10 février 2010

Paul versus Sarah

Jean Gagnon   Dossier Actualité économique

Depuis le dépôt du budget de l’administration Obama la semaine dernière, la question du déficit budgétaire et de ses conséquences à long terme sur l’économie américaine ont pris beaucoup de place dans l’actualité financière. Et pour cause. Il s’agit là d’une question épineuse, pas nécessairement facile à comprendre, et pour laquelle les opinions peuvent facilement différer.

Sarah Palin, l’ex-candidate à la vice-présidence américaine lors de l’élection de novembre 2008, a soulevé un enthousiasme délirant de la part d’une foule de partisans du sud des États-Unis samedi dernier à la réunion nationale du Tea Party. Elle tentait d’expliquer que la gestion budgétaire de l’administration actuelle allait mener les États-Unis tout droit à la faillite.

C’est que les États-Unis devront absorber un déficit gigantesque cette année, soit 1,3 trillions de dollars, et un autre probablement aussi grand l’an prochain.

Mme Palin évoque une croissance à outrance des dépenses du gouvernement, principalement les programmes de sauvetage du système financier, ainsi que les subventions aux entreprises et les programmes de relance économique pour expliquer les déficits. Elle, qui pourrait bien tenter sa chance à la prochaine élection présidentielle en 2012, exige entre autres choses la fin de ces programmes et la mise en place immédiatent d’une réduction des taxes pour tous les américains. 

Agenda politique

Paul Krugman, récipiendaire du Prix Nobel d’économie en 2009, n’est pas du tout de cet avis. Il qualifie d’hystérie tous les discours enflammés autour du déficit, et craint que cette attitude pousse le gouvernement dans la mauvaise direction.

Il ne faut pas mettre fin aux programmes de relance, mais les augmenter selon lui. Une des principales raison de l’augmentation du déficit est la crise économique elle-même qui sabre dans les revenus du gouvernement. La hausse sensible du taux de chômage réduit d’autant les recettes fiscales. Mettre fin aux programmes de relance et diminuer les dépenses du gouvernement ne feraient que décupler le problème.

Il serait suicidaire que le gouvernement se retire maintenant, selon Krugman. Plus l’économie est faible, plus le gouvernement doit être pro-actif.

Pour lui, l’hystérie autour du déficit n’est là qu’en fonction d’un agenda politique, celui du parti républicain. La complexité de la question du déficit fait en sorte que pour plusieurs, il devient difficile de départager entre le cynisme des uns et l’argument économique sérieux des autres.

Et ce qu’il y a de plus tragique, selon lui, c’est que cette hystérie du déficit gagne suffisamment d’adeptes et fait en sorte qu’à Washington on ne cherche plus qu’à couper quelques milliards de dépenses par-ci par-là et qu’on oublie de s’attaquer au vrai problème, celui de l’emploi. 

 

9 février 2010

Ma mobylette à l’oignon

Gaëtan Pelletier

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En remplacement, cette semaine, de François Marginean, présentement en Asie.

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Le cheval qui mange la pomme est pareil à l’arbre.
Ramtha, Enseignements choisis
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Dans l’Etat d’Oaxaca, au Sud du Mexique, des multinationales européennes tentent d’implanter de gigantesques fermes éoliennes pour compenser leurs émissions de CO2. Ces projets estampillés écologiques se font au détriment des populations locales et menacent leurs ressources alimentaires. Betina Cruz Velásquez raconte la résistance à ce néocolonialisme vert. Un exemple des dérives du business vert induit par le marché des droits à polluer. Quand le « développement vert » se transforme en néocolonianisme

Les athées qui prient

Il y a le vert Vert : ceux qui luttent contre les abus des gouvernements (gisements bitumineux, etc ), et le vert vert brun, ceux qui en profitent pour nous flibuster par la fibre sensible. Mais à grande échelle…

Et le vert recyclé par les gens au pouvoir comme carte de visite, comme si le X de votre vote était une clef dont ils veulent s’approprier pour entrer dans un parlement… Non prorogé…

Les intentions sont bonnes. En dernier recours, les athées se mettent à prier…

Je me méfie du Vert comme l’église de scientologie…

Les gazés de la bio : pas d’hélicoptère pour les restes  de table

On vient d’annoncer le projet biogaz de Rivière-du-Loup :

Selon M. Trépanier, des études démontrent que 50 % du contenu du bac à ordures est composé de matières organiques. Le mode de cueillette sera étendu à 11 des 12 municipalités de la MRC, excluant l’île Notre-Dame-des-Sept-Douleurs –  «où il aurait été compliqué de cueillir les déchets en hélicoptère», illustre M. Lagacé. C’est donc 33 000 citoyens qui seront mis à contribution. Une analyse des coûts par rapport aux bénéfices de différentes méthodes de collecte est en cours. Déchets transformés en biogaz, Marc Larouche

Je ne sais si vous avez cliqué sur le lien de ce Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, située sur  L’Île-Verte  où habitait le cinéaste Gilles Carle…

62 habitants.

Aller  chercher des restes de tables en hélicoptère…

C’est une idée… En plus, ça pourrait créer un emploi : un pilote. Peut-être deux… Un pilote qui sort de son hélicoptère pour ramasser des déchets, ça ne court pas les airs.

Je me prépare à me trafiquer  une mobylette qui roulera aux gaz-on, ( pelouse), aux pelures de pommes de terre, aux rognures d’oignons, aux cotons de rhubarbe, et peut-être aux feuilles mortes…

Fini les petites tomates-cerise pour madame…

Pour le projet de Rivière-du-Loup, j’ai consulté trois articles du même auteur :

22 novembre : 7.8$ millions

12 janvier :  15$ millions

On a sans doute oublié d’inclure un projet. Ou j’ai mal lu…

Ça  ne vous rappelle pas un certain  centre hospitalier de Montréal ?

Crédits carbone

Le gaz naturel produit pourra servir à chauffer des bâtiments, à produire de l’électricité ou comme carburant pour les véhicules. Dans ce dernier cas, il devra être purifié. «Nous allons nous servir avant tout le monde. Nous entendons convertir nos différents véhicules publics au biogaz», poursuit M. Lagacé. Plus encore, la conversion au biogaz permet d’aller chercher des crédits carbone, d’où un revenu supplémentaire.

Et on précise que cette « production » pourrait faire fonctionner l’usine F.F Soucy…. Qui doit réduire ses dépenses de 15$ millions…. Rationalisaton, F.F. Soucy

Si ce n’était que de rêver à Rivière-du-Loup, ça pourrait aller… Sauf que l’on est déjà en branlebas à Montréal pour ce genre d’opération : la course aux restes de tables, et tout ce qui peut se gazéifier.

J’ai bien dit « crédits carbone », car l’expression revient sans cesse. Ce concept vaporeux,  quasiment devenu une nouvelle pollution pour l’esprit. Et plus encore… À la fin, ce nouveau « moyen d’extorsion », est encore un revenu pour la classe spécialisée dans l’investissement et la bastonna de de paysans de sociétés peu ou mal organisées.

