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Les anti-américains…américains

Gaëtan Pelletier

P.S.: M. Bibeau étant en voyage et en préparation de textes qui seront publiés dans les semaines à suivre, je vous soumets un article publié sur mon blogue. Il est lu chaque jour depuis sa mise en ligne en novembre dernier.Bref, il  est non seulement d’actualité, mais aiguisé dans la vision interne de ce qu’on nomme l’Amérique….

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C’est la question que nous nous posons tous: que pensent les étatsuniens de leur pays? À en croire l’article de John Pilger… la même chose que nous. L’attitude des États-Unis est jugée de l’intérieur mais, on dirait, bien étouffée par une élite dirigeante. Comme toute «démocratie», elle n’existe plus qu’en format vernis, ainsi que la grande illusion qu’ils s’obstinent à entretenir à un coût exorbitant. C’est déjà là une blessure interne infligée à ce peuple qui cherche la paix, alors qu’on leur vend une guerre «perpétuelle» sous toutes ses formes.

« L’histoire sans mémoire », écrivait le magazine Time à la fin du 20eme siècle, « confine les Américains dans une sorte de présent éternel. Ils sont particulièrement incapables de se souvenir de ce qu’ils ont infligé aux autres, par opposition à ce qu’ils ont fait pour eux. »

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John Pilger

Mourn on the fourth of July

Adaptation d’une conférence « Empire, Obama et le Dernier Tabou » donnée par John Pilger à Socialisme 2009 à San Francisco, le 4 juillet.

Texte Original
Mourn on the 4th of July (*)
http://www.johnpilger.com/page.asp?partid=539

Traduction VD pour le Grand Soir  http://www.legrandsoir.infohttp://www.legrandsoir.info/Aux-larmes-citoyens.html

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Un jour j’ai demandé à une amie, grand correspondant de guerre et humaniste, Martha Gellhorn, de m’expliquer ce terme. « Je vais vous dire ce que signifie « anti-américain », m’a-t-elle répondu. « C’est comme ça que les gouvernements et les intérêts qu’ils défendent appellent ceux qui honorent l’Amérique en s’opposant à la guerre et au pillage des ressources naturelles, et qui croient en l’humanité. Il y a des millions de ces anti-américains aux Etats-Unis. Ce sont des gens ordinaires, qui n’appartiennent à aucune élite, et qui jugent leur gouvernement en termes moraux, même s’ils emploient eux-mêmes plutôt le terme de « décence élémentaire ». Ils ne sont pas vaniteux. Ce sont des gens qui ont une conscience éveillée, qui constituent le meilleur du peuple américain. On peut compter sur eux. Ils étaient dans le Sud avec le mouvement de défense des droits civiques pour faire abolir l’esclavage. Ils étaient dans la rue pour exiger la fin des guerres en Asie. Certes, ils disparaissent de temps en temps, mais ils sont comme des graines sous la neige. Je dirais qu’ils sont véritablement exceptionnels. » EXTRAIT.

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La mousson avait tissé d’épais voiles de brume au-dessus des hauts plateaux du centre du Vietnam. J’étais un jeune correspondant de guerre et je bivouaquais dans le village de Tuylon avec une unité de marines US investis de la mission de gagner les coeurs et les esprits. « Nous ne sommes pas ici pour tuer, » a dit le sergent, « nous sommes ici pour partager la Liberté à l’Américaine comme indiqué dans le Manuel de Pacification. L’objectif est de gagner les coeurs et les esprits des gens, comme c’est écrit à la page 86. »

Le titre de la page 86 était WHAM [Win Hearts And Minds – « gagner les coeurs et les esprits » mais aussi une onomatopée pouvant être traduite par BANG – NdT]. L’unité du sergent était appelée une compagnie d’action combinée, ce qui signifiait, dit-il, « Les lundis, nous les attaquons, et les mardis nous gagnons leurs coeurs et leurs esprits ». Il plaisantait, mais pas tant que ça. Debout sur une jeep à la limite d’une rizière, il a annoncé par porte-voix : « Sortez, tout le monde. Nous avons du riz, des sucreries et des brosses à dents pour vous. »

Silence. Pas l’ombre d’un mouvement.

« Bon, écoutez bien les niakoués, ou vous sortez de vos cachettes ou nous irons vous chercher ! »

Les habitants de Tuylon sont finalement sortis et se sont mis en rang pour recevoir des paquets de riz long grain Uncle Ben’s, des tablettes de chocolat, des ballons gonflables et plusieurs milliers de brosses à dents. Trois WC portables jaunes alimentés par batteries furent mis de côté en attendant l’arrivée du colonel. Lorsque le colonel est arrivé le soir, le chef du district fut convoqué et les WC portables dévoilés.

« M. le Chef du District, et vous tous, » a dit le Colonel, « ces cadeaux représentent plus qu’un ensemble d’objets. Ils portent l’esprit de l’Amérique. Mesdames et messieurs, il n’y a pas d’autre endroit au monde comme l’Amérique. Elle est la lumière qui me guide, et qui vous guidera aussi. Voyez-vous, là-bas chez nous, nous nous disons que nous avons beaucoup de chance de vivre dans la plus grande démocratie que le monde ait jamais connue, et nous voulons partager notre bonne fortune avec vous tous, braves gens. »

Thomas Jefferson, George Washington et Davy Crockett ont eu droit de cité. Il a prononcé maintes fois le mot « phare » et tandis qu’il évoquait la « cité sur la colline » de John Winthrop, les marines ont applaudi, et les enfants ont applaudi aussi sans avoir compris un traître mot.

C’était une belle démonstration de ce que les historiens appellent « l’exceptionnalisme », cette notion selon laquelle les Etats-Unis ont le droit divin d’apporter ce qu’ils appellent la liberté et la démocratie au reste de la planète. Il ne pouvait surtout pas être dit que ces termes cachaient simplement un système de domination, ce que Martin Luther King décrivait, peu avant son assassinat, comme « la plus grande source de violence au monde ».

Comme l’a fait remarquer ce grand historien des peuples, Howard Zinn, Winthrop, avec sa « cité sur la colline », faisait référence à une colonie du 17eme siècle dans le Massachusetts, Bay Colony, nimbée d’une bonté et d’une noblesse infinies. Mais sa description était rarement confrontée à la réalité de la violence des premiers colons pour qui le fait de brûler vifs 400 Indiens Pequot constituait « une joie triomphante ». Les massacres innombrables qui ont suivi, écrit Zinn, étaient justifiés par « l’idée que l’expansionnisme américain était l’oeuvre d’une volonté divine ».

Il y a peu, j’ai visité le Musée Américain d’Histoire, dans le cadre des célébrations du Smithsonian Institution à Washington, DC. Une des expositions les plus populaires était « Le Prix de la Liberté : les Américains en guerre ». C’était pendant les vacances et des longues files de visiteurs, dont de nombreux enfants, défilaient respectueusement devant une sorte de grotte du Père Noël dédiée à la guerre et à la conquête et où des messages sur la « grande mission » de la nation étaient dispensées. On y trouvait un hommage rendu aux « américains d’exception qui ont sauvé un million de vies » au Vietnam, où ils étaient « déterminés à stopper l’expansion communiste. » En Irak, d’autres coeurs vaillants « ont effectué des frappes aériennes d’une précision sans précédent. » La description révisionniste de deux des crimes les plus épiques des temps modernes était moins choquante que l’ampleur des omissions.

« L’histoire sans mémoire », écrivait le magazine Time à la fin du 20eme siècle, « confine les Américains dans une sorte de présent éternel. Ils sont particulièrement incapables de se souvenir de ce qu’ils ont infligé aux autres, par opposition à ce qu’ils ont fait pour eux. » De manière ironique, c’est Henry Luce, le fondateur de Time, qui avait prédit en 1941 que le « siècle américain » serait celui d’une « victoire » sociale, politique et culturelle américaine sur l’humanité et le droit « d’exercer sur le monde tout le poids de notre influence, pour les objectifs qui nous conviennent et par les moyens qui nous conviennent. »

Tout ceci n’est pas destiné à vous faire croire que les Etats-Unis ont l’exclusivité d’une telle vanité. Les Britanniques ont souvent présenté leur violente domination d’une bonne partie du globe comme une avancée naturelle de gentlemen chrétiens qui cherchaient d’une manière altruiste à civiliser les indigènes, et les historiens de la télévision moderne perpétuent ce mythe. Les Français aussi célèbrent toujours leur « mission civilisatrice » sanglante.

Avant la deuxième guerre mondiale, le mot « impérialiste » était considéré comme une médaille politique que l’on arborait avec fierté en Europe, alors qu’aux Etats-Unis on lui préférait le terme « age de l’innocence ». L’Amérique était différente du Vieux Continent, affirmaient les mythologistes. L’Amérique était la Terre de la Liberté, indifférente aux conquêtes. Mais que dire alors de l’appel de George Washington en faveur d’un « empire à construire », et celui de James Madison pour « jeter les fondations d’un grand empire » ? Que dire de l’esclavage, du vol du Texas au Mexique, de la soumission sanglante de l’Amérique centrale, de Cuba et des Philippines ?

La mémoire nationale qui est imposée relègue ces éléments dans les marges de l’histoire et le mot « impérialisme » a été pour le moins discrédité aux Etats-Unis, surtout après qu’Adolf Hitler et les fascistes, avec leurs idées de supériorité raciale et culturelle, aient légué un sentiment de culpabilité par association d’idées. Après tout, les Nazis étaient eux aussi fiers d’être des impérialistes, et l’Allemagne aussi était « exceptionnelle ». L’idée d’impérialisme, le mot même, fut littéralement bannie du vocabulaire américain, « parce qu’il attribuait à tort des motivations immorales à la politique étrangère de l’occident, » selon un historien. Ceux qui persistaient à employer ce terme étaient « inspirés par la doctrine communiste » ou des « nègres intellectuels qui avaient des comptes personnels à régler avec le capitalisme blanc ».

Pendant ce temps, la « cité sur la colline » continuait à être le phare de la rapacité tandis que le capital US s’apprêtait à réaliser le rêve de Luce en recolonisant les empires européens après la guerre. C’était « la marche en avant du libre entreprise ». En réalité, la marche était impulsée par le boom d’une production subventionnée dans un pays qui n’avait pas été ravagé par la guerre : une sorte de socialisme pour les grandes entreprises, ou un capitalisme d’état, qui a permis à l’Amérique d’accaparer la moitié des richesses de la planète. La pierre angulaire de ce nouvel impérialisme fut posée en 1944 lors d’une conférence des Alliés à Bretton Woods, dans le New Hampshire. Présentée comme « des négociations pour la stabilité économique », la conférence a marqué le début de la conquête par l’Amérique de la majeure partie du reste du monde.

Ce que l’élite américaine exigeait, écrit Frederic F Clairmont dans The Rise and Fall of Economic Liberalism (montée et déclin du libéralisme économique – ndt), « n’était pas des alliés mais des états serviles. Ce que Bretton Woods a donné au monde est un plan totalitaire visant à accaparer les marchés mondiaux. » La Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International, la Banque Asiatique de Développement, la Banque Interaméricaine de Développement et la Banque Africaine de Développement ont été créées comme autant d’armes entre les mains du Trésor américain pour organiser et contrôler le nouvel ordre. L’armée américaine et ses alliés étaient chargés de monter la garde devant ces institutions « internationales », tandis qu’un « gouvernement invisible » des médias imposerait le mythe, selon Edward Bernays.

Bernays, décrit comme le père de l’ère des médias, était le neveu de Sigmund Freud. « Le mot propagande », écrivit-il, « était devenu un gros mot à cause des Allemands… alors j’ai du chercher d’autres termes [tels que] Relations Publiques. » Bernay a eu recours aux théories de Freud sur le contrôle du subconscient pour promouvoir la « culture de masse » destinée à cultiver la peur des ennemis officiels et la servilité du consumérisme. C’est Bernay qui, au nom des industries du tabac, a fait campagne auprès des femmes américaines pour les convaincre que fumer était un acte de libération féministe, en qualifiant les cigarettes de « torches de la liberté » ; et c’est sa notion de désinformation qui a été employée pour renverser des gouvernements, tels que celui de la démocratie guatémaltèque en 1954.

Mais, plus que tout, l’objectif était de distraire et d’éliminer les pulsions sociales-démocrates des travailleurs. Le Big Business, perçu jusqu’alors par l’opinion publique comme une sorte de maffia, fût élevé au rang de force patriotique. La « libre entreprise » devint une divinité. « Au début des années 50, » écrit Noam Chomsky, « 20 millions de personnes par semaine regardaient des films sponsorisés par l’industrie. L’industrie du divertissement fut enrôlée pour servir la cause et présenter les syndicats sous les traits de l’ennemi, un intrus qui vient perturber l’ « harmonie » du American Way of Life… Tous les aspects de la vie sociale étaient visés, les écoles, les universités, les églises et même les programmes de divertissement en étaient imprégnés. En 1954, la propagande commerciale dispensée dans les écoles publiques équivalait à la moitié des dépenses effectuées pour les livres scolaires. »

Le nouveau mot en « isme » était l’américanisme, une idéologie dont la particularité est de nier sa qualité d’idéologie. Récemment, j’ai vu la comédie musicale de 1957 Silk Stockings (Belle de Moscou en français – NdT), avec Fred Astaire et Cyd Charisse. Entre les merveilleuses scènes de danse sur une musique de Cole Porter, on entend des gages de loyauté qui auraient pu être écrits par le colonel au Vietnam. J’avais oublié à quel point la propagande était ouverte et généralisée ; les Soviétiques n’étaient vraiment pas à la hauteur. Un serment de fidélité à tout ce qui était américain est devenu un engagement idéologique auprès des monstres du Big Business : de l’industrie de l’armement et de la guerre (qui aujourd’hui consomme 42% des impôts) jusqu’à l’agroalimentaire (qui reçoit 157 milliards de dollars de subventions par an).

