Archives quotidiennes : 29 mars 2012

Les conséquences non visibles de la violence

Je désire parler de la manifestation dans le cadre de la journée internationale contre la brutalité policière qui a eu lieu au centre-ville le jeudi dernier 15 mars.

Tout d’abord, je suis triste de voir de telles manifestations tourner à la violence. Je déplore la violence autant de la part des manifestants que des policiers. Évidemment, la brutalité policière contre des personnes – lorsqu’elle est gratuite – devrait être dénoncée et sévèrement punie. Et, entre autres, interdite, l’utilisation de la grenade assourdissante comme moyen de répression. Le policier devrait toujours utiliser une arme ou tout autre objet avec discernement, nous savons tous cela.

Malgré l’article 2 de la Charte4 canadienne qui concerne les libertés fondamentales, Le Code criminel condamne les attroupements illégaux, la violence et le vandalisme. Il y a une éthique à respecter.

D’autre part, il est dans les fonctions des policiers – selon le Code criminel – de procéder à des arrestations sans mandat lors de manifestations, s’ils jugent qu’un individu commet une infraction ou s’il devient un danger pour la population.

Mais, vraiment, vraiment, comment les policiers doivent-ils faire cesser les violences quand celles-ci deviennent des actes barbares? Quand les personnes se transforment en chiens enragés, infantiles, comme des enfants qui cassent les jouets des autres quand ils sont mécontents. JE N’EN SAIS RIEN, MAIS QUELQUE CHOSE DOIT CHANGER.

Il y eut ce soir-là des vitrines brisées, des autos vandalisées. Est-ce une façon de se comporter? Est-une raison parce qu’on manifeste d’utiliser la destruction?

Je ne dis pas que suis pour la brutalité policière, j’affirme seulement que chaque individu doit être responsable de ses actes et respecter la propriété d’autrui. Dans un rassemblement, cela a été prouvé, le niveau de conscience diminue encore plus – on peut se permettre de poser des gestes qu’on ne poserait jamais dans un contexte solitaire, tout simplement parce qu’en groupe, il y a déresponsabilisation. Pensons aussi aux violences qui ont souvent eu lieu dans le cadre de la Coupe Stanley. Ce n’est tout de même pas une cause humaine qu’on défendait!

Généralement, on a tendance à être du côté des manifestants. JE NE SUIS NI POUR NI CONTRE.  Je crois seulement que cette façon de voir tout en noir et blanc – le faible / le méchant – stimule encore plus la violence et la justifie de part et d’autre.

Obtenir ce que l’on veut par la force ne relève pas d’un acte de bravoure.

Il faut que je sois honnête avec vous. Foncièrement, je suis contente que les services de police existent. Ils ne sont pas parfaits, nous le savons tous, mais s’il n’y avait pas de force policière, je me sentirais en danger. Je me sentirais en danger dans une société où le niveau de conscience fond comme neige lorsqu’il n’y a pas d’interdictions. Je me sentirais encore plus en danger de me promener dans la rue, de sortir du métro, d’être volée ou agressée, – ces actes existent déjà, mais je crois qu’ils augmenteraient massivement si la force policière n’existait pas. Si ce n’était de recevoir une contravention quand on ne fait pas son arrêt au coin d’une rue, ou qu’on passe sur une lumière rouge, les gens seraient moins respectueux. Déjà que lorsqu’il n’y a pas de policier autour, certains se permettent de brûler un feu rouge. En autant qu’on ne soit pas vu! L’éthique suppose qu’on respecte les autres et les situations qui pourraient les mettre en danger, même s’il n’y a pas de témoins! On le voit bien, notre société n’est pas encore prête à fonctionner harmonieusement, appuyés sur des valeurs morales.

Peut-être les policiers ont-ils trop de pouvoir, et que plusieurs en abusent, c’est sans doute vrai. Ils ne sont pas tous intègres comme ne le sont pas tous les citoyens.

Le saviez-vous? Mais le fait que la force policière ait droit à l’usage d’une arme dans les cas où c’est nécessaire, remonte à environ 1880 (je ne connais pas l’année exacte). À cette époque, les policiers se promenaient avec des bâtons en bois. Toutefois, que se passa-t-il lorsqu’ils avaient l’obligation d’arrêter un ou des individu(s) qui perturbaient la paix sociale? Ils étaient souvent battus comme des chiens. Bâton contre bâton, et ajout de couteaux ou autres armes blanches, mettait en danger la vie des policiers. La décision d’armer les policiers provient de cette situation, à tout le moins à Montréal.

A-t-on pensé à ce que ressentent les commerçants quand leurs vitrines sont brisées, à la peur qui saisit la population lorsqu’elle entend parler de ces actes?

La violence détruit le meilleur chez l’être humain.

Ce soir-là j’étais à l’urgence de l’hôpital Verdun vers 19 h 30 en raison d’une bronchite, sinusite, amygdalite que je combattais depuis deux semaines. Ma sœur m’accompagnait. Nous avons vu le temps passer, et les ambulances se succéder – assises devant les grandes vitres du bâtiment. Il y avait dans la salle un jeune homme en chaise roulante qui avait fait une chute et n’était plus capable de marcher. Les ambulanciers ce jour-là ont mis quatre heures avant de répondre à son appel. Un homme avait une blessure à la tête, et le sang coulait abondamment. Des enfants pleuraient. Tous étaient fatigués d’être assis sur ces chaises droites inconfortables.

La nuit, à l’urgence de cet hôpital comme dans d’autres, il n’y a qu’un médecin pour soigner ceux qui attendent dans la salle d’urgence et ceux qui entrent en ambulance. Évidemment, les personnes en ambulance passaient en premier.

Le médecin ne fournissait pas, il va sans dire.

Je n’ai vu un médecin que le lendemain à 9 h 30. La nuit fut longue et pénible, mais j’ai eu amplement le temps de réfléchir aux conséquences de la violence et à l’inconfort devant de tels troubles. Un malaise trouble de désolation.

Je rêve qu’un jour la violence ne soit pas autant banalisée. Est-ce possible sans éthique?

Carolle Anne Dessureault


 

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