9 novembre 2009

Une Régie autonome de l’Information

Vivre en société a permis à l’homme la division du travail et l’apprentissage en commun: les deux grands pas en avant qui ont accéléré son évolution. La condition essentielle de cette évolution a été la diffusion de l’information. L’information est le sang d’une société, la communication sa circulation. Une société a un besoin essentiel d’information qui va croissant au rythme où le changement s’y accélère et où les échanges s’y multiplient.

On communique, dans une société, mais émetteurs et récepteurs ne sont pas sur un pied d’égalité. L’auditeur ne peut toujours écouter qu’un seul message à la fois, mais le locuteur peut s’adresser à plusieurs, ce qui est bien utile pour l’ordre et le développement de l’autorité; celui qui parle à le pouvoir et c’est celui qui a le pouvoir qu’on écoute.

Les moyens modernes de communication, cependant, ont tant exacerbé cette inégalité entre la capacité de dire et d’entendre que le citoyen moderne se contente souvent d’écouter. « Informer » — qui est une source cruciale du pouvoir — a été récupéré politiquement par l’État pour devenir propagande et par la structure économique dominante pour devenir publicité. Une situation qui n’est idéale ni pour la propagation des connaissances et donc le progrès de l’humanité ni, surtout, pour l’exercice honnête de cette forme de gouvernance qu’on appelle démocratie.

Elle est Idéale, toutefois, pour l’exercice d’une forme autoritaire de gouvernance. Celle qui peut reposer sur la manipulation de l’information et qui permet donc de respecter la forme extérieure de la démocratie, sans que les citoyens ne s’écartent jamais des choix qu’on veut qu’ils fassent, puisque ces choix sont les seuls qu’ils puissent raisonnablement faire à partir de la vision du monde qu’on leur a transmise.

C’est ce système de démocratie « médiatique » qui prévaut dans nos sociétés occidentales. Cette forme efficace de gouvernance a été compromise par l’avènement de l’Internet qui passe le micro à tout le monde. Le doute s’est installé. Ainsi, le résultat des récentes élections municipales à Montréal, qui a reconduit au pouvoir une administration qui sue la corruption par tous ses pores. Une remise en question s’impose.

L’explication rassurante de ce qui s’est passé à Montréal est qu’il ne s »agit que d’un vice de fonctionnement : les voix du bien contre le mal se sont divisées et un scrutin à deux tours aurait résolu ce problème. Vous croyez ? Peut-être, mais il y a une explication plus brutale. Celle que la population voit le processus démocratique comme une manipulation, ne CROIT plus à la démocratie … et ne vote plus. C’est hélas le raisonnement que semblent avoit fait plus de 60% des électeurs

Le système peut réagir à ce défi par un contrôle plus strict de l’information, ou par une gestion plus pointue des réactions à la transparence. Dans le premier cas, il faut une censure de plus en plus difficile à exercer et une montée progressive de l’autoritarisme. Dans le second, une pression est simplement exercée sur l’interprétation des faits, ce qui équivaut à une transformation ciblée, plus ou moins subtile, des critères éthiques eux-mêmes. Je ne porte pas de jugement sur la valeur morale de cette option.

Il existe une troisième option, qui serait que le pouvoir veuille s’adapter à la volonté populaire, mais elle est trop improbable pour que l’on perde ici du temps à en discuter. Je pose donc l’hypothèse que la seconde solution sera retenue et que le système préférera s’en remettre à sa capacité de parfaire ses mécanismes de manipulation, plutôt que de risquer une dérive ostensible vers le dictatorial.

Si on accepte cette hypothèse, une nouvelle structure d’information peut et doit être mise en place, qui soit manipulable au palier des interprétations, mais désormais VRAIE quant à son contenu objectif et parfaitement transparente. Dans une société technologiquement avancée comme la nôtre, cette structure pourrait être celle décrite ci-après et dont les éléments seraient ceux qui correspondent aux exigences du processus d’information lui-même. Je n’en donne ici que le schéma.

D’abord, il faut capter l’information à sa source, aussi exhaustivement que possible, puis que celle-ci soit universellement diffusée Elle doit alors pouvoir faire l’objet d’une contestation et d’une réponse de la part de tous ceux auprès desquels elle l’a été, ce qui en garantit la véracité et l’authenticité. Cueillette et contrôle exhaustifs exigent que tout le monde ait accès au micro. Quiconque apprend quoi que ce soit doit pouvoir le transmettre librement à tous sans censure, sous réserve d’en porter le responsabilité devant la loi.

Cette liberté d/’informer génère une masse énorme de renseignements. Il faut donc que l’information transmise soit organisée et structurée, que les principes de son organisation soient connus de tous et fassent eux-mêmes l’objet d’une diffusion universelle prioritaire. On doit enseigner à trouver l’information avec la même urgence qu’on met à enseigner à lire. Ne pas le faire est une manoeuvre pour garder le peuple dans l’ignorance.

Le véhicule nécessaire et suffisant pour transmettre cette masse d’information est l’Internet. Comprenons bien que rien ne doit interdire que qui que ce soit puisse aussi publier quoi que ce soit, sur Internet ou sous tout autre format, mais tout ce qui est information publique doit être publié par l’État sur Internet. C’est là que s’exprime le droit de l’individu à l’information, droit auquel correspond une responsabilité de l’État d’informer.

L’État s’acquitte de cette responsabilité en posant deux (2) gestes : a) Il fournit à tous les citoyens un accès individuel ou collectif gratuit à Internet ; b) il gère le processus de publication et de structuration de l’information. À quelques restrictions près concernant le respect de la vie privée et la sécurité publique, tout doit être publié. À l’individu de juger par la suite si l’information qu’il reçoit d’autres sources confirme ou contredit celle qu’il reçoit de l’État, auquel cas l’État doit avoir des comptes à rendre.

Dans cette structure, tout le monde peut et devrait être un joueur amateur ; c’est ce qui en garantit la crédibilité. Chacun peut jouer comme reporter apportant des faits bruts, comme journaliste les mettant en contexte et les agençant impartialement pour leur donner un sens objectif, ou comme chroniqueur pour les interpréter et aider chacun à se former une opinion personnelle. Mais à ce jeu, doivent aussi intervenir des professionnels.

Il doit y avoir des reporters de métier, des investigateurs professionnels – autonomes ou regroupés en agence de presse. Il doit y avoir des journalistes chevronnés, capables d’expliquer le sens de ce qui se passe et aussi des chroniqueurs, des experts qui peuvent faire les liens et façonner l’opinion publique en influençant, pour le meilleur ou pour le pire, ceux qui leur font confiance. Ces professionnels doivent être rémunérés. Comment ? Par le biais d’une structure à trois (3) volets.

a) L’État doit créer une agence de presse où travailleront ceux qui veulent se faire un métier de chercher l’information et, au premier chef, ceux qui le font déjà pour les agences ou les médias traditionnels. On réglera avec leurs syndicats les conditions de leur embauche et de leur rémunération. Leur nombre et ces conditions évolueront et nous verrons ci-après comment c’est le public qui en sera le juge. Leurs contributions sont publiés à l’état brut.

b) L’État doit créer une « rédaction » ou salle de presse, à laquelle se joindront tous les journalistes de tous les médias qui choisiront de le faire. Chacun pourra au départ se faire reconnaître dans un ou quelques domaines de spécialité ou d’expertise et sa tâche consistera à écrire sur les sujets de cette compétence à partir des données brutes que fourniront les agences de presse et reporters autonomes, amateurs ou professionnels. Chacun pourra aussi écrire sur tout autre sujet, mais son statut comme auteur sur ces sujets sera celui d’un amateur et non d’un professionnel.

c) L’État doit créer enfin un « aréopage » de chroniqueurs, dont il est entendu que la tâche consiste à émettre des opinions en s’appuyant sur les faits bruts et sur l’interprétation des faits par les journalistes. Les chroniqueurs peuvent être biaisés, mais leur réputation dépendra de leur sincérité à admettre qu’ils le sont. Participeront au départ à cet aréopage les chroniqueurs les plus populaires des médias actuels, mais c’est le verdict populaire qui en modifiera vite la liste:

Que doit-on publier ? TOUT. Quand on ne pense plus papier mais pixels, ce qui peut être publié sur un site de l’État – qui pourrait s’intituler simplement « Information » – n’est plus limité que par ce qu’il est possible de structurer efficacement. Tout ce que publient les reporters, journalistes et chroniqueurs, amateurs aussi bien que professionnels est publié et demeure indéfiniment accessible.

C’est le positionnement, cependant, qui détermine la visibilité relative des nouvelles. Au « Fil de presse » les nouvelles apparaissent par ordre chronologique. Dans la section « Nouvelles », c’est un comité des journalistes qui choisit la préséance d’apparition des articles et leur positionnement de parution de départ, sur une page générale et sur les pages spécialisées qu’on jugera bon de créer. Dans la section « Chroniques », c’est la popularité du chroniqueur au cours de la semaine précédente qui détermine le positionnement initial de ses articles.

Une heure plus tard, cependant, c’est le nombre des lectures qui déterminera le repositionnement d’heure en heure par la suite des articles et des chroniques, selon le nombre de demandes de lectures qu’elles ont reçues dans leurs sections respectives

Les reporters, journalistes et chroniqueurs professionnels devraient toucher un salaire de base auquel s’ajouteraient des primes selon le nombre de demandes de lecture qu’auraient suscité leurs textes. Tout le monde peut, à sa demande, être publié dans « Information », sans préjudice à son droit de publier lui-même sur internet.

Les « amateurs » seront aussi rémunérés. Pour chacune de leurs contributions, ils recevront une prime plus modeste, mais au prorata de la rémunération d’un professionnel de la même catégorie – nouvelles ou chroniques – ayant reçu un nombre identique de lectures. Un index alphabétique de tous les auteurs d’articles, amateurs comme professionnels nous donnerait la liste des textes qu’ils ont publiés et nous dirait aussi combien chacun a eu de lecteurs.

