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Les médias traditionnels sont maintenant obsolètes 1/2

Voici la première partie d’un excellent article écrit par Giordano Bruno à propos de la situation précaire dans laquelle se retrouvent les médias traditionnels et corporatifs depuis plusieurs années versus la montée en flèche des médias alternatifs. Le texte original est en anglais. Mais il s’agit d’une telle précise et claire analyse que cela demandait d’être traduit et rendu disponible aux lecteurs francophones, ce que j’entreprends ici avec la pleine permission et les chaleureux encouragements de l’excellent auteur, Giordano Bruno. Elle vous sera présentée en deux partie vu sa longueur pour en facilité la digestion. La situation décrite concerne la scène médiatique aux États-Unis, mais elle reflète parfaitement ce qui se déroule partout à travers la planète.

Alors sans plus tarder…

Traduction par François Marginean

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Les médias traditionnels sont maintenant obsolètes 1/2

La progression de la société humaine repose sur la distribution régulière de l’information. La qualité de cette information, sa précision et son honnêteté, détermine la santé générale des cultures que nous créons. Quand une source d’information est compromise par l’ambition politique malsaine, le dogme social, ou par les mains étrangleuses de l’élitisme, c’est comme un puits empoisonné, répandant la peste et la pestilence dans tout le pays, voire dans monde. La diffusion massive de mensonges inspire le délire et la folie des masses plus vite que la fièvre typhoïde.

Dans l’Amérique d’aujourd’hui, la personne recherchant une source pure de vérité dans les médias trébuche inévitablement sur de nombreux puits empoisonnés.

Même s’ils ne sont pas encore activement à poursuivre des sources alternatives d’informations, beaucoup de gens sont au courant, au moins intuitivement, lorsque quelqu’un essaie de les rouler. Vous pouvez nous présenter avec assurance de délicieux steaks de surlonge sur des plateaux en argent orné, mais si nos visages sont frappés par l’odeur nauséabonde de pourriture, nous ne mordrons pas. Grâce à sa malhonnêteté et son manque flagrant de substance, les médias traditionnels ont repoussé plus de nez que n’importe quel tranche de viande putride laissé à pourrir. Les données brutes sont impitoyables en ce qui concerne l’implosion des médias…

Les plus grands fournisseurs de presse écrite (journaux), y compris les figures de proue tels que le Washington Post et le New York Times, ont vu leur lectorat plonger au cours des dernières années. L’année dernière, l’ensemble de la diffusion quotidienne des journaux a chuté de 10.6%, suivie par une autre baisse de 8.7% jusqu’à maintenant cette année:

http://www.wired.com/epicenter/2009/04/top-25-newspapers-lose-1-million-readers-since-last-march/

http://finance.yahoo.com/news/US-newspaper-circulation-apf-436809869.html?x=0

Les journaux ont perdu environ un quart de leurs employés depuis 2001, et leurs revenus devraient plonger jusqu’en 2012:

http://www.editorandpublisher.com/Headlines/forecast-more-pain-ahead-for-publishers-through-2012-61677-.aspx

Parler de faillite a été hantise de nombreux médias imprimés depuis 2008. L’argument commun ici est que la technologie a rendu l’impression obsolète et non pas la qualité de leur nouvelles, et que lorsque les journaux feront enfin la transition vers le Web, ils seront couronnés de succès à nouveau. Toutefois, ces journaux qui ont jeté leur poids et de l’argent derrière les nouvelles sur le Web ont jusqu’ici échoué lamentablement. L’empire de nouvelles de Rupert Murdoch, qui inclut le Wall Street Journal, Fox News, le New York Post, et Hulu, a été incapable d’attirer suffisamment de lecteurs et de recettes publicitaires à ses sites Web pour maintenir ses profits. La réponse de Murdoch a été de blâmer Google et d’autres de «lui voler son contenu, menaçant de retirer ses sites des moteurs de recherche au complet et d’ériger des «paywalls» (frais à payer pour voir les sites):

http://news.cnet.com/8301-31001_3-10393209-261.html

Les «paywalls» de Murdoch ont été une catastrophe financière pure et simple, sans mentionner l’embarras journalistique que cela a causé:

http://www.techdirt.com/articles/20100903/16545310903.shtml

De nombreux autres sites de médias ayant institué des «paywalls» ont eut des résultats similaires.

