Archives de Tag: Deepwater Horizon

Petroleum! Petroleum! Deepwater et la prophétie de Meyrink

Gaëtan Pelletier

« Si le gulf stream charie le pétrole jusqu’en Europe, c’est la CATA puissance 10, si au contraire il s’interrompt c’est la MEGA GIGA CATA planétaire, puisque les européens finiront congélés sous une calotte glaciaire. EST CE QUE VOUS COMMENCEZ A CAPTER L’AMPLEUR DU DESASTRE ? » Nouvel Ordre Mondial, forum

Avant-propos

C’est à partir d’une vidéo envoyée par un commentateur des 7 ( Marc, dans l’article de François Marginean : Deepwater Horizon – Le geyser de pétrole se poursuit ) que je suis parti à la poursuite de Meyrink le « prophète ».  La vidéo de Kindra Arnesen que vous pouvez retrouver ici en français : Vidéo.

Kindra Arnesen – femme au foyer sans instruction, selon ses propres mots – est l’épouse d’un pêcheur de Venise, en Louisianne, qui, comme de nombreux marins, a été embauché par BP pour empêcher que des tonnes de brut ne se déversent sur les côtes.

Le 29 avril dernier l’époux de Kindra a été hospitalisé suite à une grave intoxication liée aux dispersants utilisés par BP pour dissoudre les nappes de pétrole dans le golfe du Mexique.

L’Agence américaine de l’environnement avait indiqué que ces produits n’étaient pas toxiques, mais une récente enquête du magazine New Scientists démontre que les données prélevées pour ces test étaient bidons.

Pour Kindra Arnesen, BP ne cherche qu’à faire des économies en mettant en scène un plan de sauvetage qui n’est en réalité qu’un simulacre destinés aux médias.

***

Gustav Meyrink

Dans une nouvelle parue ou écrite en 1903, Gustav Meyrink avait prédit le désastre du Golfe du Mexique. Rien de moins… On en parle grandement sur le web. La coïncidence est en effet troublante.

Il n’existe pas – à ma connaissance – de version française de sa nouvelle. Je l’ai donc traduite avec un non-plaisir évident… Je déteste traduire…

La version anglaise étant déjà  une traduction de la version allemande, les coquilles sont  nombreuses au départ, et l’écriture de Meyrink ( du moins en anglais)  est un peu … à l’image de l’homme. Et à l’image de la littérature d’alors.

Je  qualifierais ce texte de  Science-fiction plutôt que de prophétie. Il   n’en reste pas moins que plus d’un siècle plus tard, cette histoire de savant fou aurait pu avoir pour « héros » Bristol Pétrovite… (sic).

Il vaut la peine de s’y attarder pour constater la grande évolution de l’Humanité en certains points. (sic).

Mais pour remettre les pendules à l’heure et à ceux qui ne peuvent lire en anglais, voilà l’occasion de vous faire une opinion sur le « prophète »… Et réfléchir à l’avenir d’une planète laissée aux mains de commerçants sans  envergure et de  politiciens  dont les liens sont trop nombreux avec les marchants de « mort ».

Petroleum, Petroleum: A Prophecy

Pour vous assurer que je suis reconnu comme étant le premier qui ait eu cette prophétie, je note que l’histoire qui suit a été écrite en 1903.
Gustav Meyrink

***
C’était un vendredi  midi – que le Dr Kunibald Jessegrim versa  lentement la strychnine dans le courant d’eau.  Un poisson apparut à la surface – mort – avec le ventre en l’air.

« C’est comme ça que tu serais mort», se dit  Jessegrim et il s’étira – content d’avoir rejeté les pensées de suicide avec le poison.

Trois fois dans sa vie, il avait déjà vu la mort dans les yeux de cette façon, et chaque fois  il a été freiné  par le sentiment qu’il allait encore être appelé à faire de grandes choses – une grande vengeance  – qui l’enchaînait à la vie.

La première fois qu’il voulut mettre fin à sa vie, fut  au moment où  ils ont volé son invention, et  dix ans plus tard, quand ils l’ont chassé de son emploi parce qu’il n’a pas cessé  de poursuivre et d’identifier  le voleur de son invention, – et maintenant, parce que,  parce que…

Kunibald Jessegrim gémit quand  la pensée de son grand chagrin se raviva.

Tout avait disparu – tout ce  à quoi il tenait – tout ce qu’il avait  gardé de  précieux et cher.  Et que les aveugles, les étroits d’esprit,  haine sans fondement, d’une foule enflammée   par des slogans, qui était contre tout ce qui le différenciait des autres.
Toutes les choses qu’il avait faites, inventé  et proposées.   Il avait à peine commencé, qu’il  dut s’arrêter. Devant  lui, une  «muraille de Chine»: l’amour des gens  et le mot : «mais »..

«Fléau de Dieu»! Oui, c’est le nom du salut.  Bon Dieu! , Tout-Puissant!  ! Permettez-moi d’être un destructeur – un Attila! La colère enflamma   le cœur de  Jessegrim.

Timur Lenk , le Gengis Khan,  traversant  l’Asie et dévastant les terres agricoles de l’Europe, avec son règne Mongol  – les dirigeants Vandal qui ne peuvent que trouver la paix sur les ruines des œuvres d’art romaines  , ils étaient tous ses semblables -, forts, frères sauvages, nés dans un nid d’aigle.

Un amour immense  pour ces créatures du Dieu Shiva se réveilla en lui..  Les fantômes de ces morts seront avec moi,  et une  entité différente investit   son corps,  en  un éclair.

