffrances. Les travailleurs savent, ces damnés de la terre qui vitupèrent, que la démocratie des riches n’est qu’éphémère panacée manigancée par ceux qui ont le fric pour diriger le baudrier électoral.

 

QU’EN EST-IL DE CETTE CRISE INTERMINABLE ?

 

Le modèle d’exploitation impérialiste du tiers-monde fonctionnait pourtant,  et l’accaparement de la plus-value métropolitaine, et la récupération de la plus-value lointaine (néocoloniale) permettaient de compenser les pertes d’emplois productifs suite aux délocalisations industrielles. En « mère-patrie » les emplois se multipliaient dans le tertiaire prometteur, ingénieur, administrateur, superviseur, vendeur, revendeur, grossiste, détaillant, décorateur, dessinateur, informaticien, designer, publicitaire, styliste, modiste, photographe, bookmaker,  artiste, infirmière, enseignant, serveur, maître d’hôtel, femme de chambre, plongeur et tutti quanti, des milliers de métiers différents laissant subodorer que les bases de l’économie capitaliste avaient changé et que maintenant il n’était plus nécessaire de produire des biens tangibles, des produits, des marchandises sonnantes et trébuchantes mais qu’il suffisait de les vendre, de les « monnayer » sur les marchés et de faire du profit avec du vent, en spéculant.

 

En pays impérialistes comme le Canada, la France, les États-Unis, entre 75 % et 78 % de la main d’œuvre active s’active dans le tertiaire et le quaternaire parasitaire à des métiers variés mais qui ne produisent aucune plus-value. Ces gens dépensent la plus-value produite par les 25 pour cent restants de la main d’œuvre œuvrant dans les usines du secteur secondaire et dans les mines, la forêt, la mer et la terre du secteur primaire les bases fondamentales de la richesse sociale.

 

« La plus-value produite par la classe ouvrière ne reste pas tout entière entre les mains des capitalistes exploitant directement les ouvriers dans le procès de production : une partie de cette plus-value passe aux commerçants sous forme de profit commercial, une autre passe aux banquiers sous forme d’intérêts, une autre va dans la poche des propriétaires fonciers sous forme de rente foncière (loyer et hypothèque NDLR) et le reste constitue le profit de l’industriel. La plus-value se divise en plusieurs parties et affecte plusieurs formes : profit (industriel et commercial.) intérêts et rentes. » (9).

 

L’investissement en capital ce n’est finalement que de la plus-value ouvrière spoliée et cristallisée, morte, que le travail ouvrier fait revivre pour produire de la nouvelle plus-value vivante à spolier à nouveau, et à redistribuer à nouveau dans les différentes branches de l’économie.

 

LE CRASH BOURSIER DE JANVIER 2008

 

Revenons au crash boursier survenu en janvier 2008. Tant que les cartels internationaux rapatriaient leurs dividendes (plus-value cristallisée) en métropole (France, États-Unis, Allemagne, Italie, Canada, etc.), l’afflux de capitaux – taxes et impôts sur les bénéfices aidant ; emplois tertiaires étant – l’économie-de-service-et-du-savoir-post-industrielle donnait l’impression de fonctionner normalement, les milliardaires étaient toujours plus milliardaires et toute une couche de petit-bourgeois vivait de la plus-value redistribuée.

 

Un jour vint toutefois où de plus en plus d’entreprises impérialistes occidentales détournèrent une large partie de leurs bénéfices provenant d’outre-mer vers des paradis fiscaux « Off-shore » sans droits ni lois. La moitié des flux financiers internationaux transitent ainsi par ces paradis fiscaux non assujettis aux lois ni au fisc.  C’est que pour le capitaliste il n’est plus financièrement intéressant de ramener la plus-value (sous forme de capital financier) dans les pays endettés d’Europe et d’Amérique et de convertir leurs deniers en dollars ou en euros dévalués. Un premier ministre canadien, donnant l’exemple à ses concitoyens, avait inscrit sa flotte de transport maritime à ce régime fiscal amaigrissant aux Iles Caïmans.

 

Qui plus est, les capitalistes commencèrent à rechigner à payer taxes, droits, redevances et impôts sur l’autre moitié de la plus-value non encore détournée.  Qu’à cela ne tienne, Ronald Reagan, Margaret Thatcher, Bush, Sarkozy et Harper, suivis de tous les politiciens poltrons des environs firent amende honorable, et s’amorça une vague de cadeaux fiscaux pour riches aigris sous prétexte de libérer le crédit afin de créer des emplois, que l’on cherche encore de surcroit.