Si, ici, nous sommes bien organisés et avons le luxe de crier « Bingo » pour les niaises  opérations de charme, il n’en est pas de même dans les pays pauvres, ou le travailleur n’a pas de réel choix.

Manger pour demeurer en vie est différent de ne plus savoir que faire de ses restes de tables…

L’expérience mexicaine

Dans  Les hypothèques de tous les zapotèques , je faisais référence à cette nouvelle forme d’esclavage et de viol des terres, au nom du « vert » pour la nouvelle « devise » du crédit-carbone.

Ces entreprises, en collusion avec le gouvernement mexicain, manipulent les pauvres, pour la plupart des Indiens non-hispanophones de ma communauté, pour qu’ils signent des contrats de location. Ces contrats signifient en réalité l’abandon de leurs terres pour 30 ans. Un abandon compensé par des sommes ridiculement basses : les propriétaires Indiens reçoivent 150 pesos (environ huit euros) par hectare et par an. Ils reçoivent également un versement unique de 1000 pesos (environ 50 euros) quand ils signent le contrat. Ces accords ont été présentés à notre peuple en espagnol, alors que dans la plupart des cas les gens ne parlent que le zapotèque.

Ces accords sont également trompeurs parce que les firmes ont promis que les propriétaires pourraient continuer à cultiver leurs terres. Mais le contrat inclut comme restriction que les cultures de plus de deux mètres ne peuvent être plantées. Or le maïs peut pousser plus haut. De leur côté, les firmes n’ont aucune restriction dans leur utilisation de la terre. Les baux sont de 30 ans, mais ils peuvent être automatiquement renouvelés pour 30 années. Et seules les firmes peuvent mettre fin au contrat. Néocolonianisme et développement durable

Il s’agit d’éoliennes… Une autre « idée verte » ,  gérée par de grandes firmes qui n’ont pas de pays, mais bien des pauvres à soudoyer.

Et revoilà le roulement de tambour du CO2  et du crédit-carbone.

Ce projet s’intègre dans le marché des droits d’émissions de CO2 et peut générer des « crédits réduction certifiée des émissions ». Il bénéficiera ainsi de la vente de crédits carbone « d’une quantité totale de 600 000 tonnes d’émissions de CO2 évitées par an ».

Mais pas le droit de faire pousser des plantes de plus de deux mètres… Le maïs…

Les deux solitudes

Un peu insolite que dans certaines parties du monde on vend du gaz pour manger et que dans les sociétés « développées »  on vend ses restes de table pour faire du gaz. Et que les pauvres éparpillés finissent par se rejoindre dans un même et vaste projet : faire rouler une voiture,  une économie. Une économie pour qui?  Je vous laisse trouver la réponse…

J’ai comme l’impression que l’on cherche à calfeutrer le Titanic avec du chewing-gum. Car si quelqu’un s’attardait à nous fournir les vrais chiffres de la rentabilité finale de telles opérations, je crains que la balance du crédit et du débit se mette à trembler comme un épileptique sur une table d’acier.

Je ne suis pas économiste, mais si l’on calcule le développement accéléré de la Chine, de l’Inde, de l’Amérique latine, et de d’autres pays,  la faim de goûter aux excès – ajoutée aux malheurs des excès – indissociables  de la corruption encore plus boulimique,  de la complexité des relations État-Affaires, non seulement nous n’avons pas le temps de sortir du bois, mais il n’y aura plus de bois…

Mais moi je vais continuer de rouler en mobylette…

Comme dirait le gars de la voirie : ça ne tient pas  la route.

Ce que nous consommons n’est rien. C’est ce que l’on va consommer qui s’annonce  dangereux. Plus on alimentera la machine à consommer, plus elle aura besoin de …besoins. Mais, encore plus, de désirs…

Vivre de bateaux morts

Le plus bel exemple de recyclage est au Bengladesh.  Chittagong est le plus grand cimetière à bateaux au monde. Des pétroliers, des cargos et des paquebots aux dimensions titanesques sont échoués à perte de vue, d’un côté et de l’autre de la plage.

1$ par jour

Pas de gants, pas de souliers

1 blessé grave par jour

1 mort par semaine

Pourquoi cet exemple? Parce que cette industrie de l’acier est importante pour le pays.

On ne parle pas de restes de table… On brasse de grosses affaires :

Les informations ci-dessus sont basées sur les données de Fairplay weekly sales.
Fairplay signale que 469 navires ont étés vendus pour la casse entre le 1er mai 2001 et le 1er mai 2002. Ils ont été vendus pour un montant total de 936 millions de dollars. Les compagnies maritimes ont reçu un prix moyen de 2 millions de dollars par bateau vendu pour la casse. Le prix le plus bas payé pour un navire vendu pour la casse répertorié par Fairplay est de 0,15 million de dollars, le plus haut s’élève à 10,99 millions de dollars.

Fairplay ne couvre pas toutes les affaires de mise à la casse. Les ventes à la Turquie ne sont pour ainsi dire pas répertoriées. En plus des 80 vaisseaux vendus au Bangladesh (d’après Fairplay) 49 autres ont trouvé leur chemin vers ces plages (d’après les informations de l’association des casseurs du Bangladesh.). Le montant réel est donc probablement très supérieur à 936 millions de dollars et beaucoup plus élevé qu’un million de dollars. Greenpeace

On achète, on démantèle. Mais les coûts sociaux ne sont pas inventoriés – surtout à long terme – dans ces opérations. L’organisation, hélas!,  n’a aucune réglementation, n’offre aucuns avantages sociaux.

Pour nous : les restes de table

Pour le reste : les nègres  a- colores  couleur   de la mondialisation s’en occuperont.

Le poivre de Cayenne  rose

On peut bien nous jeter du « vert » aux yeux, mais dans une économie basée sur la « croissance ( limitless) », ce mouvement vert  ne sert  que trop souvent  à créer des Lazare et des clones de Lazare.  Voilà une file d’aveugles qui vous montrent le chemin de la réussite…

Au bout de la chaîne, le produit final se confond parfois à la victime.

Ce qui me rappelle la période pendant laquelle, enfant, j’ai passé un hiver en Abitibi dans un camp de bûcherons. Mon père était cuisinier. Après  chaque repas, il lançait les restes de table sur la neige à – 15 degrés.   Il en sortait un fumet étrange et quelques vapeurs qui dansaient dans l’air pour nourrir le cochon.

Je me suis longtemps demandé où était passé le cochon. Je dois me promener avec quelques atomes résiduels  de cochons de l’Abitibi depuis…

J’ai une grande méfiance envers les  cuisiniers de la mondialisation.

Plusieurs études sur les éoliennes[65] montrent que le nombre d’oiseaux tués par les éoliennes est négligeable par rapport au nombre qui meurt en raison d’autres activités humaines. Par exemple, au Royaume-Uni, où il y a quelques centaines d’éoliennes, il y a environ chaque année un oiseau tué par une éolienne et 10 millions par les voitures.

