Archives mensuelles : avril 2012

Lettre ouverte à Messieurs Charest et Nadeau-Dubois

 
 

Il y a 15 ans que j’écris sur la Toile; je le faisais bien avant que le mot «blog» n’existe. Parfois je me répète. Je crois qu’il y a des choses qui méritent d’être redites et je sais qu’une redondance obstinée est la seule pédagogie qui vaille avec ceux qui ont remplacé toute reflexion par la culture en serres de leurs préjugés et leur total dévouement à leurs intérêts personnels. Je vais donc répéter ici des choses que j’ai déja dites. Dites il y a des années et redites il y a quelques semaines.

Je vais résumer beaucoup, ici, parce qu’il y a une crise à régler. Pour les détails, voir ce que j’en écrivais quand il n’y avait encore qu’une solution à apporter calmement à une crise évidente et incontournable qui se préparait, mais que personne ne voulait voir.

Voici.

1, Il faut, dans une société, une éducation générale commune qui serve de socle aux valeurs et à la culture. Une éducation générale commune qui transmette ce qui est prérequis à toute formation spécifique au travail. Ce tronc commun va jusqu’au point où il se scinde et apparaissent des options. La société doit donner gratuitement cette éducation générale à tous et agrandir ce tronc commun pour donner autant que sa richesse le lui permet. C’est ainsi qu’elle s’enrichira davantage et ses citoyens avec elle.

2. Cette éducation générale doit être complétés, cependant, par DES FORMATIONS SPÉCIFIQUES qui sont toutes nécessairementt différentes, puisqu’elles doivent être complémentaires. Ces formations distinctes exigent des aptitudes différentes et confèrent des avantages inégaux. Si la société paye le coût de ces formations, elle donne à certains plus qu’a d’autres, ce qui est fondamentalement INJUSTE. En fait, elle fait payer par le citoyen à revenu moyen ce qui deviendra le fond de commerce de privilégiés qui gagneront parfois plusieurs fois son revenu. Si elle investit dans ces formations au seul vu de ce que réclament ceux qui veulent y avoir accès, elle risque aussi que les compétences acquises ne correspondent pas aux besoins de la population et que les plus importants de ceux-ci demeurent insatisfaits

3. Une solution est que les besoins soient estimés, les capacités de formation ajustées à ces besoins et les admissions déterminées par concours. Mais c’est un processus lourd et il n’est pas certain qu’en l’état actuel de la science nous puissions le conduire parfaitement. Une solution efficace plus facile est que les formations spécifiques soient payées entièrement, chacune au prix qu’elle coûte, par ceux qui en profitent et que l’on fournisse à ceux-ci les prévisions sur les besoins qui leur permettront de prendre des décisions raisonnables, tenant compte de la situation réelle comme de leurs motivations.

4. Cette solution efficace n’est juste, toutefois, que si ceux qui ont le goût et le talent de poursuivre des études n’en sont pas empèchés par un manque d’argent. Il faut donc que quiconque veut poursuivre des études puisse disposer d’un revenu qui lui permette de vivre au-dessus du seuil de la pauvreté tout en assumant le coût de sa formation.

5. Tous les citoyens et les jeunes en particulier ne disposant pas de ce revenu, il faut donc qu’il soit prèté par l’État à l’étudiant. Immediatement. Sans discussions, sans autre condition que de RÉUSSIR les test d’admission puis les examens périodiques qui indiquent sa perséverance dans son projet.

6. Un prêt doit être remboursé. Le prêt consenti pour l’éducation professionnelle et universitaire devrait être remboursé, par celui qui en a profité, en versant un pourcentage de son revenu entre l’âge de 45 et 55 ans. C’est la période de sa vie où sa formation aura produit son plein impact sur son revenu et où ce remboursement aura le moins d’effets négatifs sur ses autres objectifs de vie. Ceux qui auront choisi les professions les plus rémunératrices payeront ainsi davantage… et c’est bien ainsi que les choses devraient être.

7. Il y des détails a régler, dont les pourcentages de remboursement, l’exclusion de cette dette de toute faillite, la participation possible du gouvernement fédéral, les intérêts, qui doivent se limiter à une indexation de la dette (car le but n’est pas d’enrichir les banquiers !), les conditions pour celui qui, apres un échec, voudrait bénéficier à nouveau d’un prêt, etc, etc. Tout ça est négociable… le principe ne l’est pas.

Le principe, c’est que le premier bénéficiaire d’une formation doit en assumer le coût, mais que la collectivité en bénéficie aussi et que la société a donc la responsabilité de rendre effective la demande de ceux qui veulent s’instruire, en leur prêtant ce dont ils ont besoin pour vivre et étudier.

(Notons, en passant, qu’en traitant ainsi la formation comme un investissement, on supprime une dépense énorme et que le budget du Québec se retrouve miraculeusement équilibré… La société y gagne beaucoup)

Ne serait-il pas opportun que les parties en présence nous disent comment elles réagissent à cette proposition, laquelle règlerait cette crise pour laquelle il n’existe présentement aucun terrain d‘entente ?

Pierre JC Allard

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AU QUÉBEC: BRAS DE FER ENTRE INTÉRÊTS OLIGARCHIQUES ET BIEN COMMUN

 
 
 
 

 

Ce qui se passe présentement au Québec est plus qu’une simple manifestation étudiante contre la hausse des frais de scolarité. Cette problématique est plutôt le point de départ d’un questionnement plus fondamental sur nos priorités, la gestion de nos biens, de nos richesses et sur la responsabilité de ceux et celles qui ont le mandat d’agir pour répondre prioritairement aux exigences du bien commun de la collectivité. Pour une grande majorité de cette dernière, l’éducation gratuite, accessible à tous et à toutes, fait partie de ce bien commun. 

Dans la situation actuelle, le Peuple Québécois a le sentiment que nos responsables politiques agissent davantage comme représentants d’oligarchies financières et économiques que comme représentants du peuple. Ils mettent au service de ces dernières les outils de l’État ainsi que ses richesses tout en modifiant subtilement les engagements de l’État à l’endroit des travailleurs, des étudiants, des groupements sociaux, des soins de santé. 

Ce qui se passe au niveau des organisations sociales, des associations étudiantes, des groupes écologiques, des regroupements des travailleurs ne peut être, pour ces gouvernants et oligarchies, que marginal et le produit de quelques radicaux en mal de publicité. S’il y a des déficits, c’est à cause d’eux et s’il faut serrer la ceinture quelque part c’est vers eux qu’il faut se tourner. Leurs manifestations, leurs lamentations n’ont pas de quoi ébranler la sérénité de ces gouvernants qui ont déjà tout pensé à l’avance. Il n’y a donc rien pour prendre la cause de ces contestataires au sérieux et encore moins pour les prendre eux-mêmes au sérieux. 

L’humour cynique de Jean Charest à l’endroit des étudiants et de leurs manifestations en a été une expression sans équivoque. D’ailleurs, le rire de son auditoire n’a fait que confirmer la nature de ceux et celles au service desquels il se met. 

 

Pourtant, des peuples, beaucoup plus pauvres que le Québec et le Canada, ont la conscience sociale suffisamment développée pour assurer « gratuitement et solidairement » l’éducation à tous et à toutes. C’est, entre autres, le cas de Cuba, de la Bolivie, de l’Équateur, du Venezuela, du Nicaragua. Pourquoi ces derniers peuvent-ils le faire et pas nous? 

Une des réponses est que ces peuples se sont dotés d’une constitution, ce qui n’est pas encore le cas pour le Québec, dans laquelle l’éducation et la santé sont inscrites comme des biens essentiels, devant être accessibles à tous et à toutes. Ainsi, l’État a la responsabilité de trouver les ressources nécessaires pour répondre à cette obligation. Pour y arriver, il puise, entre autres, dans les richesses du pays, dans une fiscalité équitable et dans une saine gestion, sans privilèges ni corruption. Lorsque nécessaire, il y a des nationalisations, des prises de contrôle par l’État de certains secteurs de l’économie et des finances. Des mises au pas de certains secteurs habitués à puiser sans contrôle dans la caisse ont été nécessaires. Plusieurs ont poursuivi leur collaboration avec des conditions avantageuses, mais non irraisonnables. D’autres sont partis. Ces pays ne s’en portent que mieux. 

Si les oligarchies financières et économiques ont toujours leur place dans le développement de la société, ce n’est plus en tant que maitres de l’État, mais en tant que participants, au même titre que toutes les autres composantes de la société. Elles sont parties du bien commun, mais elles ne sont pas le bien commun. Leurs intérêts doivent s’y subordonner comme c’est le cas pour tous les autres groupes de la société. La liberté des uns a pour frontière celle des autres tout comme les droits des uns ont pour frontières le droit des autres. 

Lorsqu’on dit qu’il n’y a plus d’argent, que les déficits s’accumulent et qu’on ne peut laisser aux générations à venir le poids des dettes accumulées, a-t-on vraiment fait le tour de toute la question? A-t-on scruté tous les recoins de la fiscalité pour en vérifier l’équité solidaire de tous et de toutes avec la société? A-t-on révisé si les conditions d’exploitations des richesses du Québec répondent aux valeurs réelles de ces dernières et si les montants investis par l’État ont un rendement compétitif aux marchés?   A-t-on regardé de plus près la gestion de nos sociétés d’État, Hydro-Québec, la SAQ et tous les autres services, sujets à l’influence des lobbies et à la corruption? 

Il est facile de couper dans la santé, l’éducation, le social et de laisser aller le navire aux commandes d’oligarchies qui ne demandent pas mieux que de disposer de tous les avoirs. Depuis deux ans, nous parlons de corruption dans à peu près tous les secteurs. Des centaines de millions de dollars s’envolent sans qu’il y ait eu panique dans la demeure. Pourtant les déficits étaient là. 

Pendant que l’État reprend de plus en plus sa place dans les pays du sud, ici, on cherche à en réduire le rôle et l’importance. Les oligarchies savent que l’État est le seul à avoir la responsabilité de répondre aux exigences du Bien commun. Elles ne sont pas trop intéressées à ce que les gouvernants prennent ce rôle trop au sérieux. 

