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Les aventures d’Amir Khadir contre les parasites de la royauté

Par Renart Léveillé

De voir ainsi Amir Khadir se faire varloper pour ses opinions contre les parasites de la royauté est une belle représentation du pouvoir de la langue de bois et de la sclérose sociale dans laquelle nous sommes encore empêtrés.

Qu’est-ce que la royauté peut bien encore représenter? Oui, il y a sûrement quelques citoyens assez vieux pour être nostalgiques d’un respectueux consensus envers cette institution désuète. S’il y a un lien aujourd’hui entre les citoyens et la monarchie britannique, il tourne amplement autour du simple potinage. Rien de bien transcendant. Beaucoup comme avec les vedettes, mais tout à fait gratuitement, puisque le prince William et sa famille n’ont rien fait d’autre que de naître pour obtenir tout cet argent et toute cette attention. Pour utiliser une expression qui fera mal à quelques oreilles, ce sont des « BS de luxe », les premiers au palmarès.

Les ultras partisans Nathalie Normandeau et Gérard Deltell ont bien sûr sauté dans la mêlée pour se faire du capital auprès des amants de la rectitude politique, mais il semble que c’est plutôt Amir Khadir qui passe pour celui qui calcule ses coups… C’est à n’y rien comprendre. Franchement, n’y a-t-il pas au moins une mince frange de la population qui n’en a rien à foutre d’Élisabeth II et de ce qu’elle représente? Oui, et j’en suis. Le député de Mercier ne pourrait-il pas être simplement le représentant de cette opinion parmi les politiciens sans avoir à subir des charges de la sorte?

Ça revient encore et toujours à la notion de respect. Pourquoi la famille royale et tout ce qu’elle représente devraient-ils être respectés à tout prix, mais pas l’opinion de ceux qui sont contre? À cette question, je gage que le seul argument possible pour Normandeau et consorts c’est :

— Parce que.

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À propos de la photo : http://www.ssaft.com/Blog/dotclear/index.php?post/2009/01/28/Donner-sa-langue-au-crustacé…

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Une histoire de deux théories de l’exploitation (2e partie)

La semaine dernière, je vous ai exposé comment Marx avait à la fois raison et tort au sujet de l’exploitation. Il avait raison dans le sens qu’il existe effectivement une classe dirigeante minoritaire qui exploite une majorité des gens. Il avait également raison sur le fait que la nature de cette exploitation est économique. «il avait également raison de prétendre que les exploiteurs utilisent la force de coercition de l’État afin de perpétrer leur pillage. Là où Marx se trompait, c’est dans l’indentification des vrais coupable, ainsi que leur modus opérandi. Je propose donc d’y jeter un peu de lumière pour vous montrer les véritables parasites grâce aux écrits d’économistes comme Eugen von Böhm Bawerk, Ludwig von Mises, Murray Rothbard et Hans Hermann Hoppe.

Le point de départ est le même que celui de la théorie marxienne, c’est-à-dire l’exploitation du serf par son seigneur ou de l’esclave par son maitre. Le serf est exploité parce qu’il n’a pas le contrôle d’une terre qu’il a lui-même développé et mise en valeur. Le seigneur n’ayant obtenu le titre que par pillage et ne contribue en rien à la mise en valeur de la terre, pas même les semences. Il en va de même pour l’esclave qui n’a pas le contrôle de son propre corps. Ce genre d’exploitation n’existe cependant pas dans un capitalisme pur. Ce n’est pas de l’exploitation de développer et mettre en valeur une ressource qui n’était utilisée par personne auparavant ou d’employer ces ressources dans la production d’autres biens, ni d’épargner ces ressources et ces produits afin de produire des biens futurs. Ces actes en eux-mêmes n’enlèvent rien à personne et des biens additionnels ont été créés. En réalité, là où il y a exploitation est lorsque le principe de première mise en valeur (le «homestead») n’est pas respecté. Ainsi, c’est lorsque le contrôle partiel ou total de ressources ou de biens est obtenu par la force par des gens qui ne l’ont ni développé, ni produit, ni épargné, ni obtenu par une entente contractuelle avec le propriétaire légitime, qu’il y a vraiment de l’exploitation. L’exploitation, c’est l’expropriation d’un bien des premiers utilisateurs, producteurs et épargnants par des non premiers utilisateurs, non-producteurs et non-épargnants. C’est l’expropriation de gens dont la prétention sur leur propriété est le travail, le contrat et l’épargne par des gens dont la prétention ne vient de nulle part et que ne tiennent absolument pas compte du travail ou des contrats des autres.

L’exploitation ainsi définie a toujours fait partie de l’histoire humaine. Nous avons toujours pu nous enrichir que de deux façons. Soit en mettant en valeur des ressources inutilisées, en produisant et en épargnant, soit en expropriant ceux qui mettent en valeur, produisent et épargnent. Il y a toujours eu en parallèle avec la première mise en valeur, la production et l’épargne; l’acquisition non-productive et non-contractuelle de propriétés. À travers le temps, tout comme les producteurs se sont constitués en sociétés et en entreprises, les exploiteurs ont également formé des entreprises d’exploitation à grande échelle, les État et gouvernements. Avec une classe dirigeante, membre de ces sociétés d’exploitation, installée sur un certain territoire et exploitant les ressources économiques de producteurs exploités, le centre de l’Histoire devient bel et bien une lutte entre exploitants et exploités. Sur cette évaluation de l’histoire, les marxistes et autrichiens pourraient trouver un terrain d’entente.

Alors que les entreprises productrices apparaissent et disparaissent grâce au soutien ou l’absence de soutien des consommateurs, la classe dirigeante n’apparait pas vraiment parce qu’il existe une demande pour ses services. Il serait plutôt absurde de croire que des producteurs consentent réellement à leur expropriation. On doit les forcer à l’accepter. La classe dirigeante ne disparait pas non plus quand on le souhaite. Nous ne pourrions pas la faire partir en s’abstenant de transiger avec elle, comme on pourrait réduire une entreprise productive à la faillite. La classe dirigeant tient son revenu de transactions non-productives et non-contractuelles, de sorte qu’elle n’est affectée par aucun boycott. La seule chose qui puisse abattre une entreprise d’exploitation est, pour reprendre un terme marxiste, un certain état de « conscience de classe », c’est à dire le degré auquel la classe exploitée est consciente de son exploitation.

Un exploiteur fait des victimes et ces victimes peuvent devenir des ennemis. Il pourrait être possible pour les exploiteurs d’utiliser la simple force pour maintenir une population similaire d’exploités, mais la force seule ne saurait suffire à permettre d’exploiter une population largement supérieure en nombre. Pour y réussir, il faut que la majorité de cette population accepte comme légitime les actes d’exploitation. Il faut que la majorité ait abandonné l’idée de résister les acquisitions non-productives et non-contractuelles de propriété. Le pouvoir de la classe dirigeante ne peut être brisé que si les expropriés acquièrent une idée claire de leur état et s’unissent et s’indignent des acquisitions non-productives et non-contractuelles de propriété et refusent d’y contribuer.

L’abolition de la domination féodale et absolutisme a été le fruit d’une telle prise de conscience à travers le libéralisme des droits naturels. Cependant, suite à une dégradation de la conscience de classe, le processus de libéralisation s’est inversé et le niveau d’exploitation s’est accru de puis la fin du XIXe siècle et en particulier depuis la première guerre mondiale. Du point de vue des autrichiens, les marxistes portent une partie du blâme pour cette perte de conscience en occultant la conception correcte de l’exploitation, celle dont les développeurs initiaux, producteurs et contractants sont victimes de la part de ceux qui ne produisent rien; par la fausse opposition entre le capitaliste et le salarié.

L’institution d’une classe dirigeant exploitante sur une classe exploitée beaucoup plus nombreuse doit passer par l’imposition d’un système de droit public, superposé à un système de droit privé. La classe dirigeante protège sa situation dominante en créant une constitution pour le fonctionnement interne de son entreprise. En formalisant le fonctionnement interne de l’État, elle crée une certaine stabilité juridique qui instaure une opinion publique favorable. La constitution rationalise du même coup le « droit » des représentants de l’État de se livrer à des acquisitions de propriété de façon non-contractuelle et non-productive. Ce système de subordination du droit privé au droit public crée un dualisme dans lequel il existe un ensemble de lois pour les dirigeants et les dirigés. Contrairement à ce que croient les marxistes, ce n’est pas parce que les droits de propriétés sont reconnus par la loi qu’il existe une justice de classe, mais plutôt parce qu’il existe une distinction légale entre une classe agissant selon le droit public, et une autre agissant selon un droit privé subordonné. L’État n’est pas exploiteur parce qu’il protège les droits de propriété capitalistes, mais parce qu’il est exempt d’avoir à acquérir sa propriété par la production et le contrat.

En tant qu’entreprise exploitante, l’État a avantage à ce qu’un bas niveau de conscience de lasse règne à tout moment. La redistribution de la propriété et du revenu est un moyen efficace de « diviser pour régner ». C’est le moyen que l’État utilise pour semer la zizanie au sein de la société. La redistribution du pouvoir d’état par la démocratisation, en ouvrant à tout le monde les positions de pouvoir permet également de réduire la résistance à l’exploitation en tant que telle.

L’État est également le grand centre de la propagande. Donc, l’exploitation c’est la liberté; les impôts sont des « contributions volontaires »; les relations non-contractuelles deviennent conceptuellement contractuelles; un gouvernement pour et par le peuple; sans l’État, il n’y aurait ni droit, ni sécurité et les pauvres mourraient de faim, etc. Tout ça fait partie d’une superstructure idéologique visant à légitimer l’exploitation économique.

Les marxistes ont également raison d’identifier une collaboration entre les capitalistes et l’État, même si leur explication est fausse. Ce n’est pas parce que les bourgeois considèrent que l’État garantit les droits de propriété, il viole ces droits plutôt allègrement, mais parce que plus une entreprise est grande, plus elle est passible d’être exploitée par l’État, mais plus grands aussi sont les gains si elle se voit accorder par l’État une protection particulière des contraintes de la concurrence capitaliste. C’est pourquoi « l’establishment » bourgeois est intéressé par l’État et veut l’infiltrer.

En retour, l’État s’intéresse à la collaboration avec les capitalistes à cause de son pouvoir financier. Plus précisément, il s’intéresse à la haute finance afin mettre en œuvre en coopération avec l’élite bancaire et son système de réserves fractionnaires pour créer de la fausse monnaie dans un cartel dirigé par une banque centrale. Cette symbiose permet entre autre à la classe dirigeante de s’infiltrer à même le système nerveux de la société civile.

Dans la réalité, la théorie marxiste sert bien les véritables exploiteurs en détournant l’attention vers des boucs-émissaires de convenance. Le grossissement constant des État et la concurrence entre ceux-ci, mènera inévitablement à la concentration du pouvoir et la stagnation économique. Lorsque ça se produira, les pressions anti-étatiques viendront un jour mettre ce système à bas. Mais contrairement à ce que prétendent les marxistes, la solution ne sera certainement pas la socialisation des moyens de production. La propriété sociale est non-seulement inefficace et impraticable, comme l’expose von Mises dans son livre « Socialisme », mais il est incompatible avec l’idée que l’état puisse un jour dépérir. Si les moyens de production sont possédés collectivement et si on suppose que les idées de tout le monde concernant l’utilisation des ces moyens de production ne coïncideront pas toujours, ces moyens de production nécessiteront une intervention perpétuelle de l’État, c’est à dire d’une institution ayant la force d’imposer la volonté des uns contre la volonté des autres. Au contraire, le dépérissement de l’État et avec lui, la fin de l’exploitation et une prospérité sans précédent ne peut que passer par l’avènement d’une société de propriété privée pure sans autre régulation que le droit privé.

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Une histoire de deux théories de l’exploitation (1ere partie)

 

Dans un article précédent, j’ai déjà effleuré la théorie marxiste de l’exploitation. Aujourd’hui j’aimerais l’opposer à une théorie alternative, celle de l’école autrichienne d’économie. Comme vous verrez, et vous en serez peut-être étonnés, les deux théories ont un tronc commun. Là où elles divergent est sur la nature des exploitants et des exploités. J’entends vous exposer la théorie marxiste et ses failles dans la première partie et la théorie autrichienne dans la seconde.

Commençons donc par le noyau de la croyance marxiste:

  • « L’histoire de l’humanité est l’histoire de la lutte des classes ». Selon Marx, C’est l’histoire de la lutte entre une classe dirigeante relativement restreinte et une classe d’exploités plus large. L’exploitation est économique. La classe dirigeante exproprie une partie de la production des exploités, une « plus-value ».
  • La classe dirigeant est unie par son intérêt commun de poursuivre sa domination. Elle n’abandonne jamais délibérément son pouvoir et ne peut être délogée que par la lutte qui dépend de la conscience de classe des exploités. C’est-à-dire à quel point les exploités son conscient de leur sort et sont unis avec les autres membres de leur classe en opposition à leur exploitation
  • La domination de classe se manifeste, dans les termes marxistes par des « relations de productions » particulières. Pour protéger ces relations, la classe dirigeante forme et dirige l’État comme appareil de coercition. L’État impose une structure de classe et favorise la création et l’entretien d’une superstructure idéologique destinée à fournir une légitimité à cette structure de domination de classe.
  • A l’intérieur, le processus de concurrence au sein de la classe dirigeante engendre la tendance à une concentration et à une centralisation croissantes. Un système polycentrique d’exploitation est progressivement remplacé par un système oligarchique ou monopolistique. De moins en moins de centres d’exploitation demeurent en fonction, et ceux qui restent sont de plus en plus intégrés dans un ordre hiérarchique. A l’extérieur, c’est-à-dire vis-à-vis du système international, ce processus interne de centralisation conduira (avec d’autant plus d’intensité qu’il sera plus avancé) à desguerres impérialistes entre États et à l’expansion territoriale de la domination exploiteuse.
  • Finalement, la centralisation et l’expansion de la domination exploiteuse se rapprochant progressivement de sa limite ultime de domination mondiale, la domination de classe sera de moins en moins compatible avec le développement et l’amélioration ultérieures des « forces productives ». La stagnation économique et les crises deviennent de plus en plus caractéristiques et créent les « conditions objectives » pour l’émergence d’une conscience de classe révolutionnaire chez les exploités. La situation devient mûre pour l’établissement d’une société sans classes, le « dépérissement de l’Etat », le remplacement du « gouvernement des hommes par l’administration des choses », et ilen résulte une incroyable prospérité.