Si, à ce moment, il avait pu  voir dans un miroir,  les merveilles de la transformation, ça n’aurait pu demeurer   un puzzle. .  Ainsi, les forces obscures de la chute  investissent  le sang de l’homme – profondément et rapidement.

Le Dr. Jessegrim possédait un grand savoir  – il était chimiste, et était doté dune grande vigueur.

En Amérique, ces gens-là ont du succès.  Il n’est pas étonnant qu’il eût tôt  énormément d’argent  , voire une fortune.

Il s’était installé à Tampico au Mexique, et à par le  mezcal, une nouvelle drogue,  utilisée  dans le commerce de stupéfiants et de marchandises médicales  dont il connaissait la façon de la  préparer chimiquement, il  fit des millions. Il possédait de nombreux milles carrés de terres autour de Tampico, et l’énorme quantité de puits de pétrole portaient la promesse  d’augmenter sans mesure  sa fortune.

Mais ce n’était pas ce que son cœur désirait.

Le Nouvel an arriva au pays.

«Demain sera le premier janvier 1951, et les Créoles auront encore une raison pour se saouler et danser le Fandango pendant  trois jours, se dit le Dr Jessegrim, admirant  la mer silencieuse de son balcon.

Et en Europe, ce ne  sera pas beaucoup mieux. À cette époque, déjà,  les journaux qui paraissent en Autriche sont  deux fois plus gros  et quatre fois plus bêtes  que la normale.  » La nouvelle année dépeinte  comme un nouveau-né, un  calendrier  de femmes avec des ailes et de cornes d’abondance, des curiosités statistiques: que  le mardi à 11.35.16 heures, exactement  9 milliards de  secondes se seront  écoulées, depuis que l’inventeur de la comptabilité à double entrées ferma les yeux pour un repos éternel bien mérité, et ainsi de suite…  »

Le Dr. Jessegrim s’assit un long moment,   regardant la mer immobile  qui brillait d’une singulière manière  dans le ciel étoilé.

Jusqu’à ce que l’horloge sonna minuit.  Minuit!

Il  sortit  sa montre et en remonta le mécanisme  lentement, jusqu’à ce que du bout des doigts il ressentit  la résistance du remontoir. Doucement, il le pressa. Puis de  plus fortement. Il y eut un faible crépitement, et le ressort se brisa. La montre  s’arrêta.

Le Dr. Jessegrim emit un rire sarcastique. : «Comme cela, je veux  également à briser vos ressorts, vous, les précieux!

Une terrible explosion  secoua la ville.  Le bruit vint  de loin, du sud, les capitaines en supputèrent l’origine  du phénomène situé dans le voisinage de la grande péninsule – entre Tampico et Veracruz.  Personne n’avait  vu de   feu – les tours d’éclairage ne donnèrent également aucun signal.  Tonnerre? En ce moment? Maintenant?  Avec un ciel clair! Impossible!

Ce doit être un tremblement de terre.

Tout le monde se signa, – seuls les barmen  jurèrent, pendant que  tous les invités quittèrent  les  bars et  allèrent  dans les collines de la ville où ils s’échangeaient  des histoires effrayantes.

Le Dr. Jessegrim ne prit garde de ce fait. Il  alla  dans son bureau et bredouilla quelque chose comme: «Adieu,  Tyrol! Mon pays…

Il était de bonne humeur et a pris une carte dans le tiroir,  créa  un cercle avec un compas sur celle-ci ,  en le comparant avec son carnet de notes,  et fut satisfait que tout fut parfait.  : la région pétrolière étirée  jusqu’à Omaha, peut-être même plus au nord, il n’y avait plus de  doute sur le sujet. Et il savait que les champs de pétrole formaient  des lacs souterrains aussi grands que la baie d’Hudson.

Il le savait,  car  il l’avait calculé. Depuis douze ans qu’il travaillait sur le sujet.

L’ensemble du Mexique, à son avis, était campé   sur des grottes à l’intérieur de la terre, lesquelles,  pour la plupart, du moins elles  remplies  de pétrole , étaient reliés les uns aux autres.
Supprimer  les  murs qui subsistant  entre les grottes un après l’autre était devenu l’œuvre de sa vie.  Pendant des années il avait employé de grandes troupes  de travailleurs pour ce faire – et à quels coûts!

Les millions qu’il avait gagnés avec le commerce de mezcal, avaient été consacrés à ce projet.

S’il avait trouvé  un puits de pétrole,  ça aurait été terminé.   Le gouvernement aurait,  bien sûr,   mis en fourrière les explosifs. Il ne fut jamais coopératif, de toute manière.

Ce soir, les derniers murs entre les grottes s’effondreront  dans la mer,   à la péninsule ,  et les plus au nord, à San Luis Potosi.
Les dispositifs  de commande automatique s’occuperont des  explosions.

Le  Dr. Kunibald Jessegrim mit  les derniers  billets restants de mille dollars dans sa poche, et se rendit à la gare. – À quatre heures du matin, un train express irait à New York.  Qu’est-ce qui le retiendrait au Mexique?

