De Victor Jara à Guantanamo : la même CIA (28)

Et puis il y a d’autres méthodes encore. Les mêmes qui prévalent ailleurs. Souvenez-vous : le 2 juillet 2008, un commando de « colombiens » délivre Ingrid Bétancourt et d’autres otages, dont notamment trois américains. Si la première fait la une des télévisions à sa descente d’avion, il n’en est pas de même de ses trois compagnons de détention, Marc Gonsalves, Keith Stansell and Thomas Howes. A peine descendus du biréacteur présidentiel, les voilà vite expédiés à bord d’un Hercules C-130 qui les attendait en bout de piste, tous moteurs tournants. Direction la base américaine de Lackland…. Les trois anciens détenus ont reçu ordre de ne rien dire, pas un seul mot à la presse. Pensez-donc : ce ne sont pas des militaires, mais des mercenaires de DynCorp, surpris en flagrant délit d’espionnage, sous le couvert d’une opération antidrogue. Ils ont été kidnappés par les Farcs une fois que leur appareil, le Cessna N1116G, se soit crashé le 13 février 2003, à la suite d’un simple accident mécanique, et les USA ne souhaitent pas trop que leur rôle en Colombie s’ébruite davantage. On les oubliera pendant cinq longues années. Leurs familles ne seront jamais reçues à Washington. Ils n’ont pas eux, il est vrai, d’ex-maris ambassadeurs. A côté de l’épave, on retrouvera Luis Alcides Cruz, des services secrets colombiens, et à un kilomètre de là le cadavre de l’Américain Jennis Thomas, de la CIA, le premier tué d’une balle dans le dos, le second dans la tête. Or, en Afghanistan, on prend les mêmes et on recommence : bienvenu aux fausses opérations anti-drogues qui cachent les activités de la CIA dans le pays, bienvenue au paravent de l’éradication jamais faite du pavot. Bienvenue à l’outsourcing de la lutte anti-drogue qui permet toutes les manipulations. Qui dit drogue, dit CIA, vous vous en doutez maintenant, et ça se confirme en effet, comme nous allons le voir.

Cette fois, c’est une information du 7 octobre 2009 qui nous l’apprend : celui annonçant la prise record de 50 tonnes d’opium et de 1,8 tonne d’héroïne « dans le sud de l’Afghanistan », des chiffres absolument ahurissants, et balancés tels quels entre deux autres annoncent anodines. 50 tonnes, pour 5 millions de dollars de drogue, qui a aussitôt été détruite paraît-il. En fait, cela fait davantage : « le prix national moyen de l’opium sec à la porte des fermes baisse mais pas de manière significative. Il était de 125 dollars le kilo en décembre 2006 contre 150 dollars le kilo un an plus tôt. Les prix varient d’une région à l’autre, ce qui n’est pas surprenant dans la mesure où l’Afghanistan n’est pas un marché unifié, pas même pour l’opium. » Rien que pour l’opium, il y en a donc pour près de 7,5 millions de dollars. Pour indication, on considérait en octobre 2007 que la saisie dans le Tunnel sous la Manche de 35,65 kg d’opium était un « record », les douanes françaises n’ayant « saisi que 5,69 kg ces quatre dernières années« . En fait, on ne saisit dans le monde que 24% de la production d’opium… le reste part à la consommation.

Cette saisie était le fruit d’une descente des hélicos de la police afghane et de l’armée US, rondement menée dans le district de Kajaki, dans la province d’Helmand. Evidemment, à côté de ce stock faramineux, il y en avait un autre : « Nous avons saisi et détruit 30 tonnes d’engrais, 1.000 boîtes de chargeurs d’AK-47, de mitrailleuses TK et d’autres armes », a ajouté le porte-parole. » Trente tonnes de nitrate de potassium, pouvant entrer dans la confection des IEDs à charge de cuivre perforant, sur un modèle bien connu depuis plusieurs années, comme l’indique le même porte-parole : « Ce dernier a précisé qu’une atelier de confection de bombes artisanales télécommandées, ou IED en jargon militaire (Improvised explosive device), avait été également détruit. »

