Pensées poétiques et élevées sur le véritable amour


À tant entendre parler de violence, d’injustice, de haine politique, de crimes sordides, de corruption, de sentences contestées, d’économie mondiale précaire, mon moral tangue dangereusement vers la dérive.

J’ai eu le goût de me ressourcer dans la pensée de deux mystiques qui ont marqué la spiritualité au treizième siècle.

Le poète Rumi (Djalal ad-Din Muhammad) est un mystique perse qui a profondément influencé le soufisme. Son nom est intimement lié à l’ordre des «derviches tourneurs» ou mevlevis, une des principales confréries soufies de l’islam, qu’il fonda dans la ville de Konya en Turquie.

On appelait le poète Rumi le Maître tant ses écrits étaient vénérés.

Mais, la plupart de ses écrits lui furent inspirés par son grand ami, Shams ed Dîn Tabrîzî, dont le nom signifie «soleil de la religion.»

Entre eux, dès leur première rencontre, une grande histoire d’amour débuta. Jusqu’à cette rencontre, Rumi n’avait jamais connu l’amour qui fait battre le cœur et vous change. Ces deux hommes se comprenaient totalement, et s’aimaient d’un amour inconditionnel.

Voici quelques extraits des quarante règles du soufisme et quelques pensées poétiques et élevées sur le véritable amour.

La soie ressemble à l’amour. Les vers détruisent la soie qu’ils produisent en sortant de leur cocon. C’est pourquoi les éleveurs doivent choisir entre la soie et le ver à soie. Le plus souvent, ils tuent le ver quand il est encore dans le cocon afin de tirer intact le fil de soi.

Le philosophe Ibn Arabi a déjà dit de Rumi (en le voyant marcher derrière son père) : Gloire à Dieu! Un océan marche derrière un lac.

Sa coupe est pleine à ras bord, et pourtant il faut qu’il parvienne à ouvrir la porte de son âme afin que les eaux de l’amour puissent couler librement dans les deux sens.

Bienheureuse et riche est votre vie, pleine et complète – à ce que vous croyez. Jusqu’à ce que quelqu’un arrive et vous fasse comprendre ce que vous avez raté tout ce temps. Tel un miroir qui reflète plus ce qui manque que ce qui est là, il montre les vides de votre âme – les vides que vous avez refusés de voir. Ce qui compte c’est de trouver l’âme qui va compléter la vôtre. Trouvez celui qui est votre miroir!

Y a-t-il moyen de comprendre ce que signifie l’amour sans d’abord devenir celui qui aime?

Leur amour l’un pour l’autre est si visible et si intense, ce qu’ils partagent est si unique, qu’on ne peut s’empêcher d’être déprimé, en leur présence, frappé par la révélation qu’un lien d’une telle force manque dans votre propre vie.

Rumi dit que nous n’avons pas besoin de chercher l’amour en dehors de nous. Il suffit d’éliminer en nous les barrières qui nous tiennent éloignés de l’amour.

Le soufi dit : «Je dois m’occuper de ma rencontre intérieure avec Dieu plutôt que de juger les autres. Un érudit orthodoxe, cependant, est toujours à guetter les fautes des autres. Mais n’oubliez pas que la plupart du temps, celui qui se plaint des autres est en faute lui-même.»

Tout amour, toute amitié sincère, est une histoire de transformation inattendue. Si nous sommes la même personne avant et après avoir aimé, cela signifie que nous n’avons pas suffisamment aimé.

Il faut continuer à marcher bien qu’il n’y ait aucun lieu où arriver. L’univers tourne, constamment, sans relâche, ainsi que la terre et la lune, mais ce n’est rien d’autre qu’un secret enraciné en nous, êtres humains, qui fait tout bouger.

La voie de la vérité est un travail du cœur, pas de la tête. Faites de votre cœur votre principal guide! Pas votre mental. Affrontez, défiez et dépassez votre ego avec votre cœur.

L’intellect relie les gens par des nœuds et ne risque rien, mais l’amour dissout tous les enchevêtrements et risque tout. L’intellect est toujours précautionneux et conseille : Méfie-toi de trop d’extase! Alors que l’amour dit : Oh, peu importe, plonge!

Quoi qu’il arrive dans ta vie, si troublant que tout te semble, n’entre pas dans les faubourgs du désespoir. Même quand toutes les portes restent fermées, Dieu t’ouvrira une nouvelle voie. Sois reconnaissant. Il est facile d’être reconnaissant quand tout va bien. Un soufi est reconnaissant non pas pour ce qu’on lui a donné, mais aussi pour ce qu’on lui a refusé.

Est, Ouest, Nord ou Sud, il n’y a pas de différence. Peu importe votre destination, assurez-vous seulement de faire de chaque voyage un voyage intérieur. Si vous voyagez intérieurement, vous parcourrez le monde entier et au-delà.

La quête de l’amour nous change. Tous ceux qui sont partis à la recherche de l’amour ont mûri en chemin. Dès l’instant où vous commencez à chercher l’amour, vous commencez à changer intérieurement et extérieurement.

Il y a plus de faux gourous et de faux maîtres dans ce monde que d’étoiles dans l’univers. Ne confonds pas les gens animés par un désir de  pouvoir et égocentriste avec de vrais mentors. Un maître spirituel authentique n’attirera pas l’attention sur lui ou sur elle, et n’attendra de toi ni obéissance absolue ni admiration inconditionnelle, mais t’aidera à apprécier et à admirer ton moi intérieur. Les vrais mentors sont aussi transparents que le verre.