Cette forme d’autogestion de l’information par les professionnels de l’information eux-mêmes semble la façon la plus pratique d’en assurer l’impartialité, mais il faut y ajouter un contrôle citoyen. La gestion de la publication et diffusion des textes doit donc dépendre d’une Régie autonome de l’Information, sous l’égide d’un « Conseil de presse ».

Ce Conseil consistera en deux (2) sections. La première sera composé de douze (12) citoyens, élus pour la durée d’un mandat (5 ans) renouvelable à l’occasion de chaque élection générale et la seconde de trente (30) citoyens choisis au hasard pour un mois. Ces derniers seront rémunérés pour leur peine à leur revenu actuel plus 15 % et jouiront à la fin de leur mandat du droit inconditionnel de réclamer de leur employeur leur réintégration dans leur fonctions précédentes.

Toute décision du Conseil de presse doit l’être à la majorité de chacune des deux (2) sections. En cas de désaccord, c’est le Tribunal qui tranchera immédiatement et toutes affaires cessantes, tout appel étant entendu lui-meme avec la même priorité.

Nul travailleur de l’information ne sera forcé de se joindre à « Informations », mais on peut supposer que les travailleurs de Quebecor en lock-out – et ceux de Gesca qui pourraient l’être bientôt – trouveraient avantageux d’accueillir cette proposition. Au gouvernement de décider comment il devrait dédommager les journaux et groupes de presse actuels auquel rien n’interdira de poursuivre leurs activités, mais dont il est clair que celle-ci seront perturbées par l’arrivé de ce nouveau media plus crédible… et gratuit

Surtout que, sur le site « Information », il n’y a pas d’autre publicité que celle gratuite, considérée d’intérêts publics. La diffusion de l’information facilitant l’accès des consommateurs aux produits offerts sur le marché est traitée autrement. J’en parle ailleurs – voir le lien – car c’est un tout autre sujet.

Je suis conscient que cette proposition est bien dérangeante et écrase de gros doigts de pied. À peu près tout sera fait pour qu’elle ne soit jamais mise en place. Si vous croyez qu’elle devrait l’être, il faudra donc que vous vous battiez pour qu’elle le soit. Transmettez la RAPIDEMENT à tous les sites et à tous les médias que vous connaissez. Si vous le faites, il y a une chance, seulement une chance, que j’en vois la réalisation de mon vivant.

Pierre JC Allard

8 novembre 2009

Réflexions sur la crise économique

Note aux lecteurs: Comme la dernière fois, je m’excuse de ne pouvoir poursuivre ma série d’articles sur le SIDA de société. Un projet accapare trop mes réflesions à ce moment-ci, en plus de mon travail régulier, je n’y arrive tout simplement pas. Je vous offre donc simplement quelques informations et réflexions sur le contexte économique.

Vues sur la crise économique.

Les autorités gouvernementales espèrent sans doute qu’elle vont réussir à sortir l’économie de son marasme par les seules vertus de la croissance. C’est pourquoi tout est fait en ce moment pour tenir aller l’enthousiasme autour de la Bourse et pour monter en épingle la moindre nouvelle positive.

 Peut-être nos autorités réussiront-elles leur pari. Je l’espère vivement. Mais ce n’est pas certain, loin de là. Vaut mieux se préparer pour un nouveau choc financier et, pour ceux qui ont des économies ou des réserves d’investissement, de les mettre à l’abri dans des véhicules d’obligations ou de titres très défensifs comme les aurifères.

 Pourquoi? Quelques aperçus.

Les banques n’ont rien changé à leurs pratiques spéculatives. Alors qu’une banque devrait être uniquement une place où les épargnants déposent leur argent et qui réalise un profit à partir de prêts aux entreprises et aux individus, les plus grandes banques d’Occident sont encore et toujours des casinos à haut indice d’octane.

 Il y a eu à ce jour quelque 150 banques qui ont fait faillite aux États-Unis, dans la plupart des cas au niveau des banques régionales qui ont coulé à cause de troubles dans le secteur des hypothèques commerciales.

 Or, le taux de chômage réel aux Etats-Unis, selon la mesure plus réaliste U6 du Department of Labor (on nous sert toujours la mesure mensongère U3, selon laquelle le taux de chomage est maintenant à 10,6%) est d’environ 20%. C’est-à-dire qu’un Américain sur cinq est sans emploi. Il est inévitable qu’avec un tel passif à traîner, le secteur commercial va souffrir de plus en plus et causer de plus en plus de problèmes aux banques. Après la crise de l’immobilier résidentiel, déclenchée en 2007, il est à peu près certain que nous aurons une crise de l’immobilier commercial. Quand? Difficile à dire, mais ça se dessine de plus en plus clairement à l’horizon.

 Or, les banques sont toujours assises sur des montagnes de portefeuilles composés de déchets qu’on appelle de façon polie des dérivés. Tout comme la crise de l’immobilier résidentiel a ébranlé ces montagnes dans leurs assises, la crise du côté commercial va faire de même.

 Les banques auront donc besoin d’un nouveau sauvetage. Mais cette fois-ci, la cavalerie ne pourra pas se porter à leur secours.

 Pourquoi? Parce que le gouvernement américain est sur-sur-surendetté, tout comme nombre d’autres gouvernements d’Europe. Le déficit accumulé projeté jusqu’en 2019 est de 9 trillions de dollars, et c’est sans compter toutes ses obligations que l’État américain doit rencontrer – et ne peut rencontrer! – pour Medicare et la Sécurité Sociale. Déjà, en ce moment, 50% des bons émis par le Trésor américain sont acheté par la Réserve Fédérale. C’est un cercle vicieux d’endettement où une institution techniquement en faillite, la Fed, imprime de l’argent pour acheter des titres de dette d’un gouvernement en banqueroute. Pendant ce temps, les créditeurs habituels des Etats-Unis (Chine, Inde, Japon, etc.) oeuvrent doucement à trouver d’autres actifs pour remplacer leurs réserves de dollars américains (euro, yen et, de plus en plus, de l’or). À un moment, une crise de confiance va frapper et ces créditeurs vont cesser de financer la boulimie d’endettement américaine.

 On peut donc s’attendre à une chute profonde du dollar américain, d’une hausse des taux de la Fed pour tenter d’éviter l’hécatombe et d’un niveau de destruction dans l’économie américaine comme on n’en a pas vu depuis la Grande Dépression. L’économie américaine va couler à pic et entraîner dans sa chute une bonne partie de l’Europe et du Canada.

Espérons que cette croissance à laquelle on veut nous faire croire va tenir le coup. Sinon, vaut mieux avoir mis son cochonnet à l’abri. Et bien sûr, cela suppose que le cochonnet ne se fera pas complètement ruiner par les vents de l’inflation qui risquent de souffler après la débandade.

7 novembre 2009

Kitcisakik: le village sans école

Spécial rentrée scolaire

École à la maison, école musulmane, école en milieu autochtone, école spécialisée en musique et cheminement scolaire marqué par la dyslexie, Reflet de Société vous offre pour la rentrée un grand dossier sur l’éducation. Hors des sentiers battus, nous vous invitons à découvrir les 1001 visages de l’école au Québec.

François Richard    Dossier École à la maison

kitcisakik-village-algonquin-val-d-or-abitibi-anicinape-aki-autochtone Le village algonquin de Kitcisakik est illégal aux yeux des gouvernements québécois et canadien. L’absence de dépenses publiques qui en résultent à forcé ses habitants à envoyer leurs enfants à Val-d’Or, à 100 km de distance, afin d’y être scolarisés. La communauté met présentement sur pied une école primaire afin que ces familles puissent garder leurs enfants près d’eux. Les parents doivent maintenant réapprendre à s’occuper de leur progéniture et les habitants de l’un des villages les plus pauvres du Canada en profitent pour s’attaquer aux nombreux problèmes qui minent leur communauté.

L’école Mikisicec (petit aigle) est constituée de deux roulottes aménagées en trois salles de classes et quelques bureaux. Une dizaine d’écoliers de 3ème année se disent heureux de vivre avec leurs parents. Ceux dont la scolarisation a débuté à Val-d’Or regrettent toutefois les avantages d’une plus grande école. «Il n’y a pas de salle de gym ici.» «Je n’aime pas ça être mélangé avec les plus petits.» «C’est plate parce qu’on n’est pas beaucoup.» Une fois les frustrations passées, des aspects plus positifs sont évoqués. «Les Blancs à Val d’Or n’étaient pas gentils avec moi.» «Le cours d’algonquin est le fun.»

«J’aime mieux rester dans la communauté.»

Kitcisakik est un village de quelque 430 habitants situé dans la réserve faunique De La Vérendrye, à une centaine de kilomètres au sud de Val-d’Or. Bien que les Algonquins affirment l’avoir toujours habité, le territoire appartient légalement à Hydro-Québec (HQ). Vu l’illégalité de l’occupation des lieux, Kitcisakik ne bénéficie ni du statut de réserve, ni de celui de municipalité. Les gouvernements fédéral et provincial n’y injectant pas de fonds, le village est dépourvu de tous les services, dont l’électricité et l’eau courante. La centaine de maisons est construite avec des matériaux de fortune et, malgré la présence d’un barrage d’HQ au centre du village, les bâtiments publics sont parmi les seuls électrifiés. Un «bloc sanitaire» permet aux habitants de s’approvisionner en eau potable qu’ils doivent transporter dans des seaux. Le «bloc» est pourvu de douches, de toilettes et de machines à laver.

Aller apprendre chez les Blancs

Depuis 1955, les enfants de Kitcisakik doivent quitter leur communauté afin d’aller à l’école. Ils fréquentaient alors un pensionnat du gouvernement fédéral dirigé par des frères Oblats jusqu’à sa fermeture dans les années 1970. Ils seront par la suite scolarisés dans les écoles publiques d’Abitibi-Témiscamingue. Les élèves de quatrième année et au-delà continuent de vivre dans des familles d’accueil de Val-d’Or, ne rentrant à la maison que les fins de semaine et durant les vacances d’été. Pour mettre fin à cette situation, le Conseil de bande instaure progressivement l’école primaire dans le village. La maternelle y a été implantée en 2005 et l’école grossit au rythme d’une année à la fois. Elle compte présentement trois classes pour des écoliers de niveau maternel à la troisième année. Les cours sont donnés par des enseignantes professionnelles et le programme du ministère de l’Éducation du Québec est respecté. Les cours de quatrième année y seront dispensés à partir de l’automne 2009. Un Centre de stimulation précoce a aussi été instauré.