Ces thèses sont parfaitement justifiables, mais malheureusement, elles sont déduite d’une théorie de l’exploitation qui est absurde. Pour Marx, des systèmes pré-capitalistes tels que l’esclavagisme et la féodalité sont caractérisés par l’exploitation. Ça va de soit. Évidemment, l’esclave n’est pas le propriétaire de son propre corps es se voit exproprié de tous les fruits de son labeur au profit de son maitre qui le lui fournit que sa subsistance et le seigneur féodal, en s’appropriant de terres qui ont été défrichées par les serfs par simple attribution royale, profite sur le dos des paysans. Il n’y a aucun doute qu’il s’agit d’exploitation et que l’esclavage et la féodalité entravent le développement des forces productives. Ni l’esclave, ni le serf ne produiraient autant qu’ils ne le feraient en l’absence d’esclavage ou de servage.

Par ailleurs, Marx maintient que rien n’est changé dans un système capitaliste. C’est à dire, si l’esclave devient un travailleur libre ou que le paysan décide de cultiver une terre qu’un autre a été le premier à développer et paie un loyer en échange du droit de le faire. C’est vrai que dans le chapitre 24 de Das Kapital, Marx démontre que la plus grande part de la propriété capitaliste initiale provient du pillage, de l’accaparement des terres et de la conquête; et dans le chapitre 25 il décrit le rôle de la force et de la violence dans l’exportation du capitalisme au Tiers-monde. C’est essentiellement correct, et dans la mesure où ça l’est, je ne nierai pas le caractère exploiteur de ce capitalisme là.

Ce que Marx omet de mentionner, à travers son récit propre à inciter l’indignation du lecteur, est que même un capitalisme où l’appropriation originelle du capital serait la résultante de la première mise en valeur (ou homesteading, en anglais), du travail et de l’épargne; serait tout autant exploiteur. Comment est-ce exploiteur? Selon Marx, le capitaliste paie un certain montant d’argent en matières premières et en salaires pour produire un bien qu’il revend pour un montant supérieur, dégageant un profit, ou une « plus-value » qui est prélevée des salaires des prolétaires. En d’autre termes, le capitaliste paie l’équivalent de trois jours de travail au salarié alors qu’il en a travaillé cinq et s’approprie le reste. Donc, selon Marx, il y a exploitation.

Où est la faille dans cette analyse? Elle réside dans la raison pourquoi une travailleur libre accepterait ce genre d’arrangement. C’est parce que le salaire qui lui est payé représente une valeur actuelle, alors que les biens produits représentent une valeur future et que le salarié considère qu’un montant d’argent maintenant a plus de valeur que le même montant plus tard. Après tout, un salarié pourrait décider d’être travailleur autonome et ainsi récupérer la valeur totale de son produit, mais ça impliquerait bien entendu qu’il devra attendre que ce produit soit fabriqué et vendu avant de le récolter. Ça implique également qu’il devra aussi, avant de récolter les fruits de son labeur, payer pour les différents outils et matériaux nécessaires à la production. Accepter un salaire lui permet de vendre son travail, sans avoir à investir dans les autres facteurs de productions et sans avoir à attendre que le produit soit fini et vendu. Il préfère donc recevoir ce montant plus petit, en échange de ces avantages.

À l’opposé, pourquoi un capitaliste investirait-il dans une ligne de production, s’il ne retirait pas une valeur supérieure au montant investit? Pourquoi se priverait-il de ce montant pendant toute la période de production, alors qu’il pourrait tout aussi bien l’utiliser pour sa propre consommation? S’il doit payer les salaires des travailleurs maintenant, il faut que ça lui rapporte quelque part dans le futur, sinon pourquoi le ferait-il? Ceci fait aussi abstraction du fait que le capitaliste doit aussi fournir les autres facteurs nécessaires à la production, et que par conséquent, le travail du salarié ne pourrait compter que pour une fraction du produit final, puisque s’il travaillait à son propre compte, il devrait également assumer ces coûts.

Ce qui ne fonctionne pas dans la théorie marxiste de l’exploitation est qu’elle ne reconnait pas le phénomène de la préférence temporelle dans l’action humaine. Le fait que le travailleur ne reçoive pas la « pleine valeur » de son travaille n’a rien à voir avec l’exploitation, mais découle du fait qu’on ne peut pas échanger des biens futurs contre des biens présents sans payer une escompte. La relation entre le salarié et le capitaliste, contrairement à celle de l’esclave et de son maitre, n’est pas antagoniste, elle est plutôt symbiotique dans la mesure où chacun y tire un avantage. Le travailleur préférant recevoir un certain montant maintenant, alors que le capitaliste préfère la promesse d’un plus gros montant dans le futur.

Il va sans dire que si la théorie de l’exploitation marxiste est fausse dans son identification des exploiteurs et de la nature même de la méthode d’exploitation, toute les idées qui en découlent pour mettre fin à cette exploitation sont essentiellement incorrectes également. La semaine prochaine, je vous présenterai ce que les économistes autrichiens considèrent comme l’interprétation correcte de l’exploitation qui prévaut dans la société.

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Pronostic 2012: Vers un nouvel ordre mondial social – Dernière partie

Image Flickr par SychiO

Ce texte est largement basé sur l’article de Richard K. Moore « Prognosis 2012: Towards a New World Social Order » qui méritait bien d’être traduit pour le bénéfice des lecteurs francophones. Il est présenté en différents volets, vu la longueur du texte original.

Voici donc le dernier volet de cette série.

Vous pouvez retrouver les deux parties précédentes là:

1- Pronostic 2012: Vers un nouvel ordre mondial social

2- Pronostic 2012: Vers un nouvel ordre mondial social – Seconde partie

3- Pronostic 2012: Vers un nouvel ordre mondial social – Troisième partie

François Marginean

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Pronostic 2012 – Un âge néo-Moyenâgeux

2012 peut ne pas être l’année exacte, mais il est difficile de voir la fin de partie prendre place beaucoup plus tard que cela et les maîtres de l’univers adorent le symbolisme, tel que le 911 (à la fois au Chili et à Manhattan), KLA 007 et d’autres. L’année 2012 est chargée de symbolisme, le calendrier maya par exemple, et l’Internet est très animé avec diverses prophéties à propos de 2012, des stratégies de survie,  des interventions anticipées d’extraterrestres, un alignement avec des champs de rayonnement galactique, etc. Et puis il y a le film d’Hollywood, 2012, qui décrit explicitement la disparition de la plupart de l’humanité , et le salut préparé d’avance d’un groupe très sélect. On ne sait jamais avec les productions d’Hollywood, ce qui est fantasmes d’évasion et ce qui est destiné à préparer l’esprit du public symboliquement pour ce qui est à venir.

Quelle que soit la date exacte, tous les fils vont se réunir, sur le plan géopolitique et national, et le monde changera. Ce sera une ère nouvelle, de même que le capitalisme était une ère nouvelle après l’aristocratie, et que l’âge sombre (Dark Ages) a suivi l’ère de l’Empire romain. Chaque époque a sa propre structure, son économie propre, ses propres formes sociales, et sa propre mythologie. Ces choses doivent être liées les unes aux autres de manière cohérente et de leur caractère résulte de rapports de force fondamentaux et la situation économique du système.

Dans notre monde d’après-2012, nous avons pour la première fois un gouvernement mondial centralisé et une clique d’élite au pouvoir, une sorte de famille royale élargie, les seigneurs de la finance. Comme nous pouvons le voir avec le FMI, l’OMS, l’OMC, et les autres pièces du gouvernement mondial embryonnaire, les institutions de gouvernance ne feront pas de prétentions par rapport à la représentation populaire ou de la réactivité démocratique. Le pouvoir sera mené par le biais de bureaucraties autocratiques mondiales, qui prennent leurs ordres de la famille royale. Ce modèle est exploité depuis un certain temps, à l’intérieur de ses différentes sphères d’influence, comme pour les programmes de restructuration forcés sur le tiers-monde, comme une condition pour obtenir un financement.

Chaque fois qu’il ya un changement d’ère, l’ère précédente est toujours diabolisé dans la mythologie. Dans l’histoire du jardin d’Éden, le serpent est diabolisé – un symbole qui était vénéré dans le paganisme, le prédécesseur du christianisme. Lorsque les républiques sont nées, la diabolisation des monarques était un élément important du processus. Dans le monde d’après-2012, la démocratie et la souveraineté nationale seront diabolisées. Ce sera très important, dans le but d’amener les gens à accepter la domination totalitaire, et la mythologie contiendra beaucoup d’éléments vrais…

Lors de ces sombres jours, avant l’unification bénie de l’humanité, l’anarchie régnait dans le monde. Une nation attaquait une autre, pas mieux que les prédateurs dans la nature. Les nations n’avaient aucune politique cohérente, les électeurs balançaient d’un parti à un autre, maintenant les gouvernements toujours en transition et dans la confusion. Comment ont-ils pu croire que les masses semi-éduquées de gens pourraient se gouverner et gérer une société complexe? La démocratie a été une expérience mal conçue qui a conduit uniquement à la corruption et à la gouvernance chaotique. Quelle chance nous avons d’être dans ce monde bien ordonné, où l’humanité a enfin grandi, et que ceux qui ont les meilleures compétences prennent les décisions.

Les fondements économiques de la non-croissance sont radicalement différents de l’économie capitaliste. L’unité d’échange est susceptible d’être un type de crédit du carbone, vous donnant droit de consommer l’équivalent d’un kilogramme de carburant. Tout aura une valeur de carbone, prétendument basée sur la quantité d’énergie qu’il a fallu pour le produire et le transporter vers le marché. La «conscience verte» sera une éthique primaire, en conditionnant très tôt les enfants. Se débrouiller avec moins est une vertu, l’utilisation de l’énergie est antisocial; l’austérité est une condition responsable et nécessaire.

Comme avec chaque monnaie, les banquiers voudront gérer la rareté des crédits du carbone, et c’est là que l’alarmisme du réchauffement de la planète devient important. Indépendamment de la disponibilité des ressources, des crédits de carbone peuvent être maintenus dans la rareté de façon arbitraire simplement en fixant des budgets de carbone, basés sur les directives du GIEC, un autre de nos unités émergentes de gouvernance bureaucratique mondiale. Ces directives du GIEC seront l’équivalent de la Réserve fédérale annonçant une modification des taux d’intérêt. Ces budgets définissent l’ampleur de l’activité économique.

Vraisemblablement, les pays continueront d’exister comme unités officielles de gouvernance. Cependant, la sécurité et la police seront en grande partie centralisées et privatisées. Comme les légions romaines, l’appareil de sécurité sera loyal au centre de l’empire, non pas à l’endroit où quelqu’un peut se trouver. Nous voyons déjà cette tendance aux États-Unis, puisque les mercenaires sont devenus de grandes entreprises, et que les forces de police sont de plus en plus fédéralisées, militarisées, et aliénées du grand public.

De même que les aéroports ont été fédéralisés, tous les systèmes de transport seront sous la juridiction de l’appareil de sécurité. Le terrorisme continuera comme étant un épouvantail, justifiant quelconques procédures de sécurité jugées souhaitables pour des fins de contrôle social. L’appareil de sécurité entier sera de nature monolithique, une similitude de caractère, indépendamment des tâches spécifiques de sécurité ou d’endroit. Tout le monde habillé de vêtements noirs de l’Empire du Mal, avec des grosses lettres fluorescentes sur le dos de leur veste pare-balles. Essentiellement, le dispositif de sécurité sera une armée d’occupation, la garnison de l’empereur dans les provinces.

Sur une base quotidienne, vous devrez traverser des points de contrôle de différents types, avec différents niveaux d’exigences de sécurité. C’est là que la biométrie devient importante. Si on peut implanter des puces aux gens, alors la plus grande partie de cette sécurité peut être automatisée et tout le monde peut être suivi à tout moment, et leur activité passée récupérée. Les puces sont reliées à balance de votre crédit, pour que vous puissiez avoir votre monnaie avec vous en tout temps, incluant votre dossier médical et beaucoup d’autres que vous ne connaissez pas.

Il reste très peu de la souveraineté nationale. Pas grand-chose restera en termes de politique extérieure significative. Avec la sécurité marchant selon sa propre loi et au son du batteur de tambour au loin, le rôle principal du soi-disant «gouvernement» sera de répartir et d’administrer le budget des crédits du carbone qu’il reçoit du GIEC. Le GIEC décide combien de richesses une nation recevra en une année donnée, et le gouvernement décide alors comment répartir cette richesse sous forme de services publics et des droits. La richesse étant mesurée par le droit de dépenser de l’énergie.

Fondamentalement, les choses sont déjà ainsi, à la suite de l’effondrement économique et des plans de sauvetage. Parce que les gouvernements sont si profondément endettés, les banquiers sont en mesure de dicter les termes de budgets nationaux comme une condition de maintien de l’ouverture des lignes de crédit. L’économie du carbone, avec ses budgets déterminés au niveau central, offre un moyen de microgestion beaucoup plus simple et plus direct de l’activité économique et de distribution des ressources à travers le globe.

