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« Sales Noirs », « Sales Juifs »… et « pauv’cons »

Rien en France ne passionne autant l’opinion publique cet été que l’affaire Fofana, son procès et son appel. Ni la crise, ni les émeutes, ni l’emprunt national. Un Noir et son gang séquestrent un jeune Juif, exigent une rançon, le torturent et le tuent. Un procès du racisme à la clef… Sales Noirs ? Mais non, voyons, sales Juifs ! Contrairement aux mauvais usages habituels. où l’on accuse parfois tout un groupe à cause de la race du criminel, on le fait maintenant à cause de la « race » (!) de la victime. Et, comme disait Brassens, ils sont bien plus de quatre à le faire…

Le procès a eu lieu, les condamnations sont tombées dont aucune, civilisation oblige, n’a été que l’on jette les coupables aux crocodiles, ce que je trouve correct. Aucune, toutefois, ne garantit que l’assassin ne sera pas un jour remis en liberté, ce que je trouve incorrect, mais c’est un autre sujet. Le sujet, ici, c’est que malgré le mot bien senti du Président Sarkozy qui aurait pu avoir un effet dissuasif, il y a encore en France tout plein de “pauv cons” qui ne veulent pas se tasser.

Je crois et j’ai dit souvent qu’être raciste est une connerie. Rien de nouveau, on circule. Ce qui est nouveau, ici, c’est que beaucoup d’antiracistes peuvent aussi se conduire comme des cons, ce qui fait beaucoup plus de mal. Car on peut se défendre contre les loups, mais qu’est-ce qu’on fait quand l’ours, votre ami, prend un pavé ? Se réveiller rapidement…

Il faudrait que les Français se réveillent rapidement, avant de prendre le pavé du racisme sur la gueule. La bévue des antiracistes, ici, a été de jouer d’influence pour que le ministère public en appelle et exige des peines plus lourdes, à l’issue d’un processus judiciaire que l’avocat général a jugé exemplaire.

C’est une bévue, parce que quelques années de plus à la sentence des bourreaux ne changeront rien, alors que beaucoup de badauds vont se dire que « ces gens » en mènent vraiment très large. Pire si on ne le dit pas, mais qu’on le chuchote, car c’est la « judéophobie », alors, qu’on invite… et la peur peut faire faire des bêtises. Avant que le nombre des sales Noirs, des sales Juifs, des sales Arabes, des sales Chinois et des sales Autres augmente dans l’imaginaire des Gaulois et assimilés, il serait important que les Richard Prasquier de ce monde rangent leurs pavés et se tassent.

Richard Prasquier ? Voici ce que dit Monsieur Richard Prasquier Président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), cité sur Rue 89 :

« … même si un procès est avant tout procès d’individus, on ne peut en négliger sa valeur d’exemplarité. Qu’on a le devoir de réfléchir sur sa portée pédagogique, car ce procès est celui de notre société. Ne pas négliger que la vraie justice ne peut se faire derrière des portes fermées. Et ne pas négliger non plus que tant d’années après la Shoah, après tant d’actions de mise en garde, un Juif a de nouveau été assassiné dans des conditions abominables simplement parce qu’il était Juif. ” »

Pieuse intention, mais l’énoncé est absurde. Il est absurde, de dire ici qu’un Juif a de nouveau été assassiné dans des conditions abominables simplement parce qu’il était Juif., car si quelqu’un veut tuer des Juifs « parce qu’ils sont Juifs », il en tue. N’importe qui peut en tuer des douzaines au hasard et presque sans risque, puisque, en l’absence d’un lien entre le meurtrier et la victime et d’un mobile raisonnable, il peut courir longtemps.

Ici, la victime a été enlevée et une rançon a été demandée. Faut-il jouir de l’exception ashkénaze pour comprendre que si le criminel voulait obtenir une rançon, c’est que le mobile du crime était l’obtention d’une rançon ? Vous du CRIF, ne pouvez-vous pas comprendre, qu’il est malsain et néfaste de vouloir traiter l’Histoire et l’actualité uniquement comme les péripéties d’une lutte millénaire entre Juifs et Gentils ?

Je ne pense JAMAIS aux Juifs comme collectivité, sauf quand on vient ressortir, pour le nourrir et l’instrumenter, le monstre de l’antisémitisme. Un préjugé qui, laissé à lui-même, serait sans doute mort depuis longtemps. Il ne meurt pas, parce qu’on le nourrit. Ceux qui interviennent sans mesure ni discernement dans tous les dossiers qui touchent les Juifs et Israël le nourrissent, car ils sont souvent agaçants. On ne déteste pas les gens qui agacent, mais on souhaiterait parfois les entendre plus à propos… et moins souvent.

Pierre JC Allard

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