La vraie histoire du Canada


Par André Lefebvre

Depuis six ans que je fais des recherches généalogiques quotidiennement, j’ai pu me rendre compte que l’histoire du Canada qui me fut enseignée, n’est pas du tout l’histoire des “Canayens”. Cette histoire est plutôt celle des Français qui venaient au pays pour s’enrichir, sans avoir aucun intérêt pour la colonisation, mais avec un intérêt exclusif pour la traite des fourrures (à très peu d’exception près).

En réalité, à l’époque tout comme aujourd’hui, les “têtes d’affiche” disent faire l’histoire, quand c’est la “masse silencieuse” qui la concrétise.

Durand tout le régime français, les autorités tentent de contrôler le commerce des fourrures sans aucun succès. Il est évident que les “nobles” français réussissent quand même, à tirer profit de cette traite; mais ils doivent, assez souvent, faire des tricheries pour y arriver. La saisie, en 1660, du produit de la traite de Radisson et des Groseilliers (100 canots pleins de fourrures), est la première saisie “illégitime”, mais “légale”, connue. Ce « jugement » serait, encore aujourd’hui, celui que rendrait la cour suprême canadienne.

Une autre “tricherie” très importante fut la saisie du travail de quinze années de La Vérendrye (père) par le triumvirat formé de l’intendant Bigot, M. de St-Pierre et M. de La Jonquière (son second fut M. de Niverville). En trois petites années, par intérêts personnels, ceux-ci détruisirent le travail de quinze années d’exploration, après avoir annulé les droits des fils La Vérendrye, lors du décès de Pierre Gaultier de Varennes et de la Vérendrye.

Par la suite, après 1760 et surtout après 1775, ce fut le tour des marchands anglais qui s’imposèrent dans ce commerce lucratif. Ils réussirent à le contrôler beaucoup mieux que les précédents. Tout simplement  parce que, aussi curieux que cela puisse paraître, le commerce était devenu libre. Par contre, incapable d’opérer par eux-mêmes, ils furent obligé d’engager des “Canayens” pour leur “ouvrir” le Nord-Ouest du continent.

Malgré ce fait, l’histoire de la Compagnie du Nord-Ouest a tellement marqué l’histoire officielle, qu’on a l’impression que ce sont les propriétaires de cette compagnie qui “découvrirent “ tous les territoires au-delà des Grands Lacs. Autrement dit: ils auraient “ouvert” les territoires inconnus de l’Ouest canadien à la civilisation. En réalité, tout ce qu’ils ont réussi à faire est d’abrutir les amérindiens au moyen de boissons enivrantes et de commerce déloyal pour se créer des profits faramineux. Peut-on douter que cette politique envers la population, ait depuis  évolué?

À vrai dire, pour vraiment saisir la réalité historique, il faut lire les comptes rendus de ces propriétaires commerçants avec beaucoup d’attention. Lors de chacune de leurs “excursions”, ces “découvreurs” emploient des “Canayens” comme guides et comme “main d’œuvre”.

Tout le monde est conscient qu’un guide, c’est quelqu’un qui t’amène à un endroit qu’il connait déjà. Conséquemment, la réalité est que ces “découvreurs” ne découvraient absolument rien « pour la première fois ». Les “Canayens” avaient déjà tout visité le territoire jusqu’aux Rocheuses. Cela faisait plus de cent ans qu’ils s’y promenaient partout.

Il y a peut-être l’exception, et le “peut-être” est à souligner, d’Alexander  Mackenzie qui “découvrit” la route jusqu’au Pacifique; mais, encore une fois, sans l’équipe de « Canayens” qui l’entourait, il ne serait pas allé très très loin. Il est à noter que les Amérindiens des montagnes Rocheuses qu’il a rencontré durant son parcours, connaissaient déjà les “blancs”.  Mais on a “déduit” que ces “blancs” étaient ceux qui venaient par bateau sur les côtes de l’océan Pacifique. Ce qui n’élimine pas, du tout, la possibilité que des “aventuriers” canayens aient probablement, déjà franchit les Rocheuses par voie de terre. D’ailleurs les La Vérendrye s’étaient rendu aux pieds des Rocheuses 60 ans avant tout autre “découvreurs” officiels subséquents.