Les sources de nouvelles télévisées ne s’en sortent pas mieux. Les programmes de nouvelles du soir de ABC et CBS perdent de plus en plus de téléspectateurs chaque trimestre:

http://www.businessinsider.com/nbc-abc-cbs-evening-news-continue-to-lose-viewers-2010-4

CNN a perdu environ 50% de ses téléspectateurs au total au cours de la dernière année. Larry King et Anderson Cooper en particulier sont devenus des poids morts faisant glisser le réseau dans les profondeurs suffocante:

http://tvbythenumbers.com/2010/08/31/cnns-primetime-viewership-hits-10-year-low-in-august-as-ratings-woes-continue/61722

MSNBC, la croûte visqueuse au fond de la fosse des médias traditionnels, se classe maintenant au 25e rang des nouvelles télévisées. Son petit auditoire est éclipsée par de nombreuses sources internet de nouvelles alternatives.

Keith Olbermann, par exemple, a perdu environ 50% de ses téléspectateurs dans la tranche démographique des 25-54 ans au cours de la dernière année:

http://www.businessinsider.com/quarterly-ratings-keith-olbermann-is-slipping-in-the-key-25-54-age-demographic-2010-6

MSNBC a diminué globalement, parmi les téléspectateurs âgés de 25 à 54 ans. «Hardball» de Chris Matthews a perdu environ 46% par rapport à l’année écoulée:

http://tvbythenumbers.com/2010/04/09/msnbc-declines-broadly-among-adults-25-54-vs-2009-q1/47859

L’âge moyen des téléspectateurs de CNN est de 63. MSNBC est de 59. ABC est de 51, et NBC est de 49.

Ce n’est pas une question d’un faux parti politique surpassant un autre faux parti politique. Les deux côtés du faux paradigme médiatique sont rejetés par toute personne assez jeune pour être exposée aux nouvelles alternatives provenant du web, et de nombreux lecteurs plus âgés commencent à se tourner vers l’Internet aussi. Essentiellement, les médias alternatifs sur l’Internet sont maintenant en phase de remplacer les médias traditionnels. Non seulement cela, mais au fur et à mesure que la récession se fait sentir, il est de plus en plus évident que les consommateurs devant réduire leurs coûts sont beaucoup plus disposés à débrancher leur câble qu’ils ne le sont de déconnecter de leur service Internet. Le nombre d’abonnés au câble commencent maintenant à décliner à mesure que les utilisateurs d’Internet continuent d’augmenter:

http://www.digitaljournal.com/article/296624

http://www.nypost.com/p/news/business/tw_cable_concern_i3sdnOb6y9p9PQy1o0V89H

Cela ne veut pas dire pour autant que les médias traditionnels sont morts. De toute évidence, ils fonctionnent encore aujourd’hui et ils sont toujours ancrés dans l’un des piliers vieillissants de notre société, même si le modèle qu’ils suivent va finalement les conduire à la désintégration. Nous, dans les médias alternatifs, faisons encore référence à l’occasion à des sources provenant des grands médias, car ils représentent l’idéologie de l’establishment (et souvent des  mondialistes). Si cette idéologie se contredit elle-même dans ses propres lieux d’informations, ceux qui animent les médias alternatifs doivent être prêts à le souligner.

Où est-ce que les médias traditionnels ont-ils commencé à faire fausse route? Il y a quinze ans, ils semblaient absolument imparables. Leur capacité à dominer le flux d’information a été sans pareil! Comment un tel mastodonte a-t-il pu être paralysé par un groupe de journalistes amateurs et (*soupir*) de blogueurs? Examinons les raisons pour lesquelles tant d’Américains ont dorénavant placé leur confiance en des sources de nouvelles underground plutôt qu’en les divagations d’experts corporatifs.