Ne tente pas de résister aux changements qui s’imposent à toi. Au contraire, laisse la vie continuer en toi. Et ne t’inquiète pas que ta vie soit sens dessus dessous. Comment sais-tu que le sens auquel tu es habitué est meilleur que celui à venir?

La seule vraie crasse est celle qui emplit nos cœurs. Les autres se lavent. Il n’y a qu’une chose qu’on ne peut laver à l’eau pure : les taches de la haine et du fanatisme qui contaminent notre âme. On peut tenter de purifier son corps par l’abstinence et le jeûne, mais seul l’amour purifiera le cœur.

Les opposés nous permettent d’avancer. Ce sont pas les similitudes ou les régularités qui nous font progresser dans la vie, mais les contraires. Tous les contraires de l’univers sont présents en chacun de nous. Le croyant doit donc rencontrer l’incroyant qui réside en lui. Et l’incroyant devrait apprendre à connaître le fidèle silencieux en lui. Jusqu’au jour où l’on atteint l’étape d’isan-i-Kamil, l’être humain parfait, la foi est un processus graduel qui nécessite son contraire apparent : l’incrédulité.

Il n’est jamais trop tard pour se demander : suis-je prêt à changer ma vie? Suis-je prêt à changer intérieurement? À chaque instant, à chaque nouvelle inspiration, on devrait se renouveler, se renouveler encore. Il n’y a qu’un moyen de naître à une nouvelle vie : mourir avant la mort.

Une vie sans amour ne compte pas. Ne vous demandez pas quel genre d’amour vous devriez rechercher, spirituel ou matériel, divin ou terrestre, oriental ou occidental … Les divisions ne conduisent qu’à plus de divisions. L’amour n’a pas d’étiquettes, pas de définitions. Il est ce qu’il est, pur et simple. L’amour est l’eau de la vie. Et un être aimé est une âme de feu! L’univers tourne différemment quand le feu aime l’eau.

À tous, une très belle journée épanouissante!

Carolle Anne Dessureault

 

13 Commentaires

Classé dans Actualité, Carolle-Anne Dessureault

13 réponses à “Pensées poétiques et élevées sur le véritable amour

  1. Elyan

    On aime lorsque l’on sait pourquoi on aime, lorsqu’on sait que même dépourvu du paraître, l’être l’emporte, lorsqu’au delà du temps avec ou sans joie le coeur demeure touché et se plaît à garder tant les traces de ses essais-erreurs que celles des offrandes reçues. Cela paraît simple mais c’est le plus difficile à reconnaître et à accepter.

    Sinon, il m’est apparu que l’on n’aime sans réserve que ce qui nous est prêté avec grâce, ce que l’on ne peut posséder vraiment, ce que l’on ne maîtrise pas, soit l’essence des autres. Comme un don du ciel l’amour et l’amitié, même brisés, demeurent les seuls précieux gages de notre existence, ceux qui nous rappellent qui nous sommes, ceux qui nous identifient face aux autres et ceux qui nous confirment qui nous sommes.

  2. VIOLON DE MON PREMIER AMOUR

    Violon de mon premier amour
    Aux mains d’une petite blonde,
    Tu danses de comiques rondes
    Et pleure le lac de mon jour.

    Violon de mon premier chagrin
    Aux mains de petite Lucie,
    Tu vis. Et virevolte ainsi
    La cascade de mon matin.

    Sur tes quatre cordes de fer
    Une fée gamine et scolaire
    -C’est la muse de ma Lucie-

    Danse et chante, sans dire un mot,
    De fol amour triste rondeau.
    Mais en est-il encor ainsi?

  3. Estelle

    Quel magnifique cadeau pour le coeur et l’âme, vous me faites ce matin! Un présent désaltérant et nourrissant que l’être traversant déserts, tempêtes, noirceur, dangers, doute et difficultés de toutes sortes apprécie au plus haut point. Vous êtes « allumeuse de réverbères » comme dans le Petit Prince. Douce journée à vous!

  4. Jean-François Belliard

    Et un être (qui se sent) aimé est une âme de feu!

  5. @ CAD

    Puisqu’on parle de soufis, un ruba ici en exemple, et un lien vers la traduction la plus populaire par FitzGerald du Rubaïyat d’Omar Khayyam.

    Ah, Love! could you and I with Him conspire
    To grasp this sorry Scheme of Things entire,
    Would not we shatter it to bits–and then
    Re-mould it nearer to the Heart’s Desire!

    http://classics.mit.edu/Khayyam/rubaiyat.html

    pjca

    Une branche du soufisme: derviche en danse/transe/

  6. @Eylan et Paul Laurendeau

    Merci. Très touchant.

    Carolle Anne

  7. @Estelle

    Justement je pensais à vous ce matin, je me disais qu’il y avait longtemps que nous n’avions eu de contact.

    Merci, vous faites monter ma joie.

    Carolle Anne

  8. @Jean-François Belliard

    Tout juste! Une belle âme de feu.

    Bonne journée.

    CAD

  9. @Pierre JC Allard

    Merci pour le poème.

    CAD

  10. @ Elyan

    « On n’aime sans réserve que ce qui nous est prêté avec grâce, ce que l’on ne peut posséder vraiment, ce que l’on ne maîtrise pas, soit l’essence des autres  »

    Je le crois aussi

    PJCA

  11. Pingback: Pensées poétiques et élevées sur le véritable amour | LA VIDURE

  12. Gyl de Pavie

    Merci CarolleAnne, continuez, sachez que votre lumière arrive régulièrement jusqu’ici dans le Gers, en France.

  13. @Gyl de Pavie

    Merci pour votre mot sympathique. C’est bon à lire.

    Carolle Anne

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