Les écoliers d’aujourd’hui ne vivront donc pas la même enfance que leurs parents qui ont dû surmonter le choc du déracinement. En raison de la rupture familiale, les jeunes n’ont en général pas appris l’algonquin, créant un fossé culturel. 3 générations de parents n’ont pas connu de modèles parentaux dont ils pourraient s’inspirer pour aider leurs enfants.

kitcisakik-village-algonquin-val-d-or-abitibi «Nos enfants ne sont plus des étrangers»

«Les parents avaient des habitudes qui n’avaient rien de parentales.» Gilles Brazeau est père de 5 enfants, 2 naturels, 3 d’adoption. Ils fréquentent tous l’école Mikisicec. Durant son enfance, sa grand-mère «le protégeait» lors de ses séjours à Kitcisakik. «L’été, nos parents n’étaient pas toujours là, il y avait un fléau de consommation d’alcool et de drogues.» Celui qui est aujourd’hui responsable des dossiers liés à la santé au Conseil de bande affirme que ses enfants aiment l’école et qu’elle leur permet d’être intégrés à la communauté. Le terme a une signification particulière à Kitcisakik: se sentir chez soi au sein de sa famille. La tâche, soutient Gilles Brazeau, est très complexe. «Aujourd’hui nous vivons l’intégration, les enfants sont avec nous toute la semaine. Nous ne sommes pas prêts pour ça.»

Le directeur en santé de Kitcisakik, Michel Pénosway, travaille, en collaboration avec une équipe de recherche de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), à l’élaboration de services destinés aux parents et visant à leur réapprendre leurs «habiletés parentales». Selon lui, le changement le plus important apporté par l’école Mikisicec est que «les enfants ne sont plus des étrangers. Ils ne sont plus en vacances ici.» Afin d’«intégrer» les enfants de Kitcisakik, l’ensemble du village a dû se mobiliser. Le Conseil de bande en a profité pour lancer plusieurs chantiers de travail social et de formation professionnelle visant à rehausser le niveau de vie de la communauté. L’exercice a mobilisé l’ensemble du village et tout le monde a eu son mot à dire. «Au lieu d’offrir aux gens des services prédéterminés, nous les laissons exprimer leurs besoins puis nous mettons en place des services pour les satisfaire.» L’expression de ces besoins a eu lieu dans le cadre d’une recherche réalisée par une équipe de chercheurs de l’UQAT en collaboration avec les intervenants sociaux de Kitcisakik.

En guise d’exemple d’«habiletés parentales» à apprendre, Michel Pénosway raconte le déroulement d’un exercice visant à améliorer les dialogues parents-enfants. «Un parent se plaignait de ce que son enfant ne l’écoutait pas lorsqu’il lui demandait de ranger ses vêtements. Nous avons donc fait un jeu dans lequel les rôles étaient inversés. L’enfant, imitant ce qu’il avait entendu, a demandé à son père de ranger ses vêtements sans lui indiquer où il devait les déposer. Le père a alors réalisé que si son enfant ne lui obéissait pas, c’était simplement parce que ses consignes n’étaient pas claires.»

Le Conseil de bande a dû embaucher du personnel qualifié. Manquant d’expertise, les Algonquins ont eu recours aux services d’une dizaine de Québécois pour occuper des postes, entres autres, de formateurs. Raymond Lauzon, le directeur de l’éducation, croit que «le fait que la communauté ait décidé elle-même de se prendre en main et qu’elle ait embauché des Québécois pour l’y aider est unique en Abitibi et sûrement au Québec».

Apprendre à vivre au 21è siècle

Normand Saint-Germain offre différentes formations socioprofessionnelles. Il décrit son rôle comme étant «de mettre les Algonquins au diapason du 21è siècle.» Les barrières à l’emploi sont en effet très nombreuses pour des gens qui «connaissent peu les réalités du monde du travail et sont rarement bilingues», selon une intervenante auprès de la communauté.

Les parents bénéficient aussi de services d’aide à la gestion de budget et de cours de cuisine santé. Ils doivent apprendre à composer avec le même revenu que lorsque leurs enfants étaient nourris à Val d’Or toute la semaine, ce qui entraîne son lot de difficultés dans une communauté où le taux d’emploi n’est que de 25% et où la moitié de la population a moins de 17 ans.

Selon Michel Pénosway la taille restreinte du village et les liens de parenté qui en découlent jouent en faveur des changements. «La proximité des membres de la communauté a un impact, ça gêne ceux qui prennent moins part aux changements.» La consommation d’alcool aurait d’ailleurs grandement diminué depuis l’instauration de l’école et des chantiers sociaux. L’animateur culturel auprès des jeunes Toby Brazeau juge qu’«avec les enfants ici, on dégrise. L’alcool doit partir.»

Un certificat multidisciplinaire en intervention sociale est donné à l’UQAT à la demande des habitants de Kitcisakik afin de former des intervenantes sociales qui travaillaient avant sans formation. Cette question de la formation est de la première importance. L’accès à l’emploi et au développement passe par l’acquisition de connaissances. Un obstacle de taille dans une communauté où seulement 12% des gens ont un diplôme d’études secondaires et où l’école est associée au déracinement et aux abus vécus dans les pensionnats.

Enfin des obstacles culturels se dressent sur le chemin de l’emploi. Toby Brazeau croit que «les gens ne sont pas intéressés par le travail à l’extérieur de la communauté. Leur famille est ici.» Ce désir d’être «chez soi» entraîne aussi le décrochage scolaire. L’animateur culturel explique d’ailleurs en partie son abandon scolaire, à l’âge de 15 ans, par le besoin qu’il avait de se retrouver parmi les siens.

Tout le monde à Kitcisakik affirme vouloir se réapproprier la culture algonquine. Pour l’instant, c’est plus facile à dire qu’à faire. Bien que tout le monde en baragouine au moins quelques mots, la plupart des 35 ans et moins ne maîtrisent pas la langue de leurs grands-parents. Les cours d’algonquin prévus à l’école Mikisicec ont d’ailleurs dû être abandonnés, faute de volontaires pour l’enseigner.

Un chemin exceptionnel… à petits pas

Selon Raymond Lauzon, le chemin parcouru jusqu’à présent est exceptionnel. «Il faut imaginer les impacts sociaux lorsque les gens ne jouent pas leur rôle de parents, qu’ils passent dix mois par année sans leurs enfants. Ils manquaient de notions quant à l’importance de l’école, du quotidien.» S’il déplore le faible niveau de participation des parents de Kitcisakik à certaines des activités culturelles offertes par l’école, il souligne qu’il admire leur courage. «Regarde le bloc sanitaire. Il n’y a que deux douches pour tout le village. Pourtant les enfants arrivent tous propres et bien habillés à l’école. On n’avance pas à grand déploiement, mais à petits pas.»

Le chemin se poursuit cet automne avec l’introduction de la quatrième année à l’école Mikisicec. Avec 38 enfants d’âge primaire sur 49 qui fréquentent dorénavant l’école du village, la communauté de Kitcisakik se rapproche de son objectif, garder ses enfants dans les familles et leur rendre la fierté d’être Algonquins.

Le village aux milles formulaires

L’occupation contestée du territoire entraîne une foule de tracasseries administratives au Conseil de bande. Contrairement aux autres communautés autochtones du pays jouissant du statut de réserve Kitcisakik ne reçoit pas de fonds généraux de la part des gouvernements québécois et canadiens afin d’assurer les dépenses sociales et administratives. Ses habitants doivent donc recourir à une multitude de programmes gouvernementaux spécifiques afin d’obtenir des subventions ciblées.

Selon le responsable des dossiers liés à la santé au Conseil de bande, Gilles Brazeau, Kitcisakik bénéficie d’environ 130 programmes et des rapports différents doivent être remplis pour chacun. L’accès aux subventions de 25 programmes est nécessaire dans le cas de l’école primaire seulement. «Je lève mon chapeau aux gestionnaires», déclare Gilles Brazeau, mi-blagueur, mi-désabusé.

Choisir l’école à la maison

Apprentissages clandestins

CAP libre: éducation alternative pour jeunes décrocheurs

Éducation désaccordée

Écoles musulmanes à Montréal

Comment vivre avec la dyslexie?

6 novembre 2009

Quand le 8-1-1 ne répond plus…

Après avoir longtemps tergiversé, hésité, lu, analysé, soupesé, médité et pesé le pour et le contre, je me suis résigné il y a une dizaine de jours à me faire inoculer le fameux vaccin contre la grippe A (H1 N1). J’avais comme tout le monde pris connaissances des théories de la grande conspiration planétaire, mais quand le docteur Amir Khadir, médecin microbiologiste et député de Mercier de Québec Solidaire s’est rangé du côté de la science académique, je me suis dit qu’il devait connaître cela mieux que moi et je me suis fait piquer.

C’est huit jours plus tard que les problèmes ont commencé: Céphalées sévères et résistantes à tous les Tylenol de cette terre, tremblements et frissons, fièvres me conduisant aux portes du délire, maux musculaires et j’en passe. Un une journée, je n’étais plus que l’ombre de moi-même tellement j’étais affaibli.

C’est alors que j’ai décidé de m’adresser au fameux 811 où, après des heures d’attente, une infirmière, m’a posé le diagnostic suivant: Vous deviez avoir cette grippe A bien avant votre vaccin ! Ah bon ! Et moi qui me portais très bien jusqu’à ce qu’on m’inocule le poison…Bref, elle
me conseille les Tylenol, boire beaucoup de breuvages et reposez-vous-merci-bien.