Voilà, c’était déjà dans tous les journaux – le télégramme d’origine à partir des villes côtières du golfe du Mexique dans les abréviations de l’International Cable-Code: « Ephraïm Kalbsniere Beerenschleim », qui signifie grosso modo:  » mer entièrement recouverte de pétrole, cause inconnue, tout pue, sur la longueur et la largeur. Le gouverneur  de l’ État.  »

Les Yankees se montrèrent très intéressés, parce que l’événement devrait,  sans aucun doute,  avoir un gros impact sur le marché boursier et les  prix du pétrole, – les transferts des richesses occupant la moitié de la vie…  Les banquiers de Wall Street, interrogés par le gouvernement à savoir si l’événement entraînerait une hausse ou une baisse des prix des actions, haussaient les épaules et a refusaient  de commenter  avant que la cause de l’événement ne soit  connue. Alors, parfait, si  on ferait  le contraire de la population qui  a investi dans le marché boursier –  ce dont la logique  commande,  on pourrait faire beaucoup d’argent.

Le message n’avait aucun grand impact sur les  gens  en Europe – tout d’abord, ils étaient  protégés par des  droits de douane et deuxièmement, de nouvelles lois étaient en élaboration, qui en présentant une limite volontaire prétendue de trois ans sur le  nombre de conscrits, combinés avec l’abolition des noms de famille d’individus masculins,  alimenterait le patriotisme et devrait faire le devoir  militaire, une tâche plus convenable.

Pendant ce temps, le pétrole coulait, exactement comme le Dr Jessegrim  l’avait calculé, sans problème,  des grottes souterraines au Mexique, dans la   mer  formant  une couche brillante,   devenant  plus grande et plus dense, entraîné par le Gulf Stream, couvrit tôt   le golfe en  entier.

Les rives devinrent arides,  et la population se retira vers  l’intérieur du pays, vers  les villes florissantes!

Aussi,  la vue du lac était  extrêmement plus belle,  un espace sans bornes, brillant et scintillant de toutes les couleurs: rouge, vert et violet, aussi profond et noir  que la fantasmagorie des étoiles.

L’huile  paraissant plus épaisse que le pétrole , elle n’afficha,   par son contact avec l’eau de mer salée,  aucun autre changement que celui d’une perte progressive d’odeur.

Les savants prétendirent qu’une  étude précise des causes de ce phénomène serait d’une grande valeur scientifique, et que la réputation du Dr Jessegrim dans le pays – du moins en tant que professionnel et un expert des  réserves de pétrole du Mexique – était nécessaire, ils n’oublièrent pas de lui demander son avis.

Ce fut court et affable , même si il  ne couvrit pas  le sujet de la manière  dont ils s’attendaient: «Si le pétrole continue de s’écouler  au même rythme que précédemment, d’après mes calculs,  d’ici 27 à 29 semaines, tous les océans sur Terre en  seront  couvert et, conséquemment, cessera  toutes précipitations dans le futur. L’eau ne pourra plus s’évaporer.  Dans le meilleur des scénarios, s’il pleut, il ne pleuvra que du pétrole.

Cette prophétie frivole a déclencha une tempête de désapprobation, mais elle  acquit  de plus en plus de  crédibilité le jour même. Le flux,  d’abord  quasi invisible  ne sembla  pas ralentir, au contraire, il augmenta  d’une manière assez extraordinaire :  la  panique s’empara de l’humanité.

Chaque heure, des nouvelles rapportées des observatoires  de l’Amérique et de l’Europe pouvaient être lues ,  oui,  même l’observatoire de Prague, qui jusque-là  avait seulement photographié la lune,  commença progressivement à se tourner vers l’étrange et  nouveau  phénomène.

Dans l’Ancien Monde , personne ne parlait du  nouvel  Army Bill , et le père du projet de loi, employé dans une armée européenne, le major Von Dressel Knight Glubinger ab Zinkski auf Trottelgrün,  fut  complètement oublié.

Comme toujours,  en période de confusion, lorsque des signes de menace de catastrophe apparaissent  dans le ciel, la voix des esprits sans repos se révélèrent   jamais satisfaits de ce qui existe, osant  toucher les  vénérables institutions:  » Éloignez  l’armée, qui mange, mange, mange notre argent !  Il est préférable de  construire des machines, d’inventer des moyens pour sauver l’humanité du  pétrole   » Mais nous ne pouvons pas faire cela, avertirent   les militaires. On  ne peut pas priver d’un seul coup  des millions de gens de leur moyen de subsistance.

« Pourquoi sans gagne-pain ? Les troupes doivent seulement être renvoyées – après tout, chacun d’entre eux a appris quelque chose, même si ce n’est que des travaux inférieurs, » fut la réponse.

« Eh bien, va pour  les troupes! – Mais que faisons-nous avec les nombreux  officiers?

C’est un argument de poids.

Pendant longtemps, les opinions furent échangées , sans qu’ aucune partie ne pût prendre le dessus,  jusqu’à ce qu’un  message codé parvint   de New York : « Stachelschwein pfundweise Bauchfellentzündung Amerika»,  pouvant être traduit par :  «Les puits de pétrole ne cessent gonfler , situation extrêmement dangereuse. Télégraphier  immédiatement si l’odeur,   là-bas, est  insupportable. Salutations! Amérique.  »

C’était le comble!

Un orateur populaire – un fanatique sauvage – se leva, – puissant,  fascinant –  et conduisit par la puissance de son discours, le peuple vers des pensées et des actes aliénés.

«Libérer les soldats – arrêtez ce scénario.  Que les officiers se rendre utiles pour une fois!  Donnons-leur de nouveaux uniformes, ça les rendra heureux – pour ce que j’en ai

à cirer, des  grenouilles  vertes  avec des taches rouges.  Et au  bord de la mer avec eux, là, ils doivent ramasser le pétrole  avec du papier buvard, pendant  que l’humanité contemple la façon de contrôler cette  terrible calamité  »

La foule  applaudit.