Barack Obama est l’incarnation de cet « isme ». Dès ses premiers pas dans la vie politique, son thème récurrent n’a pas été « le changement », comme le slogan de sa campagne électorale, mais le droit de l’Amérique à diriger et à organiser le monde. En parlant des Etats-Unis, il dit « nous dirigeons le monde en combattant le mal qui menace et en défendant le bien suprême… Nous devons diriger le monde en créant une armée du 21eme siècle afin de garantir la sécurité de notre peuple ainsi que celle de tous les peuples. » Et aussi : « Au siècle dernier, dans les moments de grand danger, nos dirigeants ont fait en sorte que l’Amérique, par ses actes et par son exemple, mène le monde et que nous défendions et luttions pour les libertés chéries par des milliards de personnes au-delà de nos frontières ».

Depuis 1945, par ses actes et par l’exemple, les Etats-Unis ont renversé 50 gouvernements, dont des démocraties, écrasé 30 mouvements de libération et soutenu des tyrannies de l’Egypte au Guatemala (voir les écrits de William Blum). Bombarder est un acte typiquement américain. Après avoir bourré son gouvernement de va-t-en-guerre, de copains de Wall Street et des pollueurs rescapés des administrations Bush et Clinton, le 45eme président ne fait que maintenir une tradition. La farce au sujet des coeurs et des esprits à laquelle j’ai assisté au Vietnam se répète aujourd’hui dans les villages d’Afghanistan et, par procuration, ceux du Pakistan, qui sont les guerres d’Obama.

Dans son discours prononcé lors de la remise de son prix Nobel de Littérature 2005, Harold Pinter a dit que « tout le monde savait que des crimes terribles avaient été commis par l’Union Soviétique dans la période d’après-guerre, mais les crimes américains commis à la même époque n’ont été que vaguement rapportés, encore moins documentés, encore moins reconnus comme tels. » C’est comme si « Rien ne s’était passé. Rien du tout. Même lorsque ça se passait, rien ne se passait. Il faut tirer son chapeau à l’Amérique… déguisée comme une force de bien universel. C’est un numéro d’hypnose brillant, génial même, et très efficace. »

Tandis qu’Obama envoie des drones pour tuer (depuis janvier) quelques 700 civils, certains progressistes distingués se réjouissent que l’Amérique soit redevenue une « nation d’idéaux moraux », selon les mots de Paul Krugman dans le New York Times. En Grande-Bretagne, l’élite a longtemps vu l’exceptionnelle Amérique comme un lieu propice pour exercer « l’influence » britannique, bien que ce ne soit qu’en tant que laquais ou marionnette. L’historien pop Tristram Hunt dit que l’Amérique sous Obama est un pays « où se produisent des miracles ». Justin Webb, jusqu’à récemment le correspondant de la BBC à Washington, se réfère béatement, comme le colonel au Vietnam, à la « cité sur la colline ».

Derrière cette façade « d’intensification du sentiment et de détérioration de la signification » (Walter Lippmann), les Américains ordinaires s’agitent comme peut-être jamais auparavant, comme s’ils avaient renié la déité du « Rêve Américain » selon laquelle la prospérité était garantie à ceux qui travaillaient dure et dépensaient avec parcimonie. Washington a été submergée par des millions de courriers électroniques rageurs envoyés par des gens ordinaires qui exprimaient une indignation que l’élection d’un nouveau président n’a pas calmée. Au contraire, ceux qui ont perdu leur emploi ou leur maison voient le nouveau président récompenser des banquiers escrocs et des militaires obèses, et se consacrer pour l’essentiel à protéger le clan Bush.

Je pense qu’un populisme émergera dans les prochaines années et déclenchera une force puissante qui sommeille dans les profondeurs de l’Amérique et qui a connu un passé glorieux. On ne peut pas prédire la direction qu’il prendra. Néanmoins, c’est cet authentique américanisme issu de la base qui a donné le droit de vote aux femmes, la journée de travail de 8 heures, l’impôt progressif et l’étatisation. A la fin du 19eme siècle, les populistes ont été trahis par des dirigeants qui les ont poussés au compromis et à fusionner avec le Parti Démocrate. Le règne d’Obama donne une impression de déjà vu.

Ce qui est le plus extraordinaire avec les Etats-Unis aujourd’hui, c’est le rejet et le mépris, exprimé sous maintes formes, envers l’omniprésente propagande historique et contemporaine diffusée par le « gouvernement invisible ». Des sondages crédibles ont depuis longtemps confirmé que plus de deux tiers des Américains avaient des opinions progressistes. Une majorité veut un gouvernement qui prenne soin des plus démunis. Ils seraient prêts à payer plus d’impôts pour garantir une couverture médicale à l’ensemble de la population. Ils veulent un désarmement nucléaire total. 72 pour cent veulent la fin des guerres coloniales US, et ainsi de suite. Ils sont informés, subversifs, et même « anti-américains ».

Un jour j’ai demandé à une amie, grand correspondant de guerre et humaniste, Martha Gellhorn, de m’expliquer ce terme. « Je vais vous dire ce que signifie « anti-américain », m’a-t-elle répondu. « C’est comme ça que les gouvernements et les intérêts qu’ils défendent appellent ceux qui honorent l’Amérique en s’opposant à la guerre et au pillage des ressources naturelles, et qui croient en l’humanité. Il y a des millions de ces anti-américains aux Etats-Unis. Ce sont des gens ordinaires, qui n’appartiennent à aucune élite, et qui jugent leur gouvernement en termes moraux, même s’ils emploient eux-mêmes plutôt le terme de « décence élémentaire ». Ils ne sont pas vaniteux. Ce sont des gens qui ont une conscience éveillée, qui constituent le meilleur du peuple américain. On peut compter sur eux. Ils étaient dans le Sud avec le mouvement de défense des droits civiques pour faire abolir l’esclavage. Ils étaient dans la rue pour exiger la fin des guerres en Asie. Certes, ils disparaissent de temps en temps, mais ils sont comme des graines sous la neige. Je dirais qu’ils sont véritablement exceptionnels. »

John Pilger

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La culture des petits baigneurs

Gaëtan Pelletier

On distingue le « profilage criminel » de l’« analyse criminelle » : le premier consiste à déterminer un profil psychologique d’après les éléments en évidence dans les délits commis, et est généralement pratiqué par des psychologues ou des psychiatres, qui font donc ici fonction de « profileurs ». L’analyse criminelle, elle, est une utilisation de l’outil informatique pour aider les enquêteurs (rapprochement de données de fichiers judiciaires, cartographies, etc.).

Le profilage criminel, tel qu’on l’utilise actuellement dans les services de police, est né aux États-Unis, où il fut consacré dans les années 1950 : le psychiatre James A. Brussel fut sollicité par les services de police pour les aider à résoudre une série d’attentats à la bombe qui frappèrent notamment les salles de cinéma de New York entre 1940 et 1956. C’est la précision du profil qu’il établit qui permit d’arrêter le criminel. Wiki

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Être  ou ne paraître? Telle est  la question.

Jétan Pelleté

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La bourse où l’avis?

La question de Cyberpresse : Vers une récession mondiale?

La crise de la dette qui secoue les États-Unis ainsi que la zone de l’euro risque-t-elle de provoquer une nouvelle récession à l’échelle planétaire? Êtes-vous confiant que la crise va se résorber sur les deux fronts?

Maximum : 150 mots

On dirait qu’il y a un minimum d’intervenants à ce genre de débat désigné  « place publique ».

Tous des « grosses têtes », des spécialistes. Des chargés de cours, des économistes, des administrateurs chevronnés (Françoise Bertrand Présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec) et le …démarqué Gaétan Frigon. Président exécutif de Publipage inc. et ancien président-directeur général de la Société des alcools du Québec et de Loto-Québec.

Tous ces gens-là ont l’air d’avoir un cerveau qui fonctionne aux métastases : une sorte de repousse de neurones qui naviguent dans un océan d’optimisme pur comme il y a 10,000 ans.

On leur donne un puzzle et ils découpent les pièces pour remonter le bateau.

1000 morceaux.

Les frigonneries et le petit baigneur

Gaétan Frigon

Président exécutif de Publipage inc. et ancien président-directeur général de la Société des alcools du Québec et de Loto-Québec

LA RAISON VA L’EMPORTER

La crise de la dette qui secoue à la fois les États-Unis et la zone euro va se résorber, mais va laisser des séquelles à court et à long terme. Toutefois, lesdites séquelles n’iront pas jusqu’à une nouvelle récession planétaire. Aux États-Unis, chacun en est encore au niveau d’établir son positionnement pour les élections de 2012, les démocrates voulant protéger l’intégrité de Medicare et de Medicaid, et les républicains, incluant les membres du Tea Party, voulant s’assurer qu’il n’y aura pas d’augmentations de taxes. À la fin, je suis persuadé qu’il y aura une entente de réduction des dépenses et d’augmentation des revenus d’environ 4000 milliards sur 10 ans. Ce devrait être suffisant pour éviter le pire tout en sauvant la face de chacun. Pour ce qui est de la zone euro, c’est à la fois pire et mieux qu’aux États-Unis. Pire parce que les pays affectés (Grèce, Espagne, Irlande, Italie) sont les plus pauvres et peuvent difficilement augmenter les taxes au niveau nécessaire sans créer de remous dans la population, mieux parce que les pays forts comme l’Allemagne ne laisseront pas la zone euro s’éclater, car ils auraient trop à perdre. Donc, dans les deux cas, la raison va l’emporter sur la politique partisane.

La raison va l’emporter! Eh! Comme disait Richard Desjardins : « J’travaille su moué ».

Non, « lesdites séquelles n’iront pas jusqu’ une nouvelle récession planétaire ». Je suppose que c’est la Slovénie, pays de 2 millions d’habitants  qui va en souffrir?

De quoi s’inquiéter de « l’information » et du contenu des journaux. On dirait une piscine d’écrits qui sert à stabiliser le PH pour ne pas trop inquiéter le peuple. Quand c’est trop acide, on sort la grosse tasse de PH +.
Tout baigne. On veut des baigneurs, mais on ne veut pas qu’ils soient avertis qu’ils peuvent se fondre dans l’acide

Je dois me répéter, mais Monsieur Frigon et les autres me rappellent l’histoire de cette blonde,  fière d’avoir réussit son puzzle en six mois.

–          Mais il n’y a que 20 morceaux.

–          Regardez, c’est écrit, de 3 à 6 ans.

Le grand livre des blonderies

Nous sommes rendus dans une période de «crise du confort», c’est-à-dire que nous réalisons pour la première fois qu’une génération devra peut-être diminuer son train de vie par rapport à celui de la génération précédente. Nous faisons face à un phénomène mondial de niveau de dépense désiré par rapport au niveau de dépense raisonnable.

( Chargé de cours au HEC)

Ce qui m’apparaît comme la plus grande menace, ce ne sont pas les statistiques sur l’endettement des pays en difficulté, mais le fait que leurs dirigeants politiques de ces pays et la très grande majorité de leurs citoyens ne sentent pas l’urgence d’agir, de définir une solution, de créer un consensus pour que tous les agents économiques mettent ensemble l’épaule à la roue. ( M.Économiste)

Peut-être serait-il plus juste de dire que s’est révélée la crise latente de l’État-providence. Il y a quatre ans, nos politiciens accusaient les banques; aujourd’hui, ce sont les banques qui semoncent nos gouvernements. On évoque même la faillite potentielle de plusieurs gouvernements, y compris celui des États-Unis. De toute évidence, les promesses interventionnistes ne sont pas au rendez-vous et l’endettement de nos gouvernements plombe les possibilités de reprise. Cette crise se résorbera-t-elle? Pour cela, il faudrait que les citoyens cessent de rêver au retour des Nordiques et du prince charmant, et qu’ils obligent les politiciens à mettre de l’ordre dans les finances publiques. Titre : Crise de l’État-Providence) Un professeur à l’École nationale d’administration publique du Québec).

Notre inquiétude est cependant tempérée par le fait que le Québec possède plusieurs atouts pour bien traverser cette période tumultueuse. Or, le secteur des ressources naturelles demeure en excellente santé grâce aux économies émergentes, qui ont grandement besoin de matières premières. Bien entendu, il faut que notre société permette l’exploitation de nos ressources naturelles puisque le développement économique se fait dans l’intérêt de la collectivité québécoise. Présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec) Cyberpresse

Avez-vous besoin d’aide pour jaunir les énoncés de sirop d’érable et de cabane à sucre?  On dirait un examen de secondaire 5.

Qu’ils s’engagent un écrivailleur de talent pour se « produire » et se reproduire. On dirait une laine de mouton mais pas de mouton.

Jack et Rose

C’est du Cameron… L’art de transformer un désastre en une histoire d’amour : Celle des médias qui savent cibler les « intellectuels » riches et les Jack courtisans.

C’est juste un film…

C’est pour ça qu’on doit craindre les hyper-diplômés.

On a créé un registre d’armes à feu, on devrait en créer un pour les armes de pouvoir  de ces gros canons détêtés.

Les diplômes on les livre, on  les vend,  sans savoir si certains peuvent  s’en  servir à bon escient.

C’est dangereux de se faire les voir tirer avec autant de poudre et si peu de plomb…

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Dimitri Soudas, l’OGM de la politique

Gaëtan Pelletier

Ottawa — Un des membres du conseil d’administration du Port de Montréal soutient que lui et deux collègues ont fait l’objet de pressions politiques de la part de l’homme de confiance de Stephen Harper pour nommer au poste de président le candidat préféré du gouvernement conservateur. Hélène Buzetti, Le Devoir

Commençons par le commencement de la fin

Le chef du Bloc québécois accuse Stephen Harper et son directeur des communications, Dimitri Soudas, d’avoir travaillé avec l’entrepreneur Tony Accurso pour faire nommer Robert Abdallah au poste de PDG du port de Montréal.

