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Pandémie de pétrole

Environ un quart des vaccins contre le H1N1 produits pour le public américain ont maintenant dépassé leur date de péremption, ce qui représente 40 millions de doses valant autour de $260 millions qui prennent le chemin des poubelles. Selon Jerry Weir de la U.S. Food and Drug Administration (FDA), « c’est historiquement énorme ».

Mais ce qui compte, c’est que les pharmaceutiques aient empoché leur argent. À ces 40 millions se rajouteront bientôt 30 millions d’autres vaccins qui subiront le même sort. En Angleterre, identique situation: les payeurs de taxes ont été forcés de payer une facture salée de £1.2 milliards pour des vaccins qui n’ont servi absolument à rien, puisque la pandémie annoncée ne s’est jamais matérialisée.

Le scénario est le même dans tous les pays qui sont tombés sous la coupe de la panique inventée, l’hystérie médiatique. Tapage médiatique pour envoyer la population se faire vacciner, mais les doses inutiles et inutilisées sont détruites silencieusement, sans fanfare.

Cela fait probablement partie des avantages d’être parmi les « autorités » : personne n’est jamais tenu responsable de ces fiascos, ni des sommes astronomiques qui sont ainsi gaspillées, sans parler des risques totalement inutiles que prend la population en se soumettant à ces vaccins. Il semble qu’il est devenu tout à fait acceptable de jouer à la roulette russe avec la santé des gens, en autant qu’il y ait des profits énormes à empocher.

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Il y a longtemps que cette leçon est connue et assimilée par les habitants des pays dits « en voie de développement». La différence, c’est que cela nous rattrape aussi. Les pays « développés » sont lentement sur la route de la tiers-mondialisation. Ils vont goûter à la même médecine que les pays du tiers monde.

L’histoire de BP ne va qu’accélérer ce processus et le mettre en relief. Les citoyens, les individus ne compte pour rien. Aucune vérité ne leur est due, leur bien-être et leur santé n’est aucunement une source de préoccupation.

La Garde côtière américaine, sous la direction de l’administration Obama, a suspendu le premier Amendement de la Constitution dans le golfe du Mexique et la liberté d’expression est dorénavant illégale sur les plages le long des côtes du golfe. Tout reporter, photographe ou blogueur qui se trouve à l’intérieur d’une vingtaine de mètres d’un cordon de contrôle des marées de pétrole, d’un navire ou d’une opération de nettoyage sera placé sous arrestation et pourra se voir décerner une amende allant jusqu’à $40 000 et être poursuivit par le gouvernement US. (Source)

La FAA a interdit tout vol au-dessus du golfe du Mexique, exceptés ceux autorisés par l’ATC, les vols qui sont dans le cadre des opérations de forage en haute mer, les vols fédéraux, locaux et militaires en relation avec les efforts de récupération du pétrole, ainsi que les vols médicaux et ceux  reliés aux opérations de la police.

L’élément qui n’est pas mentionné dans les médias à propos des efforts de nettoyage est que les dispersants de pétrole sont si toxiques et inefficaces qu’ils ont même été bannis en Angleterre depuis une décennie. Ces dispersants sont exactement ceux que British Petroleum (BP) utilise dans le golfe, le Corexit. Un produit qui renferme du 2-butoxyethanol et d’autres agents chimiques ayant des effets cancérigènes et dangereux pour la santé pour les enfants, les femmes enceintes et tout le monde qui y est exposé, dont les personnes employées pour effectuer le nettoyage.

Comme si ce n’était pas déjà assez préoccupant, BP a reçu le feu vert pour brûler le pétrole capturé dans le golfe. Les équipes de BP ont ainsi brûlé plus de 10 millions de litres de pétrole de cette façon. Avec ce pétrole, il est certain des quantités non négligeables de dispersants par aussi en fumée, se répandant avec les vents et au rythme des pluies.

Le reste du pétrole récupéré qui ne sera pas brûlé sera de toute évidence revendu à la population. BP a déclaré qu’elle utiliserait les revenus nets de ces ventes pour financer une fondation pour la protection de la vie sauvage dans quatre états du golfe.