Le principe qui devrait guider les gouvernants est le suivant : l’État autant que nécessaire et le privé autant que possible. En d’autres mots, il revient à l’État de fixer les frontières du privé et de tous les autres acteurs de la société. L’État est le maitre du jeu, non pas pour un groupe en particulier, mais pour l’ensemble de la collectivité. N’est-ce pas lorsqu’un peuple se reconnait dans ses dirigeants et ses politiques que la démocratie prend tout son sens?  Il faut croire que le Québec est encore loin de la démocratie. 

La grève des étudiants marque un départ important pour exiger les réformes qui s’imposent dans tous les secteurs de la gouvernance de l’État. Le Peuple Québécois doit s’approprier les outils d’un État indépendant et souverain et se donner une constitution qui déterminera ses priorités et les voies de son développement. Les gouvernants devront s’y soumettre tout comme l’ensemble des groupes et des personnes composant la société.

 

Oscar Fortin

Québec, le 23 avril 2012 

http://humanisme.blogspot.com

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Paul Arcand et le documentaire Dérapages

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Vitesse au volant chez les jeunes

Dérapages, sortie en salle le 27 avril

Paul Arcand part en tournée pour présenter son 3e documentaire Dérapage.

Raymond Viger Dossier Alcool et drogue, Cinémas films et télévision

Le 3e documentaire de Paul Arcand, Dérapages, sera en salle le 27 avril prochain. Sous le thème de la vitesse au volant et l’alcool chez les jeunes, Paul Arcand nous présente les conséquences des gestes irréfléchis des jeunes au volant. Course automobile et les différentes conduites automobiles dangereuses sont aussi passées sous la loupe de Dérapages.

Évitant les experts et les autorités moralisantes, Paul Arcand donne la parole aux jeunes.

Paul Arcand, accompagné d’une victime, Claudia Di Lorio, était présent dimanche dernier à l’émission Tout le monde en parle de Guy A. Lepage pour faire la promotion de son nouveau documentaire Dérapages.

Si Reflet de Société avait voulu se lancer dans les documentaires, c’est le genre de documentaire que nous aurions voulu produire. Je profite de cette occasion privilégiée pour féliciter M. Paul Arcand pour le ton qu’il donne à ces documentaires et les thèmes qu’il choisi. En 2005, Les voleur d’enfance traite des enfants de la DPJ.  En 2007, Paul Arcand s’attaque aux racket pharmaceutique avec Ordonnance. Le 27 avril prochain nous retrouverons Dérapages qui nous présente les jeunes et leur conduite automobile.

Ce qui est intéressant de souligner c’est que pendant que le gouvernement et ses différentes Sociétés d’État dépensent des millions en campagne de publicité pour sensibiliser, sans succès, les gens, Paul Arcand sort un documentaire comme Les voleurs d’enfance et fait entrer 1,7 millions au box office.

Les questions qui tuent

Qui a dit que ce n’est pas payant de faire de la prévention?

Au lieu de dépenser des millions en campagnes publicitaires qui n’atteignent pas leurs objectifs, pourquoi ne pas donner cet argent à des Paul Arcand qui sont capables, non seulement d’atteindre les objectifs de sensibilisation, mais en plus d’avoir un retour sur investissement?

Bande annonce de Dérapages de Paul Arcand.

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Illégal

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« La manifestation est déclarée illégale » titrait pompeusement LaPresse.ca. Mais qu’est-ce que la légalité d’une manifestation ? À la base, le simple fait de bloquer une rue, ou même de s’attrouper, n’est-il pas illégal ? Si on applique la loi à la lettre, je suis sûr qu’on pourrait arrêter à peu près n’importe qui, que ce soit pour avoir craché par terre, traversé au feu rouge, bloqué la circulation… Pourquoi cette fois-ci est-elle différente ?

À la base, une manifestation constitue un geste de défiance. C’est illégal par essence parce qu’on sort du cadre législatif pour entrer dans un pur rapport de force. D’un côté, le gouvernement ; de l’autre, la rue. D’un côté, la loi ; de l’autre, des milliers de manifestations. Alors oui, manifester, c’est faire la lutte à la légalité, c’est cesser d’être un individu pour devenir une collectivité.

Au sein d’une société normale, équilibrée, ce geste de défiance est assimilé, c’est-à-dire qu’il est toléré. On décide d’appliquer une vision élastique de ce qui constitue la légalité parce qu’on a compris que les conséquences d’un tel refus seraient pires que celles d’une entrave temporaire à la circulation. On a compris qu’on a davantage à perdre d’interdire une brève entorse à la légalité que d’appliquer la loi d’une manière plus stricte.

Ce qui se produit aujourd’hui constitue un changement important : de plus en plus rapidement et de plus en plus facilement déclare-t-on une manifestation illégale. Le message lancé est le suivant : on ne veut plus vous entendre, on ne veut plus vous tolérer. Sous prétexte de quelques « casseurs », on pénalise les milliers de citoyens qui font valoir le droit fondamental de toute démocratie : celui de manifester.

Ce geste de fermeture policière suit exactement le geste de fermeture de la ministre, qui a exclu la principale organisation étudiante gréviste de soi-disant négociations où, selon Martine Desjardins de la FEUQ, celle-ci n’a été présente qu’une heure sur quarante. Cette fermeture suit également une intensification de l’utilisation de l’appareil judiciaire par des sous-fifres du Parti Libéral qui considèrent que le fait de ne pas donner un cours serait un geste « illégal ».

La vraie question devrait être : veut-on vivre dans un monde légal ?

Sérieusement, veut-on de ce monde où tous les rapports sociaux se résument à la légalité ? Un monde d’avocailleux et de politichiens qui, plutôt que de gérer les excès propres à toute expression de la volonté collective, se font les serviteurs de l’ordre imposé par une élite individuelle et égoïste ?

J’ai toujours trouvé folklorique le slogan usé lancé dans les manifestations : « La police, au service des riches et des fascistes ! ». Les dernières semaines, et plus spécifiquement les derniers jours, me poussent à voir les choses différemment. L’intransigeance des forces de « l’ordre », l’intransigeance gouvernementale, l’intransigeance des gosses de riches mwa-mwa, tout ceci me laisse un arrière-goût d’une société qui ne me plaît pas du tout.

Légale ou pas, je préfère une manifestation violente, expression de l’exaspération et de la colère légitimes d’une génération méprisée et infantilisée par le gouvernement, à une société de loi et d’ordre où les seuls rapports sociaux sont la résultante des rapports de force individuels et où toute forme de liberté collective est écrasée sous le poids de désirs égoïstes propulsés par le rouleau-compresseur de la droite économique.

Louis Préfontaine

Repris du site http://ledernierquebecois.com/

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Les grands singes … nos cousins! (1)

Les grands singes qui seront traités dans cet article sont principalement le chimpanzé et le bonobo.  Mon texte s’inspire de sources diverses et surtout des écrits du primatologue Frans de Waal «Le singe en nous».

Une série d’articles suivront dans les prochaines semaines sur les points que l’homme a en commun avec les grands singes, le cerveau de ces derniers et celui de l’être humain, ainsi que l’évolution  ou l’involution de nos espèces respectives.

Introduction (Fiction)

Nous sommes au Zoo de Granby dans la Vallée des gorilles, habitat qui tente de reproduire les forêts tropicales de l’Afrique où vivent les gorilles en liberté.

Nous sommes en juillet. Il fait chaud. Il est midi, l’heure du déjeuner pour plusieurs visiteurs. Le site est plutôt calme. Un vent balaie la chaleur de temps à autre transportant une fraîcheur bienvenue. Le gorille à demi-allongé n’est pas très loin de la grille de l’entrée. Il observe avec passivité la petite famille collée aux clôtures, qui l’observe avec passion.

C’est papa le plus excité. Il fait des signes au gorille, se frappe la poitrine, lui dit d’avancer. Muni d’un long bâton, il agace l’animal, essaie d’atteindre ses pattes. Celui-ci reste immobile, masse énorme trapue, tout en le scrutant de ses yeux noirs brillants comme des billes de verre. Le fils se tient près de son père tandis que la petite fille s’accroche à la jupe de sa mère. Les deux enfants regardent la grande bête devant eux, fascinés, en léchant leur crème glacée aux mûres.

«Viens, approche, espère de gorille! Viens voir papa.»

Papa a beaucoup de plaisir à faire le singe devant le singe.

«Viens, viens donc, montre-moi que tu n’as pas peur», répète l’homme en atteignant enfin une de ses pattes.

Il jubile, saute presque, et dans un geste inconscient, remonte son pantalon en même temps que ses parties génitales.

«C’est assez…. Il y a un gardien pas loin je le vois venir …. Arrête», implore sa femme en surveillant l’animal qui vient d’émettre un grognement significatif.

Le fils regarde son père avec admiration. Papa rit. Il jette le bâton et file avec sa petite famille sur ses pas, fier de sa démonstration de bravoure.

Oui, papa est très bon quand il détient le gros bout du bâton.

Un même ancêtre

Tout le monde sait maintenant que nous ne descendons pas du singe comme on l’a longtemps cru. Nous ne descendons pas du singe, tout simplement parce que nous avons partagé le même ancêtre, Pan, que les grands singes. Nous sommes des cousins. Bienvenue dans la famille! Et rappelons-nous toujours : on peut sortir le singe de la jungle, mais pas la jungle du singe!

Les grands singes sont des primates de grande taille, dépourvus de queue. Ces deux traits isolent la famille des humains et des grands singes (apes) – appelés hominoïdes – des autres singes (monkeys). Parmi les grands singes, nos plus proches parents sont les chimpanzés et les bonobos, aucune de ce deux espèces, par ailleurs, ne se rapprochant plus de nous que l’autre.