C’est le début…

Gilles Duceppe envoie sur You Tube 3 ou 4 enregistrements que vous pourrez écouter à la suite de l’article.  La Presse a également publié des textes des conversations. M. Harper défend son « responsable » … Qui lui également nie totalement ces allégations:

Questionné de près par les journalistes jeudi matin, le chef conservateur Stephen Harper a pour sa part nié en bloc toutes accusations d’ingérence dans ce dossier et il a ajouté que ces allégations étaient tout à fait fausses.

Réagissant à cette controverse, le directeur des communications de Stephen Harper, Dimitri Soudas a lui aussi rejeté toutes ces allégations et assuré que le bureau du premier ministre Harper était totalement étanche à toute forme d’influence extérieure.

Interrogé sur le contenu de l’enregistrement cité par Gilles Duceppe, Dimitri Soudas a répondu qu’il s’agit d’une conversation privée et que dans de tels cas les gens peuvent déclarer ce qu’ils veulent, mais cela ne signifie pas que ce soit vrai pour autant.

Selon M. Soudas, les choses sont « claires comme le cristal » au bureau du premier ministre et personne n’y exerce ce genre d’influence.

Radio-Canada

Le cristal charbonneux de M. Soudas

Le problème de M. Soudas est qu’il n’est non seulement lié au sénateur Léo Housakos, mais que M. Housakos semble lié à un certain Tony Accurso. Encore là, le Canada est un tout petit pays… Mais il faut jeter un œil sur l’œuvre de Dimitri Soudas, son passé, pour juger celui qui prétend que ce ne sont que «  bouette de fin de campagne ».

Voici un petit portrait tracé par une journaliste de la Presse, soulignant la méthode Soudas, ainsi que les rapports de celui-ci avec les journalistes.

Faites-moi un dessin…

Que pensent les journalistes de la méthode « coffre-fort » de M. Soudas?

Chez les journalistes, Dimitri Soudas est presque universellement haï. Il faut dire que les conservateurs, à leur arrivée au pouvoir, ont changé les règles du jeu pour la presse parlementaire. Les journalistes ne sont plus informés de l’heure et du lieu des réunions du cabinet. Du coup, «il y a certains ministres qu’on ne voit plus jamais», souligne Hélène Buzzetti, du Devoir, présidente de la tribune de la presse à Ottawa. Et, surtout, l’équipe des communications de Harper a imposé dès le départ aux scribes une pratique qu’ils abhorrent. Pour poser une question en conférence de presse, occasion devenue rarissime, ils doivent s’inscrire sur une liste. C’est Dimitri Soudas qui choisit quel journaliste pourra poser sa question. Officiellement, personne n’est mis à l’index. Dans les faits, certains membres de la tribune n’ont pas eu de question depuis des années. «Le problème avec cette liste, c’est la possibilité que ça lui donne de faire du favoritisme», dit Hélène Buzzetti.

Le nouveau directeur des communications est décrit comme un être soupe au lait, rancunier, caustique, tant par les journalistes que par des acteurs du monde politique. «Mais pourquoi vous vous intéressez à lui?» s’exclame spontanément une personnalité associée aux conservateurs. «C’est un harceleur. Tu dis quelque chose qu’il n’aime pas, il ne te lâche plus. Il t’inonde de cochonneries», dit un journaliste.

Un matin de décembre 2008, Vincent Marissal, chroniqueur politique à La Presse, donne une entrevue à la radio dans laquelle il critique les conservateurs. Avant même la fin de l’entretien, Soudas lui envoie un courriel agressif sur son BlackBerry. «As-tu fini avec ton spin bloquiste?» Marissal lui répond qu’il va garder ce courriel, question d’illustrer la technique Soudas dans une future chronique. «Trente secondes plus tard, il m’a appelé. Il était dans son auto et il hurlait.» Katia Gagnon, Cyberpresse

Le passé : consommer de vieilles nouvelles rancies

En 209, j’avais tenté de cerner  » la cerne autour du bain » conservateur, pour en savoir un peu plus sur cet univers serpentin de la politique. Je me suis retrouvé devant un étonnant Dimitri Soudas.

On oublie, hélas, les vieilles chroniques du temps passé. Nous sommes de grands consommateurs de quotidien, et nous oublions parfois de garder en mémoire les petits « scandales » qui piquent sans trop détruire . L’un enterrant l’autre… Mais si ceux-ci apparaissent « différents », on peut dire que la culture de la propagande du 21e siècle a fait bien des progrès. En fait, plus on en cultive, plus nous en mangeons, et plus nous en mangeons, moins nous voyons les fausses transformations. L’apparence finit par « avoir du goût.

Le duo Laurel et Hardy

Laurel et Hardy formèrent un couple comique du XXe siècle, un duo du cinéma américain de l’Entre-deux-guerres, réunissant Stan Laurel et Oliver Hardy et basé sur un rapport de force et de protection, souvent dans des bagarres ritualisées et polies (pas de critique sociale). Ils ont joué dans de nombreux films burlesques muets et parlants.

Les voici:

Depuis quelques jours, cette soirée fait des vagues sur la colline parlementaire à Ottawa, où les conservateurs doivent répondre à des allégations de conflit d’intérêts et de « trafic d’influence » puisque c’est en effet la firme BPR, dont Housakos est le président de la filiale TerrEau, qui a obtenu un gros contrat pour la réfection du pont Champlain.

Housakos a travaillé fort dès le début des années 2000 pour convaincre plusieurs communautés, dont la sienne, d’abandonner la tradition du vote libéral.

Sa proximité avec le gouvernement conservateur à Ottawa, qui distribue des milliards en ce moment au moyen des programmes d’infrastructures, lui conférerait aussi, toujours selon nos informateurs, un poids certain au Québec. Son cercle d’amis comprend plusieurs noms qui ont surgi ici et là dans l’actualité. Des amis que l’on retrouve ensuite souvent pas très loin de lui, que ce soit en politique ou dans les affaires.

En premier lieu, son ami d’enfance Dimitri Soudas, conseiller et porte-parole de Stephen Harper. Soudas et Housakos ont dû se défendre pendant l’hiver 2008 d’allégations d’ingérence politique en faveur de la firme Rosdev, du puissant homme d’affaires Michael Rosenberg, plutôt influent à Outremont. Léo Housakos, Rue Frontenac

Jeux de société

Si vous n’avez rien à faire, et que vous voulez vous amuser, nul besoin de vous acheter un jeu de société. Suffit de googler : tapez Soudas  BPR TerrEau, Housakos, GéniEAU, Dumont, Tremblay, Harper, sénateurs, Accurso, contrats, élections, collusion, etc.

Bref, créez votre « propre » monde à partir du cerne autour du bain… Vous arriverez aux tentacules d’un monde poli dont les ramifications vous feront oublier le cordon emmêlé de votre coupe-bordure.

La politique est tellement liée au monde des affaires dans un tortillage pestilentiel qu’il faut se boucher le nez pour jouer.

J’en ai pris un long comme ça…

Les partis (sic) de pêche…

La firme de génie-conseil BPR a payé au fil des ans des voyages de pêche à des élus de municipalités avec qui elle brasse des affaires. Des fonctionnaires du ministère des Affaires municipales ont également pris part à ces excursions de trois ou quatre jours toutes dépenses payées, a appris Le Devoir.

Il ne s’agit toutefois pas d’une pratique isolée. Selon les informations recueillies par Le Devoir, des dirigeants de la firme d’ingénierie Dessau invitent régulièrement à la chasse et à la pêche des clients potentiels ou déjà établis au camp appartenant au club privé Mazana, dans les Laurentides. Chez Dessau, on affirme que la firme n’est pas membre de ce club privé bien que «probablement» elle le connaisse. Dessau n’avait aucun commentaire à faire quant à la possibilité que des dirigeants de la firme puissent en être membres puisqu’il s’agit «d’adhésions personnelles».

Chez BPR, interrogée à trois reprises sur ces voyages, on a refusé de faire quelque commentaire que ce soit après avoir reconnu toutefois que l’entreprise possède bien un camp de pêche. Celui-ci est situé sur les bords du lac Wilkin, à environ 50 kilomètres au nord-est de La Tuque, dans la réserve faunique des Laurentides.

Des maires et des conseillers municipaux de différentes municipalités de la région de Charlevoix ont participé à des voyages de pêche à la fin des années 1990 et au début des années 2000 à l’invitation de BPR. À la même époque, d’importants contrats d’assainissement des eaux (égout) étaient projetés dans la région. Ont suivi des contrats concernant l’eau potable, dont une usine de filtration à Saint-Irénée conçue par BPR.

«De beaux voyages» Kathleen Lévesque, Le Devoir ( Disposaglelogins)

L’avenir

Monsieur Soudas a un bel avenir. Et tout le talent qu’il faut…

À 13 ans , il posait des pancartes pour les libéraux.

De la graine qui pousse vite… Et qui se transforme…

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Classé dans Actualité, Gaëtan Pelletier

François Legault, le carossier de papier


Gaëtan Pelletier

Connaissez-vous la différence entre l’éducation et l’expérience ? L’éducation, c’est quand vous lisez tous les alinéas d’un contrat. L’expérience, c’est ce qui vous arrive quand vous ne le faites pas. Pete Seege

Comme disait Jeanne d’Arc en grimpant au bûcher : l’essentiel c’est d’être cru.
Frédéric Dard

***

L’ex-ministre de l’Éducation, François Legault, propose un virage radical pour doter le Québec d’un «des meilleurs systèmes scolaires au monde» d’ici 2020. Canoe

Le plan Legault?

Ce qu’il y a de flatulent dans le « bout de la chaîne de montage », c’est encore et toujours …une abstraction. Le grand échec du système scolaire c’est d’avoir tenté de réparer un tuyau avec une bande de pédagocrates et d’administrateurs dont la seule imagination est d’ajouter de l’argent et de grossir les structures en avalant les petites… qui ne fonctionnent pas, ou mal.

Extrait :

A) Plus d’autonomie aux parents.

B) Plus d’autonomie aux directeurs. ( C’est méconnaître totalement le système actuel qui, justement, accorde à ces administrateurs tous les pouvoirs… Ceux qu’ils n’ont pas, ils le prennent en déjouant les règles).

C) Alléger les structures administratives. ( Un copier-coller des fusionnements des villes. Dix petits organismes pour en faire un gros. Plus il est gros, plus il est important, plus il faut payer…) .

« Cela signifie que le taux de diplomation passerait à 85 % au secondaire, à 75 % au cégep et à 80 % à l’université. »

C’est ce qu’on tente de faire en ce moment en faisant travailler les profs, ces incompétents coupables qui devraient être virés. On les force à aplanir les notes pour « faire passer » les élèves. Pour réussir le plan Legault sans passer par le plan Legault on a qu’à fixer le taux d’échec à 12% au lieu de 17%. Et si ça ne fonctionne pas, on aplanira jusqu’au plancher.

Qu’on se donne la peine d’aller fouiller dans les structures de financement des commissions scolaires, dans l’application des administrateurs « poussés » par le ministère et, souvent, dans le petit monde retors des batailles de pouvoirs ou du lustre.

Qui sont les incompétents qui ont engagé des pédagogues chorégraphes-peintres qui se copient-collent entre eux dans une toile constituée d’une floraison d’organigrammes à donner des nausées.

C’est de l’éducation ou de la peinture?

On pourrait sans doute vendre ces œuvres sur la Rue du Trésor à Québec, aux touristes en mal de petits tableaux « made in Québec ».

Les concepteurs de programmes

Curieusement, M. Legault n’en parle pas. Au lieu d’aller voir l’ingénieur de la Ford-T, il décide de virer les travailleurs de la ligne de montage…

Le plan Legault, c’est le syndrome du gars qui pousse son chariot accoté à un mur et qui pense aller loin et vite.

Qu’on demande à ceux qui sont en éducation ce qui ne fonctionne pas en éducation.

Quand vous voulez améliorer votre pelouse, téléphonez-vous à un philosophe?

Lettre au Devoir

Voilà une lettre d’un enseignant retraité.

perro blanco
Inscrit

mercredi 13 avril 2011 09h42

Réforme Legault, son inspiration, sa méprise

La réforme Legault est directement tirée de l’extrême droite américaine et considère l’école comme une entreprise, les enseignants comme des chefs d’entreprises soumis aux lois de la concurrence, de la productivité et de la rentabilité, et les élèves, comme de la matière qu’ils peuvent façonner à leur guise, des cruches qu’on remplit plus ou moins vite, de la plasticine qu’on transforme, bon gré mal gré, en électriciens, mécaniciens, informaticiens, ingénieurs, médecins, etc.
Si M. Legault voulait ainsi lancer un débat, il aura réussi, mais il aura réussi du même coup à montrer son ignorance et sa propre incompétence. IL EST DONC CONGÉDIÉ, L’IGNARE!
Comme enseignant retraité, je peux dire sans me tromper qu’on n’aurait rien ajouté à ma compétence, à mes performances et à mon rendement en ajoutant 15000$ à mon revenu annuel. À ma résistance physique et émotionnelle non plus, surtout si on m’avait suspendu une épée de Damoclès au-dessus de la tête et menacé à n’importe quel moment de congédiement si les cibles n’étaient pas atteintes, comme si l’élève, les parents, la société, les programmes, le manque de ressources de toutes sortes n’étaient pour rien dans l’atteinte ou non du succès.
Pas étonnant qu’enseignants, syndicats, ministres, commissions scolaires et même parents aient rejeté du revers de la main une proposition aussi stupide qu’injuste.
En effet, en offrant une si généreuse augmentation de salaire aux enseignants contre l’abandon de leur sécurité d’emploi et la soumission à des évaluations régulières selon des critères qui n’ont RIEN à voir avec leur compétence – comme si on congédiait un médecin pour ne pas avoir réussi à sauver la vie à un cancéreux – il se rendait coupable d’une méprise hautement condamnable, soit celle d’avoir eu comme prémisse que le problème, ce sont les profs.
Pas fort, Legault! Pour moi, t’es viré! Le Devoir, Éducation

La confession du viré

M. Legault a aussi dû expliquer pourquoi il n’avait pas mis en place les mesures qu’il prône aujourd’hui du temps où il était ministre de l’Éducation, entre 1998 et 2002. «En 1998, j’arrivais en politique, a-t-il répondu, j’avais tout à apprendre. J’ai commencé à semer, mais je pense que la décentralisation et la responsabilisation doivent aller une étape plus loin. Je prends une partie du blâme.»