BP interdit quiconque de s’approcher de la zone dévastée pour éviter que la population apprenne la vérité sur l’ampleur de la situation. Selon les sources de WMR, le personnel de sécurité de BP verrait ses rangs augmenter avec l’aide de réservistes de l’état de l’Alabama et des gardes de sécurité G4S de la firme privée Wackenhut. Leur travail est de s’assurer qu’aucun observateur ne soit présent alors que les contracteurs de BP ratissent les plages pour ramasser et disposer des corps d’animaux marins morts, de dauphins, de tortues et d’oiseaux.

L’image de BP et du gouvernement est plus importante que la santé de la population et de l’environnement. La vérité n’est bonne qu’à être dissimulée pour préserver cette image le plus longtemps possible. Suite au 9/11, les équipes de secours s’étaient fait dire par les autorités que l’air était sain à respirer. Ce n’était pas vrai. Mais ce n’est pas grave. Aujourd’hui, presque autant d’individus sont morts des suites des graves complications pulmonaires pour avoir respiré cet air toxique que le nombre de personnes qui sont mortes lors des attaques.

Maintenant, c’est autour de BP de mentir à ses employés en les forçant à ne pas porter de masque de protection pour ne pas porter atteinte à l’image de BP. C’est mauvais pour les relations publiques, semble-t-il.

On se retrouve donc avec une administration Obama et BP qui ne travaillent pas vraiment à mettre fin à cette catastrophe pétrolière historique, mais plutôt à cacher l’étendue réelle de ce désastre écologique sans pareil. Un désastre qui pourrait bel et bien se poursuivre pendant des années.

Cette vérité qu’ils ont peur de laisser s’échapper et devenir apparente, c’est que personne ne sait comment contenir et refermer ce volcan pétrolier sous-marin. Voilà ce qui fait peur. Il est maintenant évident que plusieurs autres fuites sont apparues, provenant de multiples et disparates endroits le long du fond marin. Le pétrole et le méthane s’échappe de nombreuses fissures et crevasses et l’endroit en entier pourrait bien fuir comme une éponge. Les images de ce ROV à cet effet sont claires et sans équivoques.

Cela semble d’ailleurs confirmé par des officiels de BP qui ont admis de tels dommages. Ceci est définitivement le Tchernobyl des États-Unis. Le Deepwater Horizon est d’ores et déjà le plus large déversement de pétrole du golfe du Mexique, selon les estimations du gouvernement américain. Dire que les bozos de BP déclaraient que ce déversement n’était pas si considérable comparé aux autres déversements autour du monde et minimisaient les chiffres concernant la quantité de pétrole qui s’échappait.

Est-ce pour cela aussi que les États-Unis ont refusé l’aide internationale de treize pays pour nettoyer le pétrole? Serait-ce que l’administration Obama refuse l’accès au golfe du Mexique à d’autres compagnies étrangères qui pourraient ensuite prendre conscience de la situation, de la réelle étendue des dommages et rendre ces informations publiques? Dans le contexte où les dommages seraient de beaucoup pire que ce que le gouvernement ou BP ne voudraient admettre au public, cela est fort possible.

Une chose est certaine, tous les indices pointent dans cette direction. Dans une entrevue choc avec Anderson Cooper de CNN lors du 29 juin dernier, un informateur, Fred McCallister, VP de Allegiance Capitol Corporation, a témoigné que BP faisait délibérément submerger le pétrole avec le dispersant chimique Corexit dans le but de le dissimuler. En le faisant ainsi disparaître le pétrole avant qu’il ne soit récupéré, BP s’assure de ne pas payer d’amende. Selon les procédures normales européennes, on fait monter le pétrole à la surface pour le récupérer, et non l’inverse.

Un autre non sens du genre est l’annonce du fond d’urgence d’indemnisation des victimes du désastre de 20 milliards de dollars mis en place par le gouvernement américain, financé par BP. Les conditions et les délais pour obtenir l’argent seront comme toujours fastidieux et infestés de restrictions de toute part. Pour ceux qui seront suffisamment chanceux pour toucher une certaine forme d’indemnisation pour perte de salaire, il y a cependant une autre attrape qui les attend: l’IRS, l’agence américaine du revenu, averti qu’ils auront à payer des impôts sur ces montants.

Même en plein milieux d’un désastre total pour les résidents du golfe du Mexique, aucun cadeau ne sera fait. Pour eux, les conséquences négatives ne font que commencer. On parle désormais du « Syndrome du golfe » qui s’installe dans la région. C’est que BP est en train de procéder au gazage de tous ces résidents avec du benzène poison et le dispersant chimique Corexit  à des niveaux dangereusement élevés. Les militaires et le FEMA sont engagés dans des plans d’urgences pour 36 régions urbaines, du Texas allant jusqu’en Floride, impliquant des évacuations de masse pouvant atteindre les 20 millions de personnes.