Les idées que ces mesures pourraient n’avoir aucun effet, que le problème  pourrait être mieux résolu par des produits chimiques, ne trouvèrent  pas  des partisans.

«Nous savons,  nous savons tout», – dirent-ils. Mais alors que faire avec les nombreux officiers inutiles, – hein?

______

P.S. : C’est un peu long, ou très long, mais on annonce de la pluie. Nous sommes tellement habitués à l’écoute du temps bien tranché en quart de minutes…

***

Vidéo Australienne enlevée à la demande de BP.

Remise sur le site http://www.reddit.com (Transcript ) English.

Gustav Meyrink (1868 – 1932): auteur de la courte histoire du pétrole, (1903)

87 Commentaires

Classé dans Actualité, Gaëtan Pelletier

Deepwater Horizon – Le geyser de pétrole se poursuit

by NASAJPL

Tel que vu dans l’article « Le Tchernobyl des pétrolières », la situation dans le golfe du Mexique n’est guère reluisante. En fait, il pourrait s’agir de la pire catastrophe pétrolière jamais connue. Et cela se poursuit de plus belle: le geyser de pétrole perforé par l’avarice des pétrolières dans une des réserves les plus profondes et pressurisées de la planète continu de jaillir sans arrêt dans le fond du golfe.

Requiem pour le golfe du Mexique

Ce désastre se classe déjà au-delà de ce qui pourrait être considéré le « Katrina » d’Obama. C’est le Tchernobyl des États-Unis; un désastre qui aurait pu être évité si ce n’était de la corruption et de la connivence du gouvernement américain qui a permis à BP de passer outre les régulations de sécurité, puis ensuite de dissimuler la véritable étendue de cette catastrophe.

Le gouvernement fédéral américain, piégé par ses propres mensonges proférés ces dernières décennies, est incapable de reconnaître ses erreurs et trop arrogant pour même envisager de présenter des excuses. Ils vont continuer, comme c’était le cas avec l’URSS et de Tchernobyl, d’éviter et évacuer cette catastrophe jusqu’à ce que toutes les options pour trouver un bouc émissaire soit épuisées pour ensuite transférer la responsabilité financière sur le dos de la population.

Si tout cela échoue, nous pouvons compter sur ce gouvernement pour mettre en scène une distraction, très probablement une nouvelle guerre majeure, pour détourner l’attention loin du Deepwater Horizon. Il pourrait très bien s’agir de l’Iran ou de la Corée du Nord. Après la défaite en Afghanistan, l’URSS a tout essayé pour camoufler, à l’aide de fanfaronnades, la véritable portée de la catastrophe écologique causée par le réacteur détruit de Tchernobyl, ce qui entraina la fin de leur propre gouvernement.

À son tour, au milieu de la défaite en Afghanistan, les États-Unis tente de camoufler la catastrophe écologique provenant de la destruction du Deepwater Horizon et risque bien de faire couler leur propre gouvernement.

Les compagnies pétrolières, elles, ont profité d’une protection provenant du Oil Pollution Act qui inclut une limite maximale de $75 millions en responsabilité civile pour les dommages que BP, ou toute autre compagnie pétrolière pourrait être forcée de payer les coûts autres que le nettoyage du pétrole, qui demeure sous leur entière responsabilité.

Pour mettre ce $75 millions en perspective, il faut noter que BP a fait $93 millions de profits à chaque jour lors des trois premiers mois de 2010. En d’autres mots, il faut moins d’une journée de profit à BP pour couvrir les frais qui leur sont imposés. Le coût des dommages causés par BP sont enlevés de leurs épaules pour être ensuite placés sur le dos des gens et de la communauté qui doivent alors payer pour ce désastre corporatif. (Source)

Il y a eu des tentatives aux États-Unis pour faire augmenter ce plafond de $75 millions en responsabilité civile des compagnies pétrolières à $10 milliards, mais elles ont été contrecarrées par la Républicaine de l’Alaska, Lisa Murkowski, qui a opposé son objection.

by SkyTruth

Cette fuite constante de pétrole pourrait être 19 fois pire qu’il a été initialement estimé. Des images vidéos du geyser de pétrole situé dans les profondeurs du golfe du Mexique ont été rendues publiques il y a environ une semaine. Il apparait que ce serait autour de 95 000 barils de pétrole, soit un peu plus de 15 millions de litres, qui s’échapperait quotidiennement, selon ce qu’a indiqué un professeur en ingénierie au Congrès américain la semaine passée.

Ces images vidéos ne sont pas venues immédiatement après l’explosion de la plate-forme du Deepwater Horizon, comme il aurait dû logiquement se passer, mais bien un mois plus tard, seulement après que des scientifiques et membres du Congrès aient forcé BP de le faire. BP a d’ailleurs été accusée, en consultation du Congrès, de retenir des informations pertinentes concernant le fond marin, ainsi que de bloquer les efforts de scientifiques indépendants pour déterminer la quantité réelle de pétrole brut s’échappant quotidiennement dans le golfe du Mexique.

by Greenpeace USA 2010

BP a concédé qu’effectivement, il y a beaucoup plus de pétrole qui se disperse dans le golfe du Mexique qu’ils ne le présageaient, alors que le pétrole brut lourd commence à toucher les zones humides de la Louisiane, 35 jours après l’explosion du Deepwater Horizon. D’ailleurs, il semble que ce qui est visible à la surface n’est que la pointe de l’iceberg. En effet, des scientifiques ont découvert qu’il existait de vastes colonnes de pétrole à la dérive sous la surface, dont une mesurant plus de 16km de long, 4km de large et 100 mètres d’épaisseur.