Je suis désolé, mais M. Legault a encore tout à apprendre.

Si vous trouvez que le domaine de la construction au Québec est corrompu, vous devriez mettre les pieds dans une école. Je vous conseillerais de vous engager comme concierge.

Mon voisin est un concierge retraité, et vous seriez surpris de le voir analyser le système scolaire.

On fait ça, l’été, en regardant nos potagers chacun de notre bord de clôture.

À chaque fois je me demande comment un concierge peut en savoir autant sur l’école…

Probablement que la propreté est le fondement de sa pensée…

Et qu’il sait reconnaître une tache dans un ensemble de carrelages…

Il sait que la saleté se cache dans les recoins.

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Classé dans Actualité, Gaëtan Pelletier

La délocalisation : aux urnes citoyens!

 

Gaëtan Pelletier

( En remplacement de François Marginean)

Présentation des éditeurs :
Ce livre révèle que le monde des affaires mène une véritable guerre contre l’emploi. Des milliers de postes, même hautement qualifiés, sont constamment détruits en France, en Europe, comme aux États-Unis, pour être transférés en Chine et en Inde. Une quête du profit à court terme où les salaires sont sacrifiés à l’avidité des actionnaires.

Le scandale des délocalisations entraîne le lecteur dans les coulisses d’une réalité, dont l’ampleur et la gravité sont soigneusement occultées par les dirigeants d’entreprises et les responsables politiques. Il découvrira comment un fonds crée par Nicolas Sarkozy pour lutter contre la crise finance les délocalisations. Il apprendra comment l’Union européenne, déjà impuissante à créer des emplois, s’empresse de détruire ceux qui existent.

En délocalisant massivement, les industriels occidentaux sont tombés dans un véritable piège, soigneusement tendu par l’Inde et la Chine, et les bénéfices de la mondialisation leur échappent désormais.

Au terme de cette enquête emplie de révélation, Le scandale des délocalisations pose une question cruciale : un pays peut-il perdre ses emplois et continuer de prospérer ?

***

Le phénomène

La délocalisation est loin d’être un phénomène nouveau. On parle de 1980… Mais la dernière décennie a été un jeu de « cycles économiques » qui a accentué une manière de faire des industries qui pourrait amener le déclin de l’Occident. Du bien pour certains, pour d’autres, d’ici peu, elle pourrait mettre à  genoux les sociétés dites développées.

Si on mettait bout à bout tous les « déménagements » depuis cette dernière décennie, le « profil comptable » pourrait avoir l’allure d’un graphique aux courbes en chutes.

Sim  pour les compagnies, les raisons évoquées sont évidemment les coûts de main-d’œuvre, dans certains cas il peu s’agir d’une manière camouflée d’augmenter les profits sans regard aux dommages faits à la classe ouvrière, ni aux « pays ».

La paupérisation des travailleurs des pays  industrialisés peut même coûter très cher si on combine les effets dévastateurs des pertes d’emploi et des petits salariés qui finissent par être soutenus par l’État.

La question suivante est celle-ci : la délocalisation va-t-elle éponger un peu la misère des pays émergents?

Rien n’est sûr.

EXTRAIT ( Le journal du net )

Le racket sur l’argent public

« Un employé de Wal-Mart coûte annuellement 2 103 dollars aux contribuables. »

« Malgré des revenus, huit fois supérieurs à ceux de Microsoft, la rapacité des dirigeants du groupe reste sans limites. Ils ont détruit l’emploi aux États-Unis mais mettent à contribution  l’État  et les contribuables américains, contraints de payer pour leurs employés trop mal rémunérés.

Ces « travailleurs pauvres » ont fait l’objet d’une enquête accablante. Réalisée par le groupe démocrate au sein du Comité de la Chambre des Représentants pour l’Éducation et le Travail. Elle a conclu que bon nombre de salariés de Wal-Mart sont si mal payés qu’ils ont droit à l’aide gouvernementale pour les plus démunis, malgré un système de protection sociale pourtant peu réputé pour sa générosité.

Selon les calculs effectués, le gouvernement fédéral américain (et donc les contribuables) dépense notamment pour deux cents employés de Wal-Mart 108 000 dollars par an pour les frais de santé aux enfants, 125 000 dollars en crédits et déduction d’impôts, 42 000 dollars pour une aide au logement.

Le rapport conclut que ces deux cents employés de Wal-Mart coûtent annuellement aux contribuables un total de 420 000 dollars soit 2 103 dollars par employé. »

PREMIER EXEMPLE

LONDRES, 6 mars (Reuters) – HSBC (HSBA.L: Cotation)(0005.HK: Cotation) pourrait délocaliser son siège londonien à Hong Kong, selon un article publié dimanche par le Sunday Telegraph.

La première banque d’Europe estime les taxes trop élevées à Londres et l’administration trop lourde. Le journal cite des investisseurs anonymes qui disent avoir compris qu’un déménagement était « plus que probable ».

« Aucune décision n’a pour le moment été prise », a fait savoir un porte-parole, qui a reconnu que de nombreux investisseurs institutionnels s’interrogeaient sur le poids financier que représente pour la banque un siège à Londres.

La nouvelle taxe sur les actifs bancaires qui sera mise en place cette année en Grande-Bretagne coûterait environ 600 millions de dollars à HSBC, au regard du bilan de fin décembre.

Face au mécontentement du contribuable britannique, qui a supporté le coût des sauvetages des banques RBS (RBS.L: Cotation) et Lloyds (LLOY.L: Cotation), et qui voit d’un mauvais oeil l’augmentation des bonus des banquiers, la classe politique britannique se montre de plus en plus offensive en matière de mesures prises à l’encontre

(Rosalba O’Brien et Keith Weir, Catherine Monin pour le service français) Fr Reuters

La délocalisation au Québec

Whirlpool

En 2002, l’usine d’appareils électroménagers Whirpool, de Montmagny, sur la Rive-Sud du Saint-Laurent près de Québec, a fermé ses portes, jetant à la rue ses 550 employés tout en semant la consternation dans la population de cette petite municipalité mono-industrielle typique du Québec des années cinquante.

GE

L’année suivante, en 2003, c’était au tour du géant GE – passé dans le giron de l’entreprise mexicaine Camco – de fermer son usine ontarienne de Hamilton pour concentrer toute sa production dans ses installations de Montréal-Est, la seule et dernière usine canadienne où l’on fabriquera encore, en 2013, des appareils électroménagers. Rue Frontenac

Stryker Medical

Et tout récemment, à L’Islet, tout près de Montmagny,   Stryker Médical a décidé de transférer ses installations au Mexique. 300 emplois dans un village de 4,000 habitants.

U.S. Cotton

Le fabricant de tissus cosmétique et médical U.S. Cotton ferme son usine située à Lachine, à Montréal, et délocalise ses emplois aux États-Unis.

Les employés montréalais gagnaient entre 15 et 20$ de l’heure. Selon ce qu’on nous a dit, ces salaires seront plutôt de 12$ de l’heure. En commençant, les employés touchent bien souvent en bas des 10 $ de l’heure.

Électrolux

Aussi soudaine et inattendue qu’elle a semblé, l’annonce de la fermeture de l’usine d’Electrolux de L’Assomption et la mise à pied de ses 1 300 travailleurs d’ici 2013 s’inscrivent par ailleurs dans une logique industrielle très prévisible.

L’usine de L’Assomption, où l’on fabrique un éventail d’appareils électroménagers pour le compte de la multinationale suédoise Electrolux, est un rare vestige de l’époque post-industrielle de production d’objets de consommation de masse. À l’exception de l’usine Camco, dans l’est de Montréal, toutes les usines de fabrication d’appareils électroménagers ont disparu du paysage industriel canadien. . Rue Frontenac

Pourquoi déménager l’usine de l’Assomption à Memphis? La compagnie avait reçu une aide de 2.5$ millions d’investissement Québec. Perdu? Et qui est Investissement Québec?

En fin de compte, le travailleur.

***

Les discussions ne sont toujours pas terminées. Il reste aussi à savoir ce qu’il adviendra du déficit du régime de retraite, qui s’élève à 10 millions de dollars. La fermeture de l’établissement devrait coûter 65 millions.

Electrolux, qui a dégagé un bénéfice de 615 millions en 2010, a justifié sa décision en prétendant que les coûts de transport sont trop élevés au Québec. Elle a aussi insisté sur les généreuses subventions reçues de l’État du Tennessee. Là-bas, le géant mondial s’est effectivement fait dérouler un tapis rouge de 132 millions de dollars. La Ville de Memphis et le comté ont promis de lui verser 20 millions chacun. L’État fournira pour sa part une enveloppe de 92 millions. La construction de l’usine, un complexe de 700 000 pieds carrés qui coûtera 190 millions, commencera en 2011. Elle embauchera 1200 personnes. Le Devoir

Pour abréger l’histoire, la plupart des mouvements de délocalisation avalent une richesse collective et s’en vont ailleurs… pour aller ailleurs.

Pour Memphis, c’est de la relocalisation. Qui sait si dans 10 ans, après avoir siphonné la ville, le pays, Électrolux n’ira pas s’implanter en Inde ou au Mexique?  C’est plus proche. Proche du profit…

 

Après deux siècles de pauvreté et d’humiliation,

la Chine impose à présent au monde entier ses conditions.

Chine, Inde, Russie, Mexique…

Tous ces pays, jadis de « sous-traitance », imposent de plus en plus leurs conditions. Mais l’histoire n’est pas terminée : avec ça, on importe les cerveaux qui vont avec la Hig-Tech.

Externalisation. Beau terme!

Carri-All… Voilà que le transfert porte bien son nom

La fermeture de l’usine et du centre de distribution situé à Pointe-aux-Trembles entraînera à terme la perte de 375 emplois, dont 210 employés permanents et environ 165 travailleurs temporaires ou sur appel. La fabrication de systèmes d’étagères se terminera en mars, tandis que celle de chariots de provisions prendra fin en juin. Cari-All explique sa décision par la montée du dollar canadien et la concurrence chinoise.

C’était en 2008.

La méthode pour garder ces usines est d’aller supplier  ces compagnies,  et cela, sans effet.

La Caisse de dépôt et placement du Québec continue de chercher des solutions dans le dossier Cari-All

Évidemment, l’opération n’a pas réussi. Voici la réponse dans une lettre d’échange.

Qu’a donc emporté Cari-All avec elle?

Monsieur,

Vous avez fait valoir par la voie des médias que la Caisse de dépôt et

placement du Québec, à titre d’actionnaire de la société Cari All, aurait dû empêcher la fermeture de l’usine de Marien. Nous vous rappelons que la Caisse est actionnaire minoritaire à la hauteur de 40 % de Cari All et que les autres actionnaires sont : le Régime de retraite des employés municipaux de l’Ontario (OMERS), la famille fondatrice ainsi que la compagnie Wanzl formant la majorité de l’actionnariat. Branchez-Vous

40% de la Caisse de Dépôt, un régime de retraite ( l’OMERS), c’est peu. Bien sûr, ce n’est pas perdu. Du moins, en argent.

Allons voir Wiki :

Au plan social

Les délocalisations ont de nombreuses répercussions sur le plan social dans les pays subissant les délocalisations. Les principales sont de :

  • Générer des licenciements, et des pertes d’emplois indirects, difficiles à compenser dans les pays présentant des faiblesses compétitives.
  • Être utilisé comme une menace et donc comme un moyen de pression sur les conditions de travail (amplitude horaire quotidienne, travail de nuit, durée des congés payés, sécurité sociale, âge et taux de retraite) lorsque celles-ci posent un problème économique.
  • Entraîner la faillite de certains sous-traitants d’entreprises ayant délocalisé. Lorsqu’une entreprise délocalise en pays à bas coût et licencie son personnel, elle s’accompagne souvent également de la suppression d’emplois chez de nombreux sous-traitants directs (fournisseurs de pièces diverses) et indirects (restauration, artisans,…). Par exemple : lorsqu’un constructeur automobile délocalise (Ex: PSA), il ne supprime pas non seulement ses emplois, mais il supprime des milliers d’emplois chez ses fournisseurs (les équipementiers que l’on appelle les rang 1 : ex: Valeo, Faurecia,…) et les sous-traitants des équipementiers (les rang 2 : entreprises d’injection plastique, de découpage,…). Cette situation est d’autant plus difficile lorsque le sous-traitant réalise la majeure partie de son chiffre d’affaires avec le constructeur ; si celui-ci n’arrive pas à trouver de marché de compensation, il risque le dépôt de bilan !

Ces raisons expliquent pourquoi les délocalisations sont souvent mal vécues par les salariés et les sous-traitants des entreprises concernées.

Mal vécu?

Il me semble que c’est ça le but de la vie, bien vivre, autant sur le plan émotionnel que matériel. On ne parle pas des malaises psychologiques, des érosions des sociétés sur le plan humain. Il n’en est pas question.

La lente érosion n’est jamais visible d’un coup. Ni sur le plan « matériel »…

 

Détroit :cimetière à gratte-ciel

Peu de villes ont embrassé le vent galopant de l’industrialisation de masse comme l’a fait Detroit. Le déclin de « Motor City » n’en aura été que plus impressionnant, la baisse de la démographie et l’abandon de certains quartiers laissant sur place des écoles, des maisons, et des monstres architecturaux (à l’image de cette gare).