Voilà où nous en sommes. BP et le gouvernement ont été extrêmement négligent dans tout ce dossier depuis le début, au grand détriment de l’écosystème et de la population. BP a été criminellement négligente dans le forage du puits de pétrole qui a ensuite explosé. (Voir 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16 et 17)

Finalement, il existe un autre problème de taille que BP et les officiels devront affronter prochainement. C’est celui qui concerne ce qu’ils vont faire avec le matériel contaminé qui est récupéré lors des opérations de nettoyage du pétrole. Plusieurs sont inquiets que ces résidus toxiques se retrouvent dans leurs sites d’enfouissement de déchets locaux. Selon Patrick Hanley de la Garde côtière de Port Fourchon, 35 000 sacs (250 tonnes) de substances huileuses ont été emportées de la plage et des centaines de milliers de litres de déchets liquides, une combinaison d’eau et de pétrole, ont été envoyés vers des sites d’enfouissement locaux, ainsi qu’une dizaine de mètres cube de déchets solides.

Les équipes de nettoyage ont récupéré des dizaines de millions de litres de pétrole mélangé à de l’eau, selon le poste de commande unifié du Deepwater Horizon.

Cette histoire est malheureusement loin d’être terminée, et similairement au cas de la fausse pandémie du H1N1, la population est sacrifiée et les responsables de crimes innommables s’en tirent toujours à bon compte. C’est comme si les gouvernements et les multinationales étaient littéralement au-dessus de la loi et étaient devenus des intouchables, des demi-dieux. C’est simplement inacceptable et ceci est bien la véritable pandémie qui affecte ce monde.
François Marginean

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Le Tchernobyl des pétrolières

François Marginean

Image Flickr de EFFER LECEBE ARTIST PEACEKEEPER

Dans le secteur pétrolier, il y a des déversements de pétrole. D’autres fois, il y a déversements catastrophiques de pétrole, comme dans le cas de l’Exxon Valdez. Finalement, dans sa nouvelle catégorie bien à part, il y a le déversement de pétrole causé par la plate-forme Deepwater Horizon, opérée par Transocean Ltd., qui exploite le gisement de Macondo situé sous le Golfe du Mexique, une propriété/location de la pétrolière British Petroleum (BP) qui en est ultimement responsable.

Pour donner une ordre de grandeur, le désastre écologique causé par l’Exxon Valdez au large de l’Alaska en 1989, fut le résultat du déversement de 11 millions de gallons de pétrole, constituant un des pires déversement en mer jusque là. C’est environ 257 000 barils de pétrole qui se sont retrouvés dans l’océan. En 1979, le pire déversement à affecter les eaux territoriales américaines s’est effectué après l’explosion à bord du Ixtoc, une plate-forme mexicaine qui a déchargé au moins 130 millions de gallons pétrole au large des côtes du Texas, un déversement qui a pris neuf mois à colmater. Au Canada, nous consommions 2.29 millions de barils de pétrole par jour en 2004. Les États-Unis affichaient une demande quotidienne de 20.52 millions de barils à pareille date. Le champ de pétrole et de gaz naturel de Macondo renferme, selon les meilleures estimations, autour de 44 millions de barils de pétrole, soit 1.8 milliards de gallons. À plus de 1.6 km sous l’eau, la pression à la sortie du trou percé par BP dans le fond du Golfe du Mexique qui atteint un total de plus de 6 km à 10 km de profondeur, selon les sources, le pétrole mélangé au gaz sort à plus de 135-165 000 PSi. C’est massif.

Le résultat est que cette tragédie entre dans une toute nouvelle catégorie qui ne constitue pas qu’un simple « déversement » de pétrole, mais bien un « volcan » sous-marin rejetant des quantités de pétrole faramineuses et dévastatrices sans arrêt.