Si nous descendons tous de l’ancêtre Pan, une espèce peut avoir conservé une plus grande partie de ses traits que l’autre. Toutefois, affirme Frans de Waal, il est impossible dans l’état actuel des connaissances, de dire laquelle. Prenons pour acquis que le chimpanzé et le bonobo, à ce moment-ci, offrent les meilleurs modèles ancestraux de l’homme, quoique fort différents.

Les humains ont partagé un même ancêtre au cours de leur évolution La lignée humaine s’est écartée de l’ancêtre Pan il y a quelque 5,5 millions d’années en empruntant une voie différente. Les chimpanzés et les bonobos quant à eux se sont séparés du tronc commun il y a 2,5 millions d’années, mais ne se sont pas éloignés de la lignée Pan (ils sont restés en ligne droite). Ayant divergé plus tôt, soit il y a 7,5 millions d’années, le gorille est plus éloigné de nous, de même que le seul grand singe asiatique, l’orang-outan, qui a quitté le tronc il y a 14 millions d’années.

Quelques caractéristiques physiques sur les grands singes

Les grands singes nous ressemblent tant qu’on les qualifie d’«anthropoïdes». Le chimpanzé, avide de pouvoir et brutal, contraste avec le bonobo pacifique et érotique. Ce qui ne signifie pas que l’un est toujours brutal et l’autre pacifique.

Ce sont deux modes de fonctionnement différents. On pourrait simplifier en disant que le chimpanzé utilise le pouvoir pour avoir du sexe alors que le bonobo l’utilise pour maintenir l’harmonie et régler les conflits. Les bonobos font l’amour, pas la guerre. Ils sont les hippies du monde des primates.

A) LE CHIMPANZÉ PAN TROGLODYTES (qui habite des grottes)

Le chimpanzé a une grosse tête, une nuque épaisse et de larges épaules. Il donne l’impression de lever des haltères tous les jours dans un club de gym. Le chimpanzé est d’aspect bourru, ambitieux, obligé de composer avec son tempérament susceptible.

Le chimpanzé a une taille d’environ 1,6 mètres et pèse quelques 70 kilogrammes. Ses bras font une fois et demie son corps. La femelle est plus petite que le mâle. Le chimpanzé communique avec la vocalisation, les expressions du visage. Il a tendance à toucher la personne avec qui il veut parler. C’est un animal très intelligent. Il est capable d’utiliser des outils simples, un bâton qu’il trempe dans une fourmillère pour que les fourmis montent dessus, et qu’il va par la suite manger.

À QUATRE PATTES, le chimpanzé prend appui sur les articulations des doigts, a le dos courbé à partir de ses épaules puissantes.

LE CHIMPANZÉ HABITE les forêts équatoriales humides de l’Afrique. Espèce protégée, mais menacée.

B) LE BONOBO PAN PANISCUS (nain)

Le bonobo se signale par une apparence plus intellectuelle que le chimpanzé (si on peut s’exprimer ainsi) avec un thorax mince et un cou délié. Ses jambes sont plus longues que celles du chimpanzé. Style capillaire particulier : des cheveux longs et noirs, nettement partagés par une raie au milieu.

Le bonobo est plutôt égalitariste, adepte d’un style de vie hédoniste. Les bonobos sont une bande de joyeux lurons dotés d’un solide appétit sexuel.

Le bonobo a plus de classe que le chimpanzé. Il a le visage plus aplati, plus ouvert et le front plus

haut que le chimpanzé. Ce serait l’homme aristocrate si on le compare aux humains.

À QUATRE PATTES, le bonobo a le dos presque à l’horizontale. Debout ou en marchant, le bonobo paraît plus droit que le chimpanzé, celui qui lui donne une posture humaine pour le moins dérangeante. C’est pour cette raison qu’on a pu comparer le bonobo à «Lucy», notre ancêtre australopitcus. Le bonobo se tient plus souvent sur ses deux pattes que le chimpanzé, bien que ce dernier soit parfaitement capable de le faire.

LE BONOBO HABITE originairement les forêts marécageuses et humides dans la République Démocratique du Congo (anciennement le Zaïre). C’est une espèce en voie de disparition qui nécessite une protection des autorités gouvernementales.

C) L’HOMO

L’homme est un conquérant.

L’HOMME HABITE les cinq continents.

Qu’ont le chimpanzé, le bonobo et l’homo en commun?

  • le pouvoir et la politique
  • le sexe
  • la violence
  • la conquête du territoire
  • la vie de clan et son habitat
  • la hiérarchie
  • l’empathie et la cruauté
  • la solidarité
  • des comportements socialement appris

À SUIVRE. La description des éléments ci-dessus sera traitée la semaine prochaine.

Carolle Anne Dessureault

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CHAREST ET LE BONNET D’ÂNE

 

 

 

 

 

JAUNE RICANEMENT MÉPRISANT

Il ricanait jaune le transfuge du parti Conservateur-Progressiste devenu Libéral-Répressif. Juché derrière son lutrin, face aux grimaces de ce parterre de ploutocrates, d’hommes d’affaires, de démarcheurs et lobbyistes prévaricateurs, de constructeurs contributeurs aux caisses électorales occultes. Quelques collaborateurs amérindiens étaient venus de la case de l’oncle Tom du lointain Nord canadien accréditer cet atelier totalement déconnecté.

Et cette assemblée s’évertuait à encenser leur porte-faix au rire niais, totalement dépassé par les événements qui se déroulaient au même instant juste à côté, sur la chaussée, hors de ce palais d’assiégés.

Un vendredi particulier, ce 20 avril au centre-ville de Montréal occupée, des centaines de policiers surexcités, armés de pied en cap, casqués, bardés de boucliers et de vestes blindées – on était en droit de se demander pourquoi, puisque ce sont eux qui portaient  pistolets, gaz et boucliers –. Alignée  en rangées, la piétaille protégeait cette assemblée de célébrités enfermée dans ce palais des congrès pour fêter la braderie des ressources spoliées aux premières nations autochtones.

Charest, le Premier ministre du Québec, descendu de son strapontin, proposa aux jeunes révoltés, scandant devant les portes scellées, d’abandonner l’université et de monter vers le Nord travailler dans les nouveaux chantiers de misère comme au temps du « retour à la terre », du curé (Labelle) et du chanoine (Groulx), deux idoles éventées des opportunistes dissimulés parmi les invités.

Au risque de se répéter, il faut écrire que les sommes en jeu dans l’agression en cours contre les étudiants sont peu importantes pour le gouvernement, mais significatives pour les étudiantes qui sont 80 pour cent à travailler à temps partiel ou à temps plein afin de payer leur scolarité. Il s’agit de 325 $ de hausse des droits par année pour chacun des 260 000 étudiants et étudiantes universitaires soit 85 millions $ de revenu supplémentaire par année pour le gouvernement, une fraction de un pourcent du budget déposé par le ministre Bachand dont le budget provincial total est de 70 milliards de dollars. Déjà quelques journalistes soulignent que la grève étudiante a fait perdre davantage au gouvernement que la somme espérée (1).

Une modeste réduction de l’un quelconque des cadeaux fiscaux offerts aux multinationales milliardaires pourrait mettre fin à ce soulèvement. Le gouvernement Charest subventionne la multinationale RIO TINTO ALCAN à hauteur de 75 millions de dollars par année après qu’elle ait imposé un lockout aux ouvriers québécois de la ville d’Alma. Couper cette subvention d’électricité à cette entreprise milliardaire fournirait l’argent requis pour ne pas hausser les frais de scolarité.

À l’évidence, le véritable objectif de cette hausse des droits de scolarité est d’amener le plus grand nombre d’étudiants à abandonner les études universitaires. C’est la raison pour laquelle Charest et sa mégère du ministère ne souhaitent pas régler ce conflit. Cyniques, la grève les arrange, car de nombreux étudiants abandonneront l’université puisqu’ils ne pourront prolonger leurs études pendant l’été tellement ils sont nombreux à devoir travailler pendant la saison estivale pour payer leurs études automnales. Étudier pour récupérer leur session perdue n’est pas compatible avec les longues heures où ils devront s’esquinter pour des «jobs» mal payés.

LE BONNET D’ÂNE

Depuis ce vendredi 20 avril, quelques oligarques libéraux annoncent que Charest n’est plus l’homme qu’il faut à la barre de leur rafiot. Le pauvre Charest esseulé ne connait qu’une seule option : toujours frapper et agresser davantage les étudiants jusqu’à les faire plier. Mais que faire pour faire taire ces insoumis ? Plus l’antiémeute frappe fort, moins les étudiants s’écrasent. À l’évidence ils ont décidé de continuer  d’étudier sans s’endetter.

Dans le «jeu» politique des riches, les représentants pragmatiques des capitalistes doivent apprendre à manier la carotte et la matraque, un exercice subtil d’équilibriste qu’apparemment Charest ne maîtrise pas. Il lui faudrait apprendre à doser avec soin les coups bas et les flagorneries sournoises. Les puissants sont déçus de leur porte-faix embourbé de la tête aux pieds qu’ils ont coiffé du bonnet d’âne bien mérité.

«Comment sortir cet écervelé de ce guêpier?», s’interrogent Castonguay ainsi que d’autres conseillers ameutés au chevet de l’encerclé. «Jeter du lest», propose un affidé. «Jouer l’esquive et palabrer pour gagner du temps», recommande le plus futé. «Frapper, toujours frapper plus fort», propose Mario le matamore. «Négocier pour sauver les pots cassés», suggère l’éditorialiste avant de se récuser.

Charest se sacrifie donc au service de sa classe. Il sait que sa carrière politique s’achève, qu’il ne sera pas à la barre du paquebot des libéraux à la prochaine élection tout comme il sait que son parti doit se résigner à passer la main à son équivalent péquiste pour quelques années du moins (blanc-bonnet et bonnet-blanc).

D’ici là Charest se planquera dans quelques conseils d’administration bien rémunérés mais auparavant il veut remplir sa mission – couper et couper dans les services destinés à la population et préparer les prochaines négociations avec les employés de l’État. Une victoire étudiante n’est pas au programme de ses patrons. Et la dame patronnesse du ministère a reçu mandat de palabrer-discutailler à condition que les associations étudiantes renoncent à leurs moyens de pression – concession que les partisans étudiants ne doivent pas accepter au risque de se discréditer et de démobiliser leurs troupes aguerries et motivées (2).