Ces photographies sont avant tout les témoins de cette tragédie humaine et urbaine dans une ville qui représentait également l’eldorado de la musique durant toute la deuxième moitié du 20ème siècle avec la maison de disque Motown, détruite depuis 2006. Comme si la ville avait subit l’arrivée incontrôlable et destructrice d’un virus ou d’une peste dévastatrice, de nombreux bâtiments symboles d’un feu effervescence architecturale comme la gare Michigan Central Station, splendeur de l’immigration ouvrière, ou le Michigan Theater semblent avoir été désertés après l’une des pires catastrophes naturelles.

Plutôt que de financer la rénovation ou la destruction, Detroit, dont l’avenue Grand Circus Park est aujourd’hui surnommée « cimetière à gratte-ciel », préfère laisser faire le temps et prôner l’abandon, contribuant de ce fait, à son propre déclin.

DETROIT, VESTIGES DU RÊVE AMERICAIN de Yves Marchand et Romain Meffre. Préface de Robert Polidori, introduction de Thomas Sugrue. Steidl, 228 pages, 88 euros. Sorti depuis le 16 décembre.

The ruins of Detroit

Le travailleur en poudre

Toute délocalisation apporte ses ruines. Les grandes, matérielles,  sont « étonnantes ».L es petites passent et repassent en laissant les travailleurs devenir les rameurs des galères des industries qui se déplacent et changent de rameur.

Hélas! Il n’y a pas de photographies pour faire le portrait de ruines intérieures de ces humains qui ont travaillé parfois toute une vie en laissant  un fonds de pension s’effriter, disparaître.

L’industrie de l’alimentation a inventé le café en poudre, le lait en poudre, la pomme de terre en poudre…etc.

Voilà l’ère du travailleur en poudre. Mourir à petit feu en laissant de petites cendres.

Ne reste plus qu’à  lui donner une urne au lieu d’une montre.

Là, il sera vraiment délocalisé…

C’est peut-être pour  cette raison qu’on nous invite à voter :

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Classé dans Actualité, Gaëtan Pelletier

L’arrivée du citoyen boulon

PARTIE 1

Un boulon crée une liaison complète, rigide et démontable, entre les pièces qu’il traverse et presse l’une contre l’autre Wiki

***

Au plus élevé trône du monde, on n’est jamais assis que sur son Cul.

Montaigne

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Dans une lettre ouverte envoyée aux médias, un regroupement de professeurs d’université dénonce le fait que l’on « n’enseigne plus à l’être humain pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il fait. »

Il y a longtemps que l’alarme est sonnée pour l’insidieux mouvement qui fait du citoyen une sorte de boulon pour les grosses machines qui s’arrachent des morceaux de pays ici et là.

Au début des années 90, les écoles commencèrent à utiliser un nouveau vocabulaire : l’élève devint un « client », et l’enseignant, un formateur. Puis le directeur, un administrateur. Un vrai. Comme les éleveurs de moutons : salaire de base plus commission au rendement.

Comme disait le comique : « Un sourd n’est pas un malentendant puisqu’il n’entend pas du tout ».

L’éducation  a calqué  le grand monde de la finance, arrachant l’âme de l’humain pour l’intégrer au monstrueux bulldozer de la mondialisation.

Aujourd’hui, tout se règle par l’administration. Sorte de panacée aux maux…qu’elle engendre. Il y a toujours une rangée de sardines de penseurs agglutinés dans leur tour à bureau.

« Je travaille dans une boîte »… L’expression est inconsciemment consacrée.

Ils pensent… Ils réfléchissent… Ils tricotent des théories souvent fumeuses, disjointes de la réalité.

Plus ça va mal, plus on en crée pour régler les problèmes.

Le système de santé du Québec en est sans doute le plus représentatif :

Depuis 2000, le personnel administratif a crû de près de 52% et les cadres de 30% dans le réseau de la santé québécois. Pendant ce temps, le personnel soignant n’a augmenté que de 6%, révèlent des données gouvernementales compilées par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).

Si bien que, actuellement, environ 108 000 employés du réseau de la santé se consacrent aux soins alors que 100 000 occupent des fonctions de gestion ou d’administration. «C’est quasiment un ratio de un pour un! On est actuellement surencadré, dans le réseau, affirme le président de la FMSQ, le Dr Gaétan Barrette. On sabre toujours du côté des soins aux patients. Il y a beaucoup de confort administratif.» CPAM

Éducation

De fait, depuis 20 ans, la tendance est à l’utilisation d’un citoyen-rivet, sorte de fondue d’acier qui sert à  joindre les industries éparpillées dans le monde.

Et l’éducation est la base de cette calamité qui se répand jusqu’au point de non-retour.

Dans L’éducation victime de cinq pièges, Ricardo Petrella avait déjà noté cette tendance dans les  années 90.

« Sous l’influence des systèmes de valeurs définis et promus par les écoles de management, axés sur les impératifs de la productivité et de la performance compétitive, prêchés par leurs commanditaires ( les entreprises), le travail humain a été réduit à une « ressource ». Présentée comme un progrès (…) cette réduction a eu deux effets majeurs.

En premier lieu, en tant que ressource, le travail humain a cessé d’être un sujet social. Il est organisé par l’entreprise (…) et par la société, dans le but prioritaire de tirer de la ressource humaine disponible la meilleure contribution possible, au moindre coût, à la productivité et à la compétitivité de  l’entreprise et du pays.

Deuxième effet : dépossédé de sa signification en tant que sujet social et, donc, « extrait » de son contexte politique, social et culturel propre, le travail humain est devenu un objet. Comme toute autre ressource, matérielle ou immatérielle, la ressource humaine est une marchandise « économique » qui doit être « librement » disponible partout. Les seules limites à son accessibilité et sa libre exploitation sont de natures financières ( les coûts).

La ressource humaine n’a pas de voix sociale, pas de représentation sociale. Il n’y a, d’ailleurs, pas de « syndicats de la ressource humaine »! Elle n’a pas, en tant que telle, de droits civiques, politiques, sociaux et culturels : elle est un moyen dont la valeur monétaire d’usage et d’échange est déterminée par le bilan de l’entreprise. La ressource humaine est organisée, gérée, valorisée, déclassée, recyclée, abandonnée, en fonction de son utilité pour l’entreprise.  ( P.13, 14, L’éducation, victime de cinq pièges.).

La boussole de l’école

Les « jeunesses hitlériennes » représentent un exemple parfait de la prise en charge par un État de l’éducation du jeune, en vue de le rendre totalement soumis et modelé à une idéologie. Existe-t-il encore aujourd’hui un tel « lavage de cerveau » éducatif pour posséder des instruments de prosélytisme et de conquête ? Jeunesse hitlérienne

L’auteur parle ici des talibans. Mais dans un monde en apparence démocratique, avec tous les pouvoirs de manipulation camouflés, est-il possible de reproduire un modèle semblable  sans que nous en ayons vraiment « conscience »?

On ne sera pas étonné, alors, malgré les vœux pieux du « renouveau pédagogique » enclenché il y dix ans, de faire un constat d’échec, comme ce fut le cas pour les passagers du Titanic : trop tard. Le bateau va trop vite.

On aperçoit le morceau de glace tout en ignorant ce qui se cache dans les  profondeurs.

Il n’y a pas que les élèves – les clients, dis-je- qui vont couler.

L’école s’est depuis longtemps affilié et imbriqué au secteur économique mondialisé.

Le client a raison, l’État a raison, et tout le monde osant  protester est traité d’ignorant ou de réfractaire. D’où le parfum de désobéissance civile qui en émane, ainsi que le grand déploiement – payé par les citoyens – pour maintenir l’ordre dans une société…ordonnée.

600$ millions pour un G, c’est coûteux.

Les « spécialistes » se présentent comme le petit diplôme des politiciens. La plupart des gens n’ayant jamais mis les pieds sur le terrain.

Les enseignants, professeurs, ne sont plus de rôle réel, du moins dans un contexte social élargi : c’est l’État qui « distribue » les compétences des « décideurs ».

Voilà pourquoi la lettre dont je vous parlais arrive trop tard.

C’est encore un piège des démocraties néolibérales qui se sont  donné pour tâche de créer le citoyen parfait pour …entreprises.

Le boulon qui pense ne vaut guère mieux.

C’est seulement que le boulon a pour tâche de « vendre » la bonne nouvelle sous tous les formats.

Tous les exécutants ont de beaux lavabos…

C’est comme ça qu’on se fait crucifier…

Avec la montée des prix des aliments, on est tout près d’être rationnés au vinaigre.

La faute est aux « changements climatiques ».

PARTIE 2

Il y a des gens qui parlent, qui parlent… jusqu’à ce qu’ils aient trouvé quelque chose à dire.

Sacha Guitry

Éducation : le rouleau compresseur des compétences

La crise économique, historique et culturelle qui traverse nos sociétés, sous des modes et formes différentes, structure un paysage de menace autour de l’institution scolaire et des pratiques éducatives. Une subjectivité et un ensemble de politiques de l’immédiat disciplinent et formatent le champ pédagogique actuel.

La pédagogie qu’on nous impose se veut exercice de développement d’armes pour la vie et le sens de l’humain à éduquer tend à devenir celui d’un homme sans qualités sur lequel l’éducateur est convié à coller des «compétences clés» pour une réussite dans la vie essentiellement définie par le critère de l’employabilité.

Dans cette «nouvelle» école, on n’enseigne plus à l’être humain pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il vaut. La connaissance n’a de valeur que si elle répond aux besoins du marché, si on peut lui accorder une valeur marchande.

En provenance essentiellement du monde de l’entreprise et relayée par une volonté technocratique d’optimiser l’efficacité des systèmes éducatifs, l’approche par compétences dans l’éducation s’introduit dans tous les pays (du nord comme du sud, à tous les niveaux des systèmes éducatifs, dans l’enseignement général comme technique), au mépris du terrain et vole un temps précieux à celui d’enseigner et d’éduquer.

Se présentant tantôt sous la forme de programmes ou pédagogies par compétences, tantôt sous de nouvelles formes d’évaluation très standardisées (quand ce n’est pas sous les trois), elle impose une logique essentiellement évaluatrice et normalisatrice du comportement, tendant à rabattre le sens de l’efficacité scolaire sur l’efficacité économique et à discréditer les connaissances. Nous pensons que, pour paraphraser Hannah Arendt, on ne saurait éduquer sans un minimum d’étanchéité de l’école aux impératifs de la recherche d’un emploi.

Nos enfants ne marchent pas tous sur le même chemin. Leurs qualités, affinités électives et ancrages socioculturels conditionnent l’état de ce chemin. Mais cela ne justifie pas que nous les appréhendions essentiellement sous la forme du manque, comme le veulent les adeptes du modèle éducatif fondé sur les compétences.

Lorsque nos institutions déterminent par exemple, à travers un «socle» de compétences, «ce que nul n’est censé ignorer en fin de scolarité obligatoire sous peine de se trouver marginalisé», que font-elles sinon entériner la fracture sociale et rendre les futurs exclus (et leurs enseignants) responsables d’une exclusion dont les racines sont ailleurs? Comment pouvons-nous instruire et éduquer sous une telle menace? Les compétences clés deviendront pour nos élèves un malheureux passeport pour la survie, nous invitant à faire un tout autre métier: construire artificiellement des comportements efficaces professionnellement et utilisables économiquement.

En la matière, l’expérience québécoise est éloquente. La réforme fondée sur les compétences, imposée depuis maintenant plus de 10 ans, a produit des ravages tels qu’aujourd’hui, ce sont les fondements mêmes de l’école publique qui sont ébranlés.

Éduquer, nous en sommes convaincus, est autre chose. Non que nous soyons agrippés aux formes académiques du passé: l’école doit répondre aux enjeux de son temps. L’un de nos défis est très certainement de parvenir à transmettre des connaissances et des savoir-faire qui «servent» aux élèves, non au sens d’une pure et simple efficacité économique et individuelle, mais d’une efficacité multiple, du sens donné au passé et au monde, de l’engagement dans la construction de l’avenir de la société…

Mais ce défi, aucune politique décidée dans l’abstrait, encore moins depuis des standards économiques et d’efficacité à courte vue, ne pourra le relever. Nous revendiquons l’expertise quant à la nécessaire invention, quotidienne et soutenue, de notre métier, l’enseignement. Et nous exigeons des instances qui nous dirigent de préférer à toute logique de pouvoir séparateur et brutal, l’accompagnement des pratiques, des recherches et expertises du terrain, afin de permettre aux enseignants de potentialiser leur puissance d’agir et de relever les défis d’une école qu’ils sont le mieux placés pour connaître.

* Les cosignataires de la lettre: Normand Baillargeon, professeur et essayiste, Université du Québec à Montréal (Québec); Gérald Boutin, professeur en sciences de l’éducation, Université du Québec à Montréal (Québec); Michel Bougard, historien des sciences, Université de Mons (Belgique); Fanny Capel, professeure agrégée de lettres, membre de l’association Sauver les lettres (France); Robert Comeau, historien, professeur associé, Université du Québec à Montréal (Québec); Kaddour Chouicha, enseignant chercheur, Université des sciences et de la technologie d’Oran (Algérie); Huguette Cordelier, ex-enseignante spécialisée, fondatrice de Sud Éducation (France); Charles Courtois, historien et professeur au Collège Royal Militaire de Saint-Jean (Québec); Liliana Degiorgis, sociologue, directrice du laboratoire de recherche de EDUCA (République Dominicaine); Angélique del Rey, professeure de philosophie et essayiste (France); Joseph Facal, professeur agrégé, Hautes études commerciales de Montréal (Québec); Luis Javier Garcés, docteur en éducation, enseignant-chercheur de l’Université Nationale de San Juan (Argentine); Willi Hajek, formateur syndical, TIE (Allemagne); Nico Hirtt, enseignant chercheur (Belgique); Ken Jones, professeur en éducation, Université de Londres (Angleterre); Sylvain Mallette, enseignant, vice-président à la vie professionnelle de la FAE (Québec); Estela Miranda, docteure en éducation, directrice du doctorat en sciences de l’éducation de l’Université nationale de Córdoba (Argentine); Rosa Nunez, membre de l’institut Paulo Freire du Portugal et professeure à la faculté de psychologie et de sciences de l’éducation de l’Université de Porto (Portugal); François Robert, consultant indépendant en éducation (France); Juan Ruiz, docteur en éducation, enseignant-chercheur de l’Université nationale de la Patagonie australe (Argentine); et Pierre Saint-Germain, enseignant, président de la FAE (Québec). Cyberpresse

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La déséducation

Gaëtan Pelletier

La pédagogie en crise

La meilleure économie que le Québec pourrait faire dans le monde de l’éducation serait de fermer boutique dans le domaine de la pédagogie et de libérer les enseignants de ce carcan contre nature. La preuve? Les insuccès des réformettes. — Georges Allaire

Les pédagogues perdent patience

Y a quelque chose de détestable dans l’attitude des pédagogues du Québec : «l’éducation est une science qui évolue, nous maîtrisons cette science, laissez-nous donc travailler en paix.»