Le lendemain, jeudi, neuf jours après avoir reçu ce fameux vaccin, mon état se détériore rapidement. Les poussées de fièvre se multiplient et je me rapproche dangereusement du 40 degrés Celcius. De peine et de misère, je m’accroche à mon téléphone et je signale à répétition les trois chiffres magiques 8-1-1 afin qu’on me dise si je dois continuer mon traitement sommaire, me précipiter à l’hôpital ou réviser une dernière fois mon testament…

Mais voilà qu’en ce jeudi 5 novembre de tous mes malheurs,je passe de nombreuses heures accroché à une tonalité toujours occupée tant les appels affluent à la centrale. Mais je suis patient (a-t-on le choix avec notre système de Santé dont le modèle est la chaîne de montage du fabriquant d’automobiles Toyota ?) et je persiste des heures durant à tenter de parler à autre chose qu’ à un système informatisé.

Cinq heures plus tard, je suis épuisé, je frissonne de partout, j’ai peine à me mouvoir, quand enfin mon numéro est déclaré gagnant: J’ai enfin le privilège rare de parler de mon état et de mes vives inquiétudes à une véritable infirmière. Qui me conseille, après avoir écouté le récit de mes malheureux déboires, de me rendre illico à l’hôpital de Sainte-Agathe-des-Monts où je me traîne de peine et de misère car je me sens vraiment très affaibli.

J’y suis accueilli par une jeune infirmière inexpérimentée…qui me fait avaler une pilule de Motrin, après avoir constaté que ma fièvre ne cesse de monter. Puis, elle me dit d’aller m’asseoir et de revenir la voir dans une heure…

Il est alors 23hres et, malgré mes questions demeurées sans réponses, je n’ai d’autre choix que de me faire patient. Dans la salle feutrée, ultra moderne et aseptisée, j’entends certaines personnes dire qu’elles attendent depuis plusieurs heures. Y-a-t-il un médecin dans la salle ? Si oui, il se cache bien… J’observe les employés, très détendus, se promener d’un bureau à l’autre avec des piles de paperasses sous le bras. Tout est silence, sauf les gémissements d’une pauvre dame qui souffre visiblement beaucoup…et à qui on demande de pratiquer cette vertu bien québécoise qu’est la patience.

Une heure plus tard, je retourne voir l’infirmière qui m’avait demandé de retourner la consulter à minuit et- ô surprise !- elle vient de terminer son chiffre, comme par hasard ! Non, mais nous prennent-ils pour de parfaits demeurés, nous les patients impatients qui payons leur salaire et avantages sociaux tout en leur permettant de traverser la crise qui secoue le Québec dans une atmosphère de salle de yoga ?

Puis, je parviens à parler avec sa remplaçante qui m’affirme que mes symptômes sont tout à fait normaux après une vaccination, que ce sont mes anticorps qui combattent le poison qu’on m’a injecté, bref qu’il n’y a pas grand chose à faire. Je lui suggère que je suis mieux d’aller me soigner dans mon lit plutôt que de passer la nuit à attendre…et elle me donne raison, disant ne pas comprendre pourquoi l’infirmière du fameux 8-1-1 s’est dite préoccupée par mon état qu’elle qualifie de “normal”…

Dans un coin retiré de cette grande salle feutrée, j’aperçois d’interminables files de citoyens qui attendent le vaccin de leur délivrance sous la neige et sous la pluie. Et ça me rappelle les images qu’on nous montrait, quand j’étais plus jeune, des méfaits du régime soviétique où les citoyens faisaient le pied de grue, dans d’interminables files d’attente, en attendant qu’on appelle leur numéro.

Et tout ce que j’entends à longueur de journée sur RDI, c’est toujours la même phrase-mantra
des chefs de notre santé collective : “On s’ajuste à la situation”…Je suis ressorti, soulagé de regagner ma chaumière et mon lit douillet. Je préfère m’ajuster moi-même…

Car quand je constate avec effroi que le 8-1-1 ne répond plus, je me permets de questionner le”modèle Toyota” appliqué à notre système de santé et je constate que nous ne sommes que des pièces numérotées sur la chaîne de montage paralysée du système implacable et trop souvent inhumain dans lequel nous acceptons de vivre. Et je me demande pourquoi, même si j’en connais la réponse corporative, pourquoi on n’accorde pas plus de pouvoirs aux pharmaciens, ce qui pourrait certes désengorger les bouchons systémiques de notre façon de vivre en santé.

Et je me surprends à rêver de cette époque bénie où le médecin se déplaçait et se rendait dans les maisons rencontrer ses malades. Mais faut croire que c’était dans un autre millénaire…bien avant que nous l’on soit victimes des grands progrès technocratiques au sein desquels j’ai l’impression que nous sommes tous devenus des prisonniers d’un goulag virtuel.

Pierre Schneider

5 novembre 2009

L’apprentiomètre

PrincipesApprentissageCPU-s

Source: françoiseguité.com

Selon Marguerite Altet[1],

“L’enseignement couvre donc deux champs de pratiques :

1. celui de la gestion de l’information, de la structuration du savoir par l’enseignant et de leur appropriation par l’élève, domaine de la Didactique

2. celui du traitement et de la transformation de l’Information en Savoir par la pratique relationnelle et l’action de l’enseignant en classe, par l’organisation de situations pédagogiques pour l’apprenant, c’est le domaine de la Pédagogie.” Enseignement, wiki

Pour se reposer un peu d’éternuer sur tous les blogues, et de se faire bassiner par les «informations» en boucles, j’ai pensé faire un petit tour du côté de l’enseignement.

éééééééccccccccooooooooooooolllllllllllllllleeeeeee

Il n’y a pas d’apprentiomètre pour mesurer le réel et complexe apprentissage de nos élèves, surtout en ce qui concerne les «connaissances générales ».

Pourtant, on a bien tenté… Mais la société, devenue complexe et de plus en plus «dissonante cognitive», c’est à se demander si on ne devrait pas se limiter à rendre des travailleurs compétents dans leur habileté. Et encore… ll y aurait un chapitre complet à faire sur le sujet. Je m’y attarderai sans doute un jour.

En attendant la «recette idéale», depuis des  décennies – par le biais des technocrates barbifiant   – bien souvent hors terrain -  ont autopsié les manières d’apprendre, les «intelligences multiples» de contorsions  finalement plus brouillonnes  que les «résultats» de certains élèves.

Une seule constante semble demeurer : on voudrait bien qu’ils apprennent ce qu’on veut qu’ils apprennent.

Mais il y a de la résistance… Et une multitude de facteurs. De sorte que l’on se retrouve devant une sorte d’ ADN complexe et mal connue, ou pas encore répertoriée.

Amusons-nous, tout simplement, dans  ces deux paragraphes. Depuis que l’élève est devenu un client, l’école est une vente de garage comme les autres…

Le neuf se trouve ailleurs que dans les bâtisses.

Et plus les sociétés vont vite, ou veulent aller vite – question production – on a l’impression de retrouver dans les programmes des vieilleries et d’échafaudages continuels: on bâtit sans arriver à rien.

Comme la blague que j’ai entendue un jour sur un réseau américain :

«Garage Sale».

La blague : tout le monde vend son garage.

LES RÉSULTATS

Bientôt, ils vont être capables de reconnaître
quelqu’un grâce à son crachat.
Mademoiselle Y.

Le sujet à un examen du Ministère de l’Éducation, le printemps dernier,  était le suivant : la biométrie.

J’ai eu ces perles grâce à des contacts. Je veux simplement partager avec vous le petit cachet humoristique de ces écrits et des inquiétudes des jeunes face au contrôle par la biométrie. Ce n’est pas nouveau que les correcteurs et correctrices s’amusent au concours de trouver les plus belles perles. Celles-ci font référence aux examens d’étudiants de secondaire 5.

Il est évident qu’elles ne représentent pas un ensemble des travaux, mais … des perles à travers certains.

1- Aujourd’hui, une jeune fille dit, en parlant de la machine Rapidscan Secure 1000 (à rayons-X): Pensez à nous, pauvres adolescente complexées. Je ne me mets même pas en costume de bain devant ma famille! Je ne prendrai plus l’avion, si cette machine est installée dans les aéroports.

2- Peut-être qu’un jour, je croiserai mon clône criminel dans la rue après qu’on ait clôné mon ADN.

3- Si vous appreniez qu’une personne écrit un texte pour dénoncer vos manigances de domination, qu’allez-vous faire? Vous allez très certainement le faire tuer pour trahison envers le pays ou une quelconque baliverne de ce genre!

4- Pour voler les empreintes de quelqu’un, je n’ai qu’à couper son pouce et on n’en parle plus! Tenez-vous vraiment à ce que la population soit en grande partie amputée?

5- Comment voulez-vous que les gens se sentent libres dans un pays libres si le gouvernement vous connaît?

6- Cette histoire ne vous rappelle pas un certain bateau dit insubmersible qui finalement coule? Est-ce l’avenir de la biométrie? De sombrer, car elle est la plus frêle de nos espérances?

7- La biométrie peut aider à trouver les personnes de tous âges souffrant de déficience mentale qui sont partis de chez eux, ce qui pourrait mettre leur vie en danger. Mon père étant policier, je sais que ca arrive fréquemment.

8- Vous, qui êtes intelligent (du moins, je l’espère puisque que vous occupez un poste important au sein du gouvernement), devez être d’accord avec moi.

9- Dans les aéroports, vous n’avez qu’à passer votre oeil et tout ce que vous avez besoin sort.

10- Lorsque vous étiez plus jeune, monsieur le ministre, d’après moi, vos jeux sur l’ordinateur étaient plutôt restreints.

11- Somme toute, me faire analyser comme si je n’étais qu’une image de pacotille me démoralise.

12- Ces systèmes pourraient remplacer les douaniers qui sont souvent grincheux plutôt que de vous accueillir avec un beau sourire.

13- Je ne sais pas si vous êtes “files-d’attente-ophile”, monsieur le ministre, mais ce n’est pas mon cas!

14- Bientôt, ils vont être capables de reconnaître quelqu’un grâce à son crachat.

15- Tous les humains de la planète seront, selon leur mode de création, dans une caste et tous, sans exception, accepteront leur condition.