ÇA FLEURAIT BON LA PRÉ-INSURRECTION

 

Vendredi le 20 avril un vent de fronde flottait dans l’air de la métropole et dans plusieurs villes du Québec. Que chacun en prenne de la graine, et que tous apprennent  les manœuvres des jeunes dans les rues de Montréal, c’est ainsi que se déroulera un jour la révolte urbaine.

Que chacun observe bien l’échauffourée des étudiants contre les forces du désordre de ce gouvernement et que chacun comprenne que si ces partisans étudiants finissent par être cassés, brisés, alors dans un mois, dans une année, par la droite, par la gauche ou par derrière, le mouvement ouvrier sera lui aussi écrasé lors de ses prochaines négociations avec le pouvoir d’État et avec les compagnies privées. Alors que si les étudiants continuent à riposter, et à chaque coup reçu rendre un coup de plus, l’exemple sera contagieux pour vous camarades qui, peut-être, aurez le courage d’en découdre avec la loi et l’appareil répressif d’État. C’est exactement ce que vous devez penser, car sachez que ceux qui gèrent le Québec et qui règnent en coulisse y ont déjà songé, et ils en sont effrayés (3).

Ouvriers, travailleuses, infirmières, enseignants, manœuvres, fonctionnaires, professionnels du gouvernement et les autres, tous ont intérêt à la victoire étudiante et devraient porter assistance aux jeunes matraqués, arrêtés, emprisonnés, judiciarisés mais toujours révoltés.

____________________________________________

(1)  http://les7duquebec.com/2012/03/28/le-recent-budget-de-letat-quebecois/

(2)  http://www.ledevoir.com/societe/education/348328/finalement-beauchamp-discute?utm_source=infolettre-2012-04-24&utm_medium=email&utm_campaign=infolettre-quotidienne

(3)  http://www.alterinfo.net/RESISTANCE-ETUDIANTE-A-LA-HAUSSE_a73426.html  http://www.legrandsoir.info/cinquante-mille-manifestants-ca-change-le-monde.html

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Les Francs-maçons de la Nouvelle-France!!!

 

Les Francs-Maçons de la Nouvelle-France!!!

S’il est un sujet sur lequel on ne peut que se faire une opinion personnelle, c’est bien celle d’une  possibilité d’implication des Francs-maçons dans la conquête du Canada. Voici les informations s’y reliant.

Lors de mes recherches généalogiques, j’ai dû lire un nombre incroyable de textes écrits sur la guerre de sept ans. J’y ai recherché la présence de l’un de mes ancêtres pendant quatre ans, tous les jours. Il me fallait donc lire des écrits contemporains de cette époque dans lesquels on mentionne certains noms.

Quatre ans plus tard, il m’était devenu impossible de croire que le Canada ait pu tomber sous la pression militaire anglaise. Cette farce ne tient tout simplement pas debout. La raison est toute simple : les Anglais et les « Bostonnais » se font donner des raclées partout, toujours, durant toute la guerre de sept ans par les « Canayens ». Comment une escarmouche, au pied des murs de Québec, peut-elle avoir résulté en conquête du pays? On ne peut certainement pas l’attribuer à la traîtrise d’un seul homme; c’est impossible.

La seule réponse possible est : par l’influence divine de Dieu qui a travaillé en sous-main. Car le fait tient absolument du « miracle ». Cependant, comme je ne crois pas que Dieu fasse de la politique, je suis bien obligé de tenter de trouver une autre influence qui « ait pu travailler en sous-main » pour arriver à ce résultat inexplicable.

La première qui me vient à l’esprit est, évidemment, ce complexe élitiste imbécile et aveugle que manifeste Montcalm et les officiers français envers les miliciens canayens qui, eux, gagnent la plupart des combats. Il est bien évident, par contre, que ce complexe de Montcalm ne diminue aucunement l’efficacité guerrière de ces même Canayens. Donc, la raison doit être autre.

Et puisque l’efficacité des miliciens canayens est indiscutablement en cause dans cette « conquête », il faut que cette influence se soit manifestée, en partie, chez nos miliciens. Ajoutons que, pour qu’une influence se manifeste « en sous-main », il faut nécessairement qu’elle soit d’origine discrète, sinon secrète.

Avouons que les influences secrètes, à l’époque de la guerre de sept ans, sont assez limitées. En fait, il n’en existe qu’une seule : c’est celle de la Franc-maçonnerie.  Plusieurs réagiront, comme je l’ai fait moi-même, en disant :

–          Arrêtes-moi ça tout de suite; ça n’a aucun sens et ne commence pas à tomber dans la notion de « complot ». Au départ, la Franc-maçonnerie n’avait aucune influence importante à l’époque.

Ce qui est loin d’être exact puisque déjà, en 1738, Le Pape Clément XII fulmine contre la franc-maçonnerie dans sa bulle In éminenti apostolatus specula. 

Donc, après plusieurs mois de dénie et d’évitement, il a bien fallut que je me décide et que  j’adresse le sujet une fois pour toute. La question était : par où commencer?

Ma réponse fut :

–     Aucune importance, pourvus que tu commences.

1) 68 ans après les faits, lors de la pose, avec les honneurs maçonniques, de la pierre angulaire du monument de Wolf et de Montcalm, le 15 novembre 1827, le sergent James Thompson (95 ans), survivant de la bataille de 1759, est présent à côté des dignitaires Francs-maçons; lui-même Franc-maçon depuis 1757. On peut évidemment se demander comment il se fait que ce soit des Francs-maçons  qui érigent ce monument (dessiné par le capitaine Young soutenant James Thompson lors de l’évènement)?

2) Sur une murale du temple maçonnique de Montréal on peut identifier les participants à la première  « réunion » maçonnique fait à Québec le 28 novembre 1759. Les participants sont le Lieut. John Price Gunett, le Capt Span, un certain Huntinford, le Lieut Prentice, le Col. Simon  Fraser, le Sgt. Saunders “Sandy” Simpson et le Sgt James Thompson mentionné plus haut.

3) Jacques Lacoursière, historien, laissent entendre que Montcalm et Wolf étaient Francs-maçons. Je ne pense pas qu’il faille s’appuyer trop fortement sur ces rumeurs, car les preuves manquent; du moins, je ne les ai pas trouvées. Par contre, il est peut-être bon de souligner que de Bougainville fit un stage à Londres en1754/55 et fut promu à la Royal Society de Londres en 1756, avant d’être nommé au service de Montcalm en 1757. Cependant, on constate un fait absolument confirmé : le recrutement de la Franc-maçonnerie chez les « canayens » prend de l’ampleur au Canada aussitôt après la conquête.

Quand on connaît le caractère des « coureurs de bois » canayens répandu dans la population, l’adhérence à un mouvement de « libre penseur » indépendant est définitivement attrayante; et plusieurs de nos ancêtres deviennent francs-maçons. Le premier recrutement  maçonnique officiel se fait en 1764, lors de LA FÊTE MAÇONNIQUE DE LA ST-JEAN. Les Francs-maçons sont les  précurseurs de la société St-Jean Baptiste; du moins au niveau chronologique. John Knox, rédacteur de « Journal of the campaigns of North América » mentionne, lui aussi, cette fête de la St-Jean  organisée par les Francs-maçons. C’est également lui qui écrit que lors de la bataille de Ste-Foy, si les « Canayens » n’avaient pas reçu l’ordre de revenir, ils entraient dans Québec et reprenait la ville en 1760. On peut se demander de quel officier venait cet ordre. Il faut quand même avouer que durant les années 1759 et 1760, cela est la troisième fois que les Canayens sont empêchés de se débarrasser des Anglais. 1) À Beauport juillet 59 avec Langlade, 2) Au plaine d’Abraham sous Montcalm (s’il avait attendu) et 3) à la bataille de Ste-Foy qu’on vient de voir.

4) Ce n’est qu’en 1771 que le clergé prend conscience de cette influence sous-jacente. Étienne Montgolfier, supérieur des sulpiciens à Montréal, écrit : « Nous avons un grand nombre de Francs-maçons dans cette ville. Il y en avait quelques-uns, mais en petit nombre et cachés, sous le gouvernement français… ». À partir de cette époque, l’Église démontre une vive inquiétude au sujet de la Franc-maçonnerie et encourage même les dénonciations.

Déjà, le renseignement fourni par Montgolfier prend de l’importance : Il y avait des Francs-maçons en Nouvelle-France, et ceux-ci s’efforçaient de rester cachés. Mais quelle influence  réelle peut bien avoir cette « association »?

5) Encore là, c’est l’Église elle-même qui répond à la question :

« Il ne peut échapper à personne que la franc-maçonnerie, sous les diverses formes qu’elle prend pour mieux tromper, exerce une influence sur notre pays : influence ténébreuse, voilée, déguisée, hypocrite, qui s’infiltre dans des associations en apparence bien inoffensives », peut-on lire dans les Mandements des évêques du diocèse de Québec du 18 juillet 1898.

D’accord; donc l’influence est très importante. La question suivante devient : Depuis quand cette influence s’exerce-t-elle sur notre pays?

Jusqu’au milieu du XXe siècle, l’histoire de la franc-maçonnerie est exclue du champ de l’histoire universitaire classique. Par contre, il est difficile de ne pas soupçonner que la philosophie maçonnique, étant « révolutionnaire » depuis ses tous débuts, ne soit pas une force sous-jacente qui assurément, a eu un certain contrôle au cours de l’histoire. Il ne suffit que de comprendre, malgré tout l’imaginaire des textes écrits par ses membres, que la Franc-maçonnerie défend les valeurs sociales qui accordent la liberté à l’individu, effacent les valeurs « élitistes » de l’époque de la Monarchie et prônent le pouvoir aux mains de l’économie pour assurer la qualité de vie de tous et chacun.  Ces valeurs sont les mêmes que celles prônées par “les Lumières”. Ce sont également celles que vivent les Acadiens avant 1755 ainsi que nos « coureurs de bois » installés en Louisiane depuis le XVIIe siècle jusqu’en 1785.