Afin de dégager la voie pour l’économie des crédits du carbone, il sera nécessaire que les monnaies occidentales s’effondrent, pour devenir sans valeur, au fur et à mesure que les nations deviennent de plus en plus insolvables et que le système financier mondial continue d’être systématiquement démantelé. La monnaie du carbone sera présentée comme étant un choix éclairé, une «solution» progressiste à la crise, une monnaie liée à quelque chose de réel et à la durabilité. L’ancien système monétaire sera diabolisé et de nouveau, la mythologie contiendra beaucoup d’éléments vrais…

La poursuite de l’argent est la racine de tout mal et le système capitaliste est intrinsèquement mauvais. Il a encouragé la cupidité et la consommation, et il ne se souciait pas du gaspillage des ressources. Les gens pensaient que plus ils avaient d’argent, mieux ils étaient. Combien plus sage sommes-nous maintenant, vivant selon nos moyens, et de comprendre que le crédit est un gage de bonne intendance.

Culturellement, l’ère néocapitaliste sera un peu comme l’époque médiévale, avec des aristocrates et des seigneurs au sommet, avec le reste étant des paysans et des serfs. Une classe supérieure et inférieure bien définie. De même que seule l’ancienne classe supérieure possédait des chevaux et des carrioles, seulement la nouvelle classe supérieure aura le droit d’accéder à de substantiels crédits du carbone. La richesse sera mesurée par des droits, plus que par des acquisitions ou des gains. Ceux qui sont à l’extérieur des hiérarchies bureaucratiques sont les serfs, avec des droits de subsistance. Au sein des administrations, les droits sont liés au rang dans la hiérarchie. Ceux qui opèrent dans les institutions centrales mondiales sont les seigneurs de l’Empire, avec un accès illimité aux crédits.

Mais il n’y a pas de saisie de la richesse, ou de construction d’empires économiques en dehors des structures des bureaucraties désignées. Les droits sont sur l’accès aux ressources et aux installations, à être utilisés ou non utilisés, mais pas être épargnés et utilisés comme capital. Les droits proviennent du haut, microgérés à partir du sommet. C’est une économie de rations, à tous les niveaux, autant pour les individus que pour les gouvernements – l’embrigadement de la consommation mondiale. En ce qui concerne l’embrigadement, la culture néocapitaliste sera aussi un peu comme le système soviétique. Voici votre carte d’admissibilité, voici votre affectation des tâches, et ici, c’est où vous vivrez.

Avec l’appareil de sécurité omniprésent, et la microgestion de l’activité économique, le scénario est clairement à propos d’un contrôle social serré, conformément aux directives centralisées et aux lignes de conduite. Vraisemblablement, les médias seront soigneusement programmés, avec du divertissement d’évasion, et une version sophistiquée de pensée de groupe du style 1984, de pseudo-nouvelles propagandistes, ce qui est à peu près ce que nous avons déjà aujourd’hui. L’internet non commercial, s’il y en a un, sera limité à des forums désignés de discussion suivis par les autorités ainsi qu’à d’autres types de forums aseptisés.

Avec un tel accent sur la microgestion sociale, je ne m’attends pas à ce que l’unité de la famille survive dans la nouvelle ère, et je m’attends à ce que l’alarmisme par rapport aux abus d’enfants soit le levier utilisé pour déstabiliser la famille. La table a été mise suite à toutes les révélations au sujet des abus sexuels à l’intérieur de l’église et autres abus d’enfants institutionnalisés . Ces révélations auraient pu être mises à jour à tout moment au cours du siècle passé, mais elles ne sont sortis qu’à un moment précis, alors que toutes ces autres choses transitoires se déroulaient. Les gens sont maintenant conscients que l’abus généralisé des enfants existe et ils ont été conditionnés à soutenir énergiquement de fortes mesures pour y mettre fin .

Chaque fois que j’allume la télé, je vois au moins une annonce de service public, avec des images choquantes d’enfants qui sont physiquement ou sexuellement abusés, ou criminellement négligés, dans leurs maisons, et il y a un numéro de téléphone d’urgence où les enfants peuvent appeler. Il est facile de voir comment la catégorie de l’abus peut être élargie pour inclure les parents qui ne suivent pas le calendrier de vaccination, ceux dont les registres d’achat n’indiquent pas une alimentation saine, ou qui ont un profil psychologique douteux, etc. L’état de pauvreté pourrait être jugé de la négligence abusive.

Avec la bonne présentation des médias, l’alarmisme au sujet des abus serait facile à faire mousser. En fin de compte, un «mouvement des droits de l’enfant» devient un mouvement antifamille. L’État doit protéger directement l’enfant dès la naissance. La famille est diabolisée…

Comment épeurant ont été les temps anciens, lorsque sans licence, les couples non formés avaient le contrôle total sur des enfants vulnérables, à huis clos, avec toutes ces névroses, toxicomanies, ou autres perversions que les parents pourraient avoir. Comment est-ce que ce vestige de l’esclavage patriarcal, cet antre d’abus en toute sécurité, a pu continuer à exister si longtemps sans être reconnu pour ce qu’il était? Combien mieux sommes-nous maintenant, avec les enfants éduqués scientifiquement, par un personnel qualifié, où on leur enseigne des valeurs saines?

Depuis que l’enseignement public a été pratiqué, l’État et la famille ont participé à contrôler le conditionnement de l’enfance. Dans les familles religieuses, l’Église a apporté sa propre contribution à ce conditionnement. Dans cet avenir néocapitaliste microgéré, avec sa doctrine choc de la naissance, il serait logique de saisir cette occasion pour mettre en œuvre la « solution finale » du contrôle social, qui est pour l’État de monopoliser l’éducation des enfants. Ceci éliminerait de la société le lien parent-enfant et ce partant, des liens reliés à la famille en général. Il n’y a plus un concept de famille. Il y a juste les abeilles ouvrières, les abeilles de sécurité, et des reines, qui rationnent le miel.

Post-scriptum

Cela a été un vaste et quelque peu détaillé pronostic, en ce qui concerne l’architecture du régime néocapitaliste, et le processus de transition nécessaire pour y parvenir. Le terme  » nouvel ordre mondial  »  est trop faible pour caractériser la nature radicale de la transformation sociale prévue dans le pronostic. Une caractérisation plus apte serait un « saut quantique dans la domestication de l’espèce humaine ». Micro-gestion de la vie, croyances et pensées microprogrammées. Anciennement une espèce de primates sauvages qui est maintenant transformé en quelque chose ressemblant davantage à une abeille ou une culture de fourmis. Inutile de dire que l’utilisation régulière de médicaments psychotropes sera mandatée, pour que les gens puissent faire face émotionnellement à un environnement aussi stérile et inhumain.

Pour qu’une telle profonde transformation soit possible, il est facile de voir qu’un très grand choc est nécessaire, d’une ampleur tel qu’un effondrement et un chaos social, et éventuellement à l’échelle d’un échange nucléaire. Il doit y avoir un mandat implicite de «faire tout ce qui est nécessaire pour faire fonctionner la société à nouveau». Le choc a besoin de laisser des gens dans un état d’impuissance totale comparable à celui qu’ont ressenti les survivants dans les décombres des bombardements de l’Allemagne et du Japon après la Deuxième Guerre mondiale. Rien de moins.

La précision du pronostic, en tant que prédiction, est bien sûr impossible à déterminer à l’avance. Toutefois, chaque partie du pronostic a été fondé sur des précédents qui ont été accomplis, le modus operandi qui a été observé, les tendances qui ont été initiées, des sentiments qui ont été exprimés, des signaux qui ont été donnés, et les actions qui ont été entreprises dont les conséquences peuvent être prédites avec assurance.

En outre, en regardant tous ces indicateurs ensemble, on voit un certain état d’esprit, une volonté absolutiste de mettre en œuvre la «solution idéale», sans compromis, utilisant des moyens extrêmes et avec une audace débridée. Les guerres mondiales ont été des répétitions pour ce moment historique. L’infrastructure de l’État policier est en place et a été testé. L’économie est en train de s’effondrer. L’ennemi est entouré par des missiles. Des pouvoirs arbitraires ont été assumés. Si ce n’est pas maintenant, le prix ultime, alors quand il y aura-t-il une meilleure opportunité?

Nos élites et planificateurs sont soutenus par des groupes de réflexion compétents et ils savent que la nouvelle société doit avoir une cohérence en plusieurs éléments. Ils ont beaucoup d’expérience en ingénierie sociale, de nourrir la montée de la tyrannie et de l’ingénierie de régimes d’après-guerre. Ils comprennent l’importance de la mythologie.

Par exemple, il y a le mythe de l’Holocauste, où l’histoire est exclusivement à propos des exterminations per se, et donc, l’histoire n’est pas racontée quant à la mission première des camps de concentration qui était de fournir des esclaves pour la production reliée à la guerre. Et certaines des entreprises qui utilisaient le travail des esclaves étaient de propriété américaine, et elles fournissaient la machine de guerre allemande. C’est ainsi que la mythologie, bien que contenant la vérité, parvient à cacher les pistes et les crimes de l’élite, en laissant les autres porter le fardeau de diabolisation historique.

Donc, je pense qu’il y a une base solide pour anticiper le genre de mythologie qui serait conçue pour abandonner et rejeter les anciennes méthodes, voyant les nouvelles comme un salut. Il existe un long précédent historique de changement d’ère lié aux changements mythologiques, souvent exprimés en termes religieux. Il y aura quelque chose de familier concernant cette nouvelle mythologie, un remixage et une mise en priorité de valeurs et de considérations  familières, de manière à ce qu’elles entrent en résonance avec la dynamique du nouveau régime.

La nature de l’économie du carbone a été en quelque sorte clairement signalée. Les budgets du carbone et les crédits de carbone, sont manifestement destinés à devenir des composantes principales de l’économie. Comme nous l’avons vu avec le mouvement sur réchauffement planétaire soutenu par l’élite et les activistes, la raréfaction arbitraire de crédits de carbone peut être facilement réglée avec le prétexte de l’écologie. Et l’alarmisme  au sujet du pic pétrolier est toujours disponible en tant que plan de rechange. Comme l’ont souvent exprimé les porte-parole de l’élite, le moment venu, les masses vont exiger le nouvel ordre mondial.

L’accent mis sur le contrôle de la consommation, des ressources et de la distribution est implicite dans l’accent mis sur les limites à l’utilisation de l’énergie, est latent dans la situation géopolitique, en ce qui concerne l’épuisement des ressources mondiales, et est indiqué par la nécessité d’un nouveau paradigme unificateur, puisque le paradigme de croissance n’est plus viable.

La nature de l’appareil de sécurité a été clairement indiquée par les réponses aux manifestations depuis 1998 à Seattle, par l’utilisation accrue de mercenaires endurcis à tuer à la maison et à l’étranger, par des comportements excessifs et abusifs de la police, par les procédures de sécurité dans les aéroports, par Guantanamo et les «transferts extraordinaires», par la création d’une branche nationale de l’armée qui se consacre à répondre aux situations d’urgence civile, et par la façon dont Katrina et Haïti ont été traités.

Ce serait une grave erreur de penser que ces deux dernières opérations furent ratées. Il s’agissait d’exercices de gestion de l’effondrement d’un certain genre, pour être appliqués à certaines populations, où la formation et l’équipement appropriés pour le combat en Afghanistan sont considérés comme étant appropriés pour la gestion de l’aide aux victimes civiles de catastrophes. Ces victimes sélectionnées de catastrophes seront considérées essentiellement comme une menace pour l’ordre civil, ou peut-être des indésirables devant être incarcérées ou éliminées. Elles seront diabolisées comme des émeutiers et des pillards. L’assistance viendra plus tard, voire pas du tout. Et tout cela peut être diffusé à la télévision, et en quelque sorte être considéré comme la façon dont les choses doivent être. Ces deux exercices n’ont pas été ratés du tout. Ils ont réussi de façon alarmante, notamment dans le cas de la mythologie de relation publique en temps réel.

Le rôle limité des gouvernements nationaux, étant principalement des allocataires des budgets qui leur ont été confiées, a été clairement indiqué par des politiques de longue date du FMI dans le tiers-monde, et par la façon dont les banquiers ont dicté aux gouvernements, dans le sillage des engagements exagérés des plans de sauvetage. Le paradigme du rationnement des droits du carbone accomplit une microgestion d’une manière beaucoup plus directe, et est le résultat naturel de la poussée vers les limites plus rigides du carbone.

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Pronostic 2012: Vers un nouvel ordre mondial social – Troisième partie

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Ce texte est largement basé sur l’article de Richard K. Moore « Prognosis 2012: Towards a New World Social Order » qui méritait bien d’être traduit pour le bénéfice des lecteurs francophones. Il est présenté en différents volets, vu la longueur du texte original.

Voici donc le troisième de la série.