Une autre “petite erreur”, qui se glisse dans l’histoire officielle, est l’affirmation que le commerce des fourrures  cessa à partir de la conquête pour ne reprendre que cinq ou six ans plus tard. C’est tout à fait faux. Si vous consultez les contrats signés de voyageurs pour les années de 1760 jusqu’à 1766, les mêmes traiteurs “canayens” de Trois Rivières et de Montréal, continuent leur commerce. Ces “Canayens” commerçants sont ceux que l’on qualifiait de “Coureurs de bois” lorsqu’ils n’avaient pas obtenus de permis de traite officiels. Lorsqu’ils avaient des permis de traite, on les appelait les “Voyageurs”.

C’est “Coureurs de bois” canayens n’ont jamais cessé de commercer avec les indiens depuis l’époque d’Étienne Brulé, c’est à dire l’époque de Champlain, jusqu’à la chute du commerce des fourrures. Les Grandes Compagnies les appelaient : les “free traders”. Et, tout au long de leur histoire officielle, ils les rencontrent sur leur chemin lors de leurs excursions. Lorsque ces « free traders » sont seuls, les commis de la Cie du Nord-Ouest leur volent leur marchandises ou leurs pelleteries. Mais les cas sont assez rares parce que les indiens les accompagnent la plupart du temps. Souvent ces « free traders » font leur trafic au même endroits que ceux de la Cie du Nord-Ouest ou de la Baie d’Hudson. Ils sont presqu’intouchables à cause de leur lien d’amitié avec les indiens.

Durant la guerre de sept ans, les “Coureurs de bois” se battent lorsque la traite est terminée ou font leur commerce au moment où ils rassemblent les “sauvages” pour aller combattre. Ce qui nous donne la raison pour laquelle les indiens ne sont pas heureux lorsqu’on les empêche de faire du pillage après un combat. Heureusement pour le commerce, cela est assez rare; tout comme dernièrement, ce qui s’est passé au musée de Bagdad lors de la guerre contre l’Irak ou encore ce qui risque de se passer prochainement en Libye.

On croit généralement que les amérindiens sont de purs brutes sans foi ni loi. C’est ce que les “missionnaires” et les autorités civiles de l’époque leur ont donné comme image. C’est, encore une fois, complètement faux. Ces “supposés sauvages” respectent au plus haut point le courage et l’endurance de l’individu. Tellement qu’ils permettent aux vaincus de les manifester grâce à ce que nous qualifions de “torture”. En comparaison, les blancs de l’époque appliquent les mêmes “tortures” pour obtenir des renseignements  d’un individu (Aujourd’hui, en 2011, on se demande ce qui s’est vraiment passé à la prison de Guantanamo, où on tentait d’obtenir des renseignements des prisonniers).

Lorsqu’une tribu  perd un guerrier dans une bataille, elle le remplace en adoptant un guerrier courageux vaincu, ou un enfant en parfait état de santé physique, qu’ils ont fait prisonnier. L’adoption donne la “liberté” automatique à l’individu choisi; un peu comme lorsque nous adoptons un enfant du « tiers-monde ». Quant aux lois et libertés individuelles, ils les respectent à un tel point qu’ils ne laissent, au chef de tribu, que la possibilité de convaincre chacun des individus qui ensuite ne fait qu’à sa tête. Nous n’en sommes malheureusement  pas encore là; mais peut-on être étonné de l’attrait que tout cela représente aux jeunes “Canayens” de la Nouvelle France?