Il semble, cependant, ou plutôt, on constate assez facilement aujourd’hui, que les buts d’autrefois furent « déviés » pour servir une certaine « élite » du commerce qui contrôle cette économie. Mais cela n’a pas toujours été le cas.

Cet esprit fondamental d’équité sociale, prôné par la Franc-maçonnerie, apparait pour la première fois, dans la « Magna Carta » des Barons d’Angleterre rédigée en 1215. C’est là, la première manifestation embryonnaire d’une volonté d’égalité pour tous les hommes. Cette notion d’équité pour tous se développe et, par la suite, étend ses racines progressivement partout en occident. Elle finira par instaurer la démocratie. La source en est donc l’Angleterre.

Elle défend les caractéristiques sociales suivantes : la fraternité, l’égalité, la tolérance, la vertu, la liberté et la bienfaisance. On ne peut refuser de reconnaître que cette notion est celle responsable des révolutions importantes de l’histoire du XVIIIe et du XIXe siècle.

Par la suite, au cours du XXe siècle, il semble qu’une petite « clique » ait pris le contrôle de la « partie politique » du mouvement et laisse la majorité Franc-maçonnique s’amuser à ses rituels qui n’ont plus aucune incidence sur les évènements historiques.  Cette partie « politique » du mouvement maçonnique est évidemment celle des finances et du commerce qui installent la « mécanisation ».

La révolution française est la deuxième révolution occidentale reliée à la notion d’équité maçonnique; la première est la révolution américaine. Au Canada, la propagande révolutionnaire française arrive via les USA par la complicité d’Henry-Antoine Mézière, adjoint de l’ambassadeur français aux États-Unis; et la propagande américaine, de Fleury Mesplet sous le parrainage de Benjamin Franklin, franc-maçon notoire. Il est à remarquer également, que Georges Washington est aussi franc-maçon.

À noter que la Franc-maçonnerie est beaucoup plus facilement décelable dans la révolution américaine que dans la révolution française. Mais il est incontestable que la notion essentielle de ces deux révolutions est exactement la même, tout en étant celle de la franc-maçonnerie qui l’avait adopté plusieurs années auparavant. Constat obligatoire, la Franc-maçonnerie est beaucoup plus influente dans l’histoire de cette époque qu’on ne l’aurait cru préalablement.

La Franc-maçonnerie spéculative fut créée à Londres en 1717. Elle serait arrivée en France en 1725 ou 1726.

En Nouvelle-France, les Francs-Maçons francophones se seraient réunis dans la Loge des Francs-Maçons régénérés, dont la date de fondation nous est inconnue mais qui doit être postérieure à 1743. Cette loge ayant été parrainée par la Loge Amitié et Fraternité, fondée à Dunkerque cette même année, l’an 1752 marque donc, pour nous, le début de la Franc-maçonnerie au Canada et l’année 1759 est celle de la naissance de l’obédience dont est issue la Grande Loge du Québec.

Ceci dit, voici une liste de certains militaires Francs-maçons de la Nouvelle-France :

Pierre-Charles Daneau de Muy, Louis-Nicolas Duflos, Antoine Foucher, Jacques Gichaud, Pierre Hertel de Beaubassin, Joseph Marin de La Malgue, P.-A. Rameau de La Roche de Granval, Jean-Baptiste Testard de Montigny , le gouverneur marquis de Duquesne (qui prône la défense du Canada et est muté en France en 1755) et un Français d’adoption, le baron de Dieskau (Il fut fait prisonnier en 1755 lorsque Montreuil l’abandonna à l’ennemi. Montreuil est celui qui arrêta son armée à la rivière Jacques Cartier lors du combat des Plaines d’Abraham, refusant de suivre Vaudreuil),  François Picotté de Belestre, chevalier de Saint-Louis, Michel Chartier de Lotbinière, Joseph Le Moine (celui impliqué dans la guerre de sept ans),  l’avocat Michel Amable Berthelot d’Artigny, Jean-Baptiste Céloron de Blainville, Benjamin-Mathieu d’Amours de Cligancourt, Charles Curot, Jean Dumoulin, Louis Ermatinger, Jean-Baptiste-Melchior Hertel de Rouville, Joseph-Guillaume de Lorimier, l’avocat Simon Sanguinet, Louis Verchères.

La plupart de ces « Frères » sont certainement initiés à l’époque du régime français. De plus, on peut facilement comprendre qu’ils sont tous pour la suppression de l’autorité monarchique telle qu’on la subissait avant la conquête. Il y a assez de militaires dans cette liste pour faire réussir la conquête, on doit l’admettre. De plus, ils sont répartis partout au Canada incluant dans l’Ouest; et il est certain qu’on ne possède pas tous les noms des adeptes.

La première loge maçonnique formée de civils est celle d’Annapolis Royal, en Nouvelle-Écosse, qui reçoit ses patentes de la loge des maçons modernes de Boston en juin 1738.

Puis, ce fut l’établissement de loges à St. John (1746 et 1766), à Halifax (1750 et 1751) et à Québec (1764). Au moment de la conquête de la Nouvelle-France par l’Angleterre, Montréal compte déjà une loge de Francs-maçons d’expression française.

Deux des plus anciennes loges de la Nouvelle-France qui existent encore aujourd’hui, l’Antiquity Lodge no.1 et la loge Albion no.2, sont créées respectivement à Montréal et à Québec en 1752.

Il est définitivement impossible de nier l’existence d’une organisation maçonnique importante en Nouvelle-France et en Acadie anglaise.

À part les loges des Frères du Canada, entre 1759 et 1791 la Province de Québec compte 37 loges dont sept à Montréal.  Après la prise de Québec, le lieutenant John Price Guinnett est proclamé Grand Maître le 28 novembre 1759, alors qu’est fondée une Grande Loge provinciale qui groupe six loges des régiments de Wolfe. La Grande Loge d’Angleterre ne reconnut jamais l’élection de Guinnett, la considérant irrégulière. La situation est régularisée lors de l’installation du colonel Simon Fraser comme Grand Maître le 24 juin 1760; deux mois avant même la capitulation de Montréal.

En 1762, il y a dans la province 13 loges militaires et une de marchands à Québec, relevant toutes de la Grande Loge provinciale du Québec ; en 1767, Edward Antill est nommé représentant du Grand Maître de la Grande Loge provinciale à Montréal. Sous la Grande Maîtrise de sir John Johnson, le siège de la Maçonnerie est transféré de Québec à Montréal en 1788 : Thomas McCord, un membre de la St. Peter’s Lodge, est nommé Grand Secrétaire et William Grant, Représentant du Grand Maître à Québec.

Passons maintenant aux choses sérieuses :

Simon Fraser : est un colonel sous les ordres de James Wolf lors de la conquête. Ensuite, il  conduit les « Fraser’s Highlanders » lors de la révolution américaine. Il parle couramment le Français. Il est le père du marchand de fourrures de la Compagnie du Nord-Ouest Simon Fraser. Ce dernier n’est pas Franc-maçon; mais son fils Paul Fraser le fut. L’important est de remarquer, ici, le lien entre la Franc-maçonnerie, la conquête et la révolution américaine.

Sir John Johnson est un colonel loyaliste qui se réfugie au Canada en 1776 lors de la révolution américaine. Il possède une seigneurie à Argenteuil.

Thomas McCord  Irlandais de naissance, arrive à Québec avec sa famille en 1764. Il devient un homme d’affaire et une figure politique importante dans le Bas-Canada.

William Grant  Parlant parfaitement le Français, arrive à Québec à l’âge de 15 ans comme représentant de la compagnie de Robert Grant, un parent. Il se lance dans la traite des fourrures et prête de l’argent à des marchands de Québec. Il s’intéresse également aux pêcheries de phoques et de saumons. À son arrivée, il achète plusieurs maisons de Québec et de Montréal pour spéculer. Il devient Seigneur de St-Roch après un tour de passe-passe avec des notaires. Il achète même le Château Ramezay qu’il loue au gouvernement pour cinq ans et qu’il revend en août 1778. En 1775, durant la Révolution américaine, les aspirations financières de Grant se heurtent à la menace de l’invasion et au spectre de la ruine. « Déterminé à rester debout ou à tomber avec le gouvernement du roi », Grant se joint à la milice des « citoyens indisciplinés », mise sur pied pour défendre Québec. Il condamne publiquement les rebelles et déclare, en septembre, que « la façon la plus courte et la meilleure » de juger les prisonniers américains « serait de les tuer sur-le-champ ».

Est-il assez évident que même si les « pères de la constitution américaine » sont, pour la plupart Francs-maçons (comme Benjamin Franklin par exemple), les intérêts de chacun des partis Canadiens/Américains se confrontent et décident des loyautés? Mais il est impossible de ne pas comprendre que si la Franc-maçonnerie est responsable de la révolution américaine, elle est également en position,  d’être responsable de la conquête de la Nouvelle-France tout autant. Il ne suffit que de se rappeler que ceux qui décident et influencent les habitants de Québec à ouvrir les portes de la ville aux Anglais (même si Lévis a donné instruction à Nicolas Roch de Ramezay de tenir jusqu’à son arrivée), sont les marchands de Québec. De plus, 13 officiers sur 14 recommandent à Ramezay de capituler.

La biographie de William Grant est des plus significatives. Malgré qu’on y parle de ses « intérêts privées », il ne faut pas perdre de vue qu’il était Franc-maçon représentant du Grand Maître à Québec.

http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=2428&&PHPSESSID=ychzfqkvzape

Voici quelques officiers de Montcalm supposément présent à Québec, après la Bataille des Plaines d’Abraham.

Jean Baptiste d’Aleyrac. C’est lui qui est désigné sous le nom de « lieutenant Dulairac » dans la liste des tués  et blessés du 28 avril 1760. Il est blessé et ne participe pas au vote sur la reddition de la ville.

