Archives quotidiennes : 3 juin 2012

HOULA : LA GRANDE MISE EN SCÈNE

 « Alors que les informations nous arrivent en provenance d’Houla en Syrie, tout près de Homs et de la frontière avec le Liban, il est de plus en plus évident que le gouvernement syrien n’est pas responsable des tirs d’artillerie qui ont tué 32 enfants et leurs parents, comme le clament haut et fort les médias occidentaux et jusqu’à l’ONU elle-même. Tout semble indiquer au contraire que c’est l’oeuvre d’escadrons de la mort opérant en combats rapprochés. » Tony Cartaluccy

Un véritable scénario de « mission impossible » : comment prendre le contrôle d’un pays par la force, alors que la communauté internationale, les Nations Unies en l’occurrence, ne donne pas le feu vert pour couvrir l’intervention des belligérants? Dans le cas de la Libye, le « cuisinage » de l’opinion publique et la manipulation des membres du Conseil de sécurité avaient été rapides et particulièrement efficaces par rapport à ce qui se passe en Syrie. 

Dans le cas de cette dernière, l’opinion publique demeure plus sceptique à l’endroit de ces apôtres « humanitaires » qui ont laissé la Libye sous des décombres et avec des dizaines de milliers de morts. Certains parlent même de plus de 120 000 morts. Ces « humanitaires»  sont repartis après avoir mis la main sur les milliards de dollars du peuple syrien et s’être assuré du contrôle des richesses pétrolières. Par rapport à ces comportements peu humanitaires, la Russie et la Chine s’opposent maintenant à ce qu’une opération semblable se réalise en Syrie. 

Que faire alors pour se débarrasser du président Bachar Al-Assad et prendre le contrôle de la Syrie? Il y a tout de même un certain décorum à respecter de la part du prix Nobel de la paix 2009 : entamer une guerre sans l’accord du Conseil de sécurité des Nations Unies serait mal vu par l’opinion publique internationale. Par contre, faire appel à des mercenaires qui n’ont pas de permissions spéciales à demander au Conseil de sécurité devient une alternative intéressante. 

Il suffit de les armer, de les payer, de leur apporter un soutien technique et logistique. Pendant qu’eux feront la vie dure à Bachar Al-Assad et au peuple syrien, « les humanitaires » s’assureront que les médias répercutent leur violence et leurs crimes comme résultats des interventions de l’armée syrienne. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), mis en place à Londres par leur propre service d’intelligence, recevra les photos des victimes ensanglantées alors que des spécialistes rédigeront des textes démontrant la cruauté du régime de Bachar Al-Assad. Les grandes agences occidentales et leurs satellites régionaux n’auront plus qu’à diffuser le scandale d’autant de crimes horribles commis par le gouvernement syrien. 

Cette première étape de la guérilla n’a pas donné les résultats escomptés. Le référendum sur la nouvelle constitution a pu se réaliser tel que convenu et la participation a dépassé les 58 % de l’électorat syrien et elle fut acceptée avec plus de 50 % de ce même électorat. Il en fut de même pour les élections législatives du début de mois de mai. En dépit des actions terroristes, ces élections ont pu se réaliser dans le cadre de la nouvelle constitution et permettre à 9 partis politiques de faire leur entrée à l’Assemblée législative. S’ajoute le fait que la présence de groupes terroristes et de mercenaires à la solde de pays étrangers est de plus en plus évoqué par les observateurs de la mission de paix et par certains pays, dont la Russie et la Chine, opposées à une intervention militaire de pays étrangers. Même le Secrétaire général des Nations Unies qu’on ne peut accuser d’être en faveur du régime syrien a dû reconnaître qu’il y avait des groupes terroristes dans le pays et que la violence  provenait de diverses sources.  Le gouvernement n’en avait pas, seul, le monopole. 

Le temps était donc venu, pour les pays belligérants, de frapper un grand coup. Selon diverses sources, des affrontements ont été provoqués, entrainant la mort de soldats et de terroristes. Pendant ce temps des escadrons de la mort tuaient de sang froid de nombreux civils, dont des enfants. Selon ces mêmes sources, des commandos auraient regroupé plusieurs de ces morts dans un même endroit, créant la scène idéale d’un massacre de masse réalisé par l’armée syrienne. 

Il faut croire que ce scénario avait été préparé de longue date puisqu’à peine connu ce massacre, les principaux opposants au régime syrien se mobilisèrent : réunion d’urgence du Conseil de sécurité, expulsion des ambassadeurs syriens, campagne orchestrée des médias, disposant déjà de photos et de vidéos. Les communiqués de presse parlaient déjà du gouvernement syrien comme du seul responsable du massacre alors qu’aucune enquête n’avait encore été menée. Même l’ONU n’a pas attendu les résultats d’une enquête indépendante sur les responsables de cette tuerie pour condamner le régime de Bashar Al-Assad.