Wiki, Énergie Éolienne

Tiens! On fait des rapports en s’intéressant aux oiseaux.

Pas d’humains  en vue. Rien que des oiseaux…

Mais si les humains volaient, on continuerait de planter des éoliennes, consciencieux de compter les victimes.

Mais comme le dit la réplique d’un film : « Faut pas pleurer! ».

Non. Dans trois ans je roulerai à mobylette mue à l’oignon…

Politicien, déguisé par humilité, livrant ses subventions

8 février 2010

Le revenu garanti

La prochaine étape du développement social est un revenu garanti pour tous. La sécurité du travailleur ne doit plus dépendre d’un droit toujours précaire à son emploi, mais d’un droit que lui garantit la collectivité a un revenu ferme lié à sa compétence acquise. Ce revenu doit lui être garanti indépendamment des activités concrètes que le système peut juger opportun d’exiger de lui. C’est sa disponibilité qui doi être sa contribution.

Il est absurde que dans tous les pays développés il n’existe pas déjà un revenu annuel garanti pour tous. Absurde, parce qu’un revenu garanti est plus équitable, plus valorisant, et ne coûte pas plus cher, que le saupoudrage erratique d’assistances ponctuelles qui est offert présentement un peu partout. C’est une grande source de confusion, d’injustice et de frustrations que de s’en remettre à des douzaines de programmes de soutien au revenu et à l’emploi pour faire face à la crise actuelle et, plus généralement, pour vivre le passage d’une struture industrielle d’emplois vers une économie tertiaire.

Garantir le revenu ne coûte pas plus cher, puisque chaque pays développé, sous divers masques, assure déjà un minimum vital à toute sa population. Il le fait parce que l’éthique collective ne supporterait pas qu’on laisse mourir de soif au bord de la fontaine, mais aussi, plus cyniquement, parce qu’une société de consommation exige, pour le bien de ceux qui produisent – qui sont ceux qui ont le pouvoir – que la demande de ceux qui consomment soit maintenue effective.

L’argent est là et on en met beaucoup. Mais, en l’accordant sous forme d’aumône, d’une façon vexatoire et humiliante, notre société perd son argent (notre argent!) de trois façons. D’abord, on démotive et on marginalise ceux qui reçoivent cette assistance financière; ensuite, on augmente les coûts de distribution de ce revenu; enfin, on renonce à la richesse réelle considérable en biens et services que représenterait le produit du travail de tous ces travailleurs qu’on a laissés pour compte.


 Ce qui est absurde va bientôt devenir intolérable.

Non pas intolérable pour quelques-uns, mais intolérable pour vous, pour moi et pour tous, à la mesure de l’insécurité croissante que va introduire pour tous l’accélération de la transformation des méthodes et des modalités de travail. Aujourd’hui, avoir travaillé dix ans dans une activité programmable sans avoir été recyclé, c’est déjà vivre en sursis de chômage et jouir d’une chance inespérée. Demain, si nous voulons demeurer à la pointe du progrès, les méthodes de travail devront se transformer encore plus vite.

Le travailleur ne doit plus espérer exercer un même travail ni occuper une même fonction plus de dix ans; ce serait une contrainte insupportable pour le système de production. 

Au contraire, le travailleur doit se préparer à consacrer désormais 10% et bientôt 20% de sa vie active à la formation et, après chaque recyclage, il devra aller vers le poste le plus productif pour lequel il sera devenu le mieux qualifié. Un poste différent de celui qu’il aura quitté. C’est à ce prix que nous bâtirons le système de production le plus performant et que nous pourrons assurer au travailleur le meilleur niveau de vie.

Nous serons loin de la sécurité d’emploi, qui est un anachronisme. Il faut penser sécurité du revenu. Le travailleur n’acceptera de bon gré ces incessants changements de sa vie professionnelle que s’ils ne mettent pas en péril son revenu. Il aura bien raison, car ce n’est pas lui qui fixe les taux d’intérêts et qui établit les politiques fiscales et douanières. Ce n’est pas lui qui choisit les infrastructures à créer et qui privilégie ainsi une avenue de développement plutôt qu’une autre; ce n’est pas lui qui finance le développement technologique, qui évalue les besoins de main-d’oeuvre à tous les niveaux et qui planifie les programmes d’éducation et de formation.

Le travailleur n’a aucun contrôle sur toutes ces décisions qui font que l’offre et la demande de main-d’oeuvre s’ajustent ou ne s’ajustent pas. il est la victime innocente d’un jeu de hasard, une « loto du chômage » que la société est d’accord pour tolérer parce que, collectivement, nous en retirons l’avantage d’un progrès plus rapide. Le changement que nous vivons profite à tout le monde, c’est pour ça que nous invitons le changement.

Le système a choisi d’optimiser son rendement d’une façon brutale, en défenestrant sans avis les moins agiles et les malchanceux. Le sans-travail n’a pas à être pénalisé, encore moins culpabilisé… Pourquoi serait-ce sa responsabilité de porter le poids des ajustements et serait-il mis au chômage sans qu’on lui garantisse la continuité de son revenu?  C’est toute la collectivité qui doit assumer le coût du changement, pas l’individu.

On a prévu jusqu’à présent de petits filets pour ceux qu’on précipite dans le vide; maintenant que nous allons évoluer de plus en plus vite sur le trapèze du changement et du recyclage continu, à la vitesse qu’imposera le rythme de l’évolution des technologies, il y a fort à parier que TOUT LE MONDE, au cours des prochaines décennies, aura l’occasion de profiter de la solidarité collective le temps nécessaire à son recyclage.

Il faut donc cesser de parler avec condescendance des « chômeurs » et des « assistés sociaux ».  » There, but by the grace of God go I … » Il faut que chacun puisse en profiter sans subir de pertes matérielles et sans humiliation. Il faut mettre en place immédiatement un régime de revenu garanti.

À quel niveau de revenus? Au niveau, d’abord, qui correspond pour chacun à la valeur déjà établi du travail qu’il fournit. Au départ, il faut s’en tenir aux revenus qui découlent des normes du marché du travail actuel. Non pas que ces normes ne devraient pas être modifiées, elle le devraient certainement, mais parce qu’il ne faut surtout pas que la décision technique de remplacer une foule de paiements ponctuels par un revenu garanti se transforme en un débat sur l’opportunité de donner plus ou moins aux défavorisés. Ce débat paralyserait toute action.

Il faudra faire aussi ce débat sur le redistribution de la richesse, mais gardons-le soigneusement à l’écart de celui sur la mise en place du revenu-travail garanti.

Pierre JC Allard

N.B. :  Ce texte  s’inscrit dans dans une section du site Nouvelle Société qui traite du travail et de l’emploi.  Pour le mettre en contexte, on peut lire le texte précédent et le texte suivant.