Ces explorateurs canayens, “passés sous silence officiellement”,  se répandent partout en Amérique du Nord jusqu’en Louisiane et même jusqu’au Mexique. À chacun des endroits où se pointent les “découvreurs” de la fameuse Compagnie du Nord-Ouest, ils sont accueillis par des “Canayens” établis là depuis longtemps, qui vivent avec les tribus indiennes. Souvent ils ont amélioré la technique agricole des amérindiens; mais toujours, ils ont adopté leurs règles, leur lois et leurs coutumes soit disant « primitives ».

Il est d’ailleurs clairement établi que les autorités de la Nouvelle France tentent durant plus d’un siècle de bloquer l’hémorragie de la jeunesse canayenne vers les espaces “désertiques” de l’Ouest. Il est tout aussi bien établi qu’ils n’y parviennent jamais.

Une autre erreur d’information de l’histoire officielle est la raison responsable du départ des jeunes “canayens” vers la forêt. On nous raconte qu’ils étaient engagés par la compagnie du Nord-Ouest, après avoir été “sollicités” lors de soirées bien arrosées et que le lendemain, plusieurs regrettaient de s’être “inscrits”. Cela est également tout à fait faux. Les jeunes canayens percevaient “la vie des bois” comme une alternative préférable à celle de la vie de “censitaires”. De plus, c’était la seule façon efficace de “faire de l’argent” pour ensuite se “payer du luxe”.

Depuis l’époque d’Étienne Brulé, les “truchements”, nom donné aux interprètes, existent en Nouvelle France. Certains, au début, comme Pierre Lefebvre ou Pierre Esprit Radisson, tous deux de Trois Rivières qui furent enlevé par les Iroquois, deviennent “truchements” par la force des choses; mais assez rapidement, les jeunes “Canayens” partent vers la forêt après s’être fait ami avec des Amérindiens. Ceux-ci se promènent partout dans les emplacements de colons, tout le long du St-Laurent; que ce soit à Québec, à Trois Rivières ou à Montréal.

Les jeunes canayens se rendent vite compte des avantages indéniables à vivre en forêt, comparativement au labeur nécessaire, qui ne rapporte presque rien, pour vivre dans la “colonisation”. Ils ne “désertent” pas sous la menace; ils répondent à l’appel de la “liberté” totale. Ils se libèrent des obligations religieuses et sociales de cette société féodale restrictive. Individuellement, ils font leur propre “révolution” vers « la liberté, l’égalité et la fraternité” qu’ils retrouvent chez les supposés “sauvages”, cent ans avant la révolution française.

Il est bien reconnu que les habitants de la ville de Québec n’étaient pas des fervents adhérents de la traite de fourrure. La raison est assez simple à comprendre : ils vivent dans l’entourage des autorités françaises et s’y sentent en sécurité, parrainés par la “noblesse” au pouvoir (Ils déchantent éventuellement et ouvrent les portes de la ville aux Anglais, après l’échauffourée des Plaines d’Abraham). De sorte que, les esprits plus libres et plus “aventuriers” s’installent rapidement ailleurs qu’à Québec. La région autour de Trois Rivières est le principal habitat des “Coureurs de bois”; tandis que Montréal est celui des “voyageurs”, puisque c’est de là que partent les excursions de traite officielles. Par contre, même à Montréal, la majorité des « voyageurs » engagés est originaire de la région de Trois Rivières.

Il ne faut, cependant, pas croire que les “départs” de traite se font exclusivement à partir de Lachine, comme on l’affirme; parce qu’il est bien évident que les “Coureurs de bois” ne partent jamais de Lachine puisqu’ils n’ont pas de “permis”. Ils partent donc directement de leur village et passent par la rivière Richelieu, ou encore, la rivière des milles-Iles pour se rendre à la rivière des Outaouais. Ces rivières sont les deux seules « portes » donnant sur le Nord-Ouest. De plus, ce sont surtout ces “hors la loi” occasionnels qui “ouvrent” l’Amérique du Nord à la civilisation. Ils sont “amis” des indiens et vivent avec eux en parfaite harmonie. Ils transigent principalement leur traite avec Albany, en Nouvelle Angleterre qu’ils connaissent très bien. Albany était, en 1540, un établissement français. Ce n’est qu’en 1609 que les Anglais s’y installent définitivement. Cette situation économique parallèle reste stable jusqu’à l’arrivée de la Cie du Nord-Ouest vers 1784.