Pierre-Philippe Aubespry de la Farelle. Chevalier de St-Louis, il fut l’un qui conseille de rendre Québec. Sur la liste de ceux qui votent la reddition de Québec, son nom est Daubepry.

Michel-Marie-Charles Avice, chevalier de Montgon de Surimeau Capitaine du régiment du Berry. Le 3 février 1759 Montcalm l’envoie à Montréal avec une lettre pour Lévis. Le chevalier compte loger chez M.de la Roche-Vernet. Il est possible qu’il ne soit pas à Québec lors de la reddition.

Jean-Pierre Bachoue de Barraute Chevalier de St-Louis, capitaine du régiment de Béarn, époux de la veuve de De Jumonville, est blessé lors du combat des plaines d’Abraham. Il n’est pas pris par les Anglais à l’hôpital et est ensuite blessé à la bataille de Ste-Foy. Il n’est pas de ceux qui conseillent officiellement la reddition de Québec. Il doit, probablement, s’échapper de l’hôpital. Par son mariage il est parent avec Vaudreuil qu’il appuie.

Michel Guillaume Jean de Crèvecoeur (Il n’est pas mentionné officiellement, mais il est certainement à Québec lors de la reddition) lieutenant français à Québec 1759. Il s’arrange pour ne pas être rapatrié en France et passe  aux USA où il est naturalisé en 1765 sous le nom de John Hector St. John. Il sera soupçonné d’espionnage au profit des rebelles par l’armée britannique à New York lors de la révolution américaine. Il parvient à se rendre en France en 1781 et retourne aux USA en 1783 à titre de consul de France jusqu’en 1790. Ceci confirme qu’il est du côté des rebelles (tout comme la France d’ailleurs). Il échappe à la révolution française mais y retourne en 1792 quand commence le règne de la Terreur. Il est alors démis de ses fonctions.

S’il en est un qui dégage une odeur de Franc-maçon c’est bien lui. De Lieutenant à Québec (où il peut avoir conseillé de capituler), pour ensuite aller aux USA jusqu’à la révolution et revenir en 1783 comme « Consul de France » jusqu’à l’instauration de la Terreur, on peut se poser quelques questions. D’autant plus qu’il n’est pas du tout mentionné dans l’histoire de la Nouvelle-France. Par contre, il  s ‘avère, selon plusieurs  commentateurs,  que   le  bref séjour  de   St. John  de Crèvecœur  en  Nouvelle-France  constitue  un  des  principaux  tournants  de   son  existence.

Ce séjour aurait déterminé l’orientation que devait prendre son œuvre.

Quelque chose se serait passé alors que l’auteur est en Nouvelle -France :   des événements  qui  l’auraient conduit  à tourner le dos à ses origines françaises, à rejeter les valeurs de ce qui est appelé l’Ancien Régime et à embrasser les idéaux républicains d’une nation naissante,  les États-Unis d’Amérique. Il rédige une œuvre dans laquelle les États-Unis actuels voient  « la première  expression littéraire d’une conscience nationale américaine».

Le personnage est intéressant. Allons un peu plus loin dans les détails :

Il est blessé à la bataille des Plaines d’Abraham et fait prisonnier. Benoit-François Bernier est celui chargé de voir aux blessés de l’hôpital avec les Anglais. Le 4 octobre 1759, Bernier écrit à ses supérieurs dont le post scriptum dit: « Je ferai passer Crèvecoeur en France; je ne sais pas si d’autres le voudront ». C’est assez curieux car cela semble dire que Bernier peut envoyer Crèvecoeur où il veut et surtout que « les autres » pourraient ne pas vouloir qu’il le fasse. De plus, pourquoi parler de Crèvecoeur dans un post scriptum, comme s’il était un cas « particulier »? Bernier se casse la tête pour rien, Crèvecoeur lui-même n’est pas intéressé à se rendre en France pour l’instant.

Il y a des officiers qui sont considérés par Monckton comme « prisonniers » et d’autres comme « non-prisonniers ». Ceux qui sont blessés et reposent à l’hôpital ne sont pas considérés comme « prisonniers ». Les autres, en état de combattre les Anglais, sont des « prisonniers ». Voici la liste des officiers prisonniers :

La Ferté, Bellecombe, Saint-Alambert, D’Artigues, La Bruyère et Boucherville. Ils sont envoyés en Angleterre. Curieusement, on ne parle pas de Chaussegros de Léry qui était, supposément, également « prisonnier ». De Léry était ingénieur, tout comme Crevecoeur qui, lui, était Lieutenant et devait être sous les ordres de Chaussegros de Léry. II est à noter que De Léry fut fortement soupçonné d’avoir livré Québec. de Léry est un combattant « Canayen », évidemment. Par contre, aucun des noms de « prisonniers » ne figurent sur la liste de ceux qui votèrent la reddition de Québec. Comment cela est-il possible? Où sont La Ferté, Bellecombe, Saint-Alambert, D’Artigues, La Bruyère et Boucherville lors du « vote »??? Seule réponse possible: ils ont été fait prisonnier lors de la bataille des Plaines et non lors de la capitulation de la ville. par contre, comment d’Artigues peut-il être blessé aux plaines d’Abraham et l’être encore lors de la bataille de Ste-Foy, s’il est « prisonnier » de Monckton en 1759?

http://vailcourt.com/Chaussegros.html

Et voici celle des « non-prisonniers » : de Tourville, Deschambault, de Léry, de La Chevrotière, de St-Félix et de Crèvecoeur. Ceux-ci seront amenés à New York. Bernier demande ensuite à Bougainville un supplément d’espèce pour certains officiers dont, entre autre, Crèvecoeur qu’il mentionne par son nom. La somme donnée sera de 240 livres. Bernier ajoute : « Je ne pouvais faire moins pour nous en débarrasser ». Donc, Crèvecoeur a maintenant démissionné de l’armée pour ne pas retourner en France. Est-ce lui qui a ouvert les portes de la vile? On ne le sait pas; mais on se débarrasse de lui le plus vite possible sans mettre son nom trop à la vue dans les écrits. En complément, il faut savoir que Chaussegros de Léry est l’homme le plus important de Québec.

Curieusement, même si « officiellement » on dit Chaussegros de Lery « fait prisonnier », le rapport de celui en charge des Français après la reddition de Québec, le dit faire parti de ceux que  Monckton considère comme « non prisonniers » et qu’il amène avec lui à New York.

Mais encore plus curieux, dans la liste officielle des 14 officiers qui votent pour la reddition de la ville en 1759 on trouve les noms de Pellegrin, Dailleboust Cerry, Lusignan fils, Fiedmont, Mariet, Bigard, Parfouru, St-Vincent, Daubepry (celui-ci est dans la liste plus haut), De l’Estang de Celles, Le Cher, Doms et Joannes. Il est possible que certains soient mentionnés par Bernier, plus haut, mais les signatures ne concordent pas aux noms donnés par Bernier. Comment ont-ils pu conseiller la reddition de Québec parce qu’ils n’étaient pas blessés, sans être dans la liste de « prisonniers » de Monckton? Il est évident que certains noms furent passés sous silence parmi ces « votants » pour la reddition. Est-ce le cas de Chaussegros de Lery? La seule façon qu’il ne soit pas considéré comme « prisonnier » est qu’il était blessé. Et sa biographie indique qu’il fut effectivement blessé lors de la bataille des plaines d’Abraham. Par contre, il n’est pas « bien reçu » par la France lors de son retour là-bas. Il se tourne alors vers l’Angleterre qui le renvoie au Canada, où il est reçu très froidement par Murray. Un combattant « canayen » reçu « froidement » par Murray, lève d’énormes doutes sur de Lery. Le soupçon d’avoir livré Québec prend alors de l’importance; car Murray n’est pas de ceux qui puisse se faire ami avec ceux qu’il considère comme « traîtres » d’un parti ou de l’autre. De plus il démontre toujours,  beaucoup de considérations envers les combattants « canayens ». Pourquoi pas envers Chaussegros de Léry? Ajoutons à cela que Chaussegros de Léry reste au Canada parce qu’il risquait d’être emprisonné s’il retournait en France.

Peu à peu, dans l’histoire de Crèvecoeur, certaines informations paraîtront, suite au fait qu’il est devenu un  « célèbre fermier américain ».

En 1975, Marcus Cunliffe écrit que « Ses collègues officiers avaient quelque raison d’être impatient de le jeter hors du régiment français dans lequel il servait au Canada en 1759 ». A.M. Plumstead affirme « qu’il abandonna sa charge en octobre dans des circonstances mystérieuses, qui semblent liées à quelque disgrâce ». Rien ne prouve que cela soit le cas; par contre un fait demeure : Tous ce qu’il écrit après son départ de Québec, il le signe du nom de St-John pour un lecteur anglais et St-John de Crèvecoeur pour un lecteur français. Il a donc anglicisé son nom français.

Ajoutons quelques informations supplémentaires : En 1754, Crèvecœur effectue un séjour dans de la parenté à Salisbury, au cours duquel il apprend l’anglais avant de s’embarquer pour la Nouvelle-France où il sert. Après la capitulation de Québec, Il voyage beaucoup aux USA en prenant des notes et en travaillant comme arpenteur avant de devenir fermier, d’abord dans le comté d’Ulster puis dans le comté d’Orange à New York. C’est là qu’il prend la nationalité et adopte le nom de « J. Hector St John ». En 1766, il est accepté comme membre de la tribu des Oneida. Lorsqu’il est emprisonné à New York, soupçonné d’espionnage (parce qu’il est Français; ce qui n’a aucun sens), ce sont deux marchands, dont un William Seton,  qui se portent garant pour lui, après trois mois de prison. Il se rend en France.

Lorsqu’il revient aux USA en 1783, sa femme a été assassinée et sa ferme brûlée par les indiens quelques semaines auparavant. Il reçoit des marques d’estime particulière de la part de Georges Washington. Il revient en France éventuellement.