La vérité est un droit, non pas un produit

Les nouvelles sont d’abord et avant tout une fonction du progrès social, elles ne sont pas conçues pour être un produit préemballé construit de manière générique sur une ligne d’assemblage et vendu aux masses avec une marge de profit scandaleuse. La philosophie mécanique corporatiste dominante ne fait pas bon ménage avec la distribution naturelle et organique de l’information. Elle va tout simplement contre tout ce qui engendre la communication humaine. Notre capacité à partager des connaissances ne peut être empêchée sans causer une anxiété culturelle. Cette anxiété se traduit souvent par un besoin désespéré d’un point de vue alternatif, même si nous ne reconnaissons pas ce qui a inspiré notre besoin en premier lieu.

Les médias corporatifs ont connu un grand succès dans le passé, alors qu’il tout aussi corrompus, donc pourquoi est-ce que les Américains ne se sont pas détournés d’eux il y a de cela des décennies? Ce n’est pas parce que les Américains ne le voulaient pas. Les médias traditionnels ont des bailleurs de fonds mondiaux avec des milliards de dollars de capitaux à leur disposition. Ils ont budgets publicitaires de la taille de certains petits pays ainsi que des armées de professionnels en marketing. Ces chaînes se font de la promotion elles-mêmes et réciproquement même s’ils prétendent représenter différentes idéologies, s’alimentant les unes les autres dans une frénésie de parrainage consanguine. Mais rien de cela ne signifie beaucoup à la fin. Le seul avantage que les médias traditionnels ont vraiment eux au fil des temps, c’est qu’ils n’avaient pas de concurrence! (Rappelez-vous, que lorsque vous regardez Fox News, ou CNN, vous ne recevez qu’un point de vue, celui des mondialistes) Et, comme pour toute entreprise qui n’a pas de concurrence, le public est obligé de consommer son produit sans le bénéfice d’une comparaison. L’internet offre un milieu exempt de domination des entreprises, et ainsi donc, une opportunité. Remarquez la vitesse à laquelle les Américains ont abandonné les grands médias le moment même qu’il s’est finalement présenté une autre option sur la table, une option que les journalistes et les analystes alternatifs étaient bien équipés pour offrir.

Les méthodes «Copyleft» des médias alternatifs ont également laissé l’establishment perplexe. Les médias traditionnels ont toujours perçu les nouvelles comme étant une source de revenus, un produit, quelque chose à être surveillé et mis en cage. Observez comment Rupert Murdoch à misé hâtivement sur l’instauration de «paywalls» sur ses sites Web. Les médias alternatifs, en revanche, ont traité les nouvelles comme un droit de premier et comme une source de revenus en second lieu. L’objectif des nouvelles alternatives sur le Web n’est pas nécessairement faire de l’argent, son but est d’obtenir la vérité aussi rapidement que possible, de la partager avec le plus grand nombre de gens que possible, aussi précisément que possible, et c’est pourquoi nous dominons les médias traditionnels. Nous permettons le partage et la re-partage de nos articles, analyses et vidéos. Nous invitons nos sceptiques à vérifier nos informations, à mettre nos idées sous microscope (et ils le font toujours, pour ne trouver que rarement des fautes concrètes dans nos reportages, recourant souvent à des arguments vides attaquant le messager). Nous explorons les faits et les possibilités que les grands médias sont conçus pour éviter.

La «méthode de partage» apparaît en contradiction avec le capitalisme de marché libre traditionnel, mais en réalité, il complimente le capitalisme parfaitement. Comme il a été dit précédemment, l’information n’est pas un produit, mais une idée peut l’être. Aujourd’hui, le public ne cherche pas des «nouvelles», il recherche une analyse intelligente et concise des nouvelles. Il recherche une présentation honnête des faits, ainsi que la capacité à montrer les liens pertinents entre ces faits. Il veut toute la vérité et non pas des bouchées préfabriquées et emballée. Le public ne veut pas de présentateurs lisant un prompteur. Si les médias traditionnels savaient le faire, ou même s’ils avaient voulu faire cela, ils pourraient facilement faire de l’argent à la manière américaine, mais ils évitent de donner aux gens ce qu’ils veulent à tout prix, malgré les bénéfices potentiels. Pourquoi est-ce ainsi?