7 février 2010

Yes, we can’t (2)

Yes, we can’t (2)

Yan Barcelo, 4 février 2010

Je poursuis cette semaine avec les changements législatifs, réglementaires et structuraux qu’il serait nécessaire d’effectuer pour s’assurer qu’une crise financière et économique comme celle qu’on a connue ne se reproduise pas.

Élargir la couverture réglementaire. – Dans l’univers financier, seules les banques commerciales sont soumises à une réglementation élaborée, quoique insuffisante. La crise nous fait constater que plusieurs autres joueurs non-réglementés ou faiblement réglementés, ce qu’on a appelé aux Etats-Unis le shadow banking, ont en fait une portée systémique : banques d’affaires, fonds de couverture, compagnies d’assurance, véhicules d’investissement hors-bilan (Special Investment Vehicles ou SIV).

Certes, une compagnie d’assurance comme AIG (qui était le plus grand assureur au monde avant la crise) est réglementée dans ses activités traditionnelles d’assurance-vie. Pour chaque contrat d’assurance qu’elle souscrit, elle est tenue par la loi de mettre de côté une réserve de capital à fructifier correspondant à un certain pourcentage du capital-vie assuré. Mais cette compagnie, sous le coup d’une prodigieuse myopie intellectuelle, et surtout d’une soif de l’or débridée, s’est aventurée dans le domaine des swaps sur défaut (credit default swaps), pensant qu’il s’agissait d’une activité semblable à ses opérations d’assurance courantes. Catastrophique erreur! Or, pour les contrats CDS qu’elle signait, la compagnie ne mettait de côté aucune provision de capital puisque aucune réglementation ne l’y obligeait!

Cette insuffisance réglementaire entraîne un fuite de l’activité financière vers les secteurs les plus opaques qui échappent le plus à toute supervision. Or, toute réglementation future devrait s’applique non seulement aux banques mais à toute institution financière non-bancaire de façon à éviter « l’arbitrage réglementaire » auquel se livrait les acteurs du shadow banking. « If it quacks like a bank, and walks like a bank, then regulate it like a bank ».

Cet élargissement réglementaire doit également être géographique et englober les notoires « paradis fiscaux ». Le jeu d’arbitrage fait en sorte que plusieurs des activités les plus spéculatives se réfugient dans ces havres à réglementation minimale où elles échappent à toute supervision.

Écraser le levier. – Que ce soit par de simples prêts hypothécaires ou des dérivés financiers de haute voltige, il faut empêcher l’endettement d’atteindre les proportions démesurées qu’il a atteint. Comment? En soumettant tous les acteurs financiers à des exigences de marge ou de collatéral exigeantes de l’ordre de 20%, 25%, même 50%, selon le niveau spéculatif de l’outil financier que le joueur s’apprête à manier.

Car, une autre faute fondamentale à la source de toute la débandade financière tient au fait qu’on n’a jamais imposé aux acteurs un frais de transaction qui réflétait de façon réaliste la vraie mesure de risque que portaient surtout les instruments de haute voltige.

Hausser les ratios de capital. – Les ratios de capital d’environ 8% qu’on exige aux banques sont insuffisants et doivent être revus à la hausse. (Au Canada, ces ratios sont de l’ordre de 12%). Il faudrait implanter un mécanisme, comme on l’a fait en Espagne, qui ferait garantirait que les banques accumulent plus de réserves quand l’économie va bien, quitte à fléchir sous le ratio quand les choses vont mal.

Rémunérer jusqu’à quelle altitude? – Non seulement la rémunération des acteurs financiers est-elle démesurée et liée à des profits à court terme, elle est manchote : excessive quand tout va bien, au pire zéro quand ça va mal. C’est un modèle à revoir. Et l’idée que met de l’avant Obama, c’est-à-dire simplement plafonner la rémunérations, n’est certainement pas satisfaisante. L’impératif est de lier tout bonus à la performance de entreprise à long terme. Ainsi, on peut envisager des bonis qui, au lieu d’être payés annuellement, s’accumuleraient dans un compte sur plusieurs années, rétrécissant ou croissant selon  les rendements à moyen et à long terme des actifs dont l’acteur financier a responsabilité.

 Mais toutes ces mesures que je mets de l’avant ci-haut ne sont que des cataplasmes dont la valeur curative demeure mince. Elles s’attaquent aux symptômes de la crise, aussi éclatants soient-ils, qu’il s’agisse des dérivés et de tous les produits structurés issus de la titrisation. Pour vraiment guérir la maladie spéculative qui étreint nos économies depuis plus de trois décennies, il faut intervenir plus profondément. C’est-à-dire, opérer des changements structuraux dans l’ordre monétaire, à l’échelle nationale et surtout à l’échelle internationale.

6 février 2010

Fallait que je vous le dise

Un million de visiteurs

Raymond Viger

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Aux petites heures du matin du 3 février, après 3 années de vie, mon blogue vient d’enregistrer son millionième visiteurs.

Merci pour le million

Merci à vous tous, fidèles internautes, pour votre présence, vos commentaires, vos liens RSS… Merci aux 7 du Québec qui ont participé à faire parti de cette réjouissance. Pour rendre cet événement encore plus intense, le millionième visiteurs arrivent la journée de ma million-visiteurs-merci-internautes-1000000-visites-blogs-bloguesfête!

Vitesse de croisière du blogue

Évidemment, la vitesse de croisière d’un blogue n’est pas linéaire. Le blogue n’a pas encore atteint sa pleine maturité. La vitesse de croisière  actuelle est de 750 000 visiteurs par année et il continue encore d’accélérer. Le blogue aura mis 3 ans pour atteindre son premier million. Le deuxième million devrait être atteint dans la prochaine année.

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Une accélération qui s’accélère

Parce que non seulement le blogue continue d’accélérer, mais son accélération continue d’augmenter! Au début le rythme de croissance du blogue était de 50% par année. Dans la dernière année, le blogue a doublé sa vitesse!

En route pour le 2e million!

Au plaisir d’avoir franchi le cap du million de visiteurs avec vous tous. Au plaisir de continuer à faire ce chemin vers le 2e million.

5 février 2010

La soumission tranquille

Par lutopium – Certains disent que la récente crise économique a été causée par une spéculation excessive, un manque de responsabilité des institutions financières, voire une certaine corruption. D’autres prétendent qu’elle a été causée par un interventionnisme démesuré des états occidentaux et de leurs banques centrales. Peu importe le diagnostic qu’on puisse en tirer, une chose est certaine : les citoyens québécois les moins fortunés et ceux de la classe moyenne seront les plus durement touchés par les réformes proposées par le gouvernement Charest qui profite de cet état de crise pour, dit-on, assainir les finances publiques.

