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Les sables mouvants

Dans mon dernier billet, certains commentateurs sur les 7 du Québec m’ont lancé un petit défi. On m’a dit d’être d’accord avec l’idée d’un marché libre, mais que devrait-on faire maintenant pour défaire le système actuel pour qu’il puisse laisser la place à un système plus juste. Je crois que la question est un peu prématurée parce que s’il y en a qui voient les problèmes auxquels nous faisons face et veulent passer à l’action, la grande majorité de la population ne l’est pas. Et ce n’est qu’en l’éduquant que nous arriverons à mettre la majorité du peuple de notre côté.

Au Québec, malgré le cynisme qui habite le population vis-à-vis de la classe politique présentement, je crois qu’il n’y a qu’une très petite minorité qui comprend vraiment ce qui se passe. Il y en a certainement beaucoup libertariens et libertaires qui contribuent dans les commentaires des 7 du Québec et sur mon propre blogue qui ont définitivement saisi quels sont les vrais ennemis du peuple. Ils savent qui est enrichi et favorisé par le système actuel. Il savent également que ce système doit tomber.

Je réitère ce que je crois être la source de nos maux: les banques en symbiose avec les gouvernements de ce monde et les divers groupes auxquels ils vendent leurs faveurs. Les gouvernements, étant les seuls à avoir l’usage légal de la force, prêtent ce pouvoir aux banquiers, aux corporation, aux syndicats et autres lobbies d’intérêt particulier en échange de financement et d’expansion de leur pouvoir. Ils le font de diverses façons, mais seul le pouvoir de l’état leur donne un air de légitimité qui endort le bon peuple et les rend aveugles à la combine. François Marginean sur les 7 du Québec m’a rappelé cette citation du Baron Nathan Mayer Rothchild, qui a été gouverneur de la Banque d’Angleterre:

« I care not what puppet is placed upon the throne of England to rule the Empire on which the sun never sets. The man that controls Britain’s money supply controls the British Empire, and I control the British money supply. »

Traduction: « Je me fiche quelle marionnette occupe le trône d’Angleterre pour gouverner l’empire sur lequel le soleil ne se couche jamais. L’homme qui contrôle la monnaie de la Grande-Bretagne contrôle l’Empire Britannique, et je contrôle la monnaie britannique. » Cette citation est en effet lourde de vérité. Le cartel légalisé que forment le système bancaire de tous les pays occidentaux possède un pouvoir immense leur permettant de faire la pluie et le beau temps. Ce système influence législation et règlementation de façon à favoriser qui ils veulent et ceux qui sont favorisés font parti d’un club très exclusif. Il crée des crises financières à volonté, s’enrichissant ensuite des retombées et ayant un parfait bouc émissaire pour couvrir ses traces et détourner l’attention: le libre-marché capitaliste. Ils sont les marionnettistes, les maîtres de jeu. La beauté dans tout ça est que la plupart des gens n’y voient que du feu. Ils arrivent à faire croire au gens que le système que nous avons présentement est un marché libre, qui n’est pas assez règlementé, alors que les règlementations ne cessent de se multiplier. Ils font croire que les récessions sont dues à la cupidité et l’esprit animal des investisseurs et la peur des consommateurs alors qu’elles sont l’ajustement naturel du marché suite à une expansion de crédit insoutenable. Un peu comme un drogué souffre de retrait quand il est privé de sa drogue, en l’occurrence le crédit facile que produit une monnaie qu’on peut conjurer à partir de rien. Nos banquiers ne sont que des faux-monnayeurs auxquels l’état a donné un statut légal. En retour, les politiciens ont une source intarissable d’argent pour assurer l’expansion de l’État-Providence. Mais tout ça n’est qu’un mirage. L’argent ainsi créé n’est pas un gage de richesse et plus on en crée et moins il a de valeur, jusqu’au jour inévitable où il ne vaut plus rien. Sans aucun doute, si la majorité des gens étaient au courant, nous pourrions tous clamer pour une fin à cette fraude, mais ce n’est pas le cas et il y a encore bien des gens à convaincre.