Vous pouvez retrouver les deux parties précédentes là:

1- Pronostic 2012: Vers un nouvel ordre mondial social

2- Pronostic 2012: Vers un nouvel ordre mondial social – Seconde partie

François Marginean

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«La guerre contre le terrorisme» – préparer la voie à la transition

Partie 1: Préparer la voie à un nouvel ordre social

Dans un sens très réel, le prétexte du terrorisme est utilisé pour défaire tout ce que les Lumières et les révolutions républicaines ont pu apporter depuis deux siècles. Le cœur même de la Charte des droits – la sécurité juridique – a été abandonné. Le goulag, le camp de concentration, et l’arrestation secrète durant la nuit – tout ce que nous avons toujours associé à des dictatures fascistes et communistes – et maintenant, non seulement opèrent-ils sous la juridiction américaine, mais ils sont de plus justifiés publiquement par le président des États-Unis lui-même.
Existe t-il vraiment une menace terroriste pour la patrie, et est-ce que ces mesures constituent une réponse raisonnable à une telle menace? Les gens sont fortement divisés dans leurs réponses à ces questions. De nombreuses preuves criminalistiques ont depuis fait surface, incluant des liens à des agences du renseignement, et mon opinion est que la plupart des événements terroristes les plus dramatiques ayant eu lieu aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Europe ont été des opérations sous fausse bannière (false-flag operations).
Du point de vue historique, ceci ne serait pas aucunement surprenant. De telles opérations sont monnaie courante – Modus operandi – dans de nombreux pays, bien que nous ne recevions généralement des preuves que des années plus tard. Par exemple, chaque guerre dans laquelle les États-Unis ont été impliqués possède sa propre histoire bidon du type des incidents du golfe du Tonkin, ou de l’escroquerie des armes de destruction massive, sous une forme ou une autre. C’est une formule qui fonctionne. Mobilisation de l’opinion publique instantanée, prompte adoption sans débat de nouvelles résolutions et législations. En quoi la guerre contre le terrorisme serait-elle différente?
En ce qui concerne le motif: Alors que les musulmans n’ont que souffert à la suite de ces événements dramatiques, l’élite bancaire a été en mesure de créer une infrastructure d’État policier qui peut être utilisée pour faire face à toute résistance populaire prévue ou chaos civil qui pourrait émerger tandis qu’ils préparent la voie à leur avenir post-capitaliste.Avec l’effondrement, les plans de sauvetage et la défaillance totale d’exercer une quelconque stratégie efficace de recouvrement économique, les signaux sont très clairs: on laissera le système s’effondrer totalement, ouvrant ainsi la voie à une «solution»préfabriquée. Ground Zero peut être vu comme une métaphore, avec l’économie capitaliste comme étant le World Trade Center. Et les produits dérivés toxiques illustrent le fait que l’effondrement est, en fait, une démolition contrôlée.
Il me semble inévitable, compte tenu des nombreux signaux, que la loi martiale fera partie du processus de transition, sous prétexte de faire face aux problèmes de l’effondrement économique. Peut-être un effondrement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire, en raison d’un effondrement de la chaîne d’approvisionnement en énergie. Les réponses d’urgence des États-Unis à Nouvelle Orléans et de nouveau en Haïti nous donnent davantage de signaux, des tests et essais, du genre de «réponse d’urgence» que nous pouvons espérer.
D’abord et avant tout vient la sécurité des forces d’occupation. Ceux qui souffrent durant un état d’urgence sont traités plutôt comme des insurgés que des victimes ayant besoin d’aide. Dans le cas d’Haïti, de la réponse américaine ne peut être décrite que comme étant un projet de génocide intentionnel. Quand les gens sont coincés sous des décombres lors d’un séisme, les 48 premières et 72 heures, sont des moments tout à fait critiques, en rapport direct avec les taux de survie. Lorsque l’armée américaine a systématiquement bloqué l’aide pendant ces heures critiques, retournant des médecins et des équipes d’urgence, ils ont scellé le sort de milliers de personnes qui auraient pu être sauvées.
On peut imaginer plusieurs scénarios cauchemardesques, étant donné ces différents signaux, ces signes de mauvais augure. La Première et la Seconde Guerre mondiale étaient des cauchemars qui se sont réellement passés, avec des millions de gens tués, et ces mêmes dynasties bancaires ont orchestré ces scénarios et ont ensuite couvert leurs traces. Nous devons également garder à l’esprit la Stratégie du choc (Shock Doctrine), où la catastrophe est considérée comme étant une opportunité où des «choses peuvent être accomplies alors que ce serait autrement impossible ».Nous sommes toujours affectés par les ondes de choc qui ont été envoyées lors du 9 / 11, et à nouveau lorsque le système financier s’est effondré. Et le vrai grand choc, l’effondrement général de la société, est encore à venir. La version ultime de la Stratégie du choc: « Si l’effondrement est total, nous pouvons accomplir n’importe quoi, peut importe ce que nous voulons accomplir ».

 

Je ne vais pas avancer d’hypothèses sur la façon dont ce processus de transition se jouera, mais je pense que ce sera un cauchemar d’une façon ou d’une autre. Déjà, la population grandissante de sans-abri souffrent d’un cauchemar, selon toutes normes civilisées. Un jour, vous vivez dans une maison dont la valeur est à la hausse, possédant un bon emploi, et le jour d’après, vous apprenez que votre famille est dans la rue. C’est un cauchemar. Le temps de transition sera un moment difficile, mais ce sera une transition, elle ne sera que temporaire, comme une guerre. Et comme au lendemain d’une guerre, elle permettra à la reconstruction sociale et économique.
Considérez comment le Japon et l’Allemagne étaient socialement et politiquement transformés par le processus de reconstruction de l’après-guerre. Ceux-ci ont été des exercices d’ingénierie sociale, tout comme l’ont été les transformations précédentes sous Mussolini et Hitler. Bien que les résultats étaient très différents, dans chaque cas un effondrement total/défaite a été le préambule à la reconstruction. Un effondrement total de l’économie capitaliste est tout simplement l’application d’une formule éprouvée. La deuxième partie de la formule sera un certain nouvel ordre social, ou peut-être un ordre social ancien, ou mélange quelconque. Quelque chose qui sera approprié pour une économie sans croissance.

Cela est la première partie de la guerre contre le terrorisme: elle a permis la création d’infrastructures d’État policier nécessaires pour faire face à l’effondrement de la société, et pour assurer la sécurité du processus de reconstruction.

Partie 2: Préparer la voie à la domination globale

La deuxième partie de la guerre contre le terrorisme porte sur la dimension géopolitique d’une économie mondiale de non-croissance. Plus tôt, j’ai suggéré que la géopolitique était différente sous le capitalisme, qu’il ne l’était sous les monarques souverains. Toute la dynamique était différente et les résultats ont été mesurés sur une échelle différente. De même, beaucoup de choses vont changer lors d’un passage d’un capitalisme chaotique orienté sur la croissance vers un système économique centralisé et micro-géré.
Considérons, par exemple, l’importance du contrôle des réserves de pétrole. Dans une économie en croissance, les profits ont été le prix à remporter et de contrôler les marchés et les canaux de distribution se sont révélés être une main gagnante de la partie. Les dictateurs locaux pouvaient gérer les choses à leur guise et prendre leur part des revenus pétroliers, tant qu’ils honoraient leurs contrats avec les géants du pétrole, qui étaient heureux de vendre aux plus offrants.
Dans une économie de non-croissance, où l’accent est mis sur le contrôle direct sur l’approvisionnement et la distribution des ressources, il devient nécessaire de sécuriser, au sens militaire, les sources de pétrole et les routes de distribution. Il ne suffit plus de simplement profiter de l’exploitation débridée. La sécurisation des sources et l’allocation directe la distribution sont le fondement de la microgestion de l’économie de la non-croissance. Ceci s’applique à d’autres ressources essentielles comme l’uranium et les minéraux rares nécessaires à la «défense» et à l’industrie de l’électronique.
En fait, nous sommes au milieu d’une guerre pour mettre la main sur les ressources, avec la Chine et la Russie signant des contrats énergétiques à long terme avec l’Iran et le Venezuela, la Chine achetant des terres agricoles en Afrique, Washington qui conclue des ententes à long terme pour les biocarburants brésiliens, en plus de nombreux autres exemples. À plusieurs égards, l’impérialisme est en train de revenir à l’époque coloniale, lorsque l’administration directe était le modèle, plutôt que le modèle capitaliste: profitant des investissements des entreprises sous des dictateurs qui oppriment leurs populations.
Il se produit un retour naturel vers la dynamique du «bon vieux temps de l’empire», où les grandes puissances de l’Europe ont concentré leur activité économique au sein de leurs sphères d’influence individuelle. Tout le monde sait que les limites des ressources mondiales ont été atteints, causé en partie par les pressions démographiques, mais aussi dû en partie aux pratiques d’exploitation des ressources . Pour cette seule raison, nous avons la partie pacifique de la guerre pour les ressources.
En Irak, en Afghanistan et maintenant au Pakistan et au Yémen, les États-Unis, avec le soutien de l’OTAN, jouent la partie de la guerre pour les ressources de façon vraiment pas pacifique. C’est plutôt avec la main d’un tyran qu’ils le font: «j’ai le plus gros fusil, donc, je vais prendre ce que je veux». Ces actions agressives sont très provocatrices pour la Russie et la Chine et cela menace leurs intérêts économiques vitaux. Une attaque contre l’Iran serait plus qu’une provocation, ce serait une gifle directe dans la face, un défi: «Luttez maintenant ou résignez-vous à être soumis».
En plus de toutes ces prises de contrôle du pétrole, les États-Unis ont entouré la Russie et la Chine avec des bases militaires et ont récemment accéléré l’installation de systèmes antimissiles à leurs frontières, malgré de fortes objections de la part de la Russie et la Chine. Les États-Unis sont délibérément provocateurs et ils menacent les intérêts vitaux de ces adversaires potentiels.
En réponse à cela, les alliances se forment sur une base bilatérale et sous la forme de l’OCS. La Chine et la Russie sont très proches dans leur coopération militaire et le partage de la technologie. Leur planification stratégique est basée sur l’attente d’une attaque américaine, et leur réponse stratégique est basée sur le principe de la guerre asymétrique. Par exemple, un missile d’un million de dollars capable de détruire un porte-avions de plusieurs milliards de dollars. Ou peut-être une poignée de missiles capables de désactiver le commandement et contrôle par satellite des systèmes du Pentagone.
Pendant ce temps, les États-Unis dépensent des sommes astronomiques sur le développement d’une capacité de première frappe, avec un système d’armement spatiale, le contrôle des capacités du théâtre de conflit militaire, les avant-postes d’armes nucléaires « tactiques », etc. Ce nouveau système antimissiles est une partie importante d’une stratégie de première frappe nucléaire, réduisant la capacité de représailles de la Russie ou de la Chine. Ces systèmes sont plus que provocateurs. Ils sont l’équivalent moderne de marcher vos armées jusqu’à la frontière de votre adversaire.
Si un échange nucléaire advenait entre les grandes puissances dans le futur, les historiens citeraient toutes ces choses mentionnées ici comme «signes évidents» que la guerre était pour se produire. Des parallèles seraient tirés avec le scénario d’avant Première Guerre mondiale, alors que l’Allemagne éclipsait la Grande-Bretagne sur le plan économique, tout comme la Chine est en train d’éclipser les États-Unis aujourd’hui. Dans les deux cas, une « tentative désespérée de maintenir l’hégémonie » serait perçue comme la cause de la guerre.
Qu’il y ait une 3e guerre mondiale ou pas, tous ces préparatifs témoignent clairement que nos élites bancaires ont l’intention de présider un système mondial, de gré ou de force. S’ils voulaient un arrangement pacifique, une division de la tarte du tiers-monde, pour ainsi dire, cela pourrait être facilement organisé à tout moment, avec un substantiel désarmement nucléaire. La Chine et la Russie aimerait voir un monde stable et multipolaire; c’est seulement nos banquiers privés internationaux qui sont obsédés par la domination du monde.
Il est possible que la guerre nucléaire soit un «résultat souhaité», accomplissant une dépopulation et rendant l’effondrement encore plus total. Ou peut-être que la Chine et la Russie recevront une offre qu’ils ne peuvent pas refuser: «Abdiquez votre souveraineté économique pour notre système mondial, ou subissez-en les conséquences». D’une façon ou d’une autre, l’élite bancaire, les maîtres de l’univers ont l’intention de présider un système mondial de microgestion. Le projet d’effondrement est maintenant bien engagé, et le projet «d’entourer votre ennemi» semble être plus ou moins achevé. Du point de vue stratégique, il y aura un certain moment déclencheur, un moment clé dans le scénario de l’effondrement économique, lorsque la confrontation géopolitique sera jugée la plus avantageuse.
C’est un jeu d’échecs multidimensionnel et avec des enjeux aussi importants, vous pouvez être assurés que la synchronisation des différents actes sera soigneusement coordonnée. Et à partir de la forme générale du jeu, il semble que nous approchions de la fin de la partie.

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La semaine prochaine:

– Pronostic 2012

– Un Âge Néo-ténébreux – Post-scriptum

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Pronostic 2012: Vers un nouvel ordre mondial social – Seconde partie

Ce texte est largement basé sur l’article de Richard K. Moore «  Prognosis 2012: Towards a New World Social Order » qui méritait bien d’être traduit pour le bénéfice des lecteurs francophones. Il est présenté en différents volets, vu la longueur du texte original.

Voici donc la deuxième partie de Pronostic 2012: Vers un nouvel ordre mondial social.

François Marginean

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La fin de la croissance – les capitalistes vs le capitalisme

Il a toujours été inévitable, dans un système fermé qu’est la planète Terre, qu’il y ait une limite à la croissance économique. L’industrialisation a permis de se précipiter vers cette limite au cours des deux derniers siècles. La production est devenue de plus en plus efficace, les marchés sont devenus de plus en plus mondiaux et nous avons finalement atteint le point où le paradigme de la croissance à l’infini ne peut plus être maintenu.

En fait, ce point a été atteint vers 1970. Depuis lors, le capital n’a pas tant cherché la croissance par l’augmentation de la production, mais plutôt par l’extraction de plus grands profits d’une production qui est demeurée à des niveaux relativement plats; d’où la mondialisation qui a délocalisé la production vers des régions où se trouvent des travailleurs à faibles revenus, fournissant ainsi des marges de profits plus importantes. Et donc, conséquemment est apparu la tendance à la privatisation qui a pour effet de transférer les flux de revenus qui allaient auparavant aux budgets nationaux vers les investisseurs. Enfin, c’est le pourquoi des marchés dérivés et des marchés des devises qui créent l’illusion électronique de la croissance économique, sans produire quoi que ce soit dans le monde réel.