De leur côté, les gens d’affaires ont la possibilité de se regrouper afin de faire pression sur le gouvernement et leur faire part de leurs revendications. Dans de telles situations, le moins qu’on puisse dire, c’est que les entrepreneurs et les gens les plus fortunés sont solidaires devant les solutions qu’ils préconisent. À l’unisson, grâce aux interventions des chambres de commerce, des lobbies économiques, des éditorialistes et des influences politiques au sein du Parti Libéral et du Parti Québécois; les plus riches d’entre nous refusent toute hausse d’impôt et toute modification à leurs avantages fiscaux. Pourtant, avec un peu d’effort et un sens de solidarité envers le Québec, les québécois les mieux nantis et les grandes entreprises pourraient facilement permettre à l’État de récupérer quelques milliards par année simplement en acceptant quelques resserrements sur certains avantages fiscaux (plafond des REERs, déductions sur la capital, subventions, etc…) et une indexation temporaire de l’impôt sur le revenu. Les derniers gouvernements ayant accepté de leur faire cadeau d’allègements fiscaux au cours de 20 dernières années, ils pourraient bien faire un petit effort, non?

Pour faire face à ce discours des riches québécois, des banques et des grandes entreprises, on pourrait espérer que les travailleurs cherchent à unir leurs efforts afin de faire valoir leurs droits et exprimer leurs revendications. Force est de constater que nous sommes divisés. Pire encore, certains d’entre nous – les travailleurs – sont devenus les meilleurs ambassadeurs des chambres de commerce et méritent un abonnement au St.James Club. On a qu’à visiter les blogues de la droite politique, écouter certains enragés des ondes radiophoniques ou lire quelques journalistes au discours populiste pour constater qu’une portion non-négligeable du « monde ordinaire » semble adhérer à des concepts de privatisation encore flous tout en blâmant les travailleurs de la fonction publique – des travailleurs comme eux – de tous les maux qui frappent l’organisation gouvernementale.

« Lors de la révolution de février 1848, les prolétaires sont des deux côtés de la barricade; la garde mobile, qui réprime au nom du pouvoir, est composée de très jeunes gens, souvent chômeurs. L’analyse de la situation permet de conclure à l’existence d’un lumpenproletariat, un sous-prolétariat prêt à se ranger du côté du pouvoir au gré des circonstances… » (source: Sylvie Aprile, historienne). Aujourd’hui, au Québec, les militants de la droite n’hésitent pas à endosser l’anti-syndicalisme d’un Pierre-Karl Péladeau, souhaitent la privatisation de ses hôpitaux et exigent la compétition entre les écoles! Lorsque la popularité de George W. Bush et du Parti Républicain semblait intouchable quelques mois avant l’élection de 2004, l’essayiste Thomas Frank a posé un constat fort intéressant sur ce phénomène :

Dans le comté le plus pauvres des États-Unis, situé dans les Grandes Plaines, Bush l’a emporté en 2000 avec plus de 80% des voix. En quoi consiste ce tour de prestidigitation qui voit les ouvriers acclamer ceux qui les martyrisent ? « Votez pour faire la nique à ces universitaires politiquement corrects et vous aurez la déréglementation de l’électricité. Votez pour résister au terrorisme et vous aurez la privatisation de la sécurité sociale. Votez pour interdire l’avortement et vous aurez une bonne réduction de l’impôt sur le capital. Votez pour que votre pays redevienne fort et vous aurez la décentralisation. » Et le tour, pas éventé pour l’instant, est joué. Plus on se révolte, plus on va à droite. La politique, c’est lorsque les habitants des petites villes regardent autour d’eux les dégâts causés par Wal-Mart puis décident de se lancer dans une croisade contre le darwinisme. Pour le Kansas profond, un type qui roule en Volvo est un gauchiste. Si en plus il mange des “ French fries ”, c’est le diable incarné!

Il n’y a pas si longtemps, les ouvriers n’hésitaient pas à unir leurs efforts pour équilibrer le rapport de forces avec le patronat. Selon ce qu’on peut voir ces jours-ci, le coup de poignard peut arriver de n’importe quelle direction… surtout de la droite… À suivre.

4 février 2010

L’économie en une leçon (2e partie)

Philippe David – Dossier Spécial: L’Économie en une leçon

Bienvenue à mon deuxième cours basé sur le livre « Economics in One Lesson » de Henry Hazlitt. Dans le premier cours, nous avons énoncé la leçon d’économie de Hazlitt, à savoir:

« The art of economics consists in looking not merely at the immediate but at the longer effects of any act or policy; it consists in tracing the consequences of that policy not merely for one group but for all groups. »

« L’art de l’économie consiste non seulement à regarder les effets immédiats, mais les effets à plus long terme d’une politique; ça consiste à retracer les conséquences de cette politique non-seulement pour un groupe, mais sur tous les groupes. »

Et nous l’avons appliquée pour déboulonner le mythe populaire que la destruction a un effet positif sur l’économie avec la fable de la « vitre cassée » de Frédéric Bastiat. Dans ce second chapitre, nous l’appliquerons aux soi-disant bienfaits des travaux publics.

Travaux publics = taxes.

S’il y a une équation que je veux que vous reteniez à la fin c’est ceci: Les travaux publics sont ultimement toujours financés par nos taxes. Il n’existe pas de mythe plus persistant que celui qui dit que les dépenses gouvernementales sont une panacée pour l’économie (Bastiat en avait même fait un petit essai – plus ça change plus c’est pareil). Est-ce que l’industrie privée est stagnante? Pas de problème! Il n’y a qu’a la subventionner. Il y a trop de chômage? Pas de problème! On va inventer des projets pour remettre le monde au travail. Les personnes qui voudront vous faire croire ça, les politiciens et les économistes à leur solde, essaieront de vous faire croire que le gouvernement peut dépenser, dépenser, dépenser à l’infini sans nous taxer plus. Sans vouloir les offenser, tout ça n’est que des contes de fées. La réalité est que tous les états qui, dans l’histoire, ont essayé de le faire ont sombré dans l’insolvabilité et l’hyper-inflation. Suffise de dire pour les besoins de cette leçon que chaque dollar de dépense publique doit éventuellement être recueilli par les taxes, que de porter cette échéance à plus tard par l’emprunt ne fait qu’exacerber le problème et que l’inflation causée par l’impression d’argent pour financer les déficits, elle-même n’est qu’une forme insidieuse de taxation.

Maintenant, il arrive fréquemment que ces travaux soient justifiés et nécessaires. Si ces travaux sont exécutés dans le but d’alléger la circulation, de remplacer des infrastructures vétustes, etc., je n’ai rien à redire. Mais si ces travaux sont faits dans le but spécifique de créer de l’emploi ou de « relancer l’économie » ou de créer de la richesse qui n’aurait pas existé autrement, je m’objecte. Lorsque l’objectif principal devient la création d’emploi, ces travaux prennent une toute autre dimension. À ce point, les dépenseurs de l’état ne pensent plus à ou une infrastructure doit être construite et pensent plutôt à où une infrastructure pourrait être construite. Qu’on aie vraiment besoin de cette infrastructure n’est plus un critère et on va même jusqu’à inventer des projets. Et plus ces projets sont inefficaces en termes d’utilisation de main d’œuvre, plus ils sont appropriés si le but est de créer des emplois. Après ça, doit-on être surpris que les travaux publics ne respectent jamais les budgets?