Le circuit d’écoulement de la drogue est connu : c’est celui du Tadjikistan, qui aliment la Russie, comme l’affirmait cette autre bonne prise d’avril 2008. Celle de 124 kilos d’héroïne cette fois. Un pays où on ne saisit que 4% de la production. Et une Russie qui dit aujourd’hui que les USA n’en font pas assez en Afghanistan pour enrayer le fléau… Les poids indiqués sont toujours aussi étonnants, au point que certains s’interrogent ouvertement sur la production et la consommation véritable : « La demande annuelle atteint environ 4 500 tonnes. L’année dernière, une production record de 6 100 tonnes a été enregistrée rien qu’en Afghanistan. La seule production de ce pays est supérieure de 30 % à la demande mondiale. En théorie, les prix de l’héroïne devraient plonger. Mais ce n’est pas le cas« . Plus fort que Madoff, visiblement : même en pleine surproduction, le prix de vente reste stable ! Une situation incroyable, jamais vue dans le commerce traditionnel, qui demande une explication que nous donne le même journal, une thèse plausible provenant d’Antonio Maria Costa, directeur du Bureau des Nations Unies sur les Drogues et la Criminalité (UNODC) un texte de 2007. : « Les principaux trafiquants retiennent de grandes quantités d’opium. Les trafiquants de drogue entretiennent une relation symbiotique avec les insurgés et les groupes terroristes tels les talibans et al-Qaïda. L’instabilité rend possible la culture de l’opium. L’opium permet de s’acheter des protections et de payer des armes et des combattants. En retour, cette situation génère un environnement au sein duquel les barons de la drogue, les insurgés et les terroristes peuvent opérer en toute impunité ». Selon l’auteur, la drogue serait donc un bien meilleur ciment qu’une constitution ou des élections démocratiques : « L’opium agit comme de la colle qui maintiendrait ces ténébreuses relations. Ces sinistres forces auraient tout à perdre d’une chute des profits. Je pense que les gros trafiquants accumulent les surplus d’opium comme valeur refuge contre les évolutions futures des prix et comme source de financement pour de futures attaques terroristes en Afghanistan ou ailleurs ». Et c’est là où on songe à autre chose… au pourquoi de leur impunité sous l’ère Bush !

Le problème n’est donc pas de courir après le chef introuvable des talibans, mais bien d’empêcher ses troupes de se ravitailler en armes grâce au trafic de drogue contrôlé. Or, que constate-t-on depuis l’arrivée des américains dans le pays ? Une montée en flèche de la production, sauf pour les deux dernières années ! « En 2009, la production afghane d’opium a certes baissé pour la seconde année consécutive, mais les stocks n’ont jamais été aussi importants, selon l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). La production de cette année a reculé de 10% à 6.900 tonnes, après un pic à 8.200 tonnes en 2007 et 7.700 tonnes en 2008, selon l’ONUDC ». Il y a donc là un beau paradoxe, à dire d’un côté que l’on fait tout pour arrêter cette guerre, tout en laissant un commerce florissant qui ne cesse de l’alimenter. Les américains auraient-ils laissé à ce point pourrir la situation, sans jamais intervenir sur la production ? Sans jamais oser lancer leurs avions épandeurs ? Ils ont pourtant sur place la fameuse DEA, avec des équipes spécialisées, des hélicoptères et des hommes de main recrutés… chez des entreprises de mercenaires… copiées sur le même schéma que celles sévissant en Colombie. C’est bien cela le mauvais exemple, justement. Dans le contrat de 600 millions de dollars signé entre les USA et la Colombie, il y avait en effet d’autres closes pour DynCorp, chargée aussi du « transport aérien, des missions de reconnaissance, de sauvetage ou de l’évacuation sanitaire, de l’acheminement de matériel et la maintenance des appareils » (*1). Des opérations de surveillance de la CIA, en réalité, déguisées sous le nom de lutte contre les narcos-trafiquants.