16- Cette machine permet aux policiers de se glisser sous les vêtements des gens.

17- Ceci deviendrait de la pornographie enfantine.

18- Un organisme travaille à un système qui pourra reconnaître les gens à l’odeur de leur désodorisant.

19- Sommes-nous prêts à être un cheptel contrôlé par les policiers?

20- C’est pour quand les caméras dans les cabines de toilettes?

21- Ce n’est pas bien d’utiliser la biométrie sur un peuple. C’est le prendre pour un troupeau de moutons dans un enclos et l’identifier seulement qu’avec son corps.

22- L’iris est une bonne mesure biométrique puisque, contrairement aux empreintes digitales, tu ne pourras jamais t’aveugler exprès.

23- Imaginez qu’à 18 ans, vous vous êtes fait prendre à fumer du cannabis, cela resterait dans votre dossier.

24- Les criminels arrivent toujours à faire ce qu’ils veulent, car à coeur vaillant rien d’impossible!

25- À quoi servez-vous, monsieur le ministre, à faire pousser des légumes?

26- Moi, élève, écrit à vous, ministre…

27- La biométrie peut faire avancer la société pour qu’il n’y ait plus de criminalistes.

28- Pourquoi interdire les bouteilles d’eau dans les avions? Le Kool-Aid, c’est chimique, mais ca explose pas.

29- Les voleurs collent généralement leur oreille sur la porte de la maison qu’ils veulent voler. Ensuite, les policiers mesures les empreintes des oreilles des criminels et les comparent à celles de criminels recherchés.

30- Les terroristes ont l’habitude de faire disparaître les preuves biométriques après l’attentat lors des kamikazes. Le coupable est éparpillé autour de l’explosion.

31- Plus je vieillis, plus je me rends compte que monsieur Harper, votre patron, est un fanatique d’Hitler.

32- Chercher des données biométriques, c’est chercher un morpion entre deux poils.

33- La biométrie est comme une femme possessive en amour: elle connaît tout sur vous et finit par vous enlever toute liberté.

34- Vous me prenez sûrement pour un parano doublé d’un fou furieux qui compare les techniques biométriques à l’avènement de l’apocalypse

35- On peut avoir une chirurgie pour changer son code génétique, alors les policiers ne nous retrouveront jamais.

36- La biométrie va empêcher le décrochage scolaire, puisque les jeunes ne pourront plus voler.

37- La tuerie de l’école polytechnique a été réalisée par des gothiques, vous savez ces gens au tempérament sombre.

38- Le 11 septembre dernier a été terrible

39- La biométrie est bonne pour l’économie. Les gens n’auront plus peur de sortir la nuit à cause des gangs de rue, alors les magasins seront tous 24 heures.

40- Les voyageurs ne trouvent pas nécessaire et contre la vie privée de dévoiler leurs dessous.

41- L’évolution humaine est un phénomène continuellement développé qui fait avancer d’une manière efficace nos technologies de plus en plus sophistiquées.

42- Même si le douanier l’identifie comme Monsieur Bonheur, qui a les yeux bleus, le code de son iris est 278398623, il ne saura pas non plus que c’est un terroriste.
En ouverture à la fin du texte:
43 – Il ne faudrait pas embitionner au point de suivre chaque minime moment de chaque seconde.

2. L’HISTOIRE DES MÉTHODES.

Ce «montage» m’a été transmis par une collègue retraitée. Il est de toute évidence de source française. Quoique très ressemblant à nos tentatives au Québec. De toute manière, les ministères utilisent le copier-coller pour trouver des solutions. Comme les élèves…

A- Enseignement 1960

Q.   – Un paysan vent un sac de pommes de terre pour 100 F.

- Ses frais de production s’élèvent au 4/5 du prix de vente.

-  Quel est son bénéfice?

B – Enseignement 1970

- Un paysan vend un sac de pommes de terre pour 100 F.

- Ses frais de production s’élève au 4/5 du prix de vente, c’est à dire 80 F.

- Quel est son bénéfice?

C -  Enseignement moderne 1970

(Réforme de l’enseignement.)

- Un paysan échange un ensemble ‘P’ de pommes de terre contre un ensemble ‘M’ de pièces de monnaie.

- Le cardinal de l’ensemble ‘M’ est égal à 100, et chaque élément sigma de ‘M’ vaut 1 F.

- Dessine 100 gros points représentant les éléments de l’ensemble ‘M’.

- L’ensemble des frais de production comprend 20 gros points de moins que l’ensemble ‘M’.

TRAVAIL DEMANDÉ : Représente ‘F’ comme un sous ensemble de ‘M’ et donne la réponse à la question :

« Quel est le cardinal de l’ensemble ‘B’ des bénéfices».  ( à dessiner en rouge).

D – Enseignement rénové 1980

- Un agriculteur vend un sac de pommes de terre pour 100 F.

- Les fais de production s’élèvent à 80 F et le bénéfice est de 20 F.

TRAVAIL DEMANDÉ : Souligne les mots «pommes de terre» et discutes-en avec ton voisin.

E – Enseignement réforme 1990

- Un peizan kapitalist privilegie sanrichir injustement de 20 F sur un sac de patat.

- Analiz le tesks er recherche le fote de contenu de gramere d’ortograf de ponktuacion et ensuite di se ki tu pense de cette maniaire de sanrichir.

F – Enseignement assisté par ordinateur 2004

- Un producteur de l’espace agricole câblé ADSL consulte en conversationnel une data.bank qui display le pay-rate de la patate.

- Il load son progiciel SAP/R3 de computation fiable et détermine le cash flow sur l’écrant ditch 0.25 mm Energy Star.

- Dessine-moi, avec ton mulot le contour 3D du sac de pommes de terre, puis logue toi au réseau Arpanot ( Deep Blue Potatoes).

- Via le SDA boucle 4.5, extraire de MIE le graphe des patates.

TRAVAIL DEMANDÉ : Respecte-t-il ainsi la norme ANSI, ISO, EIAN, CCITT, AAL?

G – Enseignement 2020

- Qu’est-ce qu’un paysan?

-  Qu’est-ce qu’une patate?

Je ne sais si vous avez remarqué, le seul élément nouveau semble le suivant : TRAVAIL DEMANDÉ.

matin

4 novembre 2009

J’ai voté pour le chaos

Jean Gagnon        Dossier Actualité économique

N’avez-vous pas comme moi ce sentiment désagréable que l’on vient de rater un autre rendez-vous électoral ? On a beau prétendre à une opposition plus forte à l’hôtel de ville de Montréal au lendemain de l’élection municipale du 1er novembre, j’ai bien peur que l’on revive plutôt une situation absolument semblable à celle des quatre dernières années, avec les conséquences économiques désastreuses qui ne sauraient être évitées.

Car il n’y a pas pire frein au développement économique, ainsi qu’à la justice sociale il va sans dire, que la corruption érigée en système. Et c’est justement dans cet état que l’équipe Tremblay avait laissé l’administration de la métropole québécoise à la veille de l’élection. André Noël et Michèle Ouimet du journal La Presse, ainsi qu’Alain Gravel à Radio-Canada, en avaient clairement fait la preuve au cours des derniers mois.

D’où surgira-t-elle cette opposition qui freinerait la décomposition lente mais assurée du tissu social et économique de Montréal ? De Louise Harel ? Son allocution de dimanche soir montrait clairement comment dépassée elle était par tout ce qui a été mis à jour depuis son saut en politique municipale. De Richard Bergeron ? Malgré les grands pas en avant qu’a pu réalisés sa formation politique, j’ai bien peur qu’il demeure la troisième roue du chariot. Et c’est peut-être le plus loin qu’il pouvait se rendre de toute façon. Il ne m’a pas démontré durant cette campagne qu’il avait l’envergure nécessaire pour prendre les rennes de la ville, compte tenu surtout de l’état dans lequel elle se trouve.

Pourtant, j’ai voté pour lui. Parce qu’il était le plus faible en terme d’intentions de vote. J’ai cru durant un moment que du chaos jaillirait la solution. Je ne souhaitais pas qu’il gagne. En fait, je souhaitais que personne ne gagne. Ou plutôt, qu’ils perdent tous. J’aurais souhaité une égalité entre les trois candidats. Un résultat si serré qu’aucun d’eux n’aurait pu prétendre à la victoire.

Mais avec le résultat que l’on connaît, tous les trois semblent tout à fait à l’aise de nous dire maintenant que la population leur a confié un mandat clair. L’un dirige, les deux autres surveillent. N’en avez-vous pas assez de ces discours ne comportant que les mêmes vieux clichés indigestes ?

Je souhaitais une situation totalement chaotique à l’hôtel de ville qu’elle aurait forcer le gouvernement québécois à bouger. À instituer cette commission d’enquête publique si nécessaire, si l’on espère un jour pouvoir faire un ménage durable à l’hôtel de ville.

Une situation tellement chaotique qu’il aurait fallu reprendre cette élection, mais cette fois avec des candidats différents. Non pas des gens qui auraient tremper dans cette suite de magouilles qui a caractérisé l’administration Tremblay. Non pas des gens qui seraient là simplement pour rallonger une carrière politique usée et arrivée à terme. Mais plutôt avec des gens qui auraient une vision d’une métropole moderne, urbainement saine, où l’essor économique servirait l’ensemble de la population.

Bien sûr, ce résultat était statistiquement presqu’impossible. Mais j’y ai rêvé, l’espace du court instant où j’ai fait ma croix.

   

3 novembre 2009

Métier: Dealer de drogue et manipulateur professionnel

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Il vient un temps où il faut savoir nommer les choses par leur nom et cessez d’avoir peur d’affronter la réalité.

Avant d’engager qui que ce soit, un individu ou une entreprise prendra le temps de prendre connaissance du curriculum et les accomplissements passés de cette personne ou entité avec qui on veut faire affaire pour savoir si elle est digne de confiance et fiable.