Si l’on étudie l’effondrement des civilisations, on apprend que le manque d’adaptation est fatal. Continuer sur la voie de la poursuite de la croissance serait un tel manque d’adaptation. Et si on lit les pages financières de nos jours, on constate qu’elles sont pleines de prophètes de malheur. Nous lisons que la zone euro est condamnée et que la Grèce n’était que la première victime. Nous lisons que les plans de relance ne fonctionnent pas, que le chômage augmente, que le dollar est en grande difficulté, que la croissance continue de stagner et que le secteur commercial de l’immobilier sera la prochaine bulle à éclater, etc. Il est facile d’avoir l’impression que le capitalisme ne parvient pas à s’adapter et que nos sociétés sont menacées de s’effondrer en sombrant dans le chaos.

Une telle impression serait en partie vraie et fausse. Afin de réellement comprendre la situation, nous devons faire une distinction claire entre l’élite capitaliste et le capitalisme lui-même. Le capitalisme est un système économique reposant sur la croissance; l’élite capitaliste est les gens qui ont réussi à prendre le contrôle du monde occidental alors que le capitalisme a fonctionné au cours des deux derniers siècles. Le système capitaliste a dépassé sa date limite de vente, l’élite bancaire est bien consciente de ce fait – et elle s’adapte.

Le capitalisme est un véhicule qui a aidé les banquiers à atteindre le pouvoir absolu, mais ils n’ont pas plus de loyauté envers ce système qu’ils en ont envers un endroit en particulier, ou envers quoique ce soit ou quiconque. Tel que mentionné précédemment, ils pensent à l’échelle mondiale, considérant les nations et les populations comme des pions. Ils définissent ce qu’est l’argent et ils le créent, tout comme le banquier dans un jeu de Monopoly. Ils peuvent aussi inventer un nouveau jeu avec un nouveau type d’argent. Ils ont depuis longtemps dépassé toute nécessité de s’appuyer sur un système économique particulier afin de maintenir leur pouvoir. Le capitalisme était pratique dans une ère de croissance rapide. En vue d’une ère de non-croissance, un jeu différent est en cours de préparation.

Ainsi, on n’a pas laissé le capitalisme mourir d’une mort naturelle. Tout d’abord, il a été mis sur un système de soutien artificiel de la vie, tel que mentionné ci-dessus, avec la mondialisation, la privatisation, les marchés des produits dérivés, etc. Ensuite, il a reçu une injection létale sous forme de produits dérivés toxiques. Et lorsque l’effondrement planifié s’est produit, plutôt que de sauver le capitalisme industriel, l’élite bancaire a été sauvé. Ce n’est pas parce que les banques étaient trop grosses pour faire faillite, mais plutôt parce que les banquiers étaient trop puissants politiquement pour faire échec. Ils ont fait une offre aux gouvernements qu’ils ne pouvaient refuser.

Les résultats du sauvetage de l’ordre de milliards de dollars étaient facilement prévisibles, bien qu’on ne l’apprenne pas à la lecture des pages financières. Les budgets nationaux étaient déjà très sollicités, et ils n’avaient certainement pas assez de réserves à leur disposition pour financer les plans de sauvetage. Ainsi, ces plans de sauvetage ont résulté en rien de plus que l’ajout d’immenses dettes par les gouvernements. Afin d’honorer les engagements des plans de sauvetage, l’argent sera emprunté auprès des mêmes institutions financières qui ont été renflouées.

Avec les plans de sauvetage, les gouvernements occidentaux ont livré leurs nations les mains liées aux banquiers. Les gouvernements sont désormais en perpétuelle servitude pour leurs dettes dues aux banquiers. Plutôt que les banques soient mises sous séquestre, ce sont les gouvernements qui sont maintenant sous séquestre. Le cabinet d’Obama et ses conseillers sont presque tous de Wall Street, ils sont à la Maison Blanche afin de surveiller de près leur nouvelle acquisition, les États-Unis anciennement souverains. Peut-être qu’ils présideront bientôt à sa liquidation.

Les banquiers sont maintenant en contrôle des budgets nationaux. Ils dictent ce qui peut être financé et ce qui ne le peut pas. Quand il s’agit de financer leurs guerres et la production d’armement, aucune limite n’est imposée. Quand il s’agit de services publics, on nous dit que les déficits doivent être tenus en échec. La situation a été très bien exprimée par Brian Cowan, le chef du gouvernement de l’Irlande. Dans la même semaine que l’Irlande a promis 200 milliards d’euros pour renflouer les banques, il lui était demandé pourquoi il coupait quelques millions d’euros des budgets des services de base les plus importants. Il répondit: «Je suis désolé, mais les fonds ne sont tout simplement pas là ». Bien sûr qu’ils ne sont pas là! Le trésor a été dilapidé. Les coffres sont vides.

Comme on pouvait s’y attendre, la plus haute priorité des budgets est le service de la dette envers les banques. Tout comme la plupart des pays du tiers-monde sont dans l’esclavage de la dette envers le FMI, l’Occident en entier est maintenant dans l’esclavage de la dette envers ses propres banques centrales. La Grèce est le signe avant-coureur de ce qui va se produire partout.

L’économie du carbone – contrôle de la consommation

Dans une économie sans croissance, les mécanismes de la production deviendront relativement statiques. Au lieu de corporations en compétition pour l’innovation, nous aurons des bureaucraties de production. Elles seront des bureaucraties semi-étatiques, semi-privées, préoccupées par les budgets et les quotas plutôt que par la croissance, un peu à l’instar du modèle soviétique. Un tel environnement n’est pas mu par un besoin de croissance du capital, et il ne permet pas un jeu de Monopoly rentable.

Nous pouvons déjà voir les mesures prises pour déplacer le modèle d’entreprise vers le modèle bureaucratique, par l’intervention accrue du gouvernement dans les affaires économiques. Avec le sauvetage de Wall Street, la restructuration forcée de General Motors, l’appel à la microgestion centralisée du secteur bancaire et industriel, et l’imposition de la couverture d’assurance santé, le gouvernement fait savoir que le marché est pour être remplacé par des directives gouvernementales. Non pas que nous devrions pleurer la disparition du capitalisme exploiteur, mais avant de célébrer, nous devons comprendre ce par quoi il est remplacé.

Dans une ère de capitalisme et de croissance, l’accent a été mis l’aspect production de l’économie. Le but du jeu visait le contrôle des moyens de la croissance: l’accès au capital. Le moteur de la croissance du capitalisme a créé la demande de capitaux, les banquiers contrôlaient l’offre. Les impôts étaient surtout basés sur le revenu, encore une fois liés à l’aspect production de l’économie.

Dans une ère de non-croissance, le point de mire du jeu sera sur l’aspect consommation de l’économie. Le jeu visera le contrôle des nécessités de la vie: accès à la nourriture et l’énergie. La population crée la demande pour les nécessités de la vie; les banquiers ont l’intention de contrôler l’approvisionnement. Les taxes seront principalement basées sur la consommation, en particulier de l’énergie. Et c’est là toute l’histoire de la crise du réchauffement de la planète, avec ses taxes sur le carbone et les crédits de carbone.

Déjà, en Grande-Bretagne, on parle de quotas sur le carbone, comme le rationnement de l’essence en temps de guerre. Ce n’est pas seulement que vous aurez à payer des taxes sur l’énergie, mais la quantité d’énergie que vous pouvez consommer sera déterminée par des directives du gouvernement. Des crédits de carbone vous seront émis et vous pourrez les utiliser pour la conduite, le chauffage, ou en de rares occasions pour des voyages aériens. Toujours en Grande-Bretagne, les routes sont câblés afin qu’il soit possible de surveiller le kilométrage que vous effectuez, pour vous taxer en conséquence, et vous pénaliser si vous dépassez votre limite permise. On peut s’attendre à ce que ce genre de chose se répande à travers l’Occident, puisque c’est les mêmes banquiers internationaux qui sont en charge partout.

En termes de propagande, ce contrôle sur la consommation est vendu comme une solution au réchauffement climatique et au pic pétrolier (peak oil). La campagne de propagande a été très réussie, et tout le mouvement environnemental est tombé dans le panneau de celui-ci. À Copenhague, les manifestants ont affronté la police, brandissant des pancartes appuyant les taxes sur le carbone et les crédits de carbone. Mais en fait, le régime de carbone n’a rien à voir avec le climat ou le développement durable. Cela a tout à voir avec la microgestion de tous les aspects de nos vies, ainsi que tous les aspects de l’économie.

Si les gens qui contrôlent les choses étaient réellement concernés par le développement durable, ils investiraient dans les moyens de transport publics efficaces et ils changeraient l’agriculture basée sur une énorme consommation de pétrole et d’eau pour des méthodes durables. Au contraire, ils poussent l’utilisation de biocarburants et nous vendent des voitures électriques qui ne sont pas plus viables ou plus efficaces au niveau du carbone que les voitures normales. En effet, le but réel derrière les biocarburants est un génocide. Avec les prix alimentaires qui sont liés aux prix de l’énergie, et les terres agricoles en processus de conversion de production de nourriture vers la production de carburant, le résultat ne peut qu’être une augmentation massive de la famine dans le tiers-monde. Le dépeuplement a longtemps été un objectif ouvertement déclaré dans les cercles élitistes, et la dynastie Rockefeller a souvent été impliqués dans des projets eugénistes de toutes sortes.

«La guerre contre le terrorisme» – préparer la voie à la transition

La soi-disant guerre contre le terrorisme comporte deux parties. La première partie est un prétexte à des abus arbitraires des droits des citoyens, chaque fois que le Homeland Security prétend que le geste est nécessaire pour des raisons de sécurité. La deuxième partie est un prétexte à l’agression militaire de la part des États-Unis partout dans le monde, chaque fois que la Maison Blanche prétend que Al-Qaïda est actif dans une quelconque région.

Le mot « prétendre » ci-dessus est utilisé parce que le prétexte du terrorisme est utilisé pour justifier des pouvoirs arbitraires, autant à l’intérieur du pays que globalement. Aucune preuve tangible n’a besoin d’être présentée au Congrès, à l’ONU, ou à toute autre personne, avant que certains pays soient envahis, que quelqu’un soit kidnappé et torturé en tant que « présumé terroriste », ou qu’une nouvelle mesure de sécurité invasive est mis en place. Lorsque les pouvoirs sont arbitraires, nous ne vivons plus sous le règne du droit, tant au niveau national qu’international. Nous vivons sous la domination des hommes, comme on peut s’y attendre dans une dictature, dans un royaume à l’ancienne ou sous un empire.

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La semaine prochaine:

La guerre contre le terrorisme

– Partie 1: Préparer la voie à un nouvel ordre social

– Partie 2: Préparation de la voie à la domination mondiale

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Pronostic 2012: Vers un nouvel ordre mondial social

Ce texte est largement basé sur l’article de Richard K. Moore «  Prognosis 2012: Towards a New World Social Order  » qui méritait bien d’être traduit pour le bénéfice des lecteurs francophones, ne serait-ce que pour stimuler la réflexion et soulever quelques débats nécessaires. Il sera présenté en différents volets vu la longueur du texte original.

François Marginean

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Contexte historique – l’Establishment de la suprématie capitaliste

Lorsque la révolution industrielle a commencé en Grande-Bretagne, vers la fin des années 1700, il y avait beaucoup d’argent à faire en investissant dans les usines et les fabriques, en ouvrant de nouveaux marchés, et en prenant le contrôle des sources de matières premières. Les gens qui avaient le plus d’argent à investir, cependant, n’étaient pas tant en Grande-Bretagne, mais plutôt en Hollande. La Hollande était la principale puissance occidentale dans les années 1600 et ses banquiers figuraient parmi les plus grands capitalistes. En quête du profit, le capital néerlandais a coulé sur le marché boursier britannique et donc, les néerlandais ont financé la montée en puissance de la Grande-Bretagne, qui a ensuite éclipsé la Hollande tant au niveau économiquement que géopolitique.

De cette façon, l’industrialisme britannique en est venu qu’à être dominé par de riches investisseurs, et le capitalisme est devenu le système économique dominant. Cela a conduit à une transformation sociale majeure. La Grande-Bretagne avait essentiellement été une société aristocratique, dominée par des familles propriétaires de terres. Alors qu’économiquement le capitalisme devenait dominant, les capitalistes devenaient dominants sur le plan politique. Les structures fiscales et des politiques d’import-export ont été progressivement modifiées pour favoriser les investisseurs par rapport aux propriétaires fonciers.

Il n’était plus économiquement viable de simplement maintenir un domaine à la campagne: il fallait le développer, le transformer pour en faire une utilisation plus productive. Les drames victoriens sont remplis d’histoires de familles aristocratiques qui connaissent des temps difficiles et qui sont forcées de vendre leurs propriétés. Pour des fins dramatiques, ce déclin est généralement attribué à un échec de certains personnages, un fils aîné faible peut-être. Mais en fait, le déclin de l’aristocratie faisait partie d’une plus grande transformation sociale provoquée par la montée du capitalisme.

L’activité du capitaliste est la gestion du capital, et cette gestion est généralement traitée par l’intermédiaire des banques et des maisons de courtage. Il ne devrait pas être surprenant que les banquiers investisseurs se soient retrouvés au sommet de la hiérarchie de la richesse et la puissance capitaliste. Et en fait, il n’y a qu’une poignée de familles bancaires, incluant les Rothschild et les Rockefeller, qui sont arrivés à dominer les affaires économiques et politiques dans le monde occidental.

Contrairement aux aristocrates, les capitalistes ne sont pas liés à un lieu, ou à l’entretien d’un lieu. Le capital est déloyal et mobile – il coule à l’endroit où la plus forte croissance se trouve, comme il a coulé de la Hollande à la Grande-Bretagne, puis la Grande-Bretagne vers les États-Unis et plus récemment, de partout en direction de la Chine. Tout comme une mine de cuivre peut être exploitée puis ensuite abandonnée, sous le capitalisme, une nation entière peut être exploitée pour être ensuite abandonnée, comme nous pouvons l’observer dans les régions industrielles en ruine de l’Amérique et de la Grande-Bretagne.