On en voit encore une preuve dans les réactions à l’élaboration d’un bulletin unique, pour tous les élèves du Québec. «Un recul», «absurde», «triste», «inquiétant», clamaient les spécialistes des sciences de l’éducation interviewés par Le DevoirCyberpresse

Les Bob Binette Turbo, Gaëtan Pelletier

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La déséducation

Il s’agit du projet d’un enseignant. Depuis deux ou trois ans, il interroge des gens, il lit beaucoup et surtout, il chemine dans le réseau de l’éducation. Son idée a commencé à germer au temps où il étudiait à l’université si j’ai bien compris. Fin octobre/début novembre, il donne le grand coup: la diffusion du premier d’une quinzaine de webisodes, au rythme prévu d’un par semaine! Il dispose d’un site Webd’une page Facebook et d’un canal sur Twitter et sur YouTube. Déjà, certains blogues font écho à son initiative (12). Il souhaite garder l’anonymat pour le moment, mais il promet de se dévoiler au moment de la diffusion de son premier opus…

La première moitié des webisodes risque d’être liée à une opération de déconstruction. Comment en sommes-nous arrivés à la déséducation? Voyons ce que Jean Bédard pense du concept:

«Telle est l’essence de la déséducation, elle obstrue l’accès direct à ce que les sens drainent d’informations (le sens intérieur autant que les sens extérieurs). La «déséducation» est le contraire de l’observation directe qui produit normalement l’étonnement, l’émerveillement ou l’effroi devant la démesure. Avant d’être mesuré par la raison, l’univers apparaît démesuré (que ce soit l’univers intérieur ou l’univers extérieur) de sorte que l’état naturel de l’intellect consiste en cet effroi que les anciens appelaient «crainte de Dieu» (et qui n’a rien à voir avec la peur d’un juge, mais avec le sentiment de petites se devant la démesure du réel). Avec l’expérience directe de soi et de la nature peut s’installer ou se réinstaller la confiance naturelle de l’enfant. C’est à ce moment-là que la «crainte de Dieu» devient émerveillement. Mais nous n’en sommes pas là.»

Ce n’est pas le premier billet que je publie qui critique sévèrement notre façon de faire l’école. Récemment, j’ai hyperlié vers la vidéo de Erica Goldson (Valedictorian) (La meilleure élève dénonce l’enseignement scolaire dans son discours de remise des diplômes) et vers celle qui provoque énormément aux États-Unis actuellement («Waiting for Superman»). On me dirigeait en fin de semaine vers un mouvement d’artistes qui veulent réformer l’école aux États-Unis et il me semble que dans tous les recoins du Web actuellement, les initiatives pleuvent dans le même sens!  Source : mariotoutdego

***

(Québec) La bande-annonce circule sur Internet depuis quelques jours. «Un jeune enseignant lèvera le masque d’une des plus grandes supercheries de l’histoire», promet-on. La série web La déséducation, qui sera lancée fin octobre, tire à bout portant sur le système scolaire et ses ratés.

Ce jeune enseignant, qui préfère rester dans l’anonymat jusqu’au lancement du premier épisode fin octobre, affirme avoir été désillusionné dès son premier cours à l’Université du Québec à Rimouski, alors qu’il venait de s’inscrire au baccalauréat en enseignement. «Dès les premières heures, j’ai compris que quelque chose ne tournait pas rond», lance-t-il au bout du fil.

Des cours qui n’étaient pas à la hauteur, des étudiants peu motivés, beaucoup de nivellement par le bas… Le choc est brutal, raconte cet enseignant qui se décrit comme un passionné. «Ces quatre années d’université ont été comme 20 ans de pénitencier», dit-il. Daphnée Dion-Viens, Le Soleil

Ce «montage» m’a été transmis par une collègue retraitée. Il est de toute évidence de source française. Quoique très ressemblant à nos tentatives au Québec. De toute manière, les ministères utilisent le copier-coller pour trouver des solutions. Comme les élèves…

A- Enseignement 1960

Q.   – Un paysan vent un sac de pommes de terre pour 100 F.

– Ses frais de production s’élèvent au 4/5 du prix de vente.

–  Quel est son bénéfice?

B – Enseignement 1970

– Un paysan vend un sac de pommes de terre pour 100 F.

– Ses frais de production s’élève au 4/5 du prix de vente, c’est à dire 80 F.

– Quel est son bénéfice?

C –  Enseignement moderne 1970

(Réforme de l’enseignement.)

– Un paysan échange un ensemble ‘P’ de pommes de terre contre un ensemble ‘M’ de pièces de monnaie.

– Le cardinal de l’ensemble ‘M’ est égal à 100, et chaque élément sigma de ‘M’ vaut 1 F.

– Dessine 100 gros points représentant les éléments de l’ensemble ‘M’.

– L’ensemble des frais de production comprend 20 gros points de moins que l’ensemble ‘M’.

TRAVAIL DEMANDÉ : Représente ‘F’ comme un sous ensemble de ‘M’ et donne la réponse à la question :

« Quel est le cardinal de l’ensemble ‘B’ des bénéfices».  ( à dessiner en rouge).

D – Enseignement rénové 1980

– Un agriculteur vend un sac de pommes de terre pour 100 F.

– Les fais de production s’élèvent à 80 F et le bénéfice est de 20 F.

TRAVAIL DEMANDÉ : Souligne les mots «pommes de terre» et discutes-en avec ton voisin.

E – Enseignement réforme 1990

– Un peizan kapitalist privilegie sanrichir injustement de 20 F sur un sac de patat.

– Analiz le tesks er recherche le fote de contenu de gramere d’ortograf de ponktuacion et ensuite di se ki tu pense de cette maniaire de sanrichir.

F – Enseignement assisté par ordinateur 2004

– Un producteur de l’espace agricole câblé ADSL consulte en conversationnel une data.bank qui display le pay-rate de la patate.

– Il load son progiciel SAP/R3 de computation fiable et détermine le cash flow sur l’écrant ditch 0.25 mm Energy Star.

– Dessine-moi, avec ton mulot le contour 3D du sac de pommes de terre, puis logue toi au réseau Arpanot ( Deep Blue Potatoes).

– Via le SDA boucle 4.5, extraire de MIE le graphe des patates.

TRAVAIL DEMANDÉ : Respecte-t-il ainsi la norme ANSI, ISO, EIAN, CCITT, AAL?

G – Enseignement 2020

– Qu’est-ce qu’un paysan?

–  Qu’est-ce qu’une patate?

https://les7duquebec.wordpress.com/2009/11/05/lapprentiometre/

Gaëtan Pelletier

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Éducation: le génie pédagogique des Hell’s Angels

Gaëtan Pelletier

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Pour le Medef, « la compétence professionnelle est une combinaison de connaissances, savoir-faire, expériences et comportements, s’exerçant dans un contexte précis. Elle se constate lors de sa mise en œuvre en situation professionnelle à partir de laquelle elle est validable.  CV.com

En résumé, pour lui, la compétence n’est pas un état, elle est indissociable de l’action. Plus encore, elle « ne peut être séparée de ses conditions de mises en application » (1994, p. 20) : elle dépend de la situation et du contexte dans lesquels elle s’exprime. En 1994, il avance l’idée que l’essentiel de la compétence est le savoir-agir : c’est-à-dire savoir-mobiliser, savoir-intégrer, savoir-transférer des ressources dans un contexte professionnel. ( Guy Le Boterf )

Qui sont les Hell’s Angels?

Une organisation qui, comme toute organisation,  a ses règlements, ses lois, et s’adonne au développement d’activités lucratives. Des businessmen sur deux roues… En fait, c’est l’image qu’on s’en fait. Dans la réalité, c’est tout autre chose…

 

Le contrôle de l’alcool ayant été pris  par l’État, ainsi que le recul de ce même État pour « légaliser la prostitution », le registre des armes à feu également soumis au contrôle étatique, le racket des affaires entre les mains des rats souterrains de certaines compagnies flamboyantes et vantées par l’État, ceux-ci durent développer leurs propres compétences transversales.

Dans les marchés suivants :

Trafic de stupéfiant
Trafic d’armes
Racket
Recel
Proxénétisme
meurtre

On a oublié : fraudes  financières… Ce qui signifie des investissements dans des secteurs commerciaux « blancs »… Soit, l’envers des investisseurs « blancs » qui fouinent  les paradis fiscaux.

Le mal s’investit dans le bien, et le bien investit dans le mal.

C’est le Ying-yang  des yo-yo occidentaux.

Les règlements et conduites chez les Hell’s

Les membres du club sont liés par une forte loyauté et cette loyauté a très vite été utilisée par certains éléments durs du gang pour développer des activités criminelles. Ainsi, les hell’s se sont vite impliqué dans le narcotrafic et le trafic d’arme. Plus récemment, le gang a fait parler de lui pour des activités d’extorsions et de fraudes financières. Source

Chaque chapitre dispose aussi de sa propre charte qui oblige les membres a etre assidus lors des réunions ou sorties (avec un systeme d’amende en cas de manquements). La politique de recrutement du gang est trés stricte et certains affiliés doivent attendre plusieurs années avant de rejoindre les hell’s.

***
La première étape est celle du rapprochement durant laquelle un individu peut sympathiser avec des membres du gang et participer a quelques événements. La seconde étape est celle ou l’individu devient un « prospect » (il devient lié au gang sans en en être un membre a part entière) et entame une période d’apprentissage où il est appellé a faire ses preuves et a montrer sa loyauté (souvent on demande aux prospects d’aller récupérer les insignes de membres de gangs rivaux ou non officiels). Enfin la dernière étape est celle de l’initiation pendant laquelle le membre jure loyauté aux gangs et promet de respecter la charte. Source

1. Les membres doivent posséder une moto Harley-Davidson.

2. Aucun Noir ne peut être membre.

3. Il est strictement défendu d’être en contact avec de l’héroïne ou d’en consommer.
4. Il est strictement défendu d’utiliser des seringues.

5. Pas de « burns » ou autres pratiques susceptibles d’entacher la réputation du club.

6. Pas de viol.

7. Le vote unanime des membres du chapitre est requis pour passer de « official hangaround » à prospect ou de prospect à membre.

8. Un vote provincial est suffisant pour créer un nouveau chapitre ou un chapitre prospect (éventuel). La création d’un nouveau chapitre ou d’un chapitre éventuel dans une nouvelle province doit être entériné par un vote national.

9. Tout nouveau membre ou nouveau chapitre est sujet à une période probatoire d’un an.

10. Une division de chapitre doit être approuvée par tous les chapitres ou, en cas d’impasse, par une majorité de 66% des voix.

11. Toute modification des règles canadiennes doit être approuvée par tous les chapitres ou, en cas d’impasse, par une majorité de 66% des voix.

12. Les chapitres sont tenus de faire une sortie sur la route.

13. Un membre qui a des problèmes d’alcool ou de drogue sera mis en quarantaine.

14. Un membre ne peut avoir qu’un seul jeu de patches.

15. Il faut six membres (dans la rue) pour créer un chapitre ou un chapitre éventuel.

16. Les membres peuvent être 30 jours sans moto en état de marche après une sortie sur la route pendant la saison de moto.

17. Il n’y aura ni coup de feu ni feu d’artifice lors des réunions du club.

18. Un membre peut se faire tatouer son back patch après cinq ans.

19. Un membre a droit à un tatouage des Hells-Angels après un an.

20. Un membre qui quitte dans l’honneur doit faire dater son tatouage des Hells-Angels.

21. Un membre qui quitte dans le déshonneur ou qui est expulsé doit faire enlever ou couvrir son tatouage des Hells-Angels.

22. Le membre ou prospect qui prend sa retraite ou qui démissionne doit retourner à son chapitre d’origine s’il veut changer de chapitre. Ce transfert doit être approuvé par les deux chapitres. Un prospect doit devenir membre de son chapitre d’origine avant de pouvoir changer de chapitre. Mémoire du Québec

Bref, les règlements sont similaires à ceux de tout membre d’une organisation gouvernementale, de compagnies sérieuses, de membres des ordres professionnels, des députés, et…des policiers.

66% des voies requises dans les votes. Une véritable leçon de démocratie…

L’école des Hell’s

L’organisation des Hell’s a été fondée en 1948. Depuis, on  reconnaît la compétence des Hell’s Angels dans leur savoir-faire, leur savoir-être, et leur système d’apprentissage. Le  pupitre et les livres sont accessoires :  Pas de bureaux, pas de secrétaires, pas de paperasse inutile, pas de commissions à l’interne pour régler des conflits ou des « soupçons » de corruption ou de trahison.

C’est la rentabilité qui compte.