Supposons qu’on construit un pont et qu’il coûte 100 million$ à construire. On voit très bien les ouvriers à l’œuvre pour le construire et à la fin, nous voyons très bien le pont construit. Alors les avocats de ces travaux pointeront ces choses et diront « Voyez les emplois et la richesse que nous avons créé! » Mais si vous vous êtes entrainés à regarder au-delà des apparences, un tableau très différent se dessine. Pour chaque dollar dépensé sur ce pont, un dollar a été prélevé des poches du contribuable. Ultimement, chaque dollar dépensé provient de nos poches et nous empêche de le dépenser à des fins qui concordent avec nos préférences personnelles. Au final, chacun de ses dollars aurait autrement été dépensé ou investi dans l’économie vers d’autres projets qui auraient répondu à la demande des consommateurs. Ils auraient étés dépensés en denrées alimentaires, en vêtements, en appareils ménagers, en automobiles, ce qui aurait en retour entrainé la création d’autres biens pour les remplacer et ainsi de suite. Ça prend un peu d’imagination pour voir tout ce qui aurait pu être créé à la place de ce pont, n’est-ce pas? Ça prend également beaucoup d’imagination pour voir les emplois qui auraient autrement été créés pour fabriquer tous ces biens. Alors si vous usez du gros bon sens dont je sais que vous êtes capables, vous imaginerez peut-être que la construction de ce pont n’ajoute en réalité rien à la richesse, mais que c’est plutôt seulement une ré-allocation de richesse. Simplement un transfert de 100 million$ d’un secteur à un autre. Et vous aurez parfaitement raison. La construction de ce pont aura créé plus d’emplois dans l’industrie de la construction qu’il y en aurait eu autrement, mais seulement au prix de la destruction d’emplois dans d’autres secteurs. Il y aura plus d’emplois dans la construction, mais moins dans l’industrie manufacturière, en informatique, etc. Non seulement est-ce que nous déshabillons Paul pour habiller Pierre, mais dans ce petit jeux les politiciens et leur clique vous montreront fièrement Pierre ainsi habillé et s’empresseront de vous faire oublier Paul.

Les taxes découragent la production

Il y a une autre raison pour laquelle il est improbable que les dépenses gouvernementales créent suffisamment de richesse pour compenser la richesse détruite par les taxes. Ce n’est pas tout à fait aussi simple que de prendre l’argent d’une poche et de la mettre dans une autre. La réalité est que nous ne sommes pas tous taxés au même taux et que le plus grande part des taxes collectées ne proviennent que d’un très faible pourcentage de la population. Ces impôt affectent les actions de ceux qui les paient. Lorsqu’une entreprise perd 100 cents pour chaque dollar qu’elle perd, mais qu’elle ne peut conserver que 60 cents de chaque dollar qu’elle gagne et qu’elle ne peut pas compenser les années de pertes avec les années de gains, ses politiques seront affectées. Elle ne fera pas d’expansion, ou ne le fera que si le risque est limité. Les entrepreneurs qui reconnaissent cette situation peuvent décider de ne pas lancer d’entreprise. Donc les employeurs existants ne créent pas autant d’emplois qu’ils le feraient autrement et d’autres décideront de ne pas devenir employeurs. Les usines prennent plus de temps avant de se ré-équiper avec de la nouvelle machinerie, etc.

L’effet est le même pour les particuliers. Si un particulier doit travailler 6, 7 ou 8 mois par année pour le gouvernement et seulement 4,5,6 mois pour sa famille, Il pourrait être découragé de produire plus, sachant que la plus grande part de ce supplément s’évaporera en impôts. Ils décideront aussi que ça ne vaut pas la peine de prendre de risques dans leurs investissements, ce qui limitera le capital disponible pour financer des entreprises.

Un certain montant d’impôt doit nécessairement être perçu pour assurer le fonctionnement de l’état, mais quand l’impôt devient excessif, il décourage l’investissement et la production de façon à causer le problème de chômage qu’on tente de résoudre.

Conclusion.

Si on regarde au-delà de ce qui est immédiatement apparent et qu’on examine les conséquences secondaires, on se rend vite compte que les dépenses gouvernementales ne sont pas aussi créatrices d’emploi et de richesse que certains voudraient nous faire croire. Il est certain que certaines de ces dépenses sont nécessaires, mais lorsque ces dépenses doivent servir à la création d’emploi ou à la relance de l’économie, ne vous laissez bas berner. D’ailleurs, c’est un secret de polichinelle que les gouvernement ont une culture de dilapidation qui fait que tout ce qu’ils font nous coûte plus cher.

3 février 2010

Ce que ça peut changer rapidement

Jean Gagnon   Dossier Actualité économique

Les choses semblaient aller tellement mieux à la fin de l’année 2009, que l’on avait presque l’impression de sortir d’un mauvais rêve. L’économie s’était relevée, disait-on. La croissance économique américaine pour le quatrième trimestre allait en surprendre plus d’un, semblait-il. Même qu’il devenait nécessaire de penser au moment approprié pour remonter les taux d’intérêt.

La croissance économique du dernier trimestre n’a pas déçu, même qu’elle a été supérieure aux prévisions. Les économistes tablaient sur une augmentation du PIB réel d’environ 3,5 %, mais le premier estimé publié la semaine dernière a plutôt révélé une hausse de 5,7 %.

Mais ceux qui examinent à fond ces données, tel le service des Études économiques de Desjardins, ont été vite refroidis. “ Les sources de cette croissance ne sont pas généralisées et elles sont surtout issues des mesures gouvernementales de relance et du renversement de la correction des stocks et non d’une hausse robuste de la demande intérieure privée “, disent les économistes de Desjardins.

Et d’autres problèmes sont soudainement apparus. La solvabilité de la Grèce est revenue à l’avant-plan de l’actualité. La Chine a commencé à opérer un resserrement des conditions économiques en annonçant un relèvement des réserves que doivent maintenir les banques chinoises, ce qui se traduira par moins de prêts aux entrepreneurs chinois, donc moins d’achats de matières premières aux États-Unis, ainsi qu’au Canada, bien sûr. Et aux États-Unis, l’administration Obama doit se débattre avec la perte de sa majorité au Sénat et une réforme bancaire qui peine à prendre forme et qui mine la crédibilité des dirigeants.

La preuve inexorable que les conditions économiques sont en train de changer pour le pire, la bourse américaine a été plombée de 4,2 % en seulement trois jours, et ce même avec l’annonce de l’étonnante croissance du PIB.

Revoir les prévisions pour 2010

Il faut donc revoir les perspectives économiques de 2010. Paul Krugman, le récipiendaire du prix Nobel d’économie l’an dernier répète que de nouveaux programmes de relance des gouvernements seront nécessaires pour maintenir à flot l’économie et pour éviter que le taux de chômage n’augmente encore plus. Mais la situation budgétaire des gouvernements, tous aux prises avec des déficits records, le permettra-t-elle ? Poser la question, c’est y répondre.

