Sharon McIvor: symbole du sexisme du gouvernement Harper

Sharon McIvor est une femme hors du commun. Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Phil Fontaine, et la présidente du Conseil des femmes de l’APN, Kathleen McHugh ont appelé à la soutenir dans « l’un des plus importants enjeux relatifs aux droits de la personne de l’histoire canadienne, et l’un de ceux qui tardent le plus à être résolus ».

Sharon McIvorSharon McIvor se bat depuis plusieurs années contre une profonde injustice.

Voici, en résumé, la source de cette injustice: un homme autochtone qui marie une non-autochtone conserve son statut d’Indien conféré par la Loi sur les Indiens. Sa femme et leurs enfants deviennent Indiens au sens de la Loi. Jusqu’à ce qu’un amendement soit voté en 1985, une femme autochtone qui mariait un non-autochtone perdait son statut d’Indienne, ainsi que ses enfants. Depuis l’amendement de 1985, elle ne perd plus son statut, mais pour les enfants issus du mariage, c’est plus compliqué.

Dans le cas de Sharon McIvor, fille d’une Indienne au sens de la Loi et d’un Indien qui n’avait pas le statut d’Indien, c’était encore plus compliqué.

Quelques mois après l’amendement de 1985, Sharon McIvor qui avait marié un non-autochtone quelques années plus tôt, fait une démarche pour recouvrer son statut d’Indienne, et demande que ses enfants l’obtiennent eux aussi. La réponse du gouvernement : d’accord pour elle, mais non pour ses enfants. Sarah McIvor n’allait pas renoncer pour autant. Elle entreprend une démarche devant les tribunaux et obtient l’aide du Programme de contestation judiciaire du Canada, n organisme national, sans but lucratif, créé en 1994 pour financer les actions en justice qui feront évoluer les droits à l’égalité et les droits linguistiques garantis par la Constitution canadienne.

Or, les fonds publics accordés à ce programme ont été éliminés par le gouvernement Harper en octobre 2006, tout juste après une première victoire de McIvor qui obtenait de la cour Suprême de la Colombie-britannique qu’elle entende sa cause.

En juin 2007, la cour Suprême de la Colombie-britannique rend un jugement favorable à Sharon McIvor.

Le gouvernement fédéral porte le jugement en appel.

Quand on demande à Sharon McIvor pourquoi le gouvernement fédéral s’entête à contester le droit des enfants et de leurs descendants au statut d’Indien, une seule explication lui vient à l’esprit : le sexisme des autorités.

On estime qu’environ 30 000 personnes pourraient recouvrer leur statut d’autochtones si la justice lui donne raison (The Vancouver Sun, AFN Praises Sharon McIvor on October 6th, First Nations Women’s Day).

Un important jugement de la Cour d’appel de la Colombie-Britannique sera rendu le 14 octobre prochain concernant l’appel du gouvernement fédéral, ironiquement le jour même des élections fédérales.

Quel que soit ce jugement, le prochain parlement fédéral doit rapidement corriger cette situation honteuse et scandaleuse. Le Canada doit aussi cesser son opposition intenable à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Cela urge.

Journée des femmes des Premières Nations – L’APN rend hommage à Sharon McIvor

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L’APN rend hommage à Sharon McIvor à l’occasion de la Journée des femmes des Premières Nations

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Classé dans Actualité, Michel Monette

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