Ce qui, en termes d’approche pédagogique,  a été nommé  alternance « école-travail ». S’ajoute un  suivi rigoureux dans les embauches : Pas de comités de sélection bidon…

Ils sont assez intelligents pour se méfier de leur propre avocat…

Droit au but : celui qui passe outre la réglementation n’est pas condamné à 1/6ième de sa peine, mais à 7/6ème .

Le triptyque basique

  1. Connaître
  2. Assimiler
  3. Maîtriser

La question est la suivante : comment ont-ils pu développer une expertise du marché, une compétence aussi intrigante et, surtout, une réussite,  sans organigrammes compliqués et une armée de pédagocrates affectés? Prenez Google et tapez simplement COMPÉTENCES. Il y a là suffisamment d’organigrammes  pour tapisser le parlement du Québec.

C’est la chapelle Sixtine cornichonne de l’ère moderne.

Mais à jeter un œil sur les morphogrammes, voici une prise d’écran des deux premières pages par recherche google :

On dirait un tableau de Dali, expliqué, mais sans tableau…

Du « désart », comme dans désert…

Hell’s Angels et domaine artistique

Œuvre de Michel-Ange : Jugement dernier. Chapelle Sixtine.

Il a fallu 9 ans  à Michel-Ange pour réaliser les œuvres de la Chapelle Sixtine.

Il fut baptisé : CHUM. Pour Conflit Humano Universel Mondial. On était patient à l’époque… (Celle-là, je l’ai inventée).

Chapelle Six-Pack : Michel –Angel

Par souci environnemental, le Hell utilise son corps comme t emple, en se sculptant une voute taillé au ciseau houblon…

Vous le trouvez dégueulasse?  Bien sûr, vous avez en tête l’image de ce type parfait, mince, affable, qualifié. C’est  une image de marque…

La réalité est celle-ci :

Image: Homme d’affaires sans scrupules, obligé de se dévêtir pour entrer dans son auto.

Projet : bâtir une table

Les Hell’s procèdent par des éléments intégrés et des normes simples : Loyauté, rigidité, simplicité.

Ce qu’on ne trouve ( mais ce con se trouve)  plus dans nos  sociétés. En occident c’est : Nombrilisme, élasticité, complexité…

Une triste trilogie qui fait qu’on peut fabriquer un train en un mois, mais il faut six ans pour en décider. Encore faut-il attendre la table pour en discuter.

Si un Hell’s  se sauve avec le magot, il a une durée de vie de six semaines.

Si un investisseur s’enfuit avec le magot, il a une durée de vie…

Le Hell’s est mécanicien ( il apprend à réparer sa HD),   frère ( ou aidant naturel), psychologue  à ses minutes ( au lieu de ses heures)…

Les Hell’s règlent leurs problèmes autour d’une table de cuisine. Le monde de l’éducation fait fabriquer ses tables par des Dr en pédagogie qui vous expliquent le cerveau d’un ouvrier pendant dix ans avant d’embaucher un enseignant avec dix-sept ans de scolarité pour expliquer la méthode du pédagogue afin d’en arriver à une table.

Si les Hell’s avaient engagé des organigrammeurs (sic)  pour réaliser leurs buts, ils en seraient au …début.

Les Hell’s abattent un homme en quelques jours, un système scolaire abat une génération en 10 ans… Et encore…

Je leur reproche toutefois de ne pas accepter de « noirs » dans leur club. Il faut dire qu’en 1948, un « noir » en bus, c’était un nègre …

Mais personne n’est parfait… Car même les pédagogues ne font pas confiance à un « simple enseignant » : ils en font des nègres et blâment ces êtres inférieurs de ne pas saisir la subtilité du froufrou de leurs propos.

Euthanasie des Hell’s et euthanasie sociale

Les Hell’s, sans recourir à des commissions coûteuses,  appliquent l’euthanasie  en forme « prédicat », sans  demander la signature du « patient ». Étant donné qu’ils ne prennent pas de drogues, ils sont contre la seringue et la lenteur des procédures affectées.  Ils optent alors pour une méthode simple : l’eau et le ciment.

C’est fluide : on les coule…

En éducation, 13% , depuis 2005, coulent. Nous ignorons qui a décidé du pourcentage, mais il doit y avoir un calcul de dix ans pour en arriver là.

Hell’s et socio-constructivisme

D’abord ils procèdent à l’inverse du socio-constructivisme : le socio-déconstructivisme.

Le rôle premier de l’école est donc de faire prendre conscience à l’élève de la manière dont il construit ses schèmes et de l’encourager à en construire d’autres en espérant qu’il deviendra un constructeur de bonne qualité. » Ernst Von Glasersfeld

C’est là où le bât égratigne le talon d’Achille : une fois devenu citoyen, un sociétaire aura tendance à construire des modèles narcissiques. Hell’s, c’est le diable, Dieu c’est le citoyen.

Le post-doctorat chez les Hell’s

Il ne semble pas exister  de doctorat ou de post-doctorat  en Hellsangelerie. Ils ne vont pas étudier des théories pour construire des théories, ils  s’adonnent au socio-constructivisme de manière naturelle par souci  d’efficacité mais également dans une approche consciente de la réalité individu-groupe. Ni religion, ni crédo : loi. Un système judiciaire interne, sombrement efficace. Bien bouturé :

Si y ment = ciment.

Un copier-coller amélioré et optimisé.

Comme un grand nombre d’étudiants,   ils font un copier-coller des travers des businessmen des sociétés. Ils empruntent donc la voie des hommes d’affaires et du copinage.

Comme à l’école :

(Québec) Achat de travaux en ligne. Copier-coller de sites Web. Recyclage d’anciens travaux. Le plagiat a toujours existé, mais grâce au cyberespace, les tricheurs peuvent compter sur un nouvel allié. Entre les murs des universités, le malaise s’est installé. Daphnée Dion-Viens

***

Application : Les Hell’s investissent dans des secteurs « blancs »

Les Hells Angels ont tenté de prendre le controle d’un secteur de l’industrie de la construction

L’infiltration des Hells Angels dans le secteur de la construction a mené hier à un nouveau coup de filet de la SQ. L’industrie de la maçonnerie a échappé de peu à un monopole du gang criminel.
(…)
Le groupe de Ouimet pouvait ainsi faire entrer sur des chantiers des travailleurs non qualifiés et instaurer peu à peu un régime de terreur, de fausse facturation et de paiement des salaires au noir, visant à recycler les profits de la vente de drogue. Le but de Ouimet était clair: «prendre le contrôle de la totalité de l’industrie de la maçonnerie au Québec», a lancé l’inspecteur Michel Forget, directeur adjoint des enquêtes criminelles à la SQ. Le Devoir

J’ai enlevé trois paragraphes. Tout simplement parce qu’en vérité – d’après une enquête – 1 trafiquant sur 25 est « attrapé ».

Comme dirait le passager du Titanic : « Ce n’est que la pointe de l’Iceberg ».

Alors, quand on en attrape un, on l’étend comme le beurre du pauvre sur une tartine. Chez les Hell’s, quand on en attrape un, on l’écrase comme une tartine.

Les Hells auraient influencé des élections à la FTQ-Construction

La Presse canadienne 23 septembre 2009  Justice

Un vote crucial pour la FTQ-Construction a été manipulé avec l’aide des Hells Angels, selon ce qu’a rapporté Radio-Canada hier.

Lors de cette élection, tenue en novembre 2008 à Laval, les 122 délégués des syndicats affiliés à la FTQ-Construction ont alors voté pour choisir les successeurs de leur président, Jean Lavallée, et de leur directeur général, Jocelyn Dupuis.

M. Lavallée a pris sa retraite, tandis que Jocelyn Dupuis a été forcé de démissionner en raison d’une controverse sur ses allocations de dépenses. Le Devoir

Le succès des Hell’s : un chef . Le ratage de l’école… pas de chef.

Voilà le portrait de l’école sous la réforme et l’enfer des enseignants. L’absence d’autorité :

Toute notion d’autorité est également évacuée : maîtres et élèves ont les mêmes droits et les mêmes responsabilités. Voici la tâche de l’enseignant exposée par l’un des initiateurs de la réforme : « L’enseignant doit se creuser la tête pour créer des situations-problèmes, à la fois mobilisatrices et orientées vers des apprentissages spécifiques. (…) Il doit pratiquer un certain détachement du programme ; posséder une grande connaissance des processus mentaux des élèves ; oublier sa propre expertise pour se mettre à la place de l’apprenant ; pratiquer une gestion de classe souple dans un environnement complexe. C’est un intervenant qui planifie et organise les activités, conseille, accompagne, encourage, soutient, apprend en cours de route, fait des suggestions, mais n’impose jamais. Il soutient l’apprenant et tient compte de ses possibilités, forces, besoins et sentiments. »

C’est un sapré beau passage. Tout le monde est chef dans une démocratie de paperasse boulimique et qui mène  aux fausses-couches. La génération Jell-o… C’est ce qu’on donne aux édentés en fin de vie dans les hôpitaux. Ils ne sont plus capables de mâcher pour vivre. Notre pédagogue a pensé que « l’apprenant » n’a pas encore de dents au cégep. Passé au robot culinaire, l’apprenant,  peut  « sucer son savoir »… On l’a remit au biberon…

C’est que dans les écoles, les chefs sont devenus des couvre-chefs : ils aiment le chapeau. Pour le reste : l’habitude fait le moine. Les atrophiés des réunions confabulent… C’est dire, plus simplement, qu’ils parlent, écrivent alentour d’une table fabriqué par un crétin d’ouvrier.

Il suffirait de placer quelques Hell’s dans une organisation scolaire pour y mettre de l’ordre.

La démocratie qui a coulé les Hell’s

La guerre des motards ne fut pas l’apanage des Nomads, l’escouade de guerre des Hells Angels dirigée par Maurice Boucher, et de leur filiale des Rockers, comme l’ont cru les enquêteurs pendant de nombreuses années. En juillet 1994, tous les membres des cinq succursales du gang à Montréal (Sorel), Longueuil, Sherbrooke (Lennoxville), Québec et Trois-Rivières auraient voté pour la guerre afin de ravir par le meurtre le monopole de la vente de drogue aux Rock Machines (Bandidos) et aux revendeurs indépendants.

Les votes auraient été tenus de façon séparée, section par section, mais il n’en demeure pas moins qu’un exercice démocratique aurait mené les Hells Angels à se débarrasser de la concurrence, selon les informations fournies à la police par Sylvain Boulanger, l’ex-sergent d’armes des Hells Angels de Sherbrooke. La démocratie aurait coulé les Hells, Le Devoir

Ô! Dont tell me!

La démocratie du CHUM, à Montréal a fait avorter le CHUM… La démocratie elle-même est en train de faire avorter des pays : l’hyper-démocratie… Elle consiste à multiplier les décideurs pour donner l’image d’une démocratie en camouflant les intérêts intérieurs et,  d’un coup, bousillant les sociétés.

L’apport des Hell’s à la pédagogie

La simplicité et la rigidité d’une organisation.

Et la contre-complexité (sic) . En échappant à ça :

L’étonnement peut se penser indépendamment de l’autre, ou avec un autre transcendantal ou épistémique toujours plus ou moins représenté en termes d’objet. L’autre concret, incarné, historique, vécu, est toujours présent et actuel dans la surprise. A l’ambition de cohérence d’une logique ensidique risquant parfois l’insignifiance, a force de procédures et de rituels, une lecture transversale voudrait justement opposer un retour aux interrogations sur le sens. Transversalité, J. Ardonio

En langage de San-Antonio, ça donne ceci :  les neurones bullent au champagne.

D’après ce que je peux en saisir, on voudrait abolir l’insignifiance. Je ne sais si M. Ardonio a poursuivi son raisonnement… En abolissant l’insignifiance, il s’abolit « lui-même », emportant avec lui la race de givrés  des  neurones qui s’agitent comme des vers dans le ventre d’un ex Hell’ s Angel ayant  nagé par boursoufflure jusqu’à la plage… Le ciment s’étant désagrégé….

 

Le mystère compétence

Comme personne ne semble avoir compris, je vais vous expliquer comment on a voulu faire du ciment avec des mots.

La méthode des pédagogues pour en arriver à cette « réforme pédagogique » est d’une telle simplicité que 99% d’entre vous en refuseront l’explication.

Cette méthode  consiste à brouiller la vision de quelqu’un par une surcharge de propos et de concepts  pour suppléer au gros bon sens. C’est simplet, direz-vous. Mais la formule a bien fonctionné.

 

Les pédagogues ont tout simplement observé les élèves en apprentissage. Ils ont   disséqué, séquencé, image par image, le film de leur apprentissage et leur capacité à s’auto-développer par ledit et célèbre transversal,  et le reste.

C’est comme regarder fonctionner un moteur de tondeuse, le défaire et le remonter.

Il n’a fallu alors que  vendre cette « recette »,  ou tour de magie,  à des officiers de l’État.

C’est tout bêtement la vieille fable du renard et du corbeau.

Le renard serine au corbeau son discours savant pour s’emparer du morceau de fromage.

Il y a là une  étrangeté  saisissante : le renard ayant été élevée à la basse-cour des universités où l’on s’échange des mémoires et des thèses- dont  90% de ces œuvres ne sont pas lisibles par le simple des mortels – réussit à voler à ce perché social le fromage qu’il détient.

Le génie pédagogique des Hell’s, c’est de ne pas avoir payé quelqu’un pour leur vendre une drogue qui ne se vend pas.

Et la stupidité du système scolaire est d’essayer de faire flotter des élèves en mettant de plus en plus d’eau dans le ciment.

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Classé dans Actualité, Gaëtan Pelletier

Le bonheur à 10h10

Étant donné que le temps  n’est pas, pour moi, de l’argent, et que l’argent ne fait pas le bonheur, j’ai tout à gagner en perdant mon temps.

Pierre-Henri Cami

Le bonheur est un papillon qui, poursuivi, ne se laisse jamais attraper, mais qui, si vous savez vous asseoir sans bouger, sur votre épaule viendra peut-être un jour se poser.(Nathaniel Hawthorne)

***

Le trou

Un homme tomba dans un trou et se fit très mal.

