Archives quotidiennes : 6 mars 2012

Raphael Lambert Closse!!!

 

Raphael Lambert  Closse.

Est-il né en 1618 à Saint-Denis-de-Mogues, comme le dit Marie-Claire Daveluy, ou, est-ce le registre de son mariage qui a raison en disant qu’il est Tourangeau et né en 1615?

-J’opte pour le registre; veuillez m’excuser Marie-Claire.

On dit également, qu’il arrive au Canada en 1647, âgé de 29 ans; mais ce n’est pas certain, il est possible qu’il habite Ville-Marie depuis 1643. Il serait alors arrivé au Canada à l’âge de 25 ans ou de 28 ans selon sa naissance.

– J’opte pour 28 ans.

-Non mais! Quelle constance dans la pensée!!!!

On verra, plus loin, que c’est la chienne de la photo, plus haut, qui indique la date de l’arrivée de Lambert Closse au Canada. (Woof! Woof!)

La qualité de son écriture prouve une excellente instruction et son habilité au combat indique qu’il est de la carrière des armes. D’ailleurs, c’est ce qu’il laisse entendre dans une de ses déclarations au sujet de sa raison d’être au Canada.

Lorsqu’il met les pieds à Montréal, il s’occupe de commerce. On parle évidemment  de commerce de fourrures puisque c’est le seul « business » de l’époque. En fait, Marie de l’Incarnation affirme que Lambert Closse et Charles Le Moyne sont des « amasseurs de fourrures ». On croit déceler une certaine note désobligeante envers « l’appât du gain », dans ce qualificatif. C’est un peu surprenant de la part d’une directrice de la congrégation des Ursulines de Nouvelle-France. Heureusement que nous n’avons pas fait l’inventaire public des biens des Ursulines en 1960.

Nous sommes à la nuit du 30 mars 1644. Les Iroquois s’approchent silencieusement du village de Ville-Marie pour « faire un bon coup ». Évidemment, lorsque je dis « silencieusement », c’est pour augmenter la longueur de l’article; puisque, et on le sait bien, quand un indien s’approche, il est impossible de l’entendre.

Mais nos Iroquois n’ont pas tenu compte d’un petit détail : le sens de l’odorat chez les chiens est entre 10,000 à 20,000 fois supérieure à celui de l’homme; et cela, même si celui-ci est Amérindien (Je parle de l’homme et non du chien).

À leur approche voilà donc cette chère Pilote, chienne de Lambert Closse, qui se met à gronder et grogner pour  donner l’alarme. Closse se réveille, et connaissant sa chienne, va avertir Chomedey de Maisonneuve de la présence d’Iroquois « dans le boutte ». Celui-ci, avec une trentaine d’hommes, va aussitôt se poster dans un boisé pour attendre les Iroquois.

200 « sauvages » se lancent à l’attaque en poussant leur cri de guerre.

Le combat fait rage et, sous le nombre, les Canayens se replient tranquillement vers le fort.

Cependant,  Paul Chomedey, assurant les arrières de ceux qui se replient, se retrouve assez loin derrière les autres. Les Iroquois le reconnaissent et certains se jettent sur lui pour le capturer.

Avec l’énergie du désespoir, Chomedey de Maisonneuve abat plusieurs Iroquois avec ses pistolets.  L’un de ceux qui tombent sous ses coups est le chef de la troupe. Les indiens, médusés,  s’attardent sur le corps, et de Maisonneuve en profite pour entrer dans le fort sans aucune égratignure. L’ennemi se retire emportant avec eux la dépouille de leur chef et les cadavres tombés au combat. Ville-Marie est saine et sauve; mais plus important encore est la morale de cette histoire:

« Pilote, la chienne de Lambert Closse, ne peut pas donner l’alarme si Closse n’est pas encore à Montréal en 1644 ».

Voilà donc un grand mystère historique résolu.

De 1651 à 1656 notre Lambert est notaire et compose 30 actes notariés dont 13 portent sa signature. C’est assez surprenant qu’il ne signe pas tous ses actes notariés; du moins à mes yeux. À ceux des historiens avec des doctorats… je ne sais pas.

Durant sa vie on lui donne le titre de « Sauveur de Ville-Marie ». On dit de lui qu’il a empêché la disparition de la ville. En 1651, il ne reste qu’environ 50 « français » dans le village et De Maisonneuve (ne pas le méprendre avec Casanova) songe à fermer le poste de Ville-Marie. C’est à ce moment que le Major Raphael Lambert Closse reçoit la charge de protéger l’installation. Charles d’Ailleboust  remplace Paul Chomedey de Maisonneuve comme gouverneur intérimaire lorsque celui-ci doit faire un voyage en France pour lever une dernière recrue de colons. De 1655 à 1657, c’est Lambert Closse qui remplace de Maisonneuve. Il encourage Marguerite Bourgeois en faisant graver une plaque de cuivre pour la chapelle de Notre-Dame-de-Bon-Secours.