S’il en est ainsi pour la plupart des achats et transactions que nous effectuons, il en est certainement de même pour tout ce qui concerne la santé. Nous n’irions pas consulter un charlatan ou un dealer de drogue obscure pour trouver remède à nos maux et pour faire de la prévention visant à maintenir un état de santé optimal. Nous laisserions-nous berner si ce charlatan à la cure miracle facile mais dispendieuse ou notre sympathique mais louche dealer de drogue portaient un sarrau blanc, brassaient des milliards de dollars et se donnaient un air officiel?

Voici une partie de ce qui pourrait apparaître dans le curriculum du complexe pharmaceutique, celui qui demande notre confiance et nos dollars pour prendre soin de notre santé. Je vous demande si cela vous inspire vraiment confiance, si cela leur donne quelque crédibilité que ce soit et si cela représente que quelques incidents rares et isolés, ou s’il s’agit d’un court,  mais non moins éloquent échantillon d’une façon d’opérer et de pratiquer qui est digne du plus pur charlatanisme et de manipulation.

Une glorieuse histoire pharmaceutique et de la mafia médicale

- Le géant pharmaceutique Pfizer est condamné à payer $75 millions pour avoir causé la mort d’enfants  lors d’essais de médicaments expérimentaux non approuvés au Nigeria

L’histoire remonte à 1966 alors que Pfizer avait besoin d’un essai sur des humains pour l’approbation de son nouvel antibiotique Trovan. Lorsqu’il y a eu une épidémie de méningite, de choléra et de rougeole éclata à Kano, Nigeria, la compagnie décida de rapidement monter une équipe de recherche et les envoya dans ce pays. Pfizer monta une tente non loin du centre médical où des Docteurs sans Frontières donnaient des soins gratuitement, et recruta 200 enfants pour participer à un essai médical non approuvé. Les parents n’avaient apparemment pas été avertis que des médicaments approuvés étaient distribués quelques mètres plus loin, que leurs enfants étaient inscrits à des essais de médicaments, ou que des études sur animaux avaient suggéré que le Trovan pouvait causer des dommages au foie et aux articulations. Onze de ces enfants en mourront et d’autres subiront des dommages cervicaux et autres effets secondaires débilitants.

- Pfizer bat tous les records mondiaux et reçoit la plus haute amende criminelle attribuée à une compagnie pharmaceutique: $1.3 milliard

Ce montant fait partie d’une entente acceptée par la compagnie de dédommagement total de l’ordre de $2.3 milliards, rapporte le Département de la justice américain. Pfizer a été reconnue coupable de “off-label marketing”, c’est-à-dire d’avoir vendu quatre de ses médicaments pour des usages différents de ce qui était affiché et approuvé sur les étiquettes de leurs produits. L’enquête a trouvé des évidences démontrant que Pfizer était engagée dans des opérations de pots de vin distribués à des docteurs pour mousser les ventes de neuf médicaments, incluant Viagra et Lipitor. Une raison pour laquelle l’amende est si élevée est que la compagnie avait contrevenu de façon répétitive la loi fédérale avec sa promotion de médicaments pour des usages non autorisés.

- Merck créé un faux journal médical académique

Merck a inventé un journal à l’apparence réelle, revue par les pairs, dans lequel la compagnie publiait des données et rapports favorables de ses produits. C’est The Scientist qui a le premier rapporté que le Australasian Journal of Bone and Joint Medicine n’était qu’une façade servant les intérêts de la compagnie pharmaceutique pour faire la promotion frauduleuse de ses médicaments comme le Fosamax qui était ainsi brandi comme étant le plus performant sur le marché.

- Quand les labos pharma essaient de dissimuler les effets secondaires de leurs médicaments

Le British Medical Journal revenait récemment sur le scandale du Seroxat en Angleterre et la dissimulation par GlaxoSmithKline des études 329 et 377 qui mettaient en évidence l’inefficacité et surtout la dangerosité du Seroxat pour les enfants de moins de 18 ans. Le labo américain avait dissimulé pendant plusieurs années les résultats de ces études mettant en danger la vie de milliers d’enfants.

Très récemment et dans le même genre, un article du St Petersburg Times révèle comment AstraZeneca essaie de garder secret des documents concernant les effets secondaires du Seroquel, documents qui devraient être rendus publics lors d’audiences à venir devant un tribunal de Floride. Ces documents sont des résultats d’essais cliniques jamais publiés et des lettres de la FDA, l’agence américaine de commercialisation des médicaments.

L’entreprise explique qu’il serait plus prudent pour la santé publique que les patients n’aient pas accès à ces documents. Selon AstraZeneca, la publicité de ces documents mettrait en effet en danger la santé publique en créant une confusion et une inquiétude chez les patients qui pourraient alors interrompre leur traitement sans avoir consulté de praticiens médicales.

Les arguments avancés par AstraZeneca rappellent malheureusement ceux déjà avancés par Eli Lilly lorsque des documents compromettants sur le Zyprexa avaient fui au New York Times et avaient été rendus publics en 2007.

Pour certains observateurs comme le Professeur à l’Université de Brown, David Egilman, les arguments d’AstraZeneca ne sont pas recevables et selon lui le labo ne veut simplement que personne ne soit au courant des effets secondaires de son médicament, ni les patients, ni les docteurs et ni la FDA.

Dans une réponse de AstraZeneca au St Petersburg Times, l’entreprise explique que ces documents n’ont tout d’abord aucune pertinence quant au cas pour lequel ils sont devant le tribunal et explique que les rendre publics pourrait perturber le processus délibératif de la FDA. Des arguments très convaincants…

Ces affaires entament sérieusement l’image et avant tout la confiance que les patients peuvent avoir dans les laboratoires pharmaceutiques. De telles pratiques sont inacceptables et dissimuler les effets secondaires de médicaments reste de toute façon une stratégie à court terme puisque comme ces exemples le montrent les documents compromettants finissent toujours par sortir.

Sources:

Seroquel Trial : Allegations of Sex-for-Secrets ; AZ Wants Papers Sealed”, 17 février 2009

AstraZeneca Wants To Hide Evidence Of Seroquel Problems From Patients, World”, 17 février 2009

- Les décès découlant d’erreurs médicales évitables ont plus que doublés durant la dernière décennie

Des erreurs médicales et des infections qui auraient pu être évitées sont responsables de la mort de 200 000 personnes annuellement uniquement aux États-Unis, selon une enquête effectuée par Hearst media corporation.

- Eli Lilly & Co. vend des médicaments sachant qu’ils ne peuvent aider

Lilly a poussé certains docteurs à prescrire Zyprexa à des personnes âgées affectées de sénilité, un usage qui n’est pas approuvé pour ce médicament, même si le fabricant avait des preuves qu’il ne fonctionnait pas pour de tels patients, selon des documents internes de la compagnie même.

- Merck possédait une liste noire de docteurs critiques

Cette compagnie internationale tenait une liste de docteurs qui devaient être “neutralisés”, ou discrédités pour avoir critiqué Vioxx, un médicament maintenant retiré du marché pour avoir causé la mort de plus de 100 000 personnes.

- Les pharmaceutiques achètent des docteurs pour mettre vos enfants sous médicaments

Lors de procédures judiciaires, nous avons appris que des docteurs sont financés et achetés par des compagnies comme Johnson & Johnson pour faire la promotion de médicaments destinés aux enfants, tel que le Risperdal.

- Wyeth Pharmaceuticals a payé pour de faux articles glorifiant la thérapie d’hormones de remplacement

Wyeth a utilisé des auteurs fantômes (ghostwriters) pour produire au moins 26 articles, et possiblement plus, puisque des sources en ont répertorié jusqu’à 40, dans des journaux médicaux respectés. Les faux articles appuyaient tous l’utilisation des thérapies d’hormones de remplacement chez les femmes et d’autres.

Cette thérapie a été interdite par la suite, dû à la grande augmentation des risques de développer un cancer du sein.

- Des scientifiques trouvent des agents stérilisants dans les Vaccins contaminés contre la polio de l’UNICEF

En 2004, il était rapporté par Haruna Kaita, un scientifique en pharmacologie et directeur de la Faculté des sciences pharmaceutiques de l’Université d’Ahmadu Bello à Zaria, Nigéria, que la campagne de l’UNICEF pour vacciner les jeunes contre la polio était une façade pour stériliser la nation. Il a pris des échantillons pour les faire analyser dans des laboratoires en Inde. Utilisant des technologies recommandées par l’OMS, le docteur Kaita a trouvé des évidences que certains ingrédients contenus dans les vaccins étaient toxiques et dangereux, au grand choc des Indiens présents dans les laboratoires.

- Firmes d’assurance-vie et santé investissent dans le tabac

Des compagnies d’assurances américaines, canadiennes et britanniques possèdent des milliards de dollars investis dans des compagnies de tabac, comme le rapporte une étude du New England Journal of Medicine. L’étude a trouvé qu’elles ont plus de $4.4 milliards investis dans des compagnies ayant des affiliés qui produisent des cigarettes, cigares et tabac à mâcher.

- La FDA a l’audace d’affirmer que le mercure est complètement sans danger

Joshua Sharfstein de la FDA a donné son sceau approbation pour une exposition majeure des enfants américains au mercure, ainsi que pour dissimuler les risques neurologiques pour le cerveau en développement et les défaillances du processus d’évaluation.