Le 20 avril dernier, alors que Halliburton complétait une base de béton pour solidifier l’embouchure drillée par Transocean, il y aurait eu une fausse manoeuvre en retirant la tête perceuse, combiné à une base de béton défaillante et des valves de sécurité inopérantes, ce qui aurait causé la montée d’une bulle de très haute pression de long du puits de forage et l’explosion finale de la plate-forme Deepwater Horizon qui coula peu après, avec 770 000 gallons de diesel à bord et tuant 11 personnes. Le tuyau de forage long de 1.6 km s’est replié sur lui-même, entrainant trois fuites importantes de pétrole dans les bas-fonds du Golfe du Mexique. Un survivant raconte ce qui s’est passé dans cette entrevue radiophonique.

Ce volcan de pétrole à haute pression rejette présentement entre 5 000 et 25 000 barils de pétrole par jour. Mais ces estimations optimistes des premiers jours ont dû être révisées à la hausse et il est fort possible qu’il s’échappe actuellement plus de 50 000 à 100 000 barils de pétrole quotidiennement. Trois mois pourraient être nécessaires avant de pouvoir colmater adéquatement toutes les fuites. À ce rythme, il est évident que le drame écologique de l’Exxon Valdez sera rapidement surpassé, si ce n’est déjà fait.

Tandis que Sarah Palin, ancienne gouverneur de l’Alaska, faisait la promotion des forages de pétrole en haute-mer en tenait des propos tels que  « drill, baby, drill« , et que Barack Obama de son côté venait tout juste d’approuver une expansion de l’exploitation pétrolière dans le Golfe du Mexique, se préparait le Tchernobyl des pétrolières. Depuis le déversement, Obama, qui est le plus grand récipiendaire de l’argent électoral distribué par BP avec $77,051 récolté durant la dernière campagne électorale, a accordé 27 exemptions à des sociétés pétrolières et gazières de faire des études approfondies environnementales par rapport au danger de l’exploration et la production pétrolière dans le golfe du Mexique. De plus, le ministère de l’Intérieur a exempté la calamiteuse BP d’une analyse d’impact environnementale détaillée l’année dernière, selon des documents du gouvernement, après que trois analyses de la zone concluaient qu’une marée noire était peu probable.

Pourtant, BP est loin d’avoir un passé reluisant. En fait, BP est un grand pollueur. Au début de 2009, BP présente son plan de forage au Mineral Management Service (MMS). Le Secrétaire Salazar a permis au MMS d’approuver – sans examen environnemental – l’opération de forage BP qui a explosé le 20 avril 2010, tuant 11 travailleurs et déversant des millions de gallons de pétrole dans le golfe du Mexique, une catastrophe qui sera bientôt, si ce n’est déjà fait, la plus vaste marée noire de l’histoire américaine.

Plutôt que de soumettre le plan à un examen détaillé des impacts environnementaux avant de l’approuver, tel que requis par le National Environmental Policy Act, l’agence a déclaré que le plan soit « catégoriquement exclu » de l’analyse environnementale, car « il ne pose pratiquement aucune chance de nuire à l’environnement ». Comme BP l’ a elle-même souligné dans sa lettre du 9 avril 2010 au Council on Environmental Quality, les exclusions catégoriques sont à utiliser uniquement quand un projet n’aura que de «minimes ou inexistants » impacts environnementaux. Le MMS a publié sa lettre d’approbation d’une page à BP le 6 avril 2009. (Source)

L’ analyste de l’industrie pétrolière, Antonia Juhasz, souligne que: « BP est l’une des sociétés les plus puissantes d’exploitation aux États-Unis. Ses revenus de 327 milliards de dollars en 2009 sont suffisants pour classer BP au troisième rang dans ce pays. BP se consacre activement à influencer la politique des États-Unis et la surveillance réglementaire. « La puissance et la richesse que BP et d’autres géants du pétrole exercent sont presque sans équivalent dans le monde, et constituent une menace pour la vie des travailleurs, à l’environnement et à nos perspectives pour la démocratie. (Source: BP: Billionaire Polluter)

Il y a soixante ans, BP se nommait Anglo-Iranian Oil Co. (AIOC). Le gouvernement iranien populaire, progressiste et élu démocratiquement de Mossadegh Mohammed avait demandé à l’AIOC, un monopole largement détenue par les Britanniques, de partager ses bénéfices provenant du pétrole iranien avec le peuple d’Iran. L’AIOC ayant refusé, l’Iran a nationalisé son industrie pétrolière. Cela n’a pas fait l’affaire des États-Unis, de sorte que la CIA a organisé un coup d’État contre le Premier ministre Mossadegh Mohammed. Après avoir été déposé, le AIOC, rebaptisé British Petroleum, retrouva une grande partie de son monopole sur le pétrole iranien et les Iraniens, eux, ont subi la brutale dictature  du Shah d’Iran qui leur ont été imposé, ce qui a semé les graines de la révolution iranienne de 1979.