 

Les emplois industriels producteurs de plus-value continuent d’être délocalisés vers les pays de misère et les travailleurs des pays impérialistes en déclin continuent d’aller grossir les rangs de l’armée de réserve des chômeurs et des assistés, si bien qu’au lieu de rapporter des impôts et des taxes ces ex-travailleurs coûtent à la collectivité alors que les riches menacent de fuir le pays si on leur retire le pont d’or fiscal qu’ils se sont octroyé. C’est ainsi que l’on construit des budgets toujours plus profondément déficitaires.

 

L’État d’une puissance en déclin est confronté à un dilemme cornélien : les riches ne veulent pas payer ; les ouvriers ne peuvent pas payer ; la plus-value importée s’est éclipsée ; les dépenses gouvernementales sont incontrôlées ; les dépenses militaires se font somptuaires pour réprimer ; les emprunts pharaoniques sont contractés à des taux léonins et  l’usurier financier  attend sa proie dans l’antichambre de l’Élysée, de la Maison Blanche et du 10 Downing Street  muni d’une offre que le politicien bourgeois ne peut refuser, comment échapper à sa destinée ?

 

Comme si ce drame épique d’un monde en déclin ne suffisait pas, voici s’avancer la super puissance industrielle et commerciale des Hans, d’une ampleur et d’une vigueur que vous ne pouvez soupçonner. Un milliard d’ouvriers à exploiter grâce aux technologies les plus sophistiquées jamais imaginées. « Quand la Chine s’éveillera le monde tremblera » écrivait le romancier.  Le dragon est déjà éveillé et il brasse les cartes et refait la donne sur l’ensemble de l’échiquier. Ce n’est pas l’incident du onze septembre 2001 qui a chamboulé le monde c’est le rugissement du dragon qui redéfinit l’équilibre industriel, économique, politique et financier.

 

Le diable de la finance, à qui l’État capitaliste a vendu son âme, attend à la porte du parlement, de la Chambre des représentants le kilogramme de chair qu’on lui a promis contre un instant de de survie… l’heure avance et il s’impatiente…

 

LA SEMAINE PROCHAINE : PEUT-ON RÉINDUSTRIALISER L’AMÉRIQUE  ET L’EUROPE !

 

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(1)    http://www.legrandsoir.info/la-chine-puissance-imperialiste-triomphante.html

(2)    Le capital constant est représenté par la valeur des moyens de production (bâtiments, machines, matières premières, énergie, etc.) qui n’est que de la plus-value cristallisée et réinjectée dans le processus de production de plus-value. Le capital variable est la valeur de la force de travail engagée dans une usine (que les économistes bourgeois appellent le salaire et les bénéfices marginaux) mise en jeu dans la production de la plus-value élargie de cette entreprise. La composition organique du capital est le rapport entre ces deux composantes. Une manufacture fabriquant des chemises nécessitera beaucoup de main d’œuvre (capital variable) et produira beaucoup de plus-value absolue alors qu’une aluminerie entièrement mécanisée (à fort capital constant –  ces machines-outils coûtant très cher) produira plus de plus-value relative et aura une forte composition organique en capitalhttp://fr.wikipedia.org/wiki/Plus-value_%28marxisme%29

(3)    La plupart des bourgeoisies compradores africaines n’ont jamais véritablement contrôlé  l’appareil d’État, ni les leviers financiers fondamentaux. Qu’il suffise de rappeler que quatorze pays de la zone Francafrique utilisent le Franc CFA, assujettis à l’Euro, une monnaie gérée, administrée et contrôlée par la Banque de France. Des bases militaires étrangères quadrillent toute l’Afrique. Aucune base militaire étrangère n’occupe le sol de la Chine continentale.  http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article5453

(4)    Quelques états comme Taiwan, la Corée du Sud et la République Sud-africaine sont parvenues à tirer leur épingle du jeu.

(5)    La démonstration vaut pour la France, le Royaume-Uni, le Canada, l’Allemagne ou pour d’autres pays impérialistes.