Une chose est sûr, les taux d’intérêt demeureront très bas. C’est du moins ce que pense Desjardins. Pour les États-Unis, ils disent:” L’économie demeure trop fragile pour supporter en resserrement de la politique monétaire. Le chômage élevé, les difficultés du crédit et la décélération prévue de l’inflation de base font qu’une augmentation des taux directeurs n’est pas prévue avant 2011”.

Et au Canada, pas de hausse avant au moins le dernier trimestre, selon Desjardins.

 

2 février 2010

Gouvernements et politiques pour et par les intérêts financiers privés

Ploutocratie n. f. (gr. Ploutos, richesse, et kratos, pouvoir). Gouvernement où le pouvoir appartient aux classes riches.

Fascisme n. m. (it. Fascismo). Régime établi en Italie de 1922 à 1945, fondé par Mussolini sur la dictature d’un parti unique, l’exaltation nationaliste et le corporatisme. Doctrine et pratiques visant à établir un régime hiérarchisé et totalitaire.

A/H1N1, l’OMS & les compagnies pharmaceutiques

Absolument incroyable, mais parfaitement prévisible. Les compagnies pharmaceutiques ont manipulé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour abaisser sa définition d’une pandémie afin qu’ils puissent profiter financièrement de la propagation de la grippe porcine. La charge provient d’une audience d’enquête du Conseil d’Europe sur la manière dont la « pandémie » a été gérée et est, par ailleurs, fortement rejetée par l’OMS.

Les critères pour déclarer une pandémie d’influenza H1N1 ont été modifiés à la baisse tout juste quelques semaines avant que l’OMS annonce qu’il y avait une pandémie à l’échelle de la planète.

Les critiques soutiennent que cette décision a été le résultat de l’influence des compagnies pharmaceutiques, désespérées de rentabiliser les milliards de dollars qu’elles avaient investi dans la recherche et le développement de vaccins contre-pandémies après la peur de la grippe aviaire de 2006 et 2007.

La conséquence est que des millions de personnes ont été vaccinées contre une maladie bien bénigne; et cet argent aurait pu être utilisé pour traiter et aider des gens dans le besoin. Seulement qu’au Québec, cette fausse campagne contre le A/H1N1 nous aura coûté plus de 200 millions de dollars.

La grippe saisonnière tue annuellement entre 250 000 et 500 000 personnes, en moyenne. La grippe du A/H1N1 a tué jusqu’à date 14 000 personnes dans le monde. Pandémie? Mortelle?

Les gouvernements tentent maintenant de se débarrasser de leurs vaccins qu’ils avaient commandés durant la vague d’hystérie et certains sont mêmes à considérer de les donner!

Un scientifique travaillant pour l’OMS a témoigné durant les audiences européennes menées à Strasbourg, en France, que la pandémie faisait partie d’une campagne d’angoisse exagérée, en collusion avec de majeures compagnies pharmaceutiques pour augmenter les profits pour les manufacturiers de vaccins.

Fin de la république des États-Unis

Les corporations peuvent maintenant acheter les politiciens légalement aux États-Unis. Un jugement rendu par la Cour suprême des États-Unis autorise maintenant les corporations de financer autant qu’elles le désirent, sans aucune limite, les politiciens à Washington. On vient tout simplement légaliser l’achat de la politique par le secteur privé. Le contrôle du pays et de la politique passe ainsi à des compagnies privées. En d’autres mots, les compagnies viennent de recevoir le statut de « personne naturelle », comme nous possédons. Donc, une entité fictive, une corporation, qui est immortelle qui et peut posséder des moyens infiniment plus puissants que ceux d’un homme ou d’une femme en chair en os comme vous et moi, peuvent maintenant utiliser leurs moyens pour influencer et financer la politique des États-Unis.

C’est la fin des États-Unis. Et c’est le début du fascisme pur et simple. Mussolini définissait le fascisme exactement de cette façon: l’union, la fusion du gouvernement avec les corporations.

En réalité, ça fait des années que le secteur privé, le complexe militaro-industriel, le secteur bancaire et financier, contrôlent les États-Unis de facto. Maintenant, c’est officialisé, légalisé, directement dans notre visage.

Bienvenue dans cette nouvelle ère de la montée officielle du fascisme en puissance.

Pendant ce temps, à Guantanamo…

La Cour a décidé, encore aux États-Unis, que les détenus à Guantanamo ne sont pas des « personnes », sous la loi américaine.

Mais les corporations le sont!?!?!?!

Les passagers aériens n’ont « aucun droit » de refuser les scanners corporels en Angleterre

Les passagers voulant voyager par avion n’auront aucun droit de refuser les fouilles virtuelles par scanner corporel lorsque ces appareils seront introduits à l’aéroport de Heathrow la semaine prochaine, ont confirmé des ministres. L’option de subir une fouille corporelle à la main telle qu’offerte dans les aéroports américains ne sera pas disponible en Angleterre; ce qui constitue une brèche béante dans le droit à la vie privée sous l’Acte des Droits Humains.

Haïti et le racket de la protection occidentale et corporative

Pour chaque dollar des payeurs de taxes que le gouvernement américain a décidé de déployer pour aider Haïti, seulement environ 1 cent est pour Haïti. Pour chaque dollar d’aide humanitaire que les Américains dépensent, 40 cents vont à l’appareil militaire US, payer pour la sécurité, les recherches et les équipes de secours, incluant le navire hôpital de la Navy USNS Comfort. Un autre 36 cents va au financement de l’assistance d’urgence de la US AID. Uniquement 10 cents ont déjà été dépensés pour de la nourriture.

Le président vénézuelien Hugo Chavez a annoncé qu’il effaçait la dette qu’Haïti avait encourue envers le Vénézuela pour du pétrole.

Il demeure que selon les informations disponibles, Haïti dispose de réserves de pétrole encore plus importantes que le Vénézuela, ainsi que de l’or et de l’iridium. Les compagnies minières attendaient un bon prétexte pour pouvoir mettre le pied sur l’île depuis quelques années déjà. Cela explique peut-être l’occupation/invasion de cette nation par les forces de l’ONU et des États-Unis. L’Union Européenne va aussi envoyer sa police à Port-au-Prince.

Les troupes des Nations Unies ont par ailleurs utilisé du poivre de Cayenne contre une foule d’Haïtiens affamés qui faisaient la queue pour recevoir de la nourriture dans le camps monté sur la place présidentielle. « Ils ne sont pas violents, seulement que désespérés. Ils ne veulent que manger » a déclaré Fernando Soares, un colonel de l’armée brésilienne. « Le problème est qu’il n’y a pas assez de nourriture pour tout le monde ».

Et voilà pour les opérations de relations publiques et de photos montrant l’armée US distribuant de la nourriture et du réconfort pour les gens désespérés. Cette occupation n’est qu’une main mise militaire sur Haïti ultimement pour le profit corporatif provenant des riches ressources en pétrole, or et autres minéraux.