Lors de la conquête, on raconte qu’il y avait environ 60,000 “Canayens” en Nouvelle France. Par contre, on en passe plusieurs sous silence. On ne compte pas près de la centaine de famille “canayenne” qui vivait autour de Détroit, ni d’une centaine d’autres autour de St-Louis Missouri, ainsi que celles qui vivaient sur le Mississipi, sans parler de ceux qui vivaient autour des Grands Lacs jusqu’à la Baie des Puants. Plusieurs autres familles étaient disséminées un peu partout du Nord au Sud, jusqu’aux montagnes Rocheuses. Ce chiffre de 60,000 est de beaucoup inférieur à la réalité ethnographique canayenne de l’époque.

L’histoire du Canada n’est donc pas du tout ce que les autorités officielles ont raconté et n’est pas tellement, non plus ce que le clergé “missionnaire” à prétendu. La preuve est que les missionnaires qui se sont aventurés dans l’ouest, étaient  toujours reçus à bras ouverts par des “colons canayens” qui ne les avaient pas vus depuis des dizaines d’années.  Et ce, non seulement dans l’Ouest canadien, mais dans ce qui est aujourd’hui, l’Ouest américain.

Officiellement, les « Coureurs de bois » n’était qu’une minorité « hors normes », surtout dissidents et « hors la loi ». On ne les « reconnaissait » que lorsqu’on en avait besoin pour la guerre, les missionnaires, les expéditions de « découvertes » ou le commerce. Par la suite, on faisait toujours en sorte que leurs actions notables soient passées sous silence ou attribuées à un membre de l’autorité.

On n’a qu’à considérer, par exemple, que le premier “traiteur” anglais, historiquement reconnus, fut Alexander Henry (né au N.B. Canada). Lors de son premier voyage à Michilimakinac, il fut sauvé de la torture par Charles de Langlade qui habitait à la Baie des Puants depuis longtemps avec sa famille et celles d’un groupe de « Coureurs de bois » canayens. Langlade était né dans la région.

Henry passa 15 ans dans la région, presque toujours accroché aux chausses de Jean Baptiste Cadot qui était un « canayen », né à Batiscan, arrivé dans le Nord-Ouest dès l’âge de 18 ans et reconnu comme l’un des chefs par la tribu des Sauteux.

Les “Coureurs de bois” n’ont pas fait l’histoire “officielle” tout simplement parce que,  pour la plupart, ils ne savaient pas écrire; donc ils n’ont pas tenu de comptes rendus de leurs découvertes et de leurs expéditions de traite comme l’ont fait les “commis” de la Cie du Nord-Ouest. Et ceux qui savaient écrire, n’avaient pas intérêt à compiler leurs allés et venus, vu leur situation « illégale ». Mais cela n’efface pas le fait certifié et indéniable qu’ils furent les premiers à “découvrir” tout le territoire nord-américain. La totalité des rapports écrits par les “découvreurs officiels” le racontent et le prouvent. La liste des “hommes de l’Ouest” est incontournable: les “Canayens” sont les fondateurs de la plupart des villes de l’Ouest nord-américaines; que celles-ci se trouvent actuellement au Canada ou aux USA.

La traite des fourrures fut libre même aux USA après 1804. On le découvre dans la relation de l’expédition de Lewis et Clark qui affirment aux traiteurs canayens que le gouvernement n’entend pas du tout empêcher leur commerce à la condition qu’ils ne « salissent » pas la renommée des américains. Cela se comprend assez bien puisque les Américains avaient besoin des « Canayens » pour arriver à passer des traités de paix avec les indiens. Ceux-ci n’avaient aucune confiance aux américains et étaient loin de les considérer comme des « hommes honorables ».