En 1789, il retourne aux États-Unis, à nouveau comme consul, et publie une version en trois volumes des Letters en français. Il est élu à l’American Philosophical Society (Fondée par Benjamin Franklin) et publie, sous le nom d’« Agricola », des lettres dans divers journaux américains sur, entre autres, la culture de la pomme de terre, l’alimentation des moutons, l’huile de tournesol. Il introduit la culture de la luzerne en Amérique.

Après 1808, il passe plusieurs années à Munich, où son gendre, Louis Guillaume Otto, comte de Mosloy est ministre plénipotentiaire. En 1813, il est arrêté comme espion américain. Rentré en France, il meurt le 12 novembre 1813 d’une maladie cardiaque.

Dans son livre « Lettre d’un cultivateur américain, il dit qu’en 1781 il rencontre cinq américain sur la plage qui étaient prisonniers depuis deux ans et détenus au château de Forton près de Portsmouth d’où ils s’étaient évadés. Il les reçoit sur le rivage et les amène chez son père. Il les nourrit, les habille et les conduit à un vaisseau qui part pour Boston. Cette générosité sera ce qui sauvera ses deux enfants à Boston. Un certain G. Felowes (parent de l’un des cinq rescapés) récupère ses deux enfants et les garde chez lui à Boston. Celui-ci est  membre de l’assemblée législative et échevin de Boston.

Crèvecoeur est ingénieur et géomètre, et il travaille dans toute la Nouvelle-Angleterre pour évaluer la rentabilité des sols. Ses écrits témoignent de sa philosophie d’équité pour chacun des colons américains. On apprend dans son livre qu’il parle Allemand couramment. Ce livre est une publicité médiatisée pour vendre la Nouvelle Angleterre à de nouveaux colons venant de partout.

Il raconte entre autre une discussion qui date de 1756 et qu’il traduit dans son livre, où cinq personnages (Allemand, Écossais, Français, Irlandais et Anglais)  exposent pourquoi ils sont venus en Amérique. Cette histoire est probablement imaginaire puisqu’en 1754 Crèvecœur est  à Salisbury et que l’année suivante il s’engage pour la Nouvelle-France. De plus, il mentionne à la fin que le document qu’il traduit, fut complètement détruit pendant la guerre de la révolution américaine.

Par contre, l’exposé de chacun des personnages indique exactement la philosophie des Francs-maçons incluant la liberté de culte qui, selon ses dires existe en Nouvelle Angleterre. Cette histoire vaut la peine d’être lue :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k737153/f63.tableDesMatieres

En conclusion, si la Franc-maçonnerie est impliquée dans la révolution américaine, et la révolution française, on peut fort bien y ajouter qu’elle est également impliquée dans la conquête du Canada. Ce qui explique finalement le fait que notre pays fut conquis suite à une escarmouche insignifiante au pied des murs de Québec. Escarmouche dont l’opinion de Lévis est la suivante :

« Il est inouï que l’on rende une place sans qu’elle soit attaquée ni investie, alors que cette campagne allait se terminer glorieusement. »

Il est clair que Lévis croyait qu’avec son petit nombre de soldats et ses nombreux et courageux « Canayens », il allait chasser les Anglais du Canada. Ce n’est qu’après la « traîtrise » de la reddition de Québec que les miliciens canayens laissèrent tomber et préférèrent le régime britannique à celui de la France, qui elle, venait de prouver incontestablement son indifférence envers les « Canayens ».

Ajoutons que  les « Canayens » avaient appris, comme les assiégés de Québec d’ailleurs, de la part des « déserteurs » anglais, que l’amiral Saunders avait prévu le réembarquement des troupes à partir du 20 septembre pour ne pas risquer de rester pris dans les glaces et que, effectivement, dans les mémoires de James Murray on découvre que celui-ci est grandement étonné de voir, à partir de son bateau, les portes de Québec s’ouvrir et les habitants faire signe de venir prendre la ville. Les « Canayens » ne savaient peut-être pas écrire, mais ils savaient très bien que de garder Québec deux jours de plus que le 18 septembre n’était pas du tout « impossible » et que les Anglais allaient partir très bientôt. Et cela sans parler de l’armée de Lévis qui arrivait pour faire lever le siège de la ville de Québec qui ne devait pas être rendue. Encore une fois, cette reddition n’a vraiment aucun sens sauf si les « Canayens de Québec » veulent le régime britannique. Les autres « Canayens » accepteront le nouveau régime seulement après « la bataille de Ste-Foy ».

Dernière question à se poser:

Est-ce que l’historien officiel actuel peut défendre la possibilité que les « Canayens » acceptèrent volontairement de choisir le régime anglais pour diriger  leur pays?

Je ne le crois pas; certainement pas au niveau politique du Québec en tous les cas. Car le résultat serait alors de réunir les Canadiens francophones et anglophones en une société identitaire canadienne autonome, ayant la possibilité de se lever contre les visées impérialistes anglo-américaines qui ne sont pas la caractéristique fondamentale de l’esprit des vrais Canadiens. Mieux vaut continuer de diviser, avec de fausses interprétations, pour mieux contrôler la population légitime du Canada. La recette date de 1837/38 et continue de fonctionner parfaitement.

Comme toute bonne sauce finit par se gâter, il est fort possible que la Franc-maçonnerie originelle, défendant l’équité et la démocratie des pères de la confédération américaine, ait pu évoluer jusqu’à nos jours pour devenir le groupe Bilderberg.

Ce n’est pas à moi d’en faire le lien; je me contente d’en souligner l’odeur.

Amicalement

André Lefebvre

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Présidentielle: les lemmings dans le dernier droit

 
 


 

Que diable peut-on bien raconter aux lemmings, pour que ces petits animaux courent en masse se suicider en sautant des falaises dans la mer glacée ? On l’ignore, d’autant plus qu’il semble bien que ce ne soit qu’une légende scandinave.

Une légende absurde… Mais dites-moi : qu’a t-on bien pu raconter aux Français, pour que 80% d’entre eux aillent voter au premier tour de cette Présidentielle, permettant à Sarkozy de les féliciter pour « leur attachement à la démocratie » ?

On leur a raconté que Melenchon allait faire 20% et ils l’ont rêvé au deuxième tour, puis à l’Élysée. Ils se sont réunis à 100 000 pour pousser en choeur Marseillaise et Internationale et rêver de lendemain qui chantent. Finalement on l’a tenu à 12% , ce qui était plus prudent, mais ce faisant on a engrangé tous ces votes pour plébisciter une manière perverse de gouverner.

« Push » sur le FdG, « Pull » sur le FN. Côté LePen, au contraire, on a coté à la baisse. On a dit que le FN aurait moins de votes que le Front de Gauche… On a incité à voter les vrais croyants du FN, qui savent se compter et ont été vexés qu’on les croit en perte de vitesse… On a encouragé aussi à voter pour le FN ceux qui en ont peur, mais y voient la meilleure protestation. Pourquoi pas, puisque c’était vraiment sans risque… On a annoncé aussi bas que 13 %… les résultats sont sortis à 20% On a corrigé à 18 % in extremis… il faudrait nous expliquer comment on a compilé tout ça…

Un peu vicieux, tout ça, mais bon, au fond, quelle importance… L’important, c’est que 80% des Français ont voté et ne sont donc pas sortis de la bulle de crédulité où la démocratie libérale vit sous respiration assistée.. Maintenant, on croit fermement qu’ils vont se précipiter le 6 mai pour voter encore…

Ce qui serait bien bête, car ce serait un blanc-seing pour faire les bêtises que l’on va faire. On les fera ces bêtises, à gauche ou à droite. Il est clair que la politique de la France ne changera pas et que la situation ne pourra donc évoluer que pour le pire. Ca ira de mal en pis de toute façon.

Parce que si le 6 mai entérine une victoire de Hollande, ce choix déclenchera la riposte des milieux bancaires dont « The Economist » a déjà prévenu les Français et pour laquelle les mécanismes sont déjà en place depuis la semaine dernière pour détruire la crédibilité financière de la France. Le marasme social suivra, car on cherchera des boucs émissaires

Si, au contraire, on se ravise en dernière heure et que l’on reconduit Sarkozy, la crise continuera simplement dans la continuité. Le même favoritisme, la même corruption, la même morgue que maintenant. On arrivera à une même désintégration sociale et à une même faillite économique.

Les Français ne devraient pas voter le 6 mai

Si le résultat est le même et qu’il est vraiment trop tard pour infléchir le cours des événements, qu’importe que les Français votent ou non au deuxième tour ? C’est que le cours des événements ne peut être changé dans la dynamique actuelle de la gouvernance libérale, mais peut l’être si l’on accepte une rupture.

La situation peut être changée si : 1) l’on rapatrie la politique monétaire en dénonçant la main mise de la BCE ; 2) si l’on accepte de régler le probleme de la dette en l’imputant aux entités économiques au prorata de leurs actifs nets ; 3) si l’on nationalise les institutions financières et qu’on met en place une politique de crédit… et que 4) on accepte un régime de revenu-travail garanti.

Mais ces gestes sont RÉVOLUTIONNAIRES. Ils signifient une redistribution au moins minimale de la richesse et ils ne peuvent être posés que par une population en rupture avec sa gouvernance. Posés par peuple qui fait le choix de la désobéissance civile, pleinement conscient d’une probabilité d’anarchie à laquelle un gouvernement fort d’union nationale devra mettre fin avant que ne puisse renaître une nouvelle démocratie.

Or, si les Français votent massivement le 6 mai, qu’ils aient choisi l’un ou l’autre des candidats, cette rupture avec sa gouvernance deviendra bien plus difficile. On rappellera alors aux lemmings qu’ils ont choisi démocratiquement leur destin et qu’ils n’ont à s’en plaindre qu’à eux-mêmes.

Un soutien massif réitéré à ce que Sarkozy appelait aujourd’hui encore la « démocratie » serait une reddition. Il n’est pas trop tard pour l’éviter.