Si vous êtes de ceux qui savent que nous vivons sous ce joug, vous êtes un des chanceux qui pourra être préparé lorsque tout s’écroulera. Mais entre-temps, nous sommes encore trop peu nombreux pour pouvoir faire une différence. Si nous étions capables d’organiser des démonstrations comme la manifestation du 11 avril à Québec à chaque mois, peut-être arriverions nous à pénétrer la carapace des politiciens sourds et aveugles qui sont supposés nous représenter. Le système favorise les groupes bien organisés et le peuple ne l’est pas. Il n’y a qu’à observer les agissement du gouvernement de Jean Charest pour s’en convaincre. Les partis politiques ne sont pas redevables au peuple autant qu’à leur bienfaiteurs. Quel intérêt ont-ils à porter au peuple qui pour la plus grande partie, gobe toute leur salade? Certains comtés éliraient un singe s’il se présentait sous la bonne bannière.

Si vous avez de meilleures idées pour nous sortir des sables mouvants, je suis toute ouïe. Mais je crois qu’avant de pouvoir y faire quelque chose, il faudrait que plus de gens réalisent qu’ils sont dans ce sable mouvant jusqu’au cou et beaucoup ne veulent pas faire face à cette réalité. J’espère seulement que nous arriverons à convaincre les gens de choisir la liberté plutôt que la servitude.

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Classé dans Actualité, Philippe David

Le public toujours à la rescousse du privé

Certains penseurs de droite se plaignent que les pauvres se tournent toujours vers l’État lorsque les choses vont mal pour eux.

Mais le sauvetage du monde financier américain par le président américain G.W. Bush à coup de centaines de milliards de dollars aux frais des contribuables américains prouve que mêmes les capitalistes de Wall Street quémandent aussi du coté du gouvernement lorsque leurs portefeuilles d’actions sont menacés.

Pourtant, ce sont les premiers à réclamer une déréglementation de l’économie afin que l’État ne soit pas trop dans leurs pattes en laissant le champ libre aux affairistes. Leurs marionnettes républicaines ayant investi la maison blanche se détournent de la situation économiquement précaire de plusieurs concitoyens en leur coupant les vivres par des réductions de programmes sociaux tout en stipulant que ceux-ci sont trop onéreux, mais lorsqu’une crise financière frappe leurs riches contributeurs électoraux de plein fouet, ils n’hésitent pas alors à modifier leurs propres règles à leur avantage.

C’est pour cela que Bush et sa clique néoconservatrice renient leur philosophie économique de non-intervention car ils ne sont que les pantins d’une caste économico-financière qui s’est mise elle-même dans le pétrin. Ils instaurent un plan d’urgence afin de maintenir debout une maison qui branle sous ses fondations et ce seront encore les contribuables américains issus de la classe moyenne qui paieront la facture tandis que les plus nantis ne contribueront presque rien car l’administration républicaine a allégé leur fardeau fiscal depuis l’accession de G.W. Bush au pouvoir!

Les américains ne sont pas sortis du bois. Les États-Unis sont au bord de la faillite avec une dette accumulée astronomique dépassant les 9 000 milliards de dollars pendant que le déficit commercial des États-Unis atteignait 711,6 milliards en 2007, un quasi-record de tous les temps (le record s’est établi en 2006 avec 758,5 milliards).

Mais la droite américaine n’est pas responsable de cette débâcle, bien sûr que non. Elle n’avouera jamais ses torts. Elle attaque depuis toujours la gauche en l’accusant de proposer des mesures socio-économiques trop dispendieuses à la collectivité, mais elle-même n’a guère fait mieux en imposant des politiques économiques désastreuses et une coûteuse guerre impérialiste en Irak dont les motivations sont loin d’être louables.

Son règne a consacré la chute de la première puissance mondiale s’effondrant sous le poids d’un endettement étatique et personnel qui ne s’était jamais vu auparavant. Et l’on dit que la gauche est dépensière et irresponsable…

Jimmy St-Gelais
http://pourquedemainsoit.wordpress.com/

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