Ce sont les Iroquois qui lui présenteront sa future épouse d’une façon quelque peu inusitée. On est en 1655 et une escouade d’Iroquois attaquent l’île aux Oies près de Québec, où vit Jean Baptiste Moyen dit Des Granges avec son épouse Élisabeth Le Bret et leurs deux filles, Élisabeth et Marie. Le père et la mère sont massacrés et les deux filles sont amenées prisonnières.

Insatisfaits de leur butin, les Iroquois arrivent à Ville Marie et attaquent le village. Mal leur en prend, parce que Lambert Closse s’occupe maintenant de la sécurité en tant que sergent-major de la milice. À la tête des Canayens  et de quelques soldats, il fait une sortie sur les Iroquois au lieu de les attendre derrière la palissade. Lors de ce coup de main, les Canayens tuent plusieurs « sauvages » et capturent quelques-uns de leurs chefs. Les indiens capitulent aussitôt et proposent une échange de prisonniers. En bon « commerçant » habitué au troc, Closse accepte.

C’est donc ainsi que les jeunes filles Élisabeth et Marie Moyen sont libérée.

À moitié mortes de peur, elles sont prises en charge par Jeanne Mance qui les accueille à l’Hôtel-Dieu. On a déjà dit, plus haut, que Lambert Closse avait énormément de sang-froid. J’imagine que c’est ce qui lui permit que trouver la fille aînée, Élisabeth Moyen, très jolie malgré l’énervement de la bataille. Il rend donc visite aux filles Moyen à l’Hotel-Dieu, et tombe amoureux d’Élisabeth âgée de 16 ans qu’il épouse le 24 juillet 1657. Le vieux « snoro » est âgé de 43 ans. Mais il faut savoir que cela se produisait très souvent chez nos ancêtres.

C’est probablement pourquoi, on dit que les filles deviennent mature plus vite que les garçons. En tous les cas, les nouveaux mariés canayens de l’époque, ressentaient toujours un regain de  jeunesse.

C’est assez étonnant, mais, au mariage de Lambert Closse il n’y a que des témoins italiens : Nicolao Godi, Petro Gadois, Gilberto Barbius et, en fait, tout le texte est en Italien. C’est à n’y rien comprendre.  En voici un aperçu :

Heureusement que j’ai des amis Italiens qui m’ont donné une certaine habitude de cette langue.

À sa mort, le notaire Basset fait l’inventaire de ses biens.

Un fait surprenant est qu’il possède :

Lambert Closse aimait lire.

On trouve également la confirmation qu’il faisait la traite des fourrures. Ce qui peut en surprendre quelques-uns mais n’étonne pas du tout ceux qui connaissent l’économie de l’époque. Voici l’excuse qu’on en donne :

Son dernier fait d’arme l’a laissé sur le terrain.

Le 6 février 1662, Lambert Closse se porte au secours de travailleurs au champ attaqués par une troupe d’Iroquois. Il est accompagné de quelques hommes dont un Flamand, attaché à son service et un autre de ses serviteurs appelé Pigeon. Closse attaque les Iroquois qui ne cessent de tirer sur eux. Tellement que le serviteur Flamand, entendant siffler les plombs autour de ses oreilles, décide d’avoir une crise de Big Mac et s’enfuit du champ de bataille. Voyant cette lâcheté les Iroquois reprennent courage et attaquent de plus belle.

Le dénommé Pigeon, quant à lui, pas plus haut que trois pommes, est déchainé et s’avance au milieu de l’ennemis indemne grâce à sa vitesse et son agilité (Un pu comme Giacomo dans l’ancienne série télévisée: Le Comte de Monte Cristo).

Lambert Closse toujours aussi calme que dans tous ses autres combats abat deux sauvages en tirant ses pistolets. Malheureusement, avant qu’il ait pu les recharger, il est atteint de plusieurs balles qui le couchent au sol (Ce qui n’est jamais arrivé à Monté Cristo qui, évidemment est une fiction. Ce qui explique tout).

Ainsi périt le premier major de la milice Canadienne de Montréal. Il était « coureur de bois » (réformé pour la ville); autrement dit: « Canayen ». Trois autres dits : « Français », mais tout autant Canayens, furent tués lors de ce combat: Jean Lecomte (31 ans), Simon Leroy et Louis Brisson(? ou Cusson) 21 ans.

Amicalement

André Lefebvre

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