Des chercheurs de l’Institut national de la science et la technologie sous-marine disent avoir détecté plusieurs nappes de pétrole tentaculaire se déployant juste sous la surface de la mer et à des profondeurs de 1200 mètres. Les scientifiques ont déclaré que les dispersants chimiques utilisés par BP dans le golfe du Mexique semble avoir pour effet d’empêcher le pétrole de faire surface. Essaient-ils de dissimuler le pétrole sous le tapis?

by Greenpeace USA 2010

Une chose est certaine, ces corridors sous-marins de pétrole s’étendant sur des kilomètres pourraient empoisonner et suffoquer le vie marine à travers la chaîne alimentaire, entrainant des dommages pour les décennies à venir. Une menace non seulement à la faune marine, mais aussi pour la pêche commerciale et l’industrie touristique de la Louisiane jusqu’en Floride. Selon Samantha Joye, professeur en science marine à l’Université de la Géorgie, les chercheurs ont trouvé davantage de colonnes de pétrole sous l’eau qu’ils ne peuvent compter. Les principales conséquences de celles-ci sont de retirer de vastes quantités d’oxygène de l’eau par les microbes qui consomme le pétrole, un phénomène amplifié par les dispersants chimiques qui nourrissent ces microbes.

Ainsi, cette eau mélangée au pétrole est toxique pour certains organismes et néfaste pour la quantité d’oxygène contenu dans l’eau et cela peut interrompre la chaîne alimentaire à son plus bas échelon, ce qui aura un impact sur les autres organismes qui en dépendent. C’est pourquoi l’écosystème pourrait bien prendre des années, ou même des décennies pour s’en remettre.

Photo HD de la NASA de la marré noire

Les dernières images satellites du déversement continu de pétrole montrent une masse si large qu’il serait possible de la voir à partir de la Lune. Il est question d’une masse immense qui prend toujours plus d’expansion. Une vidéo en temps réel est disponible pour surveiller et examiner les dommages causés à l’équipement au fond de l’eau.

by NASA Goddard Photo and Video

Comme il est possible de le voir sur l’image ci-haut, le pétrole brut a fait ses premières apparitions sur les berges et dans les marais de la Louisiane et une partie de ce dégât est entré dans un puissant courant qui pourrait le porter vers la Floride, Cuba et au-delà.  En Floride, on se prépare d’ores et déjà à l’arrivée de ce cauchemar et des impacts sérieux à leur industrie du tourisme. La côte Atlantique est maintenant menacée au fur et à mesure que le pétrole se répand dans la région.

Mais BP insiste qu’il s’agit d’un déversement modéré.

Pourtant, le pétrole visqueux se retrouvant dans le dédale de marais le long de la côte du golfe pourrait se révéler impossible à nettoyer, laissant un ragoût toxique mortel pour les poissons et la faune, selon des fonctionnaires et des scientifiques indépendants. Les fonctionnaires envisagent des solutions radicales et risquées: ils pourraient mettre le feu à des zones humides, ou inonder des zones dans l’espoir de faire flotter l’huile et la récupérer.
Ils ont averti qu’un nettoyage agressif pourrait ruiner les marais et faire plus de mal que de bien. La seule option viable pour de nombreuses zones touchées est de ne rien faire et laisser la nature dissoudre le pétrole. C’est précisément ce que la déréglementation dans le secteur pétrolier a finalement créé: des ravages écologiques.

L’environnement n’est pas le seul à payer le prix de la corruption, de l’indifférence et des agissements criminels du gouvernement et du secteur privé. Tout comme dans le cas du 9/11, c’est les travailleurs et les équipes de secours qui s’intoxiquent suite à l’utilisation de produits toxiques sans qu’on leur apporte les protections nécessaires. Des pêcheurs rapportent aussi des malaises causés par les produits chimiques utilisés par BP. Mais d’un autre côté, les médias ignorent le fait que Goldman Sachs, le Blackstone Group et Apollo Management sont propriétaires Nalco, le fabriquant du dispersant Corexit utilisé par BP. La question posée par la journaliste Paula Quinlan du New York Times est bien simple: pourquoi utilise-t-on Corexit alors qu’une douzaine d’autres dispersants sont moins toxiques et plus efficaces.

by lumis

Mais BP a refusé les demandes de l’EPA d’utiliser des dispersants moins nocifs, alors la Maison-Blanche a donné l’ordre à BP de couper de moitié les quantités de Corexit dispersés dans l’eau du golfe du Mexique. Le problème est qu’il y a déjà plus de 2 500 000 litres de dispersants chimiques déversé dans l’eau.

La Garde côtière américaine assure désormais la protection des intérêts financiers des sociétés privées en essayant de censurer une histoire que le public a besoin de connaitre. Comme l’a rapporté CBS News: «Quand CBS News a tenté de rejoindre la plage couverte d’huile, un bateau d’entrepreneurs de BP, avec deux officiers de la Garde côtière à bord, nous a dit de faire demi-tour sous la menace d’arrestation. »
La Garde-côtière affirment qu’ils agissent sous l’autorité de BP: « Ce sont les règles de BP, pas les nôtres ». Voir cette vidéo. Ainsi, la Garde-côtière menace des journalistes d’arrestation pour vouloir documenter ce désastre pétrolier.