Ainsi donc, en 2000 la British Petroleum se rebaptise sous BP et entreprend une croissance dynamique et des bénéfices scandaleux malheureusement enchevêtrés d’antécédents de catastrophes liées au pétrole. En 2005, la raffinerie de BP au Texas City explose, tuant 15 personnes et en blessant 170. En 2006, un pipeline de BP en Alaska souffre d’une fuite de 200 000 gallons de pétrole brut, provoquant ce que l’Environmental Protection Agency appellera «le plus grand déversement jamais survenu sur le versant Nord de l’Alaska. » BP a été condamné à une amende de $60 millions pour les deux catastrophes. Puis, en 2009, la sécurité et la santé au travail (OSHA) donne une amende à BP d’un montant additionnel de 87 millions d’euros pour l’explosion de la raffinerie. Le Secrétaire du Travail Hilda Solis a déclaré: « BP a permis à des centaines de risques potentiels de se poursuivent sans relâche. … La sécurité au travail est plus qu’un slogan. C’est la loi. » BP a répondu en contestant formellement l’ensemble des charges de l’OSHA.

BP est maintenant confrontée à une amende de £3 milliards pour la marée noire au large de la Louisiane qui risque de devenir la pire catastrophe écologique de l’histoire – et elle est maintenant accusée ne pas avoir prévenu la catastrophe. Des documents ayant émergé montrent que BP avait minimisé la possibilité d’un accident catastrophique à la plate-forme. Elle est allée jusqu’à suggérer dans son plan d’exploration de 2009 et d’analyse des impacts environnementaux que les dommages aux plages, les poissons et les animaux – étaient peu probables ou pratiquement impossibles.

BP, la société propriétaire de la plate-forme pétrolière en Louisiane qui a explosé, a passé des années à combattre les régulateurs fédéraux sur les mesures de sécurité nécessaires pour empêcher ce type d’accident en eau profonde. Un sujet de préoccupation immédiat, selon des experts de l’industrie, est le manque d’un système à distance qui aurait permis aux travailleurs de fermer la tête du puits en eau profonde de Deepwater Horizon pour éviter qu’il continue de faire jaillir du pétrole. Dans une lettre envoyée l’an dernier au ministère de l’Intérieur, BP s’est opposé à des règlements proposés pour de nouvelles règles afin de renforcer les normes de sécurité. «Nous croyons que la sécurité actuelle de l’industrie et les statistiques de l’environnement montrent que les programmes volontaires … continuent d’être très fructueux. » (Source)

Ainsi, l’agence fédérale américaine qui a pour rôle de réglementer les puits de forage en haute-mer a changé ses règlements il y a deux ans pour exempter certains projets de forage dans la région centrale du Golfe du Mexique, ce qui explique pourquoi le géant pétrochimique BP n’avait pas préparé de plan d’urgence dans le cas d’un déversement majeur de pétrole dû à une explosion dans son projet de Deepwater Horizon. (Source)

Le forage en eau profonde est un jeu aux risques très élevés. Ce n’est pas exactement un « casino », en ce sens qu’il existe un lot de science bien établie, d’ingénierie et de technologie en cause. Mais il est certain que nous allons trouver avec grande peine l’étendue des risques en jeu. Et il devient de plus en plus clair que la totalité des risques représente une cible mouvante. Il y a des risques géologiques, des risques techniques d’ingénierie et des risques pour l’environnement, pour le capital-risque et le risque de marché. À chaque puits profond que l’on perce, ces risques viennent se combiner sur une très petite surface au fond de l’océan. (Source)

Ce sont des risques inutiles. Cette catastrophe n’avait pas besoin de se produire, les dommages auraient pu être contenus lors du premier jour et la corruption du gouvernement et des médias ont rendu possible ce désastre écologique et économique. Si les responsables américains avaient effectué un suivi du plan de 1994 en matière de réponse en cas de déversements de pétrole majeurs dans la région du Golfe, il est possible que le déversement aurait pu être maintenu sous contrôle et loin des côtes américaines. Le problème: le gouvernement fédéral n’avait pas un seul dispositif de contrôle à portée de main.