(6)    « Quelle est l’origine de cette plus-value ? Elle ne peut ni venir du fait que l’acheteur a acheté les marchandises au-dessous de la valeur, ni du fait que le vendeur les a revendues au-dessus de la valeur. Car, dans les deux cas, les gains et les pertes de chaque individu se compensent, puisque chacun est tour à tour acheteur et vendeur. Elle ne peut provenir non plus du vol, puisque le vol peut sans doute enrichir l’un aux dépens de l’autre, mais il ne peut pas augmenter la somme totale possédée par l’un et l’autre, non plus, par conséquent, que la somme des valeurs circulantes en général. »  http://fr.wikipedia.org/wiki/Plus-value_%28marxisme%29

(7)    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/libre-echange-et-mondialisation-108283

(8)    Vincent Gouysse. Le réveil du dragon. Septembre 2010. www.marxisme.fr

(9)    L. Ségal. Principes d’économie politique. Éditions sociales internationales. 1936. P. 54.

http://www.marxisme.fr

 

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Les petits secrets du commerce des fourrures!!!

 

Les petits secrets du commerce des fourrures.

Nous savons tous que la France s’intéresse au Canada exclusivement à cause de la traite des fourrures.  Par conséquent, l’appui à la colonisation est des plus superficiels. Cet état de fait oblige les colons, qui ne s’agrippent pas aux jupes des autorités sur place, à survivre de leurs propres moyens.

S’installe donc, au Canada, deux systèmes de traite des fourrures qui opèrent en parallèle. L’un fournit les profits visés par la royauté et la compagnie française, et l’autre permet la survie des colons canayens.

Pour comprendre les deux systèmes de traite, on doit considérer le réseau hydrographique de la Nouvelle France, seul moyen d’accès vers l’intérieur des terres.

La principale partie de ce réseau hydrographique, se centralise à Montréal. Le fleuve St-Laurent vers les grands lacs, la rivière Outaouais vers le nord-ouest et la rivière Richelieu vers le lac Champlain. Cette partie du réseau servira principalement à la traite « officielle »  opérée par les autorités à partir de Lachine. Mais elle ne sera pas du tout « boudée » par les « entrepreneurs privés » que sont les « coureurs de bois » qui, simplement, ne feront que passer devant Lachine sans s’y arrêter pour remonter le St-Laurent. Ils passeront également par la rivière des prairies ou celle des Mille îles pour se rendre à la rivière Outaouais.

Une autre partie du réseau consiste en toutes les rivières de la côte nord du St-Laurent qui se jettent dans le fleuve. C’est-à-dire, entre autres, le Saguenay, la Batiscan et la St-Maurice; où la traite des fourrures est très active jusqu’en 1780. Cette partie du réseau se retrouve aux mains des colons qui font tous leurs achats en « peaux de castor ». D’ailleurs, au début et pour assez longtemps, la traite se fait principalement autour du lac St-Pierre, face à toute la région du sud de Trois-Rivières.

Ce dernier réseau de traite ne sera jamais vraiment inquiété par les autorités puisqu’il permet aux colons de survivre. Celles-ci se contenteront d’essayer d’enrayer la compétition des coureurs de bois qui, eux, se rendent partout en Amérique du Nord, bien avant les « explorateurs » officiels. En quelque sorte, la traite officielle s’accapare constamment des régions déjà « occupées commercialement » par les « entrepreneurs privés ». C’est d’ailleurs pourquoi les autorités demandent toujours l’aide des coureurs de bois pour les guider dans leurs explorations. Même La Vérendrye n’osera pas prendre la chance de se priver de leur aide.

Cette tentative d’enrayer le commerce des « coureurs de bois » fera que ceux-ci, au lieu de vendre leurs pelleteries à Montréal, iront les vendre à New York, Boston et Albany, avec un profit quatre fois supérieur. Ils passent par le Richelieu qui peut difficilement être contrôlé à partir de Montréal ou Québec. À cause de ces prix avantageux, les « coureurs de bois » ne sont pas obligés de remplir plusieurs canots de marchandises pour faire la traite efficacement. Quelques barils de clous, quelques douzaines de « pierres à battre feu », quelques haches, couteaux, barils de poudre noire et balles de plomb, sont suffisants pour justifier pleinement leur voyage. D’autant plus qu’au niveau de la qualité, il n’y a que la « poudre à fusil » venant de France qui est un produit supérieur à celui des Anglais. Pour le reste, les produits anglais sont préférés. Par exemple, il existe sur le marché, une couverture française qui résiste beaucoup moins longtemps que la couverture anglaise qui, elle, se vend deux fois moins cher. C’est pour ces raisons, qu’il y aura toujours de la contrebande entre la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre.