Conclusion

Personne ne semble savoir quoi faire pour colmater ce puissant geyser de pétrole. BP a essayé différentes solutions, mais aucune ne fonctionnent, et selon la American Association of Petroleum Geologists, on peut envisager que cette situation perdure pendant des années. Une nouvelle donne est le benzène qui s’évapore continuellement dans l’atmosphère et qui présente un danger non seulement pour les personnes âgées et les gens ayant des problèmes respiratoires, mais aussi pour la population vivant dans la région du golfe du Mexique en entier.

Par François Marginean

287 Commentaires

Classé dans Actualité, environnement, François Marginean

Le Tchernobyl des pétrolières

François Marginean

Image Flickr de EFFER LECEBE ARTIST PEACEKEEPER

Dans le secteur pétrolier, il y a des déversements de pétrole. D’autres fois, il y a déversements catastrophiques de pétrole, comme dans le cas de l’Exxon Valdez. Finalement, dans sa nouvelle catégorie bien à part, il y a le déversement de pétrole causé par la plate-forme Deepwater Horizon, opérée par Transocean Ltd., qui exploite le gisement de Macondo situé sous le Golfe du Mexique, une propriété/location de la pétrolière British Petroleum (BP) qui en est ultimement responsable.

Pour donner une ordre de grandeur, le désastre écologique causé par l’Exxon Valdez au large de l’Alaska en 1989, fut le résultat du déversement de 11 millions de gallons de pétrole, constituant un des pires déversement en mer jusque là. C’est environ 257 000 barils de pétrole qui se sont retrouvés dans l’océan. En 1979, le pire déversement à affecter les eaux territoriales américaines s’est effectué après l’explosion à bord du Ixtoc, une plate-forme mexicaine qui a déchargé au moins 130 millions de gallons pétrole au large des côtes du Texas, un déversement qui a pris neuf mois à colmater. Au Canada, nous consommions 2.29 millions de barils de pétrole par jour en 2004. Les États-Unis affichaient une demande quotidienne de 20.52 millions de barils à pareille date. Le champ de pétrole et de gaz naturel de Macondo renferme, selon les meilleures estimations, autour de 44 millions de barils de pétrole, soit 1.8 milliards de gallons. À plus de 1.6 km sous l’eau, la pression à la sortie du trou percé par BP dans le fond du Golfe du Mexique qui atteint un total de plus de 6 km à 10 km de profondeur, selon les sources, le pétrole mélangé au gaz sort à plus de 135-165 000 PSi. C’est massif.

Le résultat est que cette tragédie entre dans une toute nouvelle catégorie qui ne constitue pas qu’un simple « déversement » de pétrole, mais bien un « volcan » sous-marin rejetant des quantités de pétrole faramineuses et dévastatrices sans arrêt.

Le 20 avril dernier, alors que Halliburton complétait une base de béton pour solidifier l’embouchure drillée par Transocean, il y aurait eu une fausse manoeuvre en retirant la tête perceuse, combiné à une base de béton défaillante et des valves de sécurité inopérantes, ce qui aurait causé la montée d’une bulle de très haute pression de long du puits de forage et l’explosion finale de la plate-forme Deepwater Horizon qui coula peu après, avec 770 000 gallons de diesel à bord et tuant 11 personnes. Le tuyau de forage long de 1.6 km s’est replié sur lui-même, entrainant trois fuites importantes de pétrole dans les bas-fonds du Golfe du Mexique. Un survivant raconte ce qui s’est passé dans cette entrevue radiophonique.

Ce volcan de pétrole à haute pression rejette présentement entre 5 000 et 25 000 barils de pétrole par jour. Mais ces estimations optimistes des premiers jours ont dû être révisées à la hausse et il est fort possible qu’il s’échappe actuellement plus de 50 000 à 100 000 barils de pétrole quotidiennement. Trois mois pourraient être nécessaires avant de pouvoir colmater adéquatement toutes les fuites. À ce rythme, il est évident que le drame écologique de l’Exxon Valdez sera rapidement surpassé, si ce n’est déjà fait.

Tandis que Sarah Palin, ancienne gouverneur de l’Alaska, faisait la promotion des forages de pétrole en haute-mer en tenait des propos tels que  « drill, baby, drill« , et que Barack Obama de son côté venait tout juste d’approuver une expansion de l’exploitation pétrolière dans le Golfe du Mexique, se préparait le Tchernobyl des pétrolières. Depuis le déversement, Obama, qui est le plus grand récipiendaire de l’argent électoral distribué par BP avec $77,051 récolté durant la dernière campagne électorale, a accordé 27 exemptions à des sociétés pétrolières et gazières de faire des études approfondies environnementales par rapport au danger de l’exploration et la production pétrolière dans le golfe du Mexique. De plus, le ministère de l’Intérieur a exempté la calamiteuse BP d’une analyse d’impact environnementale détaillée l’année dernière, selon des documents du gouvernement, après que trois analyses de la zone concluaient qu’une marée noire était peu probable.