Le fait que ce déversement émane du fond du gouffre (1 600 mètres de profondeur), où la température de l’eau est d’environ 1 degré centigrade (alors que le pétrole est chaud), signifie qu’au moment où le pétrole atteint la surface, il a été mélangé avec de l’eau et donc ne semble pas être du même genre de nappe macabre qui est si célèbre dans les catastrophes précédentes. C’est une aubaine de PR pour BP qu’il en soit ainsi, car cela signifie que le déversement de pétrole reste caché à la vue du public. Cela ne signifie toutefois pas qu’il n’y a pas de tragédie énorme se déroule, dévastant l’environnement. (Source)

Pour disperser et escamoter ce déversement volcanique pétrolier, BP a recours à des dispersants de dénomination commerciale « Corexit ». Il est à souligner que le pétrole est toxique pour la faune, mais les dispersants chimiques le sont tout aussi et la toxicité des deux combinés est supérieure à la somme des parties. Les règles de relations publiques de BP semblent être les suivantes:

1 – sous-estimer la quantité de pétrole déversé et dommages environnementaux causés.

2 – surestimer l’efficacité de la réponse de la compagnie pétrolière.

3 – Essayez d’acheter les locaux pour une bouchée de pain en échange à une renonciation de poursuite en justice contre BP.

4 – Obtenir le silence du plus de gens que possible.

En effet, BP a offert des sommes allant jusqu’à $5000 aux résidents et pêcheurs de la côte américaine en Louisiane en échange de leur abandon de poursuites judiciaires.

Un individu travaillant pour BP a déclaré qu’il « est tout à fait possible que la région du Golfe du Mexique jusqu’en Floride devienne une zone morte, sans aucune vie aquatique que ce soit ». La marrée noire est visible par les satellites de la NASA. Elle semble être de cinq à douze fois pire que ce qu’on pouvait anticiper ou laissé croire. Cette marée se déploie très rapidement et pourrait atteindre bientôt les côtes de la Louisiane. « Je commence à me rendre compte de l’énormité de cette marée», déclare Wathen, « Il semble qu’elle s’est répandue sur toute l’étendue du Golfe du Mexique ».

Certains commencent à suggérer que cette catastrophe record risque de tuer les océans de la planète, alors que le pétrole giclant à grande pression du « volcan » sous-marin pourrait bien dériver le long de la côte Est et jusqu’en Europe avec les courants marins. Cela nous démontrera le vrai coût de l’ère du pétrole alors que 50% des fruits de mer que les Américains consomment proviennent du Golfe du Mexique. Cette région est littéralement la toilette des États-Unis qui y rejettent quantités de produits chimiques, contaminant la chaîne alimentaire au mercure et autres déchets industriels. Le Golfe du Mexique porte l’une des plus grandes « zone morte » de la planète, soit de 15 500 km2 d’eau où rien ne vit. Et ça, c’était avant le déversement du Deepwater Horizon.

Le président de BP a déclaré que ce n’était pas leur accident, mais qu’il nettoierait la marée noire, essayant de la sorte de se déculpabiliser. Le truc, c’est qu’en vertu de la loi établissant la réserve de fonds nommée Oil Spill Liability Trust Fund, la responsabilité civile de BP se limiterait à $75 millions, après quoi c’est les taxes sur l’essence payées par les Américains qui débourseront les frais, selon le New York Times. Ce désastre écologique pourrait entrainer l’effondrement économique des États-Unis, s’il était pour s’étendre jusque dans l’océan Atlantique et au-delà. Les coûts seront simplement astronomiques. Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres, comme le dit le dicton. Cela, Goldman Sachs le sait très bien et des allégations apparemment vérifiées pointeraient vers le fait que GS ait spéculé et misé sur la baisse des actions de Transocean quelques jours avant le début du tragique évènement.

En conclusion, à la lumière de toutes ces informations, il apparait sage de planifier un passage rapide à d’autres sources d’énergie plus propres, abondantes et libres. L’ère du pétrole doit se terminer rapidement, car il pourrait déjà être trop tard pour éviter une des pires catastrophes écologiques de l’histoire, causée par une substance et des cartels qu’on aurait dû quitter il y a belle lurette.

Ne manquez pas de lire la suite: Deepwater Horizon – Le geyser de pétrole se poursuit

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