Conclusion

Allons-nous, collectivement, avoir la sagesse et le courage de reconnaître la face de bête, maintenant qu’elle montre son visage sous différentes formes dans notre réalité; ou allons-nous ignorer les signes des temps comme l’ont fait les Allemands, les Italiens et le reste de la communauté internationales il y a quelques générations à peine, par indifférence et naïveté?

Les yeux de l’Histoire sont rivés sur nous…

François Marginean

1 février 2010

La bonne conscience

On parle de criminalité, d’un dérapage de l’éthique, du prix de bâtir de nouvelles prisons… mais on évite toujours soigneusement l’élement le plus important. La première condition de la sécurité publique, c’est un soutien inconditionnel de la loi qui n’est possible que si une majorité effective de la population croit que la loi est juste.

Ceci est encore plus vrai au sein d’une démocratie: le citoyen moyen a besoin de se sentir dans son bon droit. Il se veut du côté des anges et l’ordre n’est maintenu que s’il existe un large consensus quant à la légitimité du pouvoir et quant à l’équité fondamentale de la loi. Ce consensus est le basilaire, le palier “0″ sur lequel on peut construire l’édifice de la sécurité publique.

Dans la société actuelle, les assises du basilaire sont lézardées et ce soutien inconditionnel n’existe plus, pour deux (2) raisons fondamentales. La première, c’est que notre société est gérée par un système dont les règles sont perçues intuitivement comme iniques puisqu’elles mènent à des injustices intolérables et croissantes. Dans le contexte de misère qui prévaut presque partout, il n’est plus toujours évident de déterminer qui, du “criminel” ou de la société, a le bon droit de son côté. Doit-on faire trébucher l’enfant qui fuit avec un quignon de pain ou le gendarme qui le poursuit ? Ce dilemme est une réalité quotidienne dans les marchés publics des trois-quarts des villes du monde.

Ce n’est qu’un exemple entre mille. Comment demander au citoyen moyen d’être ABSOLUMENT contre le vol, s’il y a des millions d’individus dans la société pour qui le vol est l’unique accès aux besoins essentiels à leur survie? Notre société a bien raison d’avoir mauvaise conscience, parce qu’elle ne fait pas ce qu’elle devrait faire pour assurer droits, gîte, couvert, services et espoirs à tout le monde.

Parce qu’elle ne le fait pas, on ne peut lui reconnaître le droit moral ABSOLU de sévir contre ceux qui transgressent la loi, puisqu’il en est qui ne le font que pour en pallier les criantes injustices. Le mot-clef, ici, est “absolument”. Aussi longtemps que les conditions sont telles que la société et ses lois ne sont pas perçues comme absolument justes, le droit moral absolu pour une société de faire respecter ses lois est remis en question et cède la place à une casuistique.

Nul ne sachant plus très bien si chapardeurs, fraudeurs d’impôts, travailleurs au noir et contestataires n’ont pas le bon droit de leur côté, chacun s’arroge le droit de décider au cas par cas du soutien qu’il doit accorder à la loi. Comment intervenir si on ne sait plus qui a tort de celui qui s’enfuit ou de celui qui le pourchasse, que ce dernier, d’ailleurs, porte ou non un uniforme ?

Quand on entre dans le champ de la casuistique, on ne peut attendre du citoyen le soutien inconditionnel de la loi. Il en prend et il en laisse. Comme il laisse tout ce pan de la loi qui s’attaque aux “crimes sans victimes” et qu’il accueille avec une immense tolérance les écarts à toutes les prohibitions qui voudraient interdire à des adultes des choix qui ne concernent qu’eux.

La première lézarde dans les assises de la loi est l’iniquité de la société qui transparaît dans la misère qu’elle crée; la deuxième est l’ingérence indue de la loi dans des domaines où elle apparaît si bête qu’on ne peut que penser qu’elle sert des intérêts sordides. La population a mauvaise conscience et ne soutient plus la loi. Parce qu’elle ne la soutient plus, la sécurité publique semble devenir la seule responsabilité des professionnels de la police et du droit, ce qui fait peu à peu de ceux-ci un élément étranger dans le corps social.

Cette absence de complicité entre les citoyens ordinaires et ceux qui doivent assurer l’ordre est le premier pas vers la fin de la démocratie. Une sécurité publique qui n’est plus l’affaire de tous n’apporte plus la sécurité qu’on voudrait. La population a peur et, de plus en plus, doute de la capacité même de l’État à faire respecter la loi. Pourquoi ceux dont c’est le rôle de protéger la société, résisteraient-ils à la tentation de la corruption, quand le système qui régit la société semble gérer une opération de rapine institutionnalisée?

Si ceux dont c’est la mission de maintenir la sécurité publique ne peuvent plus avoir la conviction d’être du côté du bien, pourquoi ne participeraient-ils pas à la curée en utilisant le pouvoir dont ils disposent? Dans l’imaginaire populaire, les politiciens deviennent corrompus, les gestionnaires vénaux, les policiers pourris et ce n’est plus de la société que vient la protection: la justice est trop lente et trop faible.

Cela conduit à la recherche de solutions de rechanges: port d’armes, gardes privés, villes murées. Les modèles d’imitation changent. Les héros de la télévision sont les justiciers privés: les policiers et militaires qui défient le système et font triompher la justice MALGRÉ les ordres reçus. Cela conduit aussi à une mutation des valeurs, celles-ci s’accommodant d’une nouvelle réalité qui n’est plus tout à fait celle d’un État de droit.

Une part croissante de la population, aujourd’hui, ne fait plus confiance à la police ni aux tribunaux. Il n’existe donc plus de solidarité active contre les éléments criminels dynamiques, gangs et mafias de tout genre, pour qui le désordre est une opportunité. L’État de droit n’est plus soutenu que du bout des lèvres et, sans nous en rendre compte, nous allons ainsi droit vers un dilemme entre fascisme et anarchie.

Un système de sécurité publique ne peut fonctionner correctement dans une démocratie que si tous les citoyens ont bonne conscience, sont essentiellement d’accord avec la loi et se sentent solidaires des gestes posés pour assurer son application. Une société doit inspirer le respect et ses lois doivent jouir d’un soutien inconditionnel. C’est à ces conditions qu’une société, dès lors perçue comme légitime, peut mettre en place une structure efficace de maintien de la sécurité publique.

Ce soutien inconditionnel de la loi exige deux conditions. D’abord, que les lois expriment une volonté collective de justice conforme à la morale des citoyens; le crime, n’étant plus jamais nécessaire, peut et doit toujours être perçu comme odieux. Ensuite, que la loi, se bornant à interdire ce qui porte atteinte aux droits et à la liberté ne se discrédite plus en consacrant la plus grande partie de ses ressources à imposer des prohibitions futiles. On ne peut respecter une loi qui s’attaque en priorité à la culture du pavot plutôt qu’au viol des enfants.

Pierre JC Allard