Car en Colombie, l’action de Dyncorp, la société de mercenaires chargée d’éradiquer la Coca a davantage fait dans le trafic lui-même que de chercher à l’éradiquer (*2). Et ces avions ont servi à tout autre chose qu’à passer des gens à la « fumigation ». Derrière les employés de DynCorp, venus « aider » le gouvernement Colombien, se cachaient des employés de la CIA, dont nos trois otages cités, sillonnant le pays avec des avions équipés de radars et de caméras thermiques, et très souvent surpris à s’égarer aux bords des frontières. Etablissant sans nul doute une cartographie des environs, exactement ce qui manque dans ses régions en cas d’intervention au sol. Quand ce n’était pas s’approcher du sol… et y déposer des groupes de paramilitaires allant semer la terreur dans les villages acquis aux Farcs (*3).

La Colombie, où on trouvait aussi des Mi-8 ou Mi-17, avec dedans des anciens conseillers militaires israéliens. Or un très étonnant reportage (en hébreu, désolé) nous apprend que des hélicoptères de ce type sont connus dans l’armée israélienne, et mieux encore, particulièrement assimilés, puisque les tchèques qui font partie du contingent des forces occidentales en Afghanistan s’entraînent… en Israël sur ces fameux Mi-17 (ou MI-171S chez les tchèques). Qu’en est-il en Afghanistan ? La même chose : les hélicos de DynCorp et de la DEA servent accessoirement à la lutte anti-drogue, et servent surtout aux opérations de « cover-up ». Un autre étonnant reportage d’ABC News, visible ici sur You Tube, nous en donne un aperçu, avec un sergent nommé Tarantino (?), qui exécute devant nous une ou deux missions typiques…. à bord d’un hélicoptère, qui n’est pas n’importe lequel : un de ces fameux MI-8 importés, ici semble-t-il aux couleurs de l’armée afghane, alors que dedans ce sont des militaires américains et des policiers afghans ( à moins qu’il ne s’agisse des deux hélicos offerts… par la Russie). Le reportage laisse pas mal de zones d’ombres, en particulier en insistant un peu trop et de manière démonstrative sur la destruction des stocks…, histoire de bien préciser qu’ils ne pourront en aucun cas se retrouver dans le circuit. L’ambiguité aussi sur ces images, est que le commentateur parle bien d’un équipage de pilotes de la DEA, et donc de DynCorp, alors qu’à l’arrière ce ne sont que policiers ou militaires.

Des hélicoptères embarqués dans d’étranges scénarios, comme celui décrit par un témoin à Kunduz, l’endroit où avait eu lieu le bombardement dévastateur de l’Otan. Selon ce témoin, un berger, des talibans avec leurs motos auraient été amenés par des hélicoptères US, et déposés sur place. Peu de temps après un mollah était venu, et avait discuté avec les américains avant que l’hélicoptère ne reparte : qu’a donc vu ce berger, qui maintient depuis sa version (*4) ? Mais l’essentiel de l’activité de DynCorp sur place, c’est un excellent reportage de Vertical On Line, magazine spécialisé d’hélicoptères qui nous le donne le 14 mai dernier. Et là, surprise, il n’y a aucun Mil MI-8, et bien de bons vieux Huey II si souvent vus au Viet-Nam dans une livrée tricolore assez peu adaptée aux zones désertiques. Un article fort surprenant qui insiste énormément sur l’encadrement de l’activité, allant jusqu’à écrire que les pilotes ne sont surtout pas des cow-boys, et qu’ils ne peuvent pas décider de partir en mission à l’aveuglette (*5). On y apprend aussi que Dyncorp utilise bien des Huey et des Mi-17, mais aussi des DC-3 avec « équipement de vue infra-rouges pour voir devant », (*6) exactement le même matériel que celui que j’avais décrit dans les épisodes sur Ingrid Bétancourt… mais nulle trace d’un autre engin, pourtant lui aussi dédié, parait-il à la lutte anti-narcotique… cet appareil est bien connu de nos lecteurs, le fameux Crazy Hawk, au radar encore plus performant. Là-bas, il travaille pour la Task Force Odin/Constant Hawk.