Ceci dit, le réseau officiel de la traite des fourrures est sujet à beaucoup de disputes et de « coups fourrés » de la part des représentants envoyés de France pour « administrer » la colonie. Il est facile de comprendre que leurs intérêts personnels se confrontent constamment. Le malheur est que certains « Canayens », ayant réussit à se tailler une place dans la traite officielle, seront toujours spoliés de leur profits par les autorités en place. Très peu s’en tireront avec les honneurs. Nous y reviendrons bientôt.

Nous avons tous l’impression que ce sont les Français, venus  au Canada, qui apprirent « le commerce » aux amérindiens,  établissant ainsi un certain élan « civilisateur ». C’est définitivement, une très fausse impression. Un réseau de commerce existait depuis des millénaires chez nos amérindiens supposément « non civilisés ».

Il est évident pour tous, que chacune des régions habitées par les « sauvages » possède sa particularité au niveau des moyens de subsistance. De sorte que, les Abénakis échangent du gibier, du poisson, des paniers tressés et parfois des canots avec les Iroquois qui eux, fournissent divers produits végétaux. Hé oui, les Iroquois font beaucoup d’agriculture parce que leur territoire s’y prête merveilleusement. Ils échangent leurs produits agricoles également avec les Algonquins de Virginie. Ceux-ci échangent des herbes médicinales nombreuses dans le sud du continent. Ils commercent avec les Neutres  et les Iroquois. Les Ojibways des Grands Lacs troquent leur minerai de cuivre avec les Algonquins. Les Micmacs fournissent la nacre à plusieurs tribus pour faire les wampums tellement précieux et indispensables. Les Naskapis échangent l’écorce de bouleau même avec les Inuits contre des peaux de phoques. Tous ces produits voyagent parmi toutes les nations amérindiennes à travers tout le continent au moyen d’un système de troc très bien structuré.  Les Français n’ont fait qu’introduire leurs gros sabots dans ce réseau d’échange. C’est ce qui se produit, lorsque Champlain se permet de combattre les Iroquois avec ses Algonquins. Il déstabilise tout le réseau commercial sans le savoir, et se concède la haine des Iroquois pour des décennies à venir, parce que ceux-ci risquent de perdre leur position dans la chaine du réseau. D’un autre côté, les « coureurs de bois » respecteront toujours ce réseau de traite en s’y introduisant sans lui nuire, tout en l’enrichissant de nouveaux produits. C’est encore une autre raison de l’amitié développée entre eux et les autochtones.

La traite officielle se fait à Montréal. Théoriquement, tous les habitants peuvent commercer avec les indiens qui y apportent leurs fourrures. Mais rapidement, on installe un endroit particulier où se déroule « la foire de Montréal ». Évidemment, les autorités s’installent aux meilleurs endroits et s’approprient des meilleures fourrures. Vous l’aurez certainement deviné, la méthode pour obtenir un bon emplacement est de recourir au bon vieux « pot de vin ». Et qui dit « pot de vin » dit : déboursé d’argent. Mais pour ce faire, il faut en avoir sous la main. Ce que l’habitant ordinaire n’a pas.

Le gouverneur de Montréal, François Perrot, ira jusqu’à  obliger ses soldats à amener les amérindiens à sa boutique et à son magasin ouvert. Il place un garde au seul pont d’accès du terrain, ayant ordre de ne laisser passer que ses amis et ses domestiques. Les habitants de Montréal devront se contenter des restes. Le gouverneur Perrot est tellement radin que les Sulpiciens nous racontent :

Il est maintenant le temps de voir les démêlés subis par l’un de nos grands marchands français devenu « canayen » très jeune :

En 1685 décède Charles Le Moyne de Longueuil

Charles arrive au Canada en 1641 âgé de 15 ans. Il vient de Dieppe en Normandie. Pendant quatre ans, il se « donne » aux Jésuites en Huronnie où il côtoie les amérindiens et apprend les langues indiennes. Il devient alors « Canayens » comme tous les autres qui ont vécu la même expérience que lui auparavant. Par contre, contrairement aux autres, il ne laissera pas tomber  ce désir de devenir prospère pour faire sa marque dans la société canayenne de l’époque. Cette particularité est probablement due au fait qu’il n’a jamais vécu seul parmi les Amérindiens, étant toujours en présence de missionnaires. Il n’a pas pu découvrir que la richesse n’est pas du tout un critère raisonnable pour être heureux et « libre ». En fait, il semble qu’il n’ait pas goûté à cette liberté aussi intensément que la majorité des autres « coureurs de bois ». Il n’est pas vraiment devenu un homme « libre de tout attachement » aux autorités.