C’est là, la vraie histoire et notre vraie identité de “Québécois”;  non pas celle strictement des habitants de la Province de Québec, mais bien de celle de la nationalité « canayenne ». Les Québécois sont une création des autorités anglaises en 1763. Nous sommes, au départ, des « Canayens », premiers et principaux responsables de l’existence des deux pays importants de l’Amérique du Nord.

Aucune autre nationalité que la nationalité « Canayenne » ne peut s’abroger de ce titre. Se dire strictement Québécois est de renier notre vraie identité. Ce sont les   » Canayens », nos ancêtres qui, de par la force de leur bras, de par leur courage, leur honnêteté morale, leur soif de liberté et leur persévérance, ont créé ces deux pays remarquables. Ceux qui les ont suivi et qui se sont parés de cette prérogative, n’ont fait que de la “politique” intéressée et de la “manipulation” historique.

En fait c’est le même principe qu’on retrouve partout ailleurs dans la vie. Dans une guerre, ce sont les soldats qui gagnent cette guerre; et non les généraux; Dans l’économie, ce sont les travailleurs qui produisent la richesse; et non les “administrateurs. Dans la société, ce sont les individus qui assurent l’équilibre et non le système.

Notre histoire est celle de ces individus extraordinaires « passés sous le tapis », et non celle des “têtes d’affiche”.

La même chose se produit actuellement. Il serait temps de s’en rendre compte.

André Lefebvre

13 Commentaires

Classé dans Actualité, André Lefebvre

13 réponses à “La vraie histoire du Canada

  1. Votre texte est passionnant et met en lumière le fait que la tentation est forte de mettre l’histoire au service d’une idéologie. Même chez mes amis souverainistes, on se sert de la Révolte des patriotes pour appuyer la cause alors que l’enjeu était tout autre. À plusieurs reprises, la France a abandonné sa colonie à son sort et on oublie facilement que nous sommes passé à un cheveu de faire partie des États-Unis qui n’auraient pas tolérés un état francophone, ce qui ne ne veut pas dire que les anglais ont toujours été irréprochables. Une chance ratée de faire partie du vertigineux déclin de l’empire américain…
    Note: je suis souverainiste

  2. Mille mercis pour votre propos et de rétablir notre véritable origine. Personnellement, je ne me suis jamais sentie autrement que «canayenne française» et fière de l’être. J’ai été éduquée comme telle. Quoi qu’on dise, quoi qu’on en pense, être québécois ne sera jamais une nationalité pour moi. Les nouveaux immigrants prêtent allégeance au Canada et ils seront toujours reconnaissants envers leur terre d’accueil «le Canada». Je regrette que certains de nos contemporains québécois ne supportent pas davantage ou n’accordent pas de reconnaissance aux «canayens français» des autres provinces canadiennes. Merci encore et continuez à nous révéler notre véritable histoire.

  3. Contrairement à madame Lagacé, il est faux de voir le canada comme une terre d’acceuil et le Québec aurait pu fort bien constituer un pays si la France avait investi davantage dans sa colonie. Le Canada est au plus la réunification de deux peuples fondateurs. Jamais je ne verrai le Canada comme terre d’acceuil. Il y a des limites.

  4. Je pourrais ajouter que si ce n’avait été de Montcalm et de la mentalité militaire de l’époque de se « fusiller » face à face dans la prairie, les Anglais n’auraient jamais pris le Canada. Leur armée de 17,000 soldats aurait été décimée en deux ans par les Canayens parce qu’en 1759, elle était séparée en trois groupes.

    D’autant plus que l’armée de Wolf aurait pu être mis en déroute si Lévis avait envoyé les soldats que Charles de Langlade lui demandait lorsqu’il surprit les Anglais dans un débarquement sur la rive sud du St-Laurent.

    Mais ça c’est une autre histoire.