Pourtant, BP est loin d’avoir un passé reluisant. En fait, BP est un grand pollueur. Au début de 2009, BP présente son plan de forage au Mineral Management Service (MMS). Le Secrétaire Salazar a permis au MMS d’approuver – sans examen environnemental – l’opération de forage BP qui a explosé le 20 avril 2010, tuant 11 travailleurs et déversant des millions de gallons de pétrole dans le golfe du Mexique, une catastrophe qui sera bientôt, si ce n’est déjà fait, la plus vaste marée noire de l’histoire américaine.

Plutôt que de soumettre le plan à un examen détaillé des impacts environnementaux avant de l’approuver, tel que requis par le National Environmental Policy Act, l’agence a déclaré que le plan soit « catégoriquement exclu » de l’analyse environnementale, car « il ne pose pratiquement aucune chance de nuire à l’environnement ». Comme BP l’ a elle-même souligné dans sa lettre du 9 avril 2010 au Council on Environmental Quality, les exclusions catégoriques sont à utiliser uniquement quand un projet n’aura que de «minimes ou inexistants » impacts environnementaux. Le MMS a publié sa lettre d’approbation d’une page à BP le 6 avril 2009. (Source)

L’ analyste de l’industrie pétrolière, Antonia Juhasz, souligne que: « BP est l’une des sociétés les plus puissantes d’exploitation aux États-Unis. Ses revenus de 327 milliards de dollars en 2009 sont suffisants pour classer BP au troisième rang dans ce pays. BP se consacre activement à influencer la politique des États-Unis et la surveillance réglementaire. « La puissance et la richesse que BP et d’autres géants du pétrole exercent sont presque sans équivalent dans le monde, et constituent une menace pour la vie des travailleurs, à l’environnement et à nos perspectives pour la démocratie. (Source: BP: Billionaire Polluter)

Il y a soixante ans, BP se nommait Anglo-Iranian Oil Co. (AIOC). Le gouvernement iranien populaire, progressiste et élu démocratiquement de Mossadegh Mohammed avait demandé à l’AIOC, un monopole largement détenue par les Britanniques, de partager ses bénéfices provenant du pétrole iranien avec le peuple d’Iran. L’AIOC ayant refusé, l’Iran a nationalisé son industrie pétrolière. Cela n’a pas fait l’affaire des États-Unis, de sorte que la CIA a organisé un coup d’État contre le Premier ministre Mossadegh Mohammed. Après avoir été déposé, le AIOC, rebaptisé British Petroleum, retrouva une grande partie de son monopole sur le pétrole iranien et les Iraniens, eux, ont subi la brutale dictature  du Shah d’Iran qui leur ont été imposé, ce qui a semé les graines de la révolution iranienne de 1979.

Ainsi donc, en 2000 la British Petroleum se rebaptise sous BP et entreprend une croissance dynamique et des bénéfices scandaleux malheureusement enchevêtrés d’antécédents de catastrophes liées au pétrole. En 2005, la raffinerie de BP au Texas City explose, tuant 15 personnes et en blessant 170. En 2006, un pipeline de BP en Alaska souffre d’une fuite de 200 000 gallons de pétrole brut, provoquant ce que l’Environmental Protection Agency appellera «le plus grand déversement jamais survenu sur le versant Nord de l’Alaska. » BP a été condamné à une amende de $60 millions pour les deux catastrophes. Puis, en 2009, la sécurité et la santé au travail (OSHA) donne une amende à BP d’un montant additionnel de 87 millions d’euros pour l’explosion de la raffinerie. Le Secrétaire du Travail Hilda Solis a déclaré: « BP a permis à des centaines de risques potentiels de se poursuivent sans relâche. … La sécurité au travail est plus qu’un slogan. C’est la loi. » BP a répondu en contestant formellement l’ensemble des charges de l’OSHA.

BP est maintenant confrontée à une amende de £3 milliards pour la marée noire au large de la Louisiane qui risque de devenir la pire catastrophe écologique de l’histoire – et elle est maintenant accusée ne pas avoir prévenu la catastrophe. Des documents ayant émergé montrent que BP avait minimisé la possibilité d’un accident catastrophique à la plate-forme. Elle est allée jusqu’à suggérer dans son plan d’exploration de 2009 et d’analyse des impacts environnementaux que les dommages aux plages, les poissons et les animaux – étaient peu probables ou pratiquement impossibles.

BP, la société propriétaire de la plate-forme pétrolière en Louisiane qui a explosé, a passé des années à combattre les régulateurs fédéraux sur les mesures de sécurité nécessaires pour empêcher ce type d’accident en eau profonde. Un sujet de préoccupation immédiat, selon des experts de l’industrie, est le manque d’un système à distance qui aurait permis aux travailleurs de fermer la tête du puits en eau profonde de Deepwater Horizon pour éviter qu’il continue de faire jaillir du pétrole. Dans une lettre envoyée l’an dernier au ministère de l’Intérieur, BP s’est opposé à des règlements proposés pour de nouvelles règles afin de renforcer les normes de sécurité. «Nous croyons que la sécurité actuelle de l’industrie et les statistiques de l’environnement montrent que les programmes volontaires … continuent d’être très fructueux. » (Source)

Ainsi, l’agence fédérale américaine qui a pour rôle de réglementer les puits de forage en haute-mer a changé ses règlements il y a deux ans pour exempter certains projets de forage dans la région centrale du Golfe du Mexique, ce qui explique pourquoi le géant pétrochimique BP n’avait pas préparé de plan d’urgence dans le cas d’un déversement majeur de pétrole dû à une explosion dans son projet de Deepwater Horizon. (Source)