Pour expliquer ce sentiment de liberté enseigné par les sauvages, il faut connaître l’opinion qu’un Amérindien à de lui-même. On la retrouve dans une lettre d’Alexis de Tocqueville vers 1831 (remarquez que ce texte date de près de cent ans après l’époque de Charles Le Moyne et que l’opinion des Amérindiens est toujours la même) :

« Ce sont de singuliers personnages que ces Indiens! Ils s’imaginent que quand un homme a une couverture pour se couvrir, des armes pour tuer du gibier et un beau ciel sur la tête, il n’a rien à demander de plus à la fortune. Tout ce qui tient aux recherches de notre civilisation, ils le méprisent profondément. Il est absolument impossible de les plier aux moindres de nos usages. Ce sont les êtres les plus orgueilleux de la création : ils sourient de pitié en voyant le soin que nous prenons de nous garantir de la fatigue et du mauvais temps; et il n’y en a pas un seul d’entre eux qui, roulé dans sa couverture au pied d’un arbre, ne se croie supérieur au président des États-Unis et au gouverneur du Canada. De tout mon attirail européen ils n’enviaient que mon fusil à deux coups; mais cette arme faisait sur leur esprit le même effet que le système pénitentiaire sur celui des Américains. Je me rappelle entre autres un vieux chef que nous rencontrâmes sur les bords du lac Supérieur, assis près de son feu dans l’immobilité qui convient à un homme de son rang. Je m’établis à côté de lui, et nous causâmes amicalement à l’aide d’un Canadien-français qui nous servait d’interprète. Il examina mon fusil, et remarqua qu’il n’était pas fait comme le sien. Je lui dis alors que mon fusil ne craignait pas la pluie et pouvait partir dans l’eau; il refusa de me croire, mais je le tirai devant lui après l’avoir trempé dans un ruisseau qui était près de là. A cette vue, l’Indien témoigna l’admiration la plus profonde; il examina de nouveau l’arme, et me la rendit en disant avec emphase: « Les pères des Canadiens sont de grands guerriers! » (…)

Sous cet « apprentissage » des amérindien, il est plus facile de comprendre le  coureur de bois « Canayen » qui ne se sent pas concerné par les décisions des autorités. Il regarde la politique comme insignifiante face à ses décisions personnelles, et il continue de faire comme il l’entend malgré tout ce qui est décidé autour de lui. Il ne se rebelle pas puisque cela ne le regarde pas; jusqu’à ce que l’on touche à sa famille ou à sa terre. Alors là…

En 1645, Charles Le Moyne est soldat à la garnison de Trois-Rivières et commis en qualité d’interprète. Il est donc déjà un « coureur de bois » amis de d’autres « coureurs de bois ». Cela lui profitera énormément. L’année suivante, il s’installe à Montréal comme l’un des chefs militaire du village avec Pierre Picoté de Bellestre. Ces deux « canayens » sont en constante escarmouche avec les Iroquois de 1648 à 1666 et un livre ne suffirait pas à raconter leurs faits d’armes. Ils seront de tous les combats et seront reconnus pour leur courage et leur adresse.

En 1654 Charles Le Moyne reçoit de Chomedey de Maisonneuve une concession de terre appelée aujourd’hui : Pointe St-Charles. Il reçoit également un emplacement « en ville » rue St-Paul. Il y résidera pendant 30 ans. Cette même année, il épouse Catherine Thierry, fille adoptive d’Antoine Primot et de Martine Tessier. Ils eurent deux filles et douze fils, presque tous célèbres dont l’un, et non le moindre, Pierre Le Moyne d’Iberville.

En 1657 la famille Lauzon lui octroie un fief sur la rive sud de Montréal et en 1673 il reçoit une autre concession à Chateauguay. C’est en 1676 qu’il réunit tous ses fiefs de la rive sud sous le nom de Longueuil. Son nom est maintenant Charles Le Moyne de Longueuil et de Chateauguay. Entretemps, associé à son beau-frère Jacques Le Ber, il devient un marchand de fourrures de plus en plus important de Montréal.