    Amicalement

    André Lefebvre

  5. Elyan

    Un peuple ne peut pas être unifié lorsqu’il y a trop d’exclusions. On aura beau y mettre tous les efforts, toute la tempérance possible, c’est irréalisable s’il existe toujours un vainqueur et un vaincu. On a qu’à voir l’Irlande, qui aurait probablement réussi à cotoyer le fait anglais si ceux-ci n’avaient pas mis tant d’acharnement à rappeler leur suprématie en tenant depuis des décennies des marches orangistes, festivités et autres, au sein même de la nation vaincue pour lui rappeler le fait qu’un jour on lui a courbé l’échine. Tout ceci sous-tend de la mentalité quotidienne et du climat officieux qui y règne.

    Je ne suis plus souverainiste depuis plusieurs années pour des raisons logiques et non sentimentales. Ceux qui ont tenu dans leurs mains le pouvoir de faire naître officiellement la nation française en Amérique n’ont tout simplement pas travaillé à la rendre autonome en distribuant ses richesses. Elle s’est d’ailleurs appauvrie au point de ne plus pouvoir prétendre à son autosuffisance. Une petite Afrique. Une nation souveraine aujourd’hui serait un suicide. Il faudrait maintenant plutôt craindre d’y être amenés trop facilement, car les bananes ne poussent pas au Québec et, comme disait l’autre, on achète pas la vache qui a déjà donné son lait.

    Cette nation a rejoint celle des autochtones à plusieurs égards. Elle voit un peu plus d’asphalte.

    Aux temps des ancêtres, elle aura réussi à survivre à cause des différences de ses us et coutumes, sans que le français en soit le facteur déterminant. Il faut l’avouer la survie, l’acharnement qu’elle implique et le courage qu’elle nécessite ont été ses seuls alliés. Ceux qui l’ont manipulée se sont enfuis. Ceux qui l’ont vaincue ont tenté de la détruire et n’y parvenant pas l’ont asservie. Il lui reste maintenant la survie, l’acharnement ayant été dispersé et le courage ayant été troqué. A elle de faire respecter sans partage et sans compromis ce qui lui appartient encore et ainsi obtenir le respect de bon voisin.

    Mais la survie qui l’a conduite à aujourd’hui risquant d’être celle qu’elle a adoptée par choix en bradant ses alliés, ferait maintenant partie de ses us et coutumes, ce qui l’empêche de lever la tête et de voir au loin. On ne voit que l’assiette lorsqu’on a faim..

  6. En réalité plusieurs facteurs sont en cause:
    1) Les « Canayens » connaissaient les avantages du régime anglais au niveau de la colonisation et du commerce depuis le temps qu’ils commerçaient avec la Nouvelle Angleterre. Et un mouvement sousjacent se mit en marche pour que la conquête réussisse.
    2) L’arrivée de « commerçants » anglais qui se comportèrent devant les « Canayens », comme devant des vaincus, changea rapidement la donne au Canada. Murray et Carleton essayèrent de stopper cette « vague » mais ne réussirent pas.
    3) La puissance politique se retrouva dans les mains de ces commerçant ce qui provoqua, finalement, la rébellion de 1837/38
    4) Le mouvement nationaliste de cette époque n’était pas pour un « retour à la France »; mais pour l’installation d’une république à deux volets Haut et Bas Canada; l’un anglophone, l’autre francophone. On a refondu cette histoire pour lui donner une facette de « nationalité française ». En réalité cette « facette » de la mentalité politique des « Canayens » étaient celle que les commerçants anglais nous prêtaient calomnieusement. Les autorités et le clergé de l’époque l’ont adopté assez facilement pour justifier les « jugements » donnés aux « patriotes » et se ranger du côté du « pouvoir politique ».

