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Canada Carnaval

Elvis Gratton achetant un oiseau rare

Elvis Gratton achetant un oiseau rare

Gaëtan Pelletier

Inertie

Tout corps, en mouvement rectiligne uniforme ou au repos, soumis à des forces qui se compensent, persévère dans son état. » Newton

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Beau,  ce carnaval! Foire foraine…

Je déteste parler politique. En un sens… Parce que j’ai l’impression de ne parler que de rien.

Dans mon petit village il vient chaque été un «cirque mobile» avec une grande roue : on paye, on monte, on descend, on a l’impression de tomber, on remonte on descend. Et ça coûte les yeux de la tête…

Mais on aime ça. Ça étourdi.

Les gens qui y travaillent n’ont pas bonne réputation : ils ont l’air amochés, portent la barbe et sont  souvent tatoués. Quand ils arrivent «en ville» tout le monde ferme ses portes. Ils ont les cheveux en chapeau de paille, l’œil un peu gras, et ils sourient rarement. Surveillez vos avoirs.

Ils  sont en constante mobilité.

Ah! J’oubliais : ils viennent en même temps que la foire agricole. C’est là qu’on juge de la qualité des vaches de reproduction. Il y a aussi des courses de tracteurs qui traînent des charges, de la barbe à papa, des hot-dogs à vapeur. De temps en temps, pour faire comme avant, on vous invite à lorgner un monstre dans un bocal. La dernière fois que j’y suis allé, je crois que c’était un fœtus difforme. Mais ça ne doit plus exister. Et puis, il devait être en caoutchouc…

En fait, oui. Qui nous dit que le «monstre» n’est pas en caoutchouc et que le formol n’est pas qu’une eau sale, parce que les granules en suspension sont factices ?

Bon!

On se croirait en politique.

De l’aquarelle à l’huile

C’était  Noël pour le PLC :  la grappe de raisins rouges venait  de dépister  une tige à laquelle s’accrocher : Michael Ignatieff. Du vert et du  rouge..

Le peu de lustre de Stéphane Dion a fait s’effacer l’aquarelle, cette image quasi soluble dans l’eau. On voulait de l’huile… Pour que tout baigne.

M.Dion n’aura été qu’un bout de corridor dans le château griffé du PLC.

Qui veut d’un corridor ?  Certainement pas un parti aussi émaillé  de candélabres, et qui se prend pour la limousine de la politique.

Plus ça va, plus les sondages font approcher le parti conservateur vers une majorité. Nous risquons de tourner à droite, à droite, à droite, ce qui fait que nous tournerons sûrement en rond.

M. Ignatieff est, comme tous les autres, une  décalcomanie. (procédé de transposition sur une surface, d’images dessinées sur un support de papier.)

Et de décalcomanie en décalcomanie,   se perpétue  les ornements de figurines qui broderont les murs du parlement d’Ottawa. Rien de plus.  Car la démocratie bip-artiste ne sert plus qu’aux politiciens.

Nous avons le choix entre  le ketchup et le fromage bleu.

Le menu est…menu.

Virginie, version allongée.

Je ne regarde pas le téléroman Virginie. Je vois, en passant, les pubs. Et c’est assez…

Ce que je perçois dans toutes les démocraties des pays occidentaux est que la politique est tellement occupée à la politique, que les pays sont en train de crouler sous un amas de discours, d’avocasseries, de luttes internes, et d’un bouquet de rats qui ont peaufiné la magouille jusqu’au point de rupture.

Les héros ne sont plus que les héros de leur propre parti. Le peuple est accessoire…

L’action, elle-même, est obligatoirement accessoire puisque les luttes grugent toutes les énergies.

En ce sens – et c’est la maladie de toutes les organisations hyper-hiérarchisées – l’inefficacité est flagrante : le réel travail, et la «production» ne se font pas. Les partis politiques sont sourds : ils n’écoutent pas les analystes et les «intellectuels». Ce sont des lutteurs dans la boue…

Ils ne savent pas, où ne veulent pas savoir, ce qui se passe réellement pour  trouver des solutions aux problèmes. Ni les constats flagrants…

Peut-être en sommes nous rendus à un point de rupture où les rapports complexes n’ont plus l’outil qu’il faut pour dégraisser et débarbouiller nos sociétés?

Il y a un grave problème de pollution et les sites d’enfouissement sont à leur capacité maximale « d’avalement».

Saturés.

Le peuple est saturé.

Le refrain de  La chanson de geste

«Dans les chansons de geste seule la classe féodale est mise en scène. Le héros épique est un chevalier doué d’une force surhumaine, capable d’endurer toutes sortes de souffrances physiques ou morales. Exemplaire par sa fidélité à son seigneur, il est élu pour sa perfection et représente toujours une collectivité dont l’existence est en jeu. (…) Les autres personnages ont des rôles définis : ami confident, traître, ennemi, lâche, etc. Ils sont dans le récit pour souligner davantage l’héroïsme et les vertus du héros principal.» (Wikipedia)

Entre 1050 et 1150.

Par chance qu’on a inventé la montre Timex pour nous indiquer que nous avions changé d’heure. On se croirait en 2009. Mais il est toujours 10h10.

On est sans cesse  à la recherche du héros, d’un CV musclé, et vertueux, si possible.

Le parti libéral s’équipe d’un véhicule hybride

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Une sirène (en grec ancien Σειρήν / Seirến,  est une créature mythologique hybride : mi-femme et mi-oiseau (tradition antique) ou mi-femme et mi-poisson (tradition médiévale).

M. Ignatieff se vante rituellement que ses grands-parents sont enterrés dans les Cantons-de-l’Est…

Belle façon de nous séduire! Nous sommes canadiens, pas canins… Les vieux os sont sans grand intérêt pour le futur d’un pays.  Le parti libéral s’est outillé d’une sirène, cette femme attrayante du haut du corps, mais revêtue d’écailles dans les parties qui permettraient de reproduire autre chose que des désirs inassouvis.

Le tronc est appétissant, mais le reste est douteux. Car M. Ignatieff, n’est pas aussi limpide  qu’il le  semble à prime abord.

«Michael est comme un iceberg, les neuf dixièmes sont  sous la surface », dit un ami qui le connaît depuis l’adolescence. (…) Ce iceberg veut être le prochain premier ministre, donc qu’est ce qui dort en dessous  – pourquoi, par  exemple, dit-il  qu’il ne veut pas blesser les autres et pourtant c’est ce qu’il a fait très souvent dans le passé – ce qui serait important de savoir» ( Traduction de l’auteur)

. Being Michael Ignatieff,

Au delà de la «figurine» de caoutchouc enfermé dans son bocal de la grande foire des la politique, il y a un liquide embrouillé comme dans toutes les démocraties décadentes actuelles.

Si la démocratie continue de cultiver la minceur, cette anorexie nous mènera à la mort du concept même de démocratie. Car la manière actuelle de la politique commence à faire vomir le citoyen et à l’amaigrir. Un oiseau d’Harvard? Les oiseaux trop bien plumés n’ont peut-être pas de chair…

Dans le premier Elvis Gratton, on vendait aux touristes des oiseaux fabriqués avec des carcasses de rats et plumés… Avec une belle histoire concernant les amours des mâles et des femelles.

Nous en sommes là.

Grande roue

Being Michael Ignatieff,   Globe and Mail. Michael Valpy.

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Ignatieff, le faux Québécois

Pour une fois, je suis d’accord avec Lysiane Gagnon de La Presse qui a dénoncé, comme je l’ai fait la semaine dernière, la complaisance et l’inculture politique qui prévalent à la populaire émission Tout le monde en parle.
Après avoir invité deux ministres libéraux provinciaux de la semaine dernière, on avait déroulé le tapis rouge, dimanche dernier, pour le chef du PLC, Michael Ignatieff, celui-là même qui tente actuellement de séduire les Québécois avec ses belles paroles. A beau mentir qui vient de loin, car il ne faut pas oublier que celui qui ne parle plus que de ses « racines » québécoises est né et a étudié à Toronto avant de s’exiler pendant 35 ans en Angleterre et aux États-Unis.
C’est dire à quel point il connaît très mal le Québec d’hier et d’aujourd’hui.
Celui qui a écrit des pages vitrioliques contre le nationalisme québécois prétend aujourd’hui qu’il reconnaît la nation québécoise. L’équipe de thuriféraires de TLMP ne l’a évidemment pas mis en contradiction avec ses propres déclarations contradictoires. Oh que non !, on est ici pour s’amuser et laisser passer tous les mensonges que les invités nous débitent pour se « ploguer ».
Sauf, comme le souligne encore madame Gagnon, si on s’appelle Guy Fournier qu’on avait décidé d’exécuter sur la place publique. Pourtant, les propos scatologiques de M. Fournier sont de la petite bière comparés à ceux des hommes de pouvoir comme Ignatieff.
Bref, Ignatieff, la nouvelle idole libérale (en passant il admirait beaucoup le fascisant P.E. Trudeau) a démontré à quel point il est un beau parleur qui ne connaît presque rien du Québec. Il a peine à nommer cinq rues de Montréal, cinq premiers ministres québécois et cinq compagnies de chez nous ! C’est tout dire…
Et sur la question nationale, il sème la confusion avec ses phrases ambiguës. Il dit reconnaître
notre nation, mais au sein du peuple canadien, comme si les notions de nation et de peuple n’étaient pas similaires. On voit bien que sa conception ressemble à celle du melting pot américain où chacun perd à la longue sa spécificité pour se fondre dans une uniformité que nous redoutons tant. On n’a qu’à penser au sort des Cajuns de la Louisiane pour comprendre comment le nouveau chef libéral aimerait folkloriser le peuple québécois.
Et c’est Josée Legault qui nous rappelait récemment à quel point le charmant séducteur n’hésite jamais à se contredire. Celui qui se targue de reconnaître notre nation, refuse en effet de rouvrir la constitution canadienne à laquelle le Québec n’a jamais adhéré. N’écrivait-il pas en 1993:  » Si le Québec devient souverain, la voie serait ouverte à la tyrannie ethnique de la majorité francophone ».
Ignatieff a toujours été un fervent partisan d’un gouvernement central fort et il a aussi écrit que le nationalisme québécois était un risque pour la démocratie. Celui qui a combattu jadis la loi 101, appuyé la guerre en Irak dont les Québécois ne voulaient pas, a également été un partisan des « interrogatoires coercitifs », i.e. la torture, dans le conflit en Afghanistan.
En 2006, il y a à peine trois ans, il a déclaré à propos d’un raid israélien qui avait causé des dizaines de morts parmi les civils à Cana que « ça ne l’empêchait pas de dormir ».
God save the Queen, çà on s’en balance, mais que Dieu nous préserve de cet être aux propos diaboliques.

PIERRE SCHNEIDER

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