Ce détachement par rapport à un lieu en particulier conduit à un type différent de géopolitique sous le capitalisme que sous l’aristocratie. Un roi va à la guerre quand il voit un avantage de le faire pour sa nation. Les historiens peuvent «expliquer» les guerres datant des jours pré-capitalistes, en termes d’agrandissement des monarchies et des nations.

Un capitaliste déclenche une guerre pour faire des profits et en fait, les familles de banquiers d’élite ont financé les deux côtés de la plupart des conflits militaires depuis au moins la Première Guerre mondiale. C’est pourquoi les historiens ont beaucoup de difficulté à «expliquer» la Première Guerre mondiale en termes de motivations et objectifs nationaux.

Avant la venue de l’ère capitaliste, la guerre était comme les échecs, chaque côté essayant de gagner. Sous le capitalisme, la guerre ressemble plus à un casino où les joueurs s’affrontent aussi longtemps qu’ils peuvent obtenir un crédit pour plus de jetons, et le vrai gagnant s’avère toujours être la maison – les banquiers qui financent la guerre et qui décident qui sera le dernier homme debout. Non seulement les guerres sont-elles la plus rentable de toutes les entreprises capitalistes, mais par le choix des gagnants et la gestion de la reconstruction, les familles de banquiers d’élite sont en mesure, au fil du temps, d’adapter la configuration géopolitique en fonction de leurs propres intérêts.

Nations et populations ne sont que des pions dans leurs jeux. Des millions de personnes meurent dans ces guerres, les infrastructures sont détruites, et alors que le monde pleure, les banquiers comptent leurs gains et font des plans pour leurs investissements dans la reconstruction d’après-guerre.

À partir de leur position de pouvoir, étant les financiers des gouvernements, les élites bancaires ont perfectionné leurs méthodes de contrôle au fil du temps. Demeurant toujours dans les coulisses, ils tirent les ficelles contrôlant les médias, les partis politiques, les agences du renseignement, les marchés boursiers et les bureaux du gouvernement. Et leur contrôle sur les devises est peut-être leur plus grand levier de pouvoir. Par le biais de leur arnaque de la banque centrale, ils créent des cycles d’expansion et de récession économique et ils impriment de l’argent à partir de rien qu’ils prêtent ensuite avec intérêts aux gouvernements. Le pouvoir des élites bancaires est à la fois absolu et subtil…

«Certains des plus grands hommes aux États-Unis
ont peur de quelque chose. Ils
savent qu’il y a un pouvoir quelque part, si
organisé, si subtil, si vigilant, si
interconnecté, si complet, si envahissant
qu’il valait mieux ne pas parler à haute voix lorsqu’ils parlent en
condamnation de celui-ci.  »
– Le Président Woodrow Wilson

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La semaine prochaine:

– La fin de la croissance – les capitalistes vs le capitalisme

– L’économie du carbone – contrôle de la consommation

– «La guerre contre le terrorisme» – préparer la voie à la transition

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Pour en finir avec la théorie de l’exploitation du labeur d’autrui de Marx

Lorsqu’on se retrouve face à des illettrés économiques qui ne jurent que par les écrits de Karl Marx, ça paie d’avoir les bons arguments. La théorie de l’exploitation du labeur d’autrui de Marx repose sur la théorie de la valeur du travail de Ricardo. Cette théorie est périmée et à maintes fois été réfutée.

Sa théorie se résumait à ceci:

«Si de la valeur d’une marchandise nous retranchons la valeur qui restitue celle des matières premières et des autres moyens de production consommés, c’est-à-dire si nous retranchons la valeur qui représente le travail passé qu’elle contient, la valeur restante sera réduite à la quantité de travail qu’y a ajoutée l’ouvrier occupé en dernier lieu. Si cet ouvrier travaille 12 heures. par jour et si 12 heures de travail moyen se cristallisent en une somme d’argent de 6 shillings, cette valeur additionnelle de 6 shillings est la seule valeur que son travail aura créée. Cette valeur donnée, déterminée par le temps de son travail, est le seul fonds d’où l’ouvrier ainsi que le capitaliste puiseront respectivement leurs parts ou dividendes, la seule valeur qui soit répartie en salaire et en profit. Il est clair que cette valeur elle-même n’est pas modifiée par le rapport variable suivant lequel elle peut être partagée entre les deux parties. Il n’y aura rien de changé non plus si au lieu d’un ouvrier nous mettons toute la population travailleuse et si au lieu d’une journée de travail nous en mettons 12 millions, par exemple.
Le capitaliste et l’ouvrier n’ayant à partager que cette valeur limitée, c’est-à-dire la valeur mesurée d’après le travail total de l’ouvrier, plus l’un recevra, moins recevra l’autre, et inversement. Pour une quantité donnée, la part de l’un augmentera dans la proportion où celle de l’autre diminuera. Si les salaires changent, les profits changeront en sens contraire. Si les salaires baissent, les profits monteront, et si les salaires montent, les profits baisseront. Si l’ouvrier, comme nous l’avons supposé précédemment, reçoit 3 shillings, c’est-à-dire la moitié de la valeur qu’il crée, ou si sa journée entière de travail se compose pour moitié de travail payé et pour moitié de travail non payé, le taux du profit s’élèvera à 100 pour cent, car le capitaliste recevra également 3 shillings. Si l’ouvrier ne reçoit que 2 shillings, c’est-à-dire s’il ne travaille que le tiers de la journée pour lui-même, le capitaliste recevra 4 shillings, et le taux du profit sera donc de 200 pour cent. Si l’ouvrier reçoit 4 shillings, le capitaliste n’en recevra que 2, et le taux du profit tombera alors à 50 pour cent. Mais toutes ces variations sont sans influence sur la valeur de la marchandise. Une hausse générale des salaires entraînerait par conséquent une baisse du taux général du profit, mais resterait sans effet sur la valeur.
Mais bien que les valeurs des marchandises doivent en définitive régler leur prix sur le marché, et cela exclusivement d’après la quantité totale du travail fixée en elle et non d’après le partage de cette quantité en travail payé et en travail impayé, il ne s’ensuit nullement que les valeurs de telle ou telle marchandise ou d’un certain nombre de marchandises produites, par exemple, en 12 heures, restent toujours constantes. Le nombre ou la masse des marchandises fabriquées en un temps de travail déterminé ou au moyen d’une quantité de travail déterminée dépend de la force productive du travail employé à sa production et non de son étendue ou de sa durée. Avec un degré déterminé de la force productive du travail de filage, par exemple, on produit, dans une journée de travail de 12 heures, 12 livres de filé, avec un degré inférieur, 2 livres seulement. Si donc dans un cas 12 heures de travail moyen étaient incorporées dans une valeur de 6 shillings, les 12 livres de filé coûteraient 6 shillings, dans l’autre cas les 2 livres de filé coûteraient également 6 shillings. Une livre de filé coûterait par conséquent 6 pence dans un cas et 3 shillings dans l’autre. Cette différence de prix serait une conséquence de la diversité des forces productives du travail employé. Avec une force productive supérieure, une heure de travail serait incorporée dans une livre de filé, alors qu’avec une force productive inférieure, 6 heures de travail seraient incorporées dans une livre de filé. Le prix d’une livre de filé ne s’élèverait, dans un cas, qu’à 6 pence, bien que les salaires fussent relativement élevés et le taux du profit bas. Dans l’autre cas, il serait de 3 shillings, quoique les salaires fussent bas et le taux du profit élevé. Il en serait ainsi parce que le prix de la livre de filé est déterminé par la quantité totale de travail qu’elle renferme et non par le rapport suivant lequel cette quantité totale est partagée en travail payé et travail impayé. Le fait mentionné plus haut, que du travail bien payé peut produire de la marchandise bon marché, et du travail mal payé de la marchandise chère, perd donc son apparence paradoxale. Il n’est que l’expression de la loi générale: la valeur d’une marchandise est déterminée par la quantité de travail qui y est incorporée, et cette quantité de travail dépend exclusivement de la force productive du travail employé et variera par conséquent à chaque modification de la productivité du travail.»


Parce que Marx croyait que le travail était ce qui générait la valeur économique, il conclue que les capitalistes, qui fournissent leur capital dans le processus de production, puisqu’ils ne travaillaient pas, ne méritaient pas la rente qu’il recevaient sur leur capital et qu’en la recevant, ils parasitaient le labeur des prolétaires. C’est un sophisme qui perdure depuis trop longtemps. Tout d’abord, démontrons comment le travail et la valeur économique n’ont aucune corrélation. Voici huit exemples qui démontrent les failles de la théorie de la valeur du travail.


Les failles de la Théorie de la Valeur du Travail

Faille #1: Argument de la valeur de produits obtenus de la nature: Certains produits peuvent être obtenus de la nature à un coût minime en labeur et avoir une valeur beaucoup plus grande. Supposons que je promène dans une forêt et que je ramasse une pomme tombée d’un pommier. Ramasser cette pomme n’a demandé qu’un effort minime de ma part, et pourtant en continuant mon chemin un peu plus loin et en croisant une autre personne, je peux revendre cette pomme pour un montant excédant le labeur que j’ai dépensé.

Faille #2: Le travail inutile. Certains travaux peuvent coûter de grands efforts en labeur et ne valoir strictement rien. Pendant la grande dépression, pour réduire le chômage, le gouvernement engageait des hommes pour creuser des trous et les remplir plus tard. Ces travaux stupides ne produisaient strictement rien, mais étaient très intensifs au niveau du labeur.

Faille #3: L’argument de l’effort excessif. Certains travailleurs peuvent parfois dépenser des efforts démesurés par rapport à la valeur du produit qu’ils produisent. Ainsi, un écrivain qui passerait la moitié de sa vie à écrire un livre à la main risque de ne pas retirer des ventes de son livre une valeur équivalente à de nombreuses années de travail. La valeur de son produit peut donc être moindre que le travail mis dans la production.

Faille #4: Argument de l’effort inexistant. Quelqu’un peut générer une valeur virtuellement sans faire d’effort physique. Un entrepreneur qui, par exemple, remarque que le prix d’un produit est plus élevé dans une région que dans une autre, peut mettre à profit cette information avec peu d’effort en achetant le produit où le prix est bas et en le revendant là où le prix est haut. Ou vendre cette information à un collègue en échange d’une part des profits. Encore une fois, une plus-value est générée sans travail excessif. Parce que la matière grise, ça vaut quelque chose quand on en a.

Faille #5: L’inégalité d’habileté. Certains travailleurs sont plus habiles et plus productifs que d’autres. Ainsi, le temps que le travailleur A construit une table, le travailleur B en construit deux. Les deux ont travaillé le même nombre d’heures, mais le travailleur B obtiendra deux fois plus que le travailleur A. Marx a toujours considéré le travail comme étant homogène, ce qui est complètement déconnecté de la réalité. Dans un système capitaliste, ceux qui sont plus productifs gagnent plus tout simplement parce qu’ils produisent plus.

Faille #6: L’argument de l’incitatif. Si un travailleur obtient de son travail exactement ce qu’il dépense en effort, il n’a aucun incitatif à faire cet effort, puisqu’il peut obtenir exactement le même résultat en ne travaillant pas du tout. Pour vaincre la disutilité du travail, il faut que la valeur reçue pour son labeur excède l’effort.

Faille #7: L’usage inégal du même produit. Le même objet acheté par deux personnes différentes, peut avoir une valeur différente. Une guitare achetée par un virtuose pourrait générer une grande valeur par son utilisation lorsqu’il en joue en public ou s’enregistre et vend les enregistrements. Par contre, dans les mais d’un néophyte, cette même guitare aura très peu de valeur.

Faille #8: l’utilité marginale décroissante. Deux unités d’un même produit dans les mains du même homme peuvent avoir une valeur différente. Un homme qui meurt de soif qui obtient deux bouteilles d’eau utilisera certainement la première bouteille pour épancher sa soif et sauver sa vie, mais il pourra peut-être utiliser la deuxième pour se laver, s’il n’a plus soif. Alors qu’il voudra peut-être vendre la deuxième bouteille, il refusera certainement de vendre la première à n’importe quel prix. Cette bouteille aura donc plus de valeur que la deuxième alors que les deux requièrent la même quantité de travail à remplir.

Ces huit failles démontrent sans contredit qu’il n’y a aucune corrélation entre la valeur économique d’un produit et la quantité de travail nécessaire pour le produire.

L’explication alternative: La Théorie de la Valeur de l’Utilité.

La théorie alternative qui a été mise de l’avant par des économistes qui ont suivi Marx s’appelle la théorie de la valeur de l’utilité qui dit que la valeur d’un produit ou un service est égale à l’utilité que ce produit ou service confère à son utilisateur. Plutôt que de faire une équivalence entre la valeur d’un produit et ce qu’un individu perd en le produisant, on fait une équivalence entre la valeur du produit et ce qu’un individu gagne en l’utilisant. Cette théorie explique tous les arguments contre la théorie de la valeur du travail (TVT).

Faille #1 de la TVT: Un produit obtenu naturellement avec peu ou pas de travail peut effectivement être d’une utilité à celui qui l’acquiert et ainsi produire une valeur, peu importe qu’il n’ait pas eu a travailler pour l’obtenir.

Faille #2 de la TVT: Le travail inutile n’est d’aucun bénéfice à personne et donc ne produit aucune valeur selon la théorie de l’utilité.

Faille #3 de la TVT: Selon la théorie de l’utilité, la valeur d’un produit est proportionnelle à l’utilité qu’en retire l’utilisateur, peu importe la quantité de travail nécessaire à la produire. Si la l’utilité d’un produit est inférieure à sont coût, on subira tout simplement une perte, ce qui est monnaie courante dans l’entreprise privée.

Faille #4 de la TVT: L’acquisition de certaines informations peut effectivement se monnayer et ainsi créer une valeur à celui qui utilise cette information sans nécessiter d’effort ou de travail. Parce que les idées ont une valeur aussi.