    Il y a beaucoup de corrections à apporter à notre histoire.
    Amicalement
    André lefebvre

  7. decembre

    Merci pour cet article.
    Une chose est certaine. Il aurait été impossible d’enfermer les canayens dans le panier de crabes appelé Québec. ils étaient épris de liberté et l’Amérique d’alors était d’une liberté enivrante et d’une telle immensité que ma foi, se limiter au Québec aurait été un peu, disons, niaiseux.
    Non seulement on ne nous a pas informé des voyages fantastiques des coureurs des bois canayens mais non plus de l’importance de la présence anglophone au Québec et il serait honnête de dire qu’ils ont participé à 50% de la réussite québécoise et des Québécois, notre pénible statut final, puisque les libertés de jadis sont disparues, malheureusement.
    Et cé un séparatisse qui vous l’dit. Merci Marcel Trudel pour sa révision fabuleuse de notre histoire.
    Yes The Times They Are Changing

  8. « Marcel Trudel:
    « Plus récemment, dans les deux premiers tomes des Mythes et réalités dans l’histoire du Québec, il s’est amusé à démonter le récit de Madeleine de Verchères et s’est moqué des habitants de la Nouvelle-France qui ont ajouté une particule à leur nom pour s’autodésigner aristocrates. Dans le troisième tome de cette série, qui vient de paraître dans les «Cahiers du Québec», chez Hurtubise HMH, il discrédite les revendications mohawks sur Kanesatake, fait un feu de bois de l’aura de Dollard des Ormeaux et tend à démontrer que les Canadiens français étaient effectivement en 1839 le peuple «sans histoire et sans littérature» qu’a décrit lord Durham. »

    Tu m’excuseras de ne pas endosser ton commentaire mais quelqu’un qui détruit les « héros Canayens » se fait un nom et non de l’histoire.

    Amicalement

    André Lefebvre

  9. Un autre petit commentaire au sujet de Marcel Trucel:

    Il explique qu’aux temps de la Nouvelle-France, les Français parlaient mieux les langues amérindiennes que les Amérindiens le français, et qu’en fait Français et Anglais ont communiqué entre eux en langues amérindiennes jusqu’à la Conquête…

    Ça dû être une fameuse explication car je ne connais pas d’Anglais qui parlaient l’amérindien avant la conquête et même après ils employaient des canayens comme traducteurs.

    Amicalement

    André Lefebvre

  10. decembre

    Ben il faudrait prouver qu’il a tout faux alors que les registres qu’il consulte sont véridiques, il n’a pas inventé les écrits du temps quand même. Son hoistoire te déçoit, accepte-là, cé ça notre histoire, des menteries et pour plein de pays cé comme ça. Tu utilises le mot  »indéniable » dans ton texte, peut-on affirmer  »indéniable » sans ajouter une ou deux références quand même ? Come on. Attaquer Trudel, c’est trop gros pour toi, désolé. Cet homme n’avais pas d’agenda sauf La vérité, pas Sa vérité.

  11. A. L.

    Très bon texte André. J’ai bien apprécié. Si on décompose le mot ‘history’ (histoire), on voit que ce mot signifie ‘son’ histoire (his-story). Autrement dit, c’est l’histoire du vainqueur ou du contrôleur ou du control freak, au choix.

  12. @ décembre.

    Les textes que j’ai lu ne sont pas des textes d’historiens mais des textes écrits par les gens qui vivaient les évènements à l’époque. Quant au nombre de « Coureurs de bois », Fais ta généalogie et vérifie tous tes ancêtres d’avant 1815 et tu en trouveras une quantité surprenante. Ensuite vérifie leurs villages et leur Employeurs tu pourras multiplier par 100 le nombre de « voyageurs » officiels. Pour trouver les « hors la loi, il te faudra vérifier un tas de contrats où celui qui est absent est dans les pays d’en haut sans aucun contrat d’engagement. Tu en trouveras encore plus.
    Je parle de l’histoire du peuple et non de l’histoire des historiens

    @ A.L.
    Merci mais l’histoire du vainqueur n’est jamais la vraie histoire. La vraie est beaucoup plus extraordinaire. Mais cela prend énormément de temps et de recherche pour la découvrir.

    Amicalement

    André Lefebvre

  13. Pour commencer une recherche sur notre histoire http://www.nosracines.ca/browse.aspx?g=title&p=M

    Ensuite trouver tous les écrits de la cie du Nord-Ouest

    Ce sera un bon début.

    André Lefebvre

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