La Task Force Odin (ODIN pour Observe, Detect, Identify & Neutralize), sous la direction du général Richard A. Cody est une de ces entités floues, qui s’est vue offrir la bagatelle de 100 millions de dollars pour équiper 26 appareils, dont le CrazyHawk mais aussi des King Air 350-ISR, à partir de la base de Camp Speicher près de Tikrit. Sa spécialité étant la détection des mines ou IEDs mais aussi… des bombardements plus précis, sans trop de dommages collatéraux : un site registre 3000 talibans d’abattus grâce à la Task Force Odin, et de plus de 150 capturés : on le voit, ce n’est pas la capture mais bien l’élimination qui est visée. Chez Robert Gates en effet, l’une des clés du succès selon lui est l’ISR (pour Intelligence, Surveillance, and Reconnaissance), relié au CENTCOM, le centre de décision situé à plus de 10 000 km des interventions. Parmi l’arsenal nouveau, l’apparition de trente C-12 Guardrail, obtenus du Congrès par un contrat de 1,2 milliards de dollars en août 2008. Le Beechraft C-12 est un appareil civil, le Super King Air 200 militarisé, bardé d’antennes avec à bord des ordinateurs sous Unix. Ce sont eux qui décodent à la volée les signaux émis par les téléphones accolés aux IEDs pour les faire exploser. Les C-12 ne volent jamais seuls mais par groupes de trois, pour effectuer de la triangulation et mieux cibler les objectifs : cela explique le nombre, en fait 10 lots de systèmes à trois avions.

Pour certains observateurs, la commande express d’appareils par Gates s’explique par la confiance relative qu’à Robert Gates dans les drones, qui ont perdu beaucoup d’exemplaires ces derniers mois. Il est évident que ces appareils ne font pas que dans la détection de bombes sur les bords des routes : équipés de grandes oreilles, il ratissent les frontières iraniennes, pakistanaises et indiennes, à l’écoute du moindre frémissement. Et surveillent étroitement les conversations téléphoniques talibanes. Qui semblent avoir compris le danger, à vouloir interdire aux émetteurs de fonctionner la nuit (et de permettre ainsi de les repérer !). A Kapisa, au Nord-Est, les talibans ont fait sauter le 26 septembre dernier encore une tour émettrice de téléphonie de la compagnie Ariba. Sans nul doute, ses derniers mois, les avions aux grandes oreilles ont fait des découvertes. Des conversations téléphoniques, remontées jusqu’aux oreilles des sénateurs américains.

Des sénateurs depuis bien remontés. Le rapport du 10 août dernier du « COMMITTEE ON FOREIGN RELATIONS UNITED STATES SENATE », dirigé par John Kerry (que l’on voit beaucoup en ce moment) note un changement radical dans l’approche de la guerre afghane, en évoquant clairement les liens entre la drogue et les talibans, le sujet qui avait été visiblement éludé par le pouvoir précédent. (*7) Kerry, à la fin de son rapport revient sur la « machine à laver l’argent sale » des talibans et ses liens bancaires avec le Koweit. En portant une accusation très lourde, selon laquelle la CIA ne fait pas son travail aux Emirats : la commission Kerry vient enfin de trouver le nœud du problème fondamental afghan : l’argent de la drogue, rendu propre dans des endroits comme Dubaï, à l’image pourtant si policée extérieurement. (*8). Kerry va très loin, dans ses accusations, dont l’écho rappelle l’image de la famille Bush posant au prince Bandar bin Sultan (soupçonné d’avoir reçu dans les années 80 plus d’un milliard de livres pour la livraison d’avions Tornado et 2 milliards pour les EuroFighers-Typhoon- plus un Airbus A-340 en cadeau !).., en rappelant au passage que Paris, via la Financial Action Task Force, a protesté à plusieurs reprises sur l’opacité des comptes à Dubaï (*9) et le principe de l’hawala, qui permet de masquer les transferts d’argent. Pour le Prince Bandar, pas de problème, enfin presque.