Faille #5 de la TVT: La théorie de l’utilité explique également les différences de valeurs engendrées par des différences d’habileté ou de productivité. Seul un communiste peut croire qu’un travailleur qui produit deux fois moins qu’un autre, mérite le même revenu que celui qui produit deux fois plus.

Faille #6 de la TVT: La théorie de l’utilité requiert qu’un travail productif doit générer plus de valeur que ce qu’il coûte. Il y a donc un incitatif au travail productif car le travailleur reçoit une plus grande valeur pour son travail.

Faille #7 de la TVT: La théorie de l’utilité explique également comment le même produit dans les mains de différentes personne peut valoir plus que dans les mains d’un autre.

Faille #8 de la TVT: La théorie de l’utilité explique également comment des bouteilles d’eau peuvent avoir une différente valeur pour le même utilisateur, dépendant de la quantité qu’il en a. Plus il possèdera un bien en grande quantité et moins une unité particulière de ce bien aura de valeur pour lui. Demandez à un fumeur de vous donner la dernière cigarette de son paquet, comparativement à quand son paquet est plein juste pour voir. Pourtant chaque cigarette nécessite la même quantité de travail. Mais une seule cigarette aura beaucoup moins de valeur à nos yeux si on en a 24 autres dans son paquet que s’il ne nous en reste qu’une.


Conclusion

L’assertion de Marx que les capitalistes volent aux travailleurs prolétaires la plus-value qu’ils génèrent par leur travail ne tient pas la route. Parce qu’il n’y a aucune corrélation entre la valeur économique d’un produit ou service et la quantité de travail pour le produire, l’assertion que ce travail génère une plus-value qui appartient à l’ouvrier plutôt qu’aux autres facteurs de production est tout simplement fausse. Dans la réalité, le processus de production comporte plusieurs facteurs qui ont tous droit à une redevance, le loyer pour le terrain, l’intérêt pour le capital et le salaire pour la main d’œuvre. Chacune de ces redevances doit être négociée séparément et doivent nécessairement déboucher à un accord mutuellement consenti où les deux parties profitent, sinon il ne pourrait y avoir aucun accord. Ainsi, le travail des prolétaires est « acheté » par un entrepreneur à travers un contrat de travail librement accepté par le travailleur et par l’employeur. L’employeur ne dispose d’aucun moyen de forcer qui que ce soit à signer ce contrat. Le salaire offert est généralement déterminé selon la valeur du marché pour des postes similaires parce que l’employeur doit offrir des salaires compétitifs pour attirer les meilleurs travailleurs. Ce n’est donc pas de l’exploitation, mais un accord donnant-donnant entre l’employé et l’employeur.

Si vous vous croyez exploité par votre employeur, dites-vous bien que personne ne vous a mis un révolver sur la tempe pour signer votre contrat de travail et rien ne vous empêche d’envoyer des CV à d’autres employeurs pour trouver un emploi qui paye plus. Si vous étiez vraiment exploités, vous n’auriez aucune porte de sortie. Or vous pouvez toujours prendre des cours du soir pour parfaire vos qualifications ou carrément changer de métier pour vous diriger vers une carrière plus profitable. Si vous décidez volontairement de ne pas faire d’effort pour augmenter la valeur de votre travail, c’est la faute à qui? La société? Votre patron? Foutaise!

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Les ennemis des pauvres

wealth

Philippe David

La gauche au Québec s’est toujours donné le monopole de la vertu. Ils se targuent souvent d’être les défenseurs de la veuve et de l’orphelin. Si leurs intentions sont bonnes, leurs méthodes font souvent tout le contraire et nuisent à ceux-là même qu’ils tentent d’aider, en plus de nuire à la société en général. La gauche dit aider les pauvres en utilisant deux méthodes. La première, en utilisant la force du gouvernement pour taxer les mieux nantis et redistribuer cette richesse et la seconde consiste à restreindre à certains l’utilisation de leur propriété pour la rendre accessible à d’autres.

Ce que les partisans de la gauche ne comprennent pas c’est que les méthodes qu’ils utilisent, le socialisme et l’interventionnisme, non-seulement n’aident pas, mais elles aggravent le problème de pauvreté qu’ils essaient de résoudre. En proposant des programmes sociaux, les gauchistes font une grave assomption: que la richesse existe dans la société. Après tout, s’il n’y avait aucune richesse à redistribuer, à quoi ça servirait d’avoir tous ces programmes? L’état-providence assume qu’il y a des gens qui produisent de la richesse ou en ont accumulé. Ce sont ces gens qu’is cherchent à taxer pour redistribuer aux pauvres.

Considérons une petite histoire de science-fiction. Supposons qu’on a découvert une nouvelle planète habitable dans notre système solaire. Afin d’alléger la surpopulation de nos prisons, nous décidons d’envoyer 50 000 prisonnier(ière)s pour coloniser la nouvelle planète. On leur donne assez de vivres, de vêtements et fournitures à chacun pour survivre 6 mois. Aussitôt arrivés, les bagnards élisent un gouvernment démocratique avec tous les pouvoirs pour éliminer la pauvreté et qui projette d’établir ipso facto, un état-providence avec système de santé gratuit, assurances chômage, pensions de vieillesse, congés parentaux, garderies, etc. Voyez-vous un problème? Le gouvernement lui-même n’est pas une source de richesse. Afin d’avoir l’argent pour établir ces programmes, il doit d’abord taxer les gens. Voyez-vous le problème suivant? Dans notre colonie, tout le monde est dans un état de pauvreté extrême. Il n’y a pas de richesse à redistribuer. Quoi faire?

En proposant ses programmes sociaux la gauche assume que la richesse pour les soutenir existe naturellement dans la société, comme si elle poussait sur les arbres. Elle ne considère pas pour un instant qu’une société ou la richesse croît peut être un grand bénéfice pour les pauvres ou que la taxation et redistribution puisse détruire la base de création de la richesse et appauvrir tout le monde.

Reprenons notre exemple, puisque que tout le monde dans la colonie est pauvre, on décide de tout mettre en commun. Le gouvernement est chargé de tout planifier, de décider les récoltes à être plantées, les commerces à créer, qui travaille où et comment allouer toutes les ressources de la colonie. Tout va bien au départ, ce genre d’arrangement va très bien au colons qui sont habitués à la vie de prison, mais après un certain temps, la nature humaine fait en sorte que personne ne veut travailler très fort. L’absentéisme est rampant, on a des pénuries de biens et services et la situation ne fait que s’empirer.

Cette situation s’est produite dans la première colonie américaine à Plymouth Rock. Ils ont tenté de fomer une société où toute propriété appartenait à la communauté (apparemment, Marx n’avait rien inventé). Le résultat fut la famine. Le gouverneur Bradford décida alors d’attribuer à chacun sa terre et donna le droit à chacun de conserver les fruits de son travail. Soudainement, tous les habitants de la colonie avaient plus d’ardeur au travail et d’excellentes récoltes. La solution à leur problème de famine fût la propriété privée et les marchés libre. Doit-on être surpris que le peuple américain soit le plus grand partisan de la libre-entreprise?

La même solution s’appliquerait à notre colonie hypothétique. Tout le monde est libre de partir en affaire dans le domaine qu’il veut et libre de poursuivre sont intérêt et appliquer ses talents particuliers à fournir des biens et services que les autres voudront acheter. Les gens seraient libres de transiger avec qui ils veulent et d’accumuler le fruit de leur travail.

Évidemment, au départ la pauvreté est manifeste. Il est plus difficile d’accumuler du capital alors qu’on fait à peine assez pour survivre, mais déjà la deuxième génération jouit d’un meilleur niveau de vie et est capable d’accumuler un peu d’épargne qu’elle passera à la troisième génération. Dans quelques décennies, le système commencera non-seulement à produire ses premiers millionnaires, mais le niveau de vie de ceux au bas de l’échelle aura aussi augmenté. Tout aussi important, les plus pauvres sauraient qu’il peuvent eux aussi rejoindre les rangs de la classe moyenne en travaillant fort et en épargnant.

Cette situation n’est pas si hypothétique, c’est celle qui prévalait pendant la révolution industrielle. Pendant cette période, les gens étaient relativement libres de transiger sans règlementation excessive et étaient très peu taxés. Les quelques premières décennies de cette période furent difficiles, comme pour toute société avec une base de richesse limitée.

Comme d’habitude, les partisans de la gauche sont vite à critiquer cette période. Ils sont vites à nous rappeler les horreurs des usines de l’époque où femmes et enfants travaillaient de longues heures. Mais ils manquent un point important, dans une société qui n’est pas encore riche, ces usines, aussi horribles soient-elles offrent une chance de survie à ceux qui y travaillaient. Une société qui n’a pas une base de richesse et aucun moyen d’en accumuler va inévitablement voir des gens crever de faim. Les pères de familles de l’époque n’envoyaient pas leur femme et leurs enfants à l’usine parce qu’ils les haïssaient, mais parce que ça leur donnait une meilleure chance de survie. Plus tard, alors que les familles ont réussi à accumuler un peu d’épargne, le besoin pour les femmes et les enfants de travailler est devenu moins criant et ils ont pu arrêter. Ultimement, lorsque nos gouvernements ont légiféré contre le travail juvénile, il n’y avait que très peu d’enfants qui travaillaient encore et leurs familles ont dû souffrir, privées de ces revenus. Ce qu’on ne vous dira pas non plus de cette période, c’est que la vie avant la révolution industrielle, pour 80% de la population était courte, brutale et miséreuse avec un taux de mortalité infantile rampant et une espérance de vie sous les 40 ans. On vous l’enveloppera plutôt de romantisme pour vous cacher qu’en fait, le niveau de vie de la révolution industrielle était supérieur au mode de vie agraire qui prévalait avant ou seule la noblesse était privilégiée, vivant de ses pillages, et que peu qui naissaient au bas de l’échelle sociale avaient de chance de changer de station. La clef d’un niveau de vie croissant est donc l’épargne et l’accumulation de capital.

Imaginez qu’un fermier emploie un homme de main qui n’est équipé que d’une bêche pour travailler une terre de 100 hectares. Le fermier paie cet homme de main $10 000 par an et a $5000 de dépenses additionnelles. À la fin de la saison il vend sa récolte $30 000, empochant un profit de $15 000. Supposons aussi que notre fermier considère qu’un profit de $15 000 est le strict minimum qu’il doit avoir pour nourrir sa famille et rester en opération. Une ferme est un investissement risqué et rien ne garantit le prix et la quantité des récoltes d’année en année. Si les choses restent les mêmes d’une année à l’autre, il est donc impossible au fermier d’augmenter le salaire de son homme de main. Puisque ses profits n’augmentent pas, le fermier ne peut pas se permettre d’augmenter ses salaires.

Mais supposons, que le fermier puisse augmenter sa production? Supposons qu’il puisse doubler le rendement de ses 100 hectares? S’il pouvait faire ça, il pourrait aussi augmenter le salaire de son employé. Que ferait-il pour y parvenir? Il pourrait mettre un certain montant de ses profits de côté, disons $1000 à chaque année et dans quelques années il pourrait s’acheter un tracteur usagé qui permettra à son employé d’augmenter le rendement de sa terre. Est-ce que l’employé dépend du bon vouloir du fermier pour obtenir son augmentation? Pas du tout parce qu’il peut aller visiter les fermes voisines pour découvrir combien les employés y sont payés et exiger l’équivalent de son employeur. Si l’employeur refuse, l’employé est libre d’accepter une meilleure offre ailleurs, laissant le fermier sans employé pour l’aider à cultiver sa terre.

Donc, même les travailleurs au bas de l’échelle bénéficient de l’augmentation des profits de leur employeur. Ils ont un intérêt, tout autant que leur employeur à la réussite de l’entreprise. Et plus il y a d’entreprises qui font de même, et plus ils feront augmenter les salaires réels des travailleurs.

Retournons maintenant à notre colonie fictive et propulsons la 100 ans dans le futur. À ce point, le niveau de taxation et de règlementation étant demeuré bas, la société a accumulé une grande quantité de richesse. Bien sûr, certains auront eu plus de succès que d’autres, mais même les plus pauvres ont un niveau de vie enviable comparativement à ce qu’ils avaient 100 ans auparavant et tout le monde comprend que leur niveau de vie dépend de l’épargne et l’accumulation de capital des plus riches et de tout le reste. Arrivent les partisans de la gauche qui s’exclament comment il est injuste qu’il existe de si grands écarts de richesse

« Nous devons faire la guerre à la pauvreté » disent-ils, « Et nous débarrasser de ce capitalisme sauvage et établir un état-providence ». Les gens finissent par céder à leur chant de sirène. Au départ, tout fonctionne bien. Les personnes âgées ont un revenu de retraite garanti, les gens ont des soins de santé gratuits, les entreprises recoivent des subventions, les enfants reçoivent une éducation gratuite.

Par ailleurs, les gens négligent de remarquer un étrange phénomène. Le nombre de riches commencent à diminuer, dû au fait que ceux qui se situaient à la limite entre la classe riche et la classe moyenne retombent à la classe inférieure à cause des impôts qu’ils doivent payer pour financer ces nouveaux programmes. Au fur et à mesure que le temps avance, le gouvernement doit élargir son assiette fiscale pour inclure la classe moyenne. Et ceux qui se trouvaient dans la marge entre la classe pauvre et la classe moyenne retombent dans la classe inférieure. Graduellement, l’assiette fiscale continue de s’élargir et les impôts continuent d’augmenter jusqu’à ce qu’il se présente un autre phénomène: le taux d’épargne et l’accumulation de capital, la clef de la richesse, commencent à diminuer.