Il suffirait que s’abstiennent au second tour les partisans de Melenchon, que l’on dit « communistes », maintenant qu’ils ont voté et qu’on les veut au second tour par fidelité à une gauche dont ils sont hélas les seuls éléments sincères.

Il suffirait que s’abstiennent les partisans du FN, qu’on courtise maintenant en ne les disant plus « fascistes d’extreme droite », mais « les oubliés, les pauvres et les déshérités… ».

Que s’abstiennent les partisans de Bayrou, dont ni le PS de Hollande, ni l’UMP de Sarkozy n’ont la moindre intention de satisfaire les attentes.

Si ceux-la qui n’ont PAS voté pour Hollande ou Sarkozy prennent conscience de l’irréductible contradiction entre ce pour quoi ils ont voté au premier tour et ce que veulent leur offrir l’un ou l’autre des candidats au deuxième tour, ils comprendront que la réponse du Système à leur demande est NON.

Ils comprendront qu’ils ne devraient pas apporter la caution de leurs suffrages à une politique qui a ruiné le pays et divisé la nation. Ils choisiront de s’abstenir le 6 mai et de garder leurs coudées franches pour participer sans compromission à tout ce que la situation pourra exiger.

Et les lemmings réfléchiront…

Pierre JC Allard

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OBAMA EST-IL DE BONNE FOI?

Obama est un homme intelligent et sans doute des mieux informés. Il connait les véritables motifs du blocus mis en place par son pays  contre Cuba depuis plus d’un demi-siècle: faire tout ce qui est possible pour que la révolution soit un échec, rendant la vie des citoyens toujours plus impossible de manière à que ces derniers en rapportent la responsabilité sur leurs  dirigeants. Voici l’essentiel de ce plan, tel que décrit et soumis, le 6 avril 1960, au président Eisenhower, dans le mémorandum secret de l’adjoint du sous-secrétaire d’État d’alors, Lester Mallory :

« « La majorité des cubains appuient Castro (…) Il n’existe pas une opposition politique effective. (…) L’unique moyen possible pour lui faire perdre l’appui interne est de provoquer la désillusion et le mécontentement en provoquant l’insatisfaction économique (…) et la pénurie. (…) Il faut mettre rapidement en pratique tous les moyens possibles pour affaiblir la vie économique (…) refusant à Cuba argent et biens de toute nature de manière à réduire les salaires et l’emploi, provoquant ainsi la faim, le découragement et la chute du gouvernement. »

Voilà le genre de démocratie qui intéresse les Etats-Unis. C’était le cas, il y a plus de 50 ans et c’est toujours le cas aujourd’hui, non seulement à Cuba, depuis 52 ans,  mais en Libye, il y a un peu plus d’une année, en Syrie présentement, en Irak, en 2003, en Afghanistan, depuis plus de 11 ans, au Venezuela qui vient tout juste de se remémorer les 10 ans du coup d’État visant l’élimination du président légitimement élu, Hugo Chavez, et qui continue d’être harcelé et menacé de mort, en Bolivie où les initiatives de sabotages et d’intimidation sont permanentes, en Équateur qui vient de se remettre d’une tentative de coup d’État, exécutée en 2010,  au Honduras où on n’a pas hésité à sortir par la force, en juin 2009, le président légitimement élu, Manuel Zelaya. En somme, pour l’empire, tout pays, affranchi et indépendant de son pouvoir, est démocratiquement suspect et ses dirigeants, des dictateurs.

Ces dessous des luttes contre ces peuples, M. Obama les connait mieux que quiconque. Il sait les mensonges qui les précèdent et les accompagnent pour mieux les faire accepter par l’opinion mondiale. Il en est même un des principaux acteurs. N’a-t-il pas réaffirmé cette fin de semaine, suite au Sommet des pays de l’OEA, que le blocus se justifiait toujours du fait que Cuba n’est pas démocratique, que son peuple ne peut pas s’exprimer, qu’il ne tolère aucune critique. Qui eût dit que celui qui tenait ces propos était celui-là même qui avait signé,  il y a quelques mois, cette loi autorisant le Président des Etats-Unis et son exécutif à arrêter et, même, à faire exécuter quiconque dans le monde et aux Etats-Unis qu’il jugerait être un terroriste ou un danger pour la société. Voici ce qu’en dit Paul Craig Robert :

« Les évènements connus sous le vocable d’attentats du 11 Septembre ont été utilisés pour hisser la branche exécutive du pouvoir au dessus de la loi. Aussi loin que le président endosse un acte illégal, les employés de la branche exécutive ne sont plus redevables devant la loi qui prohibe cet acte illégal. Sur la simple autorité présidentielle, la branche du pouvoir exécutif peut violer les lois des Etats-Unis contre l’espionnage des citoyens américains sans mandat, ou de la détention infinie et de la torture et n’en souffrir aucune conséquence. »

Comment cet homme, Barak Obama, celui qui maintient une des pires prisons à Guantanamo, qui autorise la torture, qui se place au dessus de toutes les lois, peut-il faire la leçon à Cuba et aux 31 pays de l’Amérique latine et des Caraïbes ? De quel droit ce pays se permet-il de décider ce qui est démocratie et respect des droits humains alors que ses principaux alliés, en Amérique latine, ont été bien souvent des dictateurs des plus sanguinaires et qu’au Moyen Orient ses grands amis sont les Émirats arabes qui n’ont aucune notion de la démocratie et des droits humains comme nous les entendons? Comment peut-il passer outre aux condamnations répétitives de l’Assemblée générale des Nations Unies contre ce blocus, considéré comme criminel et allant à l’encontre du droit international ?

Le Président de la Colombie, un allié indéfectible de Washington, a lui-même déclaré lors du Sommet de Cartagena, que cette approche du blocus économique n’avait plus aucun sens, que c’était un vieil héritage de la guerre froide et, qui plus est, n’avait donné aucun résultat. Il s’est même permis de dire qu’un autre Sommet sans la présence de Cuba serait impensable.

En dépit de tout cela, Obama répète la même chanson sans se soucier si ce qu’il dit correspond toujours à la réalité. L’important, pour lui, c’est que le monde entende toujours la même cassette comme si ce dernier, le monde que nous sommes, ne pouvait voir au delà des clichés et des mensonges à répétition.  

Je ne doute pas que les larmes de joie versées par le Pasteur Jesse Jackson lors de l’assermentation du président Obama, en 2009, se soient transformées en larmes de grande tristesse. Le « WE CAN » de la campagne de 2008 s’est transformé en une véritable coquille vide. Autant il avait fait naitre une grande espérance, autant il est devenu une grande déception. Obama a choisi son camp, celui des puissances industrielles, financières et économiques. Les ambitions du  pouvoir l’auront arraché au peuple et à ses attentes. 

Oscar Fortin

Québec, le 16 avril, 2012

http://humanisme.blogspot.com

 

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Journée de la terre: art urbain et environnement

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Murale collective et communautaire sur l’environnement

Fanny Aïshaa environnementaliste et muraliste

L’artiste muraliste Fanny Aïshaa nous quitte pour une résidence d’artiste au Gwaii Haanas National Reserve Park. Elle nous reviendra rayonnante de nouveaux projets.

Raymond Viger Dossiers Fanny Aïshaa, artistes urbains, porte-folio

fanny-aishaa-muraliste-environnement-diversite-culturelle-street-art-urbain-cultureTrois mots peuvent décrire le cheminement artistique de la muraliste Fanny Aïshaa: unité, biodiversité et diversité des peuples.

Fanny Aïshaa est une artiste engagée et respectée dans la scène de Montréal. Une artiste qui ne se laisse pas imposer l’orientation de ses oeuvres.

Ses créations reflètent ses valeurs et ses principes. Fanny est une environnementaliste qui veut sensibiliser les communautés sur l’importance de respecter la Terre et notre environnement. Une artiste proche des communautés autochtones, des Premières Nations, des peuples qui vénèrent la Terre et qui ont appris à cohabiter avec elle.

Fanny a produite plusieurs murales collectives, en relation avec les communautés qui les accueillent.

L’art urbain et l’environnement

fanny-aishaa-muraliste-environnement-culture-diversite-culturelle-street-art-urbain-Fanny Aïshaa a été sélectionné pour une résidence d’artiste en plein coeur du Gwaii Haanas National Reserve Park sur Haida Gwaii (Terre des Haidas – Queen Charlotte Island) en Colombie-Britannique. Le projet vise la création d’une oeuvre collective et des ateliers avec des artistes de la communauté. Une occasion privilégié pour se laisser inspirer par ce lieu protégé depuis des millénaires et faire une exposition au Haida Heritage Center.

Pour compléter le financement de son projet, Fanny présente des reproductions de quelques-unes de ses oeuvres. Que ce soit avec une affiche 8.5 » X 11 » à 5$, une carte de voeux à 4$, un T-Shirt à 20$ ou encore un Sweat-Shirt à 40$, les reproductions de Fanny sont une façon originale de la soutenir dans son projet tout en ayant une partie de son oeuvre chez vous.

Merci de visitez la page de Fanny Aïshaa qui présente les réalisations disponibles en reproduction. Informations, cafegraffiti

Visitez la page de Fanny Aïshaa qui présente les réalisations disponibles en reproduction. Pour plus d’informations, cafegraffiti@cafegraffiti.net (514) 259-6900.

Merci de soutenir Fanny, une artiste que nous aimons tous et que nous voulons aider dans son cheminement et sa continuité.

Carte anniversaire, poster, T-Shirt avec impression d’artistes

poster affiche flyer carte anniversaire cartes souhaits voeux affichage impression t-shirtUne boutique virtuelle toute en couleur pour des produits artistiques originaux. Une façon originale de soutenir de jeunes artistes dans leur cheminement artistique.

Que ce soit pour une carte anniversaire ou un T-Shirt personnalisé, un CD de musique ou un livre, la boutique des Éditions TNT mérite de faire un détour.

Merci d’encourager les artistes et le Café-Graffiti. www.editionstnt.com (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. cafegraffiti@cafegraffiti.net

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