Tout cela s’est fait sans qu’on ait demandé au général Robert Mood, chef des observateurs de la mission de paix sur le terrain, ce qu’il en pensait. Par la suite, ce dernier a tout de même fait état de la tragédie et il en a attribué la responsabilité aux deux parties en conflit. Ces nuances sur les responsabilités partagées ne semblent pas avoir eu de l’importance pour nos gouvernements et nos médias. Même Kofi Annan semble avoir été laissé de coté. Il s’est rendu à Damas pour rencontrer les autorités gouvernementales et il a fait appel à toutes les parties armées pour qu’elles mettent leurs armes de côté et qu’elles s’assoient autour d’une même table pour régler pacifiquement le conflit. Ce point de vue ne semble pas avoir prédominé dans les débats sur la résolution des Nations Unies, condamnant le gouvernement syrien comme seul responsable de ces crimes. Cette condamnation s’est faite à l’encontre des pays qui ont demandé que la condamnation porte sur toutes les forces armées en présence: celles de l’opposition, celles des mercenaires terroristes, celle du gouvernement. La majorité des pays présents ont choisi de ne s’en tenir qu’au gouvernement comme seul responsable de la tuerie de Houla.

Par contre, la Russie et la Chine continuent de soutenir le plan de Kofi Annan et s’opposent toujours à toute intervention militaire visant le renversement du gouvernement et le changement de régime. Cette dernière prérogative appartient au peuple et à lui seul. 

Si l’opinion publique n’a pas toujours le temps de se retourner pour analyser ce qui lui est dit et pour prendre en considération la crédibilité de ceux qui le disent, d’autres s’en chargent, de sorte que la grande tromperie, celle du gros méchant qui ne mérite que la potence et celle de ce pauvre peuple qui n’attend que la main humanitaire pour le libérer ne passent plus. Voici à titre d’exemple l’entrevue accordée par le sociologue, Alain Soral, à une radio française portant spécifiquement sur cette dernière mise en scène. 

http://www.dailymotion.com/embed/video/xr6uz6<br /><a href= »http://www.dailymotion.com/video/xr6uz6_irib-2012-05-29-a-soral_news &raquo; target= »_blank »>Irib 2012.05.29 A.Soral</a> <i>par <a href= »http://www.dailymotion.com/Hieronymus20&Prime; target= »_blank »>Hieronymus20</a></i>

Thierry Meyssan, journaliste français bien connu et fondateur du site Voltaire.

http://www.dailymotion.com/embed/video/xr60jg<br /><a href= »http://www.dailymotion.com/video/xr60jg_irib-2012-05-28-th-meyssan_news &raquo; target= »_blank »>Irib 2012.05.28 Th.Meyssan</a> <i>par <a href= »http://www.dailymotion.com/Hieronymus20&Prime; target= »_blank »>Hieronymus20</a></i>

Il y a eu trop de mensonges par le passé, trop de crimes commis et de guerres sanglantes, fondés sur la tricherie et la manipulation, pour que cette fois, ces mêmes menteurs et manipulateurs, puissent nous en passer une autre. Ce sont eux qui ont fait plus de 100 000 morts en Libye sans verser une seule larme et là, devant 100 morts dont nous ne connaissons toujours pas les coupables, ils sont prêts à partir en guerre pour en faire des dizaines de milliers d’autres. Non, merci, je n’embarque pas. 

De dernière heure

Une enquête des observateurs de l’ONU reconnaît que “moins de 20 victimes sur les 108 répertoriées ont été tuées par des tirs d’artillerie” et que la vaste majorité des victimes a été “exécutée à bout portant”. Ce dernier élément ne peut que cibler les mercenaires qui tuaient ainsi à coup portant leurs victimes.

Le rapport gouvernementale conclue que  » des groupes armés ont tué des familles pacifiques », a annoncé le général Kassem Jamaleddine, au cours d’une conférence de presse, affirmant que ces familles « avaient refusé de se soulever contre l’Etat et étaient en désaccord avec les groupes armés », en référence à l’opposition armée qui combat les troupes gouvernementales.

Quelques références : 

http://www.alterinfo.net/L-affaire-de-Houla-illustre-le-retard-du-renseignement-occidental-en-Syrie_a77194.htmlhttp://www.agoravox.tv/actualites/international/article/syrie-massacre-de-houla-paroles-d-35277

http://www.alterinfo.net/Syrie-le-massacre-de-Houla-offre-opportunement-aux-Etats-Unis-un-motif-pour-une-intervention-militaire_a77008.html 

http://www.liberte-algerie.com/international/syrie-le-chef-des-observateurs-previent-d-un-risque-de-guerre-civile-apres-le-massacre-de-houla-qui-a-fait-plus-de-90-morts-178879 

http://www.alterinfo.net/Guerre-civile-en-Syrie-et-ingerence-occidentale-Les-escadrons-de-la-mort-de-l-OTAN-ont-ils-oeuvre-a-Houla_a76987.html 

http://www.alterinfo.net/notes/Syrie-Moscou-exige-une-enquete-objective-de-l-ONU-sur-la-tragedie-de-Houla_b4315005.html 

http://www.alterinfo.net/Le-gouvernement-syrien-nie-toute-responsabilite-et-donne-sa-version-des-faits_a76964.html

 

Oscar Fortin

Québec, le 3 juin 2012

http://humanisme.blogspot.com

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