- A/H1N1 – La grande campagne de vaccination de masse

Le très respecté journal médical The Lancet, revu par les pairs, s’est récemment fait l’avocat de la prudence en regard de la campagne bâclée de vaccination contre le A/H1N1. Étrangement, The Lancet mentionne les adjuvants contenus dans les vaccins, mais n’en fait pas cas au niveau des effets secondaires possibles. Bien sûr, plusieurs ingrédients mériteraient d’être analysés, incluant le mercure sous forme de thimérosal, le squalène et les virus vivants. Malgré les assurances qu’on nous donne à l’effet que le thimérosal serait sans danger, il y a une quantité grandissante d’évidences revues par les pairs qui décrivent les effets pervers de ce préservatif. L’aluminium est associé à des dommages neurologiques et l’adjuvant squalène est associé à des pathologies arthritiques et le Syndrome de la guerre du Golfe. (Source)

Références:

1. Supply and safety issues surrounding an H1N1 vaccine
Lancet. 2009 Aug 1;374(9687):358.
http://download.thelancet.com/pdfs/journals/lancet/PIIS01406736096139…

This study investigated the association between vaccination with the Hepatitis B triple series vaccine prior to 2000 and developmental disability in children aged 1-9 years (n = 1824), proxied by parental report that their child receives early intervention or special education services (EIS).
National Health and Nutrition Examination Survey 1999-2000 data were analyzed and adjusted for survey design by Taylor Linearization using SAS version 9.1 software, with SAS callable SUDAAN version 9.0.1. The odds of receiving EIS were approximately nine times as great for vaccinated boys (n
= 46) as for unvaccinated boys (n = 7), after adjustment for confounders. This study found statistically significant evidence to suggest that boys in United States who were vaccinated with the triple series Hepatitis B vaccine, during the time period in which vaccines were manufactured with thimerosal, were more susceptible to developmental disability than were unvaccinated boys.

3.  Effects of aluminum on the nervous system and its possible link with neurodegenerative diseases
Kawahara M. J Alzheimers Dis. 2005 Nov;8(2):171-82.

Aluminum is environmentally abundant, but not an essential element. Aluminum has been associated with several neurodegenerative diseases, such as dialysis encephalopathy, amyotrophic lateral sclerosis and Parkinsonism dementia in the Kii peninsula and Guam, and in particular, Alzheimer’s disease. Although this association remains controversial, there is increasing evidence which suggests the implication of metal homeostasis in
the pathogenesis of Alzheimer’s disease. Aluminum, zinc, copper, and iron cause the conformational changes of Alzheimer’s amyloid-beta protein. Al causes the accumulation of tau protein and amyloid-beta protein in experimental animals. Aluminum induces neuronal apoptosis in vivo as well as in vitro. Furthermore, a relationship between aluminum and the iron-homeostasis or calcium-homeostasis has been suggested. Based on these findings, the characteristics of aluminum neurotoxicity are reviewed, and
the potential link between aluminum and neurodegenerative diseases is reconsidered.

4. Excellent source materials:

4a. Squalene: The Swine Flu Vaccine’s Dirty Little Secret Exposed
by Joseph Mercola, D.O.
http://tinyurl.com/lh57v8

4b. Extensive documentation about squalene’s adverse effects in:
Vaccine A: The Covert Government Experiment That’s Killing Our Soldiers–And Why GI’s Are Only The First Victims
Gary Matsumoto; 2004, Basic Books.

Bookfinder for used copies of Vaccine A:
http://tinyurl.com/m46n33

Amazon:
http://www.amazon.com/Vaccine-Government-Experiment-Killing-Soldiers/…

B&N
http://search.barnesandnoble.com/Vaccine-A/Gary-Matsumoto/e/978046504…

- Comment Monsanto tue les nouvelles

http://www.brasschecktv.com/page/648.html

La presse libre en Amérique est menacée. Lorsqu’il s’agit de nourriture, il serait dans notre meilleur intérêt de réaliser qu’on nous ment sur une base quotidienne. Voici une petite vidéo qui illustre la manière dont les nouvelles sont manufacturées derrière la scène et pourquoi les médias et les grandes corporations ne sont pas fiables.

Une question de confiance et de crédibilité

Mais voilà, malgré tout cela, on nous demande de faire confiance à ce complexe pharmaceutique si peu crédible. On nous demande de tendre le bras sans inquiétude ni questionnement et se faire injecter des produits miraculeux qui sont supposés nous protéger des virus, nous dit-on.

Parfois je me dis qu’on joue avec notre santé comme au casino, mais d’une autre part, je vois souvent des compagnies pharmaceutiques se comporter comme des dealers de drogue obscurs et des manipulateurs professionnels qui jouent avec notre santé pour un rapide gain financier.

François Marginean

2 novembre 2009

Les hurluberlus de Gesca

La population de Montréal a t-elle donné hier son aval à la corruption institutionnalisée ?  Il a suffi que 60% des gens s’en fichent et qu’environ le tiers de ceux qui ont pris la peine de voter ne la voit pas ou la pardonne,  pour que la magouille semble reconduite.

N’est-il pas clair que  nous pouvous raisonnablement nous attendre à ce que tout continue comme avant, au moins le temps de trouver une autre façon de faire la même chose ?  Quand on aura trouvé, on pourra dire, comme le personnage du Guepard de Visconti. que « tout aura changé pour que rien ne change ».

Est-ce inéluctable ?  Non.  Le maire Tremblay qui ne voyait rien peut maintenant tout voir.  Ses conseillers peuvent tout voir autrement, les habitudes de l’industrie de la construction et des syndicats peuvent être régénérées, la nature humaine peut devenir meilleure….  Rien n’oblige la nouvelle administration de Montreal à persister dans le modèle nauséabond qu’on nous a révélé au cours des dernères semaines. Ne condamnons pas des présumés innocents. Ayons tous la foi, l’espérance… et la charité.

Il reste néanmoins que les Montréalais ont donné  démocratiquement leur aval pour que le même pilote garde la main sur la barre et que les même moussaillons traînent dans l’entrepont   Il est POSSIBLE qu’ils aient eu raison, mais difficile de penser que ce soit probable.  Pourquoi les Montréalais ont-ils fait ce choix un tantinet risqué ?

D’abord… parce que ce n’est pas le choix qu’ils ont fait ! Les deux-tiers d’entre eux ont voulu que Tremblay parte. La division du vote a voulu qu’il ne parte pas. Un scrutin a deux 2 tours aurait vraisemblablement permis que Harel ou même Bergeron  gagne, au deuxième tour, un duel contre Tremblay  Ce que nous avons n’est pas vraiment la démocratie.

Cela dit, pourquoi cette faille systemique a-t-elle joué ici en faveur de Tremblay ?  Deux facteurs ont contribué à ce résultat.  D’une part, le clivage ethno-linguistique, évident dès le départ, et qui rendait Harel inacceptable à la vaste majorité des Anglophones.  Pour triompher de Tremblay, il aurait fallu, soit  que Harel obtienne un pourcentage du vote francophone qui aurait correspondu aussi à une polarisatio ethnique du vote – ce qui n’était  ni probable ni souhaitable -  soit que Bergeron  fasse sauter l’embâcle ethnique et obtienne un appui solide des Anglophones.

Le voeu de ceux qui souhaitait un changement était que cet embâcle saute et que le vote anti-corruption – francophone comme anglophone – propulse Bergeron en tête.    Tout a fait  réalisable, mais il y avait un danger pour la minorité anglophone;  si seul le vote anglophone faisait ce pas,  c’est Harel qui beneficierait du transport des votes anglophones de Tremblay alors affaibli, vers un Bergeron qui n’aurait pas la note de passage.

Un risque que la communauté anglophone ne voulait pas courir. Expectative, donc… Quand les prises de position contre Bergeron des choniqueurs de Gesca ont convaincu la presse anglophone que l’Establishment québécois  ne laisserait pas tomber le systeme en place – va pour Harel, tout étant  là pour montrer que les même forces resteraient  au  pouvoir, mais pas un facteur imprévisible comme Bergeron  -  The Gazette a jeté son glaive dans la balance en soutenant Tremblay, produisant le résultat que nous avons eu. L’analyse détaillée du vote d’ici un jour ou deux confirmera ce scénario.

Quelle conclusions en tirer ?  D’abord modifier le scrution uninominal a un tour qui ne vaut que pour une démocratie bipolaire à l’americaine.  Si les gens commencent à reflechir et qu’on pense à des tierces options, ce type de scrutin n’a plus sa place.

Ensuite, rendre le vote obligatoire, tout en introduisant l’option de refuser tous les candidats. C’est l’inertie qui  a permis à 14% de l’électorat de créer la situation que nous risquons de vivre. On peut facilement imaginer que la population  qui aurait DÛ faire une choix n’aurait pas fait celui-là.

Enfin – et surtout – une lueur d’espoir.  En quelques semaines, entre la confirmation par Labonté du cloaque qu’était devenu Montreal et l’élection municipale,  le soutien à Projet Montréal a doublé !  La seule information libre a laquelle l’électeur a eu droit a été celle des blogues, mais la vague Bergeron a  doublé et est monté à 26%, malgré la mauvaise fois et tous les efforts des médias traditionnels.   Il s’en est fallu de bien peu…

C’est sans doute la dernière de ces vagues qui n’aura pas emporté la digue. Il suffit  d’extrapoler la tendance, pour comprendre que la prochaine élection ne se gagnera pas dans le médias traditionnels,  discrédités encore un peu plus  lors de ce scrutin, par ces gens comme Alain Dubuc qui ont traité d’hurluberlu  un candidat auquel finalement aura fait confiance  26 % de la population.

Elle se gagnera aur les medias citoyens  où l’on pourra se parler à l’abri de la corruption et de l’hypocrisie de ces pseudo journalistes  à la solde d’une presse qui ne veut pas informer, mais manipuler. Gesca a menacé de fermer ses journaux le 1er décembre.  Tant mieux.   Il y a une alternative à l’Évangile selon Desmarais.  Je la proposerai ici la semaine prochaine.

Pierre JC Allard

1 novembre 2009

SIDA de civilisation – Société

(Note aux lecteurs : Je suis présentement très accaparé par un spectacle, que j’appelle un essai-théâtre, et qui me prend un temps démesuré. Cela m’empêche de prendre le temps d’écrire une suite cohérente à la série que j’ai entreprise sur le thème de la société. Toutefois, je me rends compte qu’un extrait du spectacle que je prépare peut très bien s’inscrire dans ce thème, mais traité plus superficiellement que je ne le ferais normalement ici. Cette semaine, donc, je propose à votre attention cet extrait.)

Question : à quel âge l’être humain est-il le plus violent? On croirait spontanément que c’est vers l’âge de 18 ans. Suffit de penser aux gangs de rue. Erreur. C’est entre 2 et 4 ans que l’être humain est le plus agressif et violent.

