Archives de Tag: surconsommation

L’arnaque

Philippe David.

Il n’y a pas très longtemps, dans mon billet «Le pays de la responsabilité fiscale», je dépeignait un tableau plutôt alarmant de l’endettement des ménages au Canada. Dans sa chronique, Richard Martineau fait un constat similaire, tout en concluant:

La vérité est que nous sommes extrêmement mal placés pour faire la leçon aux gouvernements. Comme eux, nous dépensons trop, sommes beaucoup trop endettés et avons les yeux plus gros que la panse…

Jusqu’à un certain point, il a raison. Nous surconsommons et nous nous endettons pour le faire. Si nous sommes conséquents, nous reconnaitrons notre part de responsabilité dans la chose. Mais il existe tout de même une bonne explication pourquoi collectivement nous agissons ainsi. C’est parce que l’élite dirigeante le veut ainsi.

Pensez-y. Combien de fois entend-on les politiciens nous encourager à consommer pour faire tourner l’économie? Lorsque nous tombons en récession, ils sont là à nous dire: «Dépensez, dépensez, dépensez!» Cette mentalité provient de la croyance erronée que les récessions sont causée par une baisse de la demande agrégée et que nous devons absolument renflouer cette demande coûte que coûte. Les politiciens adorent ce genre de chose parce que ça leur permet de passer pour des héros avec leurs plans de relance. La réalité est que la reprise éventuelle dont ils s’accaparent le mérite aurait eu lieu de toute façon. Même qu’elle aurait probablement eu lieu plus tôt.

La seconde raison est que les taux d’intérêts sont artificiellement bas. Ils sont particulièrement bas présentement, mais ils ont presque toujours été plus bas qu’ils ne l’auraient normalement été si les banques centrales de ce monde cessaient de les manipuler pour «stimuler» l’économie. Cette stimulation artificielle par le crédit facile encourage justement l’endettement et décourage l’épargne. À quoi bon épargner si les taux d’intérêt sont dérisoires et que par opposition, le crédit est relativement peu coûteux? Dans un marché libre, les taux d’intérêt seraient fixés selon la disponibilité d’épargnes réelles pour financer les crédit, ce qui naturellement donnerait des taux plus élevés qui stimulerait l’épargne et limiterait la demande de crédit à ceux qui en ont vraiment besoin. En effet quel mal y a-t-il à économiser un peu avant de se payer quelque chose? Pourquoi doit-on essayer de tout avoir tout de suite? Si les taux d’intérêt étaient plus élevés, la question ne se poserait pas.

Est-ce que l’économie souffrirait si on changeait cette façon de faire? Il y aurait très certainement des répercussions à court-terme pendant que l’économie se réajuste, mais à long-terme, une économie fondée sur l’épargne aurait une base plus solide qu’une économie gonflée au crédit facile de l’argent créé à partir de rien. Nos politiciens, guidés par certains idiots avec des prix Nobel, croient que l’économie doit être constamment stimulée un peu comme un athlète qu’on pompe aux stéroïdes. Sauf qu’à la longue, l’athlète finit par claquer. Bientôt, il sera au bord de l’overdose.

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C’est le début d’un temps nouveau

L’avenir qui succédera à la grande dépression des années 2000 initiera le début d’un temps et d’un monde nouveau.

Un monde dans lequel la primauté de l’argent aura enfin disparu devant l’effondrement de la superstructure financière du capitalisme. Encore la semaine dernière, les chutes des Bourses et les hausses du chômage aux quatre coins de la planète laissent entrevoir des lendemains difficiles et pousseront encore plus vers une redéfinition totale de l’économie mondiale.

Un monde qui valorisera contre toute attente le facteur social dans la gestion des affaires socio-économiques. C’est ce que nous pouvons constater avec la nouvelle tournure socialisante de plusieurs pays occidentaux qui ne pavoisaient il n’y a pas si longtemps que par les privatisations et les déréglementations économiques généralisées.

Un monde où la propagande des fortunés n’aliénera plus les masses car ils auront perdu tout ascendant sur les destinés de l’Humanité après la déchéance de leur système unilatéral de valeurs basé sur le pécule à court terme.

Un monde dans lequel le bien-être de l’humain et la perpétuité de sa descendance dans un environnement viable redeviendront les enjeux principaux de tous.

Un monde qui nous permettra enfin de redevenir des êtres humains au lieu de simples automates sans cervelles programmés pour acheter des produits de consommation futiles comblant le néant de leurs existences dénuées de tout sens dans cet univers capitaliste.

En fait, le début d’une vraie Humanité consciente d’elle-même, des conséquences et des limites de ses actions ainsi que de la petite planète qu’elle occupe.

Jimmy St-Gelais
http://pourquedemainsoit.wordpress.com/

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Une crise économique salvatrice pour la planète?

La course du capitalisme mondial est effrénée. Comme une machine folle s’étant emballée, rien ne paraît pouvoir l’arrêter. La Chine et l’Inde embarquent dans la danse tandis que les richesses sont encore plus dilapidées, la terre polluée et que la surconsommation des uns fait contraste avec la pauvreté de plusieurs.

Comment stopper ou au moins mettre un frein à ce mouvement apparemment irréversible? Les États souverains ne peuvent s’y opposer et encore moins les groupes d’intérêts sociaux, humanitaires ou écologistes.

On en vient à souhaiter que ce système se saborde lui-même et jette par son inconsistance les fondements de sa propre chute.

La récession américaine à venir, la crise du crédit (subprime) et leurs répercussions sur le commerce et le système financier mondial pourraient éventuellement mener à une nouvelle grande dépression économique. La baisse de la demande du principal client des puissances économiques montantes en Orient n’épargnera pas ces dernières d’une baisse de leurs activités économiques.

Alors, pourquoi ne pas la désirer, cette crise? Cela forcerait les nations à opter pour de nouvelles méthodes d’allocation plus équitables des biens et des services, comme ce fut le cas dans les turbulentes années 30 du siècle dernier. On peut citer le New Deal aux États-Unis ou les politiques du Front Populaire en France.

On remettrait ainsi en question l’ordre économique mercantile mondialisé et favoriserait l’implantation d’une production locale et d’une consommation responsable moins axée sur la frivolité.

Les producteurs locaux seraient aussi avantagés car on ferait appel à leurs services au lieu d’importer de l’autre bout de la planète des produits dispendieux en coûts environnementaux et de transport.

De plus, cela est sans compter l’impact positif sur la préservation de l’écosystème et sur l’exploitation des ressources planétaires en conséquence d’une baisse de la consommation.

Il est vain de croire que la décroissance et la simplicité volontaire vont s’imposer par elles-mêmes sans un ébranlement de la structure économique actuelle. La situation économiquement difficile des futures années risque de réussir là où les bonnes intentions passées ont échoué.

L’Humain ne change pas par plaisir ou par grandeur d’âme, mais seulement lorsque le contexte l’impose.

Jimmy St-Gelais
http://pourquedemainsoit.wordpress.com/

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