Le forage en eau profonde est un jeu aux risques très élevés. Ce n’est pas exactement un « casino », en ce sens qu’il existe un lot de science bien établie, d’ingénierie et de technologie en cause. Mais il est certain que nous allons trouver avec grande peine l’étendue des risques en jeu. Et il devient de plus en plus clair que la totalité des risques représente une cible mouvante. Il y a des risques géologiques, des risques techniques d’ingénierie et des risques pour l’environnement, pour le capital-risque et le risque de marché. À chaque puits profond que l’on perce, ces risques viennent se combiner sur une très petite surface au fond de l’océan. (Source)

Ce sont des risques inutiles. Cette catastrophe n’avait pas besoin de se produire, les dommages auraient pu être contenus lors du premier jour et la corruption du gouvernement et des médias ont rendu possible ce désastre écologique et économique. Si les responsables américains avaient effectué un suivi du plan de 1994 en matière de réponse en cas de déversements de pétrole majeurs dans la région du Golfe, il est possible que le déversement aurait pu être maintenu sous contrôle et loin des côtes américaines. Le problème: le gouvernement fédéral n’avait pas un seul dispositif de contrôle à portée de main.

Le fait que ce déversement émane du fond du gouffre (1 600 mètres de profondeur), où la température de l’eau est d’environ 1 degré centigrade (alors que le pétrole est chaud), signifie qu’au moment où le pétrole atteint la surface, il a été mélangé avec de l’eau et donc ne semble pas être du même genre de nappe macabre qui est si célèbre dans les catastrophes précédentes. C’est une aubaine de PR pour BP qu’il en soit ainsi, car cela signifie que le déversement de pétrole reste caché à la vue du public. Cela ne signifie toutefois pas qu’il n’y a pas de tragédie énorme se déroule, dévastant l’environnement. (Source)

Pour disperser et escamoter ce déversement volcanique pétrolier, BP a recours à des dispersants de dénomination commerciale « Corexit ». Il est à souligner que le pétrole est toxique pour la faune, mais les dispersants chimiques le sont tout aussi et la toxicité des deux combinés est supérieure à la somme des parties. Les règles de relations publiques de BP semblent être les suivantes:

1 – sous-estimer la quantité de pétrole déversé et dommages environnementaux causés.

2 – surestimer l’efficacité de la réponse de la compagnie pétrolière.

3 – Essayez d’acheter les locaux pour une bouchée de pain en échange à une renonciation de poursuite en justice contre BP.

4 – Obtenir le silence du plus de gens que possible.

En effet, BP a offert des sommes allant jusqu’à $5000 aux résidents et pêcheurs de la côte américaine en Louisiane en échange de leur abandon de poursuites judiciaires.

Un individu travaillant pour BP a déclaré qu’il « est tout à fait possible que la région du Golfe du Mexique jusqu’en Floride devienne une zone morte, sans aucune vie aquatique que ce soit ». La marrée noire est visible par les satellites de la NASA. Elle semble être de cinq à douze fois pire que ce qu’on pouvait anticiper ou laissé croire. Cette marée se déploie très rapidement et pourrait atteindre bientôt les côtes de la Louisiane. « Je commence à me rendre compte de l’énormité de cette marée», déclare Wathen, « Il semble qu’elle s’est répandue sur toute l’étendue du Golfe du Mexique ».

Certains commencent à suggérer que cette catastrophe record risque de tuer les océans de la planète, alors que le pétrole giclant à grande pression du « volcan » sous-marin pourrait bien dériver le long de la côte Est et jusqu’en Europe avec les courants marins. Cela nous démontrera le vrai coût de l’ère du pétrole alors que 50% des fruits de mer que les Américains consomment proviennent du Golfe du Mexique. Cette région est littéralement la toilette des États-Unis qui y rejettent quantités de produits chimiques, contaminant la chaîne alimentaire au mercure et autres déchets industriels. Le Golfe du Mexique porte l’une des plus grandes « zone morte » de la planète, soit de 15 500 km2 d’eau où rien ne vit. Et ça, c’était avant le déversement du Deepwater Horizon.

Le président de BP a déclaré que ce n’était pas leur accident, mais qu’il nettoierait la marée noire, essayant de la sorte de se déculpabiliser. Le truc, c’est qu’en vertu de la loi établissant la réserve de fonds nommée Oil Spill Liability Trust Fund, la responsabilité civile de BP se limiterait à $75 millions, après quoi c’est les taxes sur l’essence payées par les Américains qui débourseront les frais, selon le New York Times. Ce désastre écologique pourrait entrainer l’effondrement économique des États-Unis, s’il était pour s’étendre jusque dans l’océan Atlantique et au-delà. Les coûts seront simplement astronomiques. Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres, comme le dit le dicton. Cela, Goldman Sachs le sait très bien et des allégations apparemment vérifiées pointeraient vers le fait que GS ait spéculé et misé sur la baisse des actions de Transocean quelques jours avant le début du tragique évènement.

En conclusion, à la lumière de toutes ces informations, il apparait sage de planifier un passage rapide à d’autres sources d’énergie plus propres, abondantes et libres. L’ère du pétrole doit se terminer rapidement, car il pourrait déjà être trop tard pour éviter une des pires catastrophes écologiques de l’histoire, causée par une substance et des cartels qu’on aurait dû quitter il y a belle lurette.

Ne manquez pas de lire la suite: Deepwater Horizon – Le geyser de pétrole se poursuit

101 Commentaires

Classé dans Actualité, environnement, François Marginean