 Ce n’est pas moi qui le dit. Deux universitaires québécois ont mené des études auprès de 30 000 personnes, de l’enfance à l’âge adulte (Aux origines de l’agression – La violence de l’agneau, Jean Gervais et Richard Tremblay). Leurs observations? Chez l’enfant, les gestes d’agression se calculent à l’heure. Chez l’adolescent, c’est au mois; chez l’adulte, à l’année.

 Évidemment, les enjeux chez les adultes et leurs moyens sont passablement plus fracassants. Mais la logique sous-jacente est la même. Imaginez que les enfants mesureraient deux mètres dix et pèseraient 120 kilos. L’histoire aurait une autre saveur. On n’aurait plus la Guerre des deux roses, mais la Guerre des deux biberons. On se rappellerait la Campagne de la suce perdu, la Révolte du Pablum, la Paix des patapons.

 Comme nous tous, les enfants sont faits de lumière et d’ombre. Ils peuvent caresser. Et ils peuvent mordre. Beaucoup. Pourtant, nous avons une vision angélique de l’enfance. On peut en tracer l’origine de ce mythe moderne à Jean-Jacques Rousseau, penseur du 18e siècle et formulateur de l’hypothèse suivante :

 ”Je vis partout le développement de ce grand principe que la nature a fait l’homme heureux et bon, mais que la société le déprave et le rend misérable. Partout je fais voir l’espèce humaine meilleure, plus sage et plus heureuse dans sa constitution primitive; aveugle, misérable et méchante à mesure qu’elle s’en éloigne.”

 Mais, à une autre époque, on portait un regard plus réaliste sur l’enfant. En témoigne ce passage de Saint-Augustin.

 ”Qui va me rappeler les péchés de mon enfance? Etait-il bien de s’emporter avec violence contre ceux sur qui l’on n’a aucun droit, père, mère, personnes âgées, ne se prêtant pas au premier désir; de les frapper, en tâchant de leur faire tout le mal possible, pour avoir refusé ma demande?Un enfant que j’ai vu et observé était jaloux. Il ne parlait pas encore, et regardait, pâle et farouche, son frère de lait. On endure ces défauts avec caresse comme devant passer au cours de l’âge. Vous les tolérez alors, plus tard ils vous révoltent.”

 Saint-Augustin remet les pendules à l’heure. La civilisation, la société ne corrompent pas nécessairement. La corruption est déjà en nous, dès la plus tendre enfance. Nous somme pleins de récriminations, de pulsions, de violence.  

Sur la base du mythe rousseauiste, on a construit toute une pédagogie sans bon sens qui nous a menés à ce personnage tout à fait unique dans l’histoire : l’enfant roi. « Ce qui m’étonne le plus avec l’Amérique, disait le duc de Windsor, c’est comment les parents obéissent à leurs enfants. »

31 octobre 2009

Jonquière Médic

Dossier Coopérative de Santé

Service unique à travers la province, Jonquière Médic fait de l’urgence à domicile pour le plus grand bonheur des jonquiérois. Regard sur cet organisme que le ministère de la santé aurait intérêt à observer attentivement.

Dominic Desmarais

L’époque du médecin à calèche qui se déplaçait pour rendre visite à ses patients est révolue au Québec. Partout? Non. À l’image de l’irréductible village gaulois d’Astérix, l’arrondissement de Jonquière, dans la nouvelle ville de Saguenay, perpétue cette pratique. Adaptée au goût du jour, la carriole a fait place à une voiture médicale dernier cri.

Appuyés par la ville de Jonquière, des médecins ont mis sur pied un service à domicile pour se rapprocher des cas d’urgence et mieux desservir leur clientèle. C’était en 1982, avant l’avènement du 911. Jonquière Médic comprenait alors une quinzaine d’omnipraticiens ou d’urgentologues, offrait deux quarts de travail, 7 jours sur 7, même en période des fêtes.

En raison de la pénurie de médecins et des responsabilités plus lourdes au sein de la pratique, le service a diminué. 8 médecins offrent leur temps, et ce, 6 jours semaine. Ces professionnels de la santé, qui opèrent en clinique ou dans une institution hospitalière, prennent de leur temps libre pour sillonner les rues de Jonquière et répondre aux besoins des gens à même leur résidence.

Fonctionnement

Grâce à l’appui de la municipalité de Jonquière, le patient téléphone directement à la centrale de répartition de la sécurité publique – la police – qui relaie l’appel à la voiture médicale. Le médecin priorise alors les appels, se dirigeant vers les cas plus urgents. Sur place, l’infirmier s’occupe de l’inscription, laissant le médecin s’occuper du problème. Une fois la visite terminée, le médecin complète le dossier du patient qu’il vient de voir pendant que l’infirmier conduit.

«La façon dont c’est structuré me permet de voir autant de gens dans une journée qu’au bureau, raconte le Dr Roger Gagnon, l’un des membres fondateurs. Dans une journée de 8 heures, je peux faire 35 à 40 cas», poursuit-il de sa voix grave et calme. Selon le directeur général de Jonquière Médic, Ghyslain Bouchard, le service effectue entre 10 000 à 13 000 visites annuellement, pour une moyenne de 35 à 40 appels par jour. «Je me souviens d’avoir eu des discussions avec d’autres médecins, rajoute le Dr Gagnon. Ils sont tous surpris. Ils se demandent comment on fait pour voir autant de personnes.»

Combler un besoin

Ces milliers de visites, aux dires de M. Bouchard, ont pour effet de désengorger les salles d’urgences. «Si Jonquière Médic n’existait pas, combien de gens se présenteraient à l’hôpital», questionne-t-il sans chercher de réponse. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. «La personne âgée qui fait une chute le matin… Qui va lui donner un coup de main? Son enfant qui travaille? Son médecin qui a des rendez-vous? On va envoyer une ambulance la chercher? Elle va aller à l’urgence…», explique le Dr Gagnon qui rajoute que 90% des consultations se règlent à domicile. «Les gens vivent de plus en plus seuls. La solitude est un des problèmes sociaux les plus aigus. Les gens n’ont pas beaucoup de ressources pour se dépanner. Donc ils ont davantage besoin de l’État. C’est plus rentable d’aller les voir plutôt qu’eux viennent à l’hôpital. On peut éviter des déplacements. Les gens sont dans leur solitude. Ce n’est pas dans le bureau qu’on peut les aider», souligne celui qui est appelé le patriarche par ses collègues vu sa présence depuis les tous débuts de Jonquière Médic.

Pour le directeur général de Jonquière Médic, le service est en accord avec l’orientation du ministère de la  Santé qui veut mettre l’accent sur le maintien à domicile.

L’attachement de la population

Le président de l’arrondissement de Jonquière, Réjean Laforest, estime que la population s’est appropriée Jonquière Médic. «Par sa contribution, la population montre qu’elle veut maintenir ce service. Elle ne veut pas que l’on lui enlève ce service qu’elle adore», explique-t-il avec fierté, comme si lui aussi partageait l’opinion de ses concitoyens.

La campagne de financement de l’organisme, de l’ordre de 90 000$, fait fureur auprès des 70 000 habitants de Jonquière. «Quand on fait notre barrage routier, en juin, les gens qui sont pris par surprise reviennent donner leur 5$. Pour le porte-à-porte, si on ne passe pas chez certaines personnes, ils appellent pour nous le dire et donnent de l’argent», raconte M. Bouchard, visiblement touché par cet intérêt.

«Dans les municipalités limitrophes, des personnes déménagent pour avoir accès au service», rajoute le Dr Gagnon, pour qui ce geste démontre à quel point Jonquière Médic répond à un besoin.

En sus de la campagne de financement, l’organisme est alimenté par les médecins participants. De l’ordre de 15% de leurs gains pour chaque journée passée à Jonquière Médic, la contribution des médecins avoisine les 90 000$ annuellement, et ce, sur un budget d’opération de 190 000$. Soit près de la moitié du financement. «Depuis 1982, les médecins ont versé tout près de 2 millions. C’est de l’argent», s’exclame le directeur général qui y voit dans ce geste l’intérêt de ces professionnels envers ce service de première ligne. Autre signe de cet engouement, pendant 9 ans, un médecin de Québec profitait de ses fins de semaines pour travailler à Jonquière Médic.

L’organisme doit également une fière chandelle à la municipalité. M. Bouchard précise que l’arrondissement fournit le local, le téléphone, le service de répartition des appels ainsi qu’une subvention de 10 000$ par année. Soit le même apport qu’avant la fusion entre Jonquière et Chicoutimi.

«La hauteur du financement est la même. La ville de Saguenay continue à donner parce que le service est  proche de la population. On veut continuer ce service unique dans la province du Québec», affirme M. Laforest.

Un service de santé unique

Jonquière Médic est grandement apprécié de la population. La municipalité y croit. Les médecins s’y investissent et remettent une partie de leurs gains. Le service coûte peu cher alors qu’il répond à deux priorités du Ministère de la Santé, à savoir désengorger les urgences et maintenir le patient à domicile. Pourtant, le service ne fait pas partie du réseau de la santé. Il est toléré par l’Agence de santé. Pourquoi?

«Le ministère de la santé ne veut pas que ça s’étende ailleurs. Il n’a pas de contrôle comme sur une clinique ou un hôpital», avance le directeur général d’un ton qui ne cherche pas la confrontation. L’organisme, contrôlé par les médecins, aurait heurté certaines sensibilités dans le milieu médical par le passé.

«On était des marginaux du système. On ne se préoccupait pas des autres. On ne peut plus faire ça aujourd’hui. La pratique a changé. On est sur plusieurs tables de concertation. Faut être conscient qu’on doit participer au réseau», affirme M. Bouchard, qui voit à rétablir les relations avec les différents acteurs de la santé.

Le ministère pourrait-il s’en inspirer pour maintenir les gens à domicile? «Le réseau se questionne depuis 10 ans sur sa nouvelle orientation. Personne n’est venu nous voir pour savoir comment ça fonctionne», déclare le Dr Gagnon, sans aucune animosité. Les mots suffisent à démontrer l’absurdité de la situation. Les 70 000 personnes satisfaites de ce service seraient dans l’erreur?

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