Ce scénario n’est pas si hypothétique non-plus. C’est exactement ce qui se produit au Québec depuis la Révolution Tranquille. Notre fardeau fiscal étant l’élément de notre budget familial qui a le plus augmenté depuis 1960. Une augmentation de plus de 1600%! Lorsqu’on se compare avec l’Ontario, on note que nous avons 42% des québécois qui sont trop pauvres pour payer de l’impôt, contre 29% en Ontario et nous n’avons que 1.6% de riches contre 2,9% en Ontario. Nous sommes donc, grâce à notre état nounou plus lourd et expansionniste que toutes les autres provinces, de plus en plus riches en pauvres et pauvres en riches. C’est ce que nous a donné notre modèle québécois.

Le modèle socialiste retourne éventuellement les gens à l’état de pauvreté jusqu’à ce que tous atteignent l’égalité; soit également pauvres. Cuba est un excellent exemple. En confisquant au riches leurs commerces, leur propriétés et leur comptes en banque, soit-disant pour aider les pauvres, Fidel Castro a amené son pays jusqu’à la conclusion logique de ce système. Le résultat est une pauvreté manifeste où la grande majorité des habitants survivent à moins de $1 par jour. N’eût été de prêts provenant de l’URSS et maintenant de la Chine, Cuba aurait sombré depuis longtemps dans la famine.

La seule raison pourquoi nous n’avons pas eu une telle érosion au Québec encore, c’est que l’entreprise privée est arrivée à accumuler le capital un peu plus rapidement qu’il ne lui est confisqué et encore, l’investissement privé est en sérieuse baisse depuis plusieurs années et avec le déclin démographique, notre manque de productivité va s’empirer et l’écart avec la moyenne américaine et canadienne va s’accentuer grandement. Dépêchez-vous à faire payer les riches. Bientôt, il n’y en aura plus.

Les gauchistes semblent croire que tout ce qui compte en implémentant leurs programmes, ce sont d’avoir de bonnes intentions. En autant qu’ils se croient bienfaisants, ils croient que les moyens qu’ils utilisent sont justifiés. Malheureusement, leur compréhension de l’économie est assez sévèrement limité au point de croire qu’ils peuvent défier les lois de l’économie et du gros bons sens en abolissant la pauvreté par une loi. (Eh oui, sans blague!) Ils se croient vertueux, mais dans la réalité, il semble qu’un grand nombre d’entre eux seraient satisfaits de voir les pauvres plus pauvres, si en revanche, les riches étaient moins riches.

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Les héritiers blasés

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Philippe David.  Le Minarchiste Québécois.

Dans ces rares moments où j’ai le temps de m’asseoir et philosopher, je ne peux m’empêcher de constater comment la richesse est mal comprise par ceux qui la critique le plus. Au Canada et dans toutes les démocraties occidentales, nous sommes tous relativement riches comparativement au reste du monde. Très peu d’entre nous n’ont à se soucier de mourir de faim et même les pauvres qui dépendent de l’assistance sociale peuvent se permettre de posséder des biens dont au moins la moitié des gens sur notre planète ne peuvent que rêver. Cependant, comme nous ne sommes pas occupés par la survie quotidienne, comme le sont ceux qui n’ont pas notre chance, nous avons plus de temps de nous préoccuper justement de questions philosophiques comme par exemple des injustices et des inégalités. Peut-être est-ce un brin de culpabilité qui nous amène à nous apitoyer sur les moins fortunés et nous amène à nous questionner sur l’injustice du fait que nous sommes riches et eux pas. Aussi qu’il y en a qui sont encore plus riches. Et comme des héritiers blasés, nous venons à oublier tout ce que cela a pris pour que nous soyons si riches et à critiquer le système même qui nous a amené là. Jusqu’au point que nous ne pouvons pas reconnaitre que ce même systême est ce qui doit forcément rendre les autres moins fortunés à devenir riches, si on le laisse. Ainsi, nous en sommes venus à croire que nous devons redistribuer notre richesse, afin que les moins fortunés en aient une part, plutôt que de leur enseigner comment devenir riche par eux-même. Comme s’il n’y avait qu’une quantité très limitée de richesse dont on s’accapare une trop large part et qu’il était impossible d’en créer plus. De plus en plus, c’est cette incompréhension même de la nature de la richesse qui distortionne notre vision du monde.

Qu’est-ce que la richesse?

Si vous aboutissiez seul sur une île déserte avec une mallette contenant $100 millions, seriez-vous riche? Pensez-y deux secondes avant de répondre. Si vous avez répondu non, vous avez parfaitement raison. Si vous avez répondu oui, ne désespérez pas. Vous êtes loin d’être le seul à croire que la richesse se rapporte à la quantité d’argent qu’on possède et c’est une partie du problème. Pensez-y. Qu’est-ce que vos $100 millions peuvent bien vous acheter sur une île complètement déserte? Absolument rien. Votre argent est sans aucune valeur sur cette île parce qu’il n’y a rien à acheter avec. Peu importe la somme d’argent que vous aviez, vous ne seriez pas plus riche et vous mourriez de faim parce que l’argent n’est qu’un médium pour acquérir ce dont vous avez besoin pour vivre et il n’est précieux que par rapport à la quantité de biens qu’il peut vous fournir. C’est l’acquisition de ces biens qui vous rend riche et non l’argent que vous possédez. Ainsi, si la quantité de biens disponibles dans une économie est plus grande que la quantité d’argent, cela veut simplement dire que vous pourrez vous procurer une plus grande quantité de biens par unité monétaire. Ce n’est donc pas la quantité d’argent qui rend une société riche, mais la quantité de biens qu’elle produit. Il y a très longtemps que nous aurions éliminé toute pauvreté dans le monde, si la solution avait été de simplement imprimer plus d’argent. Malgré tout, trop de gens semblent y croire.

La productivité

Si l’accroissement de la richesse passe par la production de biens, tout ce qui augmente notre capacité de produire, nous rend plus riche. Si nous sommes plus riches que d’autres endroits dans ce monde, c’est que nous sommes plus productifs. Nous produisons plus de richesse pour la quantité de ressources (labeur+matières premières) utilisées. Si nous sommes riches maintenant, c’est que nous laissons libre-cours à notre imagination pour inventer de nouvelles façons d’augmenter notre productivité. Ces innovations peuvent provenir autant d’individus que de compagnies et chacune d’entre elles nous rend collectivement plus riches en rendant plus de biens disponibles à plus bas prix. Par exemple, lorque Henry Ford eut l’idée de produire des automobiles avec une chaine de montage, il a rendu un bien que n’était auparavant disponible qu’au super-riches, à la portée de tous et a révolutionné les transports. Cette simple innovation a rehaussé le niveau de vie de millions d’individus.

Les prix

Il nous est impossible de discuter de la richesse sans discuter l’impact des prix sur celle-ci. Sans considérer les prix, on pourrait confondre l’argent et la richesse encore et nous induire en erreur quand vient le temps de juger l’efficacité d’une politique économique. Nous considérons généralement les revenus en termes nominaux. C’est-à-dire en quantité d’argent. Le revenu réel d’un individu est le rapport entre son revenu nominal et les prix des biens dont il a besoin. Un individu peut gagner $50 000 par an, mais si les prix diminuent de 50%, son revenu réel aura doublé, même s’il demeure le même en termes nominaux. De même si son salaire réel double, mais que les prix doublent également, son revenu réel demeure inchangé, même s’il semble avoir augmenté. Une diminution générale des prix entraine donc nécessairement une augmentation de la richesse. Si nous ne considérons que les revenus nominaux, nous ne regardons qu’un côté de l’équation.

Le capital (ou Das Kapital?)

Il y a deux façons d’utiliser la richesse. Nous pouvons l’utiliser en consommation personnelle où nous pouvons l’utiliser afin de produire plus de richesse. Par exemple, on peut manger des graines de tournesol, ou on peut les planter afin de produire encore plus de graines. En les mangeant, nous les faisons disparaitre, alors qu’en les plantant, nous en produisons encore plus pour pouvoir en avoir à consommer plus tard. Lorsque nous consommons, nous employons la richesse pour une gratification immédiate. Lorsque nous l’utilisons pour la production, nous sacrifions la gratification immédiate pour avoir une plus grande richesse dans le futur. Toute richesse consommée pour la gratification immédiate l’est au détriment de la richesse future. La richesse qui est employée pour la production dans des entreprises afin de créer de la richesse future est appelé « capital ».

Contrairement à ce que croient les critiques du capitalisme, les entrepreneurs capitalistes ne gardent pas leur richesse sous forme de piles d’argent pour se rouler dedans. Leur richesse existe surtout sous forme de capital comme des terrains, des bâtisses, de l’outillage, des véhicules, etc. Sans capital, nous ne pourrions pas produire plus que ce que nous pouvons cueillir de nos propres mains. Depuis que l’homme a découvert qu’en utilisant des outils pour labourer et en semant des graines qu’il peut se nourrir plus facilement qu’en chassant et en cueillant des fruits sauvages que l’accumulation de capital a démontré sa valeur. Mais ce n’est que depuis la révolution industrielle que nous avons réalisé son plein potentiel. Contrairement à la croyance populaire, le capitalisme repose sur la production à l’aide de l’accumulation de capital et non la consommation. (Retenez ça la prochaine fois qu’on vous dira qu’il faut stimuler la consommation pour faire rouler l’économie.) C’est d’ailleurs pour ça qu’on appelle ça du capitalisme et non du « consommatisme ». Nous sommes devenus des héritiers blasés le jour ou nous avons décidé que la gratification immédiate de la consommation est plus importante que la richesse future générée par l’accumulation de capital. Et c’est pour ça que notre niveau de vie ne cesse de se dégrader depuis plusieurs décennies. Nous gaspillons notre richesse en consommation immédiate.

Tout comme un individu peut gaspiller sa richesse en consommant trop et en économisant et en investissant pas assez, une économie entière peut également gaspiller sa richesse de la même façon. La grande majorité des salariés consomment la plus grande partie de leurs revenus (et ils sont fortement encouragés à le faire) alors que les entrepreneurs et leurs entreprises consacrent la plus grande partie de leurs revenus dans l’accroissement de leur capital et de leur production. Lorsque les critiques du capitalisme exigent de prendre la richesse des entreprises pour la redistribuer aux salariés, ils veulent en fait prendre la richesse consacrée à des fins productives pour le distribuer à ceux qui ne feront que le consommer. C’est comme prendre les graines de tournesol à celui qui voulait les replanter, faisant grandir le stock de graines disponibles à tous et donner ces graines à ceux qui ne font que les manger. Si on laisse les producteurs produire, il y aura suffisamment de graines pour tout le monde, si nous redistribuons leur richesse, nous nous appauvrirons tous. C’est une vérité que peu comprennent et les opposants du capitalisme feront tout pour vous la cacher.

La pauvreté

Les ennemis du libre-marché tentent toujours de se faire passer pour les amis des soi-disant « pauvres » et essaient continuellement de faire passer les entrepreneurs et les « méchants capitalistes assoiffés de profits » comme leurs ennemis. Mais la réalité est tout le contraire. Au Canada, comme dans tous les démocraties occidentales, la vraie pauvreté n’existe plus. À peu près personne n’y meurt de faim. La plupart des gens vivant sous le seuil de pauvreté ont l’eau courante, chauffage, climatisation, une cuisinière, un réfrigérateur et possèdent un téléviseur, un magnétoscope, un lecteur DVD, une chaine stéréo etc. Plusieurs des ces biens n’étaient disponibles qu’au riches il n’y a pas si longtemps. La seule raison pour laquelle ils sont maintenant disponibles même aux plus pauvres, c’est que des entrepreneurs ont travaillé continuellement pour augmenter la production de ces biens et d’en faire baisser les prix. Si les prescriptions des opposants du capitalisme étaient toutes suivies, tout ça ne se serait jamais produit.

Ces opposants ignorent complètement que les méchants capitalistes sont ceux qui sont responsables de cette augmentation de la richesse collective et que les plus pauvres de la société en sont les premiers bénéficiaires. En fait, ils semblent incapables de comprendre qu’il est possible d’augmenter la richesse totale. Ils se foutent éperdument de toutes les améliorations de la productivité que le libéralisme a apporté et leur effet sur la qualité de vie de tous. Ils croient que tout individu ou compagnie qui s’enrichit s’accapare d’une part trop grande d’une quantité limité de richesse et donc doivent obligatoirement s’enrichir au dépens des autres. Ils ne réalisent pas que ces individus et ces compagnies ne peuvent s’enrichir sans enrichir tous les autres. Comme ils sont incapables de concevoir qu’on peut créer de la richesse, ils réagissent avec une rage jalouse. Leur seule solution pour le désir de quiconque d’acquérir plus de richesse est de la saisir par la force de ceux qui la produise pour la donner à d’autres. Non seulement cette pratique n’enrichit pas notre société, mais elle détruit notre richesse et notre habileté à produire plus de richesse. Elle nous appauvrit tous.

Mes grand-parents ont dû quitter l’école très jeunes pour travailler et aider leurs familles et travaillaient de longues heures. Mes parents ont pu poursuivre leurs études et ont rarement dû travailler plus de 40 heures par semaine (et ma mère ne travaillait pas du tout avant le divorce de mes parents). Je ne travaille pas plus de 40 heures par semaine, mais nous avons besoin de deux salaires pour vivre confortablement. Alors que de la génération de mes grand-parents à celle de mes parents le niveau de vie augmentait, il diminue maintenant. Je suis né dans les années 60. Cherchez le changement social qui a eu lieu à cette époque un peu partout dans l’occident et vous saurez pourquoi.

Conclusion

Nous sommes tous à un certain degré coupables d’être des héritiers blasés si nous commençons à croire ce que les critiques du capitalisme veulent nous faire croire. Que nous devrions avoir honte de ce qui nous a rendu riches et que nous devrions gaspiller cette richesse pour expier notre soi-disant péché.

Nous devrions plutôt en être fiers et résister toute tentative de diminuer notre capacité de produire et enrichir les masses et exporter notre savoir vers ceux qui sont plus défavorisés que nous afin qu’ils puissent un jour nous rejoindre.

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