Un Cartésien se pencha et lui dit : Vous n’êtes pas rationnel, vous auriez dû voir ce trou.
Un Spiritualiste le vit et dit : Vous avez dû commettre quelque péché.
Un Scientifique calcula la profondeur du trou.
Un Journaliste l’interviewa sur ses douleurs.
Un Yogi lui dit : Ce trou est seulement dans ta tête, comme ta douleur.
Un Médecin lui lança deux comprimés d’aspirine.
Une Infirmière s’assit sur le bord et pleura avec lui.
Un Thérapeute l’incita à trouver les raisons pour lesquelles ses parents le préparèrent à tomber dans le trou.
Une Pratiquante de la pensée positive l’exhorta : Quand on veut, on peut !
Un Optimiste lui dit : Vous auriez pu vous casser une jambe.
Un Pessimiste ajouta : Et ça risque d’empirer.

Puis un enfant passa, et lui tendit la main…

***

Sondage

J’ai fait une capture d’image d’un sondage sur le bonheur et l’argent. D’habitude il y a entre 4000 et 5000 répondants. On en était à 22 310.

Le bonheur, c’est comme ses lunettes qu’on cherche : vous l’avez sur le nez. Il faut se résoudre un jour à avoir deux paires de lunettes : l’une pour chercher l’autre… J’ai gardé mes vieilles des années 70, à la David Koresh,   dirigeant d’une secte à Waco : elles sont tellement lourdes que rien qu’en les portant je dépense des calories.

Je maigris à vue de nez…

***

Le Canada est  actuellement devenu le pays le plus convoité par ceux qui désirent immigrer.  Si on se fie à certaines études, les demandes en immigration sont tellement élevées que si le gouvernement les acceptait toutes, la population du pays atteindrait le double de ce qu’elle est présentement : 60 millions.

Deux fois plus  de gens voulant devenir riches … dans un pays riche.

Les années 50

Après que les canadiens-français – et bien d’autres nations –  eurent passé à travers la crise des années 30, en se nourrissant de carottes, de navet, de pommes de terre et autres légumes racine qui réussissaient à survivre à l’hiver, il se passa un phénomène singulier : le mal de vivre.

Le mal de vivre?

C’est assez simple : une fois les besoins primaires satisfaits notre « homo questionnus »  balbutia  le   rébus de « sa propre existence ». Désormais, il n’est plus plusieurs, il est UN.

C’est l’éclosion d’un nombril qui faisait partie d’un corps social.

Le nombre de livres et de recettes sur la réussite individuelle a été multiplié par cent, voire mille.

Et la célèbre expression : «  Je travaille sur moi ».

Ce qui fit la fortune des vendeurs. Le bonheur comme projet de vie. Le bonheur se fabrique. Le bonheur au travail. Etc.

(En voici un qui date de 2005. Trente ans de recherches…   La psychologie du bonheur, Mihaly Cskszentmihalyi )

Pendant ce temps, à l’autre bout du monde, on cherchait encore de l’eau et du riz.

De l’évier jusqu’ au petit coin

Le porteur d’eau délivré des seaux et de la recherche  des latrines, notre ami, Walter Clauset,  commença à se promener d’une l’un à l’autre. Cet exercice activa ses neurones.  Ou les endormit…

Il fut alors affecté du même syndrome que le poisson : il ne savait pas qu’il nageait dans l’eau.

Et on est tous aveugles de l’air également…

Maintenant capable d’arroser sa voiture avec un boyau, notre « homo difficultus » se rongeait les neurones comme les angoissés  se grignotent  les ongles.

Angoissé. Torturé. Anxieux. Puis enfin, le grand mot : stressé.

Débarrassé de vilaines tâches, mais appesanti par une multitude naissante de maux jusque-là inconnus, fut soudainement déboussolé.

Vinrent les grandes questions :

D’où vient cette auto?

Qu’elle est cette auto?

Où vont toutes ces autos?

Vite! Big Pharma is here!

Les benzodiazépines… Il ne dort plus : il y a des mouches sur le pare-brise de son auto. Ça l’agace…

Gloup!

Je n’y connais rien, mais O, c’est pour Oui, N, c’est pour  Non, CI, c’est pour impossible, et H3C c’est pour haché trois fois et Coupé. C’est brillant comme structure! On dirait quelqu’un en détresse psychologique ressoudé par une structure chimique.

Bang! Guéri pour la nuit…

Imaginez un habitant de la planète en train d’arroser sa laitue avec un compte-gouttes tout en regardant à la télévision un type essayant de faire lustrer son auto d’un geyser de pompier!

C’est là la relativité du « bien-être » et du mal-être. Du moins dans les besoins dits primaires. Le questionnement est un luxe de l’ère moderne à la portée de tous.

On dit : « Bien dans sa peau »… Pourquoi pas dans son âme?

Le singe avorté

Si le singe est devenu « intelligent » en allant chasser dans les fourmilières à l’aide d’une branchette,   la nécessité étant la mère  de toutes les inventions.

Mais plus maintenant…

Imaginez qu’un bon samaritain décide d’aider les singes  en leur donnant chaque jour trois fois le nombre de fourmis dont ils ont besoin dans un plat.

Plouf!

Le darwinisme est en …danger.  Le singe développera une dépendance à son bon  samaritain et s’allongera en attendant son repas. Plus besoin d’inventer d’outils.

Vous pouvez bien faire payer le singe par une grimace, mais il finira par savoir qu’il n’aura pas son plat de fourmis s’il ne la fait pas.

J’en connais plusieurs qui grimacent au travail.

Être heureux à 10h10

Le bonheur arrive de temps en temps. On ne le provoque pas. On peut bien l’appeler. Il ne vient pas. Et parfois il arrive sans qu’il soit demandé. De la visite. De la grande visite!

Le « bonheur » est une pointe dans une sorte d’ondes  d’un  graphisme des « états d’âme ».

S’il n’y a pas de temps pour être « heureux », il y a les autres. Les autres, autres que ce « moi » faisant partie d’un tout.

Ce PDG qui a une île dans le Fleuve Saint-Laurent, et qui est relié au reste du monde en hélicoptère, c’est peut-être là le rêve d’une parcelle de félicité : avoir la paix.

Hélas! Il n’y a plus de cours de cuisine à l’école où l’on apprenait aux filles à devenir des mères. Il n’y en a pas eu vraiment non  plus pour apprendre comment se déroule une vie. Comment y faire face.

On  s’occupe  à construire (sic) des abeilles et des fourmis.

Quant à l’interaction des humains donnant naissance à des humains, on en parle peu.

Personne n’est une île, mais tout le monde veut son île.

Si tout le monde a une fortune pour acheter des tomates, qui donc produira des tomates?

***

Je crois que nous sommes tranquillement devenus des analphabètes incapables de lire une réalité de ce monde : il n’y a pas de vie sans rapports humains. Et la qualité de ces vies dépend de l’attention que nous portons aux autres. Car les autres, c’est comme l’eau qui entoure les îles…

Elles n’existeraient tout simplement pas.

La vie est un voyage vers les autres.

Nous ne savons plus lire dans les yeux.

Nous ne savons plus lire l’heure.

Bouger, c’est risquer…

Nous somme un tout petit peu morts…

À 10h10.

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Classé dans Actualité, Gaëtan Pelletier

Suicide d’infirmière : les assassins invisibles

Gaëtan Pelletier

Au prix de quels bonheurs et de quelles douleurs, enfin, le salarié fabrique, résiste, crée, s’épanouit ou craque ? « Le travail est un carrefour de valeurs différentes et de finalités divergentes ». Nous faisons face a une déshumanisation presque totale du monde du travail : peur du chômage, isolement dans l’entreprise, compétition avec les collègues… tout ce qui, en fait, réduit doucement mais sûrement l’individu à « sa seule dimension économique.   Salade niçoise

***

Un sac vide tient difficilement debout.

Benjamin Franklin

***

(Québec) Une infirmière du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) qui s’est donné la mort avait été forcée de retourner au travail, alors que son entourage constatait qu’elle était inapte à le faire. Dans une lettre laissée à ses proches, la femme de 58 ans soulignait elle-même que son retour précipité au travail constituait une des difficultés qu’elle vivait.

Quatre infirmières du CHUQ se sont suicidées depuis un an et demi, a confirmé jeudi la direction du centre hospitalier (lire l’encadré). L’une d’elles, que nous appellerons Diane, avait 37 ans d’expérience et était à un an et demi de sa retraite. Le Soleil a parlé avec l’une de ses proches, qui a confirmé de nombreuses informations obtenues d’abord de la part d’une collègue.

Diane était en congé de maladie lorsqu’elle a dû rencontrer le médecin du bureau de santé du CHUQ pour une contre-expertise.

À sa sortie du bureau, «elle avait les larmes aux yeux parce que le médecin la retournait au travail. Elle m’a dit qu’elle n’était pas prête», a raconté la collègue qui l’a rencontrée à ce moment. Cyberpresse

Le bonheur….

Sois heureux avec le moment. Tout bonheur qui dure est malheur. Aie du respect pour tous les moments, et ne fais point de liaisons entre les choses. N’attarde pas le moment : tu laisserais une agonie. Vois : tout moment est un berceau et un cercueil : que toute vie et toute mort te semblent étranges et nouvelles.
Schwob, Le Livre de Monelle, 1894, p. 19.

Le travail n’a jamais tué personne… Jusqu’à maintenant. Jusqu’à ce qu’il devienne un « but » dévié  pour une société où les travailleurs sont piégés  dans une toile d’araignée tissée par des bureaucrates aux mains d’un beige lavabo.

Faire le bien et se faire mal. Avoir mal au travail. Ça n’en finit plus.

Ce  « fait divers » passera… Mais on prolongera la durée de vie d’un mode de « vie » où les chiffres parlent, les mots se taisent, et les cris de désespoirs étranglent bien des travailleurs.

Il faut bien le dire en mots crus : notre société en est une où on mensonge à coups de propagandes de deux faussetés :

  1. Plus on a ( matériel) ,  plus on est heureux.
  2. Faites carrière et réalisez-vous.

Jetez un œil dans votre entourage. Vous serez étonné de voir le nombre de personnes dites en « détresse psychologique ».

L’énoncé est aussi raffiné que l’histoire de l’aveugle devenu « non voyant ». La réalité est passée au savon… Un monde ou tout est frelaté. Dans quelques années les morts deviendront des « non-vivants».

Le bonheur de grand-mère…

C’était chaque jour le même paysage d’eau et d’herbe, le même bruit de machine et d’eau : mais nous aimions qu’un seul matin ressuscitât de matin en matin, un seul soir de soir en soir. C’est ça le bonheur : tout nous était bon.
S. de Beauvoir, Les Mandarins, 1954, p. 423.

Dans les années 50, dans un petit patelin, de maisonnettes, de bois, de rivières, grand-maman était sans doute la plus pauvre des femmes. Mais elle avait quelque chose pour vivre en harmonie avec la nature et les êtres : un jardin, une famille, des rires, 17 enfants, et un peu de gin…

Elle vivait l’hiver parce que c’était l’hiver. Elle vivait l’été, parce que c’était l’été.

Dans son potager, avec sa robe fleurie, elle se fondait à la terre.

Elle est décédée dans notre maison, à l’âge de 86 ans.

C’était en 1966, je crois.

Pas une seule seconde de sa vie, elle a pensé au suicide. Tout simplement parce qu’elle connaissait la nature et ses lois.

Elle égrenait un gros chapelet noir chaque jour. Aujourd’hui, on fait du yoga, de la méditation transcendantale, des thérapies, et on commence à penser au sexe à 14 ans.

Elle a fait tout ça, sans l’aide de l’État.

Je pense qu’elle m’a appris à être heureux avec presque rien. Même pas de papiers, de formules à remplir.

Elle n’a jamais su ce qu’était qu’un psy.

Et c’est pour ça que je me dis que la misère compliquée est bien pire que la simple.

Le tapis et la poussière

Aujourd’hui, un art de vivre (sic) consiste à cacher les misères créées en les enfouissant sous un gros tapis de formulaires, de complexités, d’analyses, de spéculations, de pilules, d’hyper organisations, de spécialistes faisandés,  pour en arriver à un résultat inférieur et à une vie dénaturée . La nature, ce n’est pas seulement les plantes… C’est nous. Nous dans nos relations, notre quotidien. La race humaine…

Le coupable est dans le « papier »… Tout est complexe, et de la tête du haut fonctionnaire, jusqu’aux petits exécutants, les ordres étant les ordres, on obéit. Il n’y a pas de procès à faire. Ni personne à blâmer…

C’est un déni de nos l’échec de notre société… On peut analyser  autant  qu’on voudra pour connaître des « pourquoi » des « raisons », et du reste… Les formules et les artifices  ne remplaceront jamais la Vie. Nous sommes devenus tout simplement hypocritement des assassins invisibles.

La manière de faire a tout dépassé. Même ce qui serait le but ultime : l’humain.

Humanisme. Un mot… Un mot enseveli sous la couche trop épaisse du circuit complexe entre la « machine » et l’être humain.

Tant et si bien que l’on ne comprend plus rien.

C’est la fondue totale des humains par un système de bureaucrates qui font leur boulot.

On meurt donc en court « de feuille » ou de rapports…

Les travailleurs sont maintenant enterrés dans une fosse commune : le tapis.

On veut bien être boss, mais pas nettoyeur…

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P.S. : Elle avait un beau chapelet la grand-mère… Je me demande si cela ne remplace pas tous les formulaires, les états d’âme piteux, la vanité,  et n’éloigne pas les diables qui nous fournissent des formules de bonheur.

Si elle avait été une infirmière de carrière… Je ne l’aurais peut-être pas connue…

Et certains enfants ne connaîtront pas leur grand-mère.

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Classé dans Actualité, Gaëtan Pelletier