C’est ce que nous découvrirons la semaine prochaine, dans la deuxième partie de ce reportage…

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Émois journalistiques

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec a décidé que désormais, il fallait adhérer à son code de déontologie pour pouvoir en devenir membre. Jusque-là, ça va. Il aurait même fallu que cette exigence soit impérative depuis bien longtemps. Le problème, c’est que cette louable initiative cache un malaise profond, une sorte de guerre des boutons version Web. D’un côté, la bande est formée de journalistes, de l’autre elle regroupe des blogueurs. But de la bataille : le contrôle du «droit du public à l’information». Pas de quartier. On ne rigole pas avec quelque chose d’aussi sérieux.

Toute cette dérape entre journalistes et blogueurs autour de la question du droit du public à l’information s’appelle avoir la tête dans le sable. Le vrai problème est ailleurs pour les journalistes, mais on préfère discourir sur le terrible danger que représente la présence de blogueurs aux conférences de presse.

Pendant ce temps, le poids médias des libéraux dans la dernière campagne électorale a été nettement au-dessus de ce que devrait être une couverture équilibrée qui sert réellement l’intérêt public.

Le problème fondamental de la FPJQ est de vouloir compter ses poussins sans s’apercevoir que le renard est dans le poulailler, et de s’en prendre aux vilains petits canetons qui eux, sont en dehors du dit poulailler. Pour ma part, je me préoccupe beaucoup plus du sort du journalisme dans un contexte où le marketing a nettement pris de dessus sur les choix éditoriaux que du fait que quelques blogueurs qui en ont le temps se pointent à quatre ou cinq conférences de presse par année.

Comment se fait-il que ça soit si compliqué d’avoir des journalistes aux conférences de presse des syndicats, des groupes communautaires, des organismes soutenant le bénévolat?

Comment se fait-il qu’un parti qui présente des candidats dans pratiquement tous les comtés et réussit même à en faire élire un ait une couverture de presse nettement plus faible que celle des autres?

Comment se fait-il que les éditorialistes d’un média aient tous la même ligne de pensée alors que l’intérêt public exigerait une ouverture à des points de vue différents dans la composition même de l’équipe éditoriale?

Elle est ou la déontologie de la FPJQ quand il s’agit de défendre, justement, le droit du public à l’information?

Il est vrai qu’il est beaucoup plus facile de s’en prendre à quelques blogueurs invités dans les conférences de presse (combien au juste? Un, deux, trois?) en brandissant un code de déontologie que de reconnaître que la profession de journalisme est sérieusement malade comme l’a si bien expliqué le grand journaliste Jean-Claude Guillebaud http://tinyurl.com/5r5unl (découvert lors d’une visite sur le blogue de Michel Dumais).

Si des blogueurs [pas tous, loin de là] veulent «faire de l’information», c’est peut-être parce qu’ils sont en manque d’information, justement. La couverture média de la dernière campagne électorale n’a pas seulement été disproportionnée; elle a aussi été d’une pauvreté décourageante.

Aux États-Unis, Obama a compris que ce ne sont pas les médias de masse (mainstream medias) qui allaient lui permettre de s’adresser aux électeurs. La «clip» domine tellement ces médias qu’il n’y a plus moyen d’y soulever des débats le moindrement sérieux. L’organisation d’Obama a plutôt bâti tout un système qui lui aura permis de rejoindre directement des millions d’électeurs en les interpellant sur ce qui les faisait vibrer.

On peut s’en réjouir, puisque c’est un président proposant des changements positifs qui a été élu, mais on doit aussi s’en inquiéter puisque le cinquième pouvoir est de moins en moins pertinent.

Pour revenir au Québec, je ne sais pas ce que nous réserve l’avenir, mais ce n’est certainement pas en se battant les uns contre les autres pour le monopole de l’information dite sérieuse que l’on va améliorer la situation. Pourquoi ne pas plutôt faire alliance et obtenir que la norme entre journalistes, blogueurs, population en général, devienne le dialogue que permettent les technologies actuelles.

Je sais bien que les journalistes haïssent se faire couper l’herbe sous le pied par un blogueur qui sort l’information même si elle n’a pas été validée selon les règles de l’art. Mais ce n’est pas en brandissant le code de déontologie qu’ils vont régler le problème. Peut-être devraient-ils reconnaître une bonne fois pour toutes que le monde de l’information a changé et continue de changer en profondeur et tenter d’expérimenter de nouvelles façons de faire du journalisme, un peu comme le font ceux qui animent MediaShift aux États-Unis.