Kerry, s’il avait élé élu en 2004, aurait épargné les dérives d’une guerre afghane que l’on a laissé perdurer à dessein (*10). Sa conclusion, au bout d’un brillant exposé de 37 pages est sans appel : pour briser l’élan des talibans, il faut remonter jusqu’aux réseaux de drogues menant au Pakistan et en Europe qui les alimente… de là à dire que Bush, dont la Floride était bien la plaque tournante de ses malversations, a laissé faire sciemment, il n’y a qu’un pas que nous franchirons : il y a trop d’épisodes qui relient ici cette présidence à des activités plus que louches, dont beaucoup trop liées à la drogue, à sa circulation via l’Amérique du Sud où l’Afghanistan, le tout relayé par des Etats arabes qui jouent les banquiers intermédiaires (*11). La plaque tournante étant située en Floride, la terre du frère de W.Bush. Un seul avait osé être aussi clair avec la question et même aller plus loin encore : le général Mahmut Gareev, général russe, aux temps de l’invasion soviétique en Afghanistan, qui avait résumé les problèmes afghans en sept points fondamentaux, dont un affirmant sans ambages que le trafic de drogue rapportait aux américains plus de 50 milliards de dollars/an (*12). Difficile de le contredire aujourd’hui !

Le rapport Kerry, qui implique La CIA et d’autres pays proches de l’administration Bush, est une bombe en puissance. Personne, pourtant, n’en a parlé dans la presse. Ni ici, ni là-bas, et il y a furieusement de quoi s’en étonner. Mais ce n’est pas non plus pour nous surprendre : les banques fonctionnent un peu comme la CIA à vrai dire…

(1) « Since 1997, DynCorp has operated under a $600 million-dollar State Department contract in Latin America. But, according to its contract with the State Department, recently acquired byCorpWatch, « mission deployments may be made to any worldwide location, including, potentially, outside of Central and South America. » The company mainly « participates in eradication missions, training, and drug interdiction, but also participates in air transport, reconnaissance, search and rescue, airborne medical evacuation, ferrying equipment and personnel from one country to another, as well as aircraft maintenance, » according to the contract

(2) « DynCorp’s shroud of secrecy has the potential for giving cover to a wide range of activities outside stated US policy objectives. DynCorp is contracted to help eliminate drug production in Colombia. But a DEA document (see image), recently obtained under the Freedom of Information Act, stated that on May 12, 2000 the Colombian National Police intercepted a FedEx parcel at the airport. It was sent from the Bogota DynCorp site and destined for DynCorp’s office on Patrick Air Force Base in Florida. The name of the sender has been blacked out. The 250 Gram liquid « tested positive for heroin, » according to the DEA. « My understanding is that was a faulty test result, » DynCorp spokesperson Wineriter told CorpWatch ».

(3) « DynCorp’s day to day operations are overseen by a secretive clique of officials in the State Department’s Narcotic Affairs Section (NAS) and the State Department’s Air Wing, a group that includes unreformed cold warriors and leftovers from the Central American wars of the 1980’s. Working hand-in-hand with U.S. military officials, Narcotic Affairs is supposed to be part of the drug war only, running the fumigation operations against drug crops. But there are indications that it is also involved in the counter-insurgency. In areas that are targeted for fumigation by Narcotic Affairs, Colombian right-wing paramilitaries arrive, sometimes by military helicopter, according to a human rights worker living in the Putumayo who asked for anonymity. Members of these paramilitaries « clear the ground » so that the planes spraying herbicides, often piloted by Americans, are not shot at by angry farmers or insurgents ».

(4) « One local resident, who did not want to give his name, insisted that the Taleban were being supported by the US. “I saw it with my own eyes,” he said. “I was bringing my cattle home in the evening, and I saw Taleban getting off American helicopters. They were also unloading motorcycles from these aircraft. Later, a local mullah whom I know very well went to talk to the Americans, and then the helicopter left.” Captain Elizabeth Mathias, speaking for US forces in Afghanistan, denied the charge. “The US is not supporting Taleban militants, nor are we expanding the conflict into Central Asia … the Afghanistan-Pakistan region, and specifically instability within those two countries, is keeping American and NATO forces busy enough,” she said. »

(4) « The rules of engagement the DoS and its Dyncorp contractors follow during all operations are strict, clear and non-negotiable. DoS contractors do not “wake up in the morning and decide I want to take down this lab,” emphasized Steve. “It’s not a cowboy operation at all.” All operations are conducted under warrants obtained through the Afghan court system, and need substantial evidence to support them. It’s all part of setting the example of the rule of law — an example that has been sorely missing for most of Afghanistan’s turbulent history ».