En 1679 il achète le fief Boisbriand appelé Senneville avec Jacques Le Ber. Ils sont associés depuis 1658 date où Le Ber épouse Jeanne Le Moyne, sœur de Charles.

En 1684 il achète le fief de l’île Perrot du Gouverneur dont on a parlé plus haut.

Il va sans dire que tous ces achats de propriétés ne sont pas sans de bonnes raisons ayant trait au commerce de fourrures.

Nous avons vu que le gouverneur Perrot s’appropriait des meilleures places lors de « la foire de Montréal ». Qu’à cela ne tienne, Lemoyne et son beau-frère Le Ber achètent le fief de Senneville, parce qu’il se situe au bout de l’île, sur la route que doivent prendre les amérindiens venants de l’Outaouais, pour se rendre à Montréal. Le gouverneur Perrot peut toujours attendre à Montréal, ce sera à son tour d’avoir les restes.

Perrot cependant possède l’île Perrot qui précède Senneville sur le trajet des indiens. Il y installe donc un poste de traite, en réplique à la tactique de Le Moyne et Le Ber. En 1684, Le Moyne achète également cette propriété de François Perrot, démis de ses fonctions en 1683, pour s’assurer qu’aucun autre marchand ne s’installera à cet endroit avantageux.

Mais le gouverneur Perrot n’est pas le seul « ennemi commercial » des deux beaux-frères. Il y en a un autre très important, appelé le Gouverneur Buade de Frontenac. Comme on peut s’en rendre compte, les marchands « canayens » doivent se frotter à de grosses légumes s’ils veulent une chance de prospérer.

La concurrence de Frontenac avec Le Moyne et Le Ber, date de 1675. L’année précédente, Buade de Frontenac avait donné un bail aux deux Beaux-frères pour le fort Frontenac; mais l’année suivante, il transfère le bail à Cavelier de La Salle qui s’est rendu jusqu’en France et fait jouer ses « contacts » pour l’obtenir. Le Ber qui avait toujours été dévoué à Frontenac, en devient l’ennemi juré. Ils organisent un réseau rival de commerce avec La Chesnaye et Philippe Gaultier de Comporté qui, eux aussi, avaient subis la « politique » de Frontenac. Le groupe deviendra très prospère. Ils seront actionnaires de la compagnie de la baie du Nord en 1682,  avec laquelle Radisson et Desgroseillers auront des problèmes à cause du gouvernement français qui se dit alors, « amis des Anglais ».

Charles Le Moyne de Longueil et Jacques Le Ber seront presque les seuls « Canayens » qui réussiront à se sortir avec succès, de toute cette concurrence déloyale qui contrôlait la traite des fourrures à l’époque de la Nouvelle-France. Les quelques autres y parviendront plus tard, parce que celle-ci passera sous le contrôle de l’Angleterre en 1760 et qu’il n’y a pas d’autres moyens, pour les Anglais, d’approcher les Amérindiens qu’en étant accompagné par des « Canayens ».

Par contre, le colon canayen « coureur de bois » gardera toujours le contrôle de sa partie de ce commerce, même très au-delà de la conquête et même au-delà de la révolution américaine. Il n’en parle pas et se contente de s’installer partout en Amérique du Nord.

Je connais personnellement un trappeur à « temps partiel » qui fait encore ce commerce pour arrondir ses fin de mois, tout autant que par plaisir de la vie en forêt. Il habite St-Hyacinthe dans une très belle maison d’un centre domiciliaire. Il ne parle de sa « passion » qu’avec sa famille et encore, sans insister. Il vit « sa vie » et ses fils développent le même intérêt sans se faire remarquer. En plus, ils ont chacun leur petite entreprise privée, à laquelle ils travaillent la majorité de l’année. Ils gardent, encore aujourd’hui, ce caractère « indépendant » qui leur vient de leurs ancêtres.

Si Napoléon n’avait pas vendu la Louisiane aux USA pour 15 millions, cette puissance internationale n’existeraient probablement pas aujourd’hui; et le Canada serait un « croissant fertile » s’étendant de Québec à la ville de Nouvelle Orléans. Il est également plus que probable que les Amérindiens n’auraient pas subi le génocide qui les ont disséminés.