Allez, on la signe la paix des braves avant de perdre tous nos boutons.

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Web citoyen et élection du 8 décembre

Quelle sera la part du Web citoyen dans le déroulement de l’élection déclenchée cette semaine au Québec? La question se pose d’autant plus après la petite tempête qui a suivi l’éditorial de Marie-Andrée Chouinard intitulé «le poids du blogue». Madame Chouinard se demandait si le fait que le parti conservateur du Canada invite des blogueurs à son congrès de la mi-novembre ne risquait pas de mélanger deux genres (celui pratiqué de plus en plus mal par les journalistes et celui hautement subjectif des blogueurs). Le doigt venait, pour ainsi dire, d’être mis sur le bobo.

Au-delà des réactions engendrées par les propos de Marie-Andrée Chouinard qui ne percent guère le lectorat somme toute assez limité des blogues où elles ont été publiées (soit par des blogueurs, soit dans les commentaires), la question fondamentale demeure celle de la qualité de l’information dont les citoyens devraient disposer pour se faire une opinion avant d’aller voter le 8 décembre. En quoi le Web peut-il ou non contribuer au rehaussement de cette qualité?

Marie-Andrée Chouinard a bien compris à quel point les blogues font désormais partie de la donne politique (davantage au Canada anglais d’ailleurs qu’au Québec): «impossible désormais de faire abstraction de l’abondance d’information qui circule sur la blogosphère, ni même de nier la popularité de ce médium» a-t-elle écrit dans son éditorial.

Mais encore.

Les blogues – nous en témoignons ici après tout – sont devenus des points de convergence pour plusieurs. Sont-ils pour autant devenus des points de référence? Avons-nous ici, comme chez nos voisins états-uniens ou chez nos cousins français par exemple, des blogueurs qui ont une influence assez grande pour changer l’opinion publique?

Mardi soir passé, j’ai suivi la soirée électorale américaine sur le site de CNN qui offrait une diffusion vidéo en continu. À un moment de la soirée, alors que Barack Obama avait été proclamé élu, des blogueurs sans affiliation médiatique (la précision est importante) ont été appelés à commenter en direct les résultats du vote.

Quel blogueur d’ici sera appelé par un réseau (LCN, RDI) le 8 décembre au soir?

N’empêche que les blogues sont l’emblème par excellence d’un phénomène sans précédent qui va forcément aller en s’amplifiant dans les années à venir: de plus en plus de citoyens vont avoir non seulement les moyens d’intervenir directement sur la place publique sans passer par les médias traditionnels, mais aussi un niveau d’attention publique que seuls les médias peuvent générer en ce moment. En cela le Québec ne fera que suivre la voie tracée ailleurs.

C’est encourageant, mais selon moi ce n’est pas suffisant pour qu’enfin les citoyens inversent les rôles politiques. Il nous faut passer à une nouvelle dimension médiatique, dans laquelle le mot citoyen puisse prendre son véritable sens.

Imagineons, par exemple, des agoras virtuelles où les idées et les propositions mises de l’avant par les partis politiques sont examinées à leur mérite par des citoyens en mesure d’éclairer le débat parce qu’ils sont des spécialistes dans tel ou tel domaine.

«Vendons une partie d’Hydro-Québec», lance l’ADQ. Aussitôt, sur une telle agora virtuelle, la proposition fait l’objet d’un échange où des économistes de diverses tendances, mais aussi des citoyens non-économistes, en mesure de comprendre les enjeux et de confronter ces tendances, donnent leurs points de vue.

Mettons-nous à rêver encore davantage: pourquoi de telles agoras virtuelless ne seraient-elles pas mises à la disposition des citoyens par l’Assemblée nationale du Québec en tant qu’institution totalement apolitique, mais soucieuse de permettre à tout citoyen qui le veut de participer aux débats d’idées auxquels devrait donner lieu une campagne électorale.

Peut-être aurions-nous le prétexte pour enfin développer un Internet citoyen accessible à tous parce que gratuit ou à un coût minime.

Il n’est pas interdit de rêver.

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