(5) « Relying on the Hueys and Mi-17s for transport and insertion, and the DC-3 for forward-looking-infrared-assisted observation, the Air Wing has found success disrupting the narcotics production here. Drawing on the combined assets of other agencies such as the ANA, ANP, British security forces, U.S. DoD and U.S. Drug Enforcement Administration, these interdiction operations require impressive levels of interagency co-ordination ».

( 6) « The administration is several months into its ambitious new strategy in Afghanistan, and we are seeing the first effects of the increases in military and civilian resources. One of the emerging changes is on counter-narcotics policy. In the past, our emphasis was on eradication. Today, we are focused for the first time on breaking the link between the narcotics trade and the Taliban and other militant groups. To accomplish that important goal, the administration and our military commanders have made targeting major drug traffickers who help finance the Taliban a priority

for U.S. troops. In addition, a new intelligence center to analyze the flow of drug ».

(7) ‘‘It’s quite open among the disaspora of Afghans and hawaladars that the favorite hidey hole for money is Dubai,’’ said a senior UN official in Kabul. ‘‘It would be better to target Dubai because it cares more about its financial system.’’ Dubai has worked hard to polish its image as the Middle East’s leading financial center. Its star exhibit is the Dubai International Finance Center, a free-trade zone open to foreign-owned banks and financial firms ».

8) « In addition, the Financial Action Task Force, a Paris-based inter- governmental body that develops and promotes policies to combat money laundering and terrorist financing, criticized the UAE for failing to exercise regulatory controls over hawala dealers despite its law. Registration is voluntary and there are no penalties for dealers who refuse to register. Abdulrahim Moammed Al Awadi, the head of the anti-money laundering at the Central Bank in Abu Dhabi, told the committee staff that the UAE has instituted tough measures throughout its financial sector. In a power-point presentation, he listed dozens of international agreements and UAE laws implemented to clean up the country’s financial system ».

(9) ‘‘We don’t know, once the money comes into Dubai, where it goes,’’ said an official at the U.S. embassy.The United States has plans to increase its resources in theUAE. The DEA is considering bumping up the number of agentsin Dubai from two to 10 as part of a new regional approach to drugtrafficking and money laundering. As in Afghanistan, however, theCIA is not playing an active role investigating the money trail.‘‘Ninety percent of our intelligence resources are devoted tocounter-terrorism, counter-intelligence and counter-proliferation,’’complained an official at the U.S. embassy in Abu Dhabi ».

(10) « Regulating the movement of money throughout the region, from Afghanistan and the UAE to Pakistan and Europe, should be a critical element of the strategy to choke off the funds going to the insurgency in Afghanistan and to corrupt officials there who undermine the efforts of international agencies, governments and good Afghans to build a stable and secure country. The harder it is to make money from drugs in Afghanistan, the more likely the tiescan be broken to the Taliban and other militant organizations ».

(11) On 20 August 2009, www.russiatoday.com had an article entitled“Afghan drug trafficking brings US $50 billion a year”

In this article, the main points made by General Mahmut Gareev, a commander during Russia’s time in Afghanistan, are as follows :

1. The profits from Afghan heroin are being used by the USA to pay for its Afghan campaign.

2. When General Gareev was in Afghanistan, in 1989 and 1990, the production of heroin almost ceased, apart from in certain areas.

3. Since then, it has increased by 44 per cent.

4. 80% of the world’s drugs are produced in Afghanistan.

5. The Americans themselves admit that drugs are often transported out of Afghanistan on American planes.

6. « Drug trafficking in Afghanistan brings them about 50 billion dollars a year – which fully covers the expenses tied to keeping their troops there. »

7. The US military « don’t have any planned military action to eliminate the Mujahideen ».

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Classé dans Six de l'Hexagone, Stéphane Bouleaux

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