Il devient difficile de dire que la France eut un impact positif sur l’Amérique du Nord. Malheureusement, l’impact des Canayens ne s’est manifesté qu’au niveau de l’ouverture du territoire sans aucune emprise sur la politique Nord-Américaine. En y regardant d’un peu plus près, on se rend compte que cette politique Nord-Américaine fut très influencée par la Franc-maçonnerie anglaise impliquée dans le commerce international un peu avant l’époque de la conquête. Cette influence se fit sentir tout autant au Canada qu’aux USA.

Mais là, c’est un autre sujet en parallèle, sur lequel je reviendrai peut-être un jour.

Amicalement

André Lefebvre

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Sarkozy, Hollande… le glorieux temps du mécontentement

 

 

 


 

Avec un petit clin d’oeil à Shakespeare et Steinbeck, je vous annonce la fin du monde.  Pas celle qu’auraient prévue les Mayas, celle que n’importe qui peut prévoir, comme on peut prévoir qu’un corps en chute libre va tomber.  La fin du monde dans le sens franchouillard d’une rupture avec cette vieille paire de pantoufles faite sur mesure pour le Grand Charles qu’a été la Ve République… et avec la démocratie qu’on nous a inventée.

C’est que je ne peux m’imaginer un lendemain qui chante à cette élection qui vient, quel que soit le vainqueur.  On peut s’attendre, quoi qu’il arrive, à 70% de mécontents.  Mécontents du résultat, mécontents du systeme lui-même.  Dégoutés des partis, dégoutés des politiques. Ras le bol  des  mensonges, des magouilles… et de la démocratie bidon qui repose sur le contrôle des médias et une corruption omniprésente pour arrondir les angles.

Il y aurait eu une option : une candidature unique, rassembleuse de centre droit.  Mais le Systeme ne voulait ni Villepin, ni Bayrou, encore moins Asselineau… Le Systeme veut l’immobilisme des machines PS ou UMP, celles qui changeront quelques copains, mais ne toucheront surtout pas au copinage.

La France  d’« en-haut »  a fait la pari qu’on pourrait faire un autre tour de piste avant que la musique n’arrête et, jusqu’à maintenant, il semble qu’elle ait eu raison.  La France d’en-bas ronchonne discrètement, mais ne bouge pas. Elle semble résignée à ce qu’il n’y ait pas de solutions aux problèmes, à ce que les inégalités augmentent et à ce que notre société meure faute d’une bonne raison de vivre.

Résignée… mais les sociétés ont parfois des sursauts.  Le mécontentement du lendemain d’un certain jour de mai prochain pourrait être salutaire. On pourrait comprendre d’un seul coup que notre société est à mourir empoisonnées de sa démocratie… et qu’il faudrait lui en donner une autre.  Je parlais déjà l’an dernier d’une crise politique, dans un texte dont je reprends ici certains points, mais qu’il serait bon de lire.

Pas une crise politique dans le sens d’un choix entre un homme ou un autre, entre un programme de gauche et un programme de droite, mais une crise de la politique elle-même. Une remise en question, non pas tant des hommes et des procédures pour déterminer qui exerce le pouvoir – même s’ils ont leur importance – que de la façon dont la gouvernance se définit, de ses limites et de ses modalités d’exercice.

En apparence, il semble y avoir un consensus pour la démocratie. Qui vous a dit du bien, récemment, du fascisme, du stalinisme, du despotisme éclairé, de la monarchie absolue ou que quelque forme de gouvernance autre que la démocratie ? La DÉMOCRATIE occupe seule tout l’espace correct du débat politique. Tout le monde ou presque est convaincu des mérites de la démocratie. On est pour la démocratie ou l’on est un monstre.

Il y a un consensus en faveur de la démocratie. Évidemment, le consensus s’arrête là. Parce que, lorsqu’on a dit ” démocratie ” et qu’on a applaudi, le consensus se brise. Il éclate dès qu’on tente de répondre à quelques questions pourtant simples, mais bien embêtantes, comme ” Qu’est-ce que la démocratie ? “, ” Quel type de démocratie ? ” ,” Quelles sont les conditions minimales pour qu’on soit bien dans un régime démocratique ? ” etc. etc…

Ces questions agacent, parce qu’elles nous confrontent à cette réalité choquante que si l’idéal démocratique comme concept règne sans rival sur les coeurs et les esprits, celle-ci ne règne en fait nulle part ailleurs. La démocratie est un projet de société qui reste à bâtir.

Peut-on parler de démocratie, quand certaines options de gouvernance disposent, pour se faire connaître et vanter leurs mérites, de moyens financiers qui sont 100 fois ceux de leurs concurrents et que l’accès de ceux-ci aux médias est, avec les premiers, dans le rapport du zéro à l’infini ? Même les conditions matérielles pour un choix démocratique n’existent pas. Triste… et ce n’est que le moindre des problèmes de la démocratie…

Supposons une information parfaite, accessible à tous. Peut-on honnêtement prétendre que tous les citoyens ont le bagage de connaissances générales, la culture et l’éducation pour accueillir cette information et la comprendre ? Supposons même que si.  Avons tous une même aptitude fondamentale à penser droit ?  

A connaissances et information égales en arriverions tous à nous former une opinion éclairée et judicieuse ? Faisons un acte de foi et supposons-le aussi. Il n’en reste pas moins qu’une société qui peut fonctionner doit être, par définition, un ensemble de compétences complémentaires.

L’opinion de chacun sur chacune des questions spécifiques auxquelles gouverner exige une réponse a-t-elle la même probabilité de conduire à la décision la plus efficace ? Serait-il raisonnable que mon avocat opine sur le traitement de mon ulcère et mon médecin sur la conduite de mes affaires ?

La volonté populaire nous dira-t-elle avec sagacité, si on doit encourager l’épargne ou la consommation, si la conjoncture internationale et le rapport des forces suggèrent des investissements militaires, si on doit – et si on peut – favoriser un nivellement des revenus, si nous avons les ressources pour un système de santé gratuit et universel, etc. ?

La réalité, c’est que, dans une société complexe, considérant tous les facteurs, il n’y a qu’une seule « meilleure solution » et que ce n’est pas Quidam Lambda, mais des experts qui la connaissent. On peut s’en remettre à la volonté du peuple pour nous dire ce qu’il juge « la meilleure », mais on connaît ses critères. Les réactions du peuple sont prévisibles.

La politique globale qui résulterait de la volonté populaire ne constituerait pas un ensemble cohérent, mais serait au contraire un tissu dense de contradictions. La volonté démocratique de la population serait d’augmenter les services et de diminuer les taxes et impôts tout en remboursant la dette, misant sur un gain d’efficacité qui irait de paire avec une réduction non seulement des effectifs, mais de la charge de travail de chacun…! La quadrature du cercle.

Le peuple veut l’impossible. Le rôle du politicien en démocratie est donc d’abord de faire croire à l’impossible, puis de s’excuser de ne pas l’avoir livré en promettant que désormais il le fera…  Mentir n’est cependant pas suffisant. Pour qu’un État fonctionne, il faut qu’aux choix démocratiques des quidams soient substituées des décisions prises par des experts. Des décisions cohérentes. Efficaces. Le fonctionnariat est là pour ça. Il est choisi, nommé, pas élu.

Quand on dit démocratie, en faisant tout pour exclure toute participation du peuple à la prise de décision, il faut donc comprendre que ce n’est pas SEULEMENT une arnaque pour déplacer le maximum de richesses vers ceux qui ont déjà la richesse et le pouvoir. C’est AUSSI un geste de mansuétude, pour cacher aux enfants chéris du bon Dieu que, non seulement la démocratie n’existe pas, mais que, dans le sens racoleur qu’on a donné au terme “démocratie”, celle-ci est rigoureusement impossible.

La crise actuelle de la politique, c’est qu’une part grandissante de la population prend conscience de cette impossibilité.

La solution ? Il faut accepter que l’individu ne peut pas définir des politiques : il ne peut que choisir celle qu’il veut, entre des options cohérentes qu’on lui présente. La démocratie efficace est donc celle d’un droit de veto.  Pas moins, pas plus.

Si la démocratie efficace ne peut être qu’une sequence de « oui » et de « non », la démocratie vraie, c’est introduire dans la gestion de l’État BEAUCOUP de points de contrôle sectoriels permettant que les citoyens puissent dire démocratiquement ce qu’ils ne veulent pas et, dans le champ de leur compétence, exclure les moyens qu’ils considèrent inacceptables.

C’est cette VRAIE démocratie qu’il faudrait mettre en place. Ceux qui profitent de la situation actuelle ne veulent évidemment pas qu’on en change…  Ils préfèrent faire ce qu’ils veulent …en disant que c’est nous qui l’avons demandé.   Nous n’aurons donc une vraie démocratie que quand le people sera TRES mécontent.  Il le sera peut-être en mai.  Après, on verra…

Pierre JC Allard

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