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Démagogie irresponsable.

Jared Lee Loughner

Par Philippe David

Je me dois de m’insurger devant l’irresponsabilité de divers chroniqueurs, journalistes et médias dans les heures et les jours qui ont suivi cette fusillade à Tuscon en Arizona ce weekend dernier. À peine l’assassin maitrisé que les accusations fusaient et que la récupération politique commençait. Rahm Emmanuel, conseiller du Président Obama a déjà déclaré dans une entrevue qu’il « ne fallait jamais gaspiller une crise ». Les journalistes et politiciens, autant aux États-Unis, qu’en France et ici au Québec, n’ont certainement pas perdu de temps. Il importait peu qu’ils ne savaient absolument rien de Jared Loughner. Après tout, la rigueur journalistique n’existe plus de nos jours. Il ne faut jamais laisser les faits polluer une bonne histoire. Si ça saigne, ça baigne! Et quelle fût la cible? Les républicains, les tea parties, Sarah Palin qui a osé « cibler » certains districts dont celui de Mme Giffords, cette méchante droite! Évidemment, tout était faux, mais c’est typique quand il s’agit de diaboliser la droite, tous les coups sont permis.

Qui est Jared Lee Loughner?

Nous savons maintenant que Jared Loughner ne s’associait pas aux tea parties, qu’il n’écoutait pas la Rush Limbaugh ou Glenn Beck, qu’il ne s’affiliait ni avec les républicains, ni les démocrates et que dans son profil Youtube, deux de ses livres préférés étaient « Le Manifeste Communiste » (qui est très à droite, on le sait) et « Mein Kampf », dont l’auteur, n’en déplaise à certains, se proclamait socialiste. Loughner a été renvoyé de de son école parce qu’il effrayait ses confrères de classe et ses professeurs. Ses voisins le décrivent comme un reclus et un solitaire.

En d’autre mots, Jared Loughner était certainement un psychopathe, mais il n’existe aucune évidence qu’il aurait été influencé ou motivé par les discours des « vilains droitistes ». Il était simplement un fou vivant dans sa propre réalité qui le faisait percevoir Gabrielle Giffords comme une menace qu’il fallait éliminer, et ce bien avant l’avènement du mouvement des tea parties et avant que la plupart d’entre nous ne sachent qui était Sarah Palin.

La rhétorique guerrière.

On a accusé des politiciens républicains et les tea parties d’utiliser une rhétorique guerrière et d’attiser un climat de haine envers le Président Obama et le gouvernement en général. Comme toujours, les journalistes ont la mémoire sélective et semblent avoir complètement oublié la rhétorique utilisée contre le Président Bush. On reproche à Sarah Palin d’utiliser des expressions comme « lock and load » et on oublie lorsque le Sénateur Obama avait utilisé la phrase « if they bring a knife to the fight, we’ll bring a gun », une expression typique de la ville de Chicago. En politique, ce genre d’expression est de bonne guerre, si je puis dire, aux États-Unis tout comme ici au Québec. Claudette Carbonneau n’a-t-elle pas déclaré la guerre à la droite récemment? Quant à ces démagogues qui depuis ce weekend répandent mensonges et calomnies, malgré l’évidence contraire, qu’ont-ils fait sinon attiser la haine?

Un Président à la hauteur.

Dans toute cette histoire, je me dois de lever mon chapeau au Président Obama qui a eu un comportement digne de sa position en demeurant au dessus de la mêlée comme le témoigne cet extrait de son discours:

« Bad things happen, and we must guard against simple explanations in the aftermath.

For the truth is that none of us can know exactly what triggered this vicious attack. None of us can know with any certainty what might have stopped those shots from being fired, or what thoughts lurked in the inner recesses of a violent man’s mind.

What we can’t do is use this tragedy as one more occasion to turn on one another. As we discuss these issues, let each of us do so with a good dose of humility. Rather than pointing fingers or assigning blame, let us use this occasion to expand our moral imaginations, to listen to each other more carefully, to sharpen our instincts for empathy, and remind ourselves of all the ways our hopes and dreams are bound together. […]

The loss of these wonderful people should make every one of us strive to be better in our private lives – to be better friends and neighbors, co-workers and parents. And if, as has been discussed in recent days, their deaths help usher in more civility in our public discourse, let’s remember that it is not because a simple lack of civility caused this tragedy but rather because only a more civil and honest public discourse can help us face up to our challenges as